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Publication
Kateb Yacine
revisité par l’universitaire Benamar Mediène
C’est une
biographie «particulière» du dramaturge Kateb Yacine que propose
l’universitaire algérien établi en France, Benamar Mediène, dans un
ouvrage, publié en octobre 2006 aux éditions Robert Laffont, sous le
titre «Kateb Yacine, le cœur entre les dents». Un livre sera
co-édité prochainement par la maison Casbah édition.
Benamar Mediène,
en témoin privilégié d’une époque, était bien placé de parler du
«père» de Nedjma, pour l’avoir accompagné dans ses moments de
vadrouille, jusqu’à sa mort, à Grenoble, un 28 octobre 1989, des
suites d’une leucémie. Son ouvrage est à la fois une biographie, un
essai et un long entretien avec Kateb Yacine, où se mêlent des
souvenirs, des extraits d’œuvres poétiques et théâtrales du
dramaturge, des réflexions et des discussions parfois animées
échangées autour d’une table, d’un verre, au gré des moments et des
conjonctures historiques précises, à Oran, Alger, Paris, Sidi Bel-
Abbès, Oued El Halouf et ailleurs. «Kateb Yacine, le cœur entre les
dents» est loin
d’être une
reconstitution linéaire de la vie, de l’itinéraire et du parcours
d’un homme dont la vie a été tumultueuse, jalonnée de batailles, de
luttes et de drames. Les différentes parties de l’ouvrage partent
dans tous les sens comme pour mieux reconstituer la vie de «nomade»
qui fut celle de Kateb Yacine. Comment aborder un «personnage
atypique» comme le fut Kateb Yacine et proposer au lecteur sa
biographie? Trop d’écueils à éviter. Comment déplier le temps,
débusquer et saisir ce qu’il retient en chacune de ses pliures?
Benamar Mediène tranche «je perçois d’emblée sa vie comme un
continent fragmenté. Enchaînements d’archipels avec des îles mères
et des poussières d’îlots qui auraient pour noms : Kateb poésie,
Kateb roman, Kateb théâtre, Kateb mythe et, bien entendu, Kateb tel
qu’en lui-même, indéfiniment autre. Tout est lié dans les gisements
sous-marins». Oran, juin 1982. L’auteur lance une idée à l’homme de
théâtre. «Yacine, je veux écrire ta vie». Le dialogue s’amorce. Il
se poursuivra en des temps discontinus. Piles de cassettes audio,
carnets. La matière est là. Puis les souvenirs jaillissent au gré
des lieux, des amis communs, des évènements. L’ouvrage de Benamar
Mediène dépasse l’intention de retracer une vie. Il dépeint un monde
qu’il avait partagé parfois avec Kateb Yacine. Un monde où se
retrouvent de grands noms de la culture algérienne, comme le peintre
M’hamed Issiakhem, «le frère jumeau de Yacine», Mohamed Zinet, Jean
Senac, Momo, Ahmed Azzeghagh, Malek Haddad ainsi que des sommités
mondiales à l’exemple de Jean Paul Sartre, Aragon, Jean Marie
Serreau, le «découvreur de théâtres» et bien d’autres encore.
L’auteur de la sublime Nedjma est «étudié» sous ses multiples
facettes, poète, homme de théâtre, journaliste, défenseur des
peuples opprimés, émigré côtoyant ses frères «damnés de la terre» et
jouant à l’écrivain public. Mais aussi en homme, avec ses moments de
faiblesses, ses colères, des révoltes, ses amours, ses femmes et ses
enfants, Nadia, Hans, Amazigh, «Yacine patriarche sans livret de
famille et pourtant père intercontinental», disait-il. L’écrivain et
journaliste Gilles Perrault, auteur de la préface écrit :
«Foisonnement du texte de Mediène dans lequel on progresse comme à
travers une jungle. Mais Kateb Yacine n’est-il pas lui-même un
homme-jungle très éloigné des bien ordonnés jardins à la française?,
soumis à un jaillissement poétique continu, ébloui par les
fulgurances d’une écriture aussi énergique que sensible, le lecteur
risque de s’éprouver au départ quelque peu désorienté. Mais où nous
emmène-t-il ? Au cœur de l’énigme qu’est toute vie humaine, à la
vérité profonde d’un écrivain majeur du XXe siècle».
