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Graves révélations de Abdelhak Layada

«La France nous aidait à fomenter un coup d’Etat»

Ziari répond indirectement aux provocations de Paris

«Certains cherchent à  ressusciter l’affabulation du «qui tue qui»

Célébration de la Journée mondiale de la population

La crise a remis en cause les objectifs du millénaire

La drogue marocaine continue à inonder le pays

Trois tonnes et 111 kg de kif traité saisis à Béchar

Version du ministère sur le taux de 44,5% de réussite au Bac

«Le recul est dû au niveau des élèves»

Selon les syndicats de l’éducation nationale SNAPEST et CLA

«Des résultats prévisibles»

Vous n’avez pas eu votre bac ?

Ce n’est pas la fin du monde

Le baccalauréat sur toutes les lèvres

Les chiffres officiels connus

La nouvelle ville de Hassi Messaoud

SNC-Lavalin décroche la lune

 

 12/07/09

Graves révélations de Abdelhak Layada

«La France nous aidait à fomenter un coup d’Etat»

 «Nous préparions un coup d’Etat pour renverser le gouvernement en 24 heures avec l’aide de la France. Ce coup d’Etat allait marcher mais a échoué avec le décès de Mohamed Boudiaf.

La conjoncture était favorable et l’Etat était très faible à l’époque». Ce sont de graves révélations qui ont été faites hier par Abdelhak Layada, premier «émir» national des groupes islamiques armés (GIA) quant au  «rôle de la France» dans le terrorisme en Algérie. Cet élément-clé dans l’affaire des 7 moines de Tibhirine, assassinés en 1996 par les GIA, dirigés à l’époque, par Djamel Zitouni, réitère ses propos selon lesquels ce sont ces groupes armés qui ont assassiné ces religieux, en donnant cette fois d’autres informations de nature à s’interroger sur le rôle joué par des puissances étrangères dans le soutien au terrorisme en Algérie. C’était déjà dans les années 1990 lorsque Abdelhak Layada dirigeait les GIA. «Nous préparions un coup d’Etat pour renverser le gouvernement en 24 heures avec l’aide de la France. Ce coup d’Etat a échoué avec le décès de Mohamed Boudiaf. La conjoncture était favorable et l’Etat était très faible à l’époque», révéle-t-il. «Il était question d’un coup d’Etat unique en son genre au plan mondial», ajoute-t-il. Les révélations de Abdelhak Layada ne s’arrêtent pas là. «Nous recevions (à l’époque) des armes de France et avions une publication baptisée ‘’Le Critère’’ qu’on publiait et diffusait à raison de 500 exemplaires en France, au su et au vu des autorités de ce pays», lance-t-il pour signifier que les GIA trouvaient toutes les facilités ainsi qu’une liberté de mouvement et de l’aide de la part de la France. «Ce n’est qu’après les attentats du 11 septembre 2001 que les choses ont changé. La France aidait les GIA tant que le terrorisme ne touchait que l’Algérie et a changé son attitude parce qu’elle venait d’être touchée à son tour», selon Abdelhak Layada. «Que les autorités françaises expliquent les motifs de l’organisation du déplacement d’islamistes de ce pays vers le Burkina Faso puis leur retour vers la France», enchaîne-t-il.

«La DST m’a censuré»

Le premier «émir» national des GIA a, par ailleurs, qualifié de «mensonges» les propos du général à la retraite, François Buchwalter, imputant le décès des 7 moines de Tibhirine à une «bavure» de l’armée algérienne. «Ce sont les GIA de Djamel Zitouni qui ont assassiné ces 7 moines», lance-t-il. «Avant-hier, sur la chaîne de télévision France 24, je me suis exprimé sur l’affaire des 7 moines. A un moment, la communication a été interrompue. Mon téléphone portable ne fonctionnait plus et je suivais l’animateur de cette chaîne de télévision qui disait que cette communication a été interrompue et qu’il tentait de me joindre en vain. J’ai été censuré par le DST (direction de la surveillance du territoire, services secrets français)», ajoute Abdelhak Layada. Les GIA, rappelle-t-on, revendiquaient la libération de Abdelhak Layada, alors en prison, en contrepartie de la libération des 7 moines de Tibhirine.

