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Bouteflika évoque son état de santé
«Je ne suis pas
malade !»
Certains
commentaires ont laissé entendre que la maladie du Président était
peut-être la raison pour laquelle le report du référendum avait été
retenu.
Hier à l’issue de
l’entretien qu’il a accordé au ministre français de l’Intérieur
Nicolas Sarkozy, le Président Abdelaziz Bouteflika est sorti du
mutisme qu’il a observé depuis plusieurs mois s’agissant de son état
de son santé. Il faut aussi rappeler que depuis quelques jours, la
presse, à travers quelques écrits, était revenue à la charge.
Certains commentaires ont laissé entendre que la maladie du
Président était peut-être la raison pour laquelle le report du
référendum avait été retenu. Mais ce n’est pas la seule fois où
l’état de santé du Président a été invoqué. Les assurances données
avant le début du mois de ramadan par le ministre de la
Communication qui, pour rassurer sur l’état de santé de Bouteflika,
avait rendu public son agenda du mois, n’avaient pas été jugées
suffisantes d’autant que les auditions de ministres qui avaient eu
lieu durant le mois sacré, n’ont pas été accompagnées d’images. Il
n’en fallait pas plus pour relancer les rumeurs sur l’incapacité du
Président à gouverner. L’annonce du report référendaire aura été la
goutte qui avait fait déborder le vase et ce, même si cette annonce
avait été précédée d’une visite d’Etat effectuée par Bouteflika en
Chine. Dimanche dernier, le SG du RND, à l’occasion de son passage à
la Radio a souligné la bonne santé du chef de l’Etat. De son bureau
au palais
d’El Mouradia,
Bouteflika ne pouvait ignorer tout ce qui se dit et s’écrit sur son
état de santé. En a-t-il été agacé ? Visiblement. Pour preuve,
interrogé hier sur le sujet, il déclarera à l’attention des
journalistes, nationaux et étrangers présents à la présidence :
«Vous faites toute une tartine de ce qui n’existe pas». Il affirmera
avoir été malade «très malade» même, mais ajoutera-t-il «je m’en
suis sorti de manière absolument fabuleuse». L’aveu, signifie-t-il
qu’il revient de loin ? Il est permis de le penser. Toutefois, pour
Bouteflika, désormais sa maladie relève du passé. Aujourd’hui, il
affirme avoir dépassé le cap difficile. Aux journalistes, il dira
une nouvelle fois : «Il faut cesser de parler de ma santé, je suis
un homme absolument comme tout le monde». Le souci de rassurer et
les nationaux et les étrangers est bien évident. Mieux, Abdelaziz
Bouteflika, qui, au retour de son long séjour parisien, entre
novembre et décembre 2005, où il a subi une intervention à l’hôpital
militaire parisien du Val-de-Grâce pour un «ulcère à l’estomac»,
selon les autorités algériennes, avait déclaré qu’il était en mesure
de gouverner et que sa maladie avait été bien prise en charge. Mais
le fait qu’il ait été ensuite à nouveau hospitalisé, également au
Val-de-Grâce, du 19 au 21 avril 2006 pour des «examens
post-opératoires» avait permis d’introduire le doute sur les réelles
aptitudes physiques du Président. D’autant que depuis, il a réduit
sa charge de travail, évitant autant que possible les sorties sur le
terrain et ses visites à l’étranger. Ce rythme de travail auquel,
faut-il le dire, le Président n’avait pas habitué les Algériens, a
donné matière à spéculation. D’aucuns, qui lui prêtaient l’intention
d’amender la Constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat,
en étaient arrivés à se demander avec quelle santé il allait pouvoir
faire campagne pour la nouvelle Constitution. Mais hier le Président
a donné l’impression d’un homme qui ne veut pas s’accrocher au
pouvoir à n’importe quel prix et surtout s’il n’a pas les capacités
physiques pour le faire. Il dira : «Il est tout à fait clair que
lorsque j’aurai des problèmes de santé, je rentrerai chez moi
définitivement». Un aveu qui sonne aussi comme un démenti. Et le
moins que l’on puisse dire c’est qu’il était temps qu’il
intervienne. Cela aura le mérite à l’avenir de clarifier les choses
et de donner une plus grande visibilité à la situation politique.
