|
Alger, capitale de la culture arabe
Comment sauver
les apparences ?
Il était bien
inspiré celui qui avait proposé qu’Alger soit, durant l’année 2007,
capitale de la culture arabe.
A un mois et demi
du début de l’évènement, et à moins de passer la main ou de le
reporter à une période ultérieure, on peut, sans risque de se
tromper, affirmer que le pays ne sera pas au rendez-vous à la date
initialement été fixée. Les travaux de rénovation de certains
espaces devant accueillir les manifestations marquant cette année
culturelle, laissées à l’abandon, durant plusieurs décennies,
persistent à traîner en longueur. C’est, notamment le cas de
plusieurs grandes salles de cinéma ou alors, celui de l’Institut
national de musique, dont le chantier avait été inauguré il y a,
environ, une vingtaine d’années et dont le sort s’apparente,
aujourd’hui, à
celui du métro d’Alger.
Les efforts
entrepris dans la précipitation pour que tout soit fin prêt le
moment opportun, n’arriveront pas à cacher une vérité essentielle.
La chose culturelle au cours de ces dernières années, était le cadet
des soucis de nos responsables politiques. Pour s’en convaincre, une
fois de plus, il n’y a qu’à rappeler la modicité du budget accordé
au secteur de la Culture dans la dernière loi de finances et celles
qui l’ont précédée. Il faut rappeler, d’autre part, que la plupart
des évènements culturels qui sont organisés dans les rares endroits
du pays, le sont souvent à l’initiative de représentations
diplomatiques ou de centres culturels étrangers.
Beaucoup de
situations illustrent les déficits flagrants, en moyens d’expression
auxquels est confronté le monde de la culture dans notre pays, où,
artistes, écrivains et cinéastes sont marginalisés ou ignorés. Bon
nombre d’entre eux se sont repliés sur eux-mêmes, ou tenté d’exercer
leur talent sous d’autres cieux où ils ont plus de chance d’être
appréciés. L’Algérie a, désormais, ses «écrivains maudits».
Qu’a-t-on entrepris, en effet, pour faire connaître aux nouvelles
générations, les œuvres d’auteurs célèbres, à l’image de
Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Rachid Mimouni, Mouloud Feraoun,
Mohamed Dib, Jean Amrouche, Rachid Boudjedra, ou, plus loin, dans le
temps, d’Apulée de Madaure ?
Que sont devenues
les nombreuses bibliothèques municipales disséminées un peu partout
à travers le pays et dans lesquelles des générations d’enfants et
d’adultes découvraient le goût de la lecture ? Au lieu de regretter,
– lorsque nous le sommes parfois, – que les Algériens lisent de
moins en moins, pourquoi ne nous interrogeons-nous pas sur les prix
excessifs des livres qui les rendent inaccessibles, même à ceux qui
possèdent encore un semblant de pouvoir d’achat. Dans un autre
domaine, que sont devenus les réalisateurs qui, à un moment, ont
fait connaître, à travers le monde, les qualités techniques et
esthétiques du cinéma algérien ? Qui s’inquiète du malheureux sort
réservé à de nombreuses salles de cinéma ? La plupart d’entre elles
ont disparu, ont été fermées ou transformées en commerces ou en
salles des fêtes pour les cérémonies de mariage. Pour souligner
toute l’indigence de la production cinématographique nationale, il
n’y a qu’à se référer aux programmes de télévision qui persistent,
des années durant, à diffuser, en boucle, de vieux films ou des
pièces théâtrales algériennes, dont la production remonte à des
années.
Dans les premiers
moments de l’indépendance et jusque vers les années 1990, régnait en
Algérie une activité culturelle intense, maquée par des œuvres
littéraires, théâtrales et cinématographiques de qualité. L’un des
évènements culturels majeurs de cette période, jamais égalé depuis,
a été, à ce titre, l’organisation du Premier festival culturel
panafricain.
Il faut le dire
clairement : l’organisation d’un évènement de la dimension de
l’année de la culture, à Alger, n’est pas tributaire des seuls
moyens financiers. Une telle manifestation, où viennent s’exprimer
les cultures diverses des pays participants, doit être, pour le pays
organisateur, l’occasion, de faire connaître, au plus grand nombre,
la diversité et la richesse de son patrimoine culturel dans les
domaines les plus variés. Et Dieu sait qu’elle est cette richesse
si, à l’instar de ce qu’ont fait nos voisins, on avait pris le soin
de la protéger, de l’enrichir, de la cultiver pour la perpétuer.
