|
Le caissier principal de Khalifa Bank devant la juge
Khalifa
retirait un milliard en 15 minutes
Le tribunal
criminel près la cour de Blida est passé hier à une autre étape dans
le procès de l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank.
Par M. Abi
L’étape précédente
se rapportait aux conditions et «irrégularités» constatées lors de
la création de Khalifa Bank et la modification – sur la base de faux
documents – du statut du groupe Khalifa ainsi que la création,
également sur la base de faux documents, de ce groupe, sur la base
de faux actes notariés.
Avant de passer à
cette nouvelle étape du procès, le tribunal a auditionné Sid-Ali
Hammoum, ancien secrétaire général de la trésorerie de la wilaya de
Tipasa au sujet de trois chèques, dont deux libellés au nom du
groupe Khalifa et un autre au nom personnel de Khalifa Abdelmoumen.
Ces chèques sont de l’ordre de 20, 25 et 45 millions de dinars,
totalisant la somme de 85 millions de dinars une somme bien en-deçà
des 125 millions que ce groupe devait encaisser sur la base du dépôt
de garanties exigées par la loi pour la création de Khalifa Bank,
fixées à 50 milliards de centimes.
Cet ex-trésorier
dit ne pas être au courant de l’existence de ces chèques. La
présidente du tribunal, Brahimi Fatiha, décide de convoquer l’actuel
secrétaire général de la trésorerie de la wilaya de Tipasa pour lui
demander de mettre à la disposition de la justice les archives de
cette structure et, par là, retrouver la trace historique de ces
opérations.
La magistrate
s’adresse ensuite au témoin Guellimi Amar, père de Djamel, membre
fondateur de Khalifa Bank. Guellimi Djamel est, rappelle-t-on, un
ancien clerc au bureau notarial de Me Rahal Omar où ont été établis
de faux actes notariés ayant servi à la création de Khalifa Bank, la
modification du statut du groupe Khalifa et la création de ce
groupe.
La présidente du
tribunal à l’adresse de Guellimi Amar : «Avez-vous signé un PV d’AG
avant d’aller vers le notaire ?»
«Il n’ y en a pas
eu», répond Guellimi Amar
«Le frère de
Khalifa Rafik Abdelmoumen dit qu’il n’ y a pas eu d’AG»
La magistrate pose
une autre question au témoin :
«Ma question est
la suivante: où aviez-vous signé ? S’il vous plait, c’est très
important»
«Je ne m’en
souviens pas»
«La dernière fois
vous m’aviez dit que c’est à l’étude» (bureau du notaire)
Madame Brahimi
Fatiha pose une troisième question :
«Qui a amené le
chèque de 125 millions de dinars émanant de l’agence BDL de Staouéli?»
«Certainement
Khalifa, c’est lui le signataire»
Le procureur
général, représentant du ministère public, pose, lui, la question
suivante, à l’adresse du témoin:
«C’est Me Rahal
Omar qui vous a amené l’acte de constitution à signer ?»
«Ce n’est pas Me
Rahal Omar qui me l’a amené», répondit Guellimi Amar
Au cours de ces
auditions, Terbeche Mohamed, ex-ministre délégué au Budget, fait son
entrée dans la salle d’audience. Le tribunal a préféré continuer ces
auditions pour entendre son témoignage.
Il s’est avéré
lors de cette audience qu’il n’existait pas de grille de salaires au
sein du groupe Khalifa. C’est ce qu’a déclaré, lors de son audition,
hier, Guellimi Amar, juriste et membre fondateur de Khalifa Bank.
Après ces
auditions, le tribunal criminel près la cour de Blida est passé à
l’étape de la caisse principale de Khalifa Bank
Le premier à avoir
été auditionné est Akli Youcef, en détention préventive, pour une
autre affaire, selon l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation
près la cour de Blida né le 5 septembre 1950, à Staouéli, présenté,
dans ce document, comme étant le directeur général adjoint chargé de
la caisse principale de Khalifa Bank.
- «Quel est votre
niveau d’instruction ?», lui demande la présidente de ce tribunal
- «3e année
moyenne», répond cet accusé
- «Vous n’avez
jamais été au lycée?»
- «Non»
- «Vous n’avez pas
passé le
BEF ?»
- «Non»
- «Où
travaillez-vous avant de rejoindre Khalifa Bank?»
- «J’exerçais en
tant que caissier, durant dix années, à l’agence BDL de Staouéli»
- «La grande
famille!», ironise la magistrate
-
«Connaissiez-vous Khalifa avant de quitter la BDL ?»
- «Oui et non»
- «Comment ça ?»
- «Je le
connaissais en tant que client»
La présidente du
tribunal criminel demande à l’accusé de lui dire comment il a
rejoint la banque de Khalifa.
«J’ai formulé une
demande de recrutement en postulant auprès de Khalifa Bank et j’ai
rejoint cette banque le 2 septembre 1998», répond Akli Youcef
«Vous avez postulé
à quel poste ?»
«Je n’ai pas
postulé à un poste précis»
«Combien de temps
s’est écoulé depuis votre demande jusqu’à votre recrutement ?»
«Quelques jours»
«Vous avez
commencé à travailler où ?»
«A l’agence
Khalifa Bank de Chéraga, comme caissier principal, jusqu’à la
création de la caisse principale, au début de 1999 où j’ai été nommé
caissier principal», explique-t-il.
«Quel était votre
salaire à l’agence Khalifa Bank et en tant que caissier principal
?», demande la présidente du tribunal
«Le même salaire,
à savoir 40 000 DA», répond Akli Youcef
«Et quel salaire
perceviez-vous à la BDL ?»
«De 19 000 à 20
000 DA»
L’accusé explique,
à la demande la magistrate, le fonctionnement de la caisse
principale de Khalifa Bank : «C’est une caisse vers laquelle les
fonds de toutes les agences de Khalifa Bank d’Alger et de sa
périphérie étaient acheminés en fin de journée», souligne-t-il.
«Citez-nous des
noms de personnes qui géraient la caisse principale ?», interroge la
magistrate à l’adresse de Akli Youcef
- «Monsieur Baichi»,
répondit-il
- «En sa qualité
de quoi?»
- «Directeur
central»
- «Racontez-nous
maintenant comment Khalifa Rafik Abdelmoumen puisait dans l’argent
des agences Khalifa Bank», demande la magistrate
- «Il me
téléphonait pour me demander de lui préparer une somme d’argent
qu’il vient récupérer personnellement»
- «Quel est le
montant des sommes qu’il demandait ?»
«Des sommes
différentes. Une fois il a demandé un milliard de centimes»
- «Vous lui avez
préparé ce milliard de centimes en combien de temps ?»
- «10 à 15
minutes»
- «Il demandait
des sommes seulement en dinars ?»
