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Difficultés
Aujourd’hui
l’homme le plus coincé de la planète est sans aucun doute le
président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Sollicité d’un
côté par les Israéliens, dont le premier ministre demande une
entrevue sans aucune condition préalable et le gouvernement dirigé
par le Hamas et de l’autre par une large partie de l’opinion
publique palestinienne. M. Abbas est empêtré dans une situation des
plus embarrassantes. En effet, pour la première fois depuis des
mois, Ehud Olmert tend la main à Mahmoud Abbas (après que Tsahal
eut tué des dizaines de personnes innocentes à Beit Hanoun) et
semble vouloir dialoguer, mais les Palestiniens dans leur majorité
ont dépassé le stade du dialogue et encore sous l’effet de la colère
ne demandent plus que vengeance. Mais alors quelle solution
reste-t-il à Mahmoud Abbas, qui lui aussi, a des compte à rendre à
la communauté internationale et qui ne veut surtout pas s’attirer
l’ire des Occidentaux car, refuser en ce moment la main tendue d’Olmert
serait du plus mauvais effet sur les Européens et surtout sur les
Américains. Les Israéliens ont toutefois eux aussi tout intérêt à se
tenir à carreaux durant quelque temps et à faire preuve de bonne
volonté car, leur image d’éternelle victime non seulement ne fait
plus recette mais commence à en énerver plus d’un et en premier lieu
le commandement de la FINUL. Il y a quelques jours c’est un incident
de très grande ampleur surtout politique qui a été évité de justesse
au Sud Liban entre Tsahal et la FINUL. Ainsi, pour les israéliens
comme pour Mahmoud Abbas qui tous deux ont besoin du soutien de la
communauté internationale sont dans une position très délicate dont
il faudra se sortir avec beaucoup de doigté. Pour le Hamas au
contraire cette situation est propice à la reprise des violences
envers l’Etat hébreux et il ne se privera pas de donner dans ce
créneau sans se soucier des retombées diplomatiques sur son pays.
Pour Mahmoud
Abbas, il s’agira désormais d’accepter l’offre d’Ehud Olmert pour
désamorcer la situation sans pour autant passer pour un lâche auprès
des siens et cela ne sera pas chose facile au vu de la situation
actuelle.
Fouzia Mahmoudi
Victoire des démocrates au Congrès US
Bush paie pour l’Irak
Mis en minorité, le Président américain George W. Bush qui a
écarté Donald Rumsfeld, s’est déclaré jeudi «ouvert à toutes les
idées et toutes les propositions» sur l’Irak, lors de ses premières
consultations avec la nouvelle majorité démocrate au Congrès.
C’était prévisible. Après avoir remporté la Chambre des
représentants, les démocrates, tenus à l’écart du pouvoir depuis le
début de la présidence Bush, ont également conquis le Sénat. En
Virginie (Est) et dans le Montana (Nord-Ouest), les deux derniers
sièges dans la balance leur sont revenus, après l’aveu de leur échec
par les candidats républicains. De la sorte, M. Bush, menacé de
paralysie politique, a rapidement réagi en affirmant sa volonté de
«tourner la page des élections et de travailler ensemble sur les
grandes questions auxquelles l’Amérique est confrontée». Cela vaut
aussi pour l’Irak.
«Je suis ouvert à toutes les idées et toutes les propositions qui
nous aideraient à atteindre notre objectif, qui est de vaincre les
terroristes et de faire en sorte que le gouvernement démocratique
irakien réussisse»,
a-t-il dit.
Les deux personnalités avec lesquelles George W. Bush devra surtout
composer sont Nancy Pelosi, future présidente de la Chambre des
représentants et Harry Reid, futur vice-président du Sénat (la
présidence du Sénat est assurée constitutionnellement par le
vice-président des Etats-Unis). Tous deux font partie de ses
adversaires les plus virulents.
«C’est le temps du changement, le temps de la coopération entre
partis, le temps d’un gouvernement ouvert et transparent, et le
temps d’obtenir des résultats», a souligné jeudi Harry Reid.
Dès mercredi, le Président avait tiré les conséquences d’une défaite
qui, selon son propre mot, a tourné à la «raclée». Il a reconnu que
l’impopularité de la guerre avait été déterminante lors des
élections.
Le Président s’est séparé dès mercredi de son secrétaire à la
Défense Donald Rumsfeld, le visage impopulaire de la guerre en Irak.
Le patron démissionnaire du Pentagone a reconnu le manque de
progrès. «Notre pays n’a pas l’expérience pour imposer un contrôle
et notre volonté sur des extrémistes violents qui opèrent dans
l’ombre», a-t-il déclaré jeudi à des étudiants au Kansas. M. Bush a
tendu la main aux démocrates qu’il a plus ou moins ignorés pendant
presque six ans. Il a exprimé sa volonté de trouver avec eux «des
terrains d’entente». Jeudi, il a déjeuné avec Nancy Pelosi et un
autre haut responsable démocrate, Steny Hoyer. M. Bush et Mme Pelosi
ont ensuite reconnu qu’ils ne seraient «pas d’accord sur tout». Mais
«nous avons tous deux tendu la main de l’amitié, du partenariat», a
dit
Mme Pelosi. M. Bush a insisté sur la «responsabilité» qui incombait
à présent aux démocrates.
La grande question sera cependant de savoir jusqu’où les deux
parties sont prêtes à aller dans la recherche du consensus.
M. Bush a réaffirmé mercredi que malgré la mort de plus de 2 800
d’entre eux, les centaines de milliards dépensés et l’hécatombe des
dernières semaines en Irak, les soldats américains ne se
retireraient qu’«avec la victoire». Cela, les Américains le savent
bien et c’est d’ailleurs l’unique registre par lequel G .W. Bush
peut encore trouver une certaine marge. Mais ces mêmes Américains
ont dit leur mot, et leur message va droit à celui qui les a fait
détester par le monde entier.
R. I.
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