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Prix Nobel de littérature 2006
Le romancier
turc Orhan Pamuk couronné
Après un suspense
qui aura duré plusieurs semaines, l’Académie suédoise a tranché
avant-hier en faveur du romancier turc, Orhan Pamuk, qui s’est vu
attribuer le Nobel de littérature, une décision jugée plus politique
que littéraire par certains critiques au regard de son œuvre qui se
situe sur la ligne de faille entre Monde musulman et Occident.
Pour rappel, le
romancier a été poursuivi dans son pays pour insulte à l’identité
turque pour avoir déclaré dans les colonnes d’un journal suisse que
nul en Turquie n’osait évoquer le massacre d’un million d’Arméniens
durant la Première Guerre mondiale ainsi que la mort de 30 000
Kurdes dans les violences politiques de ces dernières décennies.
La justice turque
a finalement renoncé en janvier dernier à ces poursuites, qui
avaient suscité des critiques de la communauté internationale quant
au respect de la liberté d’expression en Turquie. «Il y aura une
véritable démocratie dans mon pays. Nous pourrons bénéficier d’une
véritable liberté de parole et je pense que la littérature turque
s’épanouira encore plus», a estimé Pamuk, arrivé il y a quelques
jours à New York où il va occuper un poste de professeur à
l’université de Columbia. Il a précisé au journal suédois Svenska
Dagblade qu’il serait présent à la cérémonie de remise du prix, en
décembre à Stockholm. Le prix Nobel de littérature est assorti d’un
chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,36 million de
dollars).
Pamuk succède au
dramaturge britannique Harold Pinter. «Avec tout le respect que je
dois à Orhan Pamuk, dont j’ai aimé les livres, je pense que ses
propos sur le génocide arménien ont joué un rôle dans le fait qu’il
reçoive le prix», a déclaré Suat Kiniklioglu, politologue à Ankara.
«Beaucoup de Turcs
vont prendre cette annonce de la même façon et ne le féliciteront
pas. Il y a une dimension politique à tout cela. Je ne crois pas
qu’il ait été choisi simplement en raison de ses capacités
artistiques.» Pamuk s’est fait connaître au travers de romans
explorant l’identité complexe de la Turquie moderne et de l’empire
ottoman. Mais ses critiques de l’incapacité du pays à assumer
certains des épisodes les plus noirs de son histoire ont fait de lui
un symbole de la défense de la liberté d’expression en Turquie.
L’Union européenne
avait suivi de très près les poursuites lancées à son encontre en
raison de la volonté d’Ankara d’intégrer le bloc. Le commissaire
européen à l’Elargissement Olli Rehn a estimé que le prix décerné à
Pamuk était un triomphe de la liberté de parole.
«On sait très
bien, en Turquie comme ailleurs, que ce prix est beaucoup plus lié à
la politique qu’à la littérature», a pour sa part estimé la
romancière turque Pinar Kur. «Ce que je dis n’est pas une insulte,
c’est la vérité», avait dit Pamuk pendant son procès. «Mais que se
passerait-il si c’était faux? Que ce soit vrai ou faux, les gens
n’ont-ils pas le droit d’exprimer leurs idées pacifiquement?» Son
oeuvre a été traduite en de nombreuses langues.
«Dans la quête de
l’âme mélancolique de sa ville natale, Pamuk) a découvert de
nouveaux symboles de l’affrontement et du mélange des cultures»,
peut-on lire sur le site internet de l’Académie suédoise.
Orhan Pamuk,
auteur de romans comme «Le livre noir», «Le château blanc», «Mon nom
est rouge» ou «Neige», a pour thème favori l’opposition entre le
présent et le passé de la Turquie, entre l’Orient et l’Occident, la
laïcité et l’islamisme et l’influence de l’Occident sur son pays,
aux différentes périodes de son histoire. Issu d’une famille aisée
d’Istanbul, il a étudié l’architecture et le journalisme avant de
séjourner pendant trois ans aux Etats-Unis dans les années 1980.
Sa dernière
oeuvre, «Istanbul, Hatiralar ve Sehir» (2003, «Istanbul: les
souvenirs et la ville») mêle des souvenirs de jeunesse sur la ville
et des réflexions sur le passé romain, byzantin et ottoman de la
ville.
«Le destin
d’Istanbul est mon destin. Je suis attaché à cette ville car c’est
elle qui a fait de moi ce que je suis», explique-t-il.
H. K.
Haut
Centre culturel français
Le dessin de
presse à l’honneur
Le Centre culturel
français d’Alger a abrité jeudi soir une exposition consacrée au
dessin de presse. Notre collègue Saïd Abi du Jour d’Algérie et ses
confrères Islem Tamadna, Ali Dilem, le Hic, Aladin, Ayoub, Haroune,
Slim, Maz, Rachid Aït Kaci et Noun, onze dessinateurs donc, ont pris
part à cette manifestation, avec ceci de particulier que leurs
traits déjà publiés n’ont pas été présentés au public par artiste ou
par thème, mais tous ensemble sur quatre panneaux, dont l’un devait
servir d’espace d’expression immédiate que les caricaturistes n’ont
d’ailleurs pas manqué de remplir au fil de la soirée. On verra
ainsi, instants rares, Aladin répondre à Maz ou Slim prolonger un
dessin d’Abi… C’est ainsi qu’une somme de caricatures faites sur
place devaient ravir les invités de ce qui devait être le vernissage
de l’expo. Car, en fait, ce rendez-vous a été plutôt incomplet avec
l’annonce du report d’une manifestation qui devait être consacrée à
la caricature et au dessin de presse, charriant expositions, débats,
conférences, ventes-dédicaces. Une manifestation qui devait débuter
ce jeudi et jusqu’au 5 novembre, mais qui n’aura pas lieu avant le
20 mai 2007. En revanche, l’occasion a été mise profit pour annoncer
l’édition d’un ouvrage original des Editions Chihab, «dessine moi
l’humour». Une édition luxueuse, rassemblant huit parmi les onze
confrères précisés et d’autre encore (comme Pétillon, Melouah, Vial
ou bien entendu Wolinski) et préfacé par Chawki Amari, dont le
lancement sur le marché se fera dans les tous prochains jours.
Notons au passage que cet ouvrage a bénéficié du soutien du bureau
du livre du service de coopération et d’action culturelle de
l’ambassade de France en Algérie et de deux sociétés françaises
installées en Algérie. Cela dit, le moment a été mis à profit pour
des retrouvailles entre gens de métier, d’ancienne et de nouvelle
génération, d’adepte du trait rigoureux et de l’esquisse fuyante,
bref tout ce qui nous fait rire ou sourie tous les matins. Juste
après la grisaille des titres des journaux.
Nabil Benali
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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