Alger

Retour

Lutte contre la petite et moyenne criminalité à Alger-Centre

Virée avec les éléments de la police judiciaire

 14/11/06

 

 Lutte contre la petite et moyenne criminalité à Alger-Centre

Virée avec les éléments de la police judiciaire

nLa police judiciaire relevant de la Sûreté de la wilaya d’Alger, dirigée par le commissaire principal Messaoud Zayane, a initié ces derniers mois, en mobilisant ses trois divisions (Est, Centre et Ouest), des opérations de grande envergure visant l’assainissement de la capitale.

L’opération effectuée dimanche dernier par la division centre de la PJ, à laquelle nous avons assisté, nous a permis de constater de visu le travail des éléments de la BMPJ et de vivre des moments poignants. Opération qui s’est poursuivie, faut-il le signaler, jusqu’à des heures tardives de la nuit. Cinq (5) points ont été ciblés par les descentes inopinées des brigades mobiles de la police judiciaire. Il s’agit des quartiers de Oued Kniss, La Concorde, Saïd Hamdine, les cités Sellier et Sidi Yahia. Le coup d’envoi a été donné à partir du siège de la BMPJ de Maqaria (ex-Leveilley), par le commissaire principal, Mourad Korichi, chef de la division centre de la PJ. Comme d’habitude, peu avant le début de l’opération, le chef de la PJ d’Alger-Centre avait donné des instructions et autres directives aux éléments des troupes. «Pas d’intimidation de citoyens» ou encore «bien surveiller les personnes embarquées», sont autant de conseils adressés par le commissaire principal à l’égard des agents de police. Ces derniers, scindés en deux groupes (en uniforme et en civil) se sont aussitôt mis à l’œuvre.

La première escale a été le quartier du Ruisseau, précisément à Oued Kniss où un marché informel, communément appelé «marché aux puces» était érigé depuis longtemps déjà. Toutes les issues menant audit marché ont été quadrillées par les agents après que l’alerte eut été donnée par leurs collègues, en civil, qui se sont infiltrés dans ce marché. Immédiatement, les agents ont procédé à des fouilles systématiques de presque tous les vendeurs à la sauvette, voire même des clients, en cette fin de matinée de dimanche. Au bout de quelques minutes, le fourgon cellulaire mobilisé pour la circonstance s’est avéré exigu pour contenir les personnes interpellées; ce qui a nécessité la mobilisation des véhicules civils pour acheminer les suspects au centre de la BMPJ de Leveilley. Plus de 100 personnes dont deux femmes ont été en effet interpellées lors de cette descente qui s’est «déroulée dans de bonnes conditions», répliquait via son talkie-walkie, le commissaire chargé de diriger la mission, à son supérieur. Arrivées au centre, après vérification des documents et  des fiches de renseignements conçues à l’occasion, trois individus ont été retenus, car indique-t-on, poursuivis en justice. Les autres personnes ont été relâchées. La descente au marché de Oued Kniss s’est soldée par la saisie de plusieurs objets prohibés en possession des personnes interpellées : armes blanches,  stupéfiants et autres portables volés figurent parmi les objets saisis. Par ailleurs, le «gros lot» de l’opération effectuée au niveau de ce marché informel était l’interpellation de ces deux femmes. Celles-ci étaient en possession du métal précieux (l’or) qu’elles dissimulaient à l’intérieur de leurs sacs, destiné à la vente. Rencontrées au siège de la BMPJ de Maqaria, l’une d’elles, la quarantaine passée, a indiqué aux éléments de police qu’elle fréquentait ledit marché pour vendre ces objets afin de subvenir aux besoins de sa famille. La seconde femme, plus âgée, leur apprend qu’elle est veuve de chahid, donc a le droit, d’après elle, d’être relâchée, et leur a fait savoir que  sa marchandise, prohibée, se fait par la vente et l’achat qu’elle exerçait, selon ses dires, depuis longtemps. La marchandise saisie est estimée à plusieurs centaines de millions de centimes. Notons que l’ensemble des personnes arrêtées où figurent des immigrés clandestins africains, devaient être présentées, hier, au parquet de la circonscription d’Hussein Dey.

Les quartiers de La Concorde, Sellier et Sidi Yahia étaient les cibles de la virée nocturne des éléments de la division centre de la PJ d’Alger. Le commissaire de police, Omar Boufelfel qui a conduit l’opération, a souligné que ces coins sont réputés par la prolifération des lieux de débauche et de consommation de drogue. Selon lui, «la majorité des agresseurs et autres voleurs activant dans la capitale habitent ces quartiers». Il poursuit  en indiquant qu’«ils appliquent (les délinquants) le principe qui dit, il faut habiter un endroit et opérer dans un autre». Ce commissaire nous a confié qu’il était, lui-même, victime d’une agression par des jeunes délinquants, au niveau de ces quartiers. A signaler que 12 personnes ont été appréhendées  au cours de cette virée, de même que plusieurs objets interdits, ont été saisis.

En dépit des moyens colossaux matériels et humains mobilisés pour juguler le fléau, la petite et moyenne criminalité a tendance à prendre de l’ampleur. Le constat ne relève pas de la fiction, bien au contraire, c’est un vécu quotidien auquel les citoyens sont confrontés : vols à la tire, menaces, agressions à l’arme blanche, toxicomanie, pour ne citer que ceux-ci, sont autant de fléaux qui ne cessent de se propager.

Peut-on avoir un chiffre, même approximatif, représentant le nombre de faits commis quotidiennement ? Peu probable, quand on sait que pénétrer ce milieu n’est pas chose aisée, en raison de la complexité et la diversité du phénomène et notamment de l’absence d’un organe fiable susceptible de donner des statistiques. En effet, si le nombre de faits demeure difficilement chiffrable, celui enregistré par les services de sécurité est en constante augmentation. Ces derniers, qui semblent prendre à bras-le-corps le souci de faire réduire un tant soit peu le fléau, ont multiplié leurs actions dans les grandes villes en particulier.       

M. Kechad

     Haut

 

Copyright 2003 Le Jour d'Algérie. Conception  M.Merkouche