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Malika Mokeddem présente son Livre Mes Hommes

La révolte d’une femme

 

 10/09/06

 

Malika Mokeddem présente son Livre Mes Hommes

La révolte d’une femme

L'écrivaine Malika Mokeddem sera mardi prochain l'invitée du centre culturel français qui organisera conjointement avec Sédia Editions, une rencontre littéraire, Un auteur, un livre, au cours de laquelle elle présentera à l'occasion son livre «Mes hommes», un récit, une invite au souvenir.

Elle animera en outre une conférence- débat le mercredi à la médiathèque des Asphodèles (Ben Aknoun). Le récit «Mes hommes», réédité par Sédia Editions, est une invite au souvenir des années de son enfance, son adolescence et au-delà. Au-delà du malentendu éternel entre les hommes et les femmes, une rencontre est-elle possible, une amitié, un amour vrai ? Les premiers mots que Malika Mokeddem a entendus, dans l’Algérie où elle est née, c’étaient ceux de son père disant à sa mère «mes fils» et «tes filles», puis ceux d’une femme répétant «j’ai trois enfants et six filles». Une barrière machiste érigée cruellement contre la femme lors de ce récit  qu’elle déroule, à travers des portraits iniques, voire sexistes. Il y a donc beaucoup d’hommes dans ce récit de mémoire, un médecin, un frère, un premier amour, des rencontres éphémères, des échecs, des retrou-vailles, des joies. Mais, dominant tout, «la première absence», le premier chapi-tre, la figure du père. Le père que Malika combat, jusqu’à obtenir un jour, au détour d’une bataille, un

«Ma fille». Une victoire sur le père, mais aussi une victoire sur les femmes. Car, comme elle l’a déjà fait dans d’autres textes, Malika Mokeddem insiste sur la responsabilité des femmes : «Ce sont les perfidies des mères, leur misogynie, leur masochisme qui forment les hommes à ce rôle de fils cruels. Quand les filles n’ont pas de père, c’est que les mères n’ont que des fils. (…) Qu’ont-elles fait de la rébellion? ». Dans cet ouvrage autobiographique, Malika Mokedden parle littéralement –et littérairement- de ses hommes, en commençant par le premier d’entre eux : Son frère cadet, le fils tant attendu enfin né, alors qu’elle avait trois ans et demi. En cinquième, elle était la seule fille de sa classe. Il y en avait pourtant trois autres en sixième. Ont-elles cessé leurs études ? Bien évidemment. Pourquoi ? Parce qu’on les a mariées avant qu’elles n’entrent en cinquième. Dans ce village algérien, ces barbaries ordinaires que l’on connaît bien. Le fils que l’on bat parce que, injure suprême, sa sœur travaille mieux que lui à l’école. L’un de ses premiers amoureux, cédant à la tradition kabyle, rejetant Malika pour un mariage consanguin. Malika est née à Kenadsa dans le Sud saharien, près de Béchar, où son père, nomade, avait décidé de planter sa tente pour de bon deux ans avant sa naissance. Dans les livres de Malika Mokeddem, il y a toujours le Sud, les dunes, terres d’évasion, et l’enfance. Une enfance pas si innocente que ça. Frondeuse, désespérée, et qui s’évanouit trop vite.

 

Née dans le désert algérien où elle a grandi, arrivée en France en 1977, Malika  Mokeddem est médecin néphrologue. Elle se consacre  depuis de nombreuses années à l’écriture et plusieurs de ses ouvrages ont été couronnés. L’on note Le Siècle des sauterelles (Ramsay, 1992, prix Afrique Méditerranée); L’Interdite (Grasset, 1993, prix Méditerranée); Des  Rêves et des assassins (Grasset, 1995); Les Hommes qui marchent (Grasset, 1990, prix Littré, prix collectif du festival du Premier Roman de  Chambéry et prix algérien de la fondation Nourredine Aba en 1990); La Nuit de la lézarde (Grasset, 1998) ; N’zid (Grasset, 2001); La Transe des insoumis (Grasset, 2003); Mes Hommes (Grasset, 2005 - Alger, Sédia, 2006).

 

 

 

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