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Alger capitale de la culture arabe en 2007
La ville
sera-t-elle prête pour l’évènement ?
Alger a été
choisie pour devenir, l’espace de l’année 2007, la capitale de la
culture arabe.
Nonobstant un tel
choix, il faut se demander si la ville sera prête, le moment venu,
pour accueillir, dans les meilleures conditions possibles, ses
invités.
Alger sera, le
temps d’une année, la capitale de la culture arabe. Cela tout un
chacun le sait. Ce qui l’est moins, c’est quand cette année va
débuter. Les uns déclarent que, tout logiquement, celle-ci devrait
avoir lieu au mois de janvier 2007. D’autres, évoquant le retard mis
par les organisateurs dans la préparation de cet important
évènement, affirment, de leur côté, que cette manifestation devrait
débuter au début du mois de mai de cette même année.
La question n’est
pas de savoir à partir de quel moment la vieille cité d’El Djazaïr
va se transformer en capitale de la culture arabe mais de
s’inquiéter si, au regard des importants retards observés dans
l’avancement des travaux de préparation de cette rencontre
prestigieuse, Alger sera au rendez-vous le moment voulu.
Un évènement de
cette importance commence, normalement, à être préparé des années à
l’avance. Les autorités savaient, en effet, depuis 2001 que la
capitale algérienne avait été choisie pour être le forum de la
culture arabe. Comment comprendre qu’à quelques mois de cette
inauguration, plusieurs édifices devant servir de lieux d’expression
aux différentes formations culturelles soient, en ce moment même,
l’objet de lourds travaux. A titre d’exemple, le cinéma Atlas, où
devait se produire le plus grand nombre de ces formations, est
toujours occupé par un vaste chantier. Il faut également rappeler, à
ce propos, que la centaine de salles de cinéma qui auraient pu, pour
l’occasion, servir de lieux d’expression aux groupes musicaux, en
particulier, ont, dans leur grande majorité, et depuis de très
longues années, été fermées ou détournées de leur fonction initiale.
Il faut dire, par
ailleurs, qu’en dehors de la minuscule salle du vieil opéra d’Alger,
Alger ne possède toujours pas une salle de concert digne de ce nom.
Celle qui devait être édifiée dans l’enceinte de l’Institut national
de musique, dont les travaux n’en finissent, par ailleurs, pas de
durer depuis une vingtaine d’années, n’est pas prête de voir le
jour. Pourquoi s’en cacher ? Bien qu’il existe toujours un ministère
de la Culture, les autorités ont cessé, depuis plus de deux
décennies, d’accorder un intérêt soutenu à la chose culturelle. On
n’assiste plus, comme par le passé, à des festivals culturels et
artistiques, chaque fois renouvelés, de musique andalouse, chaâbie
ou de rencontres poétiques. Alger ne reçoit plus, comme elle le
faisait de façon régulière, des groupes de chants et des artistes
étrangers. Il faut aussi regretter, à cet effet, que la majorité des
manifestations artistiques et culturelles organisées dans la
capitale le soit, aujourd’hui, à l’initiative de représentations
diplomatiques et de centres culturels.
En plus de leur
trouver des lieux d’expression, il s’agira également d’organiser,
dans les meilleures conditions possibles, l’hébergement des
personnes, (groupes, chanteurs, peintres, plasticiens, cinéastes…)
qui viendront s’y produire. A cet effet, justement, il semblerait
que les moyens dont dispose la ville ne soient pas assez importants
pour faire face à l’afflux d’un nombre important d’invités. Pour
contourner la difficulté, les organisateurs de la manifestation
envisageraient de faire appel aux habitants pour en héberger une
partie. En dépit de son profond sens de l’hospitalité, on ne sait,
encore, quelle va être sa réaction face à cette demande. Dans un
autre domaine et lorsque l’on aura réussi à résoudre les problèmes
relatifs aux lieux d’expression et d’hébergement des délégations, se
posera, avec acuité, celui de l’environnement que ces dernières vont
avoir la curiosité de vouloir découvrir. Il n’est pas sûr, qu’à la
suite de leurs pérégrinations, elles emporteront une très belle
image d’une capitale dont de très nombreuses constructions
présentent des façades délabrées, des rues et des trottoirs défoncés
et un environnement où la saleté règne en maîtresse absolue des
lieux. On s’étonnerait, d’ailleurs, presque qu’elle ait été choisie
pour accueillir une rencontre aussi prestigieuse.
