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Histoire de la ville de Nedroma
Léon l’Africain
s’est-il trompé ?
Pour Nédroma, on
rejette l’étymologie puérile Nedroma «semblable à Rome» donnée par
Léon l’Africain. Nédroma fut d’abord le nom d’une tribu, fraction de
la famille de Koumya de la souche des Beni Faten.
On trouve ce nom
mentionné par Al-Baidaq où il faut entendre les mots Ahl Al-Qarya
Nadruma par les «gens du bourg, (c’est-à-dire) les Nadruma». Ce
passage, écrit au XIIe siècle, tendrait à montrer comment le nom de
la fraction de la tribu de Nadruma est passé à la petite ville qui
était alors leur principale agglomération urbaine. Déjà avant cette
époque, Nedroma est le nom de la ville, puisque Al-Bekri (au XIIe
siècle) l’appelle ainsi et nous en donne une brève description, il
la qualifie de madina, «ville» et non de simple qarya «bourg»,
«village». Au temps d’Al-Idrissi (au XIIe siècle), Nédroma est une
ville florissante, entourée de murailles et son marché est
important. Il n’est pas douteux qu’alors, bien que les deux
géographes que l’on vient de citer n’en fassent pas mention, Nedroma
avait une mosquée. Une inscription sur bois (aujourd’hui au musée
des antiquités à Alger) a été découverte, dans la grande mosquée
actuelle de Nedroma, par René Basset en 1900 ; elle indique que ce
fut un souverain almoravide ou un prince, fils ou petit-fils de
Youssef Ibn Tachfin, qui, au début du XIIe siècle a fait la chaire à
prêcher, le minbar de cette mosquée de Nedroma et peut être
l’édifice lui-même. On ne saurait dire, faute de document probant,
si cette mosquée almoravide la plus importante de Nédroma,
aujourd’hui au centre de la ville, fut reconstruite alors sur
l’emplacement d’une autre plus ancienne, avec ou sans minbar, ou
bien s’il s’agissait là de fondations nouvelles d’un prince
almoravide. Bien que le nom de Nedroma, comme nom de la ville,
n’apparaisse qu’au XIIe siècle dans les textes, on peut imaginer que
son emplacement a servi d’habitat à des agglomérations depuis les
temps préhistoriques, car la nature l’a doté des avantages qui, dans
ce pays, ont toujours entraîné le groupement des hommes : douceur du
climat, fertilité du sol, abondance des eaux courantes, situation
dominante et facile à défendre. Cependant, la période préhistorique
– qui a donné des spécimens de l’industrie humaine, pour la région
de Maghnia, au sud et de Remchi à l’est de massif trari, – n’offre,
pour la région de Nedroma même, aucun témoignage de la vie humaine à
cette époque lointaine. Il est vrai que ni les grottes voisines ni
la banlieue de Nedroma n’ont encore été explorées par des
spécialistes du préhistorique. Pour les périodes de l’antiquité
punico- romaine, les textes ne signalent pas trace d’un centre
d’habitant humain sur l’emplacement de Nedroma, celui-ci se trouvait
presque sur le côté occidental du quadrilatère ayant pour sommets –
en commençant par l’ouest – des villes, connues au temps des Romains
sous les noms de Ad Fratres (ex-Nemours, aujourd’hui Ghazaouet),
Numérus Syrorum (Maghnia), Pomaria (Tlemcen) et Siga, la capiale de
Syphax, non loin de l’embouchure de la Tafna. Quoi qu’en disent Léon
l’Africain et Marmol, aucun document d’archéologie ou d’épigraphie
romaines n’a été trouvé à Nedroma ni dans les environs. Les
Almoravides au XIIe siècle ont construit ou reconstruit peut-être la
grande mosquée de Nedroma et la dotèrent d’une chaire à prêcher. Ce
minbar était inspiré de celui de la grande mosquée des Omayyades de
Cordoue. Comme devait l’être plus tard celui de la Koutoubia
Almohade de Marrakech. Ce fait seul suffirait à montrer
l’importance, déjà à l’époque almoravide, de cette cité qui devait
dès cette époque ancienne, être la principale ville du pays des
Koumya.
