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Blida
Les prix des
agrumes inabordables
A vocation
agrumicole par excellence, la wilaya de Blida continue de subir la
fièvre qui caractérise les prix des agrumes, plus particulièrement
l’orange.
Le niveau de
celle-ci se situe actuellement à pas moins de 50 DA le kg, jusqu’à
140 DA le kilo la Thompson, la Thompson Navel ou la Washington,
a-t-on constaté. Selon un agrumiculteur, au fait des mécanismes
régulant le circuit de la commercialisation, la logique actuelle des
prix des agrumes ne découle pas des lois du marché basées sur les
fluctuations de l’offre et de la demande mais de pratiques utilisées
par des forces dominantes du marché qu’on nomme les intermédiaires
et qui consistent à jouer à fond sur la rétention des produits, soit
par l’organisation contrôlée, soit par le stockage du produit dans
les chambres froides. Ce même agrumiculteur n’a pas manqué également
de relever que les quantités mises sur le marché «ne répondent
jamais à la demande potentielle du consommateur pour ne pas faire
baisser les prix».
La réalité du
terrain montre bien que ces canaux sont parfaitement maîtrisés par
une myriade d’intermédiaires existant entre le producteur et le
consommateur, une réalité qui montre clairement à quel niveau sont
fixés les prix non pas au niveau du marché de gros, comme ont est
tenté de le croire, généralement, mais bel et bien au «pied du
verger», selon cet agrumiculteur.
Contacté à ce
sujet, le chef de service, chargé de la production auprès de la
direction des services agricoles de la wilaya, a affirmé que la
vente sur pied constitue la seule pratique qui régule le marché en
dehors de toute loi obéissant aux fluctuations de l’offre et de la
demande, une pratique mise à l’index par les producteurs et
consommateurs qui se déclarent victimes d’une logique qu’ils ont
toujours dénoncée. Le patrimoine agrumicole de la wilaya de Blida
occupe une superficie de 16 524 ha dont 911 ha constitués de jeunes
plants.
En effet, la
wilaya de Blida est confrontée au problème de vieillissement des
vergers agrumicoles dont 60 % ont plus de 40 ans d’age, selon la
direction des services agricoles de la wilaya.
A la suite de ce
constat, la direction des services agricoles de la wilaya a pris les
devants par l’élaboration, dans le cadre des différents plans de
développement agricole et plus particulièrement le programme
national de développement agricole et rural (PNDAR), d’un programme
de rajeunissement des vergers d’agrumes. La production annuelle de
la wilaya, qui varie entre 2 000 000 et 2 500 000 de quintaux,
représente 30% de la production nationale.
Selon la direction
de l’agriculture, la production d’agrumes réalisée au cours de la
saison 2005-2006 est de 2 376 000 quintaux, toutes variétés
confondues, un volume de production qui est en léger recul par
rapport à celui de la saison 2004- 2005 qui est de 2 476 000
quintaux.
Haut
Boudjellil/ Bejaia
La femme rurale
honorée par l’association AFAC
L’association des
femmes cadres de Béjaïa (AFAC) a choisi la municipalité de
Boudjellil, dans la haute vallée de la Soummam pour célébrer la
Journée mondiale de la femme avec l’Association Assirem (espoir) de
la localité. Avec son invitée de marque, Mme Saïda Benhabiles,
présidente de l’association de promotion de la femme rurale, un
grand hommage a été rendu aux Moudjahidate de la commune qui ont eu
droit à des prix de reconnaissance pour leurs sacrifices et leur
dévouement durant les moments les plus durs de la vie du pays, à
savoir, la guerre de Libération nationale. Trois jeunes athlètes de
la commune ont été également honorées pour les résultats obtenus
dans différentes compétitions sportives. Outre ces actions qui
méritent bien un encouragement, l’association et son invitée, ont
découvert, à l’occasion, les activités de l’association féminine de
Boudjellil, Assirem qui se déploie, en dépit de ses moyens très
imités, à insérer dans la vie professionnelle les femmes rurales que
sont celles de la commune et les faire sortir de leur hermétisme,
afin de mettre en valeur ce qu’elles savent faire dans plusieurs
créneaux et les initier pour apprendre à être autonomes et se
prendre en charge. En effet, nombreuses sont celles qui ont eu,
grâce à cette association et le courage des animatrices, à exercer
leur savoir faire, aussi bien, dans l’atelier des travaux manuels et
d’artisanat mis en place depuis de longs mois, que dans la
bibliothèque et le cybercafé. Une école pour enfants non scolarisés
a été inaugurée en la circonstance par Mme Benhabiles qui a écouté
attentivement les difficultés éprouvées par la femme rurale ici,
ainsi que ses besoins pour sortir de son isolement et investir le
marché économique.
