|
Relations algéro-françaises
Missoum Sbih insiste sur la dimension humaine
L’investissement en Algérie. La rencontre organisée en
commun interviendra avant la visite en Algérie du
ministre français de l’Economie et des Finances, Thierry
Breton, prévue début décembre.
L’effort engagé pour l’approfondissement de l’action
diplomatique de manière à l’adapter à l’évolution de la
communauté nationale en France dans sa composante, les
relations bilatérales sur le plan notamment économique
et d’autres questions d’actualité ont été évoquées lors
d’une rencontre ayant regroupé vendredi soir les
représentants de la presse nationale en France et
l’ambassadeur d’Algérie à Paris, Missoum Sbih, qui a mis
l’accent sur la «dimension humaine» en tant qu’«élément
d’équilibre» des rapport avec la France. Cette
rencontre, la deuxième du genre depuis l’arrivée en
novembre 2005 de
M.
Sbih à la tête de l’ambassade d’Algérie en France, a été
une occasion pour aborder les actions qu’il a menées et
qu’il compte approfondir pour notamment une meilleure
prise en charge des préoccupations de la communauté
algérienne en France. A ce titre, il a rappelé les
objectifs de la 2e réunion générale des Consuls généraux
et des Consuls d’Algérie en France, tenue les jeudi et
vendredi, et qui a été axée sur les difficultés
rencontrées dans l’application de la législation et
réglementation nationales, ainsi que du dispositif
conventionnel bilatéral qui lie les deux pays. Ces
contraintes d’ordre «pratique», rencontrées par les
représentations consulaires et qui se répercutent
négativement sur la qualité des prestations dispensées
aux membres de la communauté nationale, ont été relevées
lors des visites consacrées depuis l’année dernière aux
différents consulats d’Algérie en France. Cette réunion
s’inscrit «dans le prolongement de toutes ces visites
qui ont permis d’évaluer l’action consulaire, de
rencontrer un éventail plus large de notre communauté et
les autorités locales, de s’entretenir avec des chefs
d’entreprises et de visiter des universités et des
centres hospitalo-universitaires pour évaluer les
accords bilatéraux» dans ces domaines, a-t-il rappelé.
Même
si des améliorations ont été apportées pour répondre aux
préoccupations de la communauté algérienne au niveau des
représentations consulaires, M. Sbih a estimé que
l’effort doit se poursuivre notamment en termes de
qualité d’accueil, afin d’adopter le travail accompli à
l’évolution de la communauté à laquelle «il faut être
attentif». Cette «dimension humaine» qui représente «un
élément fondamental et d’équilibre» des relations entre
l’Algérie et la France, trouve également sa
signification dans la question de la délivrance des
visas pour les Algériens, a-t-il dit. Le régime
discriminatoire imposé en matière de délivrance de visas
aux Algériens est en voie de règlement par le biais d’un
processus enclenché pour rectifier cette disposition
qualifiée de «vexatoire» par le ministre français de
l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui se rendra demain et
après demain à Alger pour une visite de travail «riche
et dense», selon lui. La coopération économique a
longuement été évoquée par l’ambassadeur d’Algérie et se
traduira prochainement par une rencontre prévue le 19
décembre prochain au ministère français des Affaires
étrangères et qui réunira «une quarantaine de chefs
d’entreprises français» investissant ou susceptibles
d’investir en Algérie. Le choix du lieu de la tenue de
ce symposium, le Quai d’Orsay, est symbolique «pour
donner un signal politique» à ce partenariat économique
qui doit s’orienter beaucoup plus vers l’investissement
en Algérie. La rencontre organisée en commun
interviendra avant la visite en Algérie du ministre
français de l’Economie et des Finances, Thierry Breton,
prévue début décembre. Ces séries d’actions de
coopération économiques marquée par plusieurs autres
rencontres de haut niveau tenues en France et par un
échange croisé de visites de ministres algériens et
français sont «significatives de la volonté de maintenir
le cap» des relations bilatérales qui gagneraient à
prendre en considération davantage «la dimension
humaine» entre les deux pays.
Redouane A.
Crise alimentaire dans
les camps des réfugiés sahraouis
Le
PAM et la solidarité à la rescousse
S’agit-il du début de la fin de la crise alimentaire que
connaît la population des camps de réfugiés sahraouie de
Tindouf ? Djamel Ould Abbès, ministre de l’Emploi et de
la Solidarité nationale a reçu avant-hier à Djenane El
Mithak une délégation du PAM (programme d’aide
alimentaire), présidée par son directeur exécutif
James
T.
