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Prix Nobel de littérature 2006

Le romancier turc Orhan Pamuk couronné

Centre culturel français

Le dessin de presse à l’honneur

 

 14/10/06

 

 Prix Nobel de littérature 2006

Le romancier turc Orhan Pamuk couronné

Après un suspense qui aura duré plusieurs semaines, l’Académie suédoise a tranché avant-hier en faveur du romancier turc, Orhan Pamuk, qui s’est vu attribuer le Nobel de littérature, une décision jugée plus politique que littéraire par certains critiques au regard de son œuvre qui se situe sur la ligne de faille entre Monde musulman et Occident.

Pour rappel, le romancier a été poursuivi dans son pays pour insulte à l’identité turque pour avoir déclaré dans les colonnes d’un journal suisse que nul en Turquie n’osait évoquer le massacre d’un million d’Arméniens durant la Première Guerre mondiale ainsi que la mort de 30 000 Kurdes dans les violences politiques de ces dernières décennies.

La justice turque a finalement renoncé en janvier dernier à ces poursuites, qui avaient suscité des critiques de la communauté internationale quant au respect de la liberté d’expression en Turquie. «Il y aura une véritable démocratie dans mon pays. Nous pourrons bénéficier d’une véritable liberté de parole et je pense que la littérature turque s’épanouira encore plus», a estimé Pamuk, arrivé il y a quelques jours à New York où il va occuper un poste de professeur à l’université de Columbia. Il a précisé au journal suédois Svenska Dagblade qu’il serait présent à la cérémonie de remise du prix, en décembre à Stockholm. Le prix Nobel de littérature est assorti d’un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,36 million de dollars).

Pamuk succède au dramaturge britannique Harold Pinter. «Avec tout le respect que je dois à Orhan Pamuk, dont j’ai aimé les livres, je pense que ses propos sur le génocide arménien ont joué un rôle dans le fait qu’il reçoive le prix», a déclaré Suat Kiniklioglu, politologue à Ankara.

«Beaucoup de Turcs vont prendre cette annonce de la même façon et ne le féliciteront pas. Il y a une dimension politique à tout cela. Je ne crois pas qu’il ait été choisi simplement en raison de ses capacités artistiques.» Pamuk s’est fait connaître au travers de romans explorant l’identité complexe de la Turquie moderne et de l’empire ottoman. Mais ses critiques de l’incapacité du pays à assumer certains des épisodes les plus noirs de son histoire ont fait de lui un symbole de la défense de la liberté d’expression en Turquie.

L’Union européenne avait suivi de très près les poursuites lancées à son encontre en raison de la volonté d’Ankara d’intégrer le bloc. Le commissaire européen à l’Elargissement Olli Rehn a estimé que le prix décerné à Pamuk était un triomphe de la liberté de parole.

«On sait très bien, en Turquie comme ailleurs, que ce prix est beaucoup plus lié à la politique qu’à la littérature», a pour sa part estimé la romancière turque Pinar Kur. «Ce que je dis n’est pas une insulte, c’est la vérité», avait dit Pamuk pendant son procès. «Mais que se passerait-il si c’était faux? Que ce soit vrai ou faux, les gens n’ont-ils pas le droit d’exprimer leurs idées pacifiquement?» Son oeuvre a été traduite en de nombreuses langues.

«Dans la quête de l’âme mélancolique de sa ville natale, Pamuk) a découvert de nouveaux symboles de l’affrontement et du mélange des cultures», peut-on lire sur le site internet de l’Académie suédoise.

Orhan Pamuk, auteur de romans comme «Le livre noir», «Le château blanc», «Mon nom est rouge» ou «Neige», a pour thème favori l’opposition entre le présent et le passé de la Turquie, entre l’Orient et l’Occident, la laïcité et l’islamisme et l’influence de l’Occident sur son pays, aux différentes périodes de son histoire. Issu d’une famille aisée d’Istanbul, il a étudié l’architecture et le journalisme avant de séjourner pendant trois ans aux Etats-Unis dans les années 1980.

Sa dernière oeuvre, «Istanbul, Hatiralar ve Sehir» (2003, «Istanbul: les souvenirs et la ville») mêle des souvenirs de jeunesse sur la ville et des réflexions sur le passé romain, byzantin et ottoman de la ville.

«Le destin d’Istanbul est mon destin. Je suis attaché à cette ville car c’est elle qui a fait de moi ce que je suis», explique-t-il.

H. K.

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Centre culturel français

Le dessin de presse à l’honneur

Le Centre culturel français d’Alger a abrité jeudi soir une exposition consacrée au dessin de presse. Notre collègue Saïd Abi du Jour d’Algérie et ses confrères Islem Tamadna, Ali Dilem, le Hic, Aladin, Ayoub, Haroune, Slim, Maz, Rachid Aït Kaci et Noun, onze dessinateurs donc, ont pris part à cette manifestation, avec ceci de particulier que leurs traits déjà publiés n’ont pas été présentés au public par artiste ou par thème, mais tous ensemble sur quatre panneaux, dont l’un devait servir d’espace d’expression immédiate que les caricaturistes n’ont d’ailleurs pas manqué de remplir au fil de la soirée. On verra ainsi, instants rares, Aladin répondre à Maz ou Slim prolonger un dessin d’Abi… C’est ainsi qu’une somme de caricatures faites sur place devaient ravir les invités de ce qui devait être le vernissage de l’expo. Car, en fait, ce rendez-vous a été plutôt incomplet avec l’annonce du report d’une manifestation qui devait être consacrée à la caricature et au dessin de presse, charriant expositions, débats, conférences, ventes-dédicaces. Une manifestation qui devait débuter ce jeudi et jusqu’au 5 novembre, mais qui n’aura pas lieu avant le 20 mai 2007. En revanche, l’occasion a été mise profit pour annoncer l’édition d’un ouvrage original des Editions Chihab, «dessine moi l’humour». Une édition luxueuse, rassemblant huit parmi les onze confrères précisés et d’autre encore (comme Pétillon, Melouah, Vial ou bien entendu Wolinski) et préfacé par Chawki Amari, dont le lancement sur le marché se fera dans les tous prochains jours. Notons au passage que cet ouvrage a bénéficié du soutien du bureau du livre du service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France en Algérie et de deux sociétés françaises installées en Algérie. Cela dit, le moment a été mis à profit pour des retrouvailles entre gens de métier, d’ancienne et de nouvelle génération, d’adepte du trait rigoureux et de l’esquisse fuyante, bref tout ce qui nous fait rire ou sourie tous les matins. Juste après la grisaille des titres des journaux.

Nabil Benali

 

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