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Blida

Les prix des agrumes inabordables

Boudjellil/ Bejaia

La femme rurale honorée par l’association AFAC 

Bouira/Vol dans la pharmacie du centre-ville

Les cambrioleurs appréhendés

Reportage/Le tourisme de montagne demeure une activité marginale en Algérie

Deux sites naturels méconnus sur le Djurdjura

 

 16/03/08

 Blida

Les prix des agrumes inabordables

A vocation agrumicole par excellence, la wilaya de Blida continue de subir la fièvre qui caractérise les prix des agrumes, plus particulièrement l’orange.

Le niveau de celle-ci se situe actuellement à pas moins de 50 DA le kg, jusqu’à 140 DA le kilo la Thompson, la Thompson Navel ou la Washington, a-t-on constaté. Selon un agrumiculteur, au fait des mécanismes régulant le circuit de la commercialisation, la logique actuelle des prix des agrumes ne découle pas des lois du marché basées sur les fluctuations de l’offre et de la demande mais de pratiques utilisées par des forces dominantes du marché qu’on nomme les intermédiaires et qui consistent à jouer à fond sur la rétention des produits, soit par l’organisation contrôlée, soit par le stockage du produit dans les chambres froides. Ce même agrumiculteur n’a pas manqué également de relever que les quantités mises sur le marché «ne répondent jamais à la demande potentielle du consommateur pour ne pas faire baisser les prix».

La réalité du terrain montre bien que ces canaux sont parfaitement maîtrisés par une myriade d’intermédiaires existant entre le producteur et le consommateur, une réalité qui montre clairement à quel niveau sont fixés les prix non pas au niveau du marché de gros, comme ont est tenté de le croire, généralement, mais bel et bien au «pied du verger», selon cet agrumiculteur. 

Contacté à ce sujet, le chef de service, chargé de la production auprès de la direction des services agricoles de la wilaya, a affirmé que la vente sur pied constitue la seule pratique qui régule le marché en dehors de toute loi obéissant aux fluctuations de l’offre et de la demande, une pratique mise à l’index par les producteurs et consommateurs qui se déclarent victimes d’une logique qu’ils ont toujours dénoncée. Le patrimoine agrumicole de la wilaya de Blida occupe une superficie de 16 524 ha dont 911 ha constitués de jeunes plants.        

En effet, la wilaya de Blida est confrontée au problème de vieillissement des vergers agrumicoles dont 60 % ont plus de 40 ans d’age, selon la direction des services agricoles de la wilaya.

A la suite de ce constat, la direction des services agricoles de la wilaya a pris les devants par l’élaboration, dans le cadre des différents plans de développement agricole et plus particulièrement le programme national de développement agricole et rural (PNDAR), d’un programme de rajeunissement des vergers d’agrumes. La production annuelle de la wilaya, qui varie entre 2 000 000 et 2 500 000 de quintaux, représente 30% de la production nationale.        

Selon la direction de l’agriculture, la production d’agrumes réalisée au cours de la saison 2005-2006 est de 2 376 000 quintaux, toutes variétés confondues, un volume de production qui est en léger recul par rapport à celui de la saison 2004- 2005 qui est de 2 476 000 quintaux.

 

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Boudjellil/ Bejaia

La femme rurale honorée par l’association AFAC 

L’association des femmes cadres de Béjaïa (AFAC) a choisi la municipalité de Boudjellil, dans la haute vallée de la Soummam  pour célébrer la Journée mondiale de la femme avec l’Association Assirem (espoir) de la localité. Avec son invitée de marque, Mme Saïda Benhabiles, présidente  de l’association de promotion de la femme rurale, un grand hommage a été rendu aux Moudjahidate de la commune qui ont eu droit à des prix de reconnaissance pour leurs sacrifices et leur dévouement durant les moments les plus durs de la vie du pays, à savoir, la guerre de Libération nationale. Trois jeunes athlètes de la commune ont été également honorées pour les résultats obtenus dans différentes compétitions sportives. Outre ces actions qui méritent bien un encouragement, l’association et son invitée,  ont découvert, à l’occasion, les activités de l’association féminine de Boudjellil, Assirem qui se déploie, en dépit de ses moyens très imités, à insérer dans la vie professionnelle les femmes rurales que sont celles de la commune et les faire sortir de leur hermétisme, afin de mettre en valeur ce qu’elles savent faire dans plusieurs créneaux et les initier pour apprendre à être autonomes et se prendre en charge. En effet, nombreuses sont celles qui ont eu, grâce à cette association et le courage des animatrices, à exercer leur savoir faire, aussi bien, dans l’atelier des travaux manuels et d’artisanat mis en place depuis de longs mois, que dans la bibliothèque et le cybercafé. Une école pour enfants non scolarisés a été inaugurée en la circonstance par Mme Benhabiles qui a écouté attentivement les difficultés éprouvées par la femme rurale ici, ainsi que ses besoins pour sortir de son isolement et investir le marché économique.