Morris et avec laquelle il a débattu de l’action à
entreprendre en urgence pour pallier la crise à
laquelle sont confrontés depuis le mois de septembre
les réfugiés sahraouis. Une action qui a commencé par la
visite aux camps effectuée par la délégation des
Nations unies accompagnée des représentants du CRA (Croissant-Rouge
algérien), du Croissant-Rouge sahraoui ainsi que des
cadres du ministère de l’Emploi et de la Solidarité
nationale. «Notre visite aux camps de Tindouf va nous
permettre de mettre en place, en collaboration avec les
autorités algériennes, les mécanismes nécessaires pour
apporter l’aide répondant aux besoins réels des réfugiés
sahraouis», a déclaré à la presse le directeur exécutif
du Pam. La visite de James T. Morris sera aussi
l’occasion d’évaluer le nombre exact des réfugiés
sahraouis à aider. Car si pour le PAM et le HCR, il est
question de soutenir 90 000 personnes, «un chiffre qui
nous a été communiqué» a tenu à souligner James T.
Morris, pour M. Ould Abbès, «ils sont 125 000. Or,
rappelons que le SOS international lancé récemment et à
plusieurs reprises par le Croissant-Rouge sahraoui
évoque le chiffre de 156 000 réfugiés. Pour un autre
membre de la délégation des Nations unies, le problème
du nombre des réfugiés à assister reste toujours
incertain car, nous indique t-on, «il n’ y a jamais eu
de véritable recensement de la population des camps, ni
d’inventaire sur la gestion des stocks alimentaires».
Par ailleurs, et si les représentants du Pam comptent
énormément dans leur action future en faveur des
réfugiés sahraouis sur «l’évolution des dons que nous
recevrons de donateurs, qu’ils soient algériens ou
autres», selon M. Morris, il n’en demeure pas moins que
les dons qui sont parvenus jusqu’alors aux réfugiés
laissent à désirer, «en quantités et en qualité». A
cela, le représentant du Pam répondra que son
organisation s’occupe de ces réfugiés depuis 30 ans,
une longue durée en somme, et apporte aussi son soutien
à des milliers d’autres réfugiés et sinistrés à travers
le monde. Revenant de son côté sur le lancement de
l’opération de solidarité avec les réfugiés sahraouis,
Djamel Ould Abbès a assuré que l’action entreprise
conjointement par son ministère et le Pam, sera
consacrée à «revoir le nombre de ces réfugiés et à
améliorer leurs conditions de vie». Rappelons que le Pam
est l’organisation humanitaire la plus importante des
Nations unies dont la mission consiste principalement
à apporter une aide d’urgence en cas de catastrophes
naturelles, aux flux de réfugiés ou les déplacements
soudains et massifs de populations et à l’appui au
développement à plus long terme.
Par
ailleurs, la rencontre Sud- Sud qu’organise
annuellement un groupe d’ONG d’Europe, d’Amérique
latine et d’Afrique et portant sur les conflits à
travers le monde, se tiendra à partir de demain dans
les camps des réfugiés sahraouis de Tindouf. Elle
portera sur le conflit au Sahara occidental, apprend-on
hier, auprès du service de communication de l’ambassade
de la RASD en Algérie. Les participants vont débattre de
la résistance pacifique de la population civile dans les
territoires occupés, du problème des mines
antipersonnel, de la protection des ressources
naturelles du peuple sahraoui et des conditions de vie
des réfugiés.
Habiba Ghrib
Refonte de
l’enseignement secondaire
Les
lycées techniques risquent de disparaître
Une
rencontre sur les lycées techniques a été l’occasion
pour rendre public le constat des professionnels sur le
sujet. Il en ressort que «les différentes
restructurations depuis 1994 ont dénaturé la mission des
lycées techniques et ont rompu la logique
d’apprentissage pour laquelle ils ont été créés». Le
Conseil des lycées d’Alger (CLA) et le syndicat autonome
des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef),
organisateurs de cette rencontre qui s’est déroulée le
week-end dernier, constatent aussi que la
réorganisation des cycles d’enseignement technique
sous-estime les besoins approfondis en formation
technologique dont le volume horaire doit correspondre à
35
heures hebdomadaires. «Les élèves ne font que parcourir
superficiellement les programmes sans approfondir le
savoir-faire technologique», estiment le Cla et le Satef
qui ajoutent que cette démarche «utilitariste» répond à
des besoins liés à la réduction de l’encadrement et des
coûts financiers de l’Education. Il s’agit
«d’incohérences qui risquent de faire disparaître les
lycées techniques», selon les mêmes syndicats. Les
mêmes organisations relèvent les effets négatifs de la
réorganisation prônée en 2005 de l’enseignement
secondaire. Il s’agit, entre autres, d’une décharge
horaire qui correspond à des milliers d’heures de
cours, un sureffectif d’enseignants des matières
technologiques et une réduction de l’offre pédagogique
aux élèves ainsi que la disparition de certaines
disciplines, la suppression de l’enseignement technique
et la réduction des options au Bac.
