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Les visites des délégations étrangères vers Alger
continuent
L’appétit attisé par les 150 milliards de dollars
Plusieurs responsables étrangers et délégations économiques
se sont rendus à Alger durant ces dernières semaines, alors que
d’autres continuent d’arriver depuis hier dans la capitale, comme la
visite d’une délégation d’entreprises chinoises.
Si quelques officiels français ont osé dire que l’Algérie
«fait fausse route» en adoptant des mesures relatives à la
réorganisation du commerce extérieur et la protection de l’économie
nationale dans le cadre de la loi de finances complémentaire de
2009, le reste du monde, notamment des Asiatiques et des Européens
accourent de plus en plus vers l’Algérie pour prendre leur part dans
la cagnotte des 150 milliards de dollars, prévue dans le nouveau
programme quinquennal, une cagnotte qui attise l’appétit des
opérateurs étrangers.
Dans ce cadre, plusieurs responsables étrangers et
délégations économiques se sont rendus à Alger durant ces dernières
semaines, alors que d’autres continuent d’arriver depuis hier dans
la capitale, à l’image de la visite d’une délégation d’entreprises
chinoises conduite par Wan Jifei, président du Conseil chinois pour
la promotion du commerce international (CCPIT).
A cette occasion, un forum d’affaires algéro-chinois sera
ouvert aujourd’hui à Alger. A souligner que ce forum sera organisé
par l’ambassade chinoise en Algérie et la chambre algérienne de
commerce et d’industrie (CACI).
Il faut dire que les Chinois sont les plus acharnés pour
avoir des parts dans les différents projets lancés dans le cadre des
programmes quinquennaux, notamment dans les secteurs du bâtiment,
les travaux publics et autres. Et malgré le scandale qui a éclaté
récemment concernant la corruption constatée dans l’octroi des
marchés publics au niveau du ministère des Travaux publics en faveur
des Chinois, ces derniers demeurent attachés au marché algérien. A
savoir que Pékin n’a en aucun cas critiqué les mesures économiques
prises par Alger. Avant les Chinois, 60 hommes d’affaires catalans
se sont rendus à Alger au début du mois en cours. Les secteurs
représentés sont la construction, l’agroalimentaire, l’éducation,
l’environnement, les services, l’ingénierie et l’architecture, le
tourisme, ainsi que l’industrie automobile et pharmaceutique.
Les entreprises catalanes ont affiché qu’elles ne craignent
pas les dispositions de la loi de finances complémentaire (LFC)
2009, adoptées en juillet dernier. A cet effet, les soixante hommes
d’affaires sont venus en Algérie pour chercher des opportunités
d’affaires et d’investissement.
Pour sa part, la Corée du Sud a manifesté son souhait de
renforcer ses relations économiques avec l’Algerie, à l’occasion de
la visite à Alger du ministre coréen des Affaires étrangères Yu
Myung-hwan, le 2 novembre. Sachant que le groupe privé algérien
Cevital et Samsung ont ainsi lancé fin 2008 la construction d’une
usine de fabrication de produits de la marque sud-coréenne à Sétif
(300 km à l’est d’Alger). Bien avant, c’était la Turquie qui avait
manifesté son intérêt pour le marché algérien avec la visite du
secrétaire d’Etat turc chargé du Commerce extérieur, M.Zafer
Caglayan, qui s’était rendu à Alger à l’occasion de la 12e session
du Conseil d’affaires algéro-turc. Les Turcs veulent aller vers un
accord de libre-échange pour renforcer leurs investissements en
Algérie.
Les Allemands étaient aussi au rendez-vous avec deux
délégations d’opérateurs qui se sont déplacées récemment dans la
capitale. Cinq autres missions d’hommes d’affaires sont attendues
d’ici au 8 décembre.
Du côté des Français, la secrétaire d’Etat française
chargée des Aînés, Mme Nora Berra, est attendue aujourd’hui à Alger
pour une visite de deux jours.
Selon un communiqué de l’ambassade de France à Alger, Mme
Berra aura particulièrement des entretiens avec Djamel Ould Abbès,
ministre de la Solidarité nationale, et Mme Saâdia Nouara Djaffar,
ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine.
A savoir que pour cette secrétaire d’Etat, c’est sa
première visite en Algérie depuis sa prise de fonction au sein du
gouvernement en juin dernier. Elle assistera à cette occasion à la
clôture d’un colloque organisé par l’association Réseau des jeunes
chefs d’entreprise franco-algériens, à l’Ecole supérieure algérienne
des affaires. Eurodéputée, Nora Berra est cofondatrice du club
Convergences dont l’objectif est de populariser les réussites de
personnes issues de l’émigration. Toutefois, on ne sait pas si cette
visite aura pour objectif d’apaiser la tension entre les deux rives
et d’essayer de jouer sur le fait de dépêcher une ministre
française d’origine algérienne. Sachant que c’est le premier voyage
d’un officiel français en Algérie, depuis une année. Alors que les
relations entre les deux pays connaissent une tension accentuée par
plusieurs affaires, celle des moines de Tibhirine, la glorification
des harkis et la LFC 2009.
Par Nacera Chenafi
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Renouvellement partiel du Conseil de la
nation
Retrait du formulaire de candidature tous les jours de la
semaine
Les postulants à l’élection en vue du renouvellement de la
moitié des membres élus du Conseil de la nation, prévue le 29
décembre prochain, peuvent désormais retirer le formulaire de
déclaration de candidature tous les jours de la semaine, indique
samedi le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales dans
un communiqué. Se référant au décret présidentiel portant
convocation du collège électoral, composé, au niveau de chaque
wilaya, de l’ensemble des membres de l’Assemblée populaire de la
wilaya (APW) et des membres des Assemblées populaires communales (APC),
le ministère de l’Intérieur informe les postulants à la candidature
à ces élections que «le retrait du formulaire de déclaration de
candidature s’effectue auprès des services concernés de la wilaya,
tous les jours de la semaine, du dimanche au jeudi de 9h à
16h30». La remise de ce formulaire s’effectue sur
présentation, par le postulant à la candidature, d’une lettre
annonçant son intention de constituer un dossier de candidature,
ajoute la même source. Le ministère précise, par ailleurs, qu’en
vertu des dispositions de l’ordonnance 97-07 du 6 mars 1997,
modifiée et complétée, portant loi organique relative au régime
électoral, le dossier de candidature «doit être déposé auprès de la
commission électorale de wilaya au plus tard quinze (15) jours
avant la date du scrutin, soit le 14 décembre 2009 à 16h30».