Hocine Cherfa
Haut
Bouira/Vol dans la pharmacie du centre-ville
Les
cambrioleurs appréhendés
Quatre individus,
dont un récidiviste, connu par les services de police pour avoir des
antecedents judiciaires et purgé des peines d’emprisonnement pour
vol, ont été arrêtes ce week-end et présentés devant le doyen des
juges qui a ordonné l’emprisonnement de trois des malfaiteurs et
laissé en liberté un quatrième. Les nommés H.Z., A.L., K.A., et A.S.
se sont rendus responsables de vol par effraction à la faveur de la
nuit, commis il y a une dizaine de jours dans une pharmacie située
au centre-ville et appartenant à la Société nationale de
distribution des produits pharmaceutiques Vraisemblablement, les
voleurs ont emporté des équipements appartenant à la pharmacie et
quelques accessoires qui ont été récupérés lors de leur arrestation.
Il est utile de souligner que cette bande de voleurs à avoué avoir à
son actif d’autres vols perpétrés la nuit durant cette dernière
période. Ils sont poursuivis pour les délits d’association de
malfaiteurs et vols par effraction.
Farid Haddouche
Haut
Le tourisme de montagne demeure une activité marginale en
Algérie
Deux sites
naturels méconnus sur le Djurdjura
La montagne du
Djurdjura fait partie du grand ensemble du massif kabyle désigné par
les romains sous le nom de Mons Ferratus qui englobait aussi la
chaîne des Bibans. La crête du Djurdjura, au sens stricto sensu de
la géomorphologie, se déroule sur environ 70 km de longueur, depuis
les hauteurs de Lakhdaria-Draâ El Mizan jusqu’au massif de l’Akfadou
où elle s’abaisse vers la mer.
Par Saâd
Taferka
Au sens du système
montagneux alpin, de par sa géologie, ses altitudes et ses pentes,
la croupe de la montagne occupe une longueur d’ouest en est de 50 km
et une largeur d’environ 9 km. La colonne vertébrale de la
géomorphologie kabyle est, sans conteste, la chaîne du Djurdjura,
repère par rapport auquel tout le reste est situé, positionné ou
nommé.
Dans son roman «La
Terre et le sang», Mouloud Feraoun décrit cette crête comme un
«squelette de dinosaure». Ce tableau est particulièrement vrai quand
on l’observe à partir des versants sud. La queue de ce «reptile»
serait la ligne allant en pente douce de Tizi Larbaâ à Tizi n’Djaâboub,
ses «vertèbres dorsales et lombaires» seraient les massifs de Haïzer
et Lalla Khedidja, et sa tête se situerait à Azerou n-T’hor orientée
vers le nord.
Les sites naturels
offerts par le Djurdjura pour les visiteurs sont nombreux. Ils sont
généralement l’œuvre d’un travail géologique à l’échelle des
millions d’années. Crevasses, grottes, avens, gouffres, aiguilles,
magiques pelouses, rivières souterraines sortant en eau de
résurgence, et tant d’autres monuments que la nature, dans son
immense générosité et dans son indescriptible complexité, offre aux
hommes. Cependant, il se trouve que, parce que non valorisés par des
infrastructures d’accès ou de tourisme, ces sites sont restés
presque dans l’anonymat. Seuls quelques guides touristiques les
signalent sans grand espoir de créer une grande affluence vers des
points que seuls assoiffés des curiosités de la nature ou de la vie
«monacale» savent réellement atteindre. Nous nous arrêterons sur
deux grands sites – parmi les dizaines que compte la Djurdjura –
pour en faire une description succincte.
La Grotte du
Macchabée
Du haut d’Ighil n’Sebt
(1 232 m d’altitude), dans la région de Aïn El Hammam, nous avons
une vue sur un bel arc du Djurdjura allant des escarpements de
Tabbourt El Aïncer, qui surplombent Boghni, jusqu’à Azrou n’Thor.