En ce temps-là et
durant tout le Moyen Age, Nedroma disposait pour ses relations
maritimes avec l’extérieur, de plusieurs petits ports. Le plus
important, Honaïne, était aussi celui de Tlemcen. Il en reste encore
d’importants vestiges aujourd’hui. Toutefois, le port de Honaïne
était d’un accès difficile de Nedroma, par le flan très abrupt du
mont Tdjra. Cette ville devait plutôt utiliser le port de Masin, qui
n’était qu’à une quinzaine de kilomètres et d’un accès facile. Il se
trouvait à l’extrémité d’une vallée, l’oued Masin, partant de
Nedroma dans la direction S.-S. Les indications d’Al Bekri ne
permettent pas de préciser si Masiné était dans la crique où se
trouve aujourd’hui le port de l’ex-Nemours, Ghazaouet ou dans celle
de Sidi Youcha. Le nom de la ville maritime et de la vallée de Masin
est oublié aujourd’hui, mais il est demeuré sous la forme Masil,
pour désigner la montagne (djbel Masil) dominant à l’est la baie de
Sidi Youcha, où il ne reste plus de traces d’un port, mais où l’on a
retrouvé en 1933 un canon du XVIIe siècle). Nédroma ainsi que tout
le pays des Koumya, où était né Abd-Al-Moumen, le premier khalife de
la dynastie, devaient faire l’objet d’une particulière sollicitude
des souverains de Marrakech, maîtres de l’Afrique du Nord et de
l’Espagne musulmane. Ceux-ci selon la règle si bien observée par Ibn
Khaldoun, dans ses prolégomènes historiques, s’appuyèrent sur les
gens de leur tribu d’origine, sur les Koumya qui furent les
meilleurs. Bien que le nom des Koumya ait disparu aujourd’hui et
qu’il ait été remplacé par celui des Trara, il serait excessif,
comme on va le voir, de croire que les tribus formant la
confédération des Koumya ont fondu dans les guerres almohades. Le
nom de Trar est assez récent. Il apparaît pour la première fois,
semble-t-il, dans un pacte d’union entre des tribus du N.O. oranais
et du Maroc oriental, régidé en 955 de l’Hégire (1548) en vue de
lutter contre les Espagnols qui étaient alors les maîtres de
Tlemcen. Dans ce texte, les Trara sont donnés comme formés par le
groupement «de nombreuses fractions» dont les noms ne sont
malheureusement pas mentionnés. Par la suite, on retrouve ce nom de
Trar chez divers auteurs sans que l’on puisse préciser ce qu’il
représente. Sans doute Nedroma ne fut jamais très étendue.
Les traces de son
ancienne enceinte de murailles sont encore visibles par places.
Elles n’ont guère dû varier depuis le temps d’Al-Bekri et formaient
un périmètre assez restreint. Une autre enceinte, au sud, marquait
l’emplacement du palais de l’administration et du gouverneur de la
ville, ce lieu et ce palais qui dominaient Nedroma étaient continus
à celle-ci, qui en était cependant séparée par les remparts.
Aucune étude,
aucun relevé de ces enceintes n’a été retrouvé.
