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Exposition de Lindart à la Cyber galerie Didouche-Mourad

L’art au service de l’écologie

Entretien avec l’artiste Lindart

«Chaque photo raconte une histoire»

 

 12/07/09

 

Exposition de Lindart à la Cyber galerie Didouche-Mourad

L’art au service de l’écologie

Lindart est une artiste algérienne qui insiste sur son africanité. A travers l’expo «Regard sur la nature», elle essaie de sensibiliser les gens sur la protection de l’environnement. Diplômée en architecture et en histoire de l’art à la Sorbonne, Lindart est passée à la photographie artistique. Ses photos sont comme des œuvres d’art.

«Cette exposition entre-t-elle dans le cadre du Panaf ?» avons-nous demandé à Lindart. La jeune artiste algérienne nous répond par une question : «… et moi ne suis-je pas une  photographe africaine ?»

L’expo de Lindart se tient à la Cyber galerie Didouche-Mourad de l’Etablissement Arts et Culture, mais elle n’est pas virtuelle. Ainsi, à travers une vingtaine de photographies en couleurs, le visiteur a «Un regard sur la nature» (titre de l’exposition) très intéressant. Les photos sont en couleurs afin de mieux refléter la beauté de la nature et de la flore.

«Le but de l’exposition est de sensibiliser le public à l’écologie et à la protection de l’environnement.  C’est un projet initié avec la wilaya d’Alger, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement», a expliqué la photographe. Lindart fait de la photographie artistique. Au départ, il est important d’avoir, bien sûr, l’esprit d’observation et le coup d’œil, ces précieux alliés du don. «Il m’a fallu une longue période d’errance entre terre, eau et ciel. Une magnifique chasse aux trésors recelés par la nature. La photo est prise comme on peint une œuvre. Plus qu’une image, c’est un tableau», fait-elle remarquer. La feuille (d’arbre et autres plantes), desséchée ou «parfaitement hydratée» a été la principale source d’inspiration de Lindart. Dans l’exposition «Regard sur la nature», plusieurs photographies ont pour sujet la feuille, notamment celles intitulées «Feuille en cage», «Aquafeuille» ou «Feuille de plume». La photo intitulée «Nature abstraite» montre une feuille de cactus desséchée. «J’ai zoomé et  effectué des filtres de couleurs afin que le résultat se rapproche d’un tableau. Ainsi, la nature est sublimée», dit-elle à son sujet. Dans «Rêve», nous voyons un arbuste qui pousse à travers l’asphalte, symbole d’une nature qui a gagné une bataille contre le béton. Deux branches retournées d’un même arbre, cela donne un «Clin d’œil». Sur la photo, ou plutôt le tableau «L’enfant et sa mère», une grande et une petite feuille sont comme liées par un cordon ombilical. Dans «Fragile», on sent comme un choc entre une frêle feuille et la dureté du métal qui l’entoure.

Lindart (c’est un nom d’artiste) est diplômée en architecture (Ecole des beaux-arts de Paris) et en histoire de l’art à la Sorbonne. En 2002, elle avait participé à l’inauguration de la première exposition au musée de Saint-Quentin en Yvelines. En 2005-2006, elle avait réalisé des conceptions graphiques pour des sociétés de luxe françaises. Elle a aussi réalisé une plaquette de présentation d’objets d’art exposés en Chine (2006). Lindart donne aussi des conférences en France et ailleurs et fait des illustrations de publications et de sites Internet. Parmi ces projets figurent des photos reportages pour des journaux ou des magazines.

Par Kader B.

 

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Entretien avec l’artiste Lindart

«Chaque photo raconte une histoire»

 

Le Jour d’Algérie :  Vous êtes sensible à la préservation de l’environnement ?

Lindart : La photographie me permet d’exprimer mon attachement à la préservation de l’environnement et de partager avec le public ma vision sensible et poétique de la nature. J’essaie de montrer, en outre, que la nature est forte et fragile en même temps. Chaque photo raconte une histoire à travers les éléments de la flore, d’une manière esthétique. La nature se dérobe, se déguise, s’amuse et nous fait des clins d’œil. Chez moi tout a commencé par une question : comment révéler la beauté de la nature dont nous ne percevons pas toutes les richesses ? Le but ultime est de sensibiliser les citadins aux beautés de la nature qui les entoure.

 

Quelles réactions ont les visiteurs à la vue de vos photos ?

Les gens ne viennent pas à l’expo pour les mêmes raisons. Ainsi, il y a ceux qui s’intéressent à l’écologie et ceux qui s’intéressent plutôt à la photographie. Souvent, les visiteurs me disent que dorénavant ils vont faire attention à la préservation de l’environnement. D’autres me disent que la nature est un don de Dieu et que nous devons la protéger.

 

On sent un travail de recherche dans les photos…

 Il y a toujours un peu de travail. Mais les modifications sont dans les couleurs et les lumières uniquement. Je suis diplômée en architecture et en histoire de l’art, et durant ces études en France on avait des ateliers photo et des cours de dessin. Cette formation me donne deux visions différents mais complémentaires.

 

Et le déclic a eu lieu quand ?

A la base, j’avais la passion pour la photographie. J’ai commencé à faire du dessin durant mes études. Cette formation m’a permis de bien cadrer et de considérer l’appareil photographique comme une fenêtre sur le monde. Du coup, j’ai pensé faire un lien entre la peinture et la photographie, bien que pour faire, par exemple, un portrait à la main et avec un appareil photos ce n’est pas la même perception.

 

Des influences artistiques ?

 Oui, mais c’est plutôt par des courants artistiques comme le Landart que  par des artistes. S’intéresser à l’écologie, c’est un sujet d’actualité. Mes parents m’ont transmis l’amour de l’art et le respect de la nature et je les remercie pour ça. Je souhaiterai les transmettre à mon tour au public par le biais de cette exposition.

Propos recueillis par Kader B.

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