Points chauds 

Par

Fouzia Mahmoudi

Déroute

La droite espérait la semaine dernière pouvoir sauver les meubles au second tour des municipales, mais dimanche soir les résultats sont tombés et la vague rose a emporté ses espoirs. Tous les ténors de la droite se sont exprimés au soir des résultats avec chacun un constat différent et surtout une façon différente d’accuser le coup. Rares sont ceux qui ont osé affirmé avec assurance que ce résultat était la conséquence d’un ras-le- bol des Français face à la politique pratiquée par le gouvernement. D’ailleurs, un très léger remaniement gouvernemental a été annoncé hier matin. Malgré tout, François Fillon et bon nombre de ministres continuent à se voiler la face et font parfois preuve d’une arrogance déplacée en assurant que les Français ne les ont pas démentis, leur demandant bien au contraire de continuer et d’accélérer leurs réformes. De manière générale, les représentants de la droite, et particulièrement ceux appartenant au gouvernement, ont fait preuve d’une mauvaise foi des plus insupportables, demandant sans cesse des comptes à la gauche au lieu d’en rendre eux-mêmes. De nombreux ministres du gouvernement ont d’ailleurs été déroutés à l’occasion de ces municipales. Pour Xavier Bertrand, ministre des Transports, cette défaite de la droite n’en est pas une. Selon lui, il faut plutôt considérer ces résultats comme un rééquilibrage :«la gauche avait perdu en 2001 quarante villes, aujourd’hui elle les récupère , au final, il n’y a rien là-dedans de bien dramatique». Le grand perdant de cette élection sera sans aucun doute le MoDem de François Bayrou, qui s’est littéralement effondré à l’occasion de cette élection pourtant cruciale pour le tout jeune parti centriste. Pourtant, Bayrou ne se laisse pas démonter et annonce avec aplomb que ce n’est que le début de l’intrusion du MoDem dans la vie politique française. Ainsi, cette élection a été instrumentalisée par les Français pour faire passer un message, où aucune véritable conclusion sur cette défaite n’a en tout cas été tirée par le gouvernement qui a décidé de se figer dans ces certitudes, et cela peut être à tort.  

F. M.

 

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Irak

Cheney à Baghdad pour encourager des progrès politiques

Municipales françaises

Large victoire de la gauche mais l’exécutif garde le cap des réformes

 

 18/03/08

 Irak

Cheney à Baghdad pour encourager des progrès politiques

Le vice-président américain Dick Cheney a entamé, hier, une visite surprise à Baghdad pour encourager les responsables irakiens à faire progresser la réconciliation politique, essentielle aux yeux de Washington à la pacification du pays.

Ce voyage intervient à la veille du 5e anniversaire de l’intervention américaine en Irak, le 20 mars 2003, dont M. Cheney a été un des principaux artisans, et qui est devenu très impopulaire aux Etats-Unis.

Il a rencontré dans la matinée les principaux responsables américains --le général David Petraeus, et l’ambassadeur Ryan Crocker-- et doit s’entretenir notamment avec le Premier ministre Nouri al-Maliki et le président Jalal Talabani.

Selon son entourage, cette visite, accompagnée de mesures de sécurité très strictes, permettra au vice-président de mesurer les changements en Irak depuis sa dernière visite en mai 2007. L’arrivée de renforts américains, l’enrôlement de combattants sunnites comme auxiliaires de sécurité et une trève de la principale milice chiite ont conduit à une baisse significative de la violence à Baghdad et dans l’ouest du pays. Toutefois, une série d’attentats meurtriers récemment a fait craindre une reprise des attaques dans la capitale irakienne, alors que les violences politiques et interconfessionnelles ont fait des dizaines de milliers de civils tués depuis mars 2003.

Peu après l’arrivée de M. Cheney à Baghdad, la capitale irakienne a été secouée par une forte explosion, mais la source de la déflagration n’était pas établie en milieu de matinée. Dans un récent entretien avec le Washington Post, le général Petraeus avait souligné que la réconciliation politique entre les différentes factions irakiennes était loin d’être satisfaisante.