Lebbad Youcef
Exposition plastique à l’hôtel El Aurassi
Mira
immortalise la splendeur des paysages d’Algérie
La
splendeur des paysages des différentes régions du pays est la
thématique choisie par l’artiste peintre Mira Naporowska, qui
présente sa dernière collection à l’hôtel El Aurassi jusqu’à la fin
du mois d’octobre courant. «L’Algérie, mon pays d’accueil, est pour
moi une source intarissable d’inspiration. Il y a tellement de
belles choses à fixer sur la toile que je me dis que je n’arriverai
jamais à restituer toute cette richesse», a indiqué la peintre
d’origine polonaise, Mira Naporowska qui expose une soixantaine
d’œuvres, réalisées selon la technique peinture à l’huile sur toile
et divers autres supports. Cette collection, peinte dans une palette
de couleurs chaudes «en rapport avec le bleu magnifique du ciel
d’Algérie», tourne autour du patrimoine, souligne-t-elle. «Eblouie
par la lumière d’Algérie», la plasticienne évoque, dans le style
figuratif réaliste, La Casbah d’Alger avec la mosquée «Ketchaoua»,
le vieux quartier de Constantine, l’intérieur des maisons
traditionnelles avec leurs patios et fontaines embellies de fleurs,
les paysages marins, les ksours de Aïn Sefra, le marché de Ghardaïa,
les oliveraies de la région de la Kabylie et ce, avec une note très
poétique. L’artiste a aussi, lors de cette exposition, présenté une
série de portraits de personnages portant des tenues d’antan ainsi
qu’une collection de natures mortes sur le thème des fleurs
auxquelles elle a donné une certaine légèreté et transparence,
proche de l’aquarelle. «J’ai touché un peu à toutes les techniques
pour avoir ma propre touche artistique», a confié Mira dont les
premières œuvres ont été réalisées dans le style surréaliste. Ayant
suivi une formation en arts plastiques à Poznan (Pologne), Mira
Naporowska a à son actif de nombreuses expositions en Algérie – où
elle vit depuis une trentaine d’années–, en Pologne ainsi qu’en
France, en Allemagne et aux Etats-Unis. Lauréate de plusieurs
distinctions dont trois prix de l’ex-comité des fêtes de la ville
d’Alger, l’artiste a aussi illustré des livres notamment de poésie.
R. C.
4e Salon de l’artisanat
Un espace de
plaisir pour les yeux
Plus d’une
vingtaine d’exposants participent à la 4e édition du Salon de
l’artisanat qui se tient jusqu’au 20 octobre au Palais de la
culture. Devenu une tradition depuis 2002, cet espace professionnel
regroupe des artisans et créateurs venus exposer leurs produits et
dernières tendances artistiques en y apportant chacun sa touche
personnelle. Nul doute que la diversité et la qualité des produits
se veulent une occasion particulière aux visiteurs de découvrir les
nouveautés en matière d’artisanat local qui, tout en gardant son
aspect authentique, s’ouvre de plus en plus aux évolutions
technologiques notamment en ce qui concerne la matière première
ainsi que les préparations qui rentrent dans la composition des
couleurs et l’ornementation des produits. Les arts céramiques ont
connu ces dernières années une évolution considérable grâce aux
efforts et au génie des jeunes artisans qui ont consolidé le talent
par une formation scientifique à l’école des Beaux-Arts, ce qui leur
a permis d’introduire de nouveaux éléments dans la forme, le dessin
et les couleurs. Pour le plaisir des yeux des visiteurs qui
déambulent entre les stands, ce Salon propose des œuvres artistiques
destinées à la décoration, outre les lustres et lampadaires, les
mosaïques et les jarres. «Réalisés par le passé en blanc et bleu,
les arts céramiques ont vu l’introduction de nouvelles couleurs tels
le rouge, le vert et différentes tendances de bleu. Cette variété de
couleurs est devenue possible grâce aux produits importés de
l’étranger mais à des coûts exorbitants, a confié l’exposant»,
M. Hamouda. La
question du coût élevé des produits utilisés dans l’artisanat a été
largement évoquée par le reste des exposants qui ont expliqué sa
répercussion sur les produits finis. Pour sa part, M. Youcef Nemsi,
artisan spécialiste dans la fabrication de bijoux en argent à Béni
Yenni a souligné le coût élevé de la matière première souvent
importée, à savoir l’argent et la rareté de certains produits tel le
corail, ajoutant que si la situation actuelle persistait, il se
verrait dans l’obligation d’abandonner ce métier auquel il a
consacré tant d’années de labeur, en compagnie de son frère, en vue
de sa modernisation.
H. K./Aps
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