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Justice et lettres anonymes
Elles ne concernent pas que les grandes affaires
Les
affaires en justice déclenchées sur la base de lettres
anonymes sont de plus en plus récurrentes et les
parquets de presque tous les tribunaux sont
destinataires de ce genre de plaintes masquées.
Si le
procureur général près la cour d’Alger, M. Zeghmati
signifie que ce genre de plaintes sont prises avec des
pincettes et tirées au cas par cas, plusieurs affaires
ont été révélées de la sorte, dont de grosses affaires
de corruption et de dilapidation de deniers publics
telles que l’affaire de la BNA. Cependant, cette méthode
est utilisée également dans des petites affaires de
voisinage telles que celle traitée par le tribunal pénal
de Sidi M’hamed. Un homme d’affaires algérien est
poursuivi en justice pour escroquerie après avoir
accaparé les biens d’un ressortissant français qui a
vécu en Algérie et propriétaire d’un appartement. Le mis
en cause est accusé d’avoir vendu de manière illégale
l’appartement situé à Alger. Tout a commencé
lorsqu’une plainte a été introduite auprès du procureur
de la République territorialement compétent, faisant
état d’une transaction frauduleuse ayant été conclue par
l’accusé dans cette affaire. Le plaignant a indiqué que
cet appartement appartenait à un ressortissant français
ayant passé toute sa vie en Algérie. C’est à ce moment
que le mis en cause a fait l’objet d’une poursuite
judicaire initiée par le parquet près le tribunal pénal
de Sidi M’hamed. Il a donc été jugé puis condamné par
contumace à trois de prison ferme pour escroquerie et
20 000 DA d’amende. Le mis en cause a ensuite fait
l’objet d’un mandat d’arrêt lancé par la même
juridiction, à savoir le tribunal de Sidi M’hamed. Il y
a lieu de signaler que l’accusé était en France au
moment où se déroulait son procès. Il y a quelques
jours, l’homme d’affaires impliqué a été arrêté par les
forces de sécurité, alors qu’il rentrait en Algérie.
Lors de son procès, le mis en cause a indiqué que sa
situation est tout à fait en règle. Il a reconnu que cet
appartement appartenait à un ressortissant français
ayant vécu toute sa vie en Algérie. Lui-même et sa mère
se sont occupés du propriétaire, âgé et malade, jusqu’à
ce qu’il décède. Il a expliqué que de son vivant, le
propriétaire avait fait un testament en bonne et due
forme pour que ce bien lui revienne de droit après sa
mort. Il a expliqué également qu’après la mort du
propriétaire, il a été destinataire d’un courrier du
consul général de France lui signifiant le droit de
jouir de cet appartement. C’est à ce moment qu’il a
décidé de vendre ce bien, sans acte notarié. Toutefois,
il a indiqué qu’ils avaient convenu d’établir cet acte
après avoir effectué la procédure de transfert de
propriété. La défense a indiqué que son client était
innocent et qu’il n’y a aucune preuve qui démontre le
contraire, que tous les documents en possession de son
client prouvent que ce bien lui revient de droit. Elle
a indiqué dans cette optique que la lettre anonyme
adressée au procureur de la République territorialement
compétent est l’œuvre de personnes cupides qui devaient
convoiter l’appartement, avant de demander la relaxe du
mis en cause.
S.H.
La route qui tue
Quatre membres d’une même famille périssent dans un
accident
Quatre
(4) personnes, membres d’une même famille, ont trouvé la
mort et 6 autres ont été blessées dans un accident de la
circulation survenu vendredi soir sur la RN 80, entre
les villes de Khenchela et de Chechar, a-t-on appris
samedi de la Protection civile. Une violente collision
frontale entre deux véhicules de tourisme circulant en
sens inverse, vers 20h30 près de la localité de N’sigha,
a été fatale au père (34 ans), au fils (3 ans), à la
fille (9 mois) et à la grand-mère (60 ans), tandis que
la mère (28 ans) a été évacuée vers le CHU de Batna dans
un état grave, en même temps que 5 autres blessés dont
2 grièvement atteints, a ajouté la même source.
Une
enquête a été ouverte par les éléments de la Gendarmerie
nationale pour déterminer les circonstances exactes de
ce nouveau drame de la route.
Religion
De
nouvelles conversions à l’islam
Le
bureau de conversion en religion musulmane de la
direction des affaires religieuses de Tizi Ouzou a
enregistré depuis le début de l’année 5 nouveaux
convertis, apprend-on. Ils portent tous la nationalité
française dont quatre hommes et une femme âgés entre 27
et 45 ans. Le même service a également recensé cinq
nouvelles demandes dont les dossiers sont à l’étude.
Rappelons que pour l’année 2009, Tizi Ouzou a
enregistré 34 reconvertis à l’islam. Ils sont de
nationalité française, belge et chinoise. Parmi ces
personnes qui se sont reconverties, nombreuses sont
venues spécialement de France pour les besoins de cette
démarche considérée plus simple ici en Algérie qu’au
niveau de la Mosquée de Paris ou le demandeur est soumis
à de nombreuses conditions et surtout devrait attendre
plus longtemps pour voir son dossier aboutir.
H.M.