- «Non, également
en devises»
- «Quel est le
montant le plus important retiré en devises ?»
- «7 millions de
francs français»
- «Cela a duré
combien de temps ?»
- «De juin 1998 à
l’année 2003»
- «Khalifa Rafik
Abdelmoumen vous adressait-il des personnes pour retirer de l’argent
à sa
place ?»
- «Oui, quand il
était à l’étranger»
- «Qui sont-ils?»,
demande la présidente de ce tribunal
- «Il y a Chachoua
Abdelhafid, Bouabdallah Salim Moulay, Dellal, chargé de la sécurité
au groupe Khalifa», répond Akli Youcef avant de se rétracter sur
certains noms.
- «Y a-t-il eu des
décharges écrites de la part de Khalifa Rafik Abdelmoumen ou de ceux
qu’il vous adressait par rapport à ces retraits d’argent ?»
- «Non»
- «Pourquoi
acceptiez-vous de remettre ces sommes d’argent sans aucune écriture
bancaire comme le stipule la loi ?»
- «C’est sa
banque»
- «Mais l’argent
appartient aux clients, n’est-ce pas ?», lui rappelle la magistrate.
- Est-ce que Mir
Ahmed est venu retirer de l’argent pour Khalifa Rafik Abdelmoumen ?»
- «Oui, une fois.
Le président (Khalifa en l’occurrence) me l’avait envoyé»
- «Quel poste
occupait-il ?»
- «Il était à la
tête de l’inspection»
- «Quelle somme
lui avez-vous remis ?»
- «Cinq millions
de dinars»
Khalifa Rafik
Abdelmoumen puisait dans la caisse principale de Khalifa Bank et de
plusieurs agences de cette banque privée. Argent mis dans des sacs
et remis sans aucune écriture bancaire.
«Il lui suffisait
de mettre la somme et sa signature sur un bout de papier pour
encaisser la somme qu’il désire», commente la présidente du
tribunal.
«Après son
audition par l’autorité judiciaire, le nommé A.R. a déclaré qu’il
est retraité du ministère de la Défense nationale et qu’il a
commencé à travailler à Khalifa Bank en tant que chargé de la
sécurité personnelle de Khalifa Rafik Abdelmoumen et pour le
règlement des salaires d’employés travaillant au domicile du P-DG il
a été chargé par ce dernier de transporter, mensuellement, des
sommes d’argent, de novembre 2001 à février 2003», lit-on sur
l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation près la cour de Blida.
«Ces sommes varient de 200 000 à 500 000 DA et augmentaient lors de
fêtes religieuses pour atteindre les 1 500 000 DA. Il dira qu’il se
déplaçait à la caisse principale en compagnie de Akli Youcef qui
mettait à sa disposition la somme demandée, sans signer aucun
document», est-il ajouté dans l’arrêt de renvoi et qu’«à la demande
du Président-directeur général il lui a été remis 10 000 dollars US
de la caisse principale pour le financement du voyage (de
Abdelmoumen Rafik Abdelmoumen) au Niger au début de l’année 2002,
suivi par une opération, en seprembre 2002, de remise de 30 000
euros, au P-DG, pour son voyage aux Etats-Unis», est-il ajouté dans
ce document.
M. A.
La défense
rejette la ligne imposée
Devant le rejet de
la présidente du tribunal de ne pas permettre aux avocats de la
défense de plaider lors des auditions de leurs clients,
MM. Boulefred et
Chabane n’ont pas manqué de faire part de leur désapprobation. «Vous
nous imposez une ligne de conduite des débats que nous rejetons», a
déclaré M. Boulefred à la présidente qui estime que l’organisation
des procès a été arrêtée le premier jour et qu’elle estime diriger
dans la transparence et dira que cette session est identique aux
autres sessions criminelles, aspect qui a été rejeté par la défense
qui a déclaré qu’il ne s’agit point d’un procès normal.
A. B. M.
Le trou
financier par les chiffres
Le trou financier
enregistré dans la caisse principale de Khalifa Bank s’élève, comme
nous l’avons écrit précédemment, à 22 292 788 780,69 D.A., 1 796
051, 00 dollars américains, 7 420 412, 05 francs suisses, 8 105
371,63 euros,
8 700,00 francs
belges, 2 615,00 marks allemands, 12 570,00 francs suisses, 57
360,00 livres sterlings, 210,00 dollars canadiens, 500,00 marks
finlandais et 5,00 florins norvégiens. Il est écrit, également, dans
l’ordonnance de renvoi du tribunal de Chéraga que la somme totale
ainsi retirée par Khalifa Rafik Abdelmoumen des caisses d’agences de
Khalifa Bank, dépasse les 327 milliards de centimes, argent
appartenant à des déposants publics et privés dans cette banque.
M. A.
Haut
Aboudjerra Soltani :
«Mon frère
travaillait chez Khalifa, est-ce un crime ?»
nC’est aux coups
de 12h 45que Aboudjerra Soltani, président du Mouvement pour la
société de la paix (MSP) et ministre d’Etat, s’est présenté, hier,
à, la cour de Blida. La présidente venait, quelques minutes
auparavant, de lever la séance pour reprendre l’audience à 14h 30.
C’est au bureau
d’accueil que le ministre d’Etat a été conduit dès son arrivée.
Sollicité par les journalistes présents sur les lieux, il dira que
«je ferai une déclaration à ma sortie de ce bureau». Les
journalistes ont fait le pied de grue devant ce bureau durant
quelques minutes avant que le président du MSP ne sorte pour la
prière. Là il est de nouveau questionné par les journalistes. «Je
réponds à la convocation de la justice», dit-il. «Je suis à sa
disposition depuis que j’ai reçu la convocation», souligne-t-il,
pour dire qu’il n’évite pas de témoigner devant ce tribunal. A notre
question de connaître sa réponse par rapport aux déclarations de
Sidi Saïd, secrétaire général de l’UGTA qui aurait souligné, lors de
son audition par le tribunal de Chéraga qu’il avait informé
Aboudjerra Soltani, à l’époque, ministre du Travail, du placement de
l’argent de plusieurs caisses dont la Cnas et la Casnos dans Khalifa
Bank, le ministre nous dira que «si je vous donne ma réponse,
qu’est-ce que j’aurai à dire à la présidente du tribunal ?». Manière
de dire que c’est à cette magistrate qu’il réserve sa réponse.
Aboudjerra Soltani,
convoqué pour être entendu en tant que témoin, ajoute qu’il reproche
à certains titres de la presse d’avoir confondu entre son frère et
son fils. «Est-ce un crime si mon frère travaillait à Khalifa?»,
interroge-t-il, en ajoutant que «ce sont 21 000 personnes qui
travaillaient à Khalifa» et que «ces travailleurs sont des
victimes». Le ministre avait, auparavant, signifié qu’il se
présenterait à la justice «le moment opportun». A la question d’une
journaliste de savoir si ce «moment opportun» est arrivé, le
ministre répond que «oui, puisqu’on évoque, actuellement, l’affaire
de la caisse principale».
