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Graves
révélations de Abdelhak Layada
«La France nous
aidait à fomenter un coup d’Etat»
«Nous préparions
un coup d’Etat pour renverser le gouvernement en 24 heures avec
l’aide de la France. Ce coup d’Etat allait marcher mais a échoué
avec le décès de Mohamed Boudiaf.
La conjoncture
était favorable et l’Etat était très faible à l’époque». Ce sont de
graves révélations qui ont été faites hier par Abdelhak Layada,
premier «émir» national des groupes islamiques armés (GIA) quant au
«rôle de la France» dans le terrorisme en Algérie. Cet élément-clé
dans l’affaire des 7 moines de Tibhirine, assassinés en 1996 par les
GIA, dirigés à l’époque, par Djamel Zitouni, réitère ses propos
selon lesquels ce sont ces groupes armés qui ont assassiné ces
religieux, en donnant cette fois d’autres informations de nature à
s’interroger sur le rôle joué par des puissances étrangères dans le
soutien au terrorisme en Algérie. C’était déjà dans les années 1990
lorsque Abdelhak Layada dirigeait les GIA. «Nous préparions un coup
d’Etat pour renverser le gouvernement en 24 heures avec l’aide de la
France. Ce coup d’Etat a échoué avec le décès de Mohamed Boudiaf. La
conjoncture était favorable et l’Etat était très faible à l’époque»,
révéle-t-il. «Il était question d’un coup d’Etat unique en son genre
au plan mondial», ajoute-t-il. Les révélations de Abdelhak Layada ne
s’arrêtent pas là. «Nous recevions (à l’époque) des armes de France
et avions une publication baptisée ‘’Le Critère’’ qu’on publiait et
diffusait à raison de 500 exemplaires en France, au su et au vu des
autorités de ce pays», lance-t-il pour signifier que les GIA
trouvaient toutes les facilités ainsi qu’une liberté de mouvement et
de l’aide de la part de la France. «Ce n’est qu’après les attentats
du 11 septembre 2001 que les choses ont changé. La France aidait les
GIA tant que le terrorisme ne touchait que l’Algérie et a changé son
attitude parce qu’elle venait d’être touchée à son tour», selon
Abdelhak Layada. «Que les autorités françaises expliquent les motifs
de l’organisation du déplacement d’islamistes de ce pays vers le
Burkina Faso puis leur retour vers la France», enchaîne-t-il.
«La DST m’a
censuré»
Le premier «émir»
national des GIA a, par ailleurs, qualifié de «mensonges» les propos
du général à la retraite, François Buchwalter, imputant le décès des
7 moines de Tibhirine à une «bavure» de l’armée algérienne. «Ce sont
les GIA de Djamel Zitouni qui ont assassiné ces 7 moines»,
lance-t-il. «Avant-hier, sur la chaîne de télévision France 24, je
me suis exprimé sur l’affaire des 7 moines. A un moment, la
communication a été interrompue. Mon téléphone portable ne
fonctionnait plus et je suivais l’animateur de cette chaîne de
télévision qui disait que cette communication a été interrompue et
qu’il tentait de me joindre en vain. J’ai été censuré par le DST
(direction de la surveillance du territoire, services secrets
français)», ajoute Abdelhak Layada. Les GIA, rappelle-t-on,
revendiquaient la libération de Abdelhak Layada, alors en prison, en
contrepartie de la libération des 7 moines de Tibhirine.
A notre question
de savoir qui était «Abdullah», intermédiaire en 1996 entre les GIA
et la direction générale des relations extérieures (services secrets
français) dans les négociations dans l’affaire des 7 moines,
Abdelhak Layada dira que celui-ci avait deux frères qui
travaillaient à l’ambassade de France, dont un comme fleuriste.
Abdelhak Layada
s’exprimait hier dans un point de presse animé à Alger et dans
lequel il a appelé le président de la République à «intervenir pour
la réussite de la charte nationale pour la paix et la réconciliation
nationale».
