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Après la FAF, le COA, le hand-ball l’escrime, le tennis et l’athlétisme

Guidoum va-t-il trop loin ?

 

 10/09/06

 

 Après la FAF, le COA, le hand-ball l’escrime, le tennis et l’athlétisme

Guidoum va-t-il trop loin ?

Entre faire le ménage et respecter l'autonomie de instances sportives, le ministre de la Jeunesse et des sports a fait son choix. Il se met progressivement la communauté sportive sur le dos. Il se dit investi d'une mission par le chef de l'Etat. Aura-t-il le souffle pour aller jusqu'au bout ?

On s’y attendait et voilà que c’est tout ce qu’il y a d’officiel. Dans un communiqué publié hier, le ministère de la Jeunesse et des Sports «après maintes tentatives pour ramener la concordance au sein de la fédération algérienne d’athlétisme et remobiliser son bureau sur les objectifs et missions de développement d’une discipline combien porteuse pour le sport algérien et au vu de la situation négative qui y prévaut toujours, notamment la régression de la discipline en termes de résultats et de relève de l’Elite et suite à un certain nombre de requêtes formelles sérieuses émanant de membres de l’Assemblée Générale», a diligenté une mission ad hoc conduite par l’Inspection Générale à la demande de la Direction du Sport d’Elite et de Haut niveau le 09 avril 2006. Selon le MSJ, il est relevé «le non respect flagrant des clauses de la convention d’objectifs souscrite, la gestion anachronique du dossier bourses des athlètes de haut niveau, la mauvais prise ne charge des sélections nationales et les conditions approximatives de préparation des athlètes et le désintéressement flagrant du président de la fédé&ration quant à l’optimisation des conditions de préparation technique aux prochains jeux africains et son absentéisme contant aux travaux de la commission spécifique instituée à cet effet et la permissivité du bureau Fédéral à l’égard des passe-droit en prêts et avances à particuliers ainsi que la location d’un appartement pour son président en violation de la réglementation». Il est reproché également à la FAA «le non respect du chapitrage fixé conjointement par voie conventionnelle et opposable aux gestionnaires tant du ministère que de la Fédération qui s’est traduit par des transferts abusifs et de l’ordre de 8 milliards de dinars vers le fonctionnement, d’où l’organisation du dossier endettement».

Sur la base de cette «dérive gestionnaire»  le MJS a procédé à la suspension du président et de son bureau et n’exclut pas «des sanctions ultérieures liées aux conclusions du contrôle de gestion».

Le communiqué s’achève par un rappel de texte réglementaires expliquant que le MSJ a pleine latitude et obligation de mener la politique et la démarche d’assainissement qu’il accomplie actuellement. Il rappelle même que des fédérations comme celles de l’escrime ou du tennis ont été débouté par le Conseil d’Etat en tenant de remettre en cause les actions du ministère.

Après qu’il eut quitté le département de la santé publique, Yahia Guidoum a laissé l’image de quelqu’un qui ne prenait pas de gants pour lessiver ses subalternes allant jusqu’à les licencier pour une incartade juste bonne à leur valoir un avertissement. «Rak Mouekkaf !» était la sentence qui revenait souvent sur les lèvres de monsieur le ministre.

Aujourd’hui qu’il est à la tête du ministère de la jeunesse et des sports, la manière n’a pas changé. Le premier responsable du secteur n’hésite toujours pas, en vertu des prérogatives qui lui sont conférées, à radier à vie des sportifs, et pas des moindres, pour avoir tout simplement revendiqué une prise en charge comme cela se fait partout dans le monde.

Quand on sait que Lamine Ouahab, puisqu’il vient de faire les frais de l’autorité du ministre, est parmi les sportifs algériens qui ont valu à la patrie des récompenses internationales et que s’il avait accepté de concourir sous d’autres couleurs, il n’avait qu’à dire oui, la sentence dépasse tout entendement.

Par ailleurs, la fédération algérienne de football, sous la présidence de Hamid Haddadj, traverse en ce moment une zone de turbulence pour le motif que Yahia Guidoum l’ait en point de mire. Et tout cela parce que cette instance du football national « échappe au contrôle » du ministère dans ses rapports avec les instances internationales, la FIFA notamment. Il y a quelques jours, les services du ministère de la jeunesse et des sports, à coup de placards publicitaire dans la presse nationale, ont « décortiqué » les dépenses de la fédération de l’année en cours avec en filigrane, l’intention de jeter l’approbe sur cette dernière. On se demande particulièrement si une réunion avec Haddadj n’aurait pas suffi pour «laver le linge en famille» au lieu de le jeter en pâture.

Cette tendance à privilégier le bâton, nonobstant les conséquences est une politique qu’il compte mener qu’elle qu’en soient les conséquences, a –t-il affirmé dans une interview accordée à un confrère. C’est dire toute la détermination qui le motive pour « châtier » les responsables qui ne voient pas les choses sous le même angle. Récemment encore, la fédération de tennis de table a failli se voir vider de son personnel en raison d’un report de la tenue de l’AG, chose qui a déplu au locataire de la maison du 1è Mai.

Existe-t-il des lois dans ce pays à même de situer les responsabilités de tout un chacun et de prononcer les verdicts y afférents ? Si cela est valable ailleurs, ce n’est sûrement pas le cas au ministère chargé de promouvoir le sport. Et les preuves sont légion.      

R. S.

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