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Nicolas Sarkozy demain à Alger
Le visa
Schengen sera assoupli
Le ministre
français de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, effectue demain et mardi,
une visite très politique à Alger, au cours de laquelle il devrait
annoncer des mesures visant à faciliter la délivrance des visas
Schengen, après 18 mois sans relations au plus haut niveau de l’Etat
entre Alger et Paris, a annoncé hier l’agence française AFP citant
l’entourage de M. Sarkozy.
En attendant la
venue du ministre français, l’on s’interroge sur les limites de ces
facilitations. S’agit-il d’une levée de la consultation au niveau
européen des pays membres de l’espace Schengen ou juste d’un
assouplissement des mesures déjà existantes avec maintien des mêmes
procédures des demandes ? Alger, pour sa part, avait maintes fois
demandé à l’Union européenne de lever cette consultation préalable
qui ne concerne curieusement pas ses voisins. La position des
autorités algériennes est claire : si cette mesure a été prise pour
des raisons liées à la situation sécuritaire dans le pays, elle n’a
plus lieu d’être présentement. Si le problème est celui de
l’immigration clandestine, l’Algérie ne saurait représenter une
menace supérieure à celle du Maroc ou de la Tunisie, voire d’autres
pays africains. Prenant acte de ces arguments parfaitement fondés,
Paris avait fait savoir qu’elle introduirait une demande auprès de
l’Union.
Durant sa visite,
M. Sarkozy, confie son entourage, annoncera «un certain nombre de
choses», notamment pour ce qui est de l’attribution du visa et
laisse planer le doute sur une «éventuelle» abrogation pure et
simple de cette autorisation préalable. «Il s’est beaucoup mobilisé
auprès de ses partenaires» sur ce sujet, affirme-t-on de même
source. «Je suis en train de travailler à la suppression» de cette
obligation, a déclaré M. Sarkozy dans un entretien à l’hebdomadaire
Jeune Afrique. Tous, par contre, lorgnent sur l’annonce de cette
décision à l’issue de la rencontre dans la matinée de mardi de
Sarkozy avec le président de la République. Pragmatique, on le sait,
il l’a dit et redit à maintes reprises, mais comme chef de l’UMP et
candidat à la présidentielle de 2007, il tentera à coup sur de
mettre cette décision dans la balance électorale et pour tenter de
séduire Alger et de lui faire oublier l’attentisme de Chirac et, et
là c’est l’essentiel, de ratisser large, par la communauté
algérienne, forte de ses cinq millions de personnes, communauté dont
il est tout sauf une personne appréciée. Autrement dit, d’une
pierre, deux coups. Mais jusqu’ici, à Alger, on joue la carte de la
prudence avec un ministre, dont les chances de succession à Chirac,
sont largement envisageables. Rien, en tout cas, n’indique cette
«euphorie» qu’il cherche à susciter. Car, en vérité ce n’est pas
seulement sur le problème de visa que butent les deux visions.
Il y a aussi et
surtout les excuses officielles qu’Alger exige de Paris pour la
signature du Traité d’amitié. Révisionniste, on le sait, rien ne dit
que Sarkozy acquiescera à la demande algérienne. Pis, non seulement,
lui, n’est pas favorable à une amitié «gravée» dans un Traité, mais
le comble, c’est lui qui a été l’inspirateur du mouvement
anti-repentance qui a fini par gagner non seulement la droite et
l’extrême droite, mais a trouvé de très bons échos, même dans les
rangs de la gauche. Enfin, si Alger sera, sans doute, satisfaite de
la suppression du traitement «vexatoire» des Algériens demandeurs de
visa, elle ne le sera, et là pas du tout, sur les questions de
mémoire. Tout est une question de crédibilité.
N.B/A.G.
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Le gouvernement malien face aux rebelles du Nord
L’Accord
d’Alger dans l’impasse
Quatre mois après
la signature de l’Accord d’Alger entre les forces rebelles maliennes
et le gouvernement malien (4 juillet 2006), la situation n’a pas
véritablement évolué et des contraintes sont survenues pour entraver
les efforts algériens pour restaurer la paix, la sécurité et le
développement dans la région de Kidal.
Selon les forces
de l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement, l’Accord
d’Alger est bloqué puisque «les mesures prioritaires» n’ont pas
encore été concrétisées, en l’occurrence, le retour du dispositif
militaire au niveau antérieur aux événements du 23 mai, la mise en
place du conseil régional de coordination et de suivi, la
délocalisation des casernes, le cantonnement des ex-combattants et
la mise en place des unités spéciales et insertion des
ex-combattants. A travers leur site officiel «Kidalinfo», les forces
rebelles affirment qu’une délégation touarègue de l’Alliance
démocratique s’est déplacée le 6 novembre dernier à Alger pour
examiner ces questions mais «depuis l’installation du comité
tripartite de suivi de l’accord le 10 août dernier, on piétine et
aucun point de l’Accord n’a été appliqué». Les rebelles accusent les
autorités du Mali «de présenter des documents et propositions
contraires aux points de l’accord» que la partie touarègue du comité
ne peut accepter et qui les fait douter «sérieusement» de «la
volonté du gouvernement malien de retour à la paix». Plus loin,
l’Alliance démocratique précise également que la partie algérienne
du comité «ne joue plus son rôle car elle n’arrive pas à faire
appliquer l’Accord».
Un espoir…
Rappelons que les
rebelles touaregs maliens se sont révoltés à cause du non respect du
Pacte de stabilité signé en avril 1992, à Tamanrasset avec le
pouvoir
malien et sous les
auspices des autorités algériennes. C’est la médiation algérienne
qui pu arrêter les violences entre les rebelles et les militaires
maliens, qui ont secoué Kidal le 23 mai passé, pour permettre la
signature du pacte d’Alger, dont la principale mission était la
signature de la paix entre les deux parties. Gouvernement malien et
forces de l’Alliance démocratique ont sollicité l’intervention
d’Alger, une intervention qui a porté ses fruits puisque les deux
parties ont pu s’asseoir autour d’une table et discuter sur un plan
de sortie de crise.
Par ailleurs, dans
un entretien accordé au quotidien arabophone, El Djazair News, le
président du comité de suivi de l’application de l’accord d’Alger,
M. Mahmadou Diagouraga, a précisé que la restauration de la paix
dans la région demande beaucoup de patience et d’effort que doivent
consentir toutes les parties concernées car la paix ne peut revenir
en quelques heures. «Notre comité poursuit normalement son travail,
un seul point n’a pas encore été réglé, les forces de l’alliance
malienne du 23 mai doivent, comme le prévoit l’accord, déposer les
armes, elles ne l’ont pas fait, car elles exigent le départ de
l’armée malienne de Kidal, ce qui ne peut être fait tout de suite
car ces forces ont été déployées après le violences qui se sont
éclatées dans la région. C’est un problème de confiance, c’est tout
a fait normal qu’il se pose, nous y travaillons encore», a-t-il
déclaré, affirmant que l’intervention algérienne a pu convaincre les
rebelles de déposer en premier leurs armes qui seront remises à la
partie algérienne. Reste à choisir l’endroit qui devra faire
l’unanimité des concernés. Nous avons tenté de joindre les
responsables du ministère des Affaires étrangères, sans résultat.