Nadia Kerraz
Haut
Le Président à propos du traité d’amitié
«Rien n’est
impossible dans la vie»
«Rien n’est
impossible dans la vie». C’est un Abdelaziz Bouteflika, philosophe,
qui répond au ministre de l’Intérieur français dont l’hostilité au
traité d’amitié que l’Algérie et la France espéraient signer, est de
notoriété publique. Plus de trois heures de discussions au palais
d’El Mouradia
mais, semble-t-il, les deux hommes n’ont pu communier leur vision
des relations bilatérales. Le chef de l’Etat ne dit mot sur les
excuses officielles que lui-même pourtant, exige de la France en vue
de la signature du traité et passe sous silence toutes les
déclarations à rebrousse-poil de Nicolas Sarkozy notamment celles
mettant sur le même pied d’égalité Algériens, Français et
Pieds-noirs dans les souffrances de la colonisation. Le ministre de
l’Intérieur français avait déclaré lundi dernier à partir du
cimetière chrétien de Bologhine à Alger, «qu’il y a eu beaucoup de
souffrances des deux côtés». Le président de la République a par
ailleurs, rappelé, hier, au numéro deux du gouvernement français et
très probable candidat de la droite à l’Elysée en 2007, que
l’Algérie et la France sont «condamnées à avoir un avenir commun».
«Je crois que nous ne pouvons rien contre les lois de la géographie,
je me suis laissé dire dernièrement que l’Algérie et la France
n’avaient pas l’intention de déménager», a affirmé le chef de l’Etat
et ajoutant : «Je sais, de certitude, que l’Algérie ne peut pas
déménager et, par voie de conséquence, il y a quelque part une
condamnation, une fatalité qu’il faut assumer positivement». Par
ailleurs, tôt le matin, accompagné de Dahou Ould Kablia, ministre
délégué chargé des Collectivités locales et de l’Archevêque d’Alger,
Mgr Henri Teissier, Nicolas Sarkozy s’est recueilli au monastère de
Notre-Dame de
l’Atlas à Tibhirine dans la wilaya de Médéa à la mémoire des sept
moines trappistes. M. Sarkozy a rappelé dans une déclaration en
marge de la cérémonie de recueillement, que «les sept moines
trappistes n’étaient que des hommes de paix qui ne demandaient que
de respecter leurs frères, musulmans, et vivre en paix». Rappelons
que les moines avaient été enlevés le 27 mars 1996 par des
terroristes et exécutés le 21 mai de la même année.
A. G.
Haut
La presse française commente l’événement
Feux sur le
pardon
Comme il fallait
s’ y attendre, la presse nationale française dont les envoyés
spéciaux ont accompagné Nicolas Sarkozy dans son séjour algérien, a
fait de l’événement l’un de ses gros titres pour l’édition d’hier.
Fidèle à sa ligne de conduite vis-à-vis des autorités algériennes
Libération par les «griffes» de la rédactrice acharnée, José Garçon,
saute sur l’occasion pour stigmatiser un Bouteflika en fin de règne
s’interrogeant sur la «luttes» au sommet de l’Etat à propos de la
révision constitutionnelle…et des tas de choses qui concernent tous
sauf la visite de Sarkozy. Sous le titre, «Colonisation : Sarkozy
rejette la faute», l’hebdomadaire
Le Nouvel
Observateur, rend compte des propos du numéro deux du gouvernement
français sur son refus de souscrire aux excuses officielles dont
Alger réclame comme préalable à toute signature du traité. «Devant
un parterre de ressortissants français, Nicolas Sarkozy s’est montré
réticent à l’idée d’excuses officielles réclamées par Alger», lit-on
sur l’article publié sur le site Web de l’hebdomadaire. Le Nouvel
Obs revient aussi sur l’autre refus de l’hôte d’Alger, du traité
d’amitié dont les deux pays s’étaient auparavant engagés pour sa
signature tout en rapportant les propos de son homologue algérien
Yazid Zerhouni, qui, lui aussi, juge la situation encore
inappropriée pour ce faire. A droite,
Le Figaro, a
choisi de parler de convergences plutôt que de divergences dont les
autres titres en ont fait, eux, leurs choux gras. Lutte contre le
terrorisme, regain d’activisme du GSPC, allègement des procédures du
visa…bref, tout les sujets qui ne fâchent pas. Le Monde, quant à
lui, n’a pas dérogé à sa façon de traiter un grand événement en
consacrant un article dans lequel le rédacteur juge que pour le
ministre de l’Intérieur, l’Algérie constitue un terrain miné
notamment depuis la loi du 23 février et l’abrogation récemment de
son article 4 glorifiant le rôle positif de la colonisation. Selon
Le monde, Sarkozy reconnaît que le contexte est extrêmement
difficile et que sa visite à Alger, concoctée en association avec le
Président Chirac, se veut, note le journaliste, comme une tentative
d’apaisement entre les deux pays.