M. Abi
Haut
Extradition de Abdelmoumen Khalifa
Belkhadem jette
la balle aux Britanniques
La présence du
premier concerné dans l’affaire Khalifa, Abdelmoumen Rafik Khalifa,
au procès qui se tient actuellement à Blida, revient à la justice
britannique, d’autant plus qu’un traité d’accord d’extradition a été
signé entre l’Algérie et la Grande-Bretagne.
C’est ce qu’a
tenté d’expliquer le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem,
interpellé jeudi par la presse à l’occasion de l’ouverture
officielle de la cérémonie «Alger, capitale de la culture arabe
2007». Ce haut responsable de l’Etat a indiqué que cette affaire de
justice «concerne l’Algérie et la Grande-Bretagne, d’autant plus que
le traité d’extradition, paraphé entre l’Algérie et la
Grande-Bretagne, a pris en considération le volet ayant trait à
l’extradition d’Abdelmoumen Rafik Khalifa. Reste maintenant que son
extradition concerne la justice des deux pays», ajoutant dans ce
sillage que «toutes les mesures nécessaires», du côté algérien, ont
été prises par rapport à cette affaire. Jetant la balle dans le camp
britannique en notant qu’«il faut attendre maintenant la décision de
la justice britannique». Le Chef du gouvernement a tenu à souligner
au passage l’idée d’un quelconque «blocage» dans l’extradition de
Khalifa. «Le procès a bel et bien commencé, comme je l’avais
dernièrement annoncé. Qu’il tarde ou non, cela dépendra de la
justice qui est souveraine d’écouter qui elle veut et quand cela
s’avérera nécessaire», signalera-t-il. Le chef de l’exécutif
affichera sa confiance à la justice. Il dira dans ce sens que «si
les témoignages de certains ministres s’avèrent nécessaires, ils le
feront».
«Et si certains d’entre-eux
sont impliqués et que la justice les condamne, ils seront
condamnés», a-t-il annoncé.
Kahina B.
Haut
Djamel Ould Abbès
«Je n’ai même
pas besoin d’un avocat»
Dans une
déclaration faite en marge de l’ouverture de la manifestation
«Alger, capitale de la culture arabe», le ministre de la Solidarité
nationale, Djamel Ould Abbès, a indiqué qu’il n’est impliqué «ni de
près, ni de loin dans l’affaire Khalifa». Le ministre, quoi qu’ayant
une attitude un peu nerveuse, faisait de son mieux pour parler de la
façon la plus intelligible aux journalistes qui l’entouraient dans
les couloirs du Palais des nations, de peur sans doute qu’il y ait
mauvaise transcription. «Je défie quiconque de trouver mon nom dans
le dossier d’instruction. Et s’il y avait quelque chose contre moi,
j’aurais été cité», a insisté le ministre. Il a ajouté ne pas juger
utile de prendre un avocat, car «je n’en ai pas besoin», a-t-il
encore enchaîné. Il a rappelé que le seul contact qu’il a eu avec
Khalifa remonte au mois d’avril 2002, lorsqu’il a amené le film
d’Astérix qui a été projeté dans quatre salles de cinéma d’Alger
pour les enfants démunis. Djamel Ould Abbès a également réfuté
l’idée d’avoir un jour bénéficié d’un quelconque privilège. «A aucun
moment, je n’avais bénéficié d’un billet gratuit. Et s’il y a
manipulation dans cette affaire, je sais qui est derrière», a-t-il
noté, qualifiant cette histoire de «rocambolesque».
M. Ould Abbès
avait été cité jeudi par
Mme Nadjia Aiouaz,
secrétaire de Rafik Moumen Khalifa qui avait déclaré lui avoir remis
une carte de gratuité de voyage.
Amine B.
Haut
Procès en appel de DIGIMEX
Mme Abdelouahab
remplace Mme Brahimi
Ce sera, selon une
source judiciaire, Mme Abdelouahab qui présidera le procès en appel
de l’affaire Digimex programmé pour le 20 janvier en cours. Cette
magistrate a remplacé Mme Brahimi Fatiha à la deuxième chambre
pénale près la cour de sidi M’hamed. Cette dernière qui exerçait
auparavant à la cour de sidi M’hamed, a été désignée à la cour de
Blida où elle exerce, actuellement, et où elle préside le procès de
l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank.
L’affaire Digimex
porte sur la dilapidation de 1 100 milliards de centimes de l’agence
Badr de Birkhadem. Le patron de Digimex avait été condamné à huit
années de prison ferme et un ex-P-DG de cette banque condamné à
trois années de prison ferme. D’autres condamnations à plusieurs
années de prison ferme avaient été prononcées à l’encontre de
plusieurs autres accusés, dont des responsables de cette banque.
M. A.
Haut
Ouverture d’Alger, capitale de la culture arabe 2007
Bouteflika :
«C’est le moment de renforcer nos repères»
Pour certains, une
manifestation qui se veut grandiose sur la culture arabe à l’heure
où le monde arabe va mal, a semblé peu pertinente. Pourtant, c’est
bien les questions d’identité et de références qui sont les enjeux
de l’heure.
Tel a été le
message conjoint de Abdelaziz Bouteflika et de Amr Moussa, hier, à
l’ouverture de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe
2007». Une ouverture officielle qui s’est tenue hier matin au Palais
des nations à Club des pins en présence de Khalida Toumi, minis-tre
de la Culture et de Abdelaziz Othmane Al-Touidjri, DG de
l’Organisation islamique pour l’éducation, la culture et les
sciences (Isesco) ainsi que les membres du gouvernement, de hauts
responsables, les représentants du corps diplomatique accrédité à
Alger et, surtout, les grandes figures des communautés artistiques
algérienne et arabe. Dans son discours d’ouverture, le président de
la République a souligné que «cette rencontre des intellectuels du
monde arabe (…) se tient à un moment très sensible de notre
histoire, alors que nous faisons face à des menaces réelles tant
intérieures qu’extérieures et que nous n’arrivons pas à progresser
malgré nos ressources et notre situation géopolitique». «Ceci impose
un épanouissement de notre culture et l’émergence dans nos
différents pays d’une élite formée dans nos universités et nos
instituts et garante d’un avenir prospère pour nos peuples», a-t-il
ajouté. S’adressant directement aux intellectuels, écrivains et
artistes, il dira également : «Vous êtes mieux à même que quiconque
pour connaître nos réalités sociales et ressentir en vous-mêmes les
tressaillements et les aspirations de nos sociétés qu’un citoyen
moyen ne pourrait percevoir». Mais pour lui, «notre élite ne peut
mériter ce nom que si elle a une compréhension intime de son siècle
et qu’elle se place au premier rang des constructeurs de l’avenir».
