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Commémoration
En Chine, se
célèbre très discrètement ces derniers jours, le trentième
anniversaire de la mort de Mao Zedong. La raison de ce black-out
concernant cet évènement, est le désir des autorités chinoises de ne
pas réveiller de vieux et mauvais souvenirs à l’heure où la Chine se
met au diapason du reste du monde et s’ouvre (brutalement) aux
autres cultures, particulièrement à la culture occidentale. «Quand
on parle de Mao, on ne peut pas éviter de mentionner la Révolution
culturelle, on ne peut pas éviter le fait que des dizaines de
millions de personnes soient mortes de faim», déclare Li Datong,
vétéran du journalisme chinois. «Si on ne gère pas correctement (les
commémorations), cela se transformera en exutoire des émotions
publiques», ajoute-t-il. En ces temps où la Chine est devenue une
foire de tous les extrêmes et de toutes les excentricités,
l’évocation de Mao, qui a instauré le régime absolu de l’humilité et
de la rigueur de l’être, n’est plus très bien vu et a, depuis
quelques temps, été gommé des jeunes mémoires qui ne semblent plus
aspirer qu’a profiter de leur nouvelle liberté. Ce qui avant aurait
surtout été impensable en Chine devient aujourd’hui usuel, tel que
l’utilisation de la chirurgie esthétique et surtout pour tenter de
ressembler aux Européens, dont le modèle était honni il y a
seulement quelques décennies. Mais tout le monde ne partage pas
l’avis des classes moyennes et supérieures concernant la rigidité de
Mao. Les plus pauvres en Chine, qui le sont aujourd’hui plus que
jamais, sont, eux, nostalgiques du règne de Mao car s’il y a avait
autant de pauvres, tous les Chinois étaient sur un pied d’égalité et
les milliardaires chinois qui n’existaient pas encore ne
pourrissaient pas de leur arrogance le pays.
Toutefois, la page
de Mao est, bel et bien, tournée et les extravagances des nouveaux
Chinois ne semblent en être qu’à leurs débuts.
Fouzia Mahmoudi
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