Irane Belkhedim
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Retour des parlementaires algériens des USA
Une mission
fructueuse
C’est aujourd’hui
que le panel de parlementaires algériens rentre au pays, au départ
de l’Arizona, dernière étape de leur périple américain. Ils sont
dix, dont Zahia Benarous et Mohamed Mebarki, sénateurs du tiers
présidentiel, à avoir séjourné une dizaine de jours aux Etats-unis
qui a vécu la chaleur du renouvellement des membres des illustres
Congrès et Sénat américains. Le panel des parlementaires algériens
avait pour mission d’assister le peuple américain dans les dernières
élections sénatoriales et du congrès. Les députés ont fouler le sol
de New York et le district de Washington et même le pays du texan
Bush pour visiter les bureaux de vote, consulter des électeurs et
des acteurs de la classe politique. Nos missionnaires ont du
s’imprégner de l’enthousiasme américain de la façon de faire des
campagnes électorales et les shows politiques entre candidats par
médias interposés. Nos sénateurs et nos députés ont visionné le
processus électoral hautement technologique aux urnes numériques.
Ils ont vu les chauds débats entre démocrates et républicains. Ils
ont été aussi témoins de la chute de l’aigle du Pentagone, Donald
Ramsfeld, qui a fait les frais d’un vote sanction annonçant le
déclin du parti républicain de l’actuel locataire de la Maison
blanche, George Bush. Le séjour des parlementaires algériens semble
plein d’enseignements qui vont aider peut-être à améliorer,
espérons-le, le notre en s’inspirant vraisemblablement des aspects
positifs du modèle américain, laisse-t-on entendre dans les
coulisses de l’APN. Du coté des parlementaires, la mission qui entre
dans le cadre des échanges interparlementaires a été très fructueuse
à plusieurs titres. Elle a permis de mettre le doigt sur les écarts
entre les deux modèles parlementaires. Pour rappel, nos députés ont
bénéficié d’une formation assurée récemment par une délégation
parlementaire américaine. Ce n’est pas la première puisque les
parlementaires ont suivi autre formation juridique et économique
dans la période allant de mai à septembre derniers.
S. B.
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Regain de terrorisme
L’explication
incomplète de Soltani
Abou Djerra
Soltani est un homme qui a le verbe facile. Cette maîtrise et cette
facilité verbale sont certainement un héritage de son ancien métier
de prédicateur dans une mosquée.
Du reste, il faut
reconnaître à l’homme, qui a fait beaucoup de chemin depuis
Constantine, d’être l’un des rares politiques algériens à pouvoir
susciter l’intérêt d’un auditoire. Il faut dire aussi que l’orateur
n’est jamais à court d’idées à développer ou d’analyses à livrer.
Pour preuve, il peut au cours d’un meeting parler sans discontinuer
sur nombre de thèmes en passant de l’international au national sous
ses différents registres. Mais de là à croire que l’homme parle pour
ne rien dire, il y a un pas que l’observateur averti ne s’avisera
pas à franchir. En fait, Abou Djerra Soltani qui fait en sorte à
chaque sortie de coller à l’actualité, prend au passage le soin de
distiller quelques messages politiques. Il vient de rééditer sa
performance à Aïn Témouchent, la veille de la remise du témoin de la
présidence tournante de l’alliance présidentielle au SG du RND. A
quel(s) but(s) ? Celui de mettre dans la gêne ceux qu’il désigne ?
Peut-être. Bien que pour ce faire il aurait fallu que le numéro un
du MSP aille jusqu’au bout de ses révélations et nomme ceux à qui il
fait allusion. Sinon, l’auteur de ses déclarations ne sera en rien
différent de tous ceux qui, dans les cafés ou au détour d’une
conversation nouée dans d’un taxi, colportent les rumeurs distillées
ça et là. Pourtant à la différence de ces sources abreuvées le plus
souvent par la frustration et le dépit de voir leur quotidien se
détériorer alors que l’Etat engrange chaque jour que Dieu fait des
recettes qui se chiffrent en millions de dollars puisées de la vente
de la seule richesse nationale, le pétrole, Abou Djerra Soltani,
lui, peut être compté parmi ceux à qui l’Algérie a réussi. De plus,
du fait que c’est un homme public, il se doit aussi de rendre des
comptes. Ainsi, lorsque le patron du MSP affirme, s’agissant de la
recrudescence terroriste, que «ce qui se passe est une manifestation
de la mafia financière» qu’elle «est à mettre sur le compte de la
jonction entre cette dernière et des groupes violents depuis qu’il y
a eu ouverture de dossiers mettant en danger quelques poids lourds»
et qu’ «en représailles, la mafia financière est en train d’user de
sa capacité de nuisance», le moins que l’on puisse lui demander
après des propos d’une telle gravité est de mettre un nom ou des
noms sur cette mafia financière qu’il semble avoir identifiée.
L’opinion publique qui vit avec le spectre d’un retour aux années
1990, synonymes de terrorisme, est en droit d’avoir une explication
sur les tenants et les aboutissants de cette nouvelle vague
d’attentats d’autant que ce sont les enfants du peuple qui en sont
les victimes.
Nadia Kerraz
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Institut italien pour le commerce extérieur
Séminaire sur
l’électronique et la sécurité
L’Institut italien
pour le commerce extérieur – ICE – bureau pour la promotion des
échanges de l’ambassade d’Italie à Alger, organise aujourd’hui à
l’hôtel Hilton, un important séminaire sur les secteurs de
l’électronique, électrotechnique, sécurité industrielle, automation
industrielle, composants électriques et techniques d’éclairage avec
la collaboration de la Fédération italienne des entreprises du
secteur de l’électronique et de l’électrotechnique (ANIE). Cette
manifestation, qui verra la participation de la Chambre algérienne
du commerce et d’industrie (Caci) ainsi que Sonelgaz, Sonatrach ,
etc, se propose d’une part, de faire découvrir de façon approfondie
aux opérateurs italiens le marché algérien du secteur sur le plan
technique, commercial et en matière de réglementation locale et,
d’autre part, d’offrir aux opérateurs algériens une vision complète
de l’offre italienne en matière d’équipements et de technologies
avancées et permettre ainsi des échanges conjoints d’informations et
de créer des opportunités de collaboration commerciale et
industrielle. Seront présentes à ce séminaire, d’importantes
entreprises italiennes opérant dans le secteur de la production,
transmission et distribution d’énergie électrique, systèmes
d’alimentation, matériel d’installation, composants électriques :
câbles et accessoires pour câbles, techniques d’éclairage, lampes et
appareils d’éclairage, automatisation industrielle, composants
électroniques et microélectroniques, sécurité & building automation,
Safety. Elles pourront faire bénéficier leurs homologues
algériennes de toute leur expérience et leur savoir-faire. La
matinée sera consacrée à la présentation de ces sociétés et suivie
dans l’après-midi de rencontres bilatérales en vue de la réalisation
d’initiatives et actions communes à même de promouvoir l’industrie
électronique et électrotechnique en Algérie. En termes de chiffres,
en 2005 l’Algérie a importé de l’Italie pour plus de 161 millions
d’euros d’équipements électrotechniques et instruments de précision
et de nouvelles technologies d’information et de communication (Ntic),
soit une évolution de plus de 50% par rapport à l’année 2004,
46 millions
d’euros d’appareils pour la distribution et le contrôle électrique
(+39%), 39
millions d’euros de moteurs, générateurs et transformateurs
électriques (+50%). Et durant le 1er semestre de l’année 2006, le
total des importations algériennes pour ces mêmes secteurs a atteint
plus de 92 millions d’euros, ceci démontre l’intérêt et la confiance
que porte l’Algérie au produit «made in Italy». Cette initiative de
l’ICE s’inscrit dans le cadre de la promotion des technologies
italiennes et marque une fois de plus la volonté de l’Italie de
développer sa coopération avec l’Algérie en participant à l’œuvre de
sa modernisation.
