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Illusion
Au Bengladesh, en
ce moment, l’on célèbre le prix Nobel de la Paix de Muhammad Yunus.
Pour ce pays parmi les plus pauvres au monde et où les occasion de
se réjouir sont rares, voilà l’opportunité tant attendu de célébrer
un événement ensemble et de vivre une liesse populaire. Mais ce prix
justement depuis quelques années, ne sert-il donc plus qu’à cela ?
Appartenir au tiers-monde est devenu ces dernières années presque
une condition obligatoire pour espérer se voir décerner ce prix si
désiré. Il est devenu comme un prix de consolation pour la partie du
monde qui ne jouit d’aucun autre avantage. Avec ce genre de
récompense, le monde civilisé se sent moins coupable et peut
continuer à développer son monde basé sur un capitalisme effréné.
L’année dernière c’était l’AIEA qui avait raflé le prix Nobel de la
paix. Un geste que beaucoup ont considéré comme trop démagogique.
Mais quelle trace reste-t-il du Nobel ainsi décerné ? Aucune. Il
récompense une certaine façon d’agir mais au final il n’a aucun
intérêt pédagogique. Il ne pousse pas les grandes multinationales à
plus de compassion ni les terroristes à plus d’humanité, ni même
chacun d’entre nous dans la vie quotidienne à plus d’attention
envers les autres. En fait ce prix au final ne sert pas à
grand-chose, il n’est plus que la trace folklorique d’une autre
époque où l’on croyait que les choses pouvaient changer et que les
gens surtout pouvaient changer. Mais la désillusion est grande et à
bien des niveaux. Reste que les Bangladais semblent contents de ce
prix qui met pour une fois leur pays sous un jour positif, comme
l’ont été les Maliens il y a deux ans. Mis à part cela, leur pays
restera toujours aussi pauvre et continuera d’être ignoré par le
reste du monde.
Fouzia Mahmoudi
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