R. N.
Haut
Bouteflika en ouvrira les travaux
Première conférence sur l’emploi des jeunes aujourd’hui à
Alger
Cette conférence a pour but également d’«examiner les
expériences arabes et internationales, en matière de soutien à
l’emploi des jeunes, à travers des politiques, des programmes et des
plans pratiques».
La première conférence arabe sur l’emploi des jeunes se
tient aujourd’hui et est organisée pour la première fois en Algérie.
Le rendez-vous est, selon les organisateurs, pour prendre
connaissance des dimensions de l’emploi et du chômage, aux niveaux
arabe, régional et international et actualiser les données dans ce
domaine. C’est le président de la République qui procédera à
l’ouverture des travaux. Cette conférence a pour but également
d’«examiner les expériences arabes et internationales, en matière de
soutien à l’emploi des jeunes, à travers des politiques, des
programmes et des plans pratiques».
Organisée par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la
Sécurité sociale, en coordination avec l’Organisation arabe du
travail (OAT), cette conférence s’étale sur trois jours et vise à
faire connaître «les préoccupations actuelles et les aspirations
futures des jeunes et analyser les liens entre l’emploi des jeunes
et le chômage, les aspects liés à la démographie et à la formation,
les questions des salaires, les systèmes de recrutement et le marché
de l’emploi et l’émigration», souligne le ministère du Travail. Ce
rendez-vous réunira au total des représentants de 21 pays arabes.
Les participants évoqueront plusieurs thèmes liés notamment à «la
situation et aux perspectives de l’emploi des jeunes aux niveaux
arabe et international, l’emploi dans le secteur non réglementé et
les orientations de la décennie arabe de l’emploi (2010-2020) ainsi
que les mécanismes de sa mise en œuvre». Il sera également question
de l’examen de la question «des expériences pionnières en matière de
soutien des programmes d’emploi des jeunes et la meilleure méthode
pour soutenir les programmes d’emploi du point de vue des
organisations ouvrières dans le monde arabe et les expériences
arabes et internationales en matière d’emploi des jeunes». Il faut
savoir que selon les chiffres officiels, le taux de chômage dans les
pays les plus industrialisés dans le monde a atteint 8,5 % en
juillet 2009, alors qu’il est de 9 % au niveau de l’UE et de 14 %
dans le monde arabe touchant particulièrement les jeunes qui
représentent le cinquième de la population arabe. Aussi, cette
conférence, première du genre, intervient conformément aux
recommandations du dernier sommet économique et social des
dirigeants arabes. A rappeler également que la Banque mondiale et
l’OAT ont souligné la nécessité de garantir «de 80 à 100 millions
emplois, jusqu’en 2025», soit «une moyenne de 6 millions d’emploi
par an», a indiqué le ministère organisateur de cet événement.
F. A. et agences
Haut
Emploi féminin
L’Algérienne investit massivement le marché du travail
La femme représente une place importante dans le marché du
travail. Mis à part l’ambition féminine en termes de participation
dans le développement du pays, l’Etat algérien soutient
l’implication totale à l’insertion des femmes dans le monde du
travail. La femme algérienne envahit de plus en plus le marché du
travail. Sur un total de 3 300 juges, 1 001 femmes juges ont été
recensées. Pour la wilaya d’Alger, 60% des juges et 50% des notaires
sont des femmes, et environ 6 000 greffières et 28 notaires ont été
enregistrés pour l’année 2007. La femme est présente à 80% dans les
secteurs de l’Education nationale, la Santé et la Justice. Le
secteur de l’Education à lui seul occupe 70 % de la population
féminine. L’insertion des femmes dans le monde du travail ne se
limite plus à la Fonction publique. Parmi les nombreux défis relevés
par les femmes, on trouve sa volonté concrétisée dans le monde des
affaires, qui, maintenant, n’est plus réservé à la gent masculine.
Des milliers de projets sont dirigés actuellement par des femmes
d’affaires. Dans ce contexte, les statistiques d’une étude réalisée
en 2006 révèlent que la femme algérienne dirige plus de 11 000
entreprises à travers le territoire national, soit 10 % de
l’ensemble des entreprises créées dans le cadre de l’Ansej. Les
résultats de cette étude font état de
60 % d’entre elles qui exercent dans le secteur privé dont
30 % ont le statut de salarié. Ainsi, la femme s’est
inscrite dans l’économie moderne qui est celle de l’entreprise
performante et du savoir actif. S’agissant du domaine du commerce et
selon les statistiques du Centre national du registre du commerce (CNRC)
à fin 2005, l’Algérie compte
93 328 femmes commerçantes. La capitale vient en tête de
liste avec 7 813 femmes commerçantes, suivie de la wilaya d’Oran
avec 5 309 et, en troisième position, on trouve Constantine avec
3 441. A signaler le changement opéré à l’égard du travail des
femmes à partir des années 90, avec la compréhension de la nécessité
de la participation de la femme dans l’emploi et les capacités de la
femme et sa contribution au développement du pays et à l’aide de sa
famille. Une chose qui ne cache pas non plus l’attachement de la
femme au travail comme facteur de son épanouissement. La
mondialisation ainsi que la maturité de la femme au sein de la
société, expliquent en grande partie l’évolution de l’emploi
féminin. Malgré les progrès enregistrés en Algérie, le terrain reste
encore à conquérir pour les femmes algériennes, notamment que la
législation algérienne s’engage à soutenir l’entreprenariat des
femmes à participer plus activement au développement de l’Algérie.