Amine B.
Haut
ATI Jaweb
Nouvelle
plate-forme ADSL
La filiale
d’Algérie Télécom pour l’Internet, Jaweb, lancera avant la fin du
mois de décembre prochain, une plate-forme d’accès à Internet à haut
débit (ADSL: Asymetric Digital Subscriber Line), d’une capacité
globale de plus de 100 000 accès, a indiqué hier à l’APS, la
Présidente-directrice générale de l’entreprise, Mme Houria Atif.
Cette plate-forme, d’une capacité de 127 000 accès ADSL, vise «d’une
part à contribuer au renforcement de l’ADSL dans notre pays et de
celle de l’entreprise dans le marché national de l’Internet»,
a expliqué Mme
Atif. D’un coût global estimé à plus de 12 millions de dollars, la
future plate-forme de Jaweb s’inscrit dans le cadre du projet du
réseau multiservices (RMS) lancé par le groupe Algérie Télécom (AT)
au cours de ces dernières années, a-t-elle ajouté. Toutefois, Mme
Atif a précisé que la plate-forme de Jaweb a été financée en
totalité par AT, contrairement à ses autres plate-formes, réalisées
dans le cadre d’un partenariat avec des opérateurs étrangers. La
P-DG de Jaweb a souligné que la création de ce genre de plate-forme
permettra à son entreprise de commercialiser de nouveaux services,
tels que la vidéo et la téléphonie via Internet. La même responsable
a estimé que ce projet contribuera «efficacement» au développement
de Jaweb, relevant que la commercialisation de l’Internet à bas
débit (RTC), un des principaux services proposés par son entreprise,
a «chuté» de plus de 50% en 2005 et 2006, et ce, en dépit de la
réduction de son prix. Par ailleurs, Mme Atif a déploré que
l’opération e-learning par carte prépayée, lancée par son entreprise
en 2005, «n’ait pas connu un grand succès» auprès du grand public,
en raison notamment du prix de la carte estimé à 4 500 DA. D’autre
part, la première manager de Jaweb a relevé que le chiffre
d’affaires réalisé par son entreprise en 2005 a avoisiné 1 milliard
de dinars. Jaweb, forte de ses quelque 120 employés, à pour missions
notamment, d’accompagner les entreprises et administrations dans le
développement de leurs réseaux Internet et Intranet ainsi que
d’assurer la formation dans le domaine des nouvelles technologies de
l’information et de la communication, a expliqué Mme Atif.
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Rencontre régionale sur la culture du blé dur
L’apport des
petits agriculteurs à la sécurité alimentaire
L’amélioration des
niveaux de productivité, au niveau des petites exploitations
agricoles, de la culture du blé et l’encouragement des activités de
transformation par les communautés paysannes, sont quelques uns des
sujets de discussion de la rencontre technique régionale tenue,
hier, au siège de l’Institut national de recherche agronomique,
(INRA), à Alger. Cette réunion est organisée au titre du projet
intitulé : «Réseau intégré de recherche et d’étude économique sur le
blé» financé par le Fonds international de développement agricole, (FIDA),
et mis en œuvre au niveau du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de
Syrie et de Turquie. Le réseau vise l’accroissement du revenu et
l’amélioration de la sécurité alimentaire des exploitations
agricoles à faibles revenus par le biais de l’augmentation de la
production de blé dans les régions défavorisées. Cet objectif est
susceptible d’être réalisé à travers l’adoption de variétés de
semences adaptées et productives, de bonne qualité technologique
accompagnées de l’utilisation de techniques de production
performantes.
Concernant les
aspects relatifs à l’amélioration de la production de blé dur,
espèce céréalière la plus cultivée en Algérie, le programme
entrepris sous les auspices du Centre international de recherche
agricole dans les zones sèches, (Icarda), porte sur les conditions
pouvant amener les petits producteurs céréaliers à utiliser un
itinéraire technique pour pouvoir réaliser une meilleure
productivité. Des expériences pilotes entreprises par l’Institut
technique des grandes cultures, (ITGC), au niveau de petites
exploitations agricoles dans les régions de Sétif, Tissemsilt et
Tiaret ont permis de démontrer qu’il était possible d’augmenter,
sensiblement, les rendements au niveau de ces dernières. D’une
moyenne annuelle de 12 quintaux à l’hectare, ceux-ci ont grimpé à 24
quintaux pour la même superficie grâce à l’apport de techniques
culturales nouvelles et des semences et des engrais adaptés.
Des experts
céréaliers algériens considèrent qu’une amélioration des rendements
chez les agriculteurs possédant de moindres superficies,
contribuerait, à coup sur, à influer sur les rendements nationaux et
ainsi, répondre à une partie des besoins de consommation nationaux,
estimés actuellement à quelque 60 millions de quintaux/an. Ceux-ci
rappellent que la production céréalière enregistrée à la suite de la
campagne agricole 2005-2006 a été de 40 millions de quintaux.
Ahmed
Mahieddine
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Commémoration de la mort du moudjahid Si l’Mokhtar
Hommage au
martyr
En collaboration
avec le centre de presse du quotidien El Moudjahid, l’Association du
flambeau du chahid a commémoré, hier, à Alger, le 45e anniversaire
de la mort du moudjahid, Mohamed El Akhdar El Akhdari, plus connu
sous le nom de Si l’Mokhtar, tombé au champ d’honneur au mois de
novembre 1961. Commémoration, à laquelle ont pris part des
historiens ainsi que, bien entendu, les compagnons du chahid. En
préambule de son intervention, M. Abdelkader, historien et
professeur à l’université d’Alger, après avoir retracé le parcours
militant du combattant, a souligné que la date exacte de la mort du
chahid demeure inconnue puisque, indique-t-il, ce n’est qu’après
l’indépendance que sa famille avait appris son décès. L’information
faisant état de la disparition du moudjahid, Si l’Mokhtar, avait été
donnée, poursuit l’historien, aux membres de sa famille par ses
compagnons d’armes ayant pris part à un accrochage de plusieurs
jours avec l’armée coloniale dans la région de Médéa. L’accrochage a
eu lieu, ajoute-t-on approximativement, entre le 7 et le 13 novembre
1961. A ce propos, et dans l’objectif de savoir la date exacte de la
mort du martyr, ce professeur universitaire indique qu’il s’est
déplacé récemment au domicile de l’un de ses compagnons situé dans
la même région de Médéa. Or, l’historien ainsi que les membres qui
l’ont accompagné, sont revenus bredouilles car, lorsqu’ils se sont
présentés au domicile de l’ami intime du chahid Mohamed El Akhdari,
sa famille leur a annoncé, à leur grande surprise, que «son décès
est survenu le 25 juillet dernier»,
a-t-il regretté.