A. G.
Haut
Point final
Bien entendu, ce
ne sera pas la sortie très inattendue d’hier du chef de l’Etat qui
mettra fin aux multiples spéculations sur son état de santé. Cela
n’avait pas été le cas non plus lorsque ce furent ses proches, puis
son médecin traitant, qui avaient rendu public son bulletin médical
et expliqué aux Algériens qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter quant
au sort de leur Président. Même ses multiples déplacements à
l’extérieur du pays, à Cuba puis en Chine (on se demande d’ailleurs
si des plus jeunes oseraient pareil périple en si peu de temps, avec
des heures et des heures de discours et de protocole à assumer)
n’ont pas fait cesser une curieuse campagne dont le point de départ
reste inexplicable. Entendre par là que plus le Président Bouteflika
confirmait par son activité une nette amélioration de son état de
santé, plus les questions se faisaient insistantes, certes de moins
en moins innocentes. Mais c’est ainsi. A ceux qui veulent croire,
aucune preuve n’est nécessaire, à ceux qui ne veulent pas, aucune
explication n’est possible.
Reste le choix du
moment. Depuis longtemps, le chef de l’Etat avait eu moult occasions
pour aborder le sujet de sa santé, thème revenant comme un
marronnier dans les journaux et il va sans dire que s’il n’avait pas
voulu qu’on lui pose la question, il n’aurait eu qu’à instruire ses
services pour que sa rencontre avec Nicolas Sarkozy soit couverte
uniquement par les journalistes des médias publics. Non, tout
indique que Abdelaziz Bouteflika a voulu prendre le taureau par les
cornes pour lancer aux journalistes français une mise au point qui
ne concerne pas que sa personne, mais parce qu’il sait que la
question a immédiatement trait au premier symbole de la république
algérienne. Simple coup de gueule ? Certainement non, car un chef
d’Etat ne peut pas se permettre de réagir épidermiquement aux
attaques dont il a l’habitude. Sa constance imperturbable face à la
violente campagne d’avril 2004 a montré de quoi il était capable. Le
fait est que la maladie du Président qui avait nécessité son
hospitalisation à l’étranger est intervenue dans un contexte de vide
politique, marqué par l’arrivée à terme d’un long travail pour
mettre sur orbite sa politique de réconciliation nationale. Cette
fois, rien de tel. Le Président est affairé à conclure des
arbitrages délicats au sommet qui ont pour enjeu le régime politique
du pays à travers le socle constitutionnel. Trop important pour
laisser certaines parties parasiter un consensus qui semble assez
difficile à tisser.
N. B.
Haut
Coup de filet de la PJ d’Alger
Un réseau
international de faussaires démantelé
Bac, décision de
justice, carte grise, chèques, vignette auto, attestation d’achat
d’un logement et on en passe : le gang démantelé à Alger était
capable de falsifier n’importe quel document. Un coup de filet
inédit pour la police.
