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Hamid Temmar
implique les patrons dans la stratégie industrielle
Ce sera quitte
ou double
Le ministre de
l’Industrie et de la promotion des investissements devait révéler
les grandes lignes du programme gouvernemental en la matière.
Hamid Temmar a
soufflé hier le chaud et le froid devant une assistance composée
essentiellement de représentants d’entreprises privées et publiques,
d’organisations du patronat conviés à l’hôtel Hilton à assister à
une journée d’étude pour débattre des modalités de mise en œuvre de
la stratégie de l’Etat relative à la mise à niveau des entreprises.
A cet effet, le ministre de l’Industrie et de la promotion des
investissements devait révéler les grandes lignes du programme
gouvernemental en la matière. Les promesses d’aide financière de
l’Etat, si elles ont été évoquées, n’en étaient pas moins assorties
d’un mea culpa en bonne et due forme. «Par le passé, les pouvoirs
publics avaient été passifs, ils s’étaient contentés de demander aux
entreprises si elles souhaitaient entrer dans le programme ;
aujourd’hui, nous voulons être actifs, nous pensons qu’il y a
nécessité d’accompagner les entreprises dans le marketing et de les
associer pour qu’elles puissent bénéficier des bienfaits de cette
politique» a déclaré le ministre. Temmar a reconnu implicitement la
responsabilité du gouvernement dans l’échec de la politique
économique poursuivie jusque-là, mais en même temps, il a tenu à
dégager sa responsabilité quant aux évolutions futures. Du reste, le
représentant du gouvernement a plaidé pour une «économie de la
production et de l’exportation aux lieu et place de l’économie
d’importation qui prévaut actuellement». «Qu’on n’accuse plus le
gouvernement d’être derrière ceci ou cela puisqu’il vous offre
publiquement de rentrer dans cette stratégie et cette politique» a
lancé Temmar. Et de qualifier cette politique de «sacrée» : «Si nous
ne le faisons pas maintenant en tant qu’associations de la société
civile, instituts de recherche travaillant dans le domaine, etc.
cela veut dire que nous sommes d’accord pour être envahis par
l’Europe». Sur un ton solennel, Temmar a considéré la rencontre
d’hier comme «une des plus importantes que j’ai eu à tenir et que
j’aurai à tenir» parce qu’il y va du «destin économique de la
nation», ajoutant : «si nous ratons le rendez-vous de la mise à
niveau, nous ne pourrons plus nous plaindre à l’avenir». et
d’avertir : «le ratage nous vaudra dans six mois un destin menacé».
Abordant le programme, Temmar a expliqué avoir privilégié
l’«approche sélective», en ce sens que ce sont les entreprises
relevant de l’industrie manufacturière et non de l’industrie de
service qui vont être ciblées. Il a demandé aux représentants du
monde des affaires présents dans la salle de faire part de leurs
propositions promettant qu’elles seront prises en compte pour
dégager les priorités et le champ d’intervention de l’Etat. Une
partie du programme, a indiqué Temmar, sera financée «soit par
l’entreprise sur son propre compte soit par sa banque» ; la
politique de mise à niveau sera supportée par un cadre
institutionnel nouveau, peut-être une agence, a suggéré le ministre,
qui a-t-il précisé, sera complété par la création d’un guichet
spécial et de centres techniques industriels.
Par Larbi
Graïne
Haut
Le GSPC exige 5 millions d’euros pour libérer les otages
L’Autriche
sollicite l’aide d’El Kadhafi et du président malien
Le journal
autrichien Kurier a publié une information selon laquelle les
ravisseurs du couple autrichien auraient revendiqué une rançon de 5
millions d’euros en contrepartie de la libération des deux otages.
Une information non confirmée officiellement. Le GSPC qui a
revendiqué l’enlèvement a prolongé l’ultimatum de trois jours et
qui a expiré dimanche dernier à minuit, a annoncé le ministère
autrichien des affaires étrangeres qui a annoncé que cet émissaire
autrichien a «personnellement rencontré (avant-hier) le président
Amadou Toumani Touré pour l’informer du cas» de ces deux otages.
C’est le branle- bas de combat chez les autorités autrichiennes
encouragées par la prolongation de cet ultimatum. Un émissaire
autrichien en la personne de Anton Prohaska, ancien ambassadeur
d’Autriche en France s’est déplacé au Mali et a rencontré le
président de ce pays dans le cadre des efforts diplomatiques pour
trouver une solution permettant la libération de ces otages. Cette
rencontre a été annoncée par le ministère autrichien des affaires
étrangères. Le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer aurait
contacté le président libyen Mouammar El Kadhafi par téléphone,
rapportent des médias autrichiens et l’agence libyenne Jana. «Nous
avons pris des contacts avec de nombreux hommes politiques
internationaux, y compris ceux de la région», a lancé à l’AFP Stefan
Pottler, porte-parole du chancelier autrichien, sans infirmer ni
confirmer le contact entre le président libyen et le chancelier
autrichien. La somme de 5 millions d’euros qui aurait été
revendiquée par les ravisseurs du couple autrichien rappelle la
somme remise par le gouvernement allemand à Amari Saïfi, alias
Abderrezak El Para, ex-«émir» de la zone 5 du GSPC, et ses acolytes,
en contrepartie de la libération de touristes européens enlevés dans
le Sahara algérien en 2003. Une partie de ces otages avaient été
libérée grâce à l’intervention de l’ANP. On s’en souvient, une
partie de cet argent a servi au GSPC à l’achat d’une importante
quantité d’armes de guerre, dont des missiles de longue portée et
des munitions. Le convoi transportant ces armes a été fort
heureusement détruit par l’ANP avant son arrivée aux maquis de cette
organisation terroriste. Abderrezak El Para s’était juré d’acheter
d’autres armes et munitions. Il n’a pas le temps pour effectuer ces
achats puisque capturé peu de temps après au Tchad. Les achats de
ces armes et munitions se faisaient au Mali et au Niger, selon
d’ex-compagnons de Abderrezak El Para.
M.A.