La date exacte de la mort de Si l’Mokhtar restera-t-elle inconnue ?
A cette question, l’orateur convint qu’«un travail de recherche y
afférent est actuellement en cours». Pour ce qui est du parcours du
moudjahid, Mohamed El Akhdar El Akhdari, la majorité de ses
compagnons, intervenant, hier, à la commémoration, s’accordent à
dire que le martyr était à la fois, politicien et combattant. Sa
culture vaste lui a permis, témoigne-t-on, de rejoindre tôt le
mouvement nationaliste. A cet effet, ce natif de Touggourt (Ouargla)
qui a enseignait à Alger, avait milité au sein du PPA et du MTLD,
avant de rallier les rangs de l’ALN, au lendemain du déclenchement
de la Guerre de Libération nationale.
M. Kechad
Haut
Tizi Ouzou
Un citoyen
abattu à Mechtras
Un citoyen a été
mortellement blessé par balles par des individus non identifiés.
Selon des sources sûres, la victime, originaire de Mechtras, a été
abattue devant un bar lorsque des individus qui étaient à bord d’un
véhicule ont ouvert le feu sur elle. Atteinte à l’épaule droite, la
victime succombera à ses blessures au cours de son évacuation vers
l’hôpital de Boghni. Par aileurs, dans la soirée de jeudi, vers 21h,
un groupe d’individus armés et encagoulés a dressé un faux barrage
au lieudit Tidhilt Bouakel dans la localité de Maâtkas, au cours
duquel un citoyen a été délesté de son véhicule de marque Fiat
Panda.
La situation
sécuritaire se dégrade dangereusement dans la wilaya de Tizi Ouzou
et la vigilance est plus que jamais recommandée.
Z. H.
Haut
Harragas disparus en mer à Oran
Découverte d’un
corps près de l’Ile Plane
Les garde-côtes
d’Oran ont découvert jeudi dernier, au large d’Oran, le corps d’un
homme en état de décomposition avancée, qui flottait sur l’eau. La
découverte s’est faite à Coralès plage, plus précisément près de
l’Ile Plane. Selon les sources qui ont donné l’information, il
s’agirait d’un homme, dont l’âge ne dépasserait pas 35 ans. Son
cadavre a été déposé à la morgue du CHU d’Oran et d’aucuns pense
qu’il pourrait bien s’agir du corps d’un des harragas disparus en
mer. Le 29 octobre dernier, le corps d’un jeune homme, dont l’âge se
situe entre 20 et 25 ans, était rejeté par la mer sur la plage des
Andalouses à Oran. Il s’agissait de l’un des sept harragas portés
disparus après s’être trouvés en difficulté à quelque 500 mètres
seulement du rivage de Coralès Plage. Pour rappel, six cadavres de
harragas ont été repêchés le premier jour de l’aïd au large de
Coralès plage, identifiés d’ailleurs et originaires de Tizi-Ouzou,
d’Alger, de Maghnia et d’Aïn Témouchent.
E. Ikram
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HISTOIRE
En 1947, des parlementaires algériens dénonçaient le
colonialisme
Coup de théâtre
au palais Bourbon
Des parlementaires
algériens rêvaient de voir l’Algérie rattachée définitivement à la
France qu’ils avaient servie corps et âme. Ils aimaient la France
mais ils semblent se rendre compte que les colons européens,
chrétiens et juifs, sont les forces productives sur lesquels
s’appuie la République française pour asseoir définitivement sa
domination sur le pays. Le système des deux collèges était une
réplique de l’apartheid.
Par Mahdi
Hocine
En 1947, la
population algérienne était composée de huit millions d’autochtones
de deux cents mille Français et de huit cents mille Européens de
diverses nationalités (surtout des Italiens et des Espagnols). Le
premier collège regroupait les Européens et quelques autochtones qui
ont démontré leur amour pour la France. Le second collège
rassemblait les autochtones. C’était un peu le tri hitlérien entre
la race supérieure, la voix d’un Européen vaut celles de dix
électeurs autochtones. Et c’est là la mode des ségrégations. M.
Bentaleb était soldat, gendarme, caïd, conseiller général et enfin
parlementaire, successivement. Une belle carrière en somme d’un
Algérien promu au premier collège. Que lui est-il arrivé pour que,
malgré tous les privilèges dont il bénéficiait, il ait tenu un
langage vraiment révolutionnaire à l’époque ? C’était en 1947, au
palais Bourbon, au cours du débat sur le prêt de statut organique de
l’Algérie. Surprenant ! Il a tenu presque le même langage
revendicatif que les indépendantistes, mettant à nu le système
colonial et ses injustices, dénonçant le racisme, l’absence de
démocratie et d’égalité des droits et des devoirs des citoyens en
Algérie où les autochtones étaient tenus à l’écart de tout.
Nous croyons qu’un
élément très fort a brutalement éveillé les consciences aussi bien
chez les Algériens qui se croyaient intégrés que chez des Européens.
Ce sont les massacres du 8 mai 1945 et les discriminations qui ont
fait apparaître le visage hideux du colonialisme.
Au moment où M.
Edouard invite à la tribune le député assimilationniste algérien, M.
Bentaleb, les ultras de l’Algérie française rigolent entre eux. Un
caïd à leurs yeux, c’est un béni oui-oui, toujours au garde-à-vous,
qui tient le langage que lui dictent ses maîtres. Il est payé pour
dire vive la France, pour que vive ma mère patrie la France et il le
dira…
Mais cette
fois-ci, d’entrée, son intervention sentira le souffre et apportera
de l’eau au moulin des anticolonialistes. Un réquisitoire inattendu
prononcé d’une voix mesurée. Du fiel, de bout en bout, qui emplira
le palais Bourbon d’une atmosphère de malaise.
«…l’Algérie est
française et musulmane : quand vous parlez de l’Algérie française
vous vexez les uns et les autres. Vous créez des divisions lorsque
vous dites l’Algérie française ! Est-il besoin de cirer si fort que
l’Algérie est française. Personne n’a jamais dit le contraire. Vous
savez, je ne suis ni messaliste ni partisan des amis du Manifeste.
Je suis un fellah, un pur musulman, digne de ce nom, digne de ma
race et qui aime la France…
Depuis cent ans,
bien que nous représentions plus des trois cinquièmes de la
population, nous sommes traités en inférieurs. Pourquoi avoir
réservé la construction de routes goudronnées et d’écoles aux seuls
centres de colonisation et n’avoir rien fait dans les tribus, dans
les douars où nos populations sont totalement dépourvues
d’instruction et ne connaissant pas cette belle langue française,
cette belle culture, cette belle civilisation française qui fait
notre administration.
J’ai eu l’honneur
de recevoir chez moi quatre députés, des membres du MRF et des
communistes. Je leur ai montré que je n’exagère pas et je leur ai
fait toucher du doigt la réalité : nos enfants nus, nos femmes dans
l’impossibilité de se soigner et accouchent dans les plus pénibles
conditions, nos vieillards sont sous alimentés. 90 pour cent des
enfants musulmans n’ont jamais mangé de viande, sont nus et sans
chaussures, n’ont jamais dormi sur un matelas.
