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Diwan de Biskra à la salle Ibn Zeydoun

A la rencontre d’une musique métissée

BEJAIA

Quand l’art se cultive

 

 13/11/06

 

Diwan de Biskra à la salle Ibn Zeydoun

A la rencontre d’une musique métissée

Portés par Camel Zekri, les chanteurs et musiciens du groupe diwan de Biskra  convieront ce soir (à 19h00) à la salle Ibn Zeydoun les férus de la musique gnaouie à un concert où se croisent les résonances des deux Afriques : la noire et la blanche.

Ce groupe de chanteurs propose à son public une musique aux origines gnawa, rencontre fraternelle entre l’Afrique noire et l’Afrique blanche où gumbri, qarqabou, guitare et u’d se côtoient dans un cérémonial d’airs musicaux fortement métissés. Tous les mem-bres du diwan appartiennent à la confrérie de Sidi Merzoug de Biskra. Formés par leur Maâlem (le maître) Hamma Moussa, ils ont entrepris un travail historique qui leur permet d’approcher les origines du diwan à travers la traduction des chants Hejmi (langue inusitée du diwan qui mélange des mots arabes à l’haoussa, le songhaï et le foulani). Ces traductions les renseignent sur la structure des cérémonies et sur le sens des actes de la transe. Cette troupe, issue de Biskra, la grande porte du Sahara algérien, pratique un cérémonial fortement métissé qui établit une jonction entre les deux Afriques : la noire et la blanche. En réunissant la musique, le chant, la poésie, la danse et le théâtre en une seule cérémonie, le diwan est sans doute la forme d’expression des régions nord-sahariennes la plus aboutie. De ce point de vue, nous pouvons peut-être voir dans le diwan une sorte d’opéra saharien.  Cérémonial pratiqué par les gnaoua de la région, qui appartiennent à la confrérie noire de Sidi Merzoug (rattachée à l’ensemble des confréries se reconnaissant en Sidi Bilal), «le diwan est le résultat des mélanges de populations nomades arabes, berbères et noires sédentarisées dans cette zone très métissée»  dira Camel Zekri, guitariste, joueur de u’d et compositeur. Des mots arabes se sont infiltrés dans les chants interprétés en hejmi (mélange d’haoussa, songhaï et foulani), la darbouka a rejoint les tambours d’Afrique noire. Passionné de Jazz, Camel Zekri apprend tout d’abord la guitare en autodidacte, porté naturellement vers l’improvisation. Il est l’élève de Hamma Moussa en Algérie (maître du diwan de Biskra). Depuis quelques années, il développe une pratique musicale nouvelle à l’ordinateur, ce qui lui permet d’étendre au jeu instrumental de nouvelles expériences. Ces expériences nourrissent sa réflexion sur le langage artistique de ses ancêtres qu’il tient à «recycler» en introduisant de nouvelles résonances musicales. Il est l’un des rares à avoir réussi le métissage de ses origines africaines avec la pratique de l’improvisation. Touche à tout, il est un adepte des routes parallèles : rock, classique (premier prix au conservatoire), jazz. Pour Camel (un terme anglais qui désigne le chameau, un élément naturel du Grand Sud), le diwan est un espace d’expérience et de recherche sur la création contemporaine qui prend en compte l’exploration des racines tout en réinventant son environnement.

Hacène K.

 

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BEJAIA

Quand l’art se cultive

Un projet des plus ambitieux vient de voir le jour à Béjaïa, grâce à la volonté  et au courage d’une équipe qui veut moderniser le volet artistique, et donner à la culture un cachet des plus authentiques. Ainsi donc «Carré  d’Art» a vu le jour dans ce contexte, et n’est autre qu’un espace réservé aux enfants et aux adultes, qui peuvent après l’école ou le travail  se détresser et faire le vide en eux en s’intégrant aux ateliers proposés tels que la peinture, la musique, le théâtre etc.. En somme, le projet encourage les initiations et la découverte du monde artistique. Quel que soit leur âge, les enfants pourront se découvrir un élan créateur, et s’intégrer graduellement à l’atelier de leur choix, afin de développer leurs dons, et donner libre cours à leur refoulement artistique. Les adultes eux, formeront un espace d’échange et organiseront à leur manière des activités  artistiques, dramatiques,  expressives ou musicale, afin de se retrouver et de mettre un holà à l’ennui, tout en s’inspirant des conseils des dirigeants. «Nous pensons que nous manquons indéniablement de lieu culturel, et l’expression artistique semble étouffée dans une société  ralentie, prise dans une spirale économique sans fin, sans activités culturelles qui permettraient l’épanouissement de chaque individu», nous dira Mme Boucheffa, directrice de Carré D’Art.  Pour en revenir aux ateliers, Carré D’Art s’articule autour de six classes. Chaque atelier est composé au maximum de douze élèves. Et pour le bon déroulement des séances, il serait souhaitable pour chaque élève d’assister assidûment à tous les cours et respecter la ponctualité.                                                       

Razika  Baghdad

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