Haut
Le mufti d’Al Azhar appelle les ravisseurs à libérer les deux
otages
Le mufti d’El
Azhar et grand savant de l’Islam, cheikh Youssef El Karadaoui, a
appelé hier lors de son passage sur une émission télévisée El Charia
Wa El Islam sur la chaîne satellitaire du Qatar, le GSPC, la katibat
Tariq Ibn Ziyad et son émir Abdelhamid Abou Zayed, à libérer et ce,
sans aucune condition, les deux otages autrichiens, car cet acte ne
représente «guère la religion de l’Islam». Pis encore, Youssef El
Karadaoui a désigné ces ravisseurs comme étant des «Khawarij» (les
déportés de l’Islam), et ce, par leur comportement et leur idéologie
tirée d’El Khawarij. «Cela est tout à fait contraire à ce qui est
mentionné dans les textes du Coran, de notre religion, de l’Islam,
voire cela représente un péché pour tout musulman qui recourt à ce
genre d’actes condamnables qui ne sont basés sur aucune donnée du
djihad. Dieu Tout-Puissant a rendu coupable tous les musulmans qui
revendiquent ce genre d’enlèvements» dira El Karadaoui, avant
d’ajouter : «Enlever une personne sans défense et sans aucun motif
n’est guère un droit pour ceux qui osent revendiquer un gain suite à
ce rapt ; cela représente un mal pour ces personnes et l’Islam est
tout sauf ces actes sinistres ; alors je lance un appel à ce groupe
armé afin de libérer sans conditions ces otages autrichiens, et ce,
le plus tôt possible. Ces Autrichiens sont des civils et se
trouvaient dans cet endroit en tant que touristes tout simplement».
Rappelons par ailleurs que les deux otages autrichiens ont été
enlevés le 22 février dernier, en Tunisie, par la Katibat Tariq Ibn
Ziyad, avant d’être reconduits au Mali. Le GSPC a fixé dans un
premier temps un ultimatum de trois jours contre la libération de
détenus islamistes tunisiens et algériens afin de libérer les deux
otages avant de prolonger cet ultimatum pour trois autres jours.
D’autre part, les critiques apportés par le mufti d’El Azhar, El
Karadaoui, ne datent pas d’aujourd’hui, puisque à plusieurs reprises
et chaque fois qu’un attentat terroriste se produit, El Karadaoui
sort de son silence et fustige ces groupes armés affiliés au GSPC.
S. A.
Haut
Enfants parlementaires
Une journée et
des questions
Tout était en
apparence bien organisé. L’hémicycle du Sénat vidé de ses propres
locataires, M. Bensalah a réservé un accueil chaleureux aux petits
sénateurs d’Algérie qui ont siégé, le temps d’une plénière, à la
place des sénateurs à l’occasion de la journée parlementaire des
enfants prévue le 1er juin mais avancée en raison de l’agenda
scolaire chargé des examens nationaux.
Elus à la base des
résultats cumulés entre deux trimestres, les parlementaires d’un
jour avaient pris place tôt le matin hier. Plus assidus que leurs
aînés, ils n’ont pas démérité leur siège en maniant le verbe et la
manière pour exposer les préoccupations qui regardent leur monde et
intéressent scrupuleusement les tranches d’âges qu’ils représentent.
Venant des trois paliers, ces petits sénateurs, aux habits tendances
branchés se complaisaient curieusement dans le statut qu’ils ont
incarné en cette journée du 17 mars.
Après l’ouverture
de la séance par le président du Sénat, la parole fut donnée aux
brillants fils de l’école algérienne en présence de MM. Boubekeur
Benbouzid, El Hachemi Djiar, Amar Tou et Rachid Harraoubia
respectivement ministre de l’Education, de la Jeunesse et des
Sports, de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Une
cinquantaine d’interventions de trois minutes chacune ont suffi pour
faire le tour de tous les problèmes qui préoccupent théoriquement
les petites têtes, voire même plus comme cette question orale
concernant la fuite des cerveaux et autres enseignants du supérieur
à l’étranger. Ce qui laisse croire que le choix des questions est
bien calibré et échappe à la propre initiative des petits sénateurs
qu’on traite, malgré leur niveau et leur clairvoyance, de mineurs
quand il s’agit de leur propre expression. Les représentants des
classes ont évoqué le manque de divertissement et de loisirs, Les
plus âgés ont rappelé aux représentants du gouvernement le retard
dans l’informatique dans les établissements scolaires, la lutte
contre la démotivation scolaire, la violence dans les écoles et la
relance du sport scolaire. L’allègement des programmes aura été le
manque du livre, question qui a gêné le ministre de tutelle. Un
lycéen a évoqué l’urgence d’ouvrir les pôles d’excellence promis par
le président de la République. Les parlementaires du lundi 17 mars
n’ont pas certes innové puisque pratiquement c’est le même topo de
questionnements qu’exécutent les députés à chaque occasion qui se
présente à eux le long du rituel parlementaire au cours de leur
mandat. Saisissant l’occasion,
M. Bensalah a
insisté sur la prise en charge effective des préoccupations de cette
frange d’Algériens conformément aux conventions internationales
auxquelles l’Algérie a adhéré en 1992.
Spontanéité et
déceptions
Exprimant leurs
sentiments par rapport à cette journée, Imène et Djamaâ, deux filles
du cycle moyen et secondaire venues de Tamanrasset avaient du mal à
cacher leur déception drapée dans une timidité mêlée de joie d’avoir
réalisé le rêve de voir Alger. Gênées par nos interrogations, elles
ont tenu à regretter le cachet très protocolaire de l’initiative de
cette journée parlementaire du fait qu’on ne leur a pas laissé libre
expression pour bien informer les officiels de tout ce qui les
préoccupe. Pour Djamaâ, le transport scolaire demeure une nécessité
absolue dans cette contrée du Sud où la société connaît une forte
déperdition scolaire. C’est aussi le souhait de Imène qui a de la
peine à voir des camarades de classe passer des jours à l’internat
et ne rentrer chez elles qu’une fois par semaine ou une fois la
quinzaine. Refusant la question tirée au sort, Imène souhaitait par
contre intervenir pour s’exprimer librement de l’interdiction de
fumer dans les établissements scolaires ou au sujet d’une grande
bibliothèque à construire dans la ville pour pouvoir monter des
exposés. A choisir entre le livre et l’internet, Imène préfère le
premier car, l’internet ne répond pas à sa curiosité d’enfant
chercheur avec les réponses faciles fournies. Elle aurait aimé
interpeller spontanément les ministres de la Solidarité, de
l’Education et de la Santé sur l’aide que l’Algérie devait apporter
aux enfants palestiniens à qui on a violé l’innocence. «Des livres
et des médicaments», a-t-elle proposé avec amertume. Imène a fait le
déplacement à Alger par avion (cadeau de son père) alors que Djamaâ
a mis deux jours pour rejoindre la capitale avec son père. C’est là
toute la différence. Qui offrira le cadeau de sa vie à Djamaâ en
récompense à ses résultats brillants. Notons que les réponses des
ministres n’ont pas dérogé au style de promesses et chiffres
comparatifs à l’appui.