L’assemblée doit
connaître toutes ces choses, il faut la mettre en face de la
réalité.
Chez nous, il
n’existe pas d’école. Trois milliers d’enfants âgés de sept à dix
huit ans sont privés de toute instruction. Je peux prouver qu’un
million d’enfants sont sans scolarité.
C’est une honte
pour nous de penser que trois millions d’enfants sont sans
instruction. Il est en outre déplorable que quinze à vingt personnes
couchent dans un gourbi, entassées comme des moutons les unes sur
les autres, sans hygiène.
L’année dernière,
nous avons perdu 15 à 25 pour cent de nos chefs de famille âgés de
trente à quarante cinq ans. Ils ont laissé derrière eux un grand
nombre d’orphelins. La plupart sont morts de paludisme sans qu’aucun
secours ne leur ait été apporté. Il n’y a même pas des baraques pour
servir de dispensaires dans nos campagnes et où l’on aurait permis
de sauver quelques vies.
Il n’y a pas d’eau
non plus, tout juste pour boire, pas du tout pour les soins
hygiéniques. Dans les tribus lointaines du sud, les musulmans sont
obligés de faire des étapes de vingt à trente kilomètres pour
chercher de l’eau. S’ils peuvent en ramener une vingtaine de litres,
ils la conservent précieusement pour l’alimentation et ne s’en
servent pas pour se laver.
Au nom de toutes
ses populations dont l’état de misère est effroyable et dont la
loyalisme à la France est absolu, je déclare à l’assemblée qu’il y a
une œuvre urgente à accomplir en Algérie. L’équipement sanitaire est
à faire, la scolarisation à développer, le téléphone à installer,
l’habitat à améliorer.
C’est bien de
proclamer que l’Algérie est française mais il vaudrait mieux lui
apporter tout de suite les améliorations indispensables.
L’Algérie en est
encore au stade de 1830.
Chaque fois que
l’Allemagne a attaqué la France, celle-ci a procédé à la
mobilisation générale et chaque fois les musulmans ont répondu à son
appel et, avec l’aide de Dieu, ce déploiement de forces a connu le
succès.
Monsieur Serre (un
député de France élu sur une liste d’Oran), a fait toute à l’heure
un réquisitoire très sévère. Il a demandé que 200 000 européens
viennent s’installer en Algérie. Mais est-ce que vous êtes capables
de nourrir d’abord les 8 000 000 de
musulmans ?
Mais ne
pensez-vous pas qu’ils serait préférable de commencer par améliorer
la situation des huit millions de musulmans qui y vivent déjà ?»
M. Bentaleb
s’adresse à M. Serre
«D’après vos
déclarations vous acceptez les Espagnols, les Italiens, les Maltais,
les Grecs et les Israélites et vous n’acceptez pas les Musulmans.
En 1870, vous avez
accepté de donner la citoyenneté française aux israélites. Vous
l’avez ensuite accorder à des Maltais et à des Italiens… Vous ne
pouvez plus alors parler de démocratie.. Vous avez voté,en 1946, une
loi prévoyant que les (Algériens) titulaires du certificat d’études
et les anciens combattants seraient (deviendraient) citoyens
(français).
Si vous reniez
cette loi, qui a été votée, dans une assemblée souveraine, nous
considérons ce geste comme un acte de racisme.
Vous ne pouvez
plus alors parler de démocratie si vous rejetez tout ce que vous
avez promis (aux Algériens) vous agissez comme les hitlériens.
La force n’est ni
dans la bombe atomique ni dans les armes. Elle est dans la pensée et
dans la volonté de chacun…
Le monde entier a
détesté Hitler lorsqu’il a traité les petits peuples en races
inférieures.
Qu’a fait Hitler ?
Il se croyait le plus puissant du monde, le plus grand ingénieur. Il
a voulu tout dominer, tout écraser. Raciste dans l’âme. Il a a
déshonoré les petites peuples. Il a même refusé de leur donner le
droit de parler. Il a renié sa signature.
Et vous (la
France) voudriez en faire autant ?
Vous demandez à la
France de rétracter, de répudier ses engagements en abrogeant
l’ordonnance du 7 mars 1944 et la loi du 5 octobre 1946, loi qui
admettait dans le premier collège les jeunes musulmans titulaires du
certificat d’études primaires ou ceux qui avaient le titre d’ancien
combattant, les fils des mutilés, les unijambistes, les gueules
cassées, les aveugles de guerres.
Rendez-nous nos
morts, rendez leurs membres à ceux qu’ils ont perdus, rendez la vue
à ceux qui l’ont perdue sur le champ de bataille des ennemis de la
France et nous vous ferons cadeau du statut de l’Algérie.
M. Serre, si vous
êtes capable de nous rendre nos morts, nous vous ferons cadeau du
statut de l’Algérie mais tout ceci est de l’utopie et vous ne le
pouvez pas.
Nous avons mélangé
notre sang avec celui des vôtres. Des soldats musulmans ont porté
sur leur dos des officiers français qui étaient restés étendus sur
les champs de bataille ennemis.
Vous n’avez pas le
droit de refuser ce que vous avez promis à ces anciens combattants,
aux hommes de cette race glorieuse et courageuse. Car notre sang
s’est mêlé à votre sang. Nous avons combattu côte à côte et vous ne
pouvez nous chasser.
Vous ne pouvez
nous chasser de vos rangs. Vous ne pouvez pas, contre nous, vous
servir de la bombe atomique, ni des armes secrètes, ni de la menace.
Toute notre vie
nous avons crié et nous crierons : vive la France !
Nous regrettons
les positions de nos collègues qui font des promesses et se
rétractent, qui votent des lois et ne les appliquent pas. Ils font
comme Hitler. Ils ne nous donnent même pas la parole. Vous ne pouvez
pas dédaigner notre race… Nous voulons être aux côtés de la France
et sous sa protection…
Or, vous ne pouvez
vraiment considérer que les voix de dix musulmans (autochtones)
valent la voix d’un Français, un Maltais ou un Italien. Nous
musulmans, nous nous y refusons catégoriquement».
M. Serre
interrompt l’orateur en piétinant l’usage qui veut que
l’autorisation d’intervenir soit demandée au président de la séance
ou à l’orateur.
«Il n’y a aucun
étranger dans le premier collège.
Il n’y a que des
citoyens français»
M. Bentaleb
rétorque avec agacement !
«Cela c’est la
démagogie ! Vous n’êtes ni dans la logique ni dans la vérité…
M. Bentaleb marque
un arrêt de quelques secondes puis sa voix gronde.
«C’est à la fois
la colère et le dépit d’un homme qui a cru en la France et qui
découvre soudain que la France voulait bien tout lui donner sauf en
faire un citoyen de plein droit comme elle l’avait fait pour des
Maltais, des Espagnols, des Italiens, des Polonais, des Allemands,
des Belges, juifs et chrétiens, installés de fraîche date en terre
algérienne pour occuper d’immenses territoires dont les
propriétaires ont été soit exterminés, soit déportés, soit poussés
vers l’exil au Moyen-Orient soit asservis dans leurs propriétés».
«Mon esprit se révolte quand je vois que mon fils, qui a le
certificat d’études, ne vote pas avec moi. Mon fils s’est assis sur
les mêmes bancs que ses frères français et aujourd’hui ses frères
français vont voter dans un collège et lui dans un collège différent
installé dans un wagon à bestiaux !
