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Conférence de Jean-Claude Kaufmann au CCF d’Alger

Comment se retrouver dans une société sans repères ?

Conférence de presse de Djamel Allam

«Mon album est un signe d’espoir»

 

 11/05/08

 

Conférence de Jean-Claude Kaufmann au CCF d’Alger

Comment se retrouver dans une société sans repères ?

Directeur de recherche au Centre national de recherche scientifique, France, Jean-Claude Kaufmann a animé jeudi après-midi une conférence ayant pour thème «L’invention de soi, une théorie de l’identité». Il nous livre ainsi la complexité de l’Homme et des sociétés dans lesquelles il évolue. «Aujourd’hui, nous sommes condamnés à produire le sens de notre vie», lâche-t-il.  Une tâche exténuante.

Dès de début de son intervention, il tient à préciser que ses théories concernent beaucoup plus la société européenne qu’il a étudiée et qu’il connaît bien. «Le citoyen européen ne sait plus qui il est aujourd’hui, il est condamné à produire un sens à son existence», affirme-t-il d’emblée, ajoutant que ce n’est pas chose facile dans une société qui a perdu ses repères.

Qui a perdu ses repères, justement parce que chacun donne lui-même un sens à sa vie. Il étaie ses dires à coups d’anecdotes. Il raconte l’exemple de Walter, un Français ordinaire, qui n’est pas forcément fana de foot mais qui ne rate jamais les matches de l’équipe de France. Il reste scotché à sa télévision. «Lorsque l’équipe française remporte un match, il est fou de joie, il oublie tout et c’est l’extase ! Qu’est ce qu’il lui arrive ? Il devient soudainement Français ! Mais si son équipe perd, c’est une catastrophe ! Il ne s’en remet pas ! Walter m’avait confié qu’il se disait qu’il n’a pas perdu un sou, que les joueurs raflent des millions et qu’ils n’ont rien à faire de leur défaite, mais ça ne marche pas !  Il se sent toujours mal !», souligne Kaufmann.

Une situation qui s’explique facilement lorsqu’on voit la vie de Walter : c’est un homme divorcé et qui vit seul. D’une certaine façon, la victoire de l’équipe de France couvre ses échecs et lui fait oublier son dé-sarroi. «Les gens qui ont rejoint le Front national, parti de Le Pen, ne sont pas des extrémistes, ce sont des petits commerçants, des paysans…, pour qui les affaires ne marchent plus et qui veulent entendre des réponses rassurantes», indique l’orateur. Evoquant au passage la crise des banlieues qui a secoué la France en 2006, il donne une toute autre version des faits.

Sans se perdre dans les méandres de l’identité nationale, des problèmes de l’immigration, de l’obscurantisme islamiste, des non-sens, il préfère apporter des réponses pratiques qui dénote de sa connaissance de la société dans laquelle il vit. Ces propos sont simples et sains. «Ces jeunes réclamaient de l’estime de soi, disaient non au mépris».

 A méditer. Il enchaîne : «Autrefois, le pauvre acceptait son sort, son destin, le pauvre d’aujourd’hui a l’impression que les gens le regardent avec mépris et cela est insupportable ! Même si les passants sont indifférents, il a cette impression là ! Les choses ont profondément changé et nous ne savons plus où nous allons», affirme-t-il encore.   

En effet, délivré des cadres traditionnels, l’individu moderne tombe en panne quand il ne croit plus à sa propre histoire. Son analyse ouvre sur la question identitaire. L’identité est devenue une notion omniprésente, tant dans les sciences humaines que dans le débat social.

«J’ai fait d’énormes recherches sur l’identité, j’ai lu beaucoup d’ouvrages pour faire un seul constat : l’identité n’existe pas ! Ce n’est pas une chose figée mais mouvante et variable qui évolue avec le temps», déclare-t-il.

Il faut préciser que la méthodologie de Jean-Claude Kaufmann repose essentiellement sur ce qu’il appelle l’entretien compréhensif. Il s’agit donc d’interviews ou d’entretiens semi-directifs qui sont ensuite analysés et interprétés par le sociologue. «Les propos recueillis dans les entretiens ne doivent être considérés ni comme la vérité à l’état pur, ni comme une déformation systématique de cette dernière. Ils sont complexes, souvent contradictoires, truffés de dissimulations et de mensonges.

Mais ils sont aussi d’une extraordinaire richesse, permettant justement par leurs contradictions d’analyser le processus identitaire, donnant des pistes (les phrases récurrentes) pour repérer des processus sociaux sous-jacents». D’ailleurs, dans sa conférence il raconte beaucoup d’anecdotes de ses entretiens.

Par Irane Belkhedim

 

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Conférence de presse de Djamel Allam

«Mon album est un signe d’espoir»

«Je suis heureux de vous annoncer la naissance officielle de mon album, le fruit de trois ans de travail. Un signe d’espoir». C’est par ces mots que le chanteur algérien Djamal Allam a ouvert la conférence de presse qu’il a animée hier matin au Théâtre de verdure, Alger, en présence de nombreux journalistes et artistes, pour présenter son dernier album «Le youyou des anges», sorti en mai 2008.  «La réalisation de cet album a été une aventure humaine extraordinaire ! C’est la première fois que se réunissent autour de moi autant d’amis et d’artistes!», dit-il. En effet, Cheb Khaled, Fellag, Sid Ahmed Agoumi et même Mohamed Lamine, ce dernier, «a appris le berbère en cinq minutes» y ont aussi participé. «Au début, Khaled

N’avait pas l’intention de chanter, en écoutant la chanson ‘’Hachemi’’, il changea d’avis et exprima le souhait de l’interpréter avec moi», ajoute l’artiste. Le titre du CD compte dix morceaux : «Hachemi», «Ghori», «Dassine», «Muhend», «Harraga», «A yemma», «Tamurt», «Ay agellid», «Taghit» et «Agressé dès ma naissance». La plupart des chansons rendent hommage à des artistes algériens, «aux aînés», comme à El hachemi Guerouabi, Djamel Amrani, Hmed Malek, Alaoua Zerouki, Farid Ali, et Cheikh Sadek Lebjaoui….  L’enregistrement de l’album a été réalisé dans trois studios, à Alger, Paris et Montréal. Sa production a nécessité le parrainage des institutions culturelles publiques et le soutien d’une dizaine de sponsors et mécènes. Hier, l’on nous a fait écouter quelques extraits. «Ghori» commence avec le bruit des vagues et les cris des mouettes et s’achève sur une mélodie rock. «Dassine» est un tendre slow. Aussi, l’album comporte deux chansons instrumentales : «Harraga» et «Taghit». «J’avais demandé à l’écrivain Boudjedra et au chanteur Meskoud de m’écrire un texte pour ‘’harraga’’ mais ils ne l’ont pas fait, cela n’a pas été facile. J’ai préféré alors laisser la parole aux instruments de musique», indique-t-il. Evoquant le choix du titre, il affirme que youyou renvoie à la traditionnelle expression féminine en Algérie et même dans d’autres pays du monde. En revanche, les anges c’est une toute autre histoire. «A l’époque de la révolution algérienne, j’avais vu en Yougoslavie, sur un album, un moujahid algérien qui di-sait que s’il mourrait il irait au paradis et qu’il serait entouré d’anges. C’est ce qu’évoque ce mot pour moi», explique Djamal Allam. Au passage, il parlera de la situation artistique et économique du pays qui n’est guère reluisante. Il soulignera, dans ce sens, qu’il reste beaucoup à faire.   

I. B.

 

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