Points chauds 

Par

Fouzia Mahmoudi

Levée de boucliers

Les Français n’en démordent pas : pour eux, «la Turquie ne doit pas faire parti de l’Union européenne». C’est le message que tentent en tout cas de faire passer les cadres de l’UMP au Parlement européen en demandant qu’aucune décision sur l’entrée de la Turquie ne soit prise unilatéralement. Le parti de droite français réclame par ailleurs l’organisation d’un référendum permettant aux peuples européens de décider par eux-mêmes s’ils veulent que la Turquie devienne un peuple d’Europe. Mais les députés français ne peuvent désigner directement la Turquie, c’est pour cela que le texte ne la cite jamais nommément et préfère généraliser ce nouveau dispositif. En effet, ce nouveau système serait effectif pour toutes les adhésions. Mais cela risque de ne pas être évident à mettre en place, surtout pour les pays qui font partie historiquement de l’Europe et qui, en s’intégrant, ne font qu’officialiser une appartenance qui existe de fait. Jacques Chirac, précédent président français, a toujours parlé de l’adhésion de la Turquie comme d’une chose inévitable dont il fallait seulement surveiller et encadrer les procédures. Pour Nicolas Sarkozy, les choses sont tout autres, surtout lorsque l’on sait que pour lui la Turquie n’a aucunement sa place en Europe, et qu’il est prêt à tout pour l’empêcher d’intégrer l’UE. Cependant, cette détermination peut sembler un peu déroutante, surtout lorsque l’on sait à quel point les Etats-Unis nouveaux grands alliés de la France, y sont, eux, favorables. Les plus mal lotis dans cette histoire restent tout de même les Turcs à qui l’on a promis monts et merveilles avant de se rétracter lâchement. Les Turcs qui avaient investi des millions d’euros pour se mettre aux normes européennes avant de se voir claquer la porte au nez doivent encore supporter le mépris des parlementaires français. 

F. M.

 

Monde

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Affrontements au Liban

Le pouvoir confié à l’armée dans le souci de rétablir l’ordre

 

 12/05/08

 

Affrontements au Liban

Le pouvoir confié à l’armée dans le souci de rétablir l’ordre

Les affrontements armés entre partisans de la majorité et ceux de l’opposition se sont poursuivis dimanche au Liban, où le pouvoir a été confié à l’armée dans le souci de rétablir l’ordre et la stabilité.

Selon les services de sécurité, les affrontements «à la mitrailleuse et au lance-roquettes» ont opposé des partisans sunnites de la coalition majoritaire au Parlement et des Alaouites, branche dissidente du principal parti de l’opposition, mené par le mouvement chiite Hezbollah. Ces combats se sont calmés en milieu de matinée et l’armée s’est déployée à l’entrée nord de Tripoli, la plus grande ville côtière du pays. Une femme a été tuée et cinq personnes blessées lors des combats qui étaient concentrés au nord de la ville, dans les quartiers de Bab al Tebbaneh, Kobbeh et Jabal Mohsen et «environ 7 000 personnes ont dû fuir» ces violences, selon des correspondants de presse. En outre, des tirs à l’arme lourde, ainsi que des explosions en pleine ville ont été entendus, tandis que plusieurs maisons et commerces ont été incendiés et les vitres des magasins brisées, selon la même source.

La veille, les affrontements étaient surtout concentrés dans la localité de Halba, chef-lieu de la région du Akkar, toujours dans le nord du Liban, faisant des morts et des blessés. Les violences partisanes ont fait une quarantaine de morts depuis leur début mercredi, au premier jour d’une grève générale sur des revendications sociales, qui a dégénéré en affrontements armés.

La situation sécuritaire a pris une autre tournure au Liban, depuis que le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a critiqué des décisions du gouvernement de Fouad Siniora, issu de la majorité, à l’encontre du mouvement, accusé d’avoir installé «un réseau de télécommunications» à travers le pays. Le cabinet de Siniora a décidé d’enquêter sur ce réseau et de limoger le chef de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth présenté comme «un proche du Hezbollah».

Après avoir été chargée samedi par le gouvernement du Premier ministre Siniora, de rétablir la paix civile, l’armée libanaise a gelé ces décisions tout en demandant le retrait des hommes armés.

Le Hezbollah et ses alliés de l’opposition ont annoncé peu après avoir décidé de retirer leurs hommes des quartiers ouest de Beyrouth, dont ils avaient pris le contrôle. L’opposition avait cependant averti qu’elle poursuivrait «son mouvement de désobéissance civile».

Dans le souci d’épargner la mort de civils et de rétablir l’ordre et la stabilité, l’armée libanaise a décidé que le chef de la sécurité de l’aéroport, Wafic Choukair, limogé, resterait à son poste, en attendant une enquête qui déterminera s’il était au courant des caméras de surveillance installées par le Hezbollah près de l’aéroport de Beyrouth. Par ailleurs, l’armée «se chargera d’étudier le dossier du réseau de télécommunications mis en place» par le Hezbollah, qualifié récemment par le gouvernement de «violation à la souveraineté du Liban», selon un communiqué de l’armée. La formation chiite, qui estime que ce réseau est essentiel dans sa lutte contre l’occupant israélien, avait qualifié la décision du gouvernement de «déclaration de guerre».

Dans une adresse à la nation, M. Siniora a affirmé que «la démocratie a été poignardée au coeur (...) mais l’Etat libanais ne tombera pas face aux putschistes», en référence au Hezbollah et ses alliés, au lendemain de la prise par l’opposition chiite de quartiers de l’ouest de Beyrouth jusque-là contrôlés par des partisans de la majorité.

«Je demande à l’armée d’imposer la sécurité à tous et dans toutes les régions et de retirer les hommes armés de la rue immédiatement», avait affirmé Fouad Siniora, mettant en cause la passivité des militaires lors des combats, en estimant que l’armée devait «assumer ses responsabilités nationales sans hésitation (...) jusqu’à présent».

L’armée, traditionnellement chargée du maintien de l’ordre, avait reçu la consigne de ne pas intervenir dans les combats, de crainte d’une scission.

Sur le terrain, la route menant à l’aéroport international de Beyrouth, où aucun vol n’était prévu, était toujours bloquée par le Hezbollah. Un responsable de l’opposition a déclaré que cet axe ainsi que d’autres routes resteraient bloqués.

Les étrangers ont continué samedi de quitter le pays par la route via la Syrie, alors que la Turquie et le Koweït évacuaient leurs ressortissants.

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