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Exposition de
Lindart à la Cyber galerie Didouche-Mourad
L’art au
service de l’écologie
Lindart est une
artiste algérienne qui insiste sur son africanité. A travers l’expo
«Regard sur la nature», elle essaie de sensibiliser les gens sur la
protection de l’environnement. Diplômée en architecture et en
histoire de l’art à la Sorbonne, Lindart est passée à la
photographie artistique. Ses photos sont comme des œuvres d’art.
«Cette exposition
entre-t-elle dans le cadre du Panaf ?» avons-nous demandé à Lindart.
La jeune artiste algérienne nous répond par une question : «… et moi
ne suis-je pas une photographe africaine ?»
L’expo de Lindart
se tient à la Cyber galerie Didouche-Mourad de l’Etablissement Arts
et Culture, mais elle n’est pas virtuelle. Ainsi, à travers une
vingtaine de photographies en couleurs, le visiteur a «Un regard sur
la nature» (titre de l’exposition) très intéressant. Les photos sont
en couleurs afin de mieux refléter la beauté de la nature et de la
flore.
«Le but de
l’exposition est de sensibiliser le public à l’écologie et à la
protection de l’environnement. C’est un projet initié avec la
wilaya d’Alger, à l’occasion de la Journée mondiale de
l’environnement», a expliqué la photographe. Lindart fait de la
photographie artistique. Au départ, il est important d’avoir, bien
sûr, l’esprit d’observation et le coup d’œil, ces précieux alliés du
don. «Il m’a fallu une longue période d’errance entre terre, eau et
ciel. Une magnifique chasse aux trésors recelés par la nature. La
photo est prise comme on peint une œuvre. Plus qu’une image, c’est
un tableau», fait-elle remarquer. La feuille (d’arbre et autres
plantes), desséchée ou «parfaitement hydratée» a été la principale
source d’inspiration de Lindart. Dans l’exposition «Regard sur la
nature», plusieurs photographies ont pour sujet la feuille,
notamment celles intitulées «Feuille en cage», «Aquafeuille» ou
«Feuille de plume». La photo intitulée «Nature abstraite» montre une
feuille de cactus desséchée. «J’ai zoomé et effectué des filtres de
couleurs afin que le résultat se rapproche d’un tableau. Ainsi, la
nature est sublimée», dit-elle à son sujet. Dans «Rêve», nous voyons
un arbuste qui pousse à travers l’asphalte, symbole d’une nature qui
a gagné une bataille contre le béton. Deux branches retournées d’un
même arbre, cela donne un «Clin d’œil». Sur la photo, ou plutôt le
tableau «L’enfant et sa mère», une grande et une petite feuille sont
comme liées par un cordon ombilical. Dans «Fragile», on sent comme
un choc entre une frêle feuille et la dureté du métal qui l’entoure.
Lindart (c’est un
nom d’artiste) est diplômée en architecture (Ecole des beaux-arts de
Paris) et en histoire de l’art à la Sorbonne. En 2002, elle avait
participé à l’inauguration de la première exposition au musée de
Saint-Quentin en Yvelines. En 2005-2006, elle avait réalisé des
conceptions graphiques pour des sociétés de luxe françaises. Elle a
aussi réalisé une plaquette de présentation d’objets d’art exposés
en Chine (2006). Lindart donne aussi des conférences en France et
ailleurs et fait des illustrations de publications et de sites
Internet. Parmi ces projets figurent des photos reportages pour des
journaux ou des magazines.
Par Kader B.
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Entretien avec l’artiste Lindart
«Chaque photo
raconte une histoire»
Le Jour
d’Algérie : Vous êtes sensible à la préservation de
l’environnement ?
Lindart
: La photographie me permet
d’exprimer mon attachement à la préservation de l’environnement et
de partager avec le public ma vision sensible et poétique de la
nature. J’essaie de montrer, en outre, que la nature est forte et
fragile en même temps. Chaque photo raconte une histoire à travers
les éléments de la flore, d’une manière esthétique. La nature se
dérobe, se déguise, s’amuse et nous fait des clins d’œil. Chez moi
tout a commencé par une question : comment révéler la beauté de la
nature dont nous ne percevons pas toutes les richesses ? Le but
ultime est de sensibiliser les citadins aux beautés de la nature qui
les entoure.
Quelles
réactions ont les visiteurs à la vue de vos photos ?
Les gens ne
viennent pas à l’expo pour les mêmes raisons. Ainsi, il y a ceux qui
s’intéressent à l’écologie et ceux qui s’intéressent plutôt à la
photographie. Souvent, les visiteurs me disent que dorénavant ils
vont faire attention à la préservation de l’environnement. D’autres
me disent que la nature est un don de Dieu et que nous devons la
protéger.
On sent un
travail de recherche dans les photos…
Il y a toujours
un peu de travail. Mais les modifications sont dans les couleurs et
les lumières uniquement. Je suis diplômée en architecture et en
histoire de l’art, et durant ces études en France on avait des
ateliers photo et des cours de dessin. Cette formation me donne deux
visions différents mais complémentaires.
Et le déclic a
eu lieu quand ?
A la base, j’avais
la passion pour la photographie. J’ai commencé à faire du dessin
durant mes études. Cette formation m’a permis de bien cadrer et de
considérer l’appareil photographique comme une fenêtre sur le monde.
Du coup, j’ai pensé faire un lien entre la peinture et la
photographie, bien que pour faire, par exemple, un portrait à la
main et avec un appareil photos ce n’est pas la même perception.
Des influences
artistiques ?
Oui, mais c’est
plutôt par des courants artistiques comme le Landart que par des
artistes. S’intéresser à l’écologie, c’est un sujet d’actualité. Mes
parents m’ont transmis l’amour de l’art et le respect de la nature
et je les remercie pour ça. Je souhaiterai les transmettre à mon
tour au public par le biais de cette exposition.
Propos
recueillis par Kader B.
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Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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