Bien sûr, au tout
dernier moment et afin d’entretenir l’illusion, des équipes rompues,
depuis de longues années, à ce genre d’exercice vont s’activer pour
rafraîchir à la chaux tous les endroits susceptibles d’être visités
ou parcourus par les délégations officielles. Une fois, encore, on
va faire dans le rafistolage et le camouflage en accrochant une
multitude de drapeaux et de banderoles multicolores pour tenter,
l’espace d’un instant, de donner une image plus agréable, plus
hospitalière à celle qui fut il y a quelques décennies, considérée
comme l’une des plus belles et des plus propres villes du pourtour
méditerranéen. Et après ? Après, Alger retournera à son état de
ville sale, morne et triste, une ville où l’on crève d’ennui et où
les rares visiteurs étrangers hésitent à s’attarder.
Ahmed
Mahieddine
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Maâlma
La violence en
milieu scolaire en progression
Les écoliers des
établissements scolaires de la commune de Maâlma vivent dans la
peur. Chaque jour, de nouveaux cas de violence, de harcèlement et
autres dépassements sont enregistrés au primaire, au CEM et même au
lycée. Il sont commis par des élèves à l’encontre d’autres élèves.
Rafic, jeune membre de l’association «Etoile» de la cité
Sidi-Bennour de cette même commune raconte que «les élèves de la
commune de Maâlma s’adonnent encore plus aux idées des clans et des
groupuscules qu’à celle de la camaraderie et de l’amitié. Ils
tracent les plans d’attaque ou de défense, et désignent les victimes
à massacrer à la sortie des classes, au lieu d’écouter et de suivre
les leçons et les conseils des instituteurs ». Tout en tirant la
sonnette d’alarme sur le danger que représente cette situation, les
membres de cette association ont sollicité la direction générale du
ministère de l’Education nationale ainsi que les autorités locales
pour mettre fin à ces actes qui risquent de provoquer
l’irrémédiable. En fait, les bagarres et les insultes sont devenues,
au grand dam des élèves, monnaie courante aux alentours des
établissements scolaires de Maâlma. «Ces agissements semblent se
banaliser dans la vie courante de nos écoliers », a expliqué ce
représentant des citoyens de la cité Bennour. Pis encore, a-t-il
ajouté, le «régionalisme» exacerbe cette montée de violence. En
fait, les élèves dans leurs rixes et combats, a expliqué notre
interlocuteur, s’organisent selon les régions et quartiers. «Dans
cette guerre sans nom, mais quotidienne, ce sont les élèves de notre
cité – cité Bennour- qui souffrent davantage puisqu’ on est
nouvellement installé dans cette commune après notre délocalisation
de différents endroits de la capitale», est-il indiqué. «En plus de
la fatigue que leur causent les 10 km de déplacement qu’ils font de
la cité Bennour à leurs écoles au chef-lieu de la commune, ceux-ci
souffrent chaque jour des assauts, des fois meurtriers, que leur
livrent leurs camarades de classe», a ajouté ce même représentant.
«Ce qui fait craindre le pire, a-t-il ajouté, c’est que ces derniers
temps les événements commencent à prendre une toute autre tournure.
Les provocations se font maintenant à l’arme blanche et en plein
public», a souligné, inquiet, notre interlocuteur. Usant d’exemple,
il a évoqué des cas d’agressions très récents. Entre autres, celui
de G. Imane, 17 ans, lycéenne agressée physiquement au sein même de
son lycée. Ou, celui de Sofiane, poignardé au cours de ce mois à
proximité d’une école. La liste est longue. Pour preuve «les dépôts
de plaintes enregistrent une augmentation sensible», a fait
remarquer l’orateur.
Craignant le pire,
l’association «Etoile», en raison de cette situation des moins
reluisantes, et pour les parents d’élèves et pour les autorités
locales, réclame un minimum de sécurité aux alentours des
établissements scolaires en vue de rassurer les élèves à leur sortie
des classes. Pour ce faire, l’association préconise l’implantation
d’agents de l’ordre pour protéger les écoliers. Leur présence sera à
double utilité puisqu’ elle dissuadera les conducteurs de voitures
de faire de l’excès de vitesse, qui représente à leur tour, un
problème à part entière.
Par ailleurs, «Etoile»
encourage la création d’associations culturelles et sportives pour
bien encadrer ces jeunes écoliers et les sauver de la déperdition et
de l’extrémisme. En outre, au nom des 412 familles de la cité Sidi-
Bennour, cette association exige l’ouverture, dans les plus brefs
délais, d’une école primaire et d’un CEM aux élèves de cette
nouvelle ville isolée.
Aomar Fekrache
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