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Diwan de Biskra à la salle Ibn Zeydoun
A la rencontre
d’une musique métissée
Portés par Camel
Zekri, les chanteurs et musiciens du groupe diwan de Biskra
convieront ce soir (à 19h00) à la salle Ibn Zeydoun les férus de la
musique gnaouie à un concert où se croisent les résonances des deux
Afriques : la noire et la blanche.
Ce groupe de
chanteurs propose à son public une musique aux origines gnawa,
rencontre fraternelle entre l’Afrique noire et l’Afrique blanche où
gumbri, qarqabou, guitare et u’d se côtoient dans un cérémonial
d’airs musicaux fortement métissés. Tous les mem-bres du diwan
appartiennent à la confrérie de Sidi Merzoug de Biskra. Formés par
leur Maâlem (le maître) Hamma Moussa, ils ont entrepris un travail
historique qui leur permet d’approcher les origines du diwan à
travers la traduction des chants Hejmi (langue inusitée du diwan qui
mélange des mots arabes à l’haoussa, le songhaï et le foulani). Ces
traductions les renseignent sur la structure des cérémonies et sur
le sens des actes de la transe. Cette troupe, issue de Biskra, la
grande porte du Sahara algérien, pratique un cérémonial fortement
métissé qui établit une jonction entre les deux Afriques : la noire
et la blanche. En réunissant la musique, le chant, la poésie, la
danse et le théâtre en une seule cérémonie, le diwan est sans doute
la forme d’expression des régions nord-sahariennes la plus aboutie.
De ce point de vue, nous pouvons peut-être voir dans le diwan une
sorte d’opéra saharien. Cérémonial pratiqué par les gnaoua de la
région, qui appartiennent à la confrérie noire de Sidi Merzoug
(rattachée à l’ensemble des confréries se reconnaissant en Sidi
Bilal), «le diwan est le résultat des mélanges de populations
nomades arabes, berbères et noires sédentarisées dans cette zone
très métissée» dira Camel Zekri, guitariste, joueur de u’d et
compositeur. Des mots arabes se sont infiltrés dans les chants
interprétés en hejmi (mélange d’haoussa, songhaï et foulani), la
darbouka a rejoint les tambours d’Afrique noire. Passionné de Jazz,
Camel Zekri apprend tout d’abord la guitare en autodidacte, porté
naturellement vers l’improvisation. Il est l’élève de Hamma Moussa
en Algérie (maître du diwan de Biskra). Depuis quelques années, il
développe une pratique musicale nouvelle à l’ordinateur, ce qui lui
permet d’étendre au jeu instrumental de nouvelles expériences. Ces
expériences nourrissent sa réflexion sur le langage artistique de
ses ancêtres qu’il tient à «recycler» en introduisant de nouvelles
résonances musicales. Il est l’un des rares à avoir réussi le
métissage de ses origines africaines avec la pratique de
l’improvisation. Touche à tout, il est un adepte des routes
parallèles : rock, classique (premier prix au conservatoire), jazz.
Pour Camel (un terme anglais qui désigne le chameau, un élément
naturel du Grand Sud), le diwan est un espace d’expérience et de
recherche sur la création contemporaine qui prend en compte
l’exploration des racines tout en réinventant son environnement.
Hacène K.
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BEJAIA
Quand l’art se
cultive
Un projet des plus
ambitieux vient de voir le jour à Béjaïa, grâce à la volonté et au
courage d’une équipe qui veut moderniser le volet artistique, et
donner à la culture un cachet des plus authentiques. Ainsi donc
«Carré d’Art» a vu le jour dans ce contexte, et n’est autre qu’un
espace réservé aux enfants et aux adultes, qui peuvent après l’école
ou le travail se détresser et faire le vide en eux en s’intégrant
aux ateliers proposés tels que la peinture, la musique, le théâtre
etc.. En somme, le projet encourage les initiations et la découverte
du monde artistique. Quel que soit leur âge, les enfants pourront se
découvrir un élan créateur, et s’intégrer graduellement à l’atelier
de leur choix, afin de développer leurs dons, et donner libre cours
à leur refoulement artistique. Les adultes eux, formeront un espace
d’échange et organiseront à leur manière des activités artistiques,
dramatiques, expressives ou musicale, afin de se retrouver et de
mettre un holà à l’ennui, tout en s’inspirant des conseils des
dirigeants. «Nous pensons que nous manquons indéniablement de lieu
culturel, et l’expression artistique semble étouffée dans une
société ralentie, prise dans une spirale économique sans fin, sans
activités culturelles qui permettraient l’épanouissement de chaque
individu», nous dira Mme Boucheffa, directrice de Carré D’Art. Pour
en revenir aux ateliers, Carré D’Art s’articule autour de six
classes. Chaque atelier est composé au maximum de douze élèves. Et
pour le bon déroulement des séances, il serait souhaitable pour
chaque élève d’assister assidûment à tous les cours et respecter la
ponctualité.
Razika Baghdad
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Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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