A notre question de savoir qui était «Abdullah», intermédiaire en 1996 entre les GIA et la direction générale des relations extérieures (services secrets français) dans les négociations dans l’affaire des 7 moines, Abdelhak Layada dira que celui-ci avait deux frères qui travaillaient à l’ambassade de France, dont un comme fleuriste.

Abdelhak Layada s’exprimait hier dans un point de presse animé à Alger et dans lequel il a appelé le président de la République à «intervenir pour la réussite de la charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale».

Il est à noter que Abdelhak Layada a été «émir» national des GIA jusqu’à 1994. Il a été arrêté au Maroc et extradé quelques années plus tard vers l’Algérie où il a été incarcéré avant de bénéficier des dispositions de la charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale et libéré en 2006.

Par M. Abi

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Ziari répond indirectement aux provocations de Paris

«Certains cherchent à  ressusciter l’affabulation du «qui tue qui»

Ce fut l’unique réponse officielle d’une institution d’Etat même si c’est une réponse indirecte sur les bavardages qu’a eus un général français en retraite sur l’assassinat des moines de Tibhirine.

Dans un discours qu’il a prononcé à l’occasion de la cérémonie de clôture de la session de printemps de l’Assemblée populaire nationale (APN), le président de la chambre basse du Parlement, Abdelaziz Ziari, a tenté de répondre hier, à sa manière,  aux  «provocations» de Paris  sur l’affaire des moines de Tibhirine qui remonte à 1996.  Il a déclaré : «Je salue les efforts de l’Armée populaire nationale et la Sécurité nationale en ce moment précis, car il y a ceux que la stabilité de l’Algérie n’arrange pas et qui cherchent à ressusciter l’affabulation du ‘’qui tue qui ?’’». 

Ce fut l’unique réponse officielle d’une institution d’Etat même si c’est une réponse indirecte sur les bavardages qu’a eus un général français en retraite sur l’assassinat des moines de Tibhirine. Car  jusqu’à présent Alger préfère le silence surtout que maintenant le président français Nicolas Sarkozy et sa ministre de la Justice Michelle Alliot-Marie ont changé de langage et essayent d’apaiser les choses après une attaque violente non fondée sur cette affaire.

De leur côté, le Premier ministre Ahmed Ouyahia et le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci ont refusé de faire tout commentaire sur les accusations de Paris. Dans ce cadre, Ouyahia s’est contenté de dire que cette journée est consacrée au Parlement. Pour M.Medelci, qui a été interrogé sur le maintien ou non de la visite du Président Bouteflika en France prévue pour septembre prochain, il dira qu’il n’a aucun commentaire à faire sur cette question «puisqu’il n’y a  rien de nouveau».

Pour sa part, le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah n’a pas évoqué l’affaire des moines de Tibhirine et s’est contenté de justifier le vide qu’a connu cette session parlementaire qui n’a vu que l’adoption du plan d’action du gouvernement et la loi relative  à la lutte contre la cybercriminalité. Car selon lui, cette session était plus politique que législative. A signaler que certains  parlementaires ont pris leur congé bien avant, ils n’ont même pas pris la peine de venir assister à la cérémonie de clôture.

Par Nacera C.

 

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Célébration de la Journée mondiale de la population

La crise a remis en cause les objectifs du millénaire

«Réagir à la crise économique, investir dans le développement», c’est sous ce thème qu’a été placée la manifestation organisée par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière pour célébrer hier  la Journée mondiale de la population.