Yasmine Ayadi
Haut
Installations industrielles
La gestion des sinistres définie par un décret exécutif
Les modalités d’élaboration et d’application des plans
internes d’intervention par les exploitants des installations
industrielles, en cas de sinistre, ont été fixées par un décret
exécutif publié au Journal officiel n° 60. Ce décret, qui vient en
application d’une loi de 2004 relative à la prévention des risques
majeurs et à la gestion des catastrophes, s’applique aux
établissements industriels qui, par danger d’incendie, d’explosion
ou d’émanation de substances toxiques, peuvent créer des risques. Le
plan interne d’intervention est défini comme un outil de gestion et
de planification des secours et de l’intervention pour protéger les
travailleurs, la population, les biens et l’environnement, et
définissant, au titre de l’installation concernée, les mesures de
prévention des risques, les moyens mobilisés ainsi que les
procédures à met-tre en œuvre lors du déclenchement du sinistre. Ce
plan d’intervention est établi, à la charge de l’exploitant, par les
bureaux d’études spécialisés en matière d’évaluation de risques et
de prévention sur la base d’une étude de dangers. L’opérateur
économique doit exiger des fournisseurs des équipements et procédés
techniques, la communication des informations relatives aux dangers
potentiels résultant de leur utilisation ainsi que les moyens d’y
faire face. Le plan interne doit contenir notamment l’évaluation des
risques, la définition du système d’alarme et d’alerte, et les
exercices d’entraînement préalables. Le texte indique que les
travailleurs d’un établissement industriel doivent être informés et
formés aux risques liés à l’exploitation des installations de
l’établissement et de leurs conséquences ainsi qu’à la conduite à
tenir en cas d’accident. Par ailleurs, le décret note que le
ministre de l’Industrie établit et tient, dans le cadre du système
d’information, un fichier rassemblant les renseignements sur les
accidents survenus sur le territoire national, les causes qui les
ont provoqués, les expériences acquises et les mesures adoptées,
afin de permettre aux institutions, organismes et aux opérateurs
économiques d’utiliser ces informations dans un but préventif.
R. N.
Haut
Selon Rachid Benaïssa
L’opération d’effacement des dettes des agriculteurs tire à
sa fin
Concernant le foncier agricole, le ministre rappellera que
la loi d’orientation agricole stipule que les terres doivent être
gérées dans le cadre de concessions.
«L’opération d’effacement des dettes des agriculteurs tire
à sa fin» a déclaré hier le ministre de l’Agriculture et du
Développement rural, Rachid Benaïssa, lors de son passage sur les
ondes de la Chaine III de la Radio nationale. 38 milliards de dinars
de dettes des agriculteurs ont été rachetés par le Trésor public et
il ne reste actuellement que 3 milliards de dinars à éponger. Cette
somme représente le montant restant des créances de la Banque
algérienne du développement rural (BADR). A cette cadence, cette
mesure, décidée par le président de la République, devrait être
concrétisée avant la fin de l’année en cours. Concernant le foncier
agricole, le ministre rappellera que la loi d’orientation agricole
stipule que les terres doivent être gérées dans le cadre de
concessions. Il a affirmé que les textes d’application sont
actuellement en discussion au niveau du gouvernement. Le ministre
précisera au sujet des terres de haute potentialité agricole que ces
dernières ne doivent être déclassées que par un texte de loi.
Interrogé sur la situation du cheptel à la veille de l’Aïd El Adha,
Rachid Benaïssa dira que tous les moyens ont été mis en application
pour assurer son renouvellement. Il reconnaîtra que le cheptel
national a essuyé les dégâts causés par la sécheresse. Pour remédier
à cette situation, des mesures ont été prises telles que
l’accélération de la reproduction, la vente de l’orge à un prix
soutenu… etc. L’élevage, explique le ministre, est l’une des
filières les plus importantes dans la constitution du PIB agricole.
Abordant la politique des prix, le ministre de l’Agriculture
annoncera la création des offices interprofessionnels afin de
booster l’activité et mieux gérer les prix. Il évoquera ainsi la
construction d’abattoirs qui seront rapprochés des avicultures.
«Cela permettra aux abattoirs de travailler plus et nous permettra
de stocker de la viande et influer sur les prix» indique-t-il.
Interrogé sur les difficultés que traverse la Générale des
concessions agricoles (GCA), le ministre dira que cet organisme ne
souffre d’aucun problème. «Elle est chargée (GCA) de mettre en
valeur les terres agricoles. Si le travail est bien fait, l’argent
sera débloqué, si le travail est mal fait, on ne débloque pas
l’argent» a-t-il expliqué. Rappelant au passage que des contrats de
performance ont été signés avec différents organismes et individus à
travers les wilayas du pays. Des contrats qui permettront de
renforcer et d’assurer l’autosuffisance du pays.
A. F.
Haut
Protection des plantes et fertilisation
Les différentes filières appelées à s’organiser
Considéré comme un espace de rencontre des différents
professionnels intéressés par la protection des plantes et la
fertilisation, Rachid Benaïssa a indiqué hier, lors de
l’inauguration de ce Forum que «c’est une action très importante qui
s’inscrit dans le développement durable et qui permet l’amélioration
de la productivité grâce à une utilisation raisonnable et
rationnelle des engrais, ce qui conduirait à la protection de
l’équilibre environnemental et de la sécurité alimentaire».
A ce sujet, il appellera les différents professionnels à
étudier et réfléchir à l’idée du développement agricole, à une
protection des plantes à la hauteur des exigences permettant aux
fellahs d’augmenter leur production. Ce qui ne pourrait se faire
sans l’organisation et la contribution de tous les partenaires
concernés.
En outre, il rappellera les divers points que le
gouvernement a soulevés dans le cadre de la stratégie du renouveau
de l’économie agricole et rurale. Ainsi, il s’agira de relever le
défi de la modernisation par le biais des exploitations agricoles
viables, la mécanisation, la fertilisation des sols, la maîtrise des
itinéraires techniques de production, et actions de formation et de
recherche visant à améliorer les rendements. Dans ce contexte, le
ministre affirmera que le taux d’utilisation des engrais dans la
production céréalière pour cette année a été multiplié par quatre
par rapport au taux utilisé en 2008. Néanmoins, il déplorera les
prix pratiqués, que ce soit pour les engrais ou pour les
fertilisants. En dépit de la subvention de 20% de l’Etat pour
l’achat des engrais, les prix de ces derniers ont augmenté de plus
40%. A ce propos, un intervenant sur cette question dira que «le
prix est calculé en fonction du marché».
S’agissant de la situation de la fertilisation en Algérie,
Mme Nassira Ahmed-Zaid de l’Institut national des sols de
l’irrigation et du drainage (INSID) dira que «le taux de
fertilisation en Algérie n’excède pas les 11kg/h. Ce taux est en
deçà de la norme par rapport à ce qui se pratique dans les pays
voisins et autour du bassin méditerranéen». Une norme évaluée, selon
Mme Ahmed-Zaid à «50kg/h». Elle indiquera que «pour l’année 2008,
l’utilisation des engrais n’a pas dépassé les 120 000 tonnes, alors
que les besoins potentiels sont estimés à près de 600 000 T/an».