La Brigade de
recherches et d’interventions (BRI) de la police judiciaire de la
Sûreté de wilaya d’Alger (SWPJ) qui vient de réussir un très
important coup de filet contre un réseau international de faussaires
et de vols de véhicules, apprend-on de source proche du parquet de
Sidi-M’hamed. Deux ateliers ont été découverts à Alger, le premier
était situé sur les hauteurs de la capitale. La perquisition
effectuée par les éléments de cette brigade, avec un mandat délivré
par le parquet, a permis aux enquêteurs de découvrir des lots de
faux sceaux humides de la Direction générale de la Sûreté nationale
(DGSN), des Douanes, du secrétariat général de la wilaya d’Alger, de
cabinets de plusieurs autres wilayas, de circonscriptions
administratives, de Sonacome, de l’Office du baccalauréat, de
l’Université d’Alger, de cours de justice, de tribunaux, de la
police technique et scientifique tunisienne, d’une représentation
diplomatique, des impôts et d’autres institutions, explique cette
source judiciaire. De faux diplômes du baccalauréat, de licences, de
faux casiers judiciaires, de fausses cartes d’identité nationale, de
faux permis de conduire, de fausses décisions d’attribution de lots
de terrains à bâtir, de fausses attributions de logements, de faux
avis de versement pour le payement de loyers de logements de
l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI), de fausses
mains-levées de la Caisse nationale d’épargne et de prévoyance (CNEP),
autorisant la vente de véhicules achetés avec un prêt de cette
banque, de fausses mains- levées pour la sortie de véhicules des
fourrières, de fausses autorisations d’entrée de véhicules en
fourrière, de faux chèques bancaires, de faux chèques CCP, de faux
timbres fiscaux, de fausses vignettes pour véhicules, 300 fausses
cartes grises, de faux documents d’assurances, de faux extraits de
naissance internationaux, un faux bon de caisse de 500 millions de
centimes et bien d’autres documents falsifiés, ont été découverts
par les policiers dans cette vraie «caverne d’Ali Baba». Les photos
de 22 personnes ont été découvertes, par les enquêteurs, dans ce
domicile transformé en atelier de «travail» par un individu âgé de
32 ans, licencié en droit, qui a été arrêté.
L’enquête des
éléments de la BRI de la SWPJ a conduit les éléments de cette
brigade à un deuxième atelier se trouvant dans une villa à Staouéli.
Là, les enquêteurs ont découvert un faux sceau sec qui peut être
apposé sur des passeports, cartes d’identité nationale, permis de
conduire, notamment, ainsi qu’a été découvert une véritable station
informatique utilisée à cet effet. Dans ce deuxième atelier, les
éléments de la BRI ont découvert des passeports, des timbres fiscaux
et des chèques, tous falsifiés. Le propriétaire de cette villa, un
individu âgé de 42 ans, a été arrêté. Onze photos ont été
découvertes par les enquêteurs dans cet atelier. Les enquêtes ont
mené les policiers vers une troisième personne, âgée de 32 ans, qui
a été arrêtée à son tour. En tout, sept personnes, dont les trois
principaux accusés, ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire.
Présentées le 13 novembre 2006 au parquet de Sidi-M’hamed, les trois
principaux accusés ont été placés sous mandat de dépôt et les quatre
autres personnes, dont une femme, ont été mises sous contrôle
judiciaire. Les éléments de la BRI de la SWPJ ont récupéré huit
véhicules volés, dont un de marque Peugeot 307, nouvelle gamme, volé
en France, une Peugeot 206, volée à Khenchela, une Mitsibushi (année
2006) volée à Bourouba, une Nissan volée à Tizi-Ouzou et retrouvée à
Bab Ezzouar et une Clio volée à Oran. Cette importante opération
réussie par la BRI et la SWPJ qui fournissent d’importants efforts
en matière de lutte contre la criminalité sous toutes ses formes,
pourrait, selon une source au fait de ces dossiers, apporter un coup
décisif aux réseaux de vols et trafics de véhicules à Alger, puisque
les auteurs de ces actes ne pourront plus se faire établir de faux
documents dans ces ateliers.
M. Abi
Haut
Une étude MEDA sur l’informel et la contrefaçon
Un diagnostic
de fond s’impose
C’est hier qu’on
été rendus publics les résultats de la mission d’Appui à la
révision et au rapprochement de la législation et à la définition
des instruments d’application, réalisée à la demande du ministère du
Commerce algérien par la délégation de la Commission européenne en
Algérie (Deca), lors d’une rencontre qui s’est déroulée à l’hôtel
Sheraton. Composée de sept experts, la mission, qui a été financée
par l’UE, via le programme MEDA a eu pour plan de travail,
d’effectuer 144 sondages à travers huit wilayas, selon deux axes
relatifs, le premier à l’informel et le second à la contrefaçon. 51
entretiens portant sur l’impact économique de l’informel, ont été
réalisés alors dans les wilayas d’Alger d’Oran de Blida et de
Djelfa, cela en plus de 51 autres entretiens concernant le cadre
juridique et réglementaire. 42 entretiens ont été réalisés sur la
contrefaçon dans les wilayas d’Alger, de Blida, de Annaba et de
Djelfa. Ce travail qui s’est effectué en une durée de 40 jours a
ciblé des cadres centraux, des cadres des institutions, des
responsables des mouvements associatifs, et des opérateurs
économiques.
