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Publication

Kateb Yacine revisité par l’universitaire Benamar Mediène

Cet après-midi au CCF

Lecture anthropologique sur la la violence en Algérie

Médiathèque Agha

Exposition de tableaux et de caricatures

 

 14/01/07

 

 Publication

Kateb Yacine revisité par l’universitaire Benamar Mediène

C’est une biographie «particulière» du dramaturge Kateb Yacine que propose l’universitaire algérien établi en France, Benamar Mediène, dans un ouvrage, publié en octobre 2006 aux éditions Robert Laffont, sous le titre «Kateb Yacine, le cœur entre les dents».  Un livre sera co-édité prochainement par la maison Casbah édition.

Benamar Mediène, en témoin privilégié d’une époque, était bien placé de parler du «père» de Nedjma, pour l’avoir accompagné dans ses moments de vadrouille, jusqu’à sa mort, à Grenoble, un 28 octobre 1989, des suites d’une leucémie. Son ouvrage est à la fois une biographie, un essai et un long entretien avec Kateb Yacine, où se mêlent des souvenirs, des extraits d’œuvres poétiques et théâtrales du dramaturge, des réflexions et des discussions parfois animées échangées autour d’une table, d’un verre, au gré des moments et des conjonctures historiques précises, à Oran, Alger, Paris, Sidi Bel- Abbès, Oued El Halouf et ailleurs. «Kateb Yacine, le cœur entre les dents» est loin

d’être une reconstitution linéaire de la vie, de l’itinéraire et du parcours d’un homme dont la vie a été tumultueuse, jalonnée de batailles, de luttes et de drames. Les différentes parties de l’ouvrage partent dans tous les sens comme pour mieux reconstituer la vie de «nomade» qui fut celle de Kateb Yacine.  Comment aborder un «personnage atypique» comme le fut Kateb Yacine et proposer au lecteur sa biographie? Trop d’écueils à éviter. Comment déplier le temps, débusquer et saisir ce qu’il retient en chacune de ses pliures? Benamar Mediène tranche «je perçois d’emblée sa vie comme un continent fragmenté. Enchaînements d’archipels avec des îles mères et des poussières d’îlots qui auraient pour noms : Kateb poésie, Kateb roman, Kateb théâtre, Kateb mythe et, bien entendu, Kateb tel qu’en lui-même, indéfiniment autre. Tout est lié dans les gisements sous-marins». Oran, juin 1982. L’auteur lance une idée à l’homme de théâtre. «Yacine, je veux écrire ta vie». Le dialogue s’amorce. Il se poursuivra en des temps discontinus. Piles de cassettes audio, carnets. La matière est là. Puis les souvenirs jaillissent au gré des lieux, des amis communs, des évènements.  L’ouvrage de Benamar Mediène dépasse l’intention de retracer une vie. Il dépeint un monde qu’il avait partagé parfois avec Kateb Yacine. Un monde où se retrouvent de grands noms de la culture algérienne, comme le peintre M’hamed Issiakhem, «le frère jumeau de Yacine», Mohamed Zinet, Jean Senac, Momo, Ahmed Azzeghagh, Malek Haddad ainsi que des sommités mondiales à l’exemple de Jean Paul Sartre, Aragon, Jean Marie Serreau, le «découvreur de théâtres» et bien d’autres encore. L’auteur de la sublime Nedjma  est «étudié» sous ses multiples facettes, poète, homme de théâtre, journaliste, défenseur des peuples opprimés, émigré côtoyant ses frères «damnés de la terre» et jouant à l’écrivain public. Mais aussi en homme, avec ses moments de faiblesses, ses colères, des révoltes, ses amours, ses femmes et ses enfants, Nadia, Hans, Amazigh, «Yacine patriarche sans livret de famille et pourtant père intercontinental», disait-il. L’écrivain et journaliste Gilles Perrault, auteur de la préface écrit : «Foisonnement du texte de Mediène dans lequel on progresse comme à travers une jungle. Mais Kateb Yacine n’est-il pas lui-même un homme-jungle très éloigné des bien ordonnés jardins à la française?, soumis à un jaillissement poétique continu, ébloui par les fulgurances d’une écriture aussi énergique que sensible, le lecteur risque de s’éprouver au départ quelque peu désorienté. Mais où nous emmène-t-il ? Au cœur de l’énigme qu’est toute vie humaine, à la vérité profonde d’un écrivain majeur du XXe siècle».

