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Giuliana Sgrena présente son ouvrage Embuscade à Bagdad
L’ex-otage
raconte son cauchemar
Jeudi dernier, la
librairie du Tiers-Monde a accueilli la journaliste Giuliana Sgrena
qui a animé un point de presse suivi d'une vente dédicace de son
livre intitulé Embuscade à Bagdad paru sous les presses de Casbah
Editions.
La journaliste du
quotidien italien indépendant de gauche
Il Manifesto
raconte dans son livre de 195 pages l’expérience dramatique vécue à
Bagdad en février 2005, le souvenir du kidnapping, les difficiles
conditions de la séquestration, … Un cauchemar qui a duré un mois
(4février-4 mars) pendant lequel Giuliana Sgrena est restée
prisonnière de moudjahidine qui affirment, dit-elle, «combattre
contre l’occupation de l’Irak». La joie de sa libération est
violemment interrompue par un tir des troupes américaines qui tuent
Nicola Calipari, l’agent qui l’a sauvée de ses ravisseurs. «Nicola
Calipari a été tué par des tirs américains alors qu’il
m’accompagnait à l’aéroport de Bagdad», rappelle-t-elle lors de la
vente-dédicace. Les premiers jours, je n’ai pas versé une seule
larme. J’étais simplement furieuse. Je disais en face à mes
ravisseurs : «Mais comment, vous m’enlevez moi qui suis contre la
guerre ?!» Ce à quoi ils répondaient : «Oui, parce que tu vas parler
avec les gens. Nous n’enlèverons jamais un journaliste qui reste
enfermé dans son hôtel. Et puis le fait que tu dises être contre la
guerre pourrait être une couverture». «Ce fut un mois d’alternance
entre espérances fortes et moments de grande dépression», poursuit
Giuliana Sgrena. Quelques jours après son enlèvement ses ravisseurs
lui ont laissé voir la télévision et elle a alors vu son portrait
géant accroché sur la façade du Capitole, la mairie de Rome, se
rappelle-t-elle. «Mais, tout de suite après, est arrivée la
revendication du Jihad qui annonçait mon exécution (…). J’étais
terrorisée», explique-t-elle. Elle relève dans un paragraphe de son
livre «l’enquête américaine qui a exonéré les militaires américains
de toute responsabilité en mettant en cause la vitesse du véhicule
italien et le manque de coordination des autorités de Rome avec les
responsables US en Irak». Le rapport italien a au contraire souligné
le niveau «d’inexpérience et de stress» des militaires américains
impliqués dans l’incident et la mauvaise organisation du poste de
contrôle dont faisaient partie les soldats ayant tiré. «Une
expérience dramatique vécue dans un pays déchiré par la guerre et
l’occupation, où les otages deviennent des armes de guerre, et où
les victimes civiles irakiennes ne se comptent plus», soutient
l’ex-otage, ajoutant que «depuis cette date, rien n’a changé et la
situation sécuritaire est devenue chaotique». En faisant le récit de
son expérience dramatique, Giuliana Sgrena nous présente avec
lucidité les nombreux changements socio-politiques qui se sont
produits après l’intervention américaine en Irak où les occupants et
ceux qui combattent contre l’occupation ne veulent de témoins.
«Depuis l’invasion US, les troupes américaines sont empêtrées et la
politique du gouvernement G.W. Bush a du mal à s’en sortir»,
souligne la journaliste qui précise que «la guerre en Irak est sans
doute le conflit le plus meurtrier pour les journalistes depuis la
Seconde Guerre mondiale». Selon Reporters sans frontières, au moins
106 journalistes et collaborateurs des médias ont été tués en Irak
depuis le déclenchement de la guerre en mars 2003.
H. K.
Tlemcen
Le patrimoine
urbain et immatériel en débat
La formation et le
développement de la notion du patrimoine a été évoquée jeudi à
Tlemcen par Jean-Michel Pérignon, inspecteur général de
l’architecture et du patrimoine au ministère français de la
Communication et de la Culture, à l’occasion d’une conférence animée
dans le cadre du deuxième chantier international sur le patrimoine
urbain et immatériel de Tlemcen (CIPAT 2). Abordant le thème «de
l’objet architectural au territoire ou le concept de patrimoine
miroir de la société», l’intervenant a traité de l’évolution de la
protection du patrimoine historique et culturel de son pays depuis
la Révolution de 1789, date à laquelle ce concept est apparu pour la
première fois. Architecte-urbaniste ayant enseigné dans les pays du
Maghreb notamment, le conférencier a précisé qu’à cette date, il a
été procédé à la confiscation des biens nationaux «patrimoine commun
de la nation», qui ont fait l’objet, ensuite, de la promulgation de
lois et textes juridiques visant leur protection, dont la première
loi sur la protection du patrimoine en 1887. «Cette notion, a-t-il
poursuivi, s’est élargie en 1910 aux abords des monuments, pour
toucher ensuite les monuments naturels ainsi que les sites».
L’évolution de l’arsenal juridique a concerné également
l’affectation de subventions et la création d’organismes chargés de
la sauvegarde de ce patrimoine. Le conférencier a indiqué, par
ailleurs, que ces actions ont des retombées socio-économiques
certaines pour le pays les abritant, notamment, au plan touristique,
avant de signaler que ce même patrimoine est «le miroir de la
société qui réagit par rapport aux problèmes posés». Lors des
débats, l’assistance, dont des étudiants et enseignants de la ville
espagnole de Valence, se sont enquis de l’évolution actuelle de la
protection du patrimoine dans le cadre de la mondialisation et du
rôle de l’Unesco dans ce domaine. Le CIPAT 2 qui a pour cadre le
quartier «R’hiba» de la vieille Médina de Tlemcen, est organisé par
l’université Abou Bakr- Belkaïd en collaboration avec l’université
Paris X de Nanterre, rappelle-t-on.
R. C.
Oran
Malaise à la
maison de la culture
La nouvelle mesure
prise dernièrement par le nouveau directeur de la maison de la
culture d’Oran n’a pas manqué de faire sortir de leurs gonds les
artistes. Dès la prise en main de cette structure, le directeur a
décidé de faire vider l’espace réservé aux artistes pour établir,
selon lui, l’état des lieux et réfléchir à la création d’un club des
artistes. Les artistes, pour leur part, s’interrogent sur cette
conduite qu’ils jugent vexatoire de la part d’un responsable dont le
comportement «ne contribue nullement à la promotion des arts»,
ajoutant, par ailleurs qu’«ils ne disposent pas d’un autre lieu
d’expression».
H. K.
Musée de Bagdad
Récupération de
1 130 objets et tableaux volés
Sur près de 7 000
pièces et tableaux volés du musée de Bagdad lors de l’invasion
américaine en Irak en avril 2003, 1 130 d’entre elles ont été
restituées au musée de Bagdad, selon la directrice du musée, Houda
Seddik Enaïmi, signalant que plusieurs œuvres plastiques ont été
abîmées. Parmi la collection de tableaux (peinture à l’huile,
aquarelle, sculpture, calligraphie, céramique) volés, certains ont
été rachetés de revendeurs attitrés en Jordanie.
H. K.
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M.Merkouche
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