Quand on sait le sort réservé aux expressions culturelles multiples
dans le pays, serions-nous à même de relever le défi de l’Année
culturelle arabe ? Il est permis d’en douter.
Pour faire bonne
impression, les membres du comité d’organisation sont, dans la
perspective de cet évènement, en train de faire en sorte de
contacter tout ce que l’Algérie compte, encore, comme écrivains,
cinéastes, acteurs de cinéma et de théâtre, peintres, musiciens,
groupes folkloriques…
Dans le souci de
paraître, de protéger «l’image de marque du pays», comme on a pris
l’habitude de le dire à tout bout de champ, tout ce monde oublié est
appelé, dans l’urgence, à contribuer à donner la meilleure image
possible de la culture en Algérie.
Et Après ? Après,
on ne manquera pas, comme d’habitude, à travers les médias lourds,
de s’auto féliciter de la réussite de la manifestation et de
reprendre, jusqu’à un prochain rendez-vous, le ronron habituel.
Ahmed
Mahieddine
Haut
Hamma
Le Jardin
d’Essais confié à la wilaya
C’est officiel,
depuis la publication du décret exécutif n° 06-350 du 5 octobre
2006, le Jardin d’Essais du Hamma est transféré à la wilaya d’Alger.
Cette décision, qui a été prise par le gouvernement est censée
mettre fin aux multiples problèmes de tutelle et d’interférences en
haut lieu, qui ont empêché un sauvetage définitif de ce monument
unique au monde. Désormais, l’ensemble des personnels et le
patrimoine du Jardin d’Essais du Hamma, comprenant les biens,
droits, obligations et moyens de toutes natures détenus par
celui-ci, sont transférés à la wilaya d’Alger.
Le transfert donne
lieu à l’établissement d’un inventaire estimatif, quantitatif et
qualitatif des personnels et du patrimoine transférés par une
commission ad hoc, dont les membres sont désignés conjointement par
le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités
locales, les ministres des Finances, de l’Agriculture et du
Développement rural et le wali d’Alger. Pour rappel, ce Jardin est
une des curiosités d’Alger qui ne manque pas d’impressionner les
visiteurs. «Le touriste le plus vagabond est étonné par sa flore
tropicale, le jeu incomparable des couleurs où les verts les plus
nuancés viennent s’harmoniser avec les bleus du ciel et de la mer,
où les parfums se mêlent aux coloris des floraisons qui
s’échelonnent au cours des quatre saisons, en un perpétuel
printemps», est-il écrit dans le site officiel du Jardin d’essais (www.jardindessai.com).
C’est que sa renommée dépasse largement le cadre de l’Algérie :
outre les touristes, que déversent chaque année au printemps les
grands transatlantiques, internationaux qui font escale à Alger, les
botanistes du monde entier y reviennent volontiers se documenter.
Un parc qui, a
l’époque, prend par son importance le 4e ou 5e rang parmi les grands
parcs internationaux du même genre.
R. A.
Haut
Mosquée d’Alger
Déclaration
d’utilité publique pour le projet
Le décret exécutif
n° 06-349 du 5 octobre 2006 portant déclaration d’utilité publique
l’opération relative à la réalisation de la mosquée d’Alger a été
publié dans le Journal officiel. Selon le décret, est déclarée
d’utilité publique l’opération relative à la réalisation de la
mosquée d’Alger sur le territoire de la commune de Mohammadia, «en
raison du caractère d’infrastructure d’intérêt général, d’envergure
nationale et stratégique de ces travaux».
Le caractère
d’utilité publique concerne les biens immeubles et les droits réels
immobiliers servant d’emprise à la réalisation de l’opération. La
superficie globale des biens immobiliers et/ou droits réels
immobiliers servant d’emprise à la réalisation de l’opération est de
vingt (20) hectares, situés sur le territoire de la commune de
Mohammadia. La consistance des travaux à engager au titre de la
réalisation de la mosquée d’Alger concerne la mosquée et
l’esplanade, le minaret, Dar El Coran d’une capacité de 300 places
pédagogiques, le centre culturel islamique, l’administration et les
logements de fonction, le parking, les voies d’accès ainsi que les
espaces verts. Les crédits nécessaires aux indemnités à allouer, au
profit des intéressés, pour les opérations d’expropriation des biens
immobiliers et droits réels immobiliers nécessaires à la réalisation
de l’opération doivent être disponibles et consignés auprès du
Trésor public, stipule enfin le décret qui ne précise pas,
cependant, l’enveloppe des indemnisations qui seront globalement
concédées aux profits des propriétaires à exproprier.
Redouane A.
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|