Soulignons que l’auteur Benamar Mediène a publié en 2003 aux éditions Aden, «Les porteurs d’orage», un récit sur les temps de douleur de la dernière décennie.

 Synthèse H. K.

 

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Cet après-midi au CCF

Lecture anthropologique sur la la violence en Algérie

Abderrahmane Moussaoui, Maître de conférence au département d’anthropologie de l’Université de Provence et également chercheur à l’Institut d’Ethnologie Méditerranéenne et Comparative (CNRS) sera cet après-midi l’hôte du Centre culturel français d’Alger pour animer une conférence sous le thème «De la violence en Algérie, les lois du chaos». Le conférencier proposera une lecture anthropologique d’un moment de l’histoire d’une société en formation à travers l’échange de la violence et de la mort. Entre des références à l’universel musulman et des conditions historiques spécifiques à l’histoire nationale algérienne, notamment la guerre de Libération, l’animateur donnera un éclairage pour comprendre l’incompréhensible pour découvrir les lois du chaos de la violence en Algérie. L’auteur de l’étude  abordera une série de questions sur la violence qui a endeuillé au quotidien l’Algérie depuis une décennie. Selon lui, le poids du politique, les contraintes de l’économie et les pesanteurs historiques ne peuvent tout expliquer. Le conférencier apportera lors de son intervention et à travers une dimension anthropologique de nouvelles clefs pour saisir les enjeux et les formes que prennent les affrontements. La perception du conflit par chacune des parties, les formes et techniques de la violence, les espaces et les moments où s’exercent cette violence sont autant d’aspects dont il faut tenir compte pour compren-dre l’actualité de la crise en Algérie. Le retour sur des notions comme l’honneur, le djihad ou la représentation de la guerre de Libération, permet de faire ressortir une autre dimension de cette crise, à travers les usages sociaux de la violence. Soulignons que l’auteur a nom-bre d’ouvrages ou assimilés publiés en Algérie et en France tels «le Pur et l’impur en Islam», «la Fête ou le génie du lieu», «La religion de la femme maghrébine en immigration» et autres titres comme «Espace et sacré au Sahara algérien».    

H. K.

 

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Médiathèque Agha

Exposition de tableaux et de caricatures

La médiathèque Agha abrite et ce, jusqu’au 31 janvier une exposition de peinture et de caricature des artistes Djamel et Amer Sennane. Une quinzaine de tableaux réalisés dans la technique à l’huile représentent des scènes de vie des hameaux juchés dans les monts du Djurdjura ainsi que des paysages illustrant les immenses espaces du Hoggar où évoluent les méharistes. D’autres œuvres dans l’art du figuratif égayent les cimaises de la médiathèque tel le tableau qui évoque la femme naïlie que le peintre orientaliste Nacer Eddine Dinet a immortalisée à travers sa collection d’œu-vres picturales. Dans une autre aile de l’espace, une cinquantaine de caricatures accompagnent une série de bande dessinée sur papier. Les thèmes abordés dans la bande dessinée par les deux exposants focalisent sur les problèmes de la société et ses travers. Quant aux caricatures, les frères Sennane nous édifient sur leur esprit caustique et pénétrant des sujets qu’ils proposent aux spectateurs.

«L’art de convaincre avec du vent», «Recette pour s’enrichir très vite», «La pêche est meilleure quand l’eau est trouble» sont autant de pièces satiriques qui nous renseignent, est-il noté, sur la nouvelle bibliothèque pratique de la société, celle des vices et des ridicules de notre temps.           

H. K.

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