Donnant une dimension plus grande aux simples événements culturels
programmés dans le cadre de cette manifestation, le président
Bouteflika soutiendra que «le rôle des intellectuels et des
créateurs ne se limite évidemment pas à une manifestation, même si
elle dure des semaines ou des mois, il doit se manifester en tout
temps et en tout lieu». Eludant la complaisance du constat, il
reconnaîtra que «cette élite peut quelquefois souffrir d’une
non-reconnaissance par leur société, mais elle peut devenir une
source d’espoir et de confiance pour leur peuple contre le doute et
le désespoir». Et à Bouteflika, plus loin, de dénoncer : «Faire
l’amalgame entre notre identité nationale et une culture arabe,
c’est aussi créer un terrain favorable à la prolifération de
stéréotypes alimentant les phobies des autres zones de civilisation
: on a vite fait de vouer aux gémonies, sous d’autres latitudes,
l’ensemble du monde arabe et des «Arabes» perçus comme protagonistes
d’un conflit avec l’Occident. Des raccourcis de raisonnements et des
généralisations hâtives sont invoqués pour justifier cette nouvelle
forme d’antisémitisme qu’est l’islamophobie. La substitution, à tous
propos, de l’identité à la culture en particulier, a alimenté la
xénophobie prenant pour cible notre émigration».
Pour sa part, dans
une brève mais pertinente intervention, Amr Moussa, SG de la Ligue
arabe, a rappelé avec force que la culture constitue également un
«bouclier» contre toute «invasion» visant l’identité. Il resituera
d’ailleurs le concept de «conflit des civilisations», qui, en
vérité, n’est autre qu’un conflit civilisationnel entre l’Occident
et l’Islam, indiquant, dans ce sens, que «notre unique arme pour
faire face à ce conflit est celle du savoir».
Redouane A.
Haut
Assia Djebbar
L’hommage du
Président
L’Algérie est un
pays arabe, mais aussi pays de la francophonie. Quelle place à ces
Algériens qui écrivent en français ?
Pour le chef de
l’Etat, en matière artistique, «ce qui compte, c’est la beauté de
l’œuvre et non seulement son support linguistique». Et c’est ce qui
lui fait dire : «Nous nous sommes donc réjouis de l’élection à
l’Académie française de Assia Djebbar dont nous apprécions hautement
la contribution à l’universalisation de notre culture, exprimée dans
la langue de Voltaire mais avec l’Algérie dans l’âme».
R. A.
Haut
Traduction
Un institut
arabe à Alger
Le président
Bouteflika a salué, hier dans son discours, la décision de la Ligue
arabe de créer un Centre arabe de traduction dont le siège a été
fixé à Alger. Le chef de l’Etat qui en fait ainsi l’annonce n’a pas
précisé la date de son entrée en service, mais il reste sûr que cela
offrirait une source documentaire impressionnante pour les pays
arabes.
De plus, M.
Bouteflika a appelé à l’institution de prix prestigieux, avec une
participation du secteur privé, pour rendre hommage aux créateurs
artistiques arabes dont la reconnaissance est trop souvent
tributaire de jurys situés hors de nos frontières.
R. A.
Haut
Choix du 12 janvier
Bouteflika
répond aux contestataires
Pourquoi avoir
choisi la date du 12 janvier, premier jour de l’an berbère pour
lancer la manifestation Alger, capitale de la culture arabe ?
Cette question,
soulevée comme une protestation en Kabylie entre autres trouvera sa
réponse dans l’intervention du président Bouteflika, lors de son
discours hier. «L’ouverture de nos assises le jour du Nouvel
An berbère qui
commémore l’intronisation du Pharaon berbère d’Egypte Sheshnaq I, il
y a 2 957 années est, à la fois symbole et rappel de cette
diversité, gage de la vitalité de la culture»,
dira-t-il.
R. A.
Haut
Alger capitale de la culture arabe
Danse,
jeunesse et tradition
Vendredi dernier,
la Coupole du complexe olympique Mohamed Boudiaf , a abrité le grand
spectacle annonçant l’ouverture officielle de la manifestation
«Alger, capitale de la culture arabe 2007». Annoncé à 18 heures, la
soirée ne commença que trois heures plus tard. A 20 heures, les
invités de marque et les ambassadeurs des pays arabes affluaient
encore à la Coupole. Il est 21h, les gradins sont occupés par un
public bigarré, des familles en majorité.
Dans l’obscurité
de la salle, une voix inconnue rompt le silence et annonce le début
du show. Musique, sonorisation acoustique, évasion. L’écran géant en
forme triangulaire, qui occupe le milieu de la scène, dégage des
reflets de mouvements de trois danseurs en ombre chinoise.
Lentement, l’écran monte et reste suspendu au ciel et laisse place à
une magnifique chorégraphie. Sur les rythmes d’une musique
ensorcelante, un mélange de g’nawi et de chaoui, les trois danseurs
se lancent dans des mouvements souples et gracieux, ils se jettent
sur scène, courent et sautent, leurs corps parlent. Le jeu de
lumière accompagne leurs pas furtifs, époustouflant ! Puis,
doucement, la musique s’estompe et les danseurs disparaissent dans
le noir cédant la place, sans préavis, à Hamidou. Habillé sobrement,
le chanteur souhaite la bienvenue aux hôtes de l’Algérie en
interprétant «Farha w’zahwa fil Djazair» (Joie et amusement en
Algérie), version moderne. Le public applaudit, siffle, emporté par
les mots et le chant. Pas de répit ! Des jeunes hip-hoppers, filles
et garçons, s’approprient la scène pendant quelques minutes. Folles
expressions juvéniles, sauts, break, sens en mouvement, ils sont
accompagnés par Double Canon! L’un des moments forts de la soirée a
été l’hommage rendu au Liban et à l’Irak. Vêtue d’un costume blanc,
un gosse d’une dizaine d’années, avance. Il fredonne de sa voix
puérile et tremblante deux ou trois vers dédiés à ces pays martyrs.
