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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 16/01/2016


Genève 3
pour entériner la nouvelle donne militaire


On sait que ce qui pourrait s'appeler Genève 3, mais à qui assez étonnement ce titre n'est pas encore accordé, se tiendra comme prévu, désormais dans moins d'une dizaine de jours. Si cela est acquis, c'est parce que John Kerry et Sergueï Lavrov ont pris de concert la peine de dissiper, en quelque sorte dans la dernière ligne droite, tous les doutes susceptibles de subsister à ce propos. Même le ministre saoudien des Affaires étrangères a estimé judicieux de rappeler que le regain de tension avec l'Iran n'était de nature ni à empêcher le nouveau round des négociations, ni à le faire reporter, ni même à influer sur son déroulement. On remarquera néanmoins qu'il a fallu que les deux parrains attitrés se soient prononcés en faveur de la rencontre à la date prévue, le 25 du mois courant, pour qu'il y aille de sa propre onction. Si à l'approche de ce nouvel épisode des pourparlers, entre le régime syrien et les différentes factions de l'opposition, armées et non armées, autant de voix autorisées, comme on dit, ont conspiré pour rendre inéluctable le rendez-vous de Genève, auquel ont préludé bien des préparatifs, c'est parce que l'un au moins des protagonistes a conditionné sa participation à l'arrêt des hostilités. De fait, des pourparlers ont plus de chance d'aboutir s'ils sont précédés par un cessez-le-feu respecté par tout le monde que s'ils interviennent dans un contexte de guerre à son acmé.
Le problème c'est que dans le cas syrien, un cessez-le-feu n'est pas sérieusement envisageable, pour la bonne raison qu'il existe des parties, et non des moindres, dont au premier chef Daach et Anosra, avec lesquelles aucune négociation n'est possible, ni d'ailleurs souhaitable. Une situation dans laquelle tous les bords ont convenu de mettre fin aux hostilités, sauf les factions terroristes, ne serait une sorte de désarmement quasi général devant un ou plusieurs ennemis qui, eux précisément, se font une loi de ne rien respecter, de tout violer au contraire. Or, dans le conflit syrien, tout le monde, ou presque, accuse tout le monde de terrorisme. De sorte qu'on peut douter que Genève 3 réalise une percée dans la recherche d'une solution politique. S'il diffère néanmoins des deux rounds précédents, ce n'est pas parce que la négociation a mûri chemin faisant, mais parce que le conflit a évolué par rapport à ce qu'il était au moment de Genève 2. Et davantage, bien sûr, en comparaison du contexte propre à Genève 1. Genève 1 a posé le cadre de référence de la solution politique, sauf que sa lettre ne revêt pas la même signification selon que l'on est le pouvoir ou l'opposition. Genève 2 a vu la tentative de cette dernière d'imposer sa propre lecture du document sanctionnant Genève 1, alors que le rapport de force, lui, a changé dans l'intervalle au profit du régime. Depuis, ce sont les forces opposées au régime qui se sont mises à gagner sur les terres contrôlées par le régime, qui s'est vu dans l'obligation de céder du terrain pour mieux conserver ses positions fortes. Sans l'intervention russe, qui a stoppé net ce processus mais sans toutefois le renverser complètement, le régime syrien tombait. Toujours est-il que celui-ci est reparti à l'offensive sur bien des fronts, aussi bien contre les groupes terroristes que contre ceux qui ne sont pas en général considérés comme tels. Il n'y a aucune raison de penser que Genève 3 ne soit pas le reflet plutôt exact de la donne militaire telle qu'elle se présente aujourd'hui même. Le régime est en train de remonter la pente, au détriment de plusieurs factions, terroristes et non terroristes, pour autant qu'il soit facile de tracer une ligne nette de séparation entre les deux. Et qu'elle soit surtout la même pour tout le monde. Ce qui n'est pas encore le cas, il s'en faut.


 


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