|
Rush des lecteurs au dernier jour
Clôture hier du
Salon international du livre
Il n’y aura pas de
prolongement, bien que le public, nombreux, aurait voulu que cet
événement dure encore.
Le XIe Salon
international du livre d’Alger a fermé hier ses portes,
«silencieusement», sans grande pompe, sans officiels. La
manifestation, qui a duré dix jours (du 30 octobre au 10
novembre), a
drainé une foule de citoyens, de professionnels et de fanas de
lecture. Jeudi passé, le café littéraire avait hébergé deux
conférences, la première, animée par le directeur de l’Institut
Cervantès d’Alger, M. Eduardo Carlo et une autre expert a été la
présentation de l’anthologie poétique de Vicente Alexandre, poète
espagnol andalou, qui a été traduite en arabe. La deuxième rencontre
a été consacrée à Isabelle Eberhardt, animée par Edmond Charles Roux
et Antoine Boussin (France), suivie d’un récital poétique. Entre 17
et 19 heures, une représentation musicale a été animée par le groupe
Athmane Bali, en hommage à ce dernier. Hier, les nombreux stands
débordaient de gens qui sont venus profiter des remises de prix
consenties en ce dernier jour. Il faut dire que certaines maisons
d’édition proposaient des offres intéressantes, voire alléchantes ;
ce sont particulièrement les éditeurs égyptiens et saoudiens qui
vendaient particulièrement des livres religieux, des bouquins à 100
DA, à 150 DA, des dictionnaires à 250 DA, parfois des remises allant
jusqu’à 50% (Dar El Houria, Egypte). Mais, l’on a remarqué, sans
aucune difficulté, que les maisons d’éditions arabes,
particulièrement celles d’Arabie Saoudite, ont proposé des baisses
importantes sur les prix des livres religieux, qui ont bousculé les
libraires, venus en force pour approvisionner leurs boutiques. Par
contre, rares sont les maisons d’éditions algériennes ont offert des
remises. «Je suis venu exceptionnellement pour profiter de la baisse
des prix, j’ai pris surtout des livres de lecture pour mes enfants
scolarisés», confie Saïd, un père de famille, accompagné de ses
trois enfants. Nawel est également venue acheter des livres pour ses
deux gosses, essentiellement des livres de lecture. Un peu plus
loin, nous avons rencontré Souad et Meriem, deux étudiantes, venues
de Boumerdès pour profiter des baisses et se permettre des livres,
qui demeurent trop chers pour leurs maigres bourses.
Pour rappel, les
organisateurs du salon avaient prédit 300 000 visiteurs en 2005,
lors du Xe salon qui réunissait 700 stands de 22 pays. Pour cette
XIe édition, il a regroupé 688 maisons d’édition originaires de 23
pays et a été organisé sous le slogan : «Ecriture et émancipation»
et proposé plus de 80 000 titres au public.
Irane
Belkhedim
Haut
XIe Sila
Hommage au
compositeur El Habib Hachelaf
nUn hommage a été
rendu avant-hier à Alger, au défunt compositeur El Habib Hachelaf, à
l’occasion de la sortie, à titre posthume, de son ouvrage intitulé
«El Haoufi, Chants de femmes d’Algérie», dans le cadre du XIe Salon
international du livre d’Alger.
«Nous nous faisons
un devoir de publier ce recueil de poèmes du regretté El Habib
Hachelaf, homme d’une grande érudition, chercheur spécialisé dans le
patrimoine musical arabe, maghrébin et particulièrement algérien», a
indiqué un responsable de la maison d’édition «Alpha Edition», qui a
organisé un programme consacré au regretté
El Habib Hachelaf,
et mis en exergue le rôle joué par le défunt artiste qui était
également parolier, animateur de radio et essayiste. De son côté,
Lamine Bechichi, ancien ministre de la Culture, a évoqué le parcours
du défunt homme de l’art «un des monuments du patrimoine national»,
«dont le nom est associé au «melhoun, un genre populaire d’un grand
raffinement».
«El Habib Hachelaf
était un artiste dans le sens le plus noble du terme», a affirmé
M. Bechichi,
rappelant les valeurs morales du compositeur «un bon vivant, au
contact très facile, qui répondait toujours présent lorsqu’il était
sollicité pour un travail ou une activité culturelle, malgré son
état de santé». Abdelkader Khomri, ancien ministre de la Jeunesse et
des Sports et ex-directeur général de l’Anep, a mis en valeur les
qualités du défunt compositeur qui «était un homme de mémoire».