La direction
sud-ouest du regard tombe immanquablement sur la façade d’Azrou n’Tidjer,
une muraille dressée au-dessus du cours de l’Oued Djemaâ, principal
affluent de l’Oued Aïssi. La façade porte, comme des grains de
beauté, deux petits cercles buissonnants accrochés à angle droit.
Une petite
ouverture, sous forme de sourcil bien arqué, se devine sur la partie
gauche de la muraille. C’est l’ouverture de la mythique Grotte du
Macchabée dont nous ne connaîtrons les véritables dimensions qu’une
fois parvenus sur les lieux.
Il faut alors se
résoudre à ce voyage qui peut prendre 20 à 30 minutes en voiture sur
la RN 15 jusqu’au carrefour de Tizi Ldjamaâ. De là, on bifurque à
droite pour parvenir, au bout d’environ un kilomètre, à un grand
sentier qui chemine sensiblement au pied de la grande muraille.
Un raidillon aux
formes fuyantes, tracé dans la paroi même de la façade d’Azrou n’Tidjer,
prend naissance à équidistance entre les deux extrémités de la
largeur de la masse imposante de la muraille.
Le petit sentier
monte verticalement ; les pas des visiteurs ont fini par y tracer de
petites marches. Les jambes commencent à faire des ratés au bout
d’une dizaine de minutes. On zigzague, on glisse sur de petits
cailloux rondelets ou acérés et, dans un élan de courage bien
nécessaire, on reprend ses forces en les projetant sur le restant du
parcours à escalader.
Pendant la
colonisation, l’itinéraire vertical qui mène à la grotte était doté
d’une corde d’ascension passée entre des pitons profondément fichés
dans le roc. Certains de ces pitons sont toujours là, mais le reste
s’est tout simplement volatilisé.
Après une escalade
qui aura duré en moyenne une demi-heure, l’on aborde une petite
plateforme située en avant de la porte d’entrée. Nous sommes à 1 472
m d’altitude sous le géant portique qui annonce l’entrée de la
grotte, une entrée haute de pas moins de cinq mètres. Un chemin
large et rocailleux pénètre dans les profondeurs ténébreuses. Ses
parois sont marquées de flèches à la peinture pour indiquer la
direction à suivre pour arriver au macchabée qui gît au fond de la
grotte. A fil du temps, de mauvais plaisantins ont multiplié les
flèches jusqu’à faire perdre son chemin au visiteur profane.
L’importance de ces indications va se révéler au premier carrefour ;
là, des chemins multiples sous forme de boyaux sont «proposés» au
convive du monde souterrain.
Il faut non
seulement être accompagné par un connaisseur, mais il importe aussi
d’avoir sur soi des bougies et des allumettes pour baliser son
itinéraire par des lumignons fixés à la paroi de la grotte et
espacés de façon à ce que, à partir d’une balise, on puisse voir la
suivante.
L’architecture des
stalactites et stalagmites est d’un spectacle saisissant. De longs
et effilés appendices rocheux pendent du toit de la grotte en
laissant tomber des gouttes d’eau fraîche avec un rythme de
métronome. Des vasques et marmites ciselées par le travail
inexorable de l’érosion qui a duré des millions d’années ornent le
parterre rocailleux. Un silence religieux règne dans le «hall». Un
simple soupir ou une légère toux du spéléologue amateur sont
amplifiés d’une mystérieuse façon en échos saccadés et qui
s’éteignent graduellement à la porte d’entrée.
Au bout de deux
cents mètres environ, le chemin se rétrécit d’une façon
incompréhensible. Des blocs de pierres solidairement emboîtés
s’accrochent au toit et forment une cloison presque infranchissable.
On a l’impression que le parcours prend fin et qu’il ne reste comme
ultime solution que de rebrousser chemin en se faisant guider par
les lumignons qu’on a fixés derrière soi. Il n’y a qu’un habitué des
lieux qui peut vous apprendre que votre chemin ne vous a encore rien
révélé des secrets, ou plutôt du Secret qui a motivé votre
déplacement. Le froid permanent de ce monde intérieur pénètre
insidieusement dans les os au moment où l’on se met à réfléchir à la
manière de continuer son aventure.
