|
Inquiétude
Sarkozy, à son
grand dam, sent bien que la situation est en train de lui échapper.
Dans un effort désespéré et un peu pathétique, il tente de redresser
la barre. De toutes ses forces, il essaye de peser contre les
courants qui le déstabilisent. Il y a quelques jours, lors d’un
meeting à Périgueux, le président de l’UMP a prononcé un discours à
travers lequel il a voulu remettre les choses en place et redire
haut et fort qu’il était le seul et unique candidat de l’UMP. Dans
ce discours, en présence de fidèles de l’UMP de la ville de
Périgueux, le ministre de l’Intérieur à tenu à rappeler le système
de désignation du candidat du parti majoritaire. Selon lui, tous
ceux qui ne s’y plieront pas, seront, non seulement, de mauvais
membres du parti mais également de mauvais Français. C’est en tout
cas le message que semblait vouloir transmettre Nicolas Sarkozy, qui
paraissait sous psychotropes durant son allocution. Michèle
Alliot-Marie et Dominique de Villepin étaient implicitement désignés
par le président de l’UMP, qui, tel un enfant gâté, souhaitait que
le public, formé par les membres de l’UMP – son UMP – lui dise que
c’était bien lui son préféré. Au grand jamais, Nicolas Sarkozy, qui
incarnait jusque-là la force, la détermination et la solidité,
n’avait paru si désemparé et en proie à des doutes, et surtout très
fragile, malgré ses déclarations. Durant cette soirée, le pathétique
se disputait avec le ridicule. Sentant le vent tourner, Nicolas
Sarkozy change son fusil d’épaule et accepte de prendre à son compte
certaines idées typiquement gaullistes qu’il avait, il y a quelques
mois, ostensiblement écartées de son programme. En effet, De
Villepin et Alliot-Marie incarnant, eux, le mouvement gaulliste au
sein de la droite, ne doivent pas le doubler en accaparant une
frange de l’électorat de droite qui reste toujours fidèle au
fondateur de la Ve République. Ceux qui avaient prévu une campagne
facile pour le ministre de l’Intérieur sont, en même temps que lui,
en train de se rendre compte que les choses ne seront pas si simples
et que désormais, plus que jamais, Nicolas Sarkozy doit se tenir sur
ses gardes.
Fouzia Mahmoudi
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|