Il est à noter que
Abdelhak Layada a été «émir» national des GIA jusqu’à 1994. Il a été
arrêté au Maroc et extradé quelques années plus tard vers l’Algérie
où il a été incarcéré avant de bénéficier des dispositions de la
charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale et
libéré en 2006.
Par M. Abi
Haut
Ziari répond indirectement aux provocations de Paris
«Certains
cherchent à ressusciter l’affabulation du «qui tue qui»
Ce fut l’unique
réponse officielle d’une institution d’Etat même si c’est une
réponse indirecte sur les bavardages qu’a eus un général français en
retraite sur l’assassinat des moines de Tibhirine.
Dans un discours
qu’il a prononcé à l’occasion de la cérémonie de clôture de la
session de printemps de l’Assemblée populaire nationale (APN), le
président de la chambre basse du Parlement, Abdelaziz Ziari, a tenté
de répondre hier, à sa manière, aux «provocations» de Paris sur
l’affaire des moines de Tibhirine qui remonte à 1996. Il a déclaré
: «Je salue les efforts de l’Armée populaire nationale et la
Sécurité nationale en ce moment précis, car il y a ceux que la
stabilité de l’Algérie n’arrange pas et qui cherchent à ressusciter
l’affabulation du ‘’qui tue qui ?’’».
Ce fut l’unique
réponse officielle d’une institution d’Etat même si c’est une
réponse indirecte sur les bavardages qu’a eus un général français en
retraite sur l’assassinat des moines de Tibhirine. Car jusqu’à
présent Alger préfère le silence surtout que maintenant le président
français Nicolas Sarkozy et sa ministre de la Justice Michelle
Alliot-Marie ont changé de langage et essayent d’apaiser les choses
après une attaque violente non fondée sur cette affaire.
De leur côté, le
Premier ministre Ahmed Ouyahia et le ministre des Affaires
étrangères, Mourad Medelci ont refusé de faire tout commentaire sur
les accusations de Paris. Dans ce cadre, Ouyahia s’est contenté de
dire que cette journée est consacrée au Parlement. Pour M.Medelci,
qui a été interrogé sur le maintien ou non de la visite du Président
Bouteflika en France prévue pour septembre prochain, il dira qu’il
n’a aucun commentaire à faire sur cette question «puisqu’il n’y a
rien de nouveau».
Pour sa part, le
président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah n’a pas
évoqué l’affaire des moines de Tibhirine et s’est contenté de
justifier le vide qu’a connu cette session parlementaire qui n’a vu
que l’adoption du plan d’action du gouvernement et la loi relative
à la lutte contre la cybercriminalité. Car selon lui, cette session
était plus politique que législative. A signaler que certains
parlementaires ont pris leur congé bien avant, ils n’ont même pas
pris la peine de venir assister à la cérémonie de clôture.
Par Nacera C.
Haut
Célébration de la Journée mondiale de la population
La crise a
remis en cause les objectifs du millénaire
«Réagir à la crise
économique, investir dans le développement», c’est sous ce thème
qu’a été placée la manifestation organisée par le ministère de la
Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière pour célébrer
hier la Journée mondiale de la population.
La rencontre a été
organisée au siège de l’Institut national de la santé publique. Elle
regroupait des chercheurs et spécialistes en matière de population
et de développement, des économistes, des démographes, des
épidémiologistes et des médecins. Elle était destinée à sensibiliser
autant les concepteurs de programme, notamment ceux du secteur de la
planification, que les diverses couches de la population sur les
effets qu’est susceptible de provoquer, si elle perdure, la crise
économique mondiale sur le développement en Algérie. Citant des
experts nationaux et internationaux,
M. Ouali Amar,
sous-directeur des programmes population au ministère de la Santé
signale cependant que, contrairement à certains autres pays en
développement, l’Algérie n’a pas, pour le moment été affectée par
les contrecoups de cette dernière.