En s’approchant
nettement de la cloison pierreuse, on s’aperçoit subitement et comme
par enchantement qu’un halo de lumière recouvre l’autre compartiment
en avant auquel on n’a pas pu encore accéder. C’est une menue brèche
oblongue dans le sens horizontal qui donne accès à cette zone
pénétrée par la lumière du jour. La surprise est de taille et la
curiosité s’aiguise d’une façon irrépressible. D’où peut provenir la
lumière du jour ? Les boyaux de la grotte transpercent-ils le roc de
la montagne au point de donner sur l’autre versant ? Le mystère
reste complet tant que l’on n’a pas gagné le compartiment tant
convoité. Et comment faudra-t-il s’y prendre ?
L’unique solution
à laquelle sont réduits tous les visiteurs de ces entrailles de la
terre est de se présenter par les pieds en se couchant sur le dos ou
à plat
ventre ; puis, on
laisse glisser son corps de proche en proche sur une dalle
obliquement incrustée jusqu’à sentir les pieds se reposer doucement
sur le sol du nouveau compartiment. On relève la tête enfin, et une
aveuglante lumière vient agresser les yeux, lumière blanche du jour
qui pénètre d’un trou circulaire au-dessus du parquet.
Une lumière qui
«pleut» et qui guide l’invité des abysses dans ses dernières
pérégrinations.
Quelques dizaines
de mètres plus loin, on tombe droit devant un grillage de fil
métallique recouvrant un cadavre à moitié dépecé. Un cadavre qui
garde l’essentiel de sa peau mais à qui on a volé une partie des
membres. Le froid permanent de la grotte a, en quelque sorte
«momifié» le macchabée.
Chacun a sa
version quant à l’histoire de cet homme qui a fini sa course dans le
ventre de la terre et qui a vu sa dépouille couronner d’un destin
peu commun. On raconte, entre autres, que c’était un berger qui
aurait subi une chute à partir du trou ou pénètre la lumière du jour
dans la grotte. Blessé, il aurait traîné son corps jusqu’au fond de
la cave dans laquelle il repose depuis plus d’un siècle.
A la sortie de la
grotte où l’on regarde de face le panorama qui s’ouvre sur l’oued
Djemaâ, on est pris d’un vertige au sens propre du mot. Peu de
visiteurs pourraient soutenir un tel exercice d’équilibre où l’on a
l’impression que l’on regarde à partir du toit d’un avion ! Tizi
Oumalou, Ichellibène, Aourir Ouzemmour, Akaouadj, Aït Mislayène, Aït
Laâziz, Aït Khelifa, sont autant de villages qui sertissent les
collines et les buttes, les vallons et dépressions des aârchs d’Abi
Youcef et Akbil .
Au pied d’Azrou n’Tidjer,
prend naissance une source limpide et glacée qui déverse ses eaux
dans l’oued Djemaâ. Ce dernier alimente à son tour le nouveau
barrage de Taksebt, dans la banlieue de Tizi Ouzou.
Un lac
d’altitude : le Tamda Ugelmim
Parmi les sites
les plus curieux mais qui n’ont pas connu une promotion particulière
sur le plan médiatique, le lac Goulmim est certainement celui qui
mérite une attention et un intérêt accrus de la part d’éventuels
visiteurs, amis de la nature ou âmes gagnées par l’angoisse
existentielle.
Un lac sur un
sommet de montagne, ce n’est certainement pas ce qu’il y a de plus
courant en Algérie et même de par le monde.
Situé à
califourchon entre la wilaya de Bouira et la wilaya de Tizi Ouzou,
ce monument de la nature appartient réellement au bassin versant d’Assif
Assouki , qui passe en contrebas d’Agouni Gueghrane. Il trône à 1
660 m d’altitude avec une cuvette d’environ quatre hectares. C’est
une dépression limitée par trois sommets assis sur des lignes de
partage des eaux : Tizi n’Cennad, à l’est (1 950 m), Tizi Taboualt,
à l’ouest (1 900 m) et Tizi Goulmim, au sud (2 000 m).
La dépression de
Tamda Ugelmim résulte d’un travail géologique fort complexe
associant les mouvements de la dynamique interne de la terre
(orogenèse et plissements) et les phénomènes karstiques propres aux
reliefs calcaires faisant intervenir un processus chimique.