Et si on laisse
les enfants s’exprimer eux-mêmes. Ce sera plus crédible pour le bien
de la population de leur âge. A l’année prochaine.
Par Fouad O.
Haut
Les conseillers à l’orientation promettent d’autres protestas
Un sit-in le 27
mars courant
Les conseillers de
l’orientation scolaire et professionnelle comptent revenir en charge
en organisant des sit-in à travers le territoire national. Cette
nouvelle action de protestation devra se dérouler le 26 mars
courant. C’est ce qu’expliquent les représentants des conseillers à
l’orientation dans une déclaration de presse transmise hier à notre
rédaction.
Avant d’entamer
cette nouvelle protestation, les délégués à l’orientation ont
adressé une lettre ouverte au ministre de l’Education nationale dans
laquelle ils ont expliqué et étalé leurs revendications pour
lesquelles ils comptent continuer de lutter. Le premier point abordé
par les représentants est relatif à la classification du personnel
de ce corps dans le nouveau statut promulgué récemment. Ils
demandent au premier responsable du secteur de mettre en vigueur les
articles 48 et 49 en préservant les emplois existants. Ces articles
stipulent que les conseillers à l’orientation en poste actuellement
ne perdent pas leur poste en cas de changement dans les conditions
d’accès à la profession.
Ils interpellent
également le premier responsable du secteur à respecter l’article
133 où il est question d’intégrer les conseillers de l’orientation
scolaire et professionnelle titulaires ou stagiaires dans le grade
de conseillers à l’orientation et de guidance scolaire. Les
conseillers principaux d’orientation scolaire titulaires ou
stagiaires doivent être également intégrés dans le grade de
conseillers principaux en orientation dont le classement est de 13,
suivant
l’article 134.
Les représentants
des conseillers à l’orientation ont évoqué également leur droit à
l’indemnisation et à la promotion vers d’autres corps comme
directeur d’établissement scolaire et directeur d’études. «Nous
insistons pour que le nouveau statut préserve les acquis de la
carrière professionnelle de ce corps de l’éducation qui a prouvé son
sérieux et ses compétences dans les moments les plus difficiles»,
lit-on dans le communiqué.
Les conseillers de
l’orientation ont, en outre, fait le point sur le dernier sit-in
organisé le 12 mars courant devant les sièges des directions de
l’éducation et au ministère en précisant que cette action a été une
réussite et que le taux de suivi a été de 100% à Alger, Tizi Ouzou,
Tipasa, Blida, Boumerdès, et de 99 % dans les autres wilayas. «Un
mouvement de protestation qui veut être une réponse au ministre de
l’Education qui ne cesse d’afficher incompréhension, indifférence et
refus de dialogue», précise le communiqué.
Par Nouria
Bourihane
Haut
Peine capitale pour deux meurtriers
Elle tue son
mari et le découpe en morceaux
La peine capitale
est prononcée à l’encontre de O. Halima et son complice H. Ali,
accusés dans une affaire de meurtre avec préméditation. Un être a
été tué, découpé puis jeté en plusieurs endroits, telle est
l’affaire que le tribunal a jugé hier. Un acte des plus ignobles que
le tribunal criminel de Boumerdès a traité avant-hier.
Les faits
remontent au 26 octobre 2003 lorsque les policiers découvrirent une
tête d’une personne à la plage de Sidi El Hadj à Tamentefoust dans
la wilaya d’Alger.
Le 13 novembre de
la même année, O. Halima, originaire de Guerrara (Ghardaia) qui
réside avec sa famille à Dely Ibrahim, se présente au commissariat
de police pour déposer un avis de recherche de son mari disparu
depuis près d’un mois. Une photo est montrée à la dame qui a reconnu
qu’il y a une grande ressemblance avec celle de son mari. Sa fille
Hasna a reconnu que la photo ressemble à 60% à celle de son père.
L’enquête se
poursuit. Hasna, la fille de la victime avoue : sa mère Halima et
H. Ali, un ami de la famille sont les auteurs du crime de son père.
Les faits du
meurtre remontent à la nuit du mercredi 22 octobre 2003. Halima et
H. Ali, l’ami de sa fille attendirent la rentrée du défunt au
domicile conjugal. A deux heures du matin, la victime en état
d’ébriété, fut sauvagement tué à l’intérieur de son domicile par
les deux accusés. Son corps fut coupé en plusieurs morceaux à l’aide
d’une scie qu’ils ont jetés en plusieurs endroits, à Oued Hydra, Haï
Benhamouda à El Hamiz, à la forêt de Bir Mourad Raïs et à
Tamentefoust.
A la barre, O.
Halima a rejeté catégoriquement toutes les accusations portées
contre lui, même les déclarations déposées par devant le juge
d’instruction. Pis, ayant fait fi de tout son stratagème pour
s’innocenter ayant affirmé devant le tribunal qu’elle a perdu la
vue. «Je n’ai pas tué mon mari . J’avais de très bonnes relations
avec lui et on s’entendait convenablement»,
a-t-elle plaidé
devant le tribunal. H. Ali (accusé), commerçant de profession : «Je
n’ai pas tué», a-t-il déclaré.
Il convient de
rappeler que ce dernier a demandé la main de la fille de la victime
déclarant devant le tribunal : «J’étais amoureux d’elle, j’ai
demandé sa main, elle m’a été refusée par son père» ajoutant, «même
en prison elle m’envoyait du courrier».
S’agissant de deux
familles mozabites, la tradition veut que la demande en mariage se
fait à Ghardaia et avec l’accord des deux parties. Les motifs du
refus de cette union sont multiples, parmi le litige qui perdure
entre les deux familles, selon le défunt père.
A.Kichni
Haut
Travaux publics
La trémie de La
Concorde ouverte depuis avant-hier
Le carrefour de
Bir Mourad Raïs, La Concorde comme cet endroit est connu dans les
milieux algérois, n’est plus désormais ce lieu d’enchevêtrement et
de confusion de la circulation.