«Dans les pays qui
ont été touchés par la crise, nous avons observé que les premières
victimes en sont les enfants, les femmes, les personnes âgées de
même que les groupes marginalisés en raison principalement des
réductions des budgets de l’Etat en matière de santé, d’éducation et
de protection sociale des personnes vulnérables». M. Ouali précise
que le but de cette rencontre est destiné à attirer l’attention des
décideurs politiques à persévérer dans la poursuite de
l’investissement dans le domaine du développement durable au
bénéfice des populations citées plus haut et à faire en sorte de
préserver les acquis réalisés.
Parmi les sujets
qui ont été développés et autour desquels ont débattu les
participants à cette journée de célébration figurent ceux relatifs
au contexte économique et aux investissements sociaux en Algérie, à
la place de la femme dans le marché de l’emploi, au renouveau rural,
pour une équité et un meilleur équilibre spatial ainsi qu’à la
stratégie de promotion de la femme.
Illustrant les
contraintes pesant sur les objectifs du millénaire des Nations unies
sur le développement, un conférencier a prédit qu’ils pourraient
être fortement retardés voire remis en cause. Il a précisé que
ceux-ci avaient été retenus pour tenter d’éliminer la pauvreté et la
faim dans le monde, assurer l’éducation primaire de tous,
promouvoir l’égalité des sexes, promouvoir l’autonomisation des
femmes et réduire la mortalité infantile. Ils étaient en outre
destinés à améliorer la santé maternelle, combattre le VIH SIDA,
assurer le développement durable en mettant en place un partenariat
mondial à cet effet. L’orateur observe en fin de compte que la
crise, en provoquant un ralentissement du développement économique,
aura du même coup provoqué des déficits budgétaires et de ceux des
balances de paiement, des réductions des dons des pays riches autant
d’éléments risquant de remettre en cause l’ensemble des projections
retenus par l’objectif du millénaire «d’autant dit-il que l’économie
mondiale tarde encore à revenir à sa vitesse de croisière ».
Ahmed
Mahieddine
Haut
La drogue marocaine continue à inonder le pays
Trois tonnes et
111 kg de kif traité saisis à Béchar
Une autre quantité
de drogue, et non des moin-dres, a été saisie par la Gendarmerie
nationale dans la wilaya de Béchar. Hier, à 4 heures, les gendarmes
des gardes-frontières de Zegdou en embuscade ont, après les
sommations légales, ouvert le feu en direction de deux véhicules
Toyota dont les chauffeurs ont refusé de s’arrêter, annonce la
cellule de communication du commandement de la Gendarmerie ,ationale.
La fouille des deux véhicules a permis la saisie de 3 tonnes et 111
kilogrammes de kif traité, ainsi que deux téléphones cellulaires
Thuraya et une paire de jumelles, ajoute-t-on de même source.
Pour rappel,
durant le premier semestre de l’année en cours, les actions menées
par les unités de gendarmerie déployées dans les wilayas de Béchar
et Tindouf ont permis la saisie de 23 tonnes de kif traité. Durant
cette mêmé période, il a été procédé à la saisie au niveau national
de 42 tonnes et 380 kilogrammes de résine de cannabis et
l’arrestation de 2451 personnes dont 67 % sont âgés de moins de 30
ans, ce qui constitue une hausse de 6,89 % par rapport au premier
trimestre 2008, lance-t-on de même source. Les narcotrafiquants qui
acheminent ces quantités de drogue du Maroc vers l’Algérie
n’hésitent pas à faire usage d’armes pour acheminer leurs cargaisons
et, en riposte, «le commandement de la Gendarmerie nationale appuyé
des unités des gardes-frontiéres de Béchar et Tindouf par un
encadrement et des personnels ayant acquis une formation
professionnelle adaptée mais aussi par des moyens modernes
d’interception».
Pour ce
commandement «le durcissement des dispositifs de surveillance et
d’interception et la multiplication des saisies au nord du pays
suite au renforcement des unités gardes-frontières au niveau des
frontières Ouest du pays a conduit les narcotrafiquants à faire
acheminer le kif traité à destination des pays d’Europe en
transitant par les pays du Sahel».