… Si vraiment il
existe une démocratie, une égalité, une fraternité – et j’emploie
ces termes dans leurs sens plein et véritables – sans malentendu,
sans erreurs, sans chantage ni pression d’aucune sorte. Vous ne
pouvez pas admettre cette situation. Et logiquement mon esprit se
révolte lorsque je vois toutes ces races admises dans le collège
français avant les musulmans.
…Tant qu’il y aura
deux collèges, tels que certains voudraient les concevoir, je me
refuse à proclamer l’Algérie française. Je parlerai d’Algérie
musulmane avec 20% d’autres races parmi lesquelles une petite
minorité de Français.
…Voilà !
Réfléchissez et la justice de Dieu triomphera. Et un jour vous
n’aurez rien à regretter. Car ce n’est pas avec la force des armes
ni avec les bombes atomiques que les peuples peuvent vivre d’accord.
La raison et l’honneur doivent nous servir de guides pour gagner la
paix et écarter la guerre…»
En 1947, au palais
Bourbon à Paris, un député algérien avait donc conseillé à l’Etat
français de ne pas user de la répression, de la discrimination et de
l’injustice contre les autochtones pour gagner la paix et écarter la
guerre. Venant d’un «coopté» de l’administration, repu, bénéficiant
de très larges privilèges pour son dévouement à la «mère patrie» la
France, le mot guerre a jeté un froid glacial dans l’amphi. Les
parlementaires et les ministres français habitués aux courbettes des
béni-oui-oui de service, ont accusé le coup. Par son intervention
d’une rare lucidité et d’un rare courage. M. Bentaleb a eu le mérite
de tenir un langage franc appuyé par des preuves indiscutables alors
que son rôle dans l’hémicycle était de magnifier les «bienfaits» du
colonialisme en Algérie. Il n’avait pas revendiqué l’indépendance
mais il avait laissé entendre qu’il prendrait les armes contre sa
«mère patrie» la France, si elle, s’entêterait à maintenir les
mesures d’exclusion qui frappaient les autochtones :
- «Ce n’est pas
avec la force des armes ni avec les bombes atomiques que les peuples
peuvent vivre d’accord. La raison et l’honneur doivent nous servir
de guides pour gagner la paix et écarter la guerre».
M. Bentaleb avait
basculé ce jour-là dans le mouvement des indépendantistes sans s’en
rendre compte.
M. Douste Blazy
n’a pas eu l’intelligence d’analyser le cri de révolte du député
algérien, dont le fils voyageait dans un wagon à bestiaux, réservé
exclusivement aux autochtones, des sous-humains des sous-citoyens.
Dix voix d’Algériens ne valent qu’une seule voix d’un électeur
français ou français d’adoption importé d’Europe pour piller les
richesses du peuple algérien.
Plus d’un siècle
après l’invasion, en 1947.
Et il a
l’indécence de parler d’effet positif du colonialisme en Algérie.
Oui, le
colonialisme a été positif pour les envahisseurs qui ont remis en
esclavage les Algériens sur leurs propres lopins de terre.
C’est au tour d’un
député français de prendre la parole. Il avait entrepris un voyage
d’études en prévision du débat sur le projet du statut organique de
l’Algérie. C’était une véritable enquête sur le terrain, son rapport
est accablant. Il se résume en une phrase. Le système colonial est
un crime contre l’humanité.
Le député, M.
André Marty réclame la fin du colonialisme qui est contraction avec
tous les principes républicains de 1789, selon lui.
Ecoutons-le parler
de ce qu’il a vu en 1947 en Algérie :
- «Ce qui frappe
la visiteur qui arrive en Algérie, c’est la misère épouvantable qui
étreint la grande majorité de la population. Sur toutes les routes,
on rencontre les travailleurs, leurs femmes, leurs enfants
misérables, pieds nus, grelottant l’hiver sous des vêtements en
loques et une enfance à peine vêtue de hardes. Les logements sont en
terre battue, dans lesquels sont entassés des familles de 8, 10 et
12 enfants. Autour des villes, on trouve ce que l’on appelle les
bidonvilles, c’est-à-dire des baraques bâties avec des boîtes de
conserves, des toiles de sacs et des morceaux de planche, sans eau,
sans égouts.
Naturellement, la
tuberculose, la typhoïde, les maladies contagieuses font des ravages
effroyables. Quand au trachome, les quelques médecins
ophtalmologistes qui vivent en Algérie ne connaissent jamais de
repos ; de 5 heures du matin à 10 heures du soir, ce sont des files
interminables d’aveugles qui s’allongent devant leur porte.
Dans les grandes
villes, l’eau manque. Oran en est toujours à l’eau salée ; en six
ans, il n’a pas encore été possible d’y amener de l’eau douce.
Pour les fellahs,
pas de maisons, pas de routes, pas d’assistance sociale.
Quant aux ouvriers
des villes, les lois françaises ne leur sont applicables que dans
les conditions spéciales et on trouve, par exemple, des mineurs
comme ceux du Ouled Amar, qui sont obligés pour se rendre à leur
travail, de faire dix kilomètres à pied matin et soir et de
traverser une rivière à gué et à quand elle est en crue, à la nage.
Or, tout près de
la mine, on trouve des maisonnettes inhabitées, mais qui ne sont pas
réservées aux musulmans. Quant aux salaires, le tarif syndical
serait de 210 francs, mais les ouvriers touchent 141 francs et
personne ne les protège.
Si nous passons à
l’enseignement, point n’est besoin de beaucoup insister. On l’a dit,
plus d’un million d’enfants musulmans ne savent ni lire ni écrire.
Le bénéfice de l’éducation est donné à peu près à 153 000 enfants.
On comprend les conséquences, d’un tel état des choses.
Le voyageur qui
traverse Alger, pour ne pas aller plus loin, est assailli d’essaims
d’enfants en loques qui mendient et se battent pour un morceau de
pain.
Quant aux hommes,
c’est la ruée vers les navires pour venir en France de manière à
gagner un peu d’argent pour envoyer à leurs familles.
Un peuple qui
s’expatrie, qui abandonne sa famille pour gagner de l’argent est un
peuple malheureux.
Nous avons vu,
nous Français qui avons été amenés par les circonstances à passer
quelques temps en Algérie, des malheureux qui vont, tous les matins,
fouiller dans les poubelles pour trouver à manger. Alors que, dans
les mêmes rues, le soir, s’étale le luxe le plus scandaleux qu’on
ait jamais vu.
Rue d’Isly, rue
Michelet, les magasins sont archi-pleins depuis un an et demi, mieux
garnis que les magasins même de Paris. Ils sont éclairés au néon.
Tout ce qu’on désire, on peut l’obtenir en vente libre…
On, comprend très
bien, alors, la raison de la misère de la population algérienne.
Comment s’étonner
que dans de telles conditions les populations algériennes soient
soulevées d’un mécontentement profond e d’une juste aspiration à une
vie digne d’être vécue ?
D’autant plus
qu’on leur a promis cette vie durant la grande guerre contre le
fascisme allemand et pour la liberté à laquelle ils ont participé et
qu’ils ont vu en Europe, au cours de la guerre, d’autres peuples,
d’autres modes de vie.