La cuvette
semi-fermée du lac s’ouvre légèrement vers le nord pour laisser le
trop plein d’eau se déverser dans Assif Assouki. C’est une
plateforme dont les limites sont des falaises qui dessinent une
véritable reculée. Spacieuse, pittoresque et envoûtante, cette place
est, en été, la destination privilégiée des jeunes d’Ath R’Guène,
des Ath Bouadou et des autres villages du piémont pour un bivouac
naturel ou pour une partie de football.
Le pèlerinage et
les randonnées commencent généralement au début de l’été lorsque les
grosses congères auront fondu. Il ne reste alors que de petits amas
de neige lovés dans les recoins et les échancrures du site. Pour s’y
rendre, les jeunes d’Aït El Mansour, Aït Djamaâ, Aït Khalfa,
Ibadissen,…doivent emprunter des chemins pédestres, montueux,
cahoteux et éreintants. C’est une petite partie d’alpinisme avant
d’accéder à la plaine sacrée de la haute montagne qui nous hèle à
partir de son balcon perché à presque 1 700 m d’altitude.
Les bivouacs qui
s’organisent sur ces lieux s’étalent sur plusieurs jours. Pauvre est
certainement celui qui n’a pas pris part à l’une de ces agapes où
l’on égorge et rôtit un chevreau offert par un berger. Le pauvre
cabri s’est renversé d’une falaise, fait le tonneau et sortit avec
plusieurs fractures. Pour ne pas perdre gratuitement la bête, le
berger l’offre volontiers aux randonneurs et vacanciers qui, dans
une liesse collective, n’en font qu’une bouchée.
Le seul accès plus
ou moins viabilisé vers le lac Goulmim est la piste qui vient de
Tikjda, dans le territoire de la wilaya de Bouira. Cette vieille
piste tortueuse et fortement rocailleuse prend naissance à
l’extrémité ouest de la forêt de Tigounatine, en amont de Assif n’Tinzer.
Elle dessine des angles aigus en fer à cheval que seul un véhicule
tout terrain peut franchir avec, bien sûr, la gymnastique d’usage.
Nous sommes à Tizi
Boualma (appelée aussi Tizi Timedouine), à 1 700 m d’altitude. Le
chemin monte jusqu’à Tizi n’Tit n’Tserdount («col de l’œil de la
mule»), à l’ombre d’un pic de 2 126 m d’altitude. Ici, c’est un
chemin pédestre qui évite les contorsions de la piste qui passe par
Tizi n’Cennad. Arrivés à hauteur du lac, nous sommes happés par un
saisissement presque surnaturel à la vue d’un panorama qui n’a pas
son égal ailleurs.
La fente nord de
la dépression par où s’échappent les eaux excédentaires s’offre à la
vue comme un véritable belvédère qui ouvre le champ sur la perle des
villages du piémont et des vallées : Agouni Gueghrane, à l’est,
jusqu’à Aït Djemaâ et Thakharradjit, à l’ouest.
En l’absence de
bergers et de visiteurs, l’oreille du solitaire devient
hypersensible à cette brise permanente, parfois atone et d’autres
fois sifflante, qui se faufile entre les rocs, pénètre dans les
anfractuosités et les méandres des talwegs descendants, caresse les
pitons et les quelques houppiers ballants de cèdre disséminés à
l’horizon. La brise finit par se perdre dans les hauteurs éthérées
pour être relayée, sur les pelouses avoisinantes, par les
beuglements de vaches et de bœufs sortis de quelque monticule ou
vallon où ils paissaient dans un silence religieux.
Du temps où
s’organisaient les randonnées pédestres sous la conduite des agents
du Parc du Djurdjura, et particulièrement de feu Mustapha Muller, le
lac Goulmim faisait partie de l’itinéraire sacré qui mène de Tala
Guilef (sur les hauteurs de Boghni) à Tikjda (dans la wilaya de
Bouira). La marche était promise à une durée moyenne de quatre
heures sous la conduite vigilante et les explications précieuses de
Muller.
Mustapha Muller,
un autrichien qui a choisi comme patrie l’Algérie depuis la guerre
de Libération nationale, travaillait au Parc du Djurdjura. Ensuite,
il a été nommé au Parc du Tassili-Ahaggar. Mort au milieu des années
1990, il a choisi d’être enterré à Tamanrasset.
S. T.
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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