La rencontre a été organisée au siège de l’Institut national de la santé publique. Elle regroupait des chercheurs et spécialistes en matière de population et de développement, des économistes, des démographes, des épidémiologistes et des médecins. Elle était destinée à sensibiliser autant les concepteurs de programme, notamment ceux du secteur de la planification, que les diverses couches de la population sur les effets qu’est susceptible de provoquer, si elle perdure, la crise économique mondiale sur le développement en Algérie. Citant des experts nationaux et internationaux,

M. Ouali Amar, sous-directeur des programmes population au ministère de la Santé signale cependant que, contrairement à certains autres pays en développement, l’Algérie n’a pas, pour le moment été affectée par les contrecoups de cette dernière.

«Dans les pays qui ont été touchés par la crise, nous avons observé que les premières victimes en sont les enfants, les femmes, les personnes âgées de même que les groupes marginalisés en raison principalement des réductions des budgets de l’Etat en matière de santé, d’éducation et de protection sociale des personnes vulnérables». M. Ouali précise que le but de cette rencontre est destiné à attirer l’attention des décideurs politiques à persévérer dans la poursuite de l’investissement dans le domaine du développement durable au bénéfice des populations citées plus haut et à faire en sorte de préserver les acquis réalisés.

Parmi les sujets qui ont été développés et autour desquels ont débattu les participants à cette journée de célébration figurent ceux relatifs au contexte économique et aux investissements sociaux en Algérie, à la place de la femme dans le marché de l’emploi, au renouveau rural, pour une équité et un meilleur équilibre spatial ainsi qu’à la stratégie de promotion de la femme.

Illustrant les contraintes pesant sur les objectifs du millénaire des Nations unies sur le développement, un conférencier a prédit qu’ils pourraient être fortement retardés voire remis en cause. Il a précisé que ceux-ci avaient été retenus pour tenter d’éliminer la pauvreté et la faim dans le monde,  assurer l’éducation primaire de tous, promouvoir l’égalité des sexes,  promouvoir l’autonomisation des femmes et réduire la mortalité infantile. Ils étaient en outre destinés à améliorer la santé maternelle, combattre le VIH SIDA, assurer le développement durable en mettant en place un partenariat mondial à cet effet. L’orateur observe en fin de compte que la crise, en provoquant un ralentissement du développement économique, aura du même coup provoqué des déficits budgétaires et de ceux des balances de paiement, des réductions des dons des pays riches autant d’éléments risquant de remettre en cause l’ensemble des projections retenus par l’objectif du millénaire «d’autant dit-il que l’économie mondiale tarde encore à revenir à sa vitesse de croisière ».

Ahmed Mahieddine

 

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La drogue marocaine continue à inonder le pays

Trois tonnes et 111 kg de kif traité saisis à Béchar

Une autre quantité de drogue, et non des moin-dres, a été saisie par la Gendarmerie nationale dans la wilaya de Béchar. Hier, à 4 heures, les gendarmes des gardes-frontières de Zegdou en embuscade ont, après les sommations légales, ouvert le feu en direction de deux véhicules Toyota  dont les chauffeurs ont refusé de s’arrêter, annonce la cellule de communication du commandement de la Gendarmerie ,ationale. La fouille des deux véhicules a permis la saisie de 3 tonnes et 111 kilogrammes de kif traité, ainsi que deux téléphones cellulaires Thuraya et une paire de jumelles, ajoute-t-on de même source.

Pour rappel, durant le premier semestre de l’année en cours, les actions menées par les unités de gendarmerie déployées dans les wilayas de Béchar et Tindouf ont permis la saisie de 23 tonnes de kif traité. Durant cette mêmé période, il a été procédé à la saisie au niveau national de 42 tonnes et 380 kilogrammes de résine de cannabis et l’arrestation de 2451 personnes dont 67 % sont âgés de moins de 30 ans, ce qui constitue une hausse de 6,89 % par rapport au premier trimestre 2008, lance-t-on de même source. Les narcotrafiquants qui acheminent ces quantités de drogue du Maroc vers l’Algérie n’hésitent pas à faire usage d’armes pour acheminer leurs cargaisons et, en riposte, «le commandement de la Gendarmerie nationale  appuyé des unités des gardes-frontiéres de Béchar et Tindouf par un encadrement et des personnels ayant acquis une formation professionnelle adaptée mais aussi par des moyens modernes d’interception».