Lutte contre le terrorisme en Kabylie
Un
terroriste abattu tous les deux jours
Pas
moins de 40 terroristes ont été mis hors d’état de nuire
ou capturés en Kabylie (Tizi-Ouzou, Béjaïa, Boumerdès et
Bouira) depuis le début de l’année en cours, avons-nous
appris hier d’une source proche des services de
sécurité. Selon notre source, les forces de lutte
antiterroriste ont pu, grâce à des actions très
efficaces et minutieuses, réduire la nuisance et
nettoyer en grande partie la Kabylie des sanguinaires de
l’ex-GSPC. Cependant, les frontières des wilayas de
Tizi-ouzou et Boumerdès, notamment les forêts fortement
boisées de Sidi-Ali Bounab, sont toujours infestées de
terroristes qui trouvent refuge dans cette région
difficilement accessible. Enfin, c’est grâce au
démantèlement des réseaux dormants et des réseaux de
soutien et d’appui que les forces combinées de lutte
anti-terroriste ont réussi cet exploit, analyse-t-on.
L’armée réussit la mise hors d’état de nuire et la
capture d’un terroriste par jour en Kabylie, ajoute
notre source, qui fait part de l’arrestation ces
derniers jours d’un individu impliqué avec les groupes
armés dans les environs d’Akfadou. Hakim Z. est accusé
d’appartenance, soutien et appui aux groupes armés.
L’individu a été arrêté après une enquête des services
de sécurité qui surveillaient ses déplacements.
T.B.S.
La question du jour
Le
miracle libre-échangiste
Si
l’on met de côté les motifs politiques qui ont conduit
le pays à être demandeur d’un accord de libre-échange
avec l’Union européenne, puis à faire pression pour le
faire adopter le plus rapidement possible (n’oublions
pas en effet que l’Europe ne se montrait pas alors aussi
pressée), que reste-t-il des bonnes raisons invoquées
avant cela, et sur un ton de conviction qui n’était pas
sans rappeler par certains accents la foi du
charbonnier, pour faire hâter le processus ? Est-ce les
motifs économiques ? Est-ce au moins une partie d’entre
eux ?
Dans
le discours que le ministre des Finances a tenu au Forum
de Crans Montana tout récemment, c’est en vain qu’on
chercherait trace d’un effet plus ou moins positif sur
l’économie nationale à attribuer sans conteste à
l’Accord d’association. Il comporte en revanche un bon
récapitulatif des déceptions qu’il a causées, ce qui
dans le même temps laisse clairement entrevoir les
illusions qui ont poussé les autorités algériennes à le
conclure dans les meilleurs délais.
Positivement, Karim Djoudi s’est contenté de mettre en
relief le déséquilibre qui s’est établi entre les deux
partenaires au bout de cinq années d’application de
l’Accord, dont il faut rappeler qu’il ne deviendra un
complet accord de libre-échange qu’au terme d’une
période égale à celle déjà écoulée. Ce déséquilibre est
chiffré : alors que les importations européennes ont
doublé de 2005 à aujourd’hui, les investissements
européens sont restés aussi faibles, tout aussi
dérisoires que par le passé.
Il y a
sûrement d’autres chiffres aussi significatifs, voire
plus explicites que ceux-là, que le ministre aurait pu
avancés pour les besoins de sa démonstration. Il aurait
pu faire état par exemple de celui mettant en regard les
importations européennes vers l’Algérie, et les
exportations algériennes, hors hydrocarbures, vers
l’Europe. Le déséquilibre engendré par l’accord ne s’en
serait pas trouvé atténué, bien au contraire. Mais le
propos ici n’est pas de surenchérir sur ce point. Mais
de prendre la mesure des illusions algériennes à
l’origine de ce déséquilibre, qui irait s’aggravant si
rien n’était fait pour y remédier.
Les
autorités algériennes étaient victimes de l’illusion
libre-échangiste, selon laquelle deux partenaires ayant
établi ce système dans leurs relations économiques non
seulement en bénéficieraient toutes les deux dans le
court terme, mais verraient à l’avenir leurs économies
converger l’une vers l’autre. En termes de revenus, bien
sûr, car pour ce qui est de la production elle-même,
elles tendraient au contraire à diverger, chaque partie
ayant intérêt à se spécialiser dans les activités où
elle dispose d’un avantage comparatif.
Le
libre-échangisme tout entier est dans ce joli programme,
dans cet avenir radieux vers lequel sont censées
s’orienter les économies qui se laissent gouverner par
lui.
Pour
ceux qui y croient, on comprend que tout atermoiement
devant cette belle perspective soit un crime. Il faut
n’avoir de cesse de se trouver le bon partenaire avec
lequel entrer dans un flux tendu d’échanges, de toutes
sortes dans un premier temps, mais qui, par la force des
choses, finiront par déboucher sur une sorte de partage
de la production, en fonction de l’habilité de chacune
des parties, en même temps que par l’égalisation des
revenus.
La
tergiversation est encore plus inacceptable de la part
du partenaire qui au moment où s’amorce le cycle
vertueux dispose de l’économie la moins développée. En
effet, c’est lui qui en définitive à le plus gagner,
même si le système est par définition profitable pour
toutes les parties prenantes. En clair, l’Algérie, dont
l’économie n’est pas au niveau de celles des pays
européens, a tout à gagner à entrer dans une relation
de libre-échange avec des pays économiquement beaucoup
plus développés qu’elle.
Les
Algériens ont appelé ce processus quasi miraculeux
enclenché puis entretenu par un accord de
libre-échange : la mise à niveau.
Voilà
déjà 5 ans qu’ils en attendent les premiers signes en
attestant la véracité, prouvant la justesse de la
théorie libre-échangiste, et du choix qu’ils ont fait
d’en signer un avec l’Union européenne.
M.
H.
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