M. Abi
Haut
Version du ministère sur le taux de 44,5% de réussite au Bac
«Le recul est
dû au niveau des élèves»
Ces élèves ont
tous été autorisés à redoubler la 9e année fondamentale alors que la
quasi-totalité avait largement dépassé l’âge de la scolarité
obligatoire.
La cause du recul
du taux de réussite au Bac cette année est due au niveau des élèves.
Selon M. Khaldi, secrétaire général du ministère de l’Education
nationale, les candidats de cette session sont les élèves de la
dernière promotion de l’enseignement fondamental ayant échoué au BEM
de la session 2005 et non admis en première année secondaire. Aussi,
ces élèves ont tous été autorisés à redoubler la 9e année
fondamentale alors que la quasi-totalité avait largement dépassé
l’âge de la scolarité obligatoire. Si ce n’était cette mesure,
souligne
M. Khaldi, «cette
année il n’y aurait pas eu de session du Bac». Cependant, explique
l’orateur, cela a permis d’offrir une autre chance de réussite à ces
élèves, arrivés normalement au terme de leur scolarité. Compte tenu
de toutes ces donnes, l’orateur qui s’exprimait hier lors d’une
conférence de presse tenue au siège du ministère, a indiqué que le
taux de 45,04% est acceptable.
«On s’attendait à
un taux plus bas» , a déclaré M. Khaldi. Selon lui, tous les recalés
seront repris et se présenteront à la session du Bac de l’année
prochaine. Abordant la rentrée scolaire 2009/2010, il dira que plus
de
8 millions
d’élèves, tous paliers confondus, sont attendus avec une
augmentation de 315 000 élèves par rapport à cette année. 551
nouveaux établissements scolaires seront réceptionnés, ce qui
donnera le chiffre de 24 546 établissements prêts à accueillir les
élèves à l’échelle nationale. L’année prochaine, 609 nouvelles
cantines seront ouvertes. Le conférencier annoncera un taux
d’occupation des salles de 29,84 élèves par salle dans le cycle
primaire, 39,03 au moyen et 30 élèves par classe au secondaire. Le
livre scolaire ne posera pas problème à la rentrée prochaine et le
taux de couverture assuré est de 104%. 57 218 000 livres scolaires
ont été publiés. M. Khaldi annoncera également l’allégement des
programmes pour les classes du primaire et du lycée. A la rentrée
scolaire 2009/2010, trois nouveaux livres seront au programme des
matières d’informatique, tamazight et langue française. En tout, 188
nouveaux programmes conçus dans le cadre de la réforme du système
éducatif seront appliqués et des cycles de formation seront
organisés au profit des enseignants.
Par Aomar F.
Haut
Selon les syndicats de l’éducation nationale SNAPEST et CLA
«Des résultats
prévisibles»
Respectivement
chargé de communication au niveau du Conseil national des lycées
d’Algérie (CLA) et coordinateur national du Syndicat national
autonome des professionnels de l’enseignement secondaire et
technique (SNAPEST), Idir Achour et Meziane Mériane commentent et
expliquent, dans cet entretien, la chute à 45% du taux de réussite à
l’examen du baccalauréat de la session 2009/2010.
Cette année, le
taux de réussite au Bac est en baisse de 9 points par rapport à
l’année précédente. Quelle lecture pouvez-vous en donner ?
Idir Achour (CLA) :
Il existe au moins trois raisons qui peuvent expliquer ce recul et
cela malgré la qualité des sujets d’examen qui sont destinés à des
élèves faibles et les correcteurs les ont aidés au maximum.
Premièrement, le niveau de la promotion de cette session est très
faible. C’est-à-dire, les candidats de cette session constituent une
promotion d’élèves qui sont admis au secondaire avec des moyennes se
situant entre 10 et 11/20. La deuxième raison de ce recul est la
pression du ministre de l’Education nationale sur les enseignants
pour donner un maximum de cours dans le but d’achever le programme
scolaire. Des cours ont été dispensés de manière rapide. Il est très
difficile pour l’élève d’assimiler les cours à cette cadence
d’enseignement. Le troisième élément est sans doute celui de la
surcharge du programme. Je dirai même que ces résultats seront
prévus pour la prochaine session. En raison des incohérences entre
les différents paliers, les élèves souffrent d’un énorme manque au
niveau des connaissances. Les retards cumulés empêchent l’élève
d’aborder le programme de la classe terminale.