Soulignons que
l’auteur Benamar Mediène a publié en 2003 aux éditions Aden, «Les
porteurs d’orage», un récit sur les temps de douleur de la dernière
décennie.
Synthèse H. K.
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Cet après-midi au CCF
Lecture
anthropologique sur la la violence en Algérie
Abderrahmane
Moussaoui, Maître de conférence au département d’anthropologie de
l’Université de Provence et également chercheur à l’Institut
d’Ethnologie Méditerranéenne et Comparative (CNRS) sera cet
après-midi l’hôte du Centre culturel français d’Alger pour animer
une conférence sous le thème «De la violence en Algérie, les lois du
chaos». Le conférencier proposera une lecture anthropologique d’un
moment de l’histoire d’une société en formation à travers l’échange
de la violence et de la mort. Entre des références à l’universel
musulman et des conditions historiques spécifiques à l’histoire
nationale algérienne, notamment la guerre de Libération, l’animateur
donnera un éclairage pour comprendre l’incompréhensible pour
découvrir les lois du chaos de la violence en Algérie. L’auteur de
l’étude abordera une série de questions sur la violence qui a
endeuillé au quotidien l’Algérie depuis une décennie. Selon lui, le
poids du politique, les contraintes de l’économie et les pesanteurs
historiques ne peuvent tout expliquer. Le conférencier apportera
lors de son intervention et à travers une dimension anthropologique
de nouvelles clefs pour saisir les enjeux et les formes que prennent
les affrontements. La perception du conflit par chacune des parties,
les formes et techniques de la violence, les espaces et les moments
où s’exercent cette violence sont autant d’aspects dont il faut
tenir compte pour compren-dre l’actualité de la crise en Algérie. Le
retour sur des notions comme l’honneur, le djihad ou la
représentation de la guerre de Libération, permet de faire ressortir
une autre dimension de cette crise, à travers les usages sociaux de
la violence. Soulignons que l’auteur a nom-bre d’ouvrages ou
assimilés publiés en Algérie et en France tels «le Pur et l’impur en
Islam», «la Fête ou le génie du lieu», «La religion de la femme
maghrébine en immigration» et autres titres comme «Espace et sacré
au Sahara algérien».
H. K.
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Médiathèque Agha
Exposition de
tableaux et de caricatures
La médiathèque
Agha abrite et ce, jusqu’au 31 janvier une exposition de peinture et
de caricature des artistes Djamel et Amer Sennane. Une quinzaine de
tableaux réalisés dans la technique à l’huile représentent des
scènes de vie des hameaux juchés dans les monts du Djurdjura ainsi
que des paysages illustrant les immenses espaces du Hoggar où
évoluent les méharistes. D’autres œuvres dans l’art du figuratif
égayent les cimaises de la médiathèque tel le tableau qui évoque la
femme naïlie que le peintre orientaliste Nacer Eddine Dinet a
immortalisée à travers sa collection d’œu-vres picturales. Dans une
autre aile de l’espace, une cinquantaine de caricatures accompagnent
une série de bande dessinée sur papier. Les thèmes abordés dans la
bande dessinée par les deux exposants focalisent sur les problèmes
de la société et ses travers. Quant aux caricatures, les frères
Sennane nous édifient sur leur esprit caustique et pénétrant des
sujets qu’ils proposent aux spectateurs.
«L’art de
convaincre avec du vent», «Recette pour s’enrichir très vite», «La
pêche est meilleure quand l’eau est trouble» sont autant de pièces
satiriques qui nous renseignent, est-il noté, sur la nouvelle
bibliothèque pratique de la société, celle des vices et des
ridicules de notre temps.
H. K.
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Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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