Ainsi, dira notre interlocutrice, la fertilisation est l’un des
facteurs qui contribuent à l’augmentation du rendement des cultures.
Elle ajoutera dans le même ordre d’idées que «cet intrant est très
important, notamment s’il est utilisé de façon rationnelle en
synergie avec d’autres produits tels que l’irrigation, les produits
phytosanitaires et la mécanisation». Elle rappellera la rencontre
des ministres de l’Agriculture en 2006 au Nigeria, dont une des
recommandations qui en a découlé était celle «d’augmenter le taux de
fertilisation à 50%». Pour cela, dira-t-elle, il faudra relever les
contraintes qui empêchent l’atteinte de ce taux d’utilisation
d’engrais. Les contraintes essentielles sont les prix élevés, en
dépit de la subvention de l’Etat et qui restent inaccessibles aux
petits paysans, la non- disponibilité des engrais au moment voulu
par les fellahs ainsi que les difficultés rencontrées dans
l’acheminement de ces produits. A cela s’ajoutent les différentes
actions menées par les divers Instituts du secteur à l’instar de l’INSID
qui se propose de mener des actions pour accompagner l’agriculteur
dans une utilisation technique, encourager les fellahs à effectuer
des analyses des sols et incitation à une utilisation rationnelle
des engrais.
H. B.
Haut
Sommet sur la sécurité alimentaire mondiale
Bouteflika représenté par Medelci
Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci,
représentera le président de la République au Sommet mondial sur la
sécurité alimentaire qui aura lieu à Rome du 16 au 18 novembre 2009,
indique samedi un communiqué du ministère. M. Medelci conduira la
délégation algérienne à ce Sommet, qui comprendra également le
ministre de l’Agriculture, Rachid Benaïssa, précise la même source.
Le Sommet de Rome examinera «les moyens de faire face à la crise
alimentaire mondiale et à œuvrer en vue de dégager un consensus sur
l’éradication de la faim à l’horizon 2025», souligne le communiqué
du MAE. Les participants à la rencontre se pencheront aussi sur «la
question de l’amélioration de la gouvernance mondiale de
l’agriculture et de la sécurité alimentaire à travers, notamment, le
renforcement du rôle des institutions en charge des questions
agricoles et alimentaires et la réforme du fonctionnement du Comité
sur la sécurité alimentaire», ajoute-t-on. Le Sommet devrait
également convenir de mécanismes pour assurer un soutien à
l’agriculture afin de mettre un terme aux distorsions des marchés,
comme il s’efforcera de mobiliser 30 milliards de dollars par an
afin de stimuler les investissements dans les infrastructures
rurales, précise-t-on de même source. Il sera aussi question
d’«assurer l’accès à des intrants modernes en vue d’améliorer la
production et la productivité vivrières dans les pays en voie de
développement et de garantir la sécurité sanitaire et la qualité des
aliments», ajoute le communiqué. Les chefs d’Etat et de
gouvernements auront à convenir de la mise en place d’«un système
d’alerte précoce» pour réagir aux crises alimentaires.
R.N.
Haut
3e Salon international du logement et de
l’immobilier
Des dizaines d’exposants attendus au Logimmo
Un Salon présenté par ses organisateurs, comme étant un
lieu où se réuniront tous les acteurs qui interviennent dans l’acte
de bâtir et les activités annexes.
Sous le parrainage du ministre de l’Habitat et de
l’Urbanisme, Noureddine Moussa, la Capedes Agency tient à partir
d’aujourd’hui et ce, jusqu’au 19 du mois en cours, à la Tour ABC –
Hilton des Pins maritimes à Alger – la 3e édition du Salon Logimmo
2009. Un salon présenté par ses organisateurs, comme étant un lieu
où se réuniront tous les acteurs qui interviennent dans l’acte de
bâtir et les activités annexes, à l’image des maîtres de l’œuvre,
maîtres d’ouvrage, les promoteurs, agents et gestionnaires fonciers
et immobiliers, les bureaux d’études et de recherche, organismes de
contrôle technique, les entreprises de réalisation et industriels de
la construction, les banques et établissements financiers, ainsi que
les compagnies d’assurance.
Pour réussir cet événement, la Capedes Agency a d’ores et
déjà annoncé la présence de plus de 100 entreprises nationales et
étrangères, lesquelles ont confirmé leur participation. Des
délégations officielles, des hommes d’affaires, des délégations
d’ambassades sont également attendues pour ce rendez-vous, en plus
des nombreux citoyens demandeurs de logements que le salon drainera
étant donné qu’il est ouvert au grand public.
Parmi les objectifs tracés par les organisateurs du Salon,
il s’agira entre autres de «consolider le succès des deux premières
éditions Logimmo 2007 et 2008, pour contribuer à l’émergence d’un
marché de l’immobilier organisé et ouvert aux immenses possibilités
d’investissement dans le domaine». Placé sous le thème «Les villes
nouvelles et l’Algérie de demain», la manifestation vise à confirmer
notamment sa légitimité en tant que «Salon d’affaires, un espace de
rencontres, d’échanges et d’opportunités permettant aux participants
de présenter leurs produits et services, de donner aux visiteurs
l’occasion de découvrir des offres immobilières et des solutions
concrètes qui répondent à leurs besoins et préoccupations». Ainsi,
des promoteurs, lotisseurs, agents immobiliers, organismes de
crédit, assureurs, architectes… devraient se mettre à la disposition
des investisseurs et des potentiels acquéreurs de logements pour
concrétiser des affaires commerciales dans des conditions optimales.
Les rédacteurs du communiqué parvenu à notre rédaction
parlent, en outre, d’une édition qui offrira une gamme de logements
adaptés à tous les budgets. Des logements de prestige, de haut et
moyen standing, des logements économiques et sociaux et également
des terrains et des locaux commerciaux. Parallèlement au déroulement
de l’exposition, des conférences-débats, des séminaires et des
tables rondes seront animés par des experts du secteur, autour de
sujets relatifs au «financement de l’immobilier : du social au
promotionnel, éligibilité et conditions d’accès», «les villes
nouvelles : maîtrise urbaine, rééquilibrage spatial, promotion d’une
ville durable» ou encore «les innovations technologiques, solutions
adaptées et conditions de mise en œuvre».