Pour ce commandement «le durcissement des dispositifs de surveillance et d’interception et la multiplication des saisies au nord du pays suite au renforcement des unités gardes-frontières au niveau des frontières Ouest du pays a conduit les narcotrafiquants à faire acheminer le kif traité à destination des pays d’Europe en transitant par les pays du Sahel».

M. Abi

 

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Version du ministère sur le taux de 44,5% de réussite au Bac

«Le recul est dû au niveau des élèves»

Ces élèves ont tous été autorisés à redoubler la 9e année fondamentale alors que la quasi-totalité avait largement dépassé l’âge de la scolarité obligatoire.

La cause du recul du taux de réussite au Bac cette année est due au niveau des élèves. Selon M. Khaldi, secrétaire général du ministère de l’Education nationale, les candidats de cette session sont les élèves de la dernière promotion de l’enseignement fondamental ayant échoué au BEM de la session 2005 et non admis en première année secondaire. Aussi, ces élèves ont tous été autorisés à redoubler la 9e année fondamentale alors que la quasi-totalité avait largement dépassé l’âge de la scolarité obligatoire. Si ce n’était cette mesure, souligne

M. Khaldi, «cette année il n’y aurait pas eu de session du Bac». Cependant, explique l’orateur, cela a permis d’offrir une autre chance de réussite à ces élèves, arrivés normalement au terme de leur scolarité. Compte tenu de toutes ces donnes, l’orateur qui s’exprimait hier lors d’une conférence de presse tenue au siège du ministère, a indiqué que le taux de 45,04% est acceptable.

«On s’attendait à un taux plus bas» , a déclaré M. Khaldi. Selon lui, tous les recalés seront repris et se présenteront à la session du Bac de l’année prochaine. Abordant la rentrée scolaire 2009/2010, il dira que plus de

8 millions d’élèves, tous paliers confondus, sont attendus avec une augmentation de 315 000 élèves par rapport à cette année. 551 nouveaux établissements scolaires seront réceptionnés, ce qui donnera le chiffre de  24 546 établissements prêts à accueillir les élèves à l’échelle nationale. L’année prochaine, 609 nouvelles cantines seront ouvertes. Le conférencier annoncera un taux d’occupation des salles de 29,84 élèves par salle dans le cycle primaire, 39,03 au moyen et 30 élèves par classe au secondaire. Le livre scolaire ne posera pas problème à la rentrée prochaine et le taux de couverture assuré est de 104%. 57 218 000 livres scolaires ont été publiés. M. Khaldi annoncera également l’allégement des programmes pour les classes du primaire et du lycée. A la rentrée scolaire 2009/2010, trois nouveaux livres seront au programme des matières d’informatique, tamazight et langue française. En tout, 188 nouveaux programmes conçus dans le cadre de la réforme du système éducatif seront appliqués et des cycles de formation seront organisés au profit des enseignants. 

Par Aomar F.

 

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Selon les syndicats de l’éducation nationale SNAPEST et CLA

«Des résultats prévisibles»

Respectivement chargé de communication au niveau du Conseil national des lycées d’Algérie (CLA) et coordinateur national du Syndicat national autonome des professionnels de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), Idir Achour et Meziane Mériane commentent et expliquent, dans cet entretien, la chute à 45% du taux de réussite à l’examen du baccalauréat de la session 2009/2010.  

 

Cette année, le taux de réussite au Bac est en baisse de 9 points par rapport à l’année précédente. Quelle lecture pouvez-vous en donner ?

