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Illusion

 

 

 15/10/06

 

 Illusion

Au Bengladesh, en ce moment, l’on célèbre le prix Nobel de la Paix de Muhammad Yunus. Pour ce pays parmi les plus pauvres au monde et où les occasion de se réjouir sont rares, voilà l’opportunité tant attendu de célébrer un événement ensemble et de vivre une liesse populaire. Mais ce prix justement depuis quelques années, ne sert-il donc plus qu’à cela ? Appartenir au tiers-monde est devenu ces dernières années presque une condition obligatoire pour espérer se voir décerner ce prix si désiré. Il est devenu comme un prix de consolation pour la partie du monde qui ne jouit d’aucun autre avantage. Avec ce genre de récompense, le monde civilisé se sent moins coupable et peut continuer à développer son monde basé sur un capitalisme effréné. L’année dernière c’était l’AIEA qui avait raflé le prix Nobel de la paix. Un geste que beaucoup ont considéré comme trop démagogique. Mais quelle trace reste-t-il du Nobel ainsi décerné ? Aucune. Il récompense une certaine façon d’agir mais au final il n’a aucun intérêt pédagogique. Il ne pousse pas les grandes multinationales à plus de compassion ni les terroristes à plus d’humanité, ni même chacun d’entre nous dans la vie quotidienne à plus d’attention envers les autres. En fait ce prix au final ne sert pas à grand-chose, il n’est plus que la trace folklorique d’une autre époque où l’on croyait que les choses pouvaient changer et que les gens surtout pouvaient changer. Mais la désillusion est grande et à bien des niveaux. Reste que les Bangladais semblent contents de ce prix qui met pour une fois leur pays sous un jour positif, comme l’ont été les Maliens il y a deux ans. Mis à part cela, leur pays restera toujours aussi pauvre et continuera d’être ignoré par le reste du monde.

Fouzia Mahmoudi

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