Par conséquent, il
faut déterminer les causes d’une telle situation et les remèdes à y
apporter. Je le ferai naturellement très brièvement pour ne pas
abuser des instants de l’assemblée.
Le problème, vos
le comprenez bien est de nourrir, de vêtir, de loger, de soigner,
d’instruire, d’élever ce peuple …
Or, depuis la
guerre, le niveau de vie des populations algériennes est allé
s’amenuisant. Les récoltes sont insuffisantes, les ressources
industrielles locales le sont également. Cela indique l’ampleur du
problème à résoudre.
Dans sa conférence
de presse du 28 mai 1946,
M. le gouverneur
général de l’Algérie a déclaré :
- En 1871, chaque
habitant de l’Algérie, disposait de cinq quintaux par an.
En 1900, il ne
disposait que de quatre quintaux
En 1940, il ne
disposait que de deux quintaux et demi
Aujourd’hui, avec
une bonne récolte, il n’a plus que deux quintaux pour se nourrir».
(en 1947).
Voilà, pourquoi il
y a la famine en Algérie.
A cause de la
distribution des terres. Une drôle de distribution… Les uns ont des
domaines immenses qui équivalent à cinq ou six départements
français, les autres ont des mauvais lopins de terre… On cultive la
vigne et aussi ce qu’on appelle les agrumes, mais pour
l’exportation… on a pas assez de céréales, pas assez de blé et la
population meurt de faim….
Voilà, le propre
de la colonisation. On comprend très bien dans ces conditions, le
mécontentement de la grande masse des musulmans… On parle de
certaines propagandes. Ecoutez ! Quand le pauvre fellah, qui meurt
de faim, voit ces immenses plantations de vignes que font valoir les
gros propriétaires français et qui ne lui servent à rien,
seriez-vous de bonne humeur si vous étiez dans une telle situation ?
Certainement pas. (Applaudissements à l’extrême gauche de l’amphi).
Mais il y a plus. Tout le monde sait que, dans un pays comme
l’Algérie, la question essentielle est celle de l’eau. Or, on
assiste au même phénomène : l’eau est pour les riches, mais pas pour
les pauvres.
Les grands
domaines sont irrigués, le pauvre fellah n’a pas d’eau. Je cite des
faits, non pas des faits quelconques, mais récents, relevés en
juillet dernier (1947).
Voici, par
exemple, un petit fellah de Biskra, qui a été combattant de 1939-40
et de 1942-1945, deux citations, 15 blessures, cinq ans de front.
Il a eu l’idée de
creuser lui-même un puits, grâce auquel il irrigue son petit champ.
Seulement, à côté
de lui est un seigneur,
M. Constant
Dufour, gros propriétaire, un fasciste.
Il était un
pro-hitlérien sous l’occupation et il se déclara toujours fasciste.
Ce monsieur possède
10 000 hectares.
Il est clair que le petit champ du pauvre fellah ne le gêne pas
beaucoup. Mais il a eu pour la concurrence. Ses dix mille hectares
sont arrosés par sept barrages érigés sur l’oued de Biskra
illégalement,s ans autorisation préfectorale. Ils sont donc bien
irrigués. Malgré cela, il a estimé que le petit fellah, qui possède
cent arbres fruitiers et soixante et un palmiers, pouvait lui créer
une concurrence dangereuse. Il a fait combler son puits, l’a fait
arrêter par l’administration et l’a fait mettre en prison.
Comment avec un
pareil régime, les Algériens peuvent-ils être satisfaits ?
Le fellah fait
sortir de l’eau de la terre. On lui fait boucher son puits parce
qu’il va concurrencer un gros colon pro-hitlérien.
Il en est ainsi
partout.
Dans le sud de
Tébessa, près de la frontière tunisienne, le sol est extrêmement
riche. Il suffirait d’un peu d’irrigation pour avoir des cultures
florissantes. Or, les fellahs meurent sur leurs terres. Ils meurent
de faim parce qu’ils n’ont pas d’eau. L’administration ne les
connaît pas.
Le mouton qui est
l’animal qui vit le mieux en Algérie, a évidemment besoin d’eau et
de près. Et bien l’année dernière et il y a deux ans, les moutons
ont crevé par centaines de milliers parce qu’ils n’avaient pas
d’eau.
Pourquoi n’ont-ils
pas eu d’eau ?
Les résultats des
recherches sont parfaitement clairs.
Les géologues sont
à cet égard catégoriques : il y a d’immenses nappes souterraines
d’eau dans les Hauts-Plateaux. Il suffit de les faire monter.
Comment ? comme on a fait par exemple au Turkistan où des moteurs
écoliers de petites dynamos mues par un moteur à vent chargent des
accumulateurs qui actionnent des pompes faisant monter l’eau des
puits… Il suffit de déclencher des initiatives individuelles et
collectives, mais on ne veut rien faire, les moutons crèvent et la
population est affamée.
C’est ça le régime
colonial.
Un peu avant que
M. le ministre de l’Intérieur vienne à Alger, j’ai vu moi-même y
débarquer, non pas les tracteurs, dont les paysans ont besoin mais
des tanks de l’artillerie. Ce n’est pas ainsi qu’on tire un pays de
la misère
Ce n’est pas en
faisant défiler dans les rues d’Alger des tanks et des canons, mais
en y envoyant des camions, des tracteurs, de l’essence, seule
manière de gagner le cœur d’un peuple…
Système colonial
donc qui ne veut d’aucune manière développer dans le pays
l’industrie et l’agriculture…
Au point de vue
ouvrier, je n’ai pas besoin d’insister beaucoup non plus : le bilan
est simple. Par suite de la famine dans les campagnes, les villes
connaissent un afflux de main-d’oeuvre, mais non qualifiée et, par
conséquent, elles bénéficient d’une énorme masse de manœuvres qu’on
peut embaucher à bas prix…
Quant à la
réglementation que nous connaissons en France, les syndicats
ouvriers algériens ont toutes les peines du monde à les faire
appliquer.
Voici un fait
parmi beaucoup d’autres : aux mines du Kouif, les ouvriers malades
ou blessés vont passer la visite. Voici comment le médecin les
reçoit :
- Reviens au
travail
- Mais docteur je
suis malade
- Tu feras un
autre travail, moins pénible, mais reviens.
L’ouvrier dit :
- Eh bien ! Je
vais aller au syndicat
Le médecin répond
:
Vous êtes des
mouches. On vous écrasera comme des mouches, vous et votre syndicat.
C’est cela le
colonialisme
Est-ce qu’un
médecin français a le droit de parler ainsi ? Est-ce qu’il ne salit
pas la corporation, des médecins ?
Au lieu seulement
d’essayer de soigner les hommes qui vont le trouver, il les insulte
et les menace.
Parlant de
l’Assemblée algérienne, le parlementaire André Marty exprime sa
consternation :
«La première fois
que nous avons visité l’immeuble où cette assemblée délibèrerait
nous avons pu lire, au-dessus des portes les noms des délégations
séparées. C’est ainsi que nous avons lu ces mots :
Colons, Non
colons, Arabes, Kabyles.