Hocine Cherfa

 

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Bouira/Vol dans la pharmacie du centre-ville

Les cambrioleurs appréhendés

Quatre individus, dont un récidiviste, connu par les services de police pour avoir des antecedents judiciaires et purgé des peines d’emprisonnement pour vol, ont été arrêtes ce week-end et présentés devant le doyen des juges qui a ordonné l’emprisonnement de trois des malfaiteurs et laissé en liberté un quatrième. Les nommés H.Z., A.L., K.A., et A.S. se sont rendus responsables de vol par effraction à la faveur de la nuit, commis il y a une dizaine de jours dans une pharmacie située au centre-ville et appartenant à la Société nationale de distribution des produits pharmaceutiques Vraisemblablement,  les voleurs ont emporté des équipements appartenant à la pharmacie et quelques accessoires qui ont été récupérés lors de leur arrestation. Il est utile de souligner que cette bande de voleurs à avoué avoir à son actif d’autres vols perpétrés  la nuit durant cette dernière période. Ils sont poursuivis pour les délits d’association de malfaiteurs et vols par effraction.

Farid Haddouche

 

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Le tourisme de montagne demeure une activité marginale en Algérie

Deux sites naturels méconnus sur le Djurdjura

La montagne du Djurdjura fait partie du grand ensemble du massif kabyle désigné par les romains sous le nom de Mons Ferratus qui englobait aussi la chaîne des Bibans. La crête du Djurdjura, au sens stricto sensu de la géomorphologie, se déroule sur environ 70 km de longueur, depuis les hauteurs de Lakhdaria-Draâ El Mizan jusqu’au massif de l’Akfadou où elle s’abaisse vers la mer.

 

Par Saâd Taferka

Au sens du système montagneux alpin, de par sa géologie, ses altitudes et ses pentes, la croupe de la montagne occupe une longueur d’ouest en est de 50 km et une largeur d’environ 9 km. La colonne vertébrale de la géomorphologie kabyle est, sans conteste, la chaîne du Djurdjura, repère par rapport auquel tout le reste est situé, positionné ou nommé.

Dans son roman «La Terre et le sang», Mouloud Feraoun décrit cette crête comme un «squelette de dinosaure». Ce tableau est particulièrement vrai quand on l’observe à partir des versants sud. La queue de ce «reptile» serait la ligne allant en pente douce de Tizi Larbaâ à Tizi n’Djaâboub, ses «vertèbres dorsales et lombaires» seraient les massifs de Haïzer et Lalla Khedidja, et sa tête se situerait à Azerou n-T’hor orientée vers le nord.

Les sites naturels offerts par le Djurdjura pour les visiteurs sont nombreux. Ils sont généralement l’œuvre d’un travail géologique à l’échelle des millions d’années. Crevasses, grottes, avens, gouffres, aiguilles, magiques pelouses, rivières souterraines sortant en eau de résurgence, et tant d’autres monuments que la nature, dans son immense générosité et dans son indescriptible complexité, offre aux hommes. Cependant, il se trouve que, parce que non valorisés par des infrastructures d’accès ou de tourisme, ces sites sont restés presque dans l’anonymat. Seuls quelques guides touristiques les signalent sans grand espoir de créer une grande affluence vers des points que seuls assoiffés des curiosités de la nature ou de la vie «monacale» savent réellement atteindre. Nous nous arrêterons sur deux grands sites – parmi les dizaines que compte la Djurdjura – pour en faire une description succincte.