Ne pouvant se retenir, le petit ange pleure mais il ne s’arrête pas
et sèche ses larmes avec le drapeau algérien qu’il porte sur les
épaules ! Emouvant ! Nada Rihane et Lotfi, de Double Canon,
reprennent la suite de la chanson, mais il est trop tard, le public
se lève et applaudit longuement. La belle soirée sera agrémentée de
documentaires sur l’Algérie et les figures emblématiques qui ont
fait son histoire comme Raïs Hamidou ou Sidi Abderrahmane. Un film,
sous forme de dialogue instructif entre Bologhine Ibn Ziri, Mohamed
Racim et Hassiba Ben Bouali sera diffusé. Un autre, en dessin animé,
rappelle la fabuleuse histoire du wali Dada. La légende raconte que
ses prières ont sauvé la prise d’El Mahroussa (Algérie) et ont pu
arrêter les bateaux de Charles Quint ! Les spectateurs écouteront
les poèmes lyriques, en dialecte algérois, lu par l’actrice Fettouma
Ousliha Bouamari. La diversité algérienne a été survolée puisqu’une
polyphonie kabyle, chaouie et sahraouie a été présentée. En star de
la soirée, Hamidou, accompagné de Mohamed Rouane, chantera avec une
troupe espagnole de Séville du flamenco, l’arabe et l’espagnol se
côtoient. La fête durera deux heures environ, elle s’achève à 23h30.
Irane Belkhedim
Haut
Les législatives et les locales en même temps
Zerhouni
s’abstient de confirmer
Le ministre de
l’Intérieur n’a pu confirmer ou infirmer la probabilité d’un scrutin
réunissant le même jour les élections législatives et locales.
Interrogés hier par les journalistes, en marge de l’ouverture de la
manifestation Alger, capitale de la culture arabe, sur le souhait du
Chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem de changer l’agenda
électoral, Yazid Zerhouni a tout de même affirmé qu’une réflexion
suivait son cours sur la question.
Rappelons que
Abdelaziz Belkhadem avait affirmé, lors de son dernier passage à la
Chaîne II de la Radio nationale, passage qui avait fait couler
beaucoup d’encre, qu’il souhaitait «à titre personnel et par souci
d’économie», les tenir le même jour. A ce jour, le calendrier
prévoit que les législatives auront lieu en mai prochain, octobre
pour les élections des APC et des APW. Il s’est même avancé pour
dire que les projets des codes communal et de wilaya devaient être
prêts avant les prochaines élections de mai. Cela dit, la réponse du
ministre de l’Intérieur veut surtout dire, cependant, qu’il n’y a
rien de prévu pour l’instant et ses précautions de langage,
empreintes de discipline gouvernementale, visent avant toute chose à
ne pas aller à contre sens du désir du Chef du gouvernement. En tout
cas, nous sommes encore bien loin de l’option d’un scrutin unique
qui réserverait tout le second semestre de l’année 2007 à l’éventuel
référendum sur la révision constitutionnelle.
R. A.
Haut
Hausse des salaires dans le secteur privé
Ce n’est pas
pour demain
Si la décision de
revalorisation des salaires dans les entreprises publiques peine à
se concrétiser, l’augmentation des salaires des travailleurs du
secteur économique privé n’est pas pour demain.
Considérée
pourtant, du moins pour les travailleurs, comme l’une des
principales conséquences de la convention- cadre signée entre l’UGTA
et les organisations patronales en octobre dernier à l’occasion de
la signature du pacte économique et social, ce point crucial n’a pas
fait l’unanimité du point de vue de son application.
Au niveau de l’UGTA,
on estime que ces augmentations devraient intervenir à partir du
mois de février prochain. Pour cela, les chefs des entreprises
doivent entamer des négociations avec le syndicat d’entreprise ou, à
défaut, avec les représentants des travailleurs pour conclure un
accord fixant les modalités d’augmentation. «On ne pouvait pas
commencer ce travail avant cette date et ce, en raison de
l’application de la décision du gouvernement concernant la
revalorisation du SNMG qui devait entrer en vigueur le 1er janvier»
expliquera M. Djenouhet, secrétaire national chargé de l’organique
au niveau de la Centrale syndicale. «La prochaine étape, après la
signature de la convention-cadre, serait d’engager des discussions
au niveau de chaque entreprise économique privée avec le partenaire
social pour débattre des salaires et de passer à l’application des
augmentations décidées au profit des travailleurs, comme l’une des
principales conséquences de la convention», expliquera
M. Djenouhet.
«Nous n’avons voulu mettre en exécution cette mesure qu’après la
revalorisation du SNMG pour ne pas semer la confusion. La
revalorisation du SNMG n’est pas l’augmentation des salaires», dira
Djenouhet.
Outre l’aspect
progressif de l’application de la convention-cadre, les
augmentations, faut-il le souligner, ne sont pas applicables dans
tous les secteurs d’activités et pour toutes les entreprises
économiques. Les principaux critères qui seront pris en compte pour
décider des taux d’augmentation, sont la situation financière de
l’entreprise. «On aura, le mois prochain, un tableau sur la
situation de chaque entreprise et par secteur» a indiqué le
responsable de l’UGTA.
Aussi
paradoxalement que cela puisse paraître, les organisations
patronales, pourtant signataires de cette convention-cadre, tiennent
un discours complètement contradictoire à celui de l’UGTA. Pour M.
Merakech, président de la Confédération algérienne du patronat
(CAP), il n’a jamais été question d’entamer de nouvelles
négociations après la signature de la convention collective cadre de
branches. «Aujourd’hui, des dispositifs d’application doivent être
mis en place pour l’application de cette convention. Une mesure qui
doit être accompagnée par le déplacementd’inspecteurs de travail
pour en contrôler l’application», expliquera M. Merakech. «La
revalorisation du SNMG n’a pas été appliquée au niveau des
institutions de l’Etat, alors comment voulez- vous obliger les
entreprises privées à appliquer cette mesure ?», s’est interrogé le
numéro un de la CAP. L’application de la convention-cadre est
sérieusement contrariée par l’existence de multiples difficultés que
rencontrent les entreprises privées. «Un sérieux problème se pose et
qui n’a malheureusement pas été évoqué dans cette convention, à
savoir la création de richesses», dira M. Hassani, coordinateur au
Cipa. «Je suis tout à fait d’accord avec le principe d’améliorer la
situation des travailleurs et même de doubler leurs salaires. On
peut, effectivement répartir les indemnités et leur distribuer les
primes mais la question qui se pose : est-ce que l’entreprise est en
mesure de créer des richesses ?», s’interrogera M. Hassani.
En précisant que
la convention-cadre n’est toujours pas entrée en vigueur et M.
Hassani estime qu’il n’y a pas assez de garanties de la part des
pouvoirs publics pour passer à l’application. Selon lui, il est
question, aujourd’hui, de rétablir la confiance entre les patrons
d’entreprises et les pouvoirs publics. «L’Etat doit s’impliquer à
fond dans ce processus consistant à rétablir les injustices
qu’avaient subies les entreprises privées par le passé comme la
bureaucratie, l’arbitraire, la dévalorisation du dinar, les
injonctions et autres», expliquera M. Hassani.
