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Lutte contre la petite et moyenne criminalité à
Alger-Centre
Virée avec les
éléments de la police judiciaire
nLa police
judiciaire relevant de la Sûreté de la wilaya d’Alger, dirigée par
le commissaire principal Messaoud Zayane, a initié ces derniers
mois, en mobilisant ses trois divisions (Est, Centre et Ouest), des
opérations de grande envergure visant l’assainissement de la
capitale.
L’opération
effectuée dimanche dernier par la division centre de la PJ, à
laquelle nous avons assisté, nous a permis de constater de visu le
travail des éléments de la BMPJ et de vivre des moments poignants.
Opération qui s’est poursuivie, faut-il le signaler, jusqu’à des
heures tardives de la nuit. Cinq (5) points ont été ciblés par les
descentes inopinées des brigades mobiles de la police judiciaire. Il
s’agit des quartiers de Oued Kniss, La Concorde, Saïd Hamdine, les
cités Sellier et Sidi Yahia. Le coup d’envoi a été donné à partir du
siège de la BMPJ de Maqaria (ex-Leveilley), par le commissaire
principal, Mourad Korichi, chef de la division centre de la PJ.
Comme d’habitude, peu avant le début de l’opération, le chef de la
PJ d’Alger-Centre avait donné des instructions et autres directives
aux éléments des troupes. «Pas d’intimidation de citoyens» ou encore
«bien surveiller les personnes embarquées», sont autant de conseils
adressés par le commissaire principal à l’égard des agents de
police. Ces derniers, scindés en deux groupes (en uniforme et en
civil) se sont aussitôt mis à l’œuvre.
La première escale
a été le quartier du Ruisseau, précisément à Oued Kniss où un marché
informel, communément appelé «marché aux puces» était érigé depuis
longtemps déjà. Toutes les issues menant audit marché ont été
quadrillées par les agents après que l’alerte eut été donnée par
leurs collègues, en civil, qui se sont infiltrés dans ce marché.
Immédiatement, les agents ont procédé à des fouilles systématiques
de presque tous les vendeurs à la sauvette, voire même des clients,
en cette fin de matinée de dimanche. Au bout de quelques minutes, le
fourgon cellulaire mobilisé pour la circonstance s’est avéré exigu
pour contenir les personnes interpellées; ce qui a nécessité la
mobilisation des véhicules civils pour acheminer les suspects au
centre de la BMPJ de Leveilley. Plus de 100 personnes dont deux
femmes ont été en effet interpellées lors de cette descente qui
s’est «déroulée dans de bonnes conditions», répliquait via son
talkie-walkie, le commissaire chargé de diriger la mission, à son
supérieur. Arrivées au centre, après vérification des documents et
des fiches de renseignements conçues à l’occasion, trois individus
ont été retenus, car indique-t-on, poursuivis en justice. Les autres
personnes ont été relâchées. La descente au marché de Oued Kniss
s’est soldée par la saisie de plusieurs objets prohibés en
possession des personnes interpellées : armes blanches, stupéfiants
et autres portables volés figurent parmi les objets saisis. Par
ailleurs, le «gros lot» de l’opération effectuée au niveau de ce
marché informel était l’interpellation de ces deux femmes. Celles-ci
étaient en possession du métal précieux (l’or) qu’elles
dissimulaient à l’intérieur de leurs sacs, destiné à la vente.
Rencontrées au siège de la BMPJ de Maqaria, l’une d’elles, la
quarantaine passée, a indiqué aux éléments de police qu’elle
fréquentait ledit marché pour vendre ces objets afin de subvenir aux
besoins de sa famille. La seconde femme, plus âgée, leur apprend
qu’elle est veuve de chahid, donc a le droit, d’après elle, d’être
relâchée, et leur a fait savoir que sa marchandise, prohibée, se
fait par la vente et l’achat qu’elle exerçait, selon ses dires,
depuis longtemps. La marchandise saisie est estimée à plusieurs
centaines de millions de centimes. Notons que l’ensemble des
personnes arrêtées où figurent des immigrés clandestins africains,
devaient être présentées, hier, au parquet de la circonscription
d’Hussein Dey.
Les quartiers de
La Concorde, Sellier et Sidi Yahia étaient les cibles de la virée
nocturne des éléments de la division centre de la PJ d’Alger. Le
commissaire de police, Omar Boufelfel qui a conduit l’opération, a
souligné que ces coins sont réputés par la prolifération des lieux
de débauche et de consommation de drogue. Selon lui, «la majorité
des agresseurs et autres voleurs activant dans la capitale habitent
ces quartiers». Il poursuit en indiquant qu’«ils appliquent (les
délinquants) le principe qui dit, il faut habiter un endroit et
opérer dans un autre». Ce commissaire nous a confié qu’il était,
lui-même, victime d’une agression par des jeunes délinquants, au
niveau de ces quartiers. A signaler que 12 personnes ont été
appréhendées au cours de cette virée, de même que plusieurs objets
interdits, ont été saisis.
En dépit des
moyens colossaux matériels et humains mobilisés pour juguler le
fléau, la petite et moyenne criminalité a tendance à prendre de
l’ampleur. Le constat ne relève pas de la fiction, bien au
contraire, c’est un vécu quotidien auquel les citoyens sont
confrontés : vols à la tire, menaces, agressions à l’arme blanche,
toxicomanie, pour ne citer que ceux-ci, sont autant de fléaux qui ne
cessent de se propager.
Peut-on avoir un
chiffre, même approximatif, représentant le nombre de faits commis
quotidiennement ? Peu probable, quand on sait que pénétrer ce milieu
n’est pas chose aisée, en raison de la complexité et la diversité du
phénomène et notamment de l’absence d’un organe fiable susceptible
de donner des statistiques. En effet, si le nombre de faits demeure
difficilement chiffrable, celui enregistré par les services de
sécurité est en constante augmentation. Ces derniers, qui semblent
prendre à bras-le-corps le souci de faire réduire un tant soit peu
le fléau, ont multiplié leurs actions dans les grandes villes en
particulier.
M. Kechad
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