Il ressort,
concernant l’enquête sur l’informel, que ce dernier occupe une place
importante dans le marché algérien puisque sur 200 producteurs
ciblés par l’enquête, au moins 100 y sont mêlés d’une façon où d’une
autre. L’information avancée précédemment par les autorités
algériennes et faisant état que l’informel occupe actuellement 30 à
40% du marché, a été commenté comme un fait alarmant par un des
participants. Lequel et en sa qualité d’un des experts du bureau
d’études qui ont conduit cette mission, a remis en cause ce chiffre,
qui ne repose pas sur un réel diagnostic. Sous couverture de
l’anonymat, il a déclaré qu’il est «plus important aujourd’hui que
l’Algérie procède à un diagnostic plus approfondi sur le problème,
car l’étude en question qui était très limitée dans le temps (40
jours c’est trop peu) n’a pas touché l’ensemble des produits, et n’a
ciblé que quatre familles seulement : les cosmétiques,
l’agroalimentaire, l’électroménager et l’habillement». Notre
interlocuteur a ajouté qu’«un travail de fond s’étalant sur six mois
au minimum est nécessaire pour cerner la question et y mettre les
solutions adéquates pour y remédier». L’expert mise à ce propos sur
les grandes potentialités humaines que possède l’Algérie et qui
sont en mesure de mettre en place tous les mécanismes utiles pour
mener une étude de fond sur le phénomène. Côté contrefaçon,
l’étude a tiré la sonnette d’alarme sur l’impact négatif des
produits contrefaits, non seulement sur l’économie, mais plus
particulièrement sur la santé des citoyens. Là encore, l’étude a
montré qu’il ne s’agit que de la partie émergente de l’iceberg et
que beaucoup reste à faire pour cerner le problème avant d’appliquer
la stratégie d’intervention préconisée par l’étude. Il est à
signaler que cette stratégie repose sur cinq axes, qui sont entre
autres la création d’un plan d’action national au plus haut niveau
de l’Etat, l’amélioration de l’arsenal juridique et l’aménagement de
la loi relative à la concurrence et à la réhabilitation.
Habiba Ghrib
Haut
Environnement
Les huiles
usées ne sont plus traitées
Entre 160 000 et
180 000 tonnes des huiles usagées sont générées par différents
secteurs industriels en Algérie, 70% sont dégagées par les
automobiles. Ces huiles sont très dangereuses car toxiques pour
l’environnement naturel, social et humain et nécessitent un
traitement spécialisé et efficace. Le constat a été établi hier par
les nombreux experts qui ont pris part au séminaire international
qui s’est tenu à l’hôtel
El Aurassi, à
Alger. La rencontre qui a regroupé des experts nationaux et
internationaux (France et de Total Algérie Lubrifiants) a permis de
poser les problèmes relatifs à cette question pour essayer de
dégager des propositions et des solutions adéquates qui permettent
la récupération et le traitement de ces huiles. «Nous générons
annuellement entre 400 et 500 tonnes par an des huiles usagées qui
nécessitent un traitement approprié qui doit être assuré par des
structures spécialisées», nous confie M. Chehboub,
Président-directeur général de la SNVI ajoutant qu’auparavant, dans
les années 90, ces huiles étaient récupérées par Naftal et leur
traitement se faisait en Tunisie, ce qui n’est plus le cas
aujourd’hui. Selon les experts, il n’existe aucune structure
professionnelle, organisée, agréée et dédiée spécifiquement à la
collecte. Seul Naftal, opérateur historique dans la distribution des
produits pétroliers, récupère une partie des huiles usagées. Quant
aux opérations de collecte, il n’y a pas de chiffres fiables et
disponibles.
Il faut savoir que
depuis 2005, le traitement a été subdivisionné, les huiles usées (ou
usagées) des structures hospitalières et des écoles sont traitées,
le traitement concernera en deuxième partie les zones
industrielles.
Pour les experts,
le dispositif mis en place est très insuffisant, les textes
existants sont plus généraux que spécifiques à l’activité et les
activités de collecte et de traitement sont soumises à l’agrément de
l’administration du ministère de l’Energie
Pourtant, une fois
régénérées ou incinérées dans les cimetières ou dans un centre
collectif (structures spécialisées), ces huiles ne constituent plus
de danger. Par ailleurs, ces huiles peuvent être recyclées et
utilisées comme combustible dans les cimenteries autorisées.