Une drôle de
démarcation, vous le voyez, qui nous rappelait un peu les trois
ordres des Etats généraux ! Les menants d’un côté, les seigneurs et
le clergé de l’autre…
En effet, en
Algérie existe une division administrative, dite commune de plein
exercice. On voudrait pouvoir dire, comme en France ; mais pas
dépasser le tiers du nombre des élus. Drôle de conseil municipal. En
somme, une commune de l’an 1 200 était certainement plus avancée
que celle que l’on appelle, de plein exercice, en Algérie.
(Applaudissements à l’extrême gauche des l’amphi.
A côté sont les
communes, dites communes mixtes, c’est-à-dire placée sous la double
autorité d’un administrateur et d’un réseau de caïds. C’est en somme
un système purement féodal. Or, j’ai entendu dire que le 14 juillet
1789 la féodalité avait disparu en France. Eh bien ! en Algérie,
elle existe et aggravée, bien que les populations algériennes soient
majeures depuis bien longtemps…
Alors, quand on
vient nous dire ce sont des départements français. Dans un
département français la féodalité n’existe plus.
Dans un
département français la féodalité n’existe plus.
(Applaudissements
à l’extrême gauche de l’amphi).
Je vais plus loin:
il n’y a jamais eu de divisions racistes, même sous la féodalité,
tandis qu’en Algérie elles existent.
On dresse une
barrière pour empêcher des hommes, même s’ils sont élus, de siéger…
Ainsi, premièrement, toute une partie de la population de ces
départements; les huit neuvièmes environ, ne se voit appliquer les
lois de la République française que sous réserve d’un décret
spécial…
Deuxièmement, la
majorité de la population (les autochtones) ne jouit pas des droits
et libertés de la République française…
Troisièmement : le
statut juridique des huit neuvièmes de la population (les
autochtones) ne relève pas du code civil français.
Quatrièmement :
les libertés municipales, telles qu’elles sont instituées en France,
n’existent pas en Algérie…»
Que répondront les
parlementaires français qui, en 2005, ont tenté de laver le système
colonial de ses crimes sans nom ?
M. Bentaleb rêvait
du rattachement de l’Algérie à la France mais sans discrimination
aucune entre les citoyens d’une grande nation. Son itinéraire est
éloquent. De bout en bout au service de la France : policier,
gendarme, caïd, conseiller général, parlementaire, ancien combattant
cntre le colonialisme allemand en France et en Europe, aussi dure,
aussi vrai, sans rien cacher de ses ressentiments, de ses espoirs
déçus, c’est que le système colonial ressemblait vraiment à
l’apartheid, au nazisme et au sionisme. Il était le premier «béni
oui-oui» qui, à la tribune du Parlement, à oser faire le
rapprochement entre le régime hitlérien et le système colonial. Mais
il était le seul «béni oui-oui» à envisager la possibilité d’une
guerre anticolonialiste en Algérie et de le proclamer à la même
tribune, en 1947.
Quant à M. Marty,
c’est un Français de conviction, révolté de voir que le système
colonial en Algérie maintenait les populations algériennes dans
l’ignorance et l’esclavage, les privant des droits, les plus
élémentaires : justice, école, santé, trvail, logements décents,
routes, électricité, dont jouissaient tous les colons et non colons
importés d’Europe pour faire de l’Algérie un territoire français.
Des hommes comme
M. Marty étaient rares en 1947.
Ils seront
nombreux après le déclenchement de la Guerre de Libération. Pour
l’honneur de la République française, ils combattront le
colonialisme en Algérie et partout dans le monde. Car ils
considéraient le système colonial comme le nazisme et le sionisme.
Un crime contre
l’humanité.
Le débat de 1947
au palais Bourbon, comme nous l’avons vu, a été l’occasion pour les
parlementaires algériens de mettre en exergue les crimes innommables
du colonialisme.
Qu’ils fussent
élus sous la casquette gaulliste, communiste, centriste,
assimilationniste ou indépendantiste, ils avaient tous revendiqué la
fin du système colonial inhumain. Clairement ou implicitement. Les
uns exprimant le désir de voir l’Algérie entrer dans l’Union
française avec la Martinique, la Réunion, la Guadeloupe etc… Les
autres revendiquent sans détour l’indépendance.
Tirant sa force
d’une puissante armée et d’une police structurée à la manière de la
gestapo, l’Etat français avait répondu au mécontentement des députés
algériens par des réformettes insignifiantes et des promesses jamais
tenues, ne donnant satisfaction ni aux pro-français ni aux
anticolonialistes.
Il continuera
d’user de massacres, de répression et de corruption comme avant le 8
mai 1945. Ce qui fera le bonheur des colons ; des miséreux français
et européens devenus en Algérie des propriétaires terriens, des
commerçants, des entrepreneurs, alors qu’ils n’avaient pas une
petite chance de manger à leur faim en Europe sans l’assistance de
l’armée du salut.
Le bâton contre
les indépendantistes, la carotte aux «bons» arabes qui ne croyaient
pas à la défaite politique et militaire du colonialisme et ne
demandaient que l’égalité en droits et en devoirs de tous les
«Algériens» sans distinction d’origine et de religion.
En 1951, se
déroulera un autre débat que les indépendantistes mettront à profit
pour démontrer que rien n’a changé sous le régime colonial et que
les promesses de l’Etat français sont restées lettres mortes (1).
Un nouveau fait :
l’un des intervenants s’interroge et interroge le président du
conseil et le gouvernement sur les fraudes électorales massives
organisées par l’administration et les colons en Algérie.
Intervention
remarquable et remarquée qui reste, hélas, d’actualité dans tous les
pays anciennement colonisés par les puissances européennes.
Cette intervention
fut brève, pertinente et mal venue dans la mesure où elle dévoilait
l’implication directe du gouverneur général en Algérie dans
l’organisation de la fraude, même sans le nommer.
Son auteur, M.
Derdour Djamel, député de Constantine, messaliste, n’en était pas à
sa première «incartade». Au cours du débat de 1947, il avait
scandalisé la classe politique française en assimilant l’armée et la
police activant en Algérie à la Gestapo allemande. En 1951, à la
tribune du palais Bourbon, il récidivera pour nous faire découvrir
l’une des facettes hideuses de l’administration coloniale qui use de
la répression contre les Arabes et du bourrage des urnes pour offrir
la victoire à ses candidats.
Ironie du sort,
après les années soixante, la République française a encouragé ses
méthodes dans ses anciennes colonies que les intellectuels et la
presse occidentale désignation sous le vocable risible de
«républiques bannières». Ceci nous oblige de répéter le proverbe qui
dit : «Le chameau regarde la bosse des autres chameaux, mais il
oublie la sienne».
Ici, pour
rafraîchir les mémoires défaillantes et pour en finir définitivement
avec le concept honteux de «l’effet positif» du colonialisme, nous
reprenons la déclaration complète de M. Derdour. Ainsi, nous
espérons avoir fait honneur aux parlementaires qui, en 1947, avaient
eu la témérité de tirer les premiers coups de feu contre le
colonialisme, au palais Bourbon, alors qu’ils jouissaient des
privilèges des Français du 1er Collège. Ce qui nous révèle le haut
degré de leur patriotisme. L’histoire officielle a occulté ce volet
du combat libérateur pour des raisons politicardes.
(1) – Le statut
organique a été adopté par le Parlement mais n’a pas été appliqué.
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M.Merkouche
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