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Malika Mokeddem présente son Livre Mes Hommes
La révolte
d’une femme
L'écrivaine Malika
Mokeddem sera mardi prochain l'invitée du centre culturel français
qui organisera conjointement avec Sédia Editions, une rencontre
littéraire, Un auteur, un livre, au cours de laquelle elle
présentera à l'occasion son livre «Mes hommes», un récit, une invite
au souvenir.
Elle animera en
outre une conférence- débat le mercredi à la médiathèque des
Asphodèles (Ben Aknoun). Le récit «Mes hommes», réédité par Sédia
Editions, est une invite au souvenir des années de son enfance, son
adolescence et au-delà. Au-delà du malentendu éternel entre les
hommes et les femmes, une rencontre est-elle possible, une amitié,
un amour vrai ? Les premiers mots que Malika Mokeddem a entendus,
dans l’Algérie où elle est née, c’étaient ceux de son père disant à
sa mère «mes fils» et «tes filles», puis ceux d’une femme répétant
«j’ai trois enfants et six filles». Une barrière machiste érigée
cruellement contre la femme lors de ce récit qu’elle déroule, à
travers des portraits iniques, voire sexistes. Il y a donc beaucoup
d’hommes dans ce récit de mémoire, un médecin, un frère, un premier
amour, des rencontres éphémères, des échecs, des retrou-vailles, des
joies. Mais, dominant tout, «la première absence», le premier
chapi-tre, la figure du père. Le père que Malika combat, jusqu’à
obtenir un jour, au détour d’une bataille, un
«Ma fille». Une
victoire sur le père, mais aussi une victoire sur les femmes. Car,
comme elle l’a déjà fait dans d’autres textes, Malika Mokeddem
insiste sur la responsabilité des femmes : «Ce sont les perfidies
des mères, leur misogynie, leur masochisme qui forment les hommes à
ce rôle de fils cruels. Quand les filles n’ont pas de père, c’est
que les mères n’ont que des fils. (…) Qu’ont-elles fait de la
rébellion? ». Dans cet ouvrage autobiographique, Malika Mokedden
parle littéralement –et littérairement- de ses hommes, en commençant
par le premier d’entre eux : Son frère cadet, le fils tant attendu
enfin né, alors qu’elle avait trois ans et demi. En cinquième, elle
était la seule fille de sa classe. Il y en avait pourtant trois
autres en sixième. Ont-elles cessé leurs études ? Bien évidemment.
Pourquoi ? Parce qu’on les a mariées avant qu’elles n’entrent en
cinquième. Dans ce village algérien, ces barbaries ordinaires que
l’on connaît bien. Le fils que l’on bat parce que, injure suprême,
sa sœur travaille mieux que lui à l’école. L’un de ses premiers
amoureux, cédant à la tradition kabyle, rejetant Malika pour un
mariage consanguin. Malika est née à Kenadsa dans le Sud saharien,
près de Béchar, où son père, nomade, avait décidé de planter sa
tente pour de bon deux ans avant sa naissance. Dans les livres de
Malika Mokeddem, il y a toujours le Sud, les dunes, terres
d’évasion, et l’enfance. Une enfance pas si innocente que ça.
Frondeuse, désespérée, et qui s’évanouit trop vite.
Née dans le désert
algérien où elle a grandi, arrivée en France en 1977, Malika
Mokeddem est médecin néphrologue. Elle se consacre depuis de
nombreuses années à l’écriture et plusieurs de ses ouvrages ont été
couronnés. L’on note Le Siècle des sauterelles (Ramsay, 1992, prix
Afrique Méditerranée); L’Interdite (Grasset, 1993, prix
Méditerranée); Des Rêves et des assassins (Grasset, 1995); Les
Hommes qui marchent (Grasset, 1990, prix Littré, prix collectif du
festival du Premier Roman de Chambéry et prix algérien de la
fondation Nourredine Aba en 1990); La Nuit de la lézarde (Grasset,
1998) ; N’zid (Grasset, 2001); La Transe des insoumis (Grasset,
2003); Mes Hommes (Grasset, 2005 - Alger, Sédia, 2006).
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