Irane Belkhedim
Haut
La revue El Djeich révèle
Des avions made
in Algeria
«Un véritable
défi qui a abouti à la naissance du premier avion made in Algeria.»
«Au mois de juin
2003, l’avion Fimas 142 a pris les airs dans le ciel de la ville
d’Oran annonçant ainsi l’entrée en Algérie dans le secteur de la
construction aéronautique». C’est la revue El Djeich qui le révèle,
à travers un long reportage publié dans sa dernière livraison.
«Un véritable défi
qui a abouti à la naissance du premier avion made in Algeria.»
Cette réalisation,
la première du genre a été l’œuvre de l’entreprise de construction
aéronautique dont le siège se situe à Tafraoui. Si les balbutiements
de ces projets ont été évoqués dans un premier reportage publié par
la revue (avril 2004), des avancées et des développements sont
intervenus dans ce secteur jugé stratégique qu’est la construction
aéronautique.
Dans un premier
temps, l’entreprise faisait de l’assemblage et le montage d’avions
sur la base de kits importés de la République tchèque avant
d’entamer la phase de production d’avions de construction
algérienne. Il est à relever qu’à ce jour, l’entreprise a été en
mesure de construire trois modèles d’avions. Il s’agit du Fimas 142
(un bi-place qui totalise environ 150 heures de vol, soit
l’équivalent de 180 missions), Safir 43 (un avion construit au
profit du commandement des forces aériennes et qui est actuellement
en exploitation) et un avion agricole X-3A, construit en réponse à
des besoins d’intérêt national économique et d’utilité publique. Ce
dernier peut effectuer des opérations d’épandage de produits
phytosanitaires et principalement dans la lutte antiacridienne.
De réelles
capacités
L’entreprise de
construction aérienne jouit de capacités non négligeables de
production, ajoute encore le reporter d’El Djeich. «Outre un
personnel qualifié, ingénieurs et techniciens, les équipements
technologiques et matériels sophistiqués dont elle est dotée lui
permettent de satisfaire les besoins des différents secteurs
nationaux en aéronefs», est-il indiqué.
Si la
commercialisation d’un avion n’est pas une évidence, sa construction
l’est encore moins. Elle varie entre 4 et 6 mois et passe par un
processus précis et complexe où l’erreur n’est pas admise.
Lorsque la
décision de construire l’avion a été prise, la matière première
stockée au niveau du magasin central de la direction commerciale est
rassemblée, répertoriée et classifiée. Par la suite, il sera procédé
à la fabrication des éléments constituant la cellule de l’avion
ainsi que ses accessoires. L’unité d’assemblage et de montage se
charge de toutes les opérations de pré-assemblage, d’assemblage et
de montage de l’avion. Une fois terminé, l’avion est ensuite expédié
à la direction de l’exploitation et des opérations, où il est
réceptionné pour être soumis au contrôle final. Une fois l’appareil
réunissant toutes les conditions requises, il est soumis au contrôle
de conformité (s’il s’agit d’un avion destiné à un usage civil) pour
se voir délivrer un certificat de navigation sur l’ensemble du
territoire national ainsi qu’un certificat d’équipements et
d’instruments de bord. Enfin, nous convoquons le client pour lui
fournir les explications nécessaires et lui délivrer les documents
de l’appareil.
Des avions
sophistiqués
Outre le soutien
aux unités relevant des forces aériennes, notamment l’Ecole
supérieure de l’air de Tafraoui (avions d’entraînement),
l’entreprise entretient des relations commerciales avec nombre
d’aéroclubs à travers le territoire national à l’instar de ceux de
Sidi Bel-Abbès, Tiaret, Béjaïa, Oran et Constantine ainsi qu’avec
différentes entreprises nationales comme la Sonelgaz qui a acquis un
avion pour la surveillance des câbles électriques de haute tension
et les déplacements de ses cadres ou encore la Protection civile. Il
est à noter que les transactions pour la vente de ces appareils
obéissant aux procédures en vigueur à l’échelle internationale.