Enfin, il est prévu la signature d’importantes conventions
de partenariat entre des professionnels algériens et leurs
homologues de pays étrangers dans le domaine du bâtiment et de
l’immobilier.
Par Hafid Mesbah
Haut
Entretien avec le Dr Nouad Med Amokrane
(*)
Vous voulez bien présenter la Fondation Filaha Innove ?
Filaha Innove, une fondation ONG, a été créée en 2007
grâce à un Salon de l’agriculture. Nous avons voulu créer une
passerelle qui réunirait les gens qui opèrent dans l’agriculture et
dans l’agro-industrie.
La composante de la Fondation, c’est une association des
anciens élèves de l’Institut national de l’agriculture, qui
actuellement, sont à la retraite, et des anciens cadres du secteur.
Quels sont les objectifs principaux du Forum de Filaha
Innove ?
Une des finalités du Forum est de présenter l’expérience
algérienne et mettre en relief les expériences, notamment celles des
pays voisins pour pouvoir nous mesurer.
Le Forum vise également à prendre en charge la
problématique des opérateurs du secteur économique et d’arriver à
constituer ces gens-là en interprofessionnels comme celle du lait,
de l’office pour les fruits et légumes et des viandes et aussi pour
ce qui concerne l’aviculture et l’oléiculture.
Que peut-on dire de l’oléiculture en Algérie ?
C’est une activité qui commence enfin à bouger. Nous avons
tout intérêt à prendre en charge cette activité.
Il faudrait qu’on exploite les potentialités dont nous
disposons pour figurer sur le marché international. Vous avez
entendu lors des débats, l’intervention de l’expert qui a affirmé
que si nous ne faisons rien pour cette activité, on risque de
disparaître du circuit commercial.
La Fondation a institué un trophée pour encourager cette
activité ?
Absolument. Le trophée de l’oléiculture Oléomed est
considéré comme la labellisation de l’huile d’olive. Celui de 2009
sera décerné le 18 novembre en cours, au meilleur investisseur,
meilleur oléiculteur, meilleur oléofacteur et meilleur conserveur du
produit oléicole. Ce trophée va être élargi à toutes les filières
pour pouvoir sacrer aussi bien les gens qui travaillent mais aussi
ceux qui œuvrent dans l’ombre.
En termes de partenariat ?
Jusqu’à maintenant, quatre conventions ont été signées tant
avec des organismes nationaux qu’étrangers pouvant améliorer
l’environnement des adhérents de la Fondation. On se prépare
actuellement à partir pour le salon de l’agriculture d’Agadir pour
signer une convention avec l’association des producteurs de fruits
et légumes marocaine. Nous avons également signé avec OPTIMEXPORT
pour tout ce qui est exportation dans le but de participer à la
création de consortiums d’exportateurs.
Qu’en est-il justement de l’exportation ?
Nous préparons avec le ministère de l’Industrie pour le
mois prochain, les Assises de l’agroalimentaire qui nous permettront
de nous préparer à aller vers des technopoles où il y aura une
concentration d’activités qui vont générer une utilisation
rationnelle des moyens et développer des centres techniques à
l’intérieur du territoire. L’objectif de ces actions est d’arriver à
être compétitifs en liant la compétition à la qualité. C’est ce qui
permettra de faire émerger des leaders qui montreront réellement
l’image de l’Algérie lors des salons et des concours internationaux.
Ce n’est qu’à ce moment-là que le label Algérie va être une
réalité et on pourra parler d’exportation.
Quand pensez-vous y arriver ?
A partir de l’année prochaine, on commencera à voir ce
noyau dur qui portera le label Algérie à l’extérieur.
Pouvons-nous dire que nous nous inscrivons dans une
agriculture moderne ?
Avec le soutien du FNRDA et du PNDA on a donné les moyens
politiques au secteur pour se moderniser. Maintenant se pose le
problème de l’organisation et de mutualisation.
C’est quoi la mutualisation ?
C’est d’arriver à la mise en place de coopératives
agricoles de services pour pouvoir bénéficier de matériels agricoles
modernes, des intrants et autres, à des coûts réduits et les
utiliser en commun.
Nous avons donc une politique pour une agriculture moderne,
mais on n’y est pas encore ?
On y va progressivement. On va y arriver.
(*) Le Dr Nouad Med Amokrane, membre fondateur du groupe de
réflexion Filaha Innove GRFI, vice-président du directoire et
consultant expert.
Hind Bensaid
Haut
Dilapidation de 30 millions DA de Naftal
4 ans de prison contre le responsable du service ventes
Le tribunal pénal près la cour d’Alger a condamné l’accusé
B. Abdelghani, ex-responsable du service ventes à l’Entreprise
nationale de commercialisation et de distribution de produits
pétroliers, Naftal, à 4 ans de prison ferme pour complicité dans une
affaire de dilapidation de deniers publics de Naftal. La somme
dilapidée est estimée à plus de 30 millions de DA. Le procureur de
la République a requis 6 ans de prison ferme contre l’accusé, les
avocats de la défense ont quant à eux sollicité les circonstances
atténuantes. Les faits de cette affaire remontent, selon l’arrêt de
renvoi, à un accord conclu entre le mis en cause et deux opérateurs
sahraouis grâce auxquels ils ont bénéficié de certaines marchandises
dont des lubrifiants et des pneus en contrepartie de 13 chèques sans
provisions. Ces chèques sont d’une valeur de plus de 30 millions de
DA. Selon les rapports de l’enquête qui a été menée pour éclairer
cette affaire, l’accusé a permis aux opérateurs impliqués dans cette
affaire de prendre de la marchandise à des sommes colossales à
paiement immédiat et cela dans un délai de 21 jours sans aucune
garantie. Cette transaction a été effectuée avec des dossiers
incomplets puisque le registre du commerce n’était pas fourni. En
outre, la durée de validité de certains documents produits était
dépassée. Conformément à la réglementation de l’entreprise Naftal,
les opérateurs ne peuvent acheter de nouvelles marchandises avant
d’avoir payé celles déjà achetées.
S.H.