La Grotte du Macchabée

Du haut d’Ighil n’Sebt (1 232 m d’altitude), dans la région de Aïn El Hammam, nous avons une vue sur un bel arc du Djurdjura allant des escarpements de Tabbourt El Aïncer, qui surplombent Boghni, jusqu’à Azrou n’Thor.

La direction sud-ouest du regard tombe immanquablement sur la façade d’Azrou n’Tidjer, une muraille dressée au-dessus du cours de l’Oued Djemaâ, principal affluent de l’Oued Aïssi. La façade porte, comme des grains de beauté, deux petits cercles buissonnants accrochés à angle droit.

Une petite ouverture, sous forme de sourcil bien arqué, se devine sur la partie gauche de la muraille. C’est l’ouverture de la mythique Grotte du Macchabée dont nous ne connaîtrons les véritables dimensions qu’une fois parvenus sur les lieux.

Il faut alors se résoudre à ce voyage qui peut prendre 20 à 30 minutes en voiture sur la RN 15 jusqu’au carrefour de Tizi Ldjamaâ. De là, on bifurque à droite pour parvenir, au bout d’environ un kilomètre, à un grand sentier qui chemine sensiblement au pied de la grande muraille.

Un raidillon aux formes fuyantes, tracé dans la paroi même de la façade d’Azrou n’Tidjer, prend naissance à équidistance entre les deux extrémités de la largeur de la masse imposante de la muraille.

Le petit sentier monte verticalement ; les pas des visiteurs ont fini par y tracer de petites marches. Les jambes commencent à faire des ratés au bout d’une dizaine de minutes. On zigzague, on glisse sur de petits cailloux rondelets ou acérés et, dans un élan de courage bien nécessaire, on reprend ses forces en les projetant sur le restant du parcours à escalader.

Pendant la colonisation, l’itinéraire vertical qui mène à la grotte était doté d’une corde d’ascension passée entre des pitons profondément fichés dans le roc. Certains de ces pitons sont toujours là, mais le reste s’est tout simplement volatilisé.

Après une escalade qui aura duré en moyenne une demi-heure, l’on aborde une petite plateforme située en avant de la porte d’entrée. Nous sommes à 1 472 m d’altitude sous le géant portique qui annonce l’entrée de la grotte, une entrée haute de pas moins de cinq mètres. Un chemin large et rocailleux pénètre dans les profondeurs ténébreuses. Ses parois sont marquées de flèches à la peinture pour indiquer la direction à suivre pour arriver au macchabée qui gît au fond de la grotte. A fil du temps, de mauvais plaisantins ont multiplié les flèches jusqu’à faire perdre son chemin au visiteur profane.  L’importance de ces indications va se révéler au premier carrefour ; là, des chemins multiples sous forme de boyaux sont «proposés» au convive du monde souterrain.

Il faut non seulement être accompagné par un connaisseur, mais il importe aussi d’avoir sur soi des bougies et des allumettes pour baliser son itinéraire par des lumignons fixés à la paroi de la grotte et espacés de façon à ce que, à partir d’une balise, on puisse voir la suivante.

L’architecture des stalactites et stalagmites est d’un spectacle saisissant. De longs et effilés appendices rocheux pendent du toit de la grotte en laissant tomber des gouttes d’eau fraîche avec un rythme de métronome. Des vasques et marmites ciselées par le travail inexorable de l’érosion qui a duré des millions d’années ornent le parterre rocailleux. Un silence religieux règne dans le «hall». Un simple soupir ou une légère toux du spéléologue amateur sont amplifiés d’une mystérieuse façon en échos saccadés et qui s’éteignent graduellement à la porte d’entrée.

Au bout de deux cents mètres environ, le chemin se rétrécit d’une façon incompréhensible. Des blocs de pierres solidairement emboîtés s’accrochent au toit et forment une cloison presque infranchissable. On a l’impression que le parcours prend fin et qu’il ne reste comme ultime solution que de rebrousser chemin en se faisant guider par les lumignons qu’on a fixés derrière soi. Il n’y a qu’un habitué des lieux qui peut vous apprendre que votre chemin ne vous a encore rien révélé des secrets, ou plutôt du Secret qui a motivé votre déplacement. Le froid permanent de ce monde intérieur pénètre insidieusement dans les os au moment où l’on se met à réfléchir à la manière de continuer son aventure.