A. B.
Haut
Rencontre franco-algérienne sur les céréales
La France
toujours 1er fournisseur de l’Algérie
L’Algérie
représente un marché porteur que les exportateurs français, de ce
type de produits, ne pouvaient négliger.
L’organisme
interprofessionnel de promotion internationale des céréales
françaises, France Export Céréales, a organisé, hier, à Alger, une
rencontre à l’intention des opérateurs algériens destinée à
promouvoir les exportations de produits panifiables vers l’Algérie.
Avec un déficit de
céréales, (blé tendre et blé dur), d’environ 20 millions de quintaux
pour une consommation moyenne annuelle estimée, globalement, de 60
millions de quintaux, l’Algérie représente un marché porteur que les
exportateurs français, de ce type de produits, ne pouvaient
négliger. Parmi les nombreux pays fournisseurs de céréales du pays,
la France occupe, en effet, le premier rang. Selon des chiffres
communiqués durant la rencontre, lors de la campagne 2005/2006,
l’Algérie a importé de ce pays plus de 1,9 million de tonnes de blé
tendre et 683 000 tonnes de blé dur. Ces chiffres représentent 2/3
des achats opérés sur les marchés étrangers, pour le blé tendre et
45% de ceux relatifs au blé dur. Parmi les autres pays fournisseurs,
il a été cité des Etats-Unis, du Canada, des pays de l’Union
Européenne ainsi que de l’Europe de l’Est, à l’exemple de l’Ukraine,
de la Fédération de Russie, de la Tchéquie et de la Slovaquie. Des
quantités sont, en outre, ramenées de Syrie qui, depuis quelques
années, à pu réaliser son autosuffisance en matière de production
céréalière.
Cette opération de
marketing, la 7e de cette nature à avoir été organisée par France
Export Céréales, à Alger, a regroupé près d’une centaine de
professionnels algériens et une trentaine du côté français. Elle a
donné lieu à la présentation de trois exposés durant lesquels ont
été successivement présentés l’offre céréalière française pour
l’année 2006, les tendances et les perspectives des marchés
céréaliers internationaux de même que les aspects relatifs à
l’évolution de la filière céréalière dans l’Hexagone. Il a, à ce
titre, été indiqué qu’avec les
34 millions de
tonnes moissonnés au titre de la campagne agricole 2005/2006, et en
dépit d’un déficit de 1 million de tonnes par rapport à l’année
précédente, dû à une saison sèche, la France pourra maintenir sa
position de fournisseur régulier de l’Algérie.
Concernant
certaines tendances observées sur le marché mondial des céréales, le
conférencier présentant le sujet a noté que celui-ci est l’objet
d’un profond chamboulement créé par une série de facteurs. Parmi ces
derniers, il a cité une utilisation, prononcée des produits
céréaliers pour des besoins non alimentaires, (production de
méthanol pour produire des carburants), ce qui a contribué à
perturber les cours. L’intervenant a, par ailleurs, fait état d’une
baisse de la production, observée un peu partout, dans les gros pays
céréaliers. «Cela a influé sur la baisse des stocks mondiaux qui, de
135 millions de tonnes durant l’année 2005, sont descendus à 116
millions de tonnes durant 2006». Pour illustrer cette tendance, il a
indiqué que la production céréalière a accusé un déficit de 4
millions de tonnes aux USA, de 6 millions de tonnes au sein des pays
de l’UE et d’environ 3 millions de tonnes dans ceux de l’Europe de
l’Est. Cela n’a pas manqué d’influer sérieusement sur le niveaux
des prix. Dans certains cas, ceux-ci sont passés d’une année à une
autre de 140 dollars FOB la tonne à 200, voire 225 dollars pour la
même quantité et compte tenu des pays à partir desquels sont
réalisés les importations. Si l’on en croit le conférencier,
l’Algérie, par le biais de Office interprofessionnel des céréales, (OAIC),
en anticipant sur une probable élévation des cours sur les marchés
mondiaux, a pu importer les 2/3 de ses besoins à des prix
attractifs.
