Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Efforts

L'on peut parfois se demander pour quelles raisons le secrétaire d'État américain continue à aller au Proche-Orient et à discuter avec les dirigeants israéliens et palestiniens lorsqu'il sait, il ne peut décidément pas l'ignorer, à quel point ses efforts sont inutiles. Depuis plusieurs années déjà les Etats-Unis ont décidé de faire de la résolution du conflit israélo-palestinien l'une de leur priorité, une décision qui n'a eu malheureusement aucune influence sur la situation sur place où Israël continue à mener la vie dure aux Palestiniens et surtout à faire tout son possible pour saboter une quelconque possibilité de paix. Evidemment, cela peut sembler partisan de toujours accuser Israël sans évoquer les erreurs palestiniennes, mais ces dernières sont si dérisoires comparées au sabotage élaboré des dirigeants hébreux qu'elles ne peuvent tenir la comparaison. D'ailleurs, les Israéliens ont usé, encore une fois, de leur arme favorite pour saborder le dialogue avec leurs voisins palestiniens, l'extension illégale de la colonisation. Ainsi, Israël a annoncé vendredi plus de 1 800 nouveaux logements à Jérusalem-Est annexée et en Cisjordanie occupée, selon une ONG israélienne, ignorant les recommandations du secrétaire d'État américain qui s'efforce difficilement de rallier Israéliens et Palestiniens à son plan de paix. Le ministère du Logement a publié des plans pour la construction de 1 076 logements à Jérusalem-Est annexée et de 801 logements en Cisjordanie occupée, a déclaré un porte-parole de l'ONG la Paix maintenant, Lio Amihaï. " Nombre de ces logements seront construits dans les colonies d'Efrat et Ariel, en Cisjordanie, et dans les quartiers de Ramat Shlomo, Ramot et Pisgat Zeev à Jérusalem-Est ", a-t-il précisé. John Kerry, qui a quitté en début de semaine le Proche-Orient après quatre jours de discussions intensives sans avoir réussi à rallier Israël et les Palestiniens à son plan de paix, a déclaré à plusieurs reprises que les États-Unis considéraient la colonisation comme " illégitime ". Des déclarations qui n'émeuvent en rien les Israéliens qui continuent ainsi à confisquer les terres palestiniennes tout en prétendant, mal, continuer à chercher une solution de paix. Reste à savoir si les Américains auront le courage avant la fin du dernier mandat de Barack Obama d'enfin hausser le ton, ou si, le président démocrate, ne voulant faire de mal à la très probable campagne de Hillary Clinton se contentera de suivre les recommandations de l'AIPAC, le puissant lobby israélien, qui fait la pluie et le beau temps à Washington.

F.M.

 

 

Monde

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 12/01/14

 

Irak

Les habitants de Fallouja reviennent peu à peu dans la ville

Les habitants ayant fui Fallouja, théâtre de combats la semaine écoulée, revenaient peu à peu hier dans cette ville à l'ouest de Baghdad, toujours tenue par des insurgés armés. Le Conseil de sécurité de l'ONU a apporté vendredi son soutien au gouvernement irakien, dominé par les chiites, dans sa lutte pour reprendre Fallouja ainsi que la ville proche de Ramadi dont plusieurs quartiers avaient également été pris la semaine dernière par les jihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, lié à Al-Qaïda).

Les combats, mais aussi le manque d'approvisionnement en eau, en nourriture et en carburant qu'ils avaient provoqués, avaient poussé 13 000 familles à fuir Fallouja vers les provinces voisines. Mais hier matin, la principale route reliant la capitale à Fallouja était pleine de véhicules, les habitants retournant chez eux. La plupart des commerces ont rouvert dans cette ville sunnite située à 60 km à l'ouest de Baghdad, contrôlée par des hommes armés: des membres de l'EIIL mais aussi des membres de tribus hostiles au gouvernement. Les opérations de sécurité ont été suspendues dans des secteurs entre Fallouja et Ramadi en raison de fortes pluies durant la nuit qui ont limité l'utilisation des avions et véhicules de combats. La police et des tribus étaient parvenus vendredi à reprendre aux mains des jihadistes deux quartiers de Ramadi, une ville 40 km plus à l'ouest, chef-lieu de la province d'Al-Anbar, frontalière de la Syrie. Selon un commandant d'une milice tribale, Mohammed Khamis Abu Risha, les combattants de l'EIIL ne contrôlent plus que 10% de Ramadi. C'est la première fois que des hommes armés prennent aussi ouvertement le contrôle de zones urbaines depuis l'insurrection qui a suivi l'invasion américaine de 2003. A Fallouja, un responsable religieux, cheikh Abdulhamid Jadua, a appelé vendredi lors de la prière hebdomadaire les cheikhs de la région à intervenir pour résoudre la crise, tout en prévenant que le gouvernement ne devait pas “avoir recours à l'armée pour les combats à l'intérieur des villes". 'Importance cruciale d'une unité nationale' Les violences, déclenchées le 30 décembre avec le démantèlement à Ramadi d'un camp de protestataires sunnites anti-gouvernementaux, ont fait plus de 250 morts, selon un décompte de l'AFP fondé sur des sources médicales et officielles. Il y a une semaine, des centaines d'hommes armés, arborant pour certains le drapeau noir des jihadistes, ont participé dans le centre de Fallouja à la grande prière hebdomadaire, au cours de laquelle un combattant avait solennellement déclaré la ville "État islamique", selon un témoin et des images diffusées par les jihadistes. Depuis, des policiers chargés de la circulation ont repris leur poste dans les rues de Fallouja, toujours sous le contrôle d'hommes armés. Après avoir déployé des renforts tout autour de la ville, l'armée a assuré qu'elle ne mènerait pas d'assaut dans l'immédiat, pour éviter des victimes civiles. Une attaque contre Fallouja risque d'aggraver les tensions entre la minorité sunnite et le gouvernement, et constitue un défi de taille pour les forces gouvernementales qui n'ont encore jamais mené une opération de cette ampleur depuis le départ des derniers soldats américains il y a deux ans.

 Par Ali O.

 

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