Au grand bonheur
des automobilistes, Amar Ghoul, ministre des Travaux publics, a
procédé avant-hier à la mise en service de la trémie permettant une
liaison rapide entre Bir Mourad Raïs et Blida, cet ouvrage d’art
faisant partie du projet d’aménagement du carrefour évoqué plus
haut. Un projet que l’on peut dès lors ajouter à la liste des
infrastructures de base réceptionnées au niveau de la capitale sous
l’égide de M. Ghoul. Il est prévu en effet dans le cadre des travaux
d’aménagement du carrefour de Bir Mourad Raïs la réalisation de deux
trémies, l’une reliant le quartier des Sources à Blida et la
deuxième, encore plus importante au vu du nombre de véhicules qui y
transitent au quotidien (quelque 120 000), n’est autre que celle
inaugurée, hier, par le ministre des Travaux publics. Ces deux
trémies sont mises en exploitation. En conséquence, la circulation
est beaucoup plus fluide au niveau de «La Concorde», alors que dans
un passé récent, se frayer un chemin au niveau de ce point de
jonction entre deux wilayas limitrophes relève, dans l’esprit de
beaucoup d’automobilistes, d’un véritable parcours du combattant.
Pour autant, le ministre Ghoul a insisté, on ne peut mieux
officiellement, sur le parachèvement de tous les travaux de finition
devant accompagner la réception définitive de ce projet. Il est
question notamment de la création de bassin couronné d’un espace
vert, de la mise en place d’une passerelle ainsi que d’autres
travaux d’aménagement en surface devant offrir une valeur ajoutée au
projet en le rendant encore plus beau et plus intégré dans son
environnement. Le ministre des Travaux publics angolais assiste à
l’inauguration. Pour cette énième sortie sur le terrain du
ministre Ghoul, ce dernier a été accompagné par son homologue
angolais Higino Carneiro, présent à Alger depuis hier dans le cadre
d’une visite officielle de trois jours. Les deux ministres en charge
d’un même secteur dans leur pays respectif se sont rendus notamment
sur le site du projet de dédoublement de la Rn 11 reliant la ville
de Aïn Benian à celle de Staouéli, de même qu’ils se sont enquis du
taux d’avancement du projet d’aménagement du carrefour de Aïn Allah
estimé, indique-t-on à quelque 80%. Autrement dit, la réception de
ce projet d’un montant de 350 millions de dinars n’est qu’une
affaire de quelques jours. Faut-il souligner que les travaux
d’aménagement des deux carrefours, celui de Aïn Allah sur les
hauteurs d’Alger ainsi que celui de Bir Mourad Raïs, ont été
effectués sans la moindre interruption du mouvement de la
circulation. Chose pour laquelle le ministre angolais des Travaux
publics s’est montré très impressionné. Plus tard, lorsque M.
Carneiro s’est enquis auprès de son homologue des nouvelles
techniques intégrées dans le domaine de réalisation des projets
d’infrastructures de base, de la performance de l’outil national
(entreprises et bureaux d’études) et surtout du programme
gigantesque en passe de voir le jour dans le secteur des travaux
publics, l’hôte de M.Ghoul a tout simplement reconnu qu’«en matière
de travaux publics, l’Algérie sert de modèle pour tout le continent
africain». La visite de M. Carneiro en Algérie est aussi motivée par
la tenue du 2e Congrès africain de la route (CAR) prévu en Angola,
en juin prochain. Le premier congrès du genre s’est tenu,
rappelle-t-on, à Alger et celui-ci a vu l’intronisation de M. Ghoul
comme président de la CAR. M. Carneiro souhaite donc bénéficier de
l’expérience et surtout de l’apport de l’Algérie dans l’organisation
de ce genre d’événement grandiose.
Par Karim
Aoudia
Haut
Le président de la commission de transport de l’APN à la Radio
«Le code de la
route sera débattu lors de la session d’automne»
«La nouvelle
mouture du code de la route sera présentée devant les députés durant
la prochaine session parlementaire», c’est ce qu’a déclaré le
président de la commission parlementaire du transport, Mohamed
Benhamou, hier lors de son passage à l’émission «Fi- Elouadjiha» de
la Chaîne I de la Radio nationale. L’invité de Aïcha Belkasmi a
profité de son intervention radiophonique pour solliciter à travers
les ondes le ministre des Transports à modifier certains articles,
notamment ceux inhérents au retrait de permis de conduire. Il a
estimé que le code de la route adopté en 2005 n’a pas eu de
résultats sur le terrain. Il a évoqué, à cet égard, le nombre de
victimes des accidents de la route qui a été enregistré au cours de
l’année dernière et qui a atteint les 4 000 morts. Il a expliqué ce
revers par le fait que la loi de 2005 soit trop restrictive,
estimant que pour avoir de meilleurs résultats dans ce domaine, il
fallait plutôt convaincre et sensibiliser les gens. «Il faut opter
pour une loi didactique plutôt que restrictive ! Le fait de retirer
le permis à un conducteur pour avoir franchi la ligne blanche ou
pour une autre infraction ne résout pas le problème. Bien au
contraire cela risque de compliquer davantage les choses puisque
parfois c’est toute une famille qui est persécutée par cette mesure.
Et puis cela a suscité un marché parallèle» a-t-il explicité.
Il a indiqué que
la commission du transport au sein de l’APN a proposé une autre
méthode, à savoir le permis de conduire à points. Selon l’hôte de la
Radio nationale, cette nouvelle méthode consiste à retirer des
points aux chauffeurs ayant commis des infractions, au lieu de le
priver carrément du droit à la conduite. Il a également proposé de
faire des séances de formation pour les mauvais conducteurs. Mohamed
Benhamou a indiqué par ailleurs qu’une journée parlementaire sera
organisée au cours de la première semaine d’avril. Elle aura pour
but principal de débattre du transport en Algérie d’une façon
générale. Sur un autre registre, l’invité de l’émission «Fi-Elouadjiha»
a appelé les autorités compétentes à régler le problème des jeunes
ayant bénéficié de crédits pour acquérir des moyens de transport en
commun et qui attendent toujours qu’on leur donne des lignes de
transport pour commencer à exercer. Le président de la commission du
transport de l’APN a tenu d’autre part à rappeler qu’une loi portant
création de ce qu’on appelle «le taxi aérien» a été récemment
enregistrée. Cette nouvelle loi permettra aux particuliers de
s’approprier de petits avions de 20 places et de les utiliser dans
le transport des voyageurs.