Meziane Mériane
(SNAPEST) : On n’est pas surpris si les résultats du Bac de cette
session sont en baisse à partir du moment où ils sont en dessous du
travail fourni l’année scolaire 2007/2008. Ce taux de réussite est
logique du fait que les candidats de cette année sont des élèves de
la dernière promotion de l’enseignement fondamentale (9e AF). La
promotion de 2009 est la dernière de l’école fondamentale et la
plupart avait échoué au BEM de la session 2005 et non admis en 1ère
année secondaire. La surcharge des classes a aussi sa part de
responsabilité dans ces résultats. Il ne faut jamais attendre des
résultats positifs d’une classe de 40 à 50 élèves. Ajoutons à ces
raisons les conditions déplorables dans lesquelles les enseignants
font leur travail.
Quel bilan
peut-on tirer neuf ans après la réforme du système éducatif ?
Idir Achour : On
ne peut en aucun cas appeler réforme ce qui a été introduit depuis
neuf ans. Les résultats catastrophiques du baccalauréat enregistrés
chaque année témoignent de l’échec de cette réforme basée sur le
système de notation. Ce système est révolu. On ne peut pas juger une
réforme en se référant aux chiffres. De plus, l’école algérienne est
toujours gérée par le pouvoir administratif. L’enseignant n’a qu’à
appliquer les circulaires du ministre, ses proposions ne sont jamais
prises en considération. Or, la réforme du système éducatif est une
question de projet de société auquel tous les acteurs du secteur
doivent contribuer.
Meziane Mériane :
A mon avis, il est trop tôt de parler des effets de la réforme du
système éducatif en tenant compte des résultats du Bac. La réforme
est venue corriger les insuffisances de l’ancien système qui est le
fondamental. Elle a apporté des correctifs dans la matière sciences
islamiques qui reste insuffisante. On doit, par contre, introduire
l’éducation à la citoyenneté pour ne plus revivre la sanglante
décennie noire. De plus, la réforme a introduit l’approche par
compétence, malheureusement son application a été annulée depuis
deux ans. Je pense que la réforme actuelle, dans sa globalité, peut
faire sortir l’école algérienne du chaos. Cela dépendra des
conditions réunies quant à sa réussite.
Comment
expliquez-vous le fait que le taux de réussite au Bac au niveau des
écoles publiques soit supérieur à celui des écoles privées (26,60%)
?
Idir Achour : Les
candidats des écoles privées croient qu’ils sont en train d’acheter
leur Bac. De plus, un enseignement de qualité n’intéresse guère les
enseignants et les propriétaires de ces écoles. Ce qui les intéresse
le plus c’est l’argent. D’une part, l’Etat, par la distribution
d’agrément à ce genre d’écoles, veut minimiser ses dépenses
publiques en réduisant le nombre d’élèves dans les écoles publiques.
D’autre part, l’Etat veut créer un système éducatif à deux vitesses.
Un pour les riches et un autre pour les pauvres.
Meziane Mériane :
Ce faible taux de réussite est d’ordre pédagogique car les
conditions de travail dans les écoles privées sont meilleures. Le
problème se pose au niveau de la langue arabe. Les élèves ont suivi
un enseignement en langue française et la circulaire ministérielle
qui exige l’arabe comme langue d’enseignement a perturbé les élèves.
Les écoles privées doivent respecter le cahier des charges du
ministère de l’Education nationale.
Hocine Larabi
Haut
Vous n’avez pas eu votre bac ?
Ce n’est pas la
fin du monde
Les études
supérieures ne garantissent pas forcément un avenir certain.
D’autant plus qu’il est courant que beaucoup de diplômés
universitaires se retrouvent chômeurs après la fin de leurs études.
Plusieurs formations et métiers qui n’exigent pas le Bac et qui
semblent un choix ennuyeux pour ceux qui sont obligés de prendre un
autre chemin que celui de l’université, sont des métiers qui
menacent, du moins par le chômage.