Haut
Enseignement supérieur
Les universités en grève à partir d’aujourd’hui
Cette énième grève de 15 jours reconductible, initiée par
le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) est motivée
par la décision du gouvernement de supprimer la rétribution du
régime indemnitaire avec effet rétroactif au 1er janvier 2008.
Le secteur de l’Enseignement supérieur n’échappe pas à la
règle des mouvements de protestation, puisque toutes les activités
pédagogiques et scientifiques seront arrêtées, à partir
d’aujourd’hui, et ce, pendant 15 jours dans toutes les universités
du pays. Cette énième grève de 15 jours reconductible, initiée par
le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) est motivée
par la décision du gouvernement de supprimer la rétribution du
régime indemnitaire avec effet rétroactif au 1er janvier 2008. Le
Cnes réclame également la revalorisation des salaires, la révision
du régime indemnitaire et l’amélioration des conditions
d’enseignement dans les établissements universitaires. Cependant, le
Cnes reste optimiste et prend acte du dernier discours du président
de la République dans la wilaya de Sétif lors de la cérémonie
marquant l’ouverture solennelle de l’année universitaire 2009/2010.
Le gel du mouvement de protestation est conditionné, désormais, par
la mise en application et la concrétisation des orientations du
président sur le terrain, indique un communiqué du Cnes, rendu
public hier. Des assemblées générales de toutes les sections du Cnes,
sont prévues les 15 et 16 novembre pour évaluer et se prononcer sur
la situation au lendemain du discours du président. Le Cnes, pour sa
part, tiendra les 17 et 18 novembre une résunion afin d’étudier les
suites à donner au mouvement de protestation des enseignants du
supérieur.
Par H. Larabi
Haut
Fonction publique
Le SATEF favorable à une indemnité à effet rétroactif
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le Syndicat
autonome des travailleurs de l’Education et de la formation (SATEF) a
fait part de son regret de voir le ministère de l’Education
nationale adopter une «démarche méprisante» qui «semble ne pas
saisir toute la teneur et la force du message des travailleurs et
qui feint d’ignorer leur colère, leur ardeur et leur résolution», et
ce, est-il noté «après une semaine de grève qui a vu la paralysie
totale du secteur de l’Education à travers tout le pays». «Le SATEF,
poursuit le communiqué, invite le MEN à se rendre à l’évidence qu’en
dehors d’une démarche allant résolument dans le sens de la
satisfaction urgente des revendications, rien n’arrêtera cette grève
‘’tsunamique’’» ! Et d’ajouter : «Le SATEF enregistre et fait sienne
la décision des travailleurs de poursuivre la grève jusqu’à
satisfaction des revendications». Ce syndicat réclame l’ouverture
rapide de négociations devant mener vers l’avènement du régime
indemnitaire avant la fin de l’année 2009 avec effet rétroactif à
partir du 1er janvier 2008 ; l’organisation d’une conférence
nationale regroupant MEN, syndicats, parents d’élèves, pédagogues,
pour aboutir à des résolutions à mettre en œuvre pour réhabiliter
l’école publique et le statut de l’éducateur ; l’intégration de tous
les contractuels du secteur de l’éducation et ne recourir à la
contractualisation que pour les vacances temporaires de poste ;
l’avènement de formules de logement spéciales pour le secteur de
l’Education et l’instauration d’une indemnité de location en
attendant les solutions ; et l’abrogation de l’arrêté n°94-158
relatif aux œuvres sociales pour confier leur gestion à un organisme
indépendant élu directement par les travailleurs tout en consacrant
une gestion décentralisée.
L.G.
Haut
Education nationale
La grève entre dans sa deuxième semaine
Le mouvement de protestation dans le secteu de l’Education,
initié par plusieurs syndicats, se poursuit et entrera aujourd’hui
dans sa deuxième semaine. Réunis le week-end denier en session
extraordinaire, les bureaux nationaux des organisations syndicales,
à savoir l’Unpef, le Cnapest, le Snapest, le CLA et le Satef ont
décidé à l’unanimité de reconduire leur débrayage pour une deuxième
semaine consécutive. Pour le Cnapest, qui a réuni les représentants
de 42 wilayas, la décision de la reconduction de la grève est
expliquée par le mutisme et l’absence de réponse favorable de la
tutelle aux revendications des enseignants. Le Cnapest, dans un
communiqué, rendu public hier, ne compte pas faire marche arrière
sans que les doléances de la corporation ne soient prises en charge.
Le communiqué souligne que «l’accompagnement de la grève par des
actions de protestation, dont le bureau national est mandaté à en
déterminer, en coordination avec les syndicats, la date et la
nature». Le communiqué ajoute que «devant l’obstination de la
tutelle à privilégier la politique de l’intimidation, la
détermination des professeurs à arracher nos droits ne peut être que
renforcée». En soulignant sa totale satisfaction à la mobilisation
et à l’adhésion massive de tous les travailleurs de l’Education à
l’appel de la grève, l’Unpef dénonce «les procédés d’intimidation et
de provocation émanant du ministre de l’Education visant à casser la
dynamique de la grève». Le président de l’Unpef, Sadek Dziri,
désapprouve «le recours systématique du ministre aux tribunaux pour
régler des questions de revendications exposées depuis la grève de
2006». Il a considéré ce recours comme un abus de pouvoir et une
tentative de limitation des droits constitutionnels, à l’instar de
la grève. De son côté, le Snapest lance un appel à tous les
travailleurs de l’Education d’unifier leurs rangs et de se mobiliser
davantage afin de faire valoir leurs revendications légitimes. Ce
syndicat reste convaincu que les intérêts du fonctionnaire doivent
toujours primer sur les divergences lorsqu’elles existent. Le CLA,
lui aussi, reste déterminé à aller loin dans son mouvement de
protestation, puisqu’une grève ouverte a été décrétée dès le départ.
Malgré les intimidations et les pressions de la tutelle, le CLA
demeure confiant et compte sur la mobilisation pour arracher les
droits de la corporation. Décidés à ne plus céder à la bataille
contre les enseignants, menée par le ministre, les animateurs de
cette grève n’écartent pas le spectre de l’année blanche si le
ministre persiste dans son attitude et n’ouvre pas les portes à un
dialogue «sérieux et serein» avec les enseignants pour des
revendications ayant trait à un salaire digne d’un enseignant, à
l’ouverture des négociations sur le régime indemnitaire et notamment
son application avec effet rétroactif à partir du mois de janvier
2008 ainsi que l’intégration des enseignants contractuels, la
réorganisation des œuvres sociales et l’intégration de la médecine
du travail.