Nouria B.
Haut
Loi de finances pour 2007
800 000
contribuables concernés par l’impôt forfaitaire
Appelé à atteindre
un million, le nombre de contribuables concernés par le paiement de
l’impôt unique est de 800 000. Le recensement des personnes morales
est achevé, celui des personnes physiques est en cours, a annoncé
Abderrahmane Raouya, directeur général des impôts, lors de la
journée d’information sur «la loi de finances 2007 et son impact sur
l’entreprise», organisée hier à l’hôtel El Aurassi, par la Chambre
algérienne de commerce et d’industrie (Caci). Selon la loi de
finances 2007, «il est établi un impôt unique forfaitaire qui se
substitue au régime forfaitaire de l’impôt sur le revenu. Il
remplace l’IRG, la TVA et la TAP». Ceux qui sont soumis à ce régime
sont les personnes physiques dont le commerce principal est de
vendre des marchandises et des objets, lorsque leur chiffre
d’affaires annuel n’excède pas trois millions de dinars, y compris
les artisans exerçant une activité artisanale artistique. Cet impôt,
précise Raouya, sera de 6% du chiffre d’affaires. Sont concernés
également par l’impôt unique, qui sera de 12 % du chiffre
d’affaires, les contribuables exerçant les autres activités telles
que les prestations de services, lorsque leur chiffre d’affaires
annuel ne dépasse pas les trois millions de dinars. L’autre
nouveauté introduite dans le cadre de la loi de finances 2007
consiste en la répartition du versement des recettes de cet impôt.
Ainsi,
50 % seront versés
au budget de l’Etat et 50 % aux wilayas et communes, a indiqué
Abderrahmane Raouya. L’impôt unique pour les contribuables répond à
la demande des opérateurs et vise à lutter contre le marché
informel, a estimé Brahim Bendjaber, président de la Chambre
algérienne de commerce et d’industrie (Caci), qui plaide par la même
occasion pour de nouvelles baisses des charges fiscales et
parafiscales. Par ailleurs, à travers la loi de finances pour 2007,
il est question de poursuivre le financement du programme public.
Avec un déficit de plus de 1 800 milliards de dinars, la LF 2007
prévoit des dépenses d’un montant de 3 000 milliards de dinars et
des recettes de 1 500 milliards de dinars. Sur un autre chapitre,
Abderrahmane Raouya a abordé les différentes réformes des
procédures contentieuses introduites dans le cadre de la loi de
finances pour 2007. Parmi ces réformes, qui visent à porter des
allègements aux lourdeurs rencontrées par les contribuables au
niveau de l’administration fiscale, figure le prolongement du délai
de recours à deux ans au lieu d’une année. Ceci permettra à
l’entreprise de rassembler la documentation en vue d’introduire un
recours, explique Raouya. Pour encourager la production nationale de
l’huile d’olive, la LF 2007 prévoit une réduction de la TVA de 17 à
7 %. Une baisse similaire a été introduite pour les établissements
privés de formation. Dans l’objectif d’inciter les PME à créer de
nouveaux emplois, la LF 2007 prévoit un allègement fiscal allant
jusqu’à 1million de dinars, pendant les quatre prochaines années.
Selon Raouya, d’autres mesures seront introduites dans le cadre de
la prochaine loi de finances complémentaire en vue de baisser les
charges fiscales et patronales auxquelles sont soumises les
entreprises. Par ailleurs, Raouya a parlé de la Direction des
grandes entreprises (DGE) qui a recouvré un montant de 79 milliards
de dinars en terme d’impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS),
jusqu’au mois de novembre 2006, contre 62 milliards de dinars pour
toute l’année 2005. La DGE, qui commence à atteindre ses objectifs,
produit plus de 70 % de l’IBS. Pour la TVA, elle a recouvré un
montant de 62 milliards de dinars jusqu’à novembre dernier, alors
qu’en 2005 ce montant est de 95 milliards de dinars.
Karima Sebai
Haut
Un hebdomadaire énergétique est né
Ça carbure chez
la presse écrite !
«Algeria Energy
Weekly» est un nouveau tabloïd polychromique qui vient étayer les
étalages de buralistes. Paraissant en anglais, le nouvel
hebdomadaire, comme son titre l’indique, s’occupe du domaine
énergétique tout en focalisant sur des segments économiques
étroitement liés au domaine de l’énergie comme les finances,
l’investissement et le commerce. Algeria Weekly n’a rien à envier
aux grands titres très au fait du monde du cartel et de la finance.
La troisième semaine énergétique d’Oran, la signature avec l’Italie
de cinq accords dans le cadre de Medgaz, les quatre accords avec la
France, le Sommet Afrique –Amérique du Sud, le remboursement par
anticipation de la dette extérieure algérienne sont, entre autres,
autant de sujets sur lesquels Algeria Weekly est revenu dans son
premier numéro qui comprend aussi une interview exclusive avec le
ministre de l’Energie et des Mines, le Dr. Chakib Khelil. La Une est
consacrée au record d’investissement et en recette hydrocarbures
réalisé en 2006. La nouvelle publication de 16 pages diffuse
également sur le site www.algeriaweekly.com. Elle est drivée par le
vieux routier de l’APS Abderrahmane Touimer qui a longtemps caressé
le rêve d’éditer une publication en anglais. Il s’y est consacré
depuis qu’il a quitté sa première école en 2000. Cet ancien de la
Chaîne III de la Radio nationale confectionne actuellement son titre
chez lui, en attendant un siège, avec la collaboration de quatre
confrères pour le vendre à 50 DA. Bon vent à l’équipe et bonne route
à Algeria Weekly.
S. B.
Haut
Université
Plus de 500
bourses de formation l’étranger
Pas moins de 510
bourses de formation résidentielle à l’étranger ont été ouvertes par
le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
scientifique (MESRS), au profit des enseignants et chercheurs en
voie de finalisation de thèse de Doctorat. Il s’agit, selon un
communiqué du MESRS, cité par l’agence APS, de 400 bourses
nationales relevant du programme national exceptionnel, destiné aux
enseignants et aux chercheurs et de 110 bourses de coopération
relevant du programme de coopération algéro-français, destiné
uniquement aux enseignants. A cet effet, le ministère a lancé un
appel aux enseignants et chercheurs remplissant les critères
d’admissibilité au programme de formation résidentielle à l’étranger
pour déposer leur candidature auprès de leur établissement
d’origine. Il a, en outre, indiqué que les dispositions
réglementaires, les conditions d’admissibilité, la constitution du
dossier et l’échéancier portant dépôt et sélection au niveau des
établissements d’origine, ont fait l’objet de notes diffusées auprès
de l’ensemble des établissements de formation supérieure. Pour ce
qui est des bourses de coopération, le communiqué du MESRS souligne
que les notes d’information et les formulaires de candidature sont
disponibles sur le site du ministère, à savoir «www.mesrs.dz».