Idir Achour (CLA) : Il existe au moins trois raisons qui peuvent expliquer ce recul et cela malgré la qualité des sujets d’examen qui sont destinés à des élèves faibles et les correcteurs les ont aidés au maximum. Premièrement, le niveau de la promotion de cette session est très faible. C’est-à-dire, les candidats de cette session constituent une promotion d’élèves qui sont admis au secondaire avec des moyennes se situant entre 10 et 11/20. La deuxième raison de ce recul est la pression du ministre de l’Education nationale sur les enseignants pour donner un maximum de cours dans le but d’achever le programme scolaire. Des cours ont été dispensés de manière rapide. Il est très difficile pour l’élève d’assimiler les cours à cette cadence d’enseignement. Le troisième élément est sans doute celui de la surcharge du programme. Je dirai même que ces résultats seront prévus pour la prochaine session. En raison des incohérences entre les différents paliers, les élèves souffrent d’un énorme manque au niveau des connaissances. Les retards cumulés empêchent l’élève d’aborder le programme de la classe terminale.

Meziane Mériane (SNAPEST) : On n’est pas surpris si les résultats du Bac de cette session sont en baisse à partir du moment où ils sont en dessous du travail fourni l’année scolaire 2007/2008. Ce taux de réussite est logique du fait que les candidats de cette année sont des élèves de la dernière promotion de l’enseignement fondamentale (9e AF). La promotion de 2009 est la dernière de l’école fondamentale et la plupart avait échoué au BEM de la session 2005 et non admis en 1ère année secondaire. La surcharge des classes a aussi sa part de responsabilité dans ces résultats. Il ne faut jamais attendre des résultats positifs d’une classe de 40 à 50 élèves. Ajoutons à ces raisons les conditions déplorables dans lesquelles les enseignants font leur travail.

 

Quel bilan peut-on tirer neuf ans après la réforme du système éducatif ?

Idir Achour : On ne peut en aucun cas appeler réforme ce qui a été introduit depuis neuf ans. Les résultats catastrophiques du baccalauréat enregistrés chaque année témoignent de l’échec de cette réforme basée sur le système de notation. Ce système est révolu. On ne peut pas juger une réforme en se référant aux chiffres. De plus, l’école algérienne est toujours gérée par le pouvoir administratif. L’enseignant n’a qu’à appliquer les circulaires du ministre, ses proposions ne sont jamais prises en considération. Or, la réforme du système éducatif est une question de projet de société auquel tous les acteurs du secteur doivent contribuer. 

Meziane Mériane : A mon avis, il est trop tôt de parler des effets de la réforme du système éducatif en tenant compte des résultats du Bac. La réforme est venue corriger les insuffisances de l’ancien système qui est le fondamental. Elle a apporté des correctifs dans la matière sciences islamiques qui reste insuffisante. On doit, par contre, introduire l’éducation à la citoyenneté pour ne plus revivre la sanglante décennie noire. De plus, la réforme a introduit l’approche par compétence, malheureusement son application a été annulée depuis deux ans. Je pense que la réforme actuelle, dans sa globalité, peut faire sortir l’école algérienne du chaos. Cela dépendra des conditions réunies quant à sa réussite.

 

Comment expliquez-vous le fait que le taux de réussite au Bac au niveau des écoles publiques soit supérieur à celui des écoles privées (26,60%) ? 

Idir Achour : Les candidats des écoles privées croient qu’ils sont en train d’acheter leur Bac. De plus, un enseignement de qualité n’intéresse guère les enseignants et les propriétaires de ces écoles. Ce qui les intéresse le plus c’est l’argent. D’une part, l’Etat, par la distribution d’agrément à ce genre d’écoles, veut minimiser ses dépenses publiques en réduisant le nombre d’élèves dans les écoles publiques. D’autre part, l’Etat veut créer un système éducatif à deux vitesses. Un pour les riches et un autre pour les pauvres.

Meziane Mériane : Ce faible taux de réussite est d’ordre pédagogique car les conditions de travail dans les écoles privées sont meilleures. Le problème se pose au niveau de la langue arabe. Les élèves ont suivi un enseignement en langue française et la circulaire ministérielle qui exige l’arabe comme langue d’enseignement a perturbé les élèves. Les écoles privées doivent respecter le cahier des charges du ministère de l’Education nationale.  

Hocine Larabi

 

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Vous n’avez pas eu votre bac ?