Par Salah
Harirèche
Haut
Pollution marine
Gendarmes et
protecteurs du littoral
«Le rôle de la
Gendarmerie nationale dans la protection de l’environnement». Tel a
été le thème d’un séminaire qu’a abrité hier le siège du
Commandement national de cette corporation, à Alger. Cette
manifestation a vu la participation, outre les officiers supérieurs
de la gendarmerie, des cadres des ministères de l’Environnement et
de l’Agriculture ainsi que des responsables de l’Agence nationale
pour la conservation de la nature. Plusieurs communications ont été
présentées à cette occasion traitant aussi bien des atteintes à la
nature, notamment la pollution marine, des outils législatifs mis en
place par l’Etat et aussi de l’implication des brigadiers verts dans
la protection de l’environnement. Ainsi, dans sa communication ayant
pour titre : «Le littoral, stratégie et plan d’action»,
M. Nateche, cadre
au ministère de l’Environnement, présentera les grands axes de la
loi relative à la protection et à la valorisation du littoral
algérien, adoptée en février 2002. Ce texte de loi énonce d’après
elle les principes fondamentaux sur lesquels rendant possible les
actions de développement du littoral, de même qu’elle dicte les
règles de mise en valeur du littoral en conformité avec l’occupation
économe de l’espace et avec la préservation optimale de son état
naturel. De son côté, M. Kemmache du Commissariat national du
littoral, notera dans sa communication intitulée : «La pollution
marine» que pas moins de six millions de tonnes de pétrole sont
déversées annuellement dans les océans. Il fera part aussi de
l’ambition de la Société nationale des hydrocarbures, Sonatrach, de
procéder prochainement à la création d’une filiale spécialisée dans
la lutte contre la pollution marine.
M. Kemmache
regrettera enfin le fait que l’Algérie ne dispose pas de moyens de
lutte efficaces contre ce genre de pollution aux conséquences
gravissimes. S’agissant de la Gendarmerie nationale, cette
corporation a eu à traiter près de 400 affaires liées aux atteintes
à l’environnement tout au long de l’année 2007. 38% de ces affaires
élucidées sont en rapport avec l’extraction et l’enlèvement de sable
sans autorisation, alors que 13% de celles-ci concernent le forage
illicite de puits. Le nombre de personnes arrêtées dépasse les 600
individus, indique-t-on.
Karim Aoudia
Haut
En dépit d’une décision de justice
Les
paramédicaux continuent leur grève
Les paramédicaux
ont poursuivi, hier, leur mouvement de protestation.
La grève
enclenchée avant-hier se poursuit toujours, malgré la perturbation
que pourrait engendrer la décision de la chambre administrative de
la cour d’Alger qui a statué dimanche soir en référé suite à
l’action engagée par le ministère de la Santé contre le Syndicat
algérien des paramédicaux (SAP), ayant engagé ce mouvement de
protestation. La décision de la justice a été rendue publique par
l’agence APS en début de soirée. Le secrétaire général de ce
syndicat, Lounès Ghachi, a affirme, hier, ne pas avoir eu écho de
cette action en justice. «Nous n’avons reçu aucune notification et
nous n’avons été convoqués par aucun tribunal», nous a-t-il déclaré,
hier. Le syndicat n’a donc pas décidé de surseoir à son action comme
il avait fait lors de la grève du 17 février dernier qu’il a dû
annuler suite à la décision de justice ayant tranché en faveur du
département de Tou. L’autre élément dénoncé par les paramédicaux
lors de cette deuxième journée de grève concerne les chiffres
avancés par le ministère de la Santé concernant le taux de suivi.
Alors que le SAP considère que son mouvement a eu «une adhésion
massive» avançant des taux de suivi allant jusqu’à 95%», le
ministère a minimisé ce suivi, l’estimant à 7% seulement. Dans un
communiqué rendu public par ce département dans lequel est rappelée
la décision de justice, le département de M.Tou avance que le taux
de participation à la grève nationale de trois jours «était de 7% en
moyenne au niveau national». les services du ministère de la Santé
se réfèrent aux «données recueillies auprès de l’ensemble des
établissements de santé à travers le territoire national (qui)
indiquent que la quasi-totalité des paramédicaux du secteur public
n’ont pas suivi le mouvement». «C’est du mépris» commente le
secrétaire général du SAP. «Notre mouvement a enregistré une
adhésion que l’opinion publique a pu constater sur le terrain» ,
précise le ministère. En plus d’ignorer nos revendications, le
ministère fait aujourd’hui dans le mépris, sinon comment expliquer
ces chiffres qu’il avance et qui n’ont aucun fondement sur le
terrain. Pour la deuxième journée de grève, le syndicat annonce «un
taux de suivi aussi important que celui d’hier (dimanche). Il est de
moyenne nationale de 95%». Pour rappel, les revendications des
paramédicaux concernent l’amélioration de leur situation
socioprofessionnelle, notamment avec l’augmentation du salaire
actuel qui ne dépasse pas dans les meilleurs cas 22 000 DA après 15
ans de carrière. Mais la revendication principale reste
«l’introduction du système LMD dans la formation du paramédical
pour permettre aux fonctionnaires de cette corporation d’évoluer
dans la carrière et de prétendre à un meilleur plan de carrière.
Par Fatima Arab
Haut
Boumerdès
Au deuxième
jour, les hôpitaux et les centres de santé sont paralysés
Le collectif des
paramédicaux de la wilaya de Boumerdès observe une grève de trois
jours. L’appel lancé par le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP)
a trouvé un écho favorable au niveau des établissements relevant du
secteur de la santé. A Boumerdès, les hôpitaux de Dellys,
Bordj-Menaiel, Thenia, l’unité d’urgence médico-chirurgicale (UMC),
les polycliniques et les centres de soins sont pratiquement tous
paralysés.
«Baraket, nous ne
pouvons plus supporter éternellement cette situation», «Restons
solidaires», «Rien ne se donne , tout s’arrache», tels sont les
appels repris sur le communiqué du Syndicat algérien des
paramédicaux, affiché au niveau des centres et établissements
sanitaires. Au deuxième jour de la grève, «le taux de suivi est
évalué à 85%», a affirmé Boualem Goumettre, membre du Conseil
national et chargé du suivi de la grève, ajoutant : «La grève a été
suivie par l’ensemble du personnel paramédical de la wilaya, le
service minimum est assuré au niveau de tous les établissements
sanitaires, suite aux recommandations du Conseil national du SAP».
