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1er colloque international d’économie de santé à Béjaïa
La politique
nationale de santé en débat
«Gestion et
réforme hospitalière, dans les pays en développement où à revenus
intermédiaires», est le thème du 1er colloque international
d’économie de la santé qu’abrite depuis hier le campus d’Aboudaou à
l’initiative de la faculté de droit et des sciences économiques et
le laboratoire économie et développement de l’Université
Abderrahmane-Mira de Béjaïa. Ce colloque, selon sa présidente se
propose «cette nouvelle discipline nouvellement créée et décliner la
place, voire le rôle de l’Etat dans la perspective de développement
de la santé et tester la robustesse des résultats des réformes
engagées dans le domaine», soulignait-elle dans son intervention
léminaire à l’ouverture de la rencontre qui a drainé un bon nombre
de chercheurs en la matière venus de France, du Maroc, de Tunisie et
de plusieurs universités algériennes, notamment le professeur
Abdelhamid Aberkan qui est également ex-ministre de la Santé et de
la Réforme hospitalière durant le premier mandat de Boutelika et
représentant aussi de l’Algérie auprès de l’Organisation mondiale de
la santé. Etaient présents également le vice-président de l’APN et
le docteur Mansouri, directeur de l’hôpital Nedir-mohamed de Tizi
Ouzou. Intervenant sur le thème des réformes dans la santé,
notamment l’expérience algérienne, le Pr Aberkane a retracé les
grandes étapes de développement qui ont marqué le système de santé
algérien en les situantdans le cadre des dynamiques socioéconomiques
et des mutations démographiques et épidémiologiques depuis 1962. Le
communicant qui n’a pas fait abstraction de son expérience
personnelle en tant que professionnel de la santé et ex-ministre, a
évalué les principales démarches et a relevé les contraintes
rencontrées durant toute la période. Pour lui, celles-ci (les
démarches) montrent à bien des égards «des déficits politiques et
méthodologiques», voire des dysfonctionnements dans le système
adopté et cela s’explique par une incohérence entre les réalités
conceptuelles et matérielles du système de santé, qualifié au
passage de «bâtard», et la politique nationale de santé.
L’ex-ministre de la Santé revient particulièrement à son expérience
à la tête du département et l’année 2002 et sa proposition du projet
de loi sur la création des hôpitaux privés, projet, dira-t-il
promulgué par ordonnance en 2005 relevant ainsi des lenteurs qui
caractérisent l’action gouvernementale et décisionnelle et
l’application des textes de loi et instructions qui ne se font
souvent pas. A ce titre, le professeur Aberkane revient encore sur
l’instruction qu’il a donnée aux hôpitaux pour la création des
commissions de recours dans les hôpitaux pour protéger les usagers
et les malades, création du conseil national et l’agence nationale
de santé. Ce dernier plaide par ailleurs, pour une décentralisation
des hôpitaux et laisser les idées fleurir mettant en avant une fois
encore ses propositions sur la création des ressources propres à
l’hôpital et un fonds spécial pour soulager certains services très
sollicités. Le conférencier décortiquera toute l’expérience
algérienne de la santé, notamment celle liée à la réforme engagée en
essayant d’apporter un certain nombre d’éléments sur lesquels il
faut se baser, à savoir la méthode par la concertation démocratique
entre différents acteurs, les mutations en ce qui concerne
l’organisation institutionnelle et changer les comportements. A ce
propos, il dira que la santé a subi la transformation au lieu de la
planifier. L’évaluation fonctionnelle, à savoir le système
d’information est l’un des volets les plus importants pour tracer la
politique de la santé, estime l’ex-ministre de la Santé qui pour
lui, la santé militaire se développe et ne connaît pas beaucoup de
restriction devant les hôpitaux civils.
Hocine Cherfa
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