Comme
propositions pour prévenir du risque de disparition des
lycées techniques, les deux organisateurs de la
rencontre préconisent l’installation d’une commission
chargée de l’élaboration d’un rapport sur l’évolution
des lycées techniques,
qui
rendra public son rapport le
20
novembre prochain. Les deux syndicats sollicitent aussi
les parents d’élèves pour s’impliquer davantage afin de
réhabiliter les lycées en question.
Fatima Arab
Marché des assurances
Une
progression remarquable
Parce
qu’enregistrant une multiplication de produits, le
marché algérien des assurances connaît une progression
remarquable. Le processus de libéralisation, en bonne
voie, estiment les investisseurs étrangers, le marché
est favorable pour la prospérité. Selon une étude faite
par Oxford Business Group, cette progression a fait
d’ailleurs passer la vente des contrats d’assurance de
35,7 milliards de dinars (484,3 millions de dollars) en
2004 à 42,3 milliards de dinars (573,8 millions de
dollars) en 2005, une progression remarquable de 16%.
Pour l’année en cours, signale encore l’OBG, le secteur
des assurances a enregistré une évolution remarquable de
9,2%. Dans la langue des chiffres, cela représente un
chiffre d’affaires de 22,8 milliards de dinars. Cela est
rendu possible grâce principalement aux assurances
automobiles qui ont enregistré, avec l’augmentation de
concessionnaires, la meilleure performance, avec
notamment 14% d’augmentation. Selon le secrétaire
permanent du CNA, Abdelmadjid Messaoudi,
«la
branche automobile en pleine progression, représentant
présentement 42% du secteur des assurances, est due au
contrat d’assurance tous risques. Cependant, la branche
incendie, accidents et risques divers, qui enregistrait
auparavant les plus fortes progressions, occupe
actuellement le second rang avec un taux de 39%».
L’étude faite par Oxford Business Group montre que
contrairement au poids de la branche agricole qui a
connu une baisse de 16% par rapport à 2005, la branche
des assurances des personnes a enregistré une forte
hausse (16,4%) par rapport à 2005 et ce, grâce à la
performance des assurances vies. Une nouvelle loi a été
introduite début 2006, laquelle modifie le texte de loi
de 1995. Cette loi engage, convient-il de souligner, une
politique libérale favorisant les investisseurs et
aménageant une modernisation d’ensemble. Afin
d’encourager la modernisation du secteur et de
surveiller l’ensemble des opérations, pour bénéfice de
l’assureur et de l’assuré, la loi en question prévoie la
mise en place d’une commission de surveillance. Dans ce
sillage, BNP Paribas a rendu public, la semaine passée,
l’établissement de Cardif El Djazaïr, filiale de BNP
Paribas Assurance. Celle-ci est installée dans notre
pays. Quatre sociétés publiques d’assurance contrôlent
70% du marché. Djamel Kassali, P-DG de la Compagnie
algérienne d’assurance et de réassurance (CAAR), affirme
que
«la
prochaine entrée de compagnies étrangères d’assurance en
partenariats ou en succursales n’est qu’une question de
temps. Outre le savoir-faire que cela garantira, il
permettra l’accroissement de la concurrence et ce, en en
améliorant la qualité des services et des produits du
secteur en question».
Djamel Oukali
Partenariat avec l’UE
Quel impact ?
Un
séminaire dont le thème s’articulera sur «L’impact et
les répercussions du partenariat avec l’Union
européenne» est prévu pour demain et après-demain à
l’université de Sétif. Des professeurs, chercheurs et
spécialistes, entre fonctionnaires d’organismes
gouvernementaux, opérateurs économiques et chefs
d’entreprises publiques et privées algériennes et
étrangères prendront part à cette rencontre organisée
par le département des sciences économiques et de
gestion, en partenariat avec le laboratoire de
partenariat et investissement dans les petites et
moyennes entreprises de l’université Ferhat-Abbas. La
problématique qui sera posée par ce forum sera centrée,
selon les organisateurs, sur les mutations enregistrées
par le système économique algérien depuis l’entrée en
vigueur de l’accord de partenariat avec l’Union
européenne en septembre 2005. Un intérêt particulier
sera réservé aux questions de compétitivité, de flux
des capitaux et des compétences, avec la préoccupation
que constituent la protection des acquis de l’économie
algérienne et la sauvegarde des intérêts réciproques,
note les mêmes organisateurs. Le séminaire sera dominé
par six axes principaux, parmi lesquels l’étude des
aspects négatifs et positifs de l’accord de partenariat
et des contraintes qui entravent sa bonne mise en œuvre
et la proposition d’alternatives et de solutions à même
d’améliorer la situation, précise-t-on.
|