Hocine Larabi
Haut
Sa présence dans l’échiquier social et
économique est appelée à être revalorisée
Quelle place pour l’Université ?
Le Conseil national de l’enseignement supérieur (CNES) a
fait coïncider son mot d’ordre de grève dans les universités avec la
rentrée officielle à l’occasion de laquelle le président
de la République a rappelé jeudi dernier à partir de Sétif
les objectifs essentiels que la Nation est en droit de réclamer et
d’attendre de cette institution.
Entre les idéaux de développement économique et de
formation des élites pour lesquels, selon Bouteflika, l’Université
est censée travailler, d’une part, et l’état dans lequel elle se
trouve aujourd’hui – où se liguent, dans une dangereuse conjuration,
baisse du niveau pédagogique, profils peu adaptés aux débouchés
économiques, tensions permanentes et grèves récurrentes –, d’autre
part, les analystes, les responsables gestionnaires et la société
tout entière sont fondés à tirer la sonnette d’alarme et à désigner
les termes de référence pour un nouveau «contrat social» qui devra
servir de base consensuelle à une université qui puisse épouser
complètement les préoccupations et les ambitions de la société en
matière de savoir, de progrès technologique et de développement
économique. Outre une population de jeunes bacheliers qui donne
chaque année une envergure nouvelle à nos structures universitaires,
ces dernières vivent des remous, des grèves et d’autres formes de
perturbations où se mêlent les revendications sociales, les
questions d’intendance et les exigences pédagogiques des programmes.
Ces aléas – où se rejoignent, comme dans un condensé du chaudron de
la société algérienne tout entière, les questions sociales, les
motivations politiques et les contradictions culturelles – ont fini
par prendre en otage l’Université et la projeter dans la zone des
incertitudes. Des événements, comme celui vécu dramatiquement à
l’université de Mostaganem à la rentrée 2008 où un étudiant avait
tué son professeur, ne laissent pas de poser de graves et de
déterminantes question quant au sort de l’Université algérienne.
L’émoi et la consternation ayant affecté le personnel universitaire
(corps enseignant et administration) ainsi que l’opinion publique,
n’ont d’égal que l’espoir mis dans cette institution scientifique
pour former les cadres de la Nation et permettre aux enfants du
peuple une ascension sociale au prix d’un labeur et d’une compétence
bien mis en valeur.
Travaillée au corps par des luttes politiciennes depuis
que, faute de démocratie et de liberté d’expression, les
organisations clandestines de la société (partis, associations,
syndicats) y avaient élu domicile, l’Université algérienne ne
faisait, depuis la fin des années soixante-dix du siècle dernier,
que régresser et se fourvoyer dans une voie sans issue. Elle fera
les frais de l’économie rentière qui s’installa insidieusement et
qui a fini par casser tous les ressorts de la société. Les
conséquences d’une telle situation ne pouvaient être qu’à l’antipode
des missions dévolues à l’Université : formation de l’encadrement
nécessaire pour l’économie et l’administration du pays, reproduction
des élites et renforcement des valeurs de la citoyenneté.
Aléatoire adéquation formation-emploi
Il s’ensuit que le niveau de certaines questions et
revendications – comme celles liées à l’intendance, au transport et
à la cantine – paraît en déphasage complet par rapport aux enjeux
que charrie le fonctionnement d’une telle institution. Autrement
dit, la place et le rang qui doivent revenir à l’Université sont
censés permettre de dépasser allégrement ces questions qui relèvent
de la gestion quotidienne. Des budgets colossaux sont mis en place
pour la constructions de nouveaux centres universitaires et de
nouvelles résidences pour étudiants et étudiantes. De sommes
conséquentes sont destinées à la dotation de laboratoires en
équipements pédagogiques de recherche. La paradoxe est que des
chapitres moins budgétivores souffrent d’un déficit de prise en
charge correcte et, de ce fait, laissent la voie ouverte vers la
contestation et le pourrissement. C’est dans ce contexte
d’interrogations et de remises en cause que les gestionnaires de
l’économie nationale et les nouveaux capitaines d’industrie, qui
commencent à conférer au secteur économique ses vraies valeurs de
rentabilité et de compétence, se posent d’ores et déjà la grande
question de savoir où se trouvent les relais en matière de
ressources humaines appelées à prendre en charge les entreprises et
à manager leur politique d’investissement. Ce sont là les
préoccupations développées aussi par le président Bouteflika jeudi à
Sétif. Déjà auparavant, des séminaires et autres colloques se sont
tenus pour analyser la relation entre l’Université algérienne, en
tant qu’instance pédagogique et académique, avec le monde du travail
tel qu’il s’est établi sous l’impulsion de l’ouverture sur le
marché. Aussi bien l’entreprise algérienne que l’entreprise
étrangère appelée à travailler en Algérie, aucune d’entre elle n’a
l’assurance de tomber sur des qualifications valables dans leurs
domaines d’activité respectifs. Le constat le plus indulgent est que
la relation intime et dialectique entre la formation et l’emploi n’a
pas pu bénéficier de l’intérêt à la hauteur des défis de l’heure de
la part des pouvoirs publics. Le challenge actuel c’est de mettre la
main sur la stratégie permettant de rationaliser et d’harmoniser le
rapport entre la qualification et le background universitaire d’une
part et les besoins d’une économie émergente d’autre part.
Néanmoins, l’engagement de l’Algérie dans l’économie de marché –
supposant compétitivité, performance et management moderne – ne peut
souffrir davantage les atermoiements d’un système scolaire et
universitaire qui forme des chômeurs en puissance. La recherche de
la main-d’œuvre qualifiée, d’agents de maîtrise et de cadres
compétents demeure le point noir de la politique du déploiement des
entreprises dans notre pays. Le déficit en ressources humaines se
pose avec une acuité inégalée depuis que le pays s’est engagé dans
l’économie de marché. La particularité du chômage en Algérie est le
fait qu’il soit lié à un déficit de qualification et de compétence.
Le nivellement par le bas – généré par une économie rentière qui, il
faut bien le dire, n’avait besoin d’aucune qualification
particulière sous le régime de la rente distributive – a fait
beaucoup de dégâts dans les systèmes scolaire et universitaire.
