Culture

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Histoire de la ville de Nedroma

Léon l’Africain s’est-il trompé ?

Exposition plastique à l’hôtel El Aurassi

Mira immortalise la splendeur des paysages d’Algérie

4e Salon de l’artisanat

Un espace de plaisir pour les yeux

 

 12/10/06

 

 Histoire de la ville de Nedroma

Léon l’Africain s’est-il trompé ?

Pour Nédroma, on rejette l’étymologie puérile Nedroma «semblable à Rome» donnée par Léon l’Africain. Nédroma fut d’abord le nom d’une tribu, fraction de la famille de Koumya de la souche des Beni Faten.

On trouve ce nom mentionné par Al-Baidaq où il faut entendre les mots Ahl Al-Qarya Nadruma par les «gens du bourg, (c’est-à-dire) les Nadruma». Ce passage, écrit au XIIe siècle, tendrait à montrer comment le nom de la fraction de la tribu de Nadruma est passé à la petite ville qui était alors leur principale agglomération urbaine. Déjà avant cette époque, Nedroma est le nom de la ville, puisque Al-Bekri (au XIIe siècle) l’appelle ainsi et nous en donne une brève description, il la qualifie de madina, «ville» et non de simple qarya «bourg», «village». Au temps d’Al-Idrissi (au XIIe siècle), Nédroma est une ville florissante, entourée de murailles et son marché est important. Il n’est pas douteux qu’alors, bien que les deux géographes que l’on vient de citer n’en fassent pas mention, Nedroma avait une mosquée. Une inscription sur bois (aujourd’hui au musée des antiquités à Alger) a été découverte, dans la grande mosquée actuelle de Nedroma, par René Basset en 1900 ; elle indique que ce fut un souverain almoravide ou un prince, fils ou petit-fils de Youssef Ibn Tachfin, qui, au début du XIIe siècle a fait la chaire à prêcher, le minbar de cette mosquée de Nedroma et peut être l’édifice lui-même.  On ne saurait dire, faute de document probant, si cette mosquée almoravide la plus importante de Nédroma, aujourd’hui au centre de la ville, fut reconstruite alors sur l’emplacement d’une autre plus ancienne, avec ou sans minbar, ou bien s’il s’agissait là de fondations nouvelles d’un prince almoravide. Bien que le nom de Nedroma, comme nom de la ville, n’apparaisse qu’au XIIe siècle dans les textes, on peut imaginer que son emplacement a servi d’habitat à des agglomérations depuis les temps préhistoriques, car la nature l’a doté des avantages qui, dans ce pays, ont toujours entraîné le groupement des hommes : douceur du climat, fertilité du sol, abondance des eaux courantes, situation dominante et facile à défendre. Cependant, la période préhistorique – qui a donné des spécimens de l’industrie humaine, pour la région de Maghnia, au sud et de Remchi à l’est de massif trari, – n’offre, pour la région de Nedroma même, aucun témoignage de la vie humaine à cette époque lointaine. Il est vrai que ni les grottes voisines ni la banlieue de Nedroma n’ont encore été explorées par des spécialistes du préhistorique. Pour les périodes de l’antiquité punico- romaine, les textes ne signalent pas trace d’un centre d’habitant humain sur l’emplacement de Nedroma, celui-ci se trouvait presque sur le côté occidental du quadrilatère ayant pour sommets – en commençant par l’ouest – des villes, connues au temps des Romains sous les noms de Ad Fratres (ex-Nemours, aujourd’hui Ghazaouet), Numérus Syrorum (Maghnia), Pomaria (Tlemcen) et Siga, la capiale de Syphax, non loin de l’embouchure de la Tafna. Quoi qu’en disent Léon l’Africain et Marmol, aucun document d’archéologie ou d’épigraphie romaines n’a été trouvé à Nedroma ni dans les environs. Les Almoravides au XIIe siècle ont construit ou reconstruit peut-être la grande mosquée de Nedroma et la dotèrent d’une chaire à prêcher. Ce minbar était inspiré de celui de la grande mosquée des Omayyades de Cordoue. Comme devait l’être plus tard celui  de la Koutoubia Almohade de Marrakech. Ce fait seul suffirait à montrer l’importance, déjà à l’époque almoravide, de cette cité qui devait dès cette époque ancienne, être la principale ville du pays des Koumya.