R. N.
Haut
Statut particulier des enseignants du supérieur
Une mouture
d’ici à septembre
Le statut
particulier reste le cheval de bataille de l’ensemble des syndicats
autonomes; pour ce faire, une série d’entrevues sont en cours depuis
quelques semaines entre les représentants des divers syndicats
autonomes et ministres. Une rencontre dans ce sens justement a eu
lieu hier entre le ministre de l’Enseignement supérieur, Rachid
Harraoubia et l’ensemble des syndicats autonomes du secteur de la
recherche scientifique ou encore de l’enseignement supérieur, à
l’image du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), le
syndicat des maîtres assistants, le syndicat des chercheurs
algériens et autres syndicats des médecins, notamment les
spécialistes. Le premier responsable de ce secteur a instruit dans
le sillage de cette rencontre les membres représentant desdits
syndicats, à communiquer leurs propositions avant le mois de
septembre prochain conformément à l’instruction donnée le 6 du mois
en cours par la chefferie du gouvernement. C’est ce que nous a
indiqué le chargé de la communication au sein de ce ministère,
Djamel Benhamouda. Ce dernier nous dira que le ministre a insisté
sur la teneur des propositions que devront proposer les syndicats au
cours de leurs réunions et conseils. Le ministre s’est entretenu par
ailleurs avec les représentants des organisations et associations
estudiantines parmi lesquelles figurent l’Ugel et l’Unea.
K. B.
Haut
Enquête
Séquelles
sociales de la crise de Kabylie
Elus et
opérateurs pour un plan d’urgence
La situation
sociopolitique en Kabylie, six ans après le déclenchement des
événements tragiques du printemps 2001, demeure une question
d'actualité pour toute la nation algérienne, car il s'agit d'une
nouvelle plaie ouverte dans l'histoire de cette région, qui
nécessite d'énormes efforts et sacrifices de part et d'autre pour
que les blessures soient à nouveau pansées.
Reportage
réalisé par Hamid M.
Le dialogue
Gouvernement-Aârchs, entamé trois ans après le début de cette crise
est une parfaite illustration de la volonté des deux parties de
regarder vers l’avenir avec optimisme, car ce même dialogue avait
permis aux populations de Kabylie d’espérer à nouveau pour que les
choses essentielles de la vie avancent, d’autant plus qu’une année
plus tard, les deux parties signaient un protocole d’accord global
pour la prise en charge des revendications contenues dans la
plate-forme d’El-Kseur. Ces pourparlers avaient aussi permis un
retour progressif au calme et à la stabilité après plus de trois ans
de violences au cours desquels pas moins de 126 personnes sont
mortes, alors que le nombre de blessés avoisine le millier. Peu à
peu, les passerelles du dialogue sont installées, pour relier les
populations de la région avec les autorités centrales et locales
afin de remédier aux conséquences de la crise, qui commencent
actuellement à être ressenties de manière très sensible, sur tous
les plans. En effet, la présence limitée de l’Etat sur le territoire
de la Kabylie ne permettait d’assurer qu’un minimum de sécurité, ce
qui a créé un no man’s land qui a engendré l’anarchie dans la vie
quotidienne des habitants jusqu’à amené à des situations
invraisemblables. Le pouvoir a enfin décidé, après ce retour même
précaire à la quiétude, de débloquer d’importants fonds pour
reconstruire tout ce que la colère populaire et autres vents de
destruction ont emporté sur leur passage mais aussi faire profiter
Tizi ouzou, comme
toutes les autres wilayas du pays, de l’embellie financière,
conséquence de la hausse du prix du pétrole. Des entrées de dizaines
de milliards de dinars sont alors annoncés en grande pompe par les
plus hautes autorités du pays et à mesure que l’on retourne sur le
terrain on découvre que le retard à rattraper est une mission plus
que difficile, car c’est une équation à plusieurs inconnues. Pour
apaiser davantage les esprits, on procède à de vastes remaniements à
l’échelle de la wilaya, dont le premier magistrat, que le ministre
le plus impopulaire en Kabylie durant cette crise, installa lui-même
sans dispositif très particulier. Mieux, il est allé jusqu’à
s’incliner à la mémoire des victimes de ces événements, durement
réprimés. Le nouveau wali, un économiste qui a fait ses preuves dans
la wilaya où il exerçait auparavant, suscita encore des notes
d’espoir annonciatrices de l’heure du changement, d’autant qu’il
innova en matière de gestion dans la wilaya de Tizi-ouzou en prônant
la transparence et surtout la voie du dialogue avec les populations.
Là encore, la profondeur de la crise vécue par cette région influera
de nouveau sur le processus du remède à la situation. Rétablir
l’ordre, sécuriser les personnes et leurs biens, relancer le
développement local pour une mise à niveau, convaincre les
investisseurs en vue d’endiguer un chômage qui représente 30% de la
population active et surtout accélérer la cadence de consommation
des crédits alloués aux différents secteurs dans cette wilaya pour
pouvoir bénéficier de finances supplémentaires, telles sont les
priorités sur lesquelles le bilan sera jugé dans un proche avenir
par ces populations qui espèrent des jours meilleurs, d’autant plus
que l’on est à la veille de rendez-vous électoraux, au cours
desquels on évaluera toutes ces actions sur le terrain. Pour
s’imprégner du climat qui prévaut aujourd’hui dans cette région,
nous nous sommes rapprochés de politiques et des créateurs de
richesses pour connaître leurs points de vue.
Inquiétude des
entrepreneurs
Le volet
économique est l’élément locomoteur des tous les autres secteurs
duquel dépend l’amélioration du bien-être quotidien des populations.
Actuellement, il connaît une de ses périodes les plus difficiles, de
l’avis de ceux qui continuent contre vents et marrées à exercer leur
activité au risque de perdre même de leurs capitaux, compte tenu des
conditions pas du tout favorables pour s’y installer.
En effet, selon le
président de la chambre de commerce et d’industrie du Djurdjura (CCID),
Ameziane Medjkouh, «les conditions dans lesquelles nous évoluons au
niveau de la wilaya de Tizi Ouzou sont aux antipodes des normes de
toute action d’investissement, que ce soit coté préparation des
sites pour accueillir des investissements ou encore la fiscalité qui
singularise cette région», en rappelant que les événements de
Kabylie ont été un facteur d’aggravation de la situation locale
après la décennie noire. Pour notre interlocuteur, la crise de 2001
était «une onde de choc qui a perturbé toute activité économique
dans la région et s’est traduite de différentes manières. On a alors
enregistré des désistements et la mise en veilleuse de
l’investissement d’au moins une trentaine de projets créateurs de
centaines d’emplois, en plus de la concurrence des travailleurs des
autres wilayas qui exerçaient dans des conditions plutôt
favorables».