Recherche scientifique : Est-ce l’éveil ?
Le ravalement de l’Université dans la qualité de ses
prestation a fini par marginaliser toutes les énergies susceptibles
de s’investir dans la promotion de l’université et la recherche
scientifique. Salaire qui ne s’accorde nullement avec la fonction
d’enseignant universitaire, fouillis pédagogique faisant de nos
étudiants des «cobayes» de nouvelles formules ou nouveaux régimes,
déficit de débouchés dans le monde du travail vu les inadéquations
entre la formation reçu et l’appareil économique du pays en pleine
mutation. Ces travers et d’autres écueils aussi objectifs et aussi
insurmontables ont fini par dresser un barrage à toute forme
d’initiative ou d’esprit de recherche. Mais pour donner le change et
distribuer la rente par le canal de ce qui fut appelé la «recherche
scientifique», on n’a pas hésité à envoyer à l’étranger des
boursiers triés sur le volet par qui vous savez. L’opération se
transformera, dans la plupart des cas et sans surprise, en une fuite
des cerveaux organisée par les pouvoirs publics. Les résultats sont
là. Les meilleurs laboratoires de médecine du monde, les plus
performantes usines de montage électronique ou de conception
informatique emploient des cadres algériens de haut niveau.
L’axe de la recherche scientifique commence à peine à
bénéficier de l’intérêt des pouvoirs publics. Le gouvernement y a
mis une enveloppe financière de 100 milliards de dinars. Cependant,
l’on ne sait pas comment les gestionnaire de cette enveloppe
comptent rentabiliser les résultats de la recherche dans le
développement économique du pays. En d’autres termes, comment
pourra-t-on sortir des recherches fantaisistes destinées juste à
consommer de l’argent publics ? Jusqu’à quand, devra-ton se poser la
question, la recherche scientifique demeurera l’exclusivité de
l’Etat alors que sous d’autres cieux elle est assurée par des
entreprises industrielles qui consacrent une partie de leurs budgets
à ce que leur comptabilité mentionne sous la rubrique R & D
(Recherche et Développement) ? Cette question se justifie par le
fait qu’une recherche pragmatique, utile et efficace pour le
développement ne peut réellement être «commandée» que par ses futurs
utilisateurs. La conviction des analystes est que, sur le plan de la
recherche appliquée, l’Algérie peut engager de grands chantiers pour
mettre à niveau les entreprises et l’administration sur le plan
technique en adaptant les dernières inventions et créations du monde
développé. Il est désolant de voir des logiciels pirates – qui
circulent en toute impunité – prendre la place et le rang de
recherche applicables à nos entreprises. Or, en matière de solutions
informatiques, des Algériens de valeur sont en train de rendre des
services inestimables à des boites étrangères au moment où
s’échaudent ici de fumeuses chimères lors de dispendieux séminaires
tendant à inciter les cerveaux algériens à revenir au pays pour y
investir et s’y investir !
La part prise par la matière grise algérienne sous les
cieux «plus cléments» d’Europe, d’Amérique et des pays du Golfe est
un signe révélateur des échecs recommencés de la politique nationale
de recherche et de la stratégie de la valorisation des énergies
humaines nationales. Que ce soit dans le secteur primaire
(agriculture, forêts environnement) que dans le secteur secondaire
(industrie, agroalimentaire) en passant par le secteur des services
(tertiaire), l’Algérie a des besoins énormes de mise à niveau
technique et de gestion. Aucune mesure administrative ou de
«jurisprudence» étrangère ne peut remplacer l’action de la recherche
scientifique. Des actions de recherche appliquée ont été déjà
initiées en Algérie pour adapter des inventions ou créations
occidentales. Les spécialistes algériens en environnement et en
foresterie ont tiré le meilleur parti de l’observation et de
l’évaluation des couverts végétaux par satellite. Ainsi, la nappe
alfatière recouvrant tout le territoire des Hauts Plateaux a pu être
suivie dans son évolution régressive jusqu’à pousser les
scientifiques à tirer la sonnette d’alarme pour que les pouvoirs
publics prennent en charge la question des surpâturages, des labours
illicites et d’autres défrichements délictueux. De même, par
exemple, les bribes d’information distillées ces derniers temps sur
l’énergie bioéthanol que pourrait développer la datte algérienne
méritent bien un traitement académique et une recherche plus poussée
sur le terrain.
Coopération et transfert de technologie
Si, par le passé, la recherche scientifique était confinée
dans les efforts fournie par une personne ou une équipe très
réduite, l’évolution de l’organisation sociale des États fait
qu’actuellement la recherche est moins personnalisée. Elle est
souvent due à des entités institutionnelles (universités, instituts,
laboratoires,…) au sein desquelles les personnes n’ont pas moins de
mérite. Ainsi, dans le cadre du partenariat avec des pays avancés,
des universités ou instituts algériens ont engagé des recherches
conjointes qui bénéficient de l’expérience de l’un et de la
connaissance du milieu de l’autre. Mise en valeur touristique et
environnementale des îles Habibas au large d’Oran, glissements de
terrain de Constantine, carte des risques sismiques de l’Algérie,
identification et plan de lutte contre les maladies nosocomiales,
promotion de l’industrie pharmaceutique nationale,…etc ; des
dizaines de thèmes ayant une portée pratique dans la vie quotidienne
des populations ont été déjà identifiés. Par rapport aux mécanismes
de recherche mis en place depuis des décennies dans les pays
développés – mécanismes institutionnels, managériaux, financiers,
partenariat avec les entreprises privées – l’Algérie enregistre un
énorme déficit Actuellement, les sujets de recherche sont quasi
exclusivement inspirés par des individualités au sein de
l’université, par des conseils scientifiques y siégeant ou par la
tutelle administrative. Les résultats de la recherche élisent
souvent domicile dans les tiroirs de l’université. Leur prolongement
sur le terrain ne bénéficie d’aucune garantie. Pire, des dizaines
d’inventeurs – ayant fabriqué des machines et des outils suite à un
souci de régler un problème technique réel posé au sein de la
communauté – attendent depuis des années un brevet qui n’arrive pas.
La plus intrépide des volontés s’en trouvera nécessairement
émoussée.
Par Saâd Taferka
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