Cette lenteur inquiète Washington qui considère que la présence de quelque 160 000 soldats américains en Irak aurait dû créer les conditions sécuritaires nécessaires à une entente politique solide entre protagonistes irakiens.

M. Cheney doit exhorter les responsables irakiens «à continuer de montrer qu’ils peuvent faire des progrès» dans les domaines politique et économique, a indiqué à la presse un responsable américain, sous couvert de l’anonymat.

Récemment des lois considérées comme essentielles ont été votées par le Parlement, notamment sur le pouvoir des provinces et les élections régionales prévues le 1er octobre, et la réintégration de fonctionnaires et de militaires de l’ancien régime.

Une loi sur les hydrocarbures, qui organise la participation de capitaux privés et étrangers dans ce secteur nationalisé depuis les années 1970 et la répartition des revenus entre les régions, est toujours en discussion après des mois de débats.

 

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Municipales françaises

Large victoire de la gauche mais l’exécutif garde le cap des réformes

La gauche a remporté une nette victoire dimanche aux municipales et aux cantonales, premier test électoral depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, mais la droite, qui reconnaît une «défaite mais pas une déroute», entend garder le cap des réformes. Evènement

La presse était unanime, hier à titrer sur le succès de la gauche. Alors que pour le Figaro «La gauche transforme l’essai du premier tour», Libération souligne, par un «Et Bling» ironique, la défaite de la droite, tandis que d’autres, comme le Parisien-Aujourd’hui en France, évoquent une «déferlante du PS». Le président de la République avait assuré dans l’entre-deux-tours qu’il «tiendrait naturellement compte» du résultat des élections. Pour autant il ne devrait pas y avoir de remaniement gouvernemental de grande ampleur, plutôt des changements dans le style et l’équipe de l’Elysée. Globalement la gauche l’emporte par 49% des suffrages con-tre 47,5% à la droite aux municipales. Sa victoire est encore plus nette aux cantonales (51,1% con-tre 44,4% à la droite). Le scrutin a toutefois été marqué par une abstention plus forte qu’au 1er tour : 38% dans les communes de plus de 3 500 habitants, un record depuis 1959. Le PS s’est refait une santé électorale en ravissant à la droite une bonne trentaine de villes de plus de 30 000 habitants, même si Marseille a échappé à cette vague rose. Il a conquis des villes comme Toulouse et Strasbourg, mais aussi Périgueux où il a battu le ministre de l’Education Xavier Darcos.

A Paris, Bertrand Delanoë a remporté une plus large victoire qu’en 2001, mais n’a pas gagné de nouveaux arrondissements. Même si elle a sauvé la cité phocéenne, l’UMP a essuyé un sérieux revers «payant le prix de ses divisions», comme l’a reconnu le ministre du Travail Xavier Bertrand. A Metz par exemple la guerre des investitures UMP lui a été fatale, permettant la victoire de la gauche, du jamais vu depuis 1848. Quant au MoDem, il sort en piteux état de ce scrutin : sa stratégie d’autonomie ou d’alliances au coup par coup avec la droite ou la gauche a échoué et François Bayrou, battu à Pau, en a lui-même fait les frais. Le FN, qui a échoué à Henin-Beaumont (Pas-de-Calais) où sa vice-présidente Marine le Pen se présentait, confirme sa marginalisation électorale. Malgré cette défaite, qui pour François Fillon n’est qu’un «simple rééquilibrage» sept ans après la déroute de la gauche aux municipales de 2001, le gouvernement n’entend pas changer le cap des réformes. Il serait «malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales», a estimé le Premier ministre jugeant que «la bataille pour l’emploi et le pouvoir d’achat doit s’accentuer». A l’UMP, la défaite risque de laisser des traces. Même si Nicolas Sarkozy lui a «renouvelé sa confiance», son secrétaire général Patrick Devedjian a été sérieusement critiqué au sein du parti pour sa conduite de la campagne. Quant au PS, la victoire pourrait précipiter la course à la succession de François Hollande. Même si elle n’a pas réaffirmé explicitement ses ambitions pour la direction du parti, Ségolène Royal a annoncé dès dimanche soir qu’elle voulait, «avec d’autres», «présenter aux Français un projet crédible, solide, cohérent».

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