Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

 

Dérive d’un continent

Bon gré mal gré, l’Afrique ne parvient pas, des décennies après le grand souffle des indépendances, à s’extirper de ses vieux démons, qui l’assimilent, pas toujours à tort, à un continent maudit, damné et condamné à rester otage des grands malheurs qui l’habitent. Pillée jusqu’à l’os de ses richesses naturelles, frappée de plein fouet par les grandes épidémies, notamment le sida, qui l’ont élue terrain de prédilection de leurs affres morbides, en proie à la récurrente ma-lédiction des guerres fratricides et livrée à la rapine de certains de ses dirigeants, autocrates et corrompus, l’Afrique semble frappée par un sort funeste. Des divisons de Madagascar, à la dictature royale du Maroc et la répression qu’elle fait abattre sur les innocents Sahraouis, en passant par la tragédie somalienne et la famine dans tout le Sahel, ce continent fait peine à voir, sauf pour les Occidentaux avides de sensations sadiques. Et pourtant, l’Afrique résiste. Il serait erroné de réduire cette résistance aux conflits du dynamisme culturel et artistique, dont la vigueur ne saurait résoudre les problèmes et drames objectifs. La résistance est une affaire sérieuse, impliquant les chefs d’Etat, qui grâce à des formules comme le Nepad, tentent vaille que vaille d’en finir avec les signes indiens qui frappent leur continent. Le tunnel est trop long pour en voir le bout. 

Par Nadjib Stambouli

 

Monde

Retour

Gabon

Une présidentielle sans Omar Bongo

 30/08/09

 

Gabon

Une présidentielle sans Omar Bongo

Deux mois après la mort d’Omar Bongo, décédé en juin après 41 années de pouvoir sans partage, les électeurs gabonais sont appelés dimanche aux urnes pour une élection présidentielle dont ils ne connaissent pas à l’avance le vainqueur.

Dix-neuf candidats sont cette fois en lice, mais le favori semble être Ali Bongo Ondimba, 50 ans, propre fils d’Omar Bongo et ancien ministre de la Défense, candidat du Parti démocratique gabonais (P-DG) au pouvoir. Ses principaux rivaux seront Pierre Mamboundou, André Mba Obame et Casimir Oye Mba. Figure de proue de l’opposition à Omar Bongo pendant une vingtaine d’années, à tel point qu’il fut un temps contraint à l’exil au Sénégal, Pierre Mamboundou est l’un des rares candidats à n’avoir aucun lien avec le régime Bongo. Il pourrait donc attirer les voix des partisans d’un changement radical par rapport aux 40 dernières années.

André Mba Obame, ancien ministre de l’Intérieur et membre du P-DG, a, lui, enregistré jeudi le ralliement de cinq autres candidats indépendants autour de son nom. Enfin, Casimir Oye Mba est un ancien Premier ministre, adversaire d’Ali Bongo Ondimba pour l’investiture du

P-DG qui a quitté le parti après la victoire de son rival. Pour beaucoup, même si Ali Bongo Ondimba est favori, le scrutin est ouvert. «C’est un moment historique. C’est la première fois depuis les années 1960 que l’on ne sait pas quel sera le résultat de l’élection. C’est également la première fois depuis les années 1960 que le nom ‘Omar Bongo’ n’apparaît pas sur les bulletins de vote», se réjouit Anacle Bissielo, ministre du Développement et professeur de sociologie à l’université Omar Bongo de Libreville. En dépit de la pluralité de candidats, d’autres craignent pourtant que les fraudes qui ont entaché beaucoup d’élections d’Omar Bongo ne se répètent dimanche. Bruno Ben Moubamba, un des candidats de l’opposition, a ainsi mené une grève de la faim pour protester contre le «coup d’Etat électoral» d’Ali Bongo et du P-DG. Bruno Ben Moubamba, 42 ans, qui a dû être hospitalisé la semaine dernière après un jeûne de deux semaines, affirme que les listes électorales-qui comportent officiellement

816 000 noms pour une population de 1,5 million d’habitants-sont gonflées. Des accusations relayées par plusieurs associations citoyennes qui ont cité des cas de personnes disposant de plusieurs cartes d’électeurs. «Ali Bongo ne peut même pas obtenir 5% des voix dans son village natal. Après 41 ans, les gens sont fatigués. Ils veulent un changement», affirme Bruno Ben Moubamba, qui craint des violences si Ali Bongo était élu. «Nous sommes dans une situation de violence latente. C’est comme si le pays tout entier était trempé dans l’essence. Il ne suffit que d’une seule allumette». Le président de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap), René Aboghe Ella, reconnaît que les listes électorales semblent gonflées. Mais, assure-t-il, des garde-fous ont été mis en place pour que chaque électeur ne puisse voter qu’une seule fois. Autre crainte des observateurs, le mode de scrutin lui-même. Le vainqueur de l’élection de dimanche sera en effet élu à la majorité simple au premier tour, et n’aura donc pas besoin d’obtenir 50% des voix pour l’emporter. D’où une légitimité réduite. Omar Bongo était tellement omniprésent dans le paysage politique qu’il obtenait à chaque fois plus de 50% des suffrages, explique René Aboghe Ella. Mais, avec 19 candidats, aucun d’eux, même élu, ne pourra s’appuyer sur une majorité forte, et il est possible que le nouveau président du Gabon ne l’emporte qu’avec 10 ou 20% des voix. «Cela pourrait créer un problème de légitimité», souligne le président de la Cenap. «C’est la première fois que nous nous trouvons dans cette situation.» Pour Alain Joyandet, secrétaire d’Etat français à la Coopération, «une fois le résultat connu, l’attitude des candidats qui n’auront pas gagné sera décisive». En effet, déclarait-il dans un entretien publié dans le quotidien «La Croix» jeudi, «s’ils se rallient au résultat, le Gabon aura fait la preuve de la stabilisation de ses institutions».

 

 

  Haut

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Copyright 2003 Le Jour d'Algérie. Conception  M.Merkouche