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Issaâd Rabrab au Forum d’El Moudjahid
«L’Etat
est riche, les citoyens sont pauvres»
Les débats
ont porté sur l’évaluation de la démarche économique
empruntée par les autorités politiques et son impact sur
l’activité nationale, le partenariat et les conditions
de vie de la population. «La situation économique et
sociale : état des lieux» a été le thème, hier, de la
table ronde qui a eu lieu au centre de presse d’El
moudjahid, avec la participation du P-DG de Cevital, du
directeur de l’Agence nationale de la promotion du
commerce international et des représentants de la CIPA.
Les débats ont porté sur l’évaluation de la démarche
économique empruntée par les autorités politiques et son
impact sur l’activité nationale, le partenariat et les
conditions de vie de la population. Des conditions
toujours aussi misérables, selon l’état de situation
tel que présenté par M Isaâd Rabrab, qui a déploré, lors
de son intervention le fait «que l’Algérie dispose de
nombreuses richesses et que ses réserves de change n’ont
jamais été aussi importantes alors que sa population
n’en bénéficie pas et que le pouvoir d’achat des
familles et très faible». Cela dit, il a aussi rappelé
qu’en face
de cette
richesse financière du pays, les signes de la
détérioration des conditions de vie de la population
sont visibles, «au problème de sécurité qui persiste, vu
qu’on est passé du terrorisme au banditisme, à la
relance économique fragile, voire superficielle, aux
lourdeurs administratives qui freinent l’investissement,
à la modernisation du système bancaire qui laisse à
désirer et au manque du foncier». Intervenant à son
tour, M. Benini, de l’Agence nationale de promotion du
commerce international, a confirmé que les démarches
économiques porteuses de croissance sont à l’opposé de
la situation sociale actuelle, et que la croissance
repose en grande partie sur les gains des hydrocarbures
et non sur la production. «Dire que le pays est peut
être pauvre est excessif mais dire aussi que le pays est
en train de devenir riche est faux», a-t-il souligné. Et
au même intervenant de préciser que «les réformes
économiques ont été dictées de l’extérieur et que leur
application n’a pas été en accord avec la réalité
intérieure du pays». Ces même réformes, a-t-il souligné,
en sont arrivées à une période «de retour en arrière et
de pensées sérieuses au renoncement». M. Benini a aussi
critiqué l’économie informelle et son impact négatif
sur l’économe nationale. «Son existence décourage
l’investissement national et étranger en Algérie»,
a-t-il souligné, avant d’ajouter à titre d’exemple que
le secteur agricole est lui aussi touché par l’informel
via le diktat des distributeurs, car rien n’explique «la
flambée des fruits et légumes à certaines périodes de
l’année, sinon l’inexistence de loi sur l’offre et la
demande pour fixer des prix». «Il n’y a jamais eu de
flambée de prix des fruits et légumes au temps des
halles centrales», a tenu à préciser, de son côté, le
P-DG de Cévital qui adhère «à la nécessité de la
création au plus vite de plate-formes logistiques, de
triage, d’emballage et de conditionnement des produits
agricoles», cela en déplorant que «les 11 plate-formes
logistiques programmées pour 2007 et 2008 sont bloquées
à cause d’un problème du foncier».
Les débats
ont aussi porté sur l’accord d’association avec l’UE, et
l’adhésion de l’Algérie avec l’OMC. Deux projets
ambitieux, dont «le premier a été signé au détriment de
l’Algérie et surtout en défaveur des opérateurs
économiques algériens», a cité M Issaâd Rabrab.
«L’Algérie est autorisée à exporter 5 000 tonnes de
pommes de terre, contre 45 000 tonnes de semences de
pommes de terre pour l’UE, soit 600 000 tonnes.
L’UE exporte
400 000 tonnes de blé et 150 000 tonnes de sucre, pour
seulement 4 000 tonnes de pâtes et de couscous pour
l’Algérie», a-t-il renchéri. Cela dit, il a appelé à ce
que l’Etat défende les opérateurs économiques à l’image
de tous les pays du monde. Il citera le cas de l’Europe
qui subventionne 70% de la production de la tomate
concentrée et la taxe de 400 euros imposées pour
protéger leurs produits. Cela dit, M Rebrab a avancé que
le groupe Cévital a programmé pour 2008, pour 1,3
milliard de dollars d’exportations et énormément de
projets qui risquent d’être malheureusement bloqués à
cause de la bureaucratie et du problème du
foncier.