Ce n’est pas la fin du monde

Les études supérieures ne garantissent pas forcément un avenir certain. D’autant plus qu’il est courant que beaucoup de diplômés universitaires se retrouvent chômeurs après la fin de leurs études. Plusieurs formations et métiers qui n’exigent pas le Bac et qui semblent un choix ennuyeux pour ceux qui sont obligés de prendre un autre chemin que celui de l’université, sont des métiers qui menacent, du moins par le chômage.

Zaâf Khaled, 18 ans  «Je m’attendais à des résultats positifs»

Rencontré avec ses amis à la porte du lycée Arouj et Kheir Eddine Barberousse, l’air déçu et des yeux gonflés, Khaled dit qu’après les épreuves, il avait assuré à ses parents qu’il décrocherait son Bac. Ses deux amis qui ont eu leur Bac pour la première fois, nous racontent que pendant les préparatifs et les  révisions de l’année, c’était lui qui leur expliquait les cours et qu’il est le meilleur élève du groupe. Candidat de la branche philosophie, Khaled nous raconte qu’il s’est consacré à ses études durant toute l’année et qu’il ne s’attendait pas à rater son Bac. «Je suis insatisfait de la correction, surtout pour les matières de cœfficient. J’ai eu 6 et 7, respectivement, en arabe et en philosophie, et c’est un peu loin de ce que je mérite, surtout pour l’arabe, là où je suis vraiment sûr que j’ai bien travaillé». Convaincu de ses capacités, Khaled ajoute qu’il est triste pour ses parents qui avaient un grand espoir en lui. Pour terminer, il nous a demandés de revenir dans son lycée, dans une année pour voir les résultats de la session 2010 et voir, ce jour-là, son nom parmi les lauréats, avec mention.

Yasmine Ben Slimani, 18 ans, lauréate du Bac «C’est le moment le plus heureux de ma vie»

Les heures semblaient très longues pour Yasmine, ex-candidate de la branche de gestion économique, qui s’est rendue à son lycée pour s’assurer de sa victoire. Elle s’exprime avec beaucoup de joie sur cette nouvelle qui demeure la plus surprenante de sa vie. «J’attendais avec beaucoup d’angoisse les résultats. Depuis les examens, je ne suis pas sortie de la maison. Je sui restée en contact avec mes copines par téléphone et je n’avais pas envie de faire quoi que ce soit avant de voir les résultats, que j’ai vus par SMS. C’est le SMS qui est venu clore, vers les coups de minuit, un stress incroyable pour moi et pour mes parents», révèle Yasmine. Faisant «marche arrière», elle ajoute qu’elle se souvient des nuits blanches et du goût amer du  café noir qu’elle buvait malgré elle, pour résister au sommeil.                    

Y. A.

 

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Le baccalauréat sur toutes les lèvres

Les chiffres officiels connus

Après quelques semaines d’attente et de suspense, l’Office national des examens et concours (Onec) vient de publier les résultats du baccalauréat de la session 2009. Premier bilan à faire ressortir  celui du recul du taux de réussite par rapport à l’année précédente. En effet, sur un total de 245 929 candidats scolarisés présents, 110 759 ont réussi, ce qui représente un taux global de réussite des élèves scolarisés de 54,05%, contre 54% l’année dernière, soit un recul de 9%.

Comme à l’accoutumée, les filles ont enregistré le taux le plus élevé de réussite comparativement à leurs condisciples du sexe masculin. Car sur les 110 759 lauréats, 64 042 sont des filles, représentant 57,82 %, contre 42,18% pour les garçons, relève un document du ministère de l’Education nationale. Quant au nombre d’élèves qui ont décroché le sésame avec mention, leur nombre s’élève à 26 317, dont 35 l’ont eu avec mention «très bien» et 1 729 avec mention «bien».