Zaâf Khaled, 18
ans «Je m’attendais à des résultats positifs»
Rencontré avec ses
amis à la porte du lycée Arouj et Kheir Eddine Barberousse, l’air
déçu et des yeux gonflés, Khaled dit qu’après les épreuves, il avait
assuré à ses parents qu’il décrocherait son Bac. Ses deux amis qui
ont eu leur Bac pour la première fois, nous racontent que pendant
les préparatifs et les révisions de l’année, c’était lui qui leur
expliquait les cours et qu’il est le meilleur élève du groupe.
Candidat de la branche philosophie, Khaled nous raconte qu’il s’est
consacré à ses études durant toute l’année et qu’il ne s’attendait
pas à rater son Bac. «Je suis insatisfait de la correction, surtout
pour les matières de cœfficient. J’ai eu 6 et 7, respectivement, en
arabe et en philosophie, et c’est un peu loin de ce que je mérite,
surtout pour l’arabe, là où je suis vraiment sûr que j’ai bien
travaillé». Convaincu de ses capacités, Khaled ajoute qu’il est
triste pour ses parents qui avaient un grand espoir en lui. Pour
terminer, il nous a demandés de revenir dans son lycée, dans une
année pour voir les résultats de la session 2010 et voir, ce
jour-là, son nom parmi les lauréats, avec mention.
Yasmine Ben
Slimani, 18 ans, lauréate du Bac «C’est le moment le plus heureux de
ma vie»
Les heures
semblaient très longues pour Yasmine, ex-candidate de la branche de
gestion économique, qui s’est rendue à son lycée pour s’assurer de
sa victoire. Elle s’exprime avec beaucoup de joie sur cette nouvelle
qui demeure la plus surprenante de sa vie. «J’attendais avec
beaucoup d’angoisse les résultats. Depuis les examens, je ne suis
pas sortie de la maison. Je sui restée en contact avec mes copines
par téléphone et je n’avais pas envie de faire quoi que ce soit
avant de voir les résultats, que j’ai vus par SMS. C’est le SMS qui
est venu clore, vers les coups de minuit, un stress incroyable pour
moi et pour mes parents», révèle Yasmine. Faisant «marche arrière»,
elle ajoute qu’elle se souvient des nuits blanches et du goût amer
du café noir qu’elle buvait malgré elle, pour résister au
sommeil.
Y. A.
Haut
Le baccalauréat sur toutes les lèvres
Les chiffres
officiels connus
Après quelques
semaines d’attente et de suspense, l’Office national des examens et
concours (Onec) vient de publier les résultats du baccalauréat de la
session 2009. Premier bilan à faire ressortir celui du recul du
taux de réussite par rapport à l’année précédente. En effet, sur un
total de 245 929 candidats scolarisés présents, 110 759 ont réussi,
ce qui représente un taux global de réussite des élèves scolarisés
de 54,05%, contre 54% l’année dernière, soit un recul de 9%.
Comme à
l’accoutumée, les filles ont enregistré le taux le plus élevé de
réussite comparativement à leurs condisciples du sexe masculin. Car
sur les 110 759 lauréats, 64 042 sont des filles, représentant 57,82
%, contre 42,18% pour les garçons, relève un document du ministère
de l’Education nationale. Quant au nombre d’élèves qui ont décroché
le sésame avec mention, leur nombre s’élève à 26 317, dont 35 l’ont
eu avec mention «très bien» et 1 729 avec mention «bien».
Par filière, celle
des langues étrangères vient en tête des résultats avec 77,12%,
suivie de la gestion et économie avec 56,51%. Avec 3,77% de
réussite, les lettres et philosophie arrivent en queue du peloton.
Afin de segmenter davantage les chiffres, le document de l’Onec fait
savoir que 7 établissements ont atteint un taux variant entre 90% et
100%, 10 entre 80% et 89%, et qu’un lycée dans la wilaya de Djelfa
n’a fait aucun lauréat (0%). En termes de wilaya, Tizi Ouzou
(58,99%), Tipasa (54,55 %) et Mascara (51,30%) viennent en tête;
celles de Laghouat, Djelfa et M’sila se classant en bas du tableau
avec respectivement 18,94%, 20,31% et 23,78%.
