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Relations Alger-Rabat
Otages du dossier du Sahara Occidental
Pendant combien d’années encore, les peuples Algérien et
Marocain que rapprochent des liens historiques,
linguistiques, religieux, civilisationnels, et jusqu’à
des relations familiales remontant, parfois, très loin
en arrière, devraient-ils continuer à être otages du
problème du Sahara Occidental ?
La
position, constante et soutenue, de l’Algérie par
rapport au principe de décolonisation de cette ancienne
possession espagnole, aujourd’hui occupée par le Maroc,
ne devrait plus servir de prétexte aux deux pays pour
continuer à s’ignorer et à refuser de dialoguer sur de
nombreuses questions d’intérêt commun. Plus
pragmatiques, ayant à cœur les intérêts supérieurs de
leurs deux nations, ils devraient, au contraire,
s’inciter, l’un et l’autre, à établir des passerelles
d’échanges afin que, dans un cadre bilatéral, d’abord,
et dans le contexte plus large de l’Union maghrébine,
par la suite, ils puissent commencer à explorer et
promouvoir les secteurs où ils sont susceptibles de
développer des liens de coopération, mutuellement,
bénéfiques au lieu de rester braqués sur les sujets qui
les divisent.
Il
existe de nombreux exemples dans le monde de pays ayant
des positions divergentes par rapport aux problèmes qui
les opposent mais qui ont su les transcender pour
entretenir des liens de coopération. Cela est le cas,
justement, du Maroc avec l’Espagne, pour ce qui concerne
l’occupation, par l’Etat ibérique, de Ceuta et Mellila,
de l’Espagne et du Royaume Uni, pour ce qui se rapporte,
également, à l’occupation par cette dernière, de
Gibraltar, de la Grande Bretagne et de l’Argentine
vis-à-vis des Iles Malouines, qui ont donné lieu à un
conflit sanglant entre les deux pays. Il faut aussi
citer la Chine et Taiwan qui, en dépit de la position de
cette dernière à vouloir rester hors de la tutelle de
son puissant voisin persistent, tous deux, à vouloir
régler leur différend par des voies diplomatiques. Tout
près de là, enfin, il y a l’exemple de la Russie et du
Japon qui, tout en continuant à réaffirmer, chacun de
leur côté, leur pleine souveraineté sur les Iles
Kouriles, continuent, cependant, à entretenir des
relations à de multiples niveaux. Il devient
impératif pour l’Algérie et le Maroc, d’arrêter de se
soupçonner l’un et l’autre de velléités hostiles et de
commencer à donner corps aux discours réaffirmés, à
chaque occasion, par leurs dirigeants de dépassionner
leurs relations et à faire en sorte d’entreprendre
toutes les actions propres à désamorcer une tension
latente qui risque, à tout moment, de les entraîner vers
une catastrophe et des lendemains incertains.
Ce
n’est certainement pas en continuant à «se regarder en
chiens de faïence» que les deux pays, qui possèdent par
ailleurs de très nombreux atouts économiques
complémentaires, pourront avancer dans la voie du
progrès et du développement. Il leur appartient de
décrisper leurs relations en facilitant et en
multipliant les échanges de délégations ministérielles,
d’hommes d’affaires, d’associations, de groupements
culturels et artistiques et de jeunes, en particulier.
L’essentiel est de maintenir des contacts suivis et
d’initier des sources de dialogue. Le reste viendra,
tout naturellement. Des échanges fructueux et suivis
devraient, en outre, commencer à s’établir entre les
services de sécurité des deux pays, (police,
gendarmerie, douane), pour pouvoir mener, avec plus
d’efficacité, la lutte contre les phénomènes frauduleux
qui ne cessent de se développer aux frontières séparant
les deux Etats. Nul doute que le combat contre les
réseaux de contrebandes, spécialisés dans
l’acheminement, dans un sens ou dans un autre, de
bétail, de carburant, de drogues et autres produits
illicites, ne pourraient être que mieux renforcé.
Ahmed Mahieddine
4e commission de décolonisation de l’ONU
Résolution en faveur de la RASD
Comme
attendu, ce sont uniquement les alliés du Maroc, la
France, le Portugal et l’Espagne, qui se sont abstenus
de voter au moment où la majorité des 76 nations a
adopté la résolution 1514 de la 4e Commission de
l’Assemblée générale de l’ONU, chargée de la
décolonisation. Celle-ci a réaffirmé «le droit
inaliénable du peuple sahraoui a l’autodétermination et
la détermination de la communauté internationale à
assurer la décolonisation de la dernière colonie
d’Afrique qu’est le Sahara occidental». Cette nouvelle a
été bien accueillie du côté de la RASD, à tel point que
le ministre des Affaires étrangères sahraoui, Mohamed
Salem Ould Salek, a déclaré, à partir de New York, –
cité par l’APS – qu’il s’agit-là «d’une prise de
position claire et sans équivoque de la part des Nations
unies en faveur de la justice et de la légalité
internationale». Ajoutant à cela que «cette victoire
diplomatique de la cause sahraouie, qui vient après
celle enregistrée au Sommet des pays non-alignés, à La
Havane, et après la publication du rapport sur le Sahara
occidental du Haut-Commissariat des Nations unies chargé
des droits de l’homme, confirme que le Maroc navigue à
contre-courant de l’histoire et de la légalité
internationale». Toujours à travers sa lecture de la
résolution, le ministre sahraoui a souligné qu’en
«adoptant cette dernière, les Nations unies ont voulu
adresser un message vigoureux au Maroc pour que celui-ci
mette fin à ses tergiversations et manœuvres visant à
imposer à la communauté internationale un fait accompli
colonial au Sahara occidental ». Il a par ailleurs tenu
à réitérer que le «le Front Polisario et le gouvernement
de la RASD réaffirment, une fois encore, que la seule
solution juste, réaliste et viable au conflit réside
dans l’exercice, par le peuple sahraoui, de son droit
souverain et inaliénable à l’autodétermination et à
l’indépendance, à travers un référendum libre,
transparent et démocratique organisé et supervisé par
les Nations unies, en coopération avec l’Union
africaine». De son côté, «l’Algérie a accueilli avec une
profonde satisfaction l’adoption de la résolution 1514
de la 4e Commission de l’Assemblée générale de l’ONU,
chargée de la décolonisation», a annoncé hier un
communiqué des Affaires étrangères. «Cette résolution a
le triple mérite de réaffirmer le droit naturel du
peuple du Sahara occidental à l’autodétermination, de
réitérer la validité du plan de règlement accepté depuis
1991 par le Maroc et le Front Polisario et approuvé par
le Conseil de sécurité des Nations unies, a unanimement
entériné en tant que solution optimale du conflit du
Sahara occidental», lit- on encore sur ledit communiqué,
lequel mentionne aussi que «l’Algérie se félicite de ce
nouveau jalon sur la voie de la solution pacifique et
juste de la question». Ajouté à cela, elle escompte «un
surcroît de mobilisation et d’effort de la part de tous
les organes compétents des Nations unies et plus
particulièrement du Conseil de sécurité». Rappelons que
ce dernier doit statuer sur le dossier du Sahara
occidental à la fin du mois d’octobre.
Habiba Ghrib
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