Retour a la page d'accueil

   

LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 12/01/2016


Celle qui perd le nord et ceux qui ne le perdent pas
OComme il fallait s’y attendre, Louisa Hanoune n’a pas eu de mots assez durs pour dire le mal qu’elle pense du projet de révision constitutionnelle. Sa rupture consommée d’avec le président Bouteflika (qui n’a pas voulu la recevoir alors que de tous les candidats à l’élection présidentielle de 2014, elle avait été la seule à témoigner en faveur de la régularité du scrutin, initiative censée peut-être lui ouvrir un crédit sans limite pour toute la durée du quatrième mandat), lui interdit désormais jusqu’à l’indifférence par rapport à ce qui vient directement de lui. De là la trivialité appuyée des propos qu’elle a eus pour le dire. N’empêche, il est une chose qu’elle aurait dû dire mais que bizarrement elle n’a pas dite, un peu comme si emportée par son accès de dénigrement, elle avait perdu de vue son combat du moment, qui, lui, est fort éloigné de la révision constitutionnelle. Ce qu’elle a oublié, c’est ceci : que d’après elle tout ce qui se présente comme venant de Bouteflika, justement ne procède pas de lui, mais d’une sorte de bande organisée, ou d’association de malfaiteurs, qui le séquestre en toute rigueur, pour mieux gouverner en son nom. Logiquement, donc, elle aurait dû déclarer qu’elle ne croyait pas un instant que Bouteflika soit en état de proposer une quelconque révision de la Constitution, et que ce que Ahmed Ouyahia en a révélé, et qui ensuite a été publié in extenso est une pure invention de la camarilla qui installée à El Mouradia n’en fait qu’à sa tête, mais en prenant soin toutefois d’imputer le tout à Bouteflika.

On aurait même été en droit de lui demander si à son avis le président savait du moins qu’une révision constitutionnelle serait prochainement discutée par le Parlement. À quoi elle aurait pu répondre par l’affirmative, tout en niant que le texte qui lui avait été présenté était celui qui vient d’être porté à la connaissance de l’opinion. Après cela, on voit mal comment on aurait pu éviter de lui demander ce qu’il en était de Ouyahia, qui jusque-là n’avait pas semblé appartenir à la camarilla d’El Mouradia, mais qui désormais se comportait comme s’il en était. Pire encore, comme s’il en était le porte-parole. Mais ne préjugeons pas de sa réponse, d’autant qu’il n’est pas trop tard que cette question lui soit posée et qu’elle ne s’y dérobe pas. Ce qui en revanche nous autorise à prendre en défaut Louisa Hanoune à cet égard, c’est le fait que d’autres qui comme elle dénonçaient la vacance du pouvoir, ou plutôt le fait qu’il soit exercé par une force extraconstitutionnelle, sont restés sur la même position après la publication du projet de révision. Ils avaient nié que Bouteflika soit en capacité de décider de quoi que ce soit, ils ne changent pas d’avis au premier acte de souveraineté venu, ou supposé tel. Ainsi en est-il de Ali Benflis et de son parti, qui se sont bien gardés quant à eux d’accréditer le projet de révision, en ayant l’air de penser qu’il vient de Bouteflika, faute d’inattention commise par Louisa Hanoune. Ils auraient fait preuve de la même distraction s’ils s’étaient répandus comme elle en railleries, s’ils avaient perdu leur sang-froid et le but vers lequel ils tendaient. Les gens qui ont de la suite dans les idées n’oublient pas que dénoncer la vacance du pouvoir n’a pas pour finalité le dénigrement de Bouteflika, mais son éviction d’abord, son remplacement ensuite, au travers bien sûr d’une élection présidentielle anticipée. Ils auraient entièrement changé de cap s’ils avaient réagi au texte proposé comme s’il venait d’un homme en possession de toutes ses capacités. Cela fait déjà quelque temps qu’ils n’agissent plus comme des opposants. Car pour s’opposer, encore faut-il quelque chose en face à quoi s’opposer. Or pour eux, ils ne cessent de le dire : il y a vacance du pouvoir. Ce que pour eux il y a à El Mouradia, c’est un homme trop mal en point pour faire quoi que ce soit à quoi il leur faudrait ensuite s’opposer.

Arfis, céréales sèches bouillies, couscous aux sept légumes, couscous au coq et haricots kabyles ou berkoukes, tels sont les plats avec lesquels les Algériens ont fêté le nouvel an amazigh et cela selon les régions et les différentes wilayas du pays.


 


Partagez sur Facebook Twitter Google
 

 
DIRECTION - ADMINISTRATION
2, Boulevard Mohamed V - Alger-Centre

Tél. standard : 021.78.14.16 _ Fax : 021.78.14.15

e-mail : lejourdalgerie@hotmail.fr

SERVICE PUBLICITÉ DU JOURNAL
Tél & Fax : 021.78.14.20
Toutes les agences ANEP (siège) : 1. Av. Pasteur. Alger

 Contactez-nous                                                                               © Copyright 2003-2016. Le jour d'Algérie                                                 Suivez nous sur .... /fr/img/logos/facebook.png /fr/img/logos/twitter.png /fr/img/logos/youtube.png