«Il est inconcevable de classer des kinésithérapeutes, des
anesthésistes, des sages-femmes, des radiologues, des infirmiers
diplômés ou laborantins pour ne citer que ces qualifications à la
catégorie dix. Des universitaires à la catégorie dix ?», a-t-il
martelé.
Dans le même
communiqué, le Conseil national du SAP lance un appel à tous les
paramédicaux à répondre favorablement au mot d’ordre de grève.
Cette mesure ne sera pas la dernière. Le SAP s’engage à lutter
jusqu’à la satisfaction totale de ses revendications
professionnelles, a-t-on lu, sur le communiqué. Ainsi, après la
première grève engagée les 17 et 18 février dernier et avortée
suite à une décision de justice, le SAP est décidé, semble-t-il , à
respecter les engagements du Conseil national soit trois jours
consécutifs de grève du 16 au 18 du mois courant. Une décision de
justice a signifié au collectif de mettre fin au mouvement de grève
à Boumerdès ; une sorte d’intimidation de l’administration. Dans ce
contexte, Boualem Goumettre, représentant du SAP à Boumerdès, dira :
«Notre grève est légale. Elle est maintenue. Toutes les décisions
doivent nous parvenir de la Centrale syndicale du SAP», a souligné
notre interlocuteur de l’hôpital de Thénia devant les grévistes.
Par ailleurs, le
communiqué indique que le Conseil national des paramédicaux a pris
la décision d’intégrer dans ses rangs la Coordination des syndicats
autonomes de la Fonction publique.
Par A.Kichni
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Bejaia
Les infirmiers
en colère
Les paramedicaux
exerçant dans le secteur public ont paralysé pour la deuxième
journée consécutive les secteurs sanitaire de Béjaïa suite à
l’appel à la grève lancé par le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP).
Ces derniers revendiquent à travers cette nouvelle action, la
réhabilitation de la profession par le classement de son personnel
à l’échelle 11 dans le nouveau statut particulier élaboré, selon
eux, sans prendre en considération les difficultés de la profession.
«Aucun avantage n’a été concédé dans l’avant-projet préparé par le
gouvernement», estime-t-on à l’unanimité. En effet, la prime de
contagion et autres avantages qui doivent être greffés à cette noble
profession n’ont pas été pris en considération de la façon qui
puisse contenter les blouses blanches. Les grévistes demandent par
ailleurs, en priorité, une revalorisation salariale «importante»
pour hausser leur niveau de vie, et faire face à l’érosion du
pouvoir d’achat qui provoque une signée dans les ménages ces
derniers mois. Ils demandent au même temps, la correction et
l’amélioration de l’ébauche du régime indemnitaire qui répond à
leurs attentes. Au secteur hospitalier d’Amizou, la grève était
largement suivie par les infirmiers, les TSS et tous les auxiliaires
de santé. 200 paramédicaux, dont des infirmiers, TSS, aides
soignants, etc. ont rangé leurs blouses dans les placards l’espace
de trois jours pour exprimer leur mécontentement sur les questions
intéressant directement leur avenir, tout en se désolant de
«l’échec» de la rencontre ayant regroupé le SAP et les représentants
du gouvernement il y a tout juste deux moi. Pour rappel, un
mouvement socio revendicatif similaire avait touché tout le secteur
de la santé il y a quelques semaines seulement à l’appel du même
syndicat, qui avait ratissé large auprès de la corporation à Béjaïa
pour les mêmes doléances
Par Tarek B.S.
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Développement de la PME-PMI
Différence de
vision entre Moussaoui et Benbada
L’entrée en
vigueur de l’accord d’association avec l’Union européenne depuis
2005, et ce qu’il implique comme démantèlement tarifaire notamment,
et l’adhésion prochaine de notre pays à l’OMC ne sont pas sans avoir
des impacts certains sur l’ensemble des entreprises algériennes, et
à plus forte raison, la petite et moyenne entreprise. c’est pour
parer un tant soit peu à cette menace que les pouvoirs publics
avaient décidé de mettre au point une stratégie d’accompagnement
qui s’articule autour d’un programme d’appui au profit de ces
entreprises dans l’objectif de les rendre compétitives et
d’améliorer leur rendement. Une stratégie qui devait se concrétiser
avec l’apport des banques, appelées à financer et à miser sur le
développement de ce secteur. Mais force est de constater que le
secteur de la PME-PMI connaît encore des problèmes de mise à niveau.
Le chiffre global de PME n’est pas précisément cerné, mais celui-ci
connaît une évolution annuelle de 10%. En 1992, le nombre de PME
existantes était de 103 927 unités. Depuis 1999, le chiffre a connu
une croissance avoisinant les 86%, et le budget annuel alloué par
l’Etat pour la promotion du secteur est d’un milliard de dinars par
année. Malgré cela, les PME-PMI n’arrivent pas encore à dépasser le
cadre de la petite entreprise traditionnelle et à élargir leurs
capacités d’emploi et de production. 97% d’entre elles fonctionnent
avec 11 ouvriers en moyenne.
Au cours de la
table ronde organisée hier au forum d’El Moudjahid, l’Agence
nationale de développement de la PME, (ANDPME), mise sur pied à cet
effet et qui supervise le développement de ce secteur, a insisté,
par la voix de son directeur général, M. Rachid Moussaoui, sur «la
nécessité d’améliorer les rapports entre banques et entreprises pour
permettre un meilleur essor du secteur de la PME-PMI». Une démarche
qui nécessite l’installation d’un climat de confiance entre les
banques et les entreprises. «Les banques ont besoin de s’assurer de
la fiabilité et de la crédibilité des entreprises» a reconnu le
responsable de l’ANDPME. A ce propos, il a ajouté que «l’ANDPME
pourra jouer un rôle d’intermédiaire entre les banques et les
entreprises». Toutefois, a-t-il indiqué, «il n’est pas forcément
nécessaire de créer une nouvelle banque pour cela». Pour lui, le
mieux serait «d’améliorer la médiation entre les banques et les
PME». Une proposition qui contraste avec la déclaration du ministre
de la PME-PMI, M. Benbada, qui avait déclaré récemment qu’il était
nécessaire de créer une nouvelle banque qui se consacrera
essentiellement à la promotion de ce secteur.