Mahieddine
Ahmed
Haut
Electricité
Renforcer
l’interconnexion maghrébine
Les travaux de la
troisième conférence générale du Comité maghrébin de l’électricité (Comelec),
dont le thème a été consacré au service public dans le cadre d’un
marché libéralisé, ont débuté hier à Alger en présence de M. Chakib
Khelil, ministre de l’Energie et des Mines et de M. Noureddine
Bouterfa, P-DG de Sonelgaz. Cette conférence, selon Chakib Khelil,
intervient au moment où les trois pays du Maghreb, en l’occurrence
l’Algérie, la Tunisie et le Maroc se sont engagés dans un vaste
projet régional de coopération en matière d’électricité. Elle réunit
les entreprises d’électricité des pays du Maghreb qui se pencheront
sur l’étude de la notion du service public dans le secteur
électrique libéralisé. «Les participants auront l’occasion
d’échanger les expériences dont celle de l’Algérie, la plus avancé
dans le domaine, et des pays de l’Europe afin de permettre de
renforcer les relations entre les pays maghrébins pour l’échange de
l’électricité à travers notamment le renforcement des câbles et des
système électriques d’échange pour mieux répondre à la demande de
plus en plus forte», a souligné M. Khelil. Sur l’augmentation
croissante de la demande énergétique qui caractérise le pays depuis
plusieurs années estimées à 7% par an, le ministre a indiqué que
cette augmentation est due à la croissance économique du pays,
l’élévation du niveau de vie des algériens et le retour de la
sécurité. «Cette croissance impose le lancement simultané de
plusieurs projets nouveaux, la réhabilitation des infrastructure,
l’amélioration de la qualité de service. Des défis que les
partenaires du secteur de l’énergie doivent relever», a précisé le
ministre. Outre les réformes juridiques et le renforcement des
moyens et des infrastructures, le plan d’action mené par Sonalgaz
dans le cadre du Comelec, a mobilisé cinq milliards de dollars sur
cinq ans. La notion du service public dans le domaine de
l’électricité a été évoquée dans la réforme du secteur avec pour
objectif la suppression du monopole de Sonelgaz et l’instauration de
la concurrence en matière de production et de distribution. Les
travaux de cette conférencier, poursuit Khelil, seront focalisés sur
les aspects juridiques, les aspects sociaux et politiques, les
aspects économiques visant la prise en charge les investissements,
l’exploitation, et la tarification permettant ainsi un accès égal à
certains services. D’autres aspects relatifs notamment à la
péréquation des tarifs, l’égalité de traitement ainsi que
l’obligation de fourniture et la minimisation des coûts pour la
collectivité seront débattus lors de cette rencontre. Le ministre
est revenu sur les différentes performances réalisées par le Comelec
qui, depuis sa création, a franchi de multiples étapes. Ce qui a
permis aux pays adhérents de prévoir un vaste programme de
développement de leurs réseaux de transport pour renforcer la
fiabilité et la sécurité. Le projet de l’interconnexion entre les
pays du Maghreb a été confié à la commission des interconnexions
maghrébines créé en 1999 et à qui a été confiée la tâche de prendre
en charge des dossiers de l’interconnexion maghrébine avec, entre
autres, de veiller au bon fonctionnement des réseaux maghrébins
interconnectés, d’instaurer un cadre réglementaire d’exploitation,
veiller à son application, préparer l’intégration des futurs
interconnexion maghrébine et de promouvoir les échanges en vue d’un
marché maghrébin de l’électricité. Elle vise aussi la préparation
des conditions techniques pour la mise en service des
interconnections et la participation à la mise en place des outils
nécessaires pour la création d’un marché maghrébin puis
euromaghrébin et la définition des règles d’accès aux réseaux
d’interconnexion.
Nouria B.
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Enseignement de Tamazight
Un chemin
parsemé d’entraves
Le secrétaire
général du haut commissariat à l’amazighité (HCA), Youssef Merrah,
c’est exprimé hier au forum de la chaîne radiophonique «Radio
Mitidja», en duplex et en direct de la Bibliothèque nationale d’El
Hamma, sur les questions inhérentes à l’enseignement de Tamazight en
Algérie. Le responsable de la première et unique structure
nord-africaine, qui a pour but de promouvoir la langue Tamazight en
Algérie, a déclaré à cette occasion que l’enseignement de cette
langue, bute aujourd’hui sur plusieurs obstacles, d’abord parce que
son enseignement est facultatif et non obligatoire, puisque parfois
on consulte d’abord les parents d’élèves, à travers une autorisation
écrite de leur part, alors que, rappelle M. Merrah, l’enseignement
en Algérie est obligatoire dès l’âge de 6 ans jusqu’à 16
ans.
Salah Harirèche
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