Aujourd’hui, M.
Medjkouh considère que «l’investissement public dans le domaine des
infrastructures de base de ces dernières années n’est pas à la
hauteur des besoins, même si cela contribue à la relance économique,
eu égard au retard enregistré à la suite de cette crise, vu l’état
des zones industrielles de la wilaya, qui demeurent au stade de
l’aménagement, à l’exemple du port d’Azeffoun qui peine à démarrer
dans sa vocation économique». La solution susceptible de sortir la
wilaya de sa léthargie, c’est de se tourner vers le tourisme,
notamment une meilleure prise en charge de zones d’expansion
touristiques, selon notre interlocuteur. Interrogé sur le problème
de l’insécurité qui règne dans la région et son influence sur
l’action d’investir,
M. Medjkouh a
indiqué que «le doute est l’ennemi numéro 1 de l’investissement,
alors que le risque ou le danger, c’est fatal», avant d’inviter les
pouvoirs publics à mettre tous les moyens nécessaires en place pour
le retour à la sécurité, et cela est de leur ressort et que l’heure
est à la mobilisation générale pour que la région retrouve sa
prospérité.
Les politiques
divisés
Aujourd’hui, pour
avoir une idée sur l’évaluation de la situation en Kabylie, nous
avons sollicité les politiques et les représentants de partis. Des
uns aux autres, les avis divergent sur les méthodes à utiliser pour
sortir définitivement de la crise, mais ils partagent la même
opinion selon laquelle la Kabylie fait toujours face aux
conséquences dramatiques des évènements de ces dernières années.
Pour le RND/Tizi-ouzou, représenté par Benyoucef Mokrane, «après une
période de troubles cycliques dans notre région depuis
l’indépendance, il y a eu ce dialogue Gouvernement-Aârch qui a
permis une détente et mettre fin au climat de violence, mais sans
pour autant que cela relance le développement dans cette wilaya.
Malgré toute la manne financière dont elle a bénéficié, à l’exemple
des 78 milliards de dinars du plan quinquennal, tout peine à
redémarrer dans la région». Pour notre interlocuteur, le nerf de
cette instabilité c’est la sécurité, en dépit de climat moins tendu
qu’auparavant. Autre problème, le commerce informel est l’un des
fléaux à combattre en mettant des moyens de sécurité supplémentaires
dans la région, selon le responsable du RND, qui n’a pas manqué de
tirer la sonnette d’alarme quant à l’aggravation de l’insécurité qui
règne en Kabylie par l’apparition du phénomène de kidnapping aux
côtés de la prolifération de la drogue chez les jeunes. Pour M.
Bnyoucef, l’argent ne suffit pas à lui seul pour que la région
sorte de la crise. Il nous fera remarquer «une certaine léthargie
dans les APC qui prend en otage les populations» et cite le parti
majoritaire à Tizi-ouzou qu’il accuse d’immobilisme dans la gestion
des affaires de la cité. Dans le sillage de la relance de
l’investissement privé et étatique, il préconise «la facilitation
des procédures administratives inhérentes à ce dossier». Le
responsable du RND s’est félicité de la tenue des élections locales
en 2005 dans des conditions normales et que le politique a été
réhabilitée dans la région. Le FFS de son côté, par la voix de
Boudjemaâ Salem, vice-président de l’APW de Tizi-ouzou, a un autre
regard sur le statu quo dans la région met cela sur le compte des
instruments de la gestion, en dotant l’élu de plus de prérogatives
avant de rappeler que «la Kabylie continue toujours de payer le prix
de ses engagements en faveur du combat démocratique». Pour lui, «en
l’absence dune vision économique, la manne financière dont dispose
notre pays ne nous sera pas profitable». Le responsable du FFS s’est
félicité de la tenue des dernières élections locales et de la
réhabilitation de l’activité politique dans la région et reconnaît
que la situation est en train de s’améliorer, pourvu que l’on fasse
preuve de transparence et déjouer la manipulation, avant de tenir
pour responsable l’administration de la stagnation de l’activité
économique dans cette wilaya qu’il accuse de «manque de suivi
rigoureux dans la concrétisation des différents projets de
développement local». Pour M. Boudjemaâ, «malgré cette disponibilité
financière, il faut qu’une revendication soit exprimée par la
violence pour que les pouvoirs publics la prennent en charge» et
s’interroge sur cet état de fait. M. Boudiaf Boussaâd, membre du
bureau régional du RCD de Tizi-ouzou dresse un tableau noir de la
situation qui prévaut dans la région, malgré l’argent du pétrole. En
effet, il relève qu’au quotidien, rien ne s’améliore mais empire
chaque jour un peu plus : «Le chômage qui galope et qui touche toute
les couches, l’insécurité généralisée et banalisée, une corruption
normale et courante et la bureaucratie et tous les maux plus haut
font fuir les investisseurs existants ou à venir». Pour le
responsable du RCD, «le FLN et le RND qui ont promis des milliards
durant la campagne électorale (élections partielles) n’ont rien
ramené et ne font rien pour soulager les communes qui pataugent dans
le surendettement sous un règne sans partage des chefs de daïra et
ce n’est pas la bonne volonté annoncée et répétée des autorités de
wilaya qui changera quelque chose», avant de préconiser un plan
Orsec pour la sortie de crise et appellent les autres élus à faire
comme ceux du RCD pour aider les populations de la région pour une
vie quotidienne meilleure. Le mouvement citoyen pour sa part et par
la voix de Belaïd Abrika souligne «des avancées considérables depuis
l’entame du dialogue tout en relevant des lacunes et exprimant des
inquiétudes quant au retard dans l’exécution des questions tranchées
durant le processus du dialogue». Le porte-parole des dialoguistes
soutient qu’«en 2007, l’optimisme l’emportera sur le désespoir et
permettra d’amorcer l’aboutissement de notre noble combat». Abrika
rappellera que «la région est otage des luttes fratricides stériles,
stérilisantes, politiciennes et sclérosées, ce qui a engendré un
grand retard en matière de développement, dû principalement à
l’incompétence, aux problèmes bureaucratiques spécifiques à la
région et aux luttes d’intérêts bassement matérialistes, antérieures
aux événements du Printemps noir». Pour le porte-paroles des Aarch,
«il ne suffit pas d’avoir des disponibilités financières mais il
faut aussi et surtout des compétences qui peuvent penser le
développement humain à court, à moyen et long terme afin de faire
face à l’immobilisme et de répondre aux attentes grandissantes et
légitimes des populations pour sortir définitivement de ce marasme».
H. M.
Haut
Copyright 2003 Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|