Plus de
réussite chez les handicapés…
Les chiffres
émanant de l’Onec font également ressortir que le taux de réussite
chez la phalange des handicapés est meilleur que celui enregistré
par les candidats libres ou les postulants au niveau des écoles
privées. 36,73% est le pourcentage de succès. Sur un total de 147
présents, 54 d’entre eux ont réussi à l’examen; au moment où les
candidats inscrits dans les écoles privées ont fait un taux de 26,60
% et les candidats libres se sont contentés de 19,76%. Des inscrits
au Bac qui renoncent le jour J est un phénomène qui devient courant,
notamment chez les candidats libres. Car sur 181 145 inscrits,
59 892 ont déclaré forfait le jour de l’épreuve.
Hafid M.
Recours, c’est
possible mais…
Les malheureux
candidats au Bac peuvent toujours faire recours au cas où ils
doutent des résultats qu’on affiche. A ce moment-là, la
réglementation leur permet effectivement de faire appel une fois les
relevés récupérés, en demandant une contre-correction.
Par contre, ce
qu’il faut savoir c’est qu’il faut que le candidat ou sa famille
soient sûrs que le ou la concerné (e) mérite plus que la note qu’on
lui a attribuée. Autrement, il ou elle risque d’écoper d’une
sanction d’interdiction de passer le Bac pour une période de cinq
ans.
H. M.
Haut
La nouvelle ville de Hassi Messaoud
SNC-Lavalin
décroche la lune
Le géant
montréalais de l’ingénierie SNC-Lavalin a confirmé jeudi avoir
obtenu l’un des plus importants contrats de services de son
histoire, en vue de l’aménagement en Algérie de la nouvelle ville de
Hassi Messaoud, dont la construction devrait s’étendre sur huit ans.
Le contrat,
attribué ces derniers jours, devrait être signé dans quelques
semaines, a affirmé Gillian MacCormack, porte-parole de la société.
«Nous sommes ravis de cette annonce, a indiqué Mme MacCormack lors
d’un entretien. Nous allons signer le contrat d’ici à quelques
semaines et nous aurons alors plein de détails à donner.»
SNC-Lavalin a mis la main sur le contrat au terme d’un processus
d’appel d’offres auquel ont pris part quatre autres entreprises. La
firme a fait une offre de 31,2 milliards de dinars, soit quelque 508
millions de dollars, selon Tout-sur-l’Algérie, un quotidien
électronique d’actualité.
Mme MacCormack a
refusé de confirmer la somme avancée par le site web. Des offres ont
également été soumises par un consortium algéro-tunisien de même que
des entreprises de la Corée du Sud, d’Espagne et de France. Le
processus d’appel d’offres avait été relancé en octobre dernier,
après que la société américaine Aecom eut porté plainte auprès d’une
agence du gouvernement algérien, affirmant que sa rivale canadienne
ne respectait pas la procédure. Curieusement, Aecom n’a pas soumis
de nouvelles offres.
Mme MacCormack a
indiqué que ce contrat de services était l’un des plus importants de
l’histoire de la firme d’ingénierie. L’entreprise fondée il y a 98
ans, qui compte
21 300 employés,
est l’une des sociétés canadiennes les plus présentes à l’étranger,
avec des activités en Amérique du Nord, en Europe, en Afrique et en
Amérique latine. SNC-Lavalin possède également des infrastructures
telles que des usines et des pipelines, et elle a tiré profit de la
croissance du secteur de l’énergie de l’Algérie, où des champs de
pétrole et de gaz naturel ont été découverts ces dernières années. A
la Bourse de Toronto, jeudi, le cours des actions de SNC-Lavalin a
terminé la journée à 41 $, en baisse de 49 cents, soit un peu plus
d’un pour cent, comparativement à son précédent taux de clôture. La
nouvelle ville de Hassi Messaoud doit accueillir quelque 80 000
habitants sur une superficie de 4 483 hectares. Elle doit être
érigée sur huit ans dans un secteur où se trouvent de nombreux
champs pétroliers.