Par filière, celle des langues étrangères vient en tête des résultats avec 77,12%, suivie de la gestion et économie avec 56,51%. Avec 3,77% de réussite, les lettres et philosophie arrivent en queue du peloton. Afin de segmenter davantage les chiffres, le document de l’Onec fait savoir que 7 établissements ont atteint un taux variant entre 90% et 100%, 10 entre 80% et 89%, et qu’un lycée dans la wilaya de Djelfa n’a fait aucun lauréat (0%). En termes de wilaya, Tizi Ouzou (58,99%), Tipasa (54,55 %) et Mascara (51,30%) viennent en tête; celles de Laghouat, Djelfa et M’sila se classant en bas du tableau avec respectivement 18,94%, 20,31% et 23,78%.

 

Plus de réussite chez les handicapés…

Les chiffres émanant de l’Onec font également ressortir que le taux de réussite chez la phalange des handicapés est meilleur que celui enregistré par les candidats libres ou les postulants au niveau des écoles privées. 36,73% est le pourcentage de succès. Sur un total de 147 présents, 54 d’entre eux ont réussi à l’examen; au moment où les candidats inscrits dans les écoles privées ont fait un taux de 26,60 % et les candidats libres se sont contentés de 19,76%. Des inscrits au Bac qui renoncent le jour J est un phénomène qui devient courant, notamment chez les candidats libres. Car sur 181 145 inscrits, 59 892 ont déclaré forfait le jour de l’épreuve.

Hafid M.

 

Recours, c’est possible mais…

Les malheureux candidats au Bac peuvent toujours faire recours au cas où ils doutent des résultats qu’on affiche. A ce moment-là, la réglementation leur permet effectivement de faire appel une fois les relevés récupérés, en demandant une contre-correction.

Par contre, ce qu’il faut savoir c’est qu’il faut que le candidat ou sa famille soient sûrs que le ou la concerné (e) mérite plus que la note qu’on lui a attribuée. Autrement, il ou elle risque d’écoper d’une sanction d’interdiction de passer le Bac pour une période de cinq ans. 

H. M.

 

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La nouvelle ville de Hassi Messaoud

SNC-Lavalin décroche la lune

Le géant montréalais de l’ingénierie SNC-Lavalin a confirmé jeudi avoir obtenu l’un des plus importants contrats de services de son histoire, en vue de l’aménagement en Algérie de la nouvelle ville de Hassi Messaoud, dont la construction devrait s’étendre sur huit ans.

Le contrat, attribué ces derniers jours, devrait être signé dans quelques semaines, a affirmé Gillian MacCormack, porte-parole de la société. «Nous sommes ravis de cette annonce, a indiqué Mme MacCormack lors d’un entretien. Nous allons signer le contrat d’ici à quelques semaines et nous aurons alors plein de détails à donner.» SNC-Lavalin a mis la main sur le contrat au terme d’un processus d’appel d’offres auquel ont pris part quatre autres entreprises. La firme a fait une offre de 31,2 milliards de dinars, soit quelque 508 millions de dollars, selon Tout-sur-l’Algérie, un quotidien électronique d’actualité.

Mme MacCormack a refusé de confirmer la somme avancée par le site web. Des offres ont également été soumises par un consortium algéro-tunisien de même que des entreprises de la Corée du Sud, d’Espagne et de France. Le processus d’appel d’offres avait été relancé en octobre dernier, après que la société américaine Aecom eut porté plainte auprès d’une agence du gouvernement algérien, affirmant que sa rivale canadienne ne respectait pas la procédure. Curieusement, Aecom n’a pas soumis de nouvelles offres.

Mme MacCormack a indiqué que ce contrat de services était l’un des plus importants de l’histoire de la firme d’ingénierie. L’entreprise fondée il y a 98 ans, qui compte

21 300 employés, est l’une des sociétés canadiennes les plus présentes à l’étranger, avec des activités en Amérique du Nord, en Europe, en Afrique et en Amérique latine. SNC-Lavalin possède également des infrastructures telles que des usines et des pipelines, et elle a tiré profit de la croissance du secteur de l’énergie de l’Algérie, où des champs de pétrole et de gaz naturel ont été découverts ces dernières années. A la Bourse de Toronto, jeudi, le cours des actions de SNC-Lavalin a terminé la journée à 41 $, en baisse de 49 cents, soit un peu plus d’un pour cent, comparativement à son précédent taux de clôture. La nouvelle ville de Hassi Messaoud doit accueillir quelque 80 000 habitants sur une superficie de 4 483 hectares. Elle doit être érigée sur huit ans dans un secteur où se trouvent de nombreux champs pétroliers.