Boudjemaâ
Medjkoun
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Entretien avec Abdelmadjid Messaoudi, SP du CNA
«Les compagnies
d’assurance algériennes doivent s’adapter à la concurrence»
Propos
recueillis
par Larbi
Graïne
Le Jour
d’Algérie : La loi n° 06-04 du 20 février 2006 est venue réorganiser
le marché des assurances. Qu’est-ce qui a changé depuis ?
Abdelmadjid
Messaoudi : Cette loi a induit un regain d’activité dans le secteur.
Elle a dynamisé un certain nombre de travaux de préparation des
acteurs pour la mise en œuvre des dispositions de la loi en
particulier en matière de bancassurance, en matière de création de
filiale «assurance de personnes» et de réduction des délais
d’indemnisation... En matière de bancassurance, un certain nombre de
conventions sont, en ce moment, en cours de négociation entre les
banques et les compagnies d’assurance. D’autres textes d’application
de cette loi n’ont pas encore été promulgués car ils nécessitent un
temps de négociation au niveau institutionnel. Le statut-type des
mutuelles n’a pas encore paru, il fait toujours l’objet de
discussion au niveau gouvernemental. En matière de création de
filiale «assurance de personnes» certaines compagnies préparent leur
partenariat avec un opérateur étranger. Tout cela n’a pas encore été
achevé. On aura les premiers résultats très certainement au cours du
trimestre qui vient. Les dispositions relatives aux délais
d’indemnisation ont aussi interpellé les compagnies qui se sont
empressées de faire le diagnostic de leur situation. Nous avons mené
récemment une enquête auprès de ces compagnies, il en est ressorti
que les délais d’indemnisation, quand il s’agit des dommages
corporels, prennent énormément de temps, une moyenne de trois ans.
Avez-vous des
chiffres ?
Du point de vue de
la production, nos prévisions de clôture sont grosso modo d’environ
52 milliards de DA. Cela représente plus de 510 millions d’euros
(près de 800 millions de dollars US). Cela reste, de toute évidence,
extrêmement bas comparativement à une moyenne internationale de
l’ordre de 7% du PIB quand on sait que notre ratio représente à
peine 0,55% du PIB. On est bien loin non seulement de la moyenne
internationale mais aussi des scores atteints par les pays voisins.
La Tunisie est actuellement à 2,2%, le Maroc à 2,5%. En termes de
branche, c’est l’automobile et l’incendie qui, tour à tour,
dominent. Ensemble, ces deux branches font plus de 80% du chiffre
d’affaires des compagnies d’assurance. Cela veut dire que les 20%
restant sont distribués sur l’assurance transport, l’assurance de
personnes, l’assurance agricole et l’assurance crédit-caution. Cela
contraste avec les profils habituels dans la plupart des pays où
l’assurance-vie (équivalent de l’assurance de personnes) représente
50 % au moins de l’activité d’assurance. Le plus souvent, l’activité
d’assurance de personnes dépasse l’activité d’assurance dommages.
Chez nous elle représente encore 5 %. Le système de protection
sociale n’est pas étranger à cet état de fait. Il faut dire que nous
avons un système de protection parmi les plus généreux au monde, ce
qui ne laisse pas beaucoup de place à l’initiative individuelle
d’assurance complémentaire en matière de santé, retraite, etc.
La France et
l’Algérie viennent de signer un accord permettant l’installation des
compagnies d’assurance françaises en Algérie. Comment expliquez-vous
cet intérêt de la part des assureurs français pour le marché
algérien ?
Ces compagnies
sont intéressées à plus d’un titre parce que, d’abord, notre marché
est en pleine expansion et appelé à se développer encore plus car il
y a beaucoup d’activités à promouvoir et à fructifier. Il est normal
que ces compagnies déploient des stratégies diverses pour être
partie prenante de ce développement. Les assureurs français ont, en
plus, la possibilité, par cette présence annoncée, d’accompagner sur
le territoire algérien leur clientèle. Il en est ainsi des
entreprises françaises ou à capitaux français comme aussi de la
clientèle des particuliers qui est en partie d’origine algérienne.
C’est un fait important. Les compagnies françaises sont intéressées
au même titre que d’autres compagnies au niveau international.
D’aucuns
prédisent que les compagnies françaises vont absorber le marché
algérien…
Notre marché est
ouvert à la concurrence. L’objectif est de susciter la concurrence
pour développer et améliorer les couvertures d’assurance pour mieux
protéger la population, ses biens et l’économie. Nous espérons aller
ainsi vers la modernisation, le développement et la diversification
des produits et de la qualité de prestation. Les compagnies
algériennes doivent s’aguerrir dans la confrontation avec des
concurrents professionnels. C’est d’ailleurs dans cette concurrence
avec les professionnels que le niveau de qualification général et la
qualité de service d’assurances pourraient se développer. Dix années
après la création de la première compagnie d’assurances (1997), on
constate que la part du privé est restée encore limitée puisque plus
des trois quarts de l’assurance reste encore offerte par les
compagnies publiques. Ces dernières, elle mêmes, se rendent compte
que les inquiétudes qu’elles avaient initialement sur l’ouverture au
capital privé algérien ou étranger étaient surfaites. Du moins,
c’est ce que les compagnies publiques déduisent de cette première
expérience. On peut s’attendre probablement à ce que la concurrence
soit plus rude à l’avenir avec les compagnies de rang international
en particulier si elle viennent avec leur encadrement, de nouveaux
produits et une agressivité commerciale… C’est justement ce que l’on
peut souhaiter à ce marché et c’est ce que l’économie algérienne
attend pour lui redonner du souffle.
Est-ce que tous
les organes prévus par la nouvelle loi sont opérationnels ?
Seul l’organe de
tarification n’a pas encore vu le jour. Mais parmi les organes qui
ont été mis en place il y a la commission de supervision des
assurances qui, elle, a été installée il y a de cela 3 mois. Elle a
tenu une première réunion d’installation. Nous espérons que la
commission se saisisse, très vite, de ses prérogatives et joue le
rôle qui est attendu d’elle. Cela ne saurait tarder puisque
l’installation vient tout juste d’avoir lieu. L’ensemble des organes
sont déjà en place. Nous attendons encore l’adoption et la
publication de certains textes, en particulier les statuts-types qui
permettent à des corporations de métier de créer leur mutuelle
d’assurance. Cela vaut surtout pour les artistes et autres métiers
liés aux arts qui se plaignent, à juste titre d’ailleurs, de
l’absence de garantie quant à leur avenir.
