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Après les
menaces de Guidoum
L’athlétisme
algérien suspendu par l’IAAF
L’IAAF est
intervenue dans le conflit qui oppose les instances dirigeantes du
sport national et la Fédération algérienne d’athlétisme, après la
réunion du comité exécutif de cette dernière, sous la présidence du
président, Lamine Diack.
En effet,
l’instance internationale qui avait été saisie par le président
déchu de la FAA, Tournier Chaouch Teyara, a décidé de prendre une
décision radicale, celle de suspendre l’Algérie et tous ses athlètes
des différentes compétitions internationales. Cette décision est
tombée tel un couperet sur la majorité des athlètes algériens,
surtout que bon nombre d’entre eux, préparent les importantes
échéances qui les attendent cette année et notamment les
Championnats du monde qui se dérouleront en Chine. Côté officiels,
cette procédure n’inquiète nullement les autorités algériennes et
surtout le MJS, qui avait, par la voie du ministre, Yahia Guidoum,
déclaré que l’IAAF n’avait pas le droit de s’ingérer dans une
affaire purement interne, et que cela relevait de la souveraineté de
l’Etat algérien, qui a le droit de demander des comptes à des
personnes qui auraient dévié du «droit chemin». Le ministre l’a,
d’ailleurs, réitéré, hier, à l’occasion de la réunion qui s’est
tenue à l’hôtel militaire de Beni Messous, et qui avait pour ordre
du jour, la relation entre les Etats et les fédérations nationales.
Pour lui, il n’est pas question que les Fédérations se comportent
comme bon leur semble, sans qu’on ne leur demande des comptes.
Yahia Guidoum :
«Nous allons
introduire un recours et nous aurons gain de cause»
A propos de la
décision de l’IAAF de suspendre l’Algérie de toute compétition
internationale, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yahia
Guidoum, a jugé cette décision d’excessive et surdimensionnée
arguant du fait que l’Algérie a toujours respecté la légalité
internationale en ce qui concerne le sport. Ce pourquoi, le premier
responsable des sports, profitant de sa présence au centre militaire
de Beni-Messous, a laissé entendre qu’il ne resterait pas les bras
croisés et que son département s’apprête à introduire un recours
afin que cette décision soit annulée, purement et simplement. Durant
cette même rencontre, le ministre de la Jeunesse et des Sports,
Yahia Guidoum, a appelé ses homologues africains à «clarifier» les
relations entre les Etats africains et les Fédérations
internationales sur la base des «spécificités» du continent tout en
insistant sur le fait que les relations entre les Etats et les
fédérations sportives internationales doivent être claires tout en
se défavorisant en aucune manière ces états. M. Guidoum a indiqué
que l’objectif de cette réunion est de «dégager des solutions
idoines à l’effet de combler le déficit de communication entre les
pouvoirs publics et certaines instances sportives internationales
qui constituent l’émanation des fédérations sportives nationales».
Organisée par le Conseil supérieur du sport en Afrique (CSSA), la
réunion d’Alger, la première du genre en Afrique, est motivée par la
nécessité de «lever le paradoxe de juxtaposition des ordres
juridiques nationaux avec la réglementation sportive internationale
et d’annihiler ces velléités d’interférence dans les affaires
sportives internes aux Etats dans leurs relations avec les
mouvements sportifs nationaux», a dit le ministre. Intervenant à son
tour, l’actuel président de la FAA , Amar Bouras, a estimé de son
côté que cette décision n’allait pas affecter outre mesure
l’athlétisme algérien dès lors, a-t-il estimé, que le recours qui
sera introduit incessamment
aboutira.
De plus, pour
argumenter ses propos, Amar Bouras rappelle que les prochaines
compétitions internationales n’auront pas lieu avant le mois de mars
2007. Inutile de préciser que celui-ci avait pris fait et cause avec
le ministre Yahia Guidoum dans cette affaire en reprenant les mêmes
motifs et les mêmes espérances, à savoir la souveraineté de
l’Algérie dans sa politique sportive.
Amar Bouras,
président de la FAA :
«L’Algérie est
un pays souverain…»
Le président de la
FAA, Amar Bouras, fraîchement installé après l’AG tenue jeudi
dernier, s’est exprimé hier sur cette suspension assez «sévère», en
affirmant que l’Algérie est un pays souverain et qui saura se
défendre.
«Cette suspension
est un non-sens, surtout que tout s’est fait dans le cadre de la
réglementation et que notre pays n’a rien à se reprocher», avouera
Bouras, qui estime que l’IAAF s’est prise à la hâte et qu’elle
devait écouter toutes les parties avant de prendre cette décision
«extrême». Par ailleurs, et dans les milieux proches de la
discipline, on parle d’une probable levée de cette sanction, après
la convocation d’une AG extraordinaire qui sera consacrée à la
présentation des bilans de l’ancien bureau, avant que les membres de
l’AG ne votent à l’unanimité la destitution de Chaouch Teyara.
Néanmoins, on parle également de poursuites judicaires qui seront
actionnées prochainement contre les membres responsables de la
«gabegie» au niveau de la FAA.
Qui sème le
vent…
Les sanctions tant
redoutées sont réelles aujourd’hui avec la suspension de la
Fédération algérienne d’athlétisme de toutes les compétitions
internationales. Il fallait quelque peu s’y attendre tant la menace
avait été faite juste après l’élection de Amar Bouras à la tête de
la fédération et même avant, notamment suite au limogeage de Chaouch
Teyara par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yahia Guidoum.
Ce qui paraît
paradoxal au moment où les responsables algériens tiennent mordicus
au retour de l’Algérie sur la scène internationale, c’est justement
cette facilité déconcertante qu’emploie le ministre de la Jeunesse
et des Sports dans ses rapports avec les dirigeants sportifs
nationaux quitte à bafouer la réglementation en usage.
Le ministre était
conscient que si l’entêtement se poursuivait, l’Algérie allait se
mettre sur le point de mire qui allait la projeter vers l’isolement.
Mais, au lieu de ménager le chou et la chèvre comme on dit, notre
ministre avançait l’argument tiers-mondiste de la souveraineté
nationale, arguant du fait que les instances internationales
n’avaient pas à nous «dicter notre conduite».
Aujourd’hui que
c’est fait et que les athlètes algériens se voient non concernés par
ce qui se fait dans le monde, il faudra pour y remédier revoir sa
copie et admettre que le ministre a été loin en besogne.
Enfin, faut-il le
souligner, si la Fédération d’athlétisme se retrouve dans cette
situation pour avoir enfreint la réglementation, la peur que cela
fasse tache d’huile à quelques mois de l’organisation des Jeux
africains, s’ils sont maintenus, est sérieuse. Le ministre de la
Jeunesse et des sports est plus que jamais interpellé pour réagir à
cette situation qui risque de ternir l’image d’un pays qui a eu du
mal à s’en sortir.
Par Anouar M et
Ferhat Zafane
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