Habiba
Ghrib
APC
de Tazmalt (Béjaïa)
Compression de contractuels
Depuis la
rupture de leur contrat, le 19 août dernier, une
quarantaine de travailleurs exerçant dans différents
services de la commune de Tazmalt ont frappé à toutes
les portes pour faire entendre leur voix sans succès. Le
wali, le président de l’APW, l’inspecteur de la Fonction
publique et le chef de daïra ont tous été saisis pour
intervenir dans l’espoir de se voir réintégrés dans leur
poste et voir renouvelé leur contrat de travail de 5
heures, supprimé après le rejet du plan de gestion des
ressources humaines par la Fonction publique, dont
l’écho a été transmis par le P/APC de Tazmalt pour le
motif que les diplômés ne sont plus acceptés dans ce
dispositif mais ils peuvent être affectés dans le cadre
de l’IAIG pour certains. Une décision qui n’a pas plus
aux «infortunés» qui voient en ces agissements comme
«une provocation», car de leur avis «l’APC n’a pas fait
d’efforts nécessaires» pour les maintenir mais «au
contraire, cela est un alibi», puisque durant une
réunion consacrée à ce sujet, le collectif est informé
que les postes de 5 et 87 heures, libérés seront
affectés à ceux qui bénéficient actuellement d’un emploi
dans l’IAIG, ce qui fait dire aux malheureux qu’ «il
n’est nullement dans l’intention de l’APC de ménager le
budget de la commune. Ceci en relevant que ces
agissements sont entrepris en contradiction avec les
décisions prises par la délégation de l’exécutif de la
wilaya qui s’était réunie avec les différentes parties
concernées, il y a de cela plus de deux mois,
lesquelles ont conclu à des solutions équitables». Le
collectif des contractuels «licenciés», demande aux
autorités d’«intervenir et veiller à l’application
stricte des recommandations arrêtées par les parties
concernées».
Hocine
Cherfa
Haut
Tlemcen
Un budget
de 27 milliards de dinars
Dans le
cadre du programme spécial des Hauts Plateaux, une
enveloppe financière conséquente a été allouée à tous
les secteurs vitaux, dans les 12 communes du sud de la
wilaya de Tlemcen, pour un développement durable de ces
localités longtemps oubliées. Cette décision répond au
souci de combler les retards mais aussi de réparer les
injustices socio-économiques subies par les régions du
Sud. Les secteurs de l’hydraulique, de l’habitat et des
travaux publics ont eu la part du lion avec
respectivement, pour l’hydraulique 3,36 milliards de
dinars, l’habitat 5,15 milliards de dinars, les travaux
publics 4,5 milliards de dinars, les transports 170
millions de dinars et l’éducation nationale 1,28
milliard de dinars. Le secteur de l’énergie n’a pas été
omis, puisque certaines localités de la wilaya de
Tlemcen seront alimentées en gaz naturel pour un
montant de 5 milliards de dinars.
Pour
l’habitat, quelque 1 000 logements sociaux et 500
logements ruraux sont inscrits en complément de
programmes ambitieux.
Les secteurs
de la formation professionnelle, la santé publique,
l’agriculture et la jeunesse et les sports disposent,
quant à eux, d’une enveloppe globale de 2,80 milliards
de dinars répartis comme suit : formation
professionnelle 340 millions de dinars, jeunesse et
sports 550 millions, agriculture 2,20 millions. Il est à
signaler que pour la première fois, une ferme pilote
aquacole verra le jour pour un montant de 50 millions de
dinars.
En toute
objectivité, il fallait un souffle nouveau car, le
retard accusé au niveau de tous ces secteurs nécessitait
non seulement de la compétence, mais aussi un certain
engagement des uns et des autres. Malgré le lancement de
projets de grande envergure sur tout le territoire de la
wilaya de Tlemcen, et bien que certains soient en voie
d’achèvement ou tirent à leur fin, cela reste
insuffisant au regard des observations du premier
magistrat de la wilaya, Nouri Abdelwahab, qui dira :
«Tlemcen mérite mieux que ça» et ce, malgré que la
capitale des Zianides dispose d’un auditorium, un bijou
architectural unique en Algérie, Tlemcen est-elle en
train de faire sa mue, de reprendre sa place sur la
scène nationale et retrouver son lustre d’antan ? Seul
l’avenir nous le dira.
Lebbad
Youcef
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