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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 18/01/2016


Une baisse durable parce que tenant à plusieurs causes


 La chute continue depuis maintenant plusieurs mois du prix du baril a bien sûr des choses en commun avec les phases baissières du passé, mais il est cependant un aspect qui fait son originalité, et qui ne semble pas avoir suffisamment retenu l’attention des observateurs. C’est le fait qu’elle ne s’analyse pas seulement comme le retournement logique d’une tendance précédemment à la hausse. Les forces du marché sont multiples qui concourent à la fixation à un moment donné du prix d’un produit aussi essentiel que le pétrole au fonctionnement de l’économie mondiale. Comme elles agissent en des sens divers, dont de franchement contradictoires, elles ne cessent de s’équilibrer et de se contrarier tout à la fois. A tout moment le prix est une résultante des actions qu’elles opèrent les unes sur les autres. Cela fait qu’une tendance, de hausse et de baisse, ne peut pour très longtemps imposer sa loi. A une hausse finit toujours par se substituer une baisse, et réciproquement. Ce mouvement sinusoïdal serait évidemment parfait, et donc prévisible, si l’on en connaissait la période et l’amplitude. On saurait à chaque fois à quel moment le renversement de tendance surviendrait, faisant passer de la hausse à la baisse, ou de celle-ci à celle-là. Puisqu’il n’y a pas de loi d’airain formulable qui tienne, on est réduit à chaque fois, en vue de s’y retrouver plus ou moins, de tenir compte des spécificités de la conjoncture.

Conjoncture au sens large, qui plus est, c’est-à-dire non bornée aux seules données économiques propre à l’instant considéré. La baisse actuelle du cours du pétrole tient aux actions concomitantes et concordantes de trois facteurs principaux : excès de l’offre, baisse de la demande, en conséquence de la crise économique, et guerre des prix entre de gros producteurs. Il suffirait qu’une seule de ces trois causes cesse d’être opérante pour que les prix commencent à se redresser. L’excès de l’offre à lui seul est susceptible de créer une tension à la baisse, mais pas nécessairement une baisse réelle, et moins encore une baisse durable, si dans le même temps il n’y a ni effondrement de la demande ni guerre des prix. Une baisse de la demande ne saurait non plus susciter à elle seule une baisse durable en l’absence d’une guerre des prix et d’un excès de l’offre. En revanche, une crise économique durable, comme justement celle qui sévit depuis 2008, est à même d’entretenir une baisse durable des prix, mais toutefois pas au même rythme que lorsqu’elle est accompagnée soit d’un excès de l’offre, soit d’une guerre des prix, soit des deux à la fois. S’agissant maintenant de cette troisième cause, la plus discutée parce que la plus ambigüe, à vrai dire on ne s’entend ni sur ses protagonistes ni sur leurs objectifs, même si dans toutes les configurations l’Arabie saoudite y est considérée comme son principal fauteur. C’est elle en effet qui dans tous les cas de figure est supposée être son initiateur, sauf qu’on ne sait pas très bien contre qui elle la mènerait. Est-ce contre la Russie, qui contrarie ses plans, en Syrie notamment ? N’est-ce pas plutôt contre le pétrole de schiste américain, en vue d’empêcher sa production à grande échelle ? A moins que d’une pierre elle ne veuille faire deux coups : créer des difficultés économiques à la Russie et entraver l’entrée massive dans le marché du pétrole non conventionnel ? N’empêche, une guerre des prix, aussi soutenue qu’elle puisse être, n’atteindrait pas son ou ses buts si elle n’était pas renforcée par une crise économique, comme c’est précisément le cas aujourd’hui. Si néanmoins elle est effectivement l’une des causses concourant à la baisse actuelle, elle aura tendance à s’intensifier dans l’avenir proche du fait du retour sur le marché pétrolier de l’ennemi principal de l’Arabie saoudite : l’Iran, par suite de la levée des sanctions économiques qui pèse sur lui depuis des années.

 


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