En ce temps-là et durant tout le Moyen Age, Nedroma disposait pour ses relations maritimes avec l’extérieur, de plusieurs petits ports. Le plus important, Honaïne, était aussi celui de Tlemcen. Il en reste encore d’importants vestiges aujourd’hui. Toutefois, le port de Honaïne était d’un accès difficile de Nedroma, par le flan très abrupt du mont Tdjra. Cette ville devait plutôt utiliser le port de Masin, qui n’était qu’à une quinzaine de kilomètres et d’un accès facile. Il se trouvait à l’extrémité d’une vallée, l’oued Masin, partant de Nedroma dans la direction S.-S. Les indications d’Al Bekri ne permettent pas de préciser si Masiné était dans la crique où se trouve aujourd’hui le port de l’ex-Nemours, Ghazaouet ou dans celle de Sidi Youcha. Le nom de la ville maritime et de la vallée de Masin est oublié aujourd’hui, mais il est demeuré sous la forme Masil, pour désigner la montagne (djbel Masil) dominant à l’est la baie de Sidi Youcha, où il ne reste plus de traces d’un port, mais où l’on a retrouvé en 1933 un canon du XVIIe siècle). Nédroma ainsi que tout le pays des Koumya, où était né Abd-Al-Moumen, le premier khalife de la dynastie, devaient faire l’objet d’une particulière sollicitude des souverains de Marrakech, maîtres de l’Afrique du Nord et de l’Espagne musulmane. Ceux-ci selon la règle si bien observée par Ibn Khaldoun, dans ses prolégomènes historiques, s’appuyèrent sur les gens de leur tribu d’origine, sur les Koumya qui furent les meilleurs. Bien que le nom des Koumya ait disparu aujourd’hui et qu’il ait été remplacé par celui des Trara, il serait excessif, comme on va le voir, de croire que les tribus formant la confédération des Koumya ont fondu dans les guerres almohades. Le nom de Trar est assez récent. Il apparaît pour la première fois, semble-t-il, dans un pacte d’union entre des tribus du N.O. oranais et du Maroc oriental, régidé en 955 de l’Hégire (1548) en vue de lutter contre les Espagnols qui étaient alors les maîtres de Tlemcen. Dans ce texte, les Trara sont donnés comme formés par le groupement «de nombreuses fractions» dont les noms ne sont malheureusement pas mentionnés. Par la suite, on retrouve ce nom de Trar chez divers auteurs sans que l’on puisse préciser ce qu’il représente. Sans doute Nedroma ne fut jamais très étendue.

Les traces de son ancienne enceinte de murailles sont encore visibles par places. Elles n’ont guère dû varier depuis le temps d’Al-Bekri et formaient un périmètre assez restreint. Une autre enceinte, au sud, marquait l’emplacement du palais de l’administration et du gouverneur de la ville, ce lieu et ce palais qui dominaient Nedroma étaient continus à celle-ci, qui en était cependant séparée par les remparts.

Aucune étude, aucun relevé de ces enceintes n’a été retrouvé.            