En s’approchant nettement de la cloison pierreuse, on s’aperçoit subitement et comme par enchantement qu’un halo de lumière recouvre l’autre compartiment en avant auquel on n’a pas pu encore accéder. C’est une menue brèche oblongue dans le sens horizontal qui donne accès à cette zone pénétrée par la lumière du jour. La surprise est de taille et la curiosité s’aiguise d’une façon irrépressible. D’où peut provenir la lumière du jour ? Les boyaux de la grotte transpercent-ils le roc de la montagne au point de donner sur l’autre versant ? Le mystère reste complet tant que l’on n’a pas gagné le compartiment tant convoité. Et comment faudra-t-il s’y prendre ?

L’unique solution à laquelle sont réduits tous les visiteurs de ces entrailles de la terre est de se présenter par les pieds en se couchant sur le dos ou à plat

ventre ; puis, on laisse glisser son corps de proche en proche sur une dalle obliquement incrustée jusqu’à sentir les pieds se reposer doucement sur le sol du nouveau compartiment. On relève la tête enfin, et une aveuglante lumière vient agresser les yeux, lumière blanche du jour qui pénètre d’un trou circulaire au-dessus du parquet.

Une lumière qui «pleut» et qui guide l’invité des abysses dans ses dernières pérégrinations.

Quelques dizaines de mètres plus loin, on tombe droit devant un grillage de fil métallique recouvrant un cadavre à moitié dépecé. Un cadavre qui garde l’essentiel de sa peau mais à qui on a volé une partie des membres. Le froid permanent de la grotte a, en quelque sorte «momifié» le macchabée.

Chacun a sa version quant à l’histoire de cet homme qui a fini sa course dans le ventre de la terre et qui a vu sa dépouille couronner d’un destin peu commun. On raconte, entre autres, que c’était un berger qui aurait subi une chute à partir du trou ou pénètre la lumière du jour dans la grotte. Blessé, il aurait traîné son corps jusqu’au fond de la cave dans laquelle il repose depuis plus d’un siècle.

A la sortie de la grotte où l’on regarde de face le panorama qui s’ouvre sur l’oued Djemaâ, on est pris d’un vertige au sens propre du mot. Peu de visiteurs pourraient soutenir un tel exercice d’équilibre où l’on a l’impression que l’on regarde à partir du toit d’un avion ! Tizi Oumalou, Ichellibène, Aourir Ouzemmour, Akaouadj, Aït Mislayène, Aït Laâziz, Aït Khelifa, sont autant de villages qui sertissent les collines et les buttes, les vallons et dépressions des aârchs d’Abi Youcef et Akbil .

Au pied d’Azrou n’Tidjer, prend naissance une source limpide et glacée qui déverse ses eaux dans l’oued Djemaâ. Ce dernier alimente à son tour le nouveau barrage de Taksebt, dans la banlieue de Tizi Ouzou.

Un lac d’altitude : le Tamda Ugelmim

Parmi les sites les plus curieux mais qui n’ont pas connu une promotion particulière sur le plan médiatique, le lac Goulmim est certainement celui qui mérite une attention et un intérêt accrus de la part d’éventuels visiteurs, amis de la nature ou âmes gagnées par l’angoisse existentielle.

Un lac sur un sommet de montagne, ce n’est certainement pas ce qu’il y a de plus courant en Algérie et même de par le monde.

Situé à califourchon entre la wilaya de Bouira et la wilaya de Tizi Ouzou, ce monument de la nature appartient réellement au bassin versant d’Assif Assouki , qui passe en contrebas d’Agouni Gueghrane. Il trône à 1 660 m d’altitude avec une cuvette d’environ quatre hectares. C’est une dépression limitée par trois sommets assis sur des lignes de partage des eaux : Tizi n’Cennad, à l’est (1 950 m), Tizi Taboualt, à l’ouest (1 900 m) et Tizi Goulmim, au sud (2 000 m).

La dépression de Tamda Ugelmim résulte d’un travail géologique fort complexe associant les mouvements de la dynamique interne de la terre (orogenèse et plissements) et les phénomènes karstiques propres aux reliefs calcaires faisant intervenir un processus chimique.

