Points chauds 

Par Fouzia Mahmoudi

 

Ironie

Il y a encore deux ans François Fillion, Premier ministre français, était la risée de toute la classe politique. Caricaturé dans la presse, moqué lors des débats politiques, rien n’aura alors été épargné au Chef du gouvernement. Les raisons d’un tel acharnement étaient alors à chercher du côté de la surimplication de Nicolas Sarkozy dans les affaires du gouvernement. Le président de la République qui a décidé d’assumer ainsi implicitement les rôles de chefs de l’Etat et de gouvernement a tout simplement dans les faits mis de côté François Fillion qui joue depuis un rôle de figurant. Il s’est alors logiquement retrouvé au second plan de toutes les décisions qu’il aurait dû de par sa position prendre lui-même. Pourtant, cette mise à l’écart aura eu un effet que l’on n’aurait pu imaginer lors de sa nomination au poste de Premier ministre. François Fillion est en effet devenu au fil des mois de plus en plus populaire auprès des Français. Bien plus populaire d’ailleurs que Nicolas Sarkozy lui-même. La raison d’un tel engouement étant en réalité bien simple. Habituellement, le Chef du gouvernement est celui qui endosse  par la force des choses le rôle de méchant dans toutes les décisions et réformes prises par le gouvernement et qui déplaisent habituellement aux Français. Cela a été le cas pour Jean-Pierre Raffarin et pour Dominique de Villepin qui ont servi en leur temps de fusible à la colère de la population. A l’époque, alors que ces différents Premiers ministres étaient accablés par les médias et les sondages, Jacques Chirac bénéficiait d’une sorte d’immunité présidentielle et continuait à être apprécié par une majorité de Français qui ne l’associaient pas directement aux réformes engagées par le gouvernement en place. C’est aussi ce qui se passe aujourd’hui, à la différence, que c’est François Fillion qui profite de la surmédiatisation de Nicolas Sarkozy. Ce dernier voulant tellement être présent partout a péché par excès et se retrouve en ligne de mire des protestations populaires. Lors des dernières élections régionales et du catastrophique résultat de l’UMP suite au premier tour, c’est d’ailleurs Nicolas Sarkozy qui s’est retrouvé sous le feu des critiques et non son Premier ministre. Plus surprenant, selon un récent sondage, il semblerait qu’une majorité de Français préfèrerait que François Fillion soit le représentant de la droite à la prochaine élection présidentielle et non Nicolas Sarkozy. Un revers ironique sur lequel ferait bien de méditer le président français s’il ne veut pas être totalement grillé d’ici à 2012 aux yeux de tous les électeurs. Pour le moment, il conserve cependant la préférence aux yeux des électeurs directs de l’UMP, mais là encore pour combien de temps ?

F. M.

 

Monde

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Cisjordanie

Israël lève le bouclage, la police reste en état d'alerte

 18/03/10

 

Cisjordanie

Israël lève le bouclage, la police reste en état d'alerte

Israël a levé hier son bouclage de la Cisjordanie et rouvert l'esplanade des Mosquées de Jérusalem au public, mais la police reste en état d'alerte dans la Ville sainte au lendemain de violents heurts avec les Palestiniens, les plus importants depuis des années.

Au plan diplomatique, la tension a aussi baissé entre Israël et les Etats-Unis, après le ton extrêmement vif des derniers jours, les deux pays réaffirmant la solidité de leur alliance.

«Personne ici ne parle d'une troisième Intifada (soulèvement populaire palestinien). Il y a eu mardi quelques foyers de violence à Jérusalem et nous avons ramené l'ordre», s'est félicité le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Selon lui, 3 000 policiers sont maintenus en état d'alerte à Jérusalem, «plus particulièrement dans le secteur oriental» annexé de la ville, pour parer à toute nouvelle flambée de violence. Les médias israéliens craignent un possible regain de tension vendredi à l'issue des traditionnelles prières musulmanes.

La police a autorisé le libre accès à l'esplanade des Mosquées dans la Vieille ville de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam. «L'esplanade est désormais ouverte, tant pour les fidèles musulmans que pour les touristes», a précisé M. Rosenfeld. Le site était depuis plusieurs jours interdit aux musulmans âgés de moins de 50 ans et aux visiteurs non musulmans. Autre signe d'apaisement, Israël a levé son bouclage de la Cisjordanie, qui était en vigueur depuis le 13 mars. Cette mesure avait pour la première fois en un an été prise pour des «motifs sécuritaires», et non à l'occasion d'une fête juive.

«Conformément à une décision du ministre de la Défense, Ehud Barak, nous avons levé dans la nuit le bouclage de la Judée-Samarie», nom biblique de la Cisjordanie, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée militaire. Hier matin, des heurts isolés ont eu lieu aux abords de Naplouse (Cisjordanie). Trois Palestiniens qui lançaient des pierres ont été blessés quand des soldats ont tiré des balles caoutchoutées pour les disperser, selon une source médicale palestinienne. Le retour à un calme précaire survient au lendemain d'une «journée de la colère» dans les territoires palestiniens, marquée par des affrontements dans un climat de tensions politico-religieuses.

Quinze policiers ont été légèrement blessés, dont un atteint à la main par balle, et soixante manifestants ont été arrêtés. Vingt et un manifestants ont été hospitalisés et des dizaines d'autres légèrement blessés, selon le Croissant-Rouge palestinien.

Les Palestiniens manifestaient pour «la défense de Jérusalem», au cœur des frictions avec Israël. Ils protestaient en particulier contre l'inauguration lundi de la synagogue historique de la Hourva, reconstruite dans le quartier juif de la Vieille ville et perçue comme une provocation. La violence a agité pendant toute la journée de mardi plusieurs quartiers arabes de Jérusalem-Est, avec des incidents sporadiques en Cisjordanie. Elle a gagné dans la soirée la ville israélienne de Jaffa à majorité arabe – qui jouxte Tel-Aviv – où des jets de pierres contre un autobus ont été signalés. «Le feu et les pierres», titrait hier le Yediot Aharonot, principal quotidien israélien. Ces affrontements ont éclaté alors que les efforts des Etats-Unis en vue de négociations indirectes de paix israélo-palestiniennes marquent le pas, après le feu vert donné par Israël à un nouveau projet de colonisation à Jérusalem-Est. Les Etats-Unis ont appelé mardi à un «plein engagement des Israéliens et des Palestiniens» dans