«C’était un grand gisement de conservation de la mémoire. Il était
comme une clé pour la lecture de notre patrimoine qui est très
dense», a souligné
M. Khomri ajoutant
«c’était un homme très discret qui a beaucoup fait dans le domaine
de l’histoire du patrimoine». Pour Brahim Bahloul, chorégraphe et
ancien directeur de l’Institut de musique et du ballet national, El
Habib Hachelaf était «un grand homme de culture» qui a «participé à
la perpétuation et la sauvegarde du patrimoine». «Il a fait sortir
de l’oubli des textes d’une grande valeur en faisant de la
recherche», a-t-il dit tout en mettant en relief ses qualités
humaines et intellectuelles.
«Il était très
laborieux et avait une bonhomie extraordinaire», a ajouté Brahim
Bahloul. Né en 1924 à Djelfa, El Habib Hachelaf, très jeune, a été
«nourri» par la poésie des textes de Mostefa Benbrahim, Boumediène
Bensahla, Lakhdar Benkhlouf et Ben M’Sayeb. Le compositeur a joué un
rôle essentiel dans la transcription du «chiir el melhoun» (poésie
chantée), un genre musical multiséculaire. Parmi ses publications,
Hachelaf compte une «Etude sur le djafr dans la poésie populaire du
Maghreb», une «Etude sur les confréries musulmanes en Algérie», un
recueil «Nouba rahaoui», une «Anthologie de la musique arabe» ainsi
que des livres évoquant la vie et l’œuvre du comédien Rachid
Ksentini et du musicologue et musicien Mohamed Iguerbouchène.
R. C.
Haut
Aujourd’hui à Sétif
«Mon colonel»
projeté en avant-première
«Mon colonel»,
long-métrage franco-belge réalisé par Laurent Herbiet dont le
lancement officiel dans les salles européennes est prévu le 15
novembre prochain, sera projeté aujourd’hui à Sétif en
avant-première mondiale. Rappelons que la capitale des Hauts
Plateaux avait servi de décor en mars dernier, à une importante
partie du tournage de ce film tiré d’un roman de François Zamponi,
et traitant de l’institutionnalisation de la torture pendant la
guerre d’Algérie. Le film, produit par Costa-Gavras et son épouse
Michèle Ray-Gavras en partenariat avec le producteur algérien Salem
Brahimi, et qui met en vedette Olivier Gourmet, Robinson Stévenin,
Cécile de France, Bruno Solo et Abdelmalek Kadi, débute à Paris, de
nos jours, où le colonel en retraite Raoul Duplan, un ancien colonel
de l’OAS, est abattu sans aucun mobile apparent d’une balle en
pleine tête dans sa propriété. L’enquête tourne en rond jusqu’à
l’arrivée d’un courrier anonyme qui explique les raisons de la mort
du colonel alors qu’il commandait en 1957 la garnison de
Saint-Arnaud (actuelle El Eulma), une ville située près de Sétif. Ce
film évoque un jeune licencié en droit, Guy Rossi, qui a devancé sa
conscription militaire par dépit amoureux et qui est affecté comme
aide de camp à la garnison de Saint-Arnaud, commandée par le colonel
Duplan. Rossi a pour mission d’étudier la latitude qu’offrent les
pouvoirs spéciaux votés par l’Assemblée nationale française à
l’unanimité : «Aucune mesure même celle contraire aux grands
principes de notre droit n’est à écarter», conclut le jeune appelé
qui découvre la réalité de l’occupation coloniale française. Ce film
d’une heure 51 minutes n’a encore été projeté, note-t-on, qu’à
l’occasion de quelques festivals cinématographiques à Montpellier
(France), à Toronto (Canada) et à Rome (Italie) où il reçut un très
bon accueil. Costa-Gavras, présent à l’ouverture du Mois du cinéma,
organisé par la wilaya de Sétif en mai dernier, avait déjà annoncé
que l’avant-première de «Mon colonel» serait projetée à Sétif, donc
promesse tenue pour l’auteur de «Z».
Synthèse H.K.
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|