La cuvette semi-fermée du lac s’ouvre légèrement vers le nord pour laisser le trop plein d’eau se déverser dans Assif Assouki. C’est une plateforme dont les limites sont des falaises qui dessinent une véritable reculée. Spacieuse, pittoresque et envoûtante, cette place est, en été, la destination privilégiée des jeunes d’Ath R’Guène, des Ath Bouadou et des autres villages du piémont pour un bivouac naturel ou pour une partie de football.

Le pèlerinage et les randonnées commencent généralement au début de l’été lorsque les grosses congères auront fondu. Il ne reste alors que de petits amas de neige lovés dans les recoins et les échancrures du site. Pour s’y rendre, les jeunes d’Aït El Mansour, Aït Djamaâ, Aït Khalfa, Ibadissen,…doivent emprunter des chemins pédestres, montueux, cahoteux et éreintants. C’est une petite partie d’alpinisme avant d’accéder à la plaine sacrée de la haute montagne qui nous hèle à partir de son balcon perché à presque 1 700 m d’altitude.

Les bivouacs qui s’organisent sur ces lieux s’étalent sur plusieurs jours. Pauvre est certainement celui qui n’a pas pris part à l’une de ces agapes où l’on égorge et rôtit un chevreau offert par un berger. Le pauvre cabri s’est renversé d’une falaise, fait le tonneau et sortit avec plusieurs fractures. Pour ne pas perdre gratuitement la bête, le berger l’offre volontiers aux randonneurs et vacanciers qui, dans une liesse collective, n’en font qu’une bouchée.

Le seul accès plus ou moins viabilisé vers le lac Goulmim est la piste qui vient de Tikjda, dans le territoire de la wilaya de Bouira. Cette vieille piste tortueuse et fortement rocailleuse prend naissance à l’extrémité ouest de la forêt de Tigounatine, en amont de Assif n’Tinzer. Elle dessine des angles aigus en fer à cheval que seul un véhicule tout terrain peut franchir avec, bien sûr, la gymnastique d’usage.

Nous sommes à Tizi Boualma (appelée aussi Tizi Timedouine), à 1 700 m d’altitude. Le chemin monte jusqu’à Tizi n’Tit n’Tserdount («col de l’œil de la mule»), à l’ombre d’un pic de 2 126 m d’altitude. Ici, c’est un chemin pédestre qui évite les contorsions de la piste qui passe par Tizi n’Cennad. Arrivés à hauteur du lac, nous sommes happés par un saisissement presque surnaturel à la vue d’un panorama qui n’a pas son égal ailleurs.

La fente nord de la dépression par où s’échappent les eaux excédentaires s’offre à la vue comme un véritable belvédère qui ouvre le champ sur la perle des villages du piémont et des vallées : Agouni Gueghrane, à l’est, jusqu’à Aït Djemaâ et Thakharradjit, à l’ouest.

En l’absence de bergers et de visiteurs, l’oreille du solitaire devient hypersensible à cette brise permanente, parfois atone et d’autres fois sifflante, qui se faufile entre les rocs, pénètre dans les anfractuosités et les méandres des talwegs descendants, caresse les pitons et les quelques houppiers ballants de cèdre disséminés à l’horizon. La brise finit par se perdre dans les hauteurs éthérées pour être relayée, sur les pelouses avoisinantes, par les beuglements de vaches et de bœufs sortis de quelque monticule ou vallon où ils paissaient dans un silence religieux.

Du temps où s’organisaient les randonnées pédestres sous la conduite des agents du Parc du Djurdjura, et particulièrement de feu Mustapha Muller, le lac Goulmim faisait partie de l’itinéraire sacré qui mène de Tala Guilef (sur les hauteurs de Boghni) à Tikjda (dans la wilaya de Bouira). La marche était promise à une durée moyenne de quatre heures sous la conduite vigilante et les explications précieuses de Muller.

Mustapha Muller, un autrichien qui a choisi comme patrie l’Algérie depuis la guerre de Libération nationale, travaillait au Parc du Djurdjura. Ensuite, il a été nommé au Parc du Tassili-Ahaggar. Mort au milieu des années 1990, il a choisi d’être enterré à Tamanrasset.

S. T.

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