Réactions dans
la presse algérienne
Curieusement, SNC
Lavalin n’est pas le moins disant parmi les cinq groupements qui ont
présenté des offres, note Sonya Lies dans le site internet
Tout-sur-l’Algérie. Avec 7,4 milliards de dinars (76 millions
d’euros), le groupement algéro-tunisien (Urbaco-CNIC-GIC) avait
proposé l’offre la moins chère. Mais il n’a pas été retenu. Dans ce
contrat, le patriotisme économique a une nouvelle fois été oublié,
croit savoir la journaliste qui ajoute : «Urbaco -CNIC-GIC est en
effet le seul groupement algérien à avoir présenté une offre. Le
gouvernement n’a même pas pensé à lui réserver une petite part du
contrat préférant confier tout en bloc au canadien.» Certes, le
montant de l’offre n’est pas l’unique critère retenu par les
autorités algériennes pour le choix de SNC Lavalin. Le groupe
canadien possède sans doute une meilleure expérience que le
groupement algéro-tunisien dans l’aménagement de grandes villes.
Mais à la lecture des avis de spécialistes qui ont suivi la
publication de l’information, il ressort que l’offre du canadien est
exagérée. En effet, poursuit l’auteur de l’article, selon le bureau
d’analyses financières canadien Valeurs mobilières Desjardins, SNC
Lavalin peut espérer entre 25% et 30% de marge bénéficiaire brute
sur son contrat algérien, soit entre 125 et 160 millions de dollars.
«Sans compter que le contrat, comme tous les projets passés ces
dernières années avec des groupes étrangers, va sans doute connaître
une révision à la hausse pour prendre en compte de nouveaux éléments
qui devraient surgir durant les prochaines années. SNC Lavalin va en
effet travailler sur ce projet pendant huit ans.»
Réactions dans
la presse canadienne
Pierre Duhamel,
journaliste économique et grand expert en économie au Québec,
écrit : SNC-Lavalin vient d’obtenir un mandat de 500 millions de
dollars pour superviser la construction de la nouvelle ville de
Hassi Messaoud, en Algérie. L’histoire n’est pas banale et illustre
les succès du plus multinational des fleurons québécois. La ville du
Sahara algérien est assise sur un gisement pétrolier dont la valeur
commerciale est évaluée à plus de 30 milliards de dollars (…) les
Algériens ont décidé de construire une nouvelle ville à l’extérieur
du champ pétrolifère. Une ville de 80 000 habitants sera aménagée au
beau milieu du Sahara et il faudra construire des logements, des
immeubles administratifs, des instituts supérieurs, des centres de
formation, des centres de loisirs. Le projet total se chiffre à 6
milliards de dollars. Hassi Messaoud a beau être le cœur économique
de l’Algérie – des gens de 70 pays y travaillent et c’est là que les
salaires sont les plus élevés en Algérie – le calcul est facile à
faire. 6 milliards pour construire une nouvelle ville, c’est peu
quand on peut littéralement y extraire 30 milliards de dollars en
revenus pétroliers. Cinq groupes internationaux se disputaient le
mandat de suivi et de coordination des travaux et SNC-Lavalin l’a
emporté face à des groupes – algéro-tunisien, sud-coréen, espagnol
et français. C’est probablement le plus gros mandat de ce type de
l’histoire de SNC-Lavalin. Selon l’analyste Pierre Lacroix de
valeurs mobilières Desjardins, la marge bénéficiaire brute pour ce
genre de contrat va de 25 % à
30 %. C’est le
deuxième contrat spectaculaire de SNC Lavalin en Algérie depuis
quelques semaines. Le groupe montréalais avait décroché un contrat
de 1,2 milliard de dollars de la compagnie nationale pétrolière
algérienne. «Bravo à SNC-Lavalin!»
synthèse A.C.
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