Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

Refroidissement

Fort du soutien que leur offrent les Etats-Unis depuis des décennies maintenant, les Israéliens ont fini par oublier que c'est bien grâce à leur allié américain qu'ils bénéficient encore et toujours de l'impunité pour leurs crimes envers les Palestiniens. Et si officieusement les relations entre les deux nations amies ont pu connaitre quelques refroidissements, officiellement les deux pays restent très proches. John Kerry, secrétaire d'État américain a d'ailleurs ces deniers mois porté à bout de bras la relation israélo-américaine alors qu'il tente de trouver une solution viable, pour toutes les parties concernées, au conflit du Proche-Orient. Des efforts qui loin d'être appréciés en Israël semblent même agacer plus que toute autre chose. C'est du moins le ressenti du ministre de la Défense israélienne qui s'est laissé aller à des commentaires peu flatteurs sur le diplomate américain. En effet, dans des conversations privées avec des officiels israéliens et américains, rapportées cette semaine par la presse, le ministre de la Défense avait affirmé : " Le secrétaire d'État John Kerry - qui est arrivé ici déterminé, et qui est animé par une obsession incompréhensible et une sorte de messianisme - ne peut rien m'apprendre sur le conflit avec les Palestiniens. La seule chose susceptible de nous sauver est que John Kerry remporte le prix Nobel (de la paix) et nous laisse tranquilles". Des déclaration qui ont irrité Washington au plus haut point forçant le Département d'État américain a réagir et à qualifier d'"insultants" ces propos. "Les remarques du ministre de la Défense, si elles sont confirmées, sont insultantes et inappropriées, en particulier compte tenu de ce que font les États-Unis pour la sécurité d'Israël", a déclaré Jennifer Psaki, porte-parole du Département d'État, à des journalistes après une visite de John Kerry au Vatican. Le secrétaire d'État Kerry "et son équipe, dont le général Allen, travaillent jour et nuit pour essayer de promouvoir une paix sûre pour Israël", compte tenu de la "préoccupation profonde" de John Kerry pour "l'avenir d'Israël". "Remettre en cause les motivations" du secrétaire d'État et "déformer ses propositions (ne sont) pas quelque chose à laquelle nous nous serions attendus de la part du ministre de la Défense d'un proche allié", a ajouté la porte-parole. Toutefois, il est peu probable que ce dérapage et cette remise en place aient de véritables répercussions sur les relations entre les deux pays, les Américains étant bien trop investis et les Israéliens ne pouvant se passer de leur protecteur face une communauté internationale de plus en plus hostile à la politique coercitive menée par l'État hébreu contre le peuple palestinien.

F. M.

 

Monde

Retour

 16/01/14

 

Turquie

Erdogan s'efforce d'apaiser la crise autour du scandale de corruption

Le gouvernement turc poursuivait hier ses efforts pour apaiser les tensions créées par sa réforme judiciaire contestée, tandis que le président Abdullah Gül a continué à profiter du scandale de corruption pour faire entendre ses différences.

Hier, le ministre de la Justice Bekir Bozdag a rencontré dans la matinée les magistrats du Haut-conseil des juges et des procureurs (HSKY), dont la réforme annoncée suscite depuis plusieurs jours la colère de l'opposition, qui la juge contraire à la Constitution. Convaincus de sa volonté de remettre la justice au pas, les principaux rivaux du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan ont accueilli avec une extrême réserve, voire une franche hostilité sa proposition de geler sous condition son texte de loi. "Le Premier ministre a proposé de geler son texte au lieu de le retirer", a noté hier à l'AFP le vice-président du Parti républicain du peuple (CHP), Faruk Logoglu. "Le gouvernement est vraiment déterminé à avancer avec sa proposition de contrôler le Haut-conseil des juges et procureurs (HSYK)", a regretté Logoglu, répétant que son parti ne discuterait pas d'une réforme tant que le gouvernement n'aurait pas retiré son projet. L'ultranationaliste Parti pour un mouvement populaire (MHP) a, lui, catégoriquement écarté l'idée-même d'un amendement constitutionnel sur l'organisation judiciaire du pays. Malgré ce refus, le vice-Premier ministre Bülent Arinç a répété que son gouvernement était disposé à geler son texte à la stricte condition que l'opposition, qui le juge contraire à la Constitution, accepte le principe d'une réforme. "Si les trois autres partis (représentés au Parlement) parviennent à un accord d'ici à la fin de cette semaine, alors la réforme du HSYK sera retirée de notre calendrier", a déclaré hier le porte-parole du gouvernement. Le projet, toujours en cours d'examen hier par une commission parlementaire, vise à donner au gouvernement le dernier mot sur toutes les nominations de magistrats par le Haut-conseil, une des plus importantes institutions du pays. Hier, la presse a apporté que six nouveaux hauts responsables de la police d'Ankara avait été démis de leurs fonctions. Depuis un mois, plus d'un millier d'officiers de la Sûreté nationale ont été congédiés dans une purge sans précédent. Erdogan soupçonne la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen, en guerre ouverte contre lui, d'user de son influence dans la police et la justice pour manipuler l'enquête anticorruption en cours pour le déstabiliser à la veille des élections municipales du 30 mars et présidentielle d'août 2014. Depuis le 17 décembre, plusieurs dizaines de patrons, hommes d'affaires et élus proches du régime ont été inculpés ou incarcérés pour corruption, blanchiment et fraude. Dans ce climat délétère, le chef de l'État Abdullah Gül, réputé proche de la confrérie Gülen, a une nouvelle fois pris ses distances avec le Premier ministre en prônant un changement de politique sur la Syrie. "Je suis favorable à ce que nous procédions à un nouveau calibrage de nos politiques diplomatique et de sécurité", a-t-il lancé. Comme lors de la fronde antigouvernementale de juin 2013, Gül a multiplié les prises de positions modérées depuis un mois pour défendre l'État de droit, à contrepied de l'intransigeance et de la fermeté d’Erdogan. Au vu des tensions qui agitent la majorité islamo-conservatrice au pouvoir, le président, très apprécié des Américains, est désormais considéré par de nombreux commentateurs comme un recours, voire un rival politique du Chef du gouvernement.

 Par Ali O.

 

   Haut

Copyright 2003-2011 Le Jour d'Algérie.