L’annonce faite
en 2006 de la possibilité de créer des mutuelles pour une
corporation de 5 000 personnes au moins a relancé l’espoir. Nous
attendons toujours la promulgation de ces statuts-types qui
pourraient permettre d’offrir une solution en termes de prévoyance
pour les corporations qui en sont démunies.
Un des organes
qui devrait fonctionner et dont le rôle est assez important est
celui de la supervision…
La supervision est
une activité essentielle pour les assurances comme la supervision
bancaire est essentielle pour l’activité bancaire. Je fais le
parallèle pour situer son importance. La supervision vise
essentiellement à veiller à la solvabilité des compagnies et au
respect des engagements qu’elles ont pris. Comme partout dans le
monde, la supervision agit dans l’intérêt des assurés
principalement.
Chez nous, la
supervision nécessite d’être ramassée. Nous sommes dans une
organisation transitoire décidée en 2006 en attendant la création
d’une agence indépendante de supervision des assurances. Nous avons
une commission de supervision qui a une relative autonomie puisque
deux magistrats y siègent, ses services exécutifs représentés par la
direction des assurances au sein du ministère des Finances, et le
CNA qui concourt aussi, d’une certaine manière, à la supervision
puisqu’il réalise des travaux techniques et les concertations
indispensables à la supervision.
Quelle est la
part du privé dans le secteur ?
Approximativement
25% du marché représentent le chiffre d’affaires apporté par les
compagnies d’assurance privées auquel il faudrait adjoindre la part
du public drainé par les intermédiaires d’assurance tout aussi
privés. En effet, on a l’habitude, quand on parle de privé, de se
référer aux seules compagnies d’assurance. Il ne faut pas oublier
que la libéralisation chez nous a aussi signifié la réouverture de
l’activité d’intermédiation qui a été stoppée brusquement en 1973.
Tout compte fait, quelque 30% de l’activité d’assurances transitent
par l’intermédiaire des agents généraux et des courtiers.
Au lendemain du
séisme de Boumerdès, les citoyens ont été invités à souscrire à un
contrat d’assurance contre les catastrophes naturelles. Où en est-on
avec cette opération ?
Nous avons été
surpris par l’ampleur de la décision prise par les pouvoirs publics
en matière d’obligation d’assurance contre les effets des
catastrophes naturelles. Certes, le séisme est arrivé à un moment où
nous étions en cours de discussion au sein du secteur sur la
nécessité d’un système d’assurances des catastrophes naturelles. Les
pouvoirs publics ont écouté les professionnels de l’assurance et
sont allés encore plus loin que nous attendions puisqu’ils ont
institué cette obligation d’assurance, non seulement pour l’ensemble
des propriétaires immobiliers, mais aussi pour les entreprises en ce
qui concerne leurs installations, contenu et contenant…
Aujourd’hui, le
produit d’assurance a du mal à prendre puisqu’on est à des niveaux
de souscription encore très faibles. Une enquête sociologique que
nous avons réalisée l’an dernier, montre que la population, en
particulier les ménages, s’assure rarement pour ne pas dire pas du
tout. La garantie obligatoire peut-être vendue dans le cadre d’une
assurance multirisque, quelle soit une multirisque habitation ou une
multirisque industrielle et commerciale, c’est ce que les compagnies
d’assurance devraient promouvoir puisqu’à l’occasion de cette
assurance obligatoire, elles peuvent vendre des assurances
facultatives.
Une commission
d’experts du Meda a planché dernièrement sur l’assainissement de la
branche automobile…
Sur le marché, le
résultat ne dépend pas de la qualité de l’assistance qu’on peut
avoir, il dépend de ce que les acteurs peuvent faire concrètement.
Bon nombre de recommandations faites par les experts du programme
Meda (Union européenne) et déjà faites antérieurement par les
professionnels eux-mêmes au sein de leur cadre de concertation dont
au sein du CNA, sont encore à mettre en œuvre. Au-delà, les experts
qui viennent sur un marché peu connu, vont prendre beaucoup de temps
pour comprendre le fonctionnement du marché, utiliser les
diagnostics existants sur place et, enfin compléter par des
recommandations issues de leurs expériences. Maintenant, la mise en
œuvre de ces recommandations ne semble pas aussi évidente qu’elles
ne paraissent au moment de la formulation. On en est encore à
reposer les mêmes problèmes concernant l’assurance automobile.
Certains aspects sont particulièrement complexes, parce qu’ils font
intervenir beaucoup d’institutions et parce que cela suppose un
assainissement dans l’organisation interne de grosses compagnies qui
mettent du temps pour pouvoir se rénover.
Quelle est la
ou l’une des principales recommandations du Meda pour la branche
automobile ?
La création d’un
fichier unique des conducteurs qui serait consulté par l’ensemble
des compagnies d’assurance systématiquement et préalablement à la
souscription d’un contrat d’assurance automobile. Cela permettrait
de mettre à exécution le système bonus-malus avec un certain niveau
de rigueur. Cela suppose que toutes les compagnies d’assurance
transmettent, au jour le jour, les informations concernant les
contrats qui sont souscrits. Cela suppose qu’elles transmettent,
également au jour le jour, les informations relatives aux sinistres
survenus. Lorsqu’un assuré se présente au niveau d’une autre
compagnie, il faut que celle-ci puisse interroger le serveur pour
obtenir l’information sur les sinistres antérieurs et donc statuer
d’une manière objective, en malus ou en bonus, préalablement à la
souscription du contrat.
Où en êtes-vous
en ce qui concerne l’assurance agricole?
Depuis la
cessation de l’aide publique aux agriculteurs victimes de calamités
agricoles, cessation intervenue l’année 2000, on assiste à une
baisse de l’assurance agricole. Aujourd’hui, on est à des niveaux
extrêmement bas. L’assurance agricole représentait, avant 2000,
environ 1 milliard de DA de chiffre d’affaires. Nous avons entamé
une réflexion sur un nouveau dispositif de couverture contre les
calamités agricoles. Un dispositif assurantiel dans le sens où il
sera mis en place par les assureurs et non par les pouvoirs publics.
L.G.
Haut
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