Lebbad Youcef

 

 

Exposition plastique à l’hôtel El Aurassi

Mira immortalise la splendeur des paysages d’Algérie

La splendeur des paysages des différentes régions du pays est la thématique choisie par l’artiste peintre Mira Naporowska, qui présente sa dernière collection à l’hôtel El Aurassi jusqu’à la fin du mois d’octobre courant. «L’Algérie, mon pays d’accueil, est pour moi une source intarissable d’inspiration. Il y a tellement de belles choses à fixer sur la toile que je me dis que je n’arriverai jamais à restituer toute cette richesse», a indiqué la peintre d’origine polonaise, Mira Naporowska qui expose une soixantaine d’œuvres, réalisées selon  la technique peinture à l’huile sur toile et divers autres supports. Cette collection, peinte dans une palette de couleurs chaudes «en rapport avec le bleu magnifique du ciel d’Algérie», tourne autour du patrimoine, souligne-t-elle. «Eblouie par la lumière d’Algérie», la plasticienne évoque, dans le style figuratif réaliste, La Casbah d’Alger avec la mosquée «Ketchaoua», le vieux quartier de Constantine, l’intérieur des maisons traditionnelles avec leurs patios et  fontaines embellies de fleurs, les paysages marins, les ksours de Aïn Sefra, le marché de Ghardaïa, les oliveraies de la région de la Kabylie et ce, avec une note très poétique. L’artiste a aussi, lors de cette exposition, présenté une série de portraits de personnages portant des tenues d’antan ainsi qu’une collection de natures mortes sur le thème des fleurs auxquelles elle a donné une certaine légèreté et transparence, proche de l’aquarelle.  «J’ai touché un peu à toutes les techniques pour avoir ma propre touche artistique», a confié Mira dont les premières œuvres ont été réalisées dans le style surréaliste. Ayant suivi  une formation en arts plastiques à Poznan (Pologne), Mira Naporowska a à son actif de nombreuses expositions en Algérie – où elle vit depuis une trentaine d’années–, en Pologne ainsi qu’en France, en Allemagne et aux Etats-Unis. Lauréate de plusieurs distinctions dont trois prix de l’ex-comité des fêtes de la ville d’Alger, l’artiste a aussi illustré des livres notamment de poésie.

R. C.

 

4e Salon de l’artisanat

Un espace de plaisir pour les yeux

Plus d’une vingtaine d’exposants participent à la 4e édition du Salon de l’artisanat qui se tient jusqu’au 20 octobre au Palais de la culture. Devenu une tradition depuis 2002, cet espace professionnel regroupe des artisans et créateurs venus exposer leurs produits et dernières tendances artistiques en y apportant chacun sa touche personnelle. Nul doute que la diversité et la qualité des produits se veulent une occasion particulière aux visiteurs de découvrir les nouveautés en matière d’artisanat local qui, tout en gardant son aspect authentique, s’ouvre de plus en plus aux évolutions technologiques notamment en ce qui concerne la matière première ainsi que les préparations qui rentrent dans la composition des couleurs et l’ornementation des produits. Les arts céramiques ont connu ces dernières années une évolution considérable grâce aux efforts et au génie des jeunes artisans qui ont consolidé le talent par une formation scientifique à l’école des Beaux-Arts, ce qui leur a permis d’introduire de nouveaux éléments dans la forme, le dessin et les couleurs. Pour le plaisir des yeux des visiteurs qui déambulent entre les stands, ce Salon propose des œuvres artistiques destinées à la décoration, outre les lustres et lampadaires, les mosaïques et les jarres. «Réalisés par le passé en blanc et bleu, les arts céramiques ont vu l’introduction de nouvelles couleurs tels le rouge, le vert et différentes tendances de bleu. Cette variété de couleurs est devenue possible grâce aux produits importés de l’étranger mais à des coûts exorbitants, a confié l’exposant»,

M. Hamouda. La question du coût élevé des produits utilisés dans l’artisanat a été largement évoquée par le reste des exposants qui ont expliqué sa répercussion sur les produits finis. Pour sa part, M. Youcef Nemsi, artisan spécialiste dans la fabrication de bijoux en argent à Béni Yenni a souligné le coût élevé de la matière première souvent importée, à savoir l’argent et la rareté de certains produits tel le corail, ajoutant que si la situation actuelle persistait, il se verrait dans l’obligation d’abandonner ce métier auquel il a consacré tant d’années de labeur, en compagnie de son frère, en vue de sa modernisation.

H. K./Aps

 

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