Réactions dans la presse algérienne

Curieusement, SNC Lavalin n’est pas le moins disant parmi les cinq groupements qui ont présenté des offres, note Sonya Lies dans le site internet Tout-sur-l’Algérie. Avec 7,4 milliards de dinars (76 millions d’euros), le groupement algéro-tunisien (Urbaco-CNIC-GIC) avait proposé l’offre la moins chère. Mais il n’a pas été retenu. Dans ce contrat, le patriotisme économique a une nouvelle fois été oublié, croit savoir la journaliste qui ajoute : «Urbaco -CNIC-GIC est en effet le seul groupement algérien à avoir présenté une offre. Le gouvernement n’a même pas pensé à lui réserver une petite part du contrat préférant confier tout en bloc au canadien.» Certes, le montant de l’offre n’est pas l’unique critère retenu par les autorités algériennes pour le choix de SNC Lavalin. Le groupe canadien possède sans doute une meilleure expérience que le groupement algéro-tunisien dans l’aménagement de grandes villes. Mais à la lecture des avis de spécialistes qui ont suivi la publication de l’information, il ressort que l’offre du canadien est exagérée. En effet, poursuit l’auteur de l’article, selon le bureau d’analyses financières canadien Valeurs mobilières Desjardins, SNC Lavalin peut espérer entre 25% et 30% de marge bénéficiaire brute sur son contrat algérien, soit entre 125 et 160 millions de dollars. «Sans compter que le contrat, comme tous les projets passés ces dernières années avec des groupes étrangers, va sans doute connaître une révision à la hausse pour prendre en compte de nouveaux éléments qui devraient surgir durant les prochaines années. SNC Lavalin va en effet travailler sur ce projet pendant huit ans.»

Réactions dans la presse canadienne

Pierre Duhamel, journaliste économique et grand expert en économie au Québec, écrit : SNC-Lavalin vient d’obtenir un mandat de 500 millions de dollars pour superviser la construction de la nouvelle ville de Hassi Messaoud, en Algérie. L’histoire n’est pas banale et illustre les succès du plus multinational des fleurons québécois. La ville du Sahara algérien est assise sur un gisement pétrolier dont la valeur commerciale est évaluée à plus de 30 milliards de dollars (…) les Algériens ont décidé de construire une nouvelle ville à l’extérieur du champ pétrolifère. Une ville de 80 000 habitants sera aménagée au beau milieu du Sahara et il faudra construire des logements, des immeubles administratifs, des instituts supérieurs, des centres de formation, des centres de loisirs. Le projet total se chiffre à 6 milliards de dollars. Hassi Messaoud a beau être le cœur économique de l’Algérie – des gens de 70 pays y travaillent et c’est là que les salaires sont les plus élevés en Algérie – le calcul est facile à faire. 6 milliards pour construire une nouvelle ville, c’est peu quand on peut littéralement y extraire 30 milliards de dollars en revenus pétroliers. Cinq groupes internationaux se disputaient le mandat de suivi et de coordination des travaux et SNC-Lavalin l’a emporté face à des groupes – algéro-tunisien, sud-coréen, espagnol et français. C’est probablement le plus gros mandat de ce type de l’histoire de SNC-Lavalin. Selon l’analyste Pierre Lacroix de valeurs mobilières Desjardins, la marge bénéficiaire brute pour ce genre de contrat va de 25 % à

30 %. C’est le deuxième contrat spectaculaire de SNC Lavalin en Algérie depuis quelques semaines. Le groupe montréalais avait décroché un contrat de 1,2 milliard de dollars de la compagnie nationale pétrolière algérienne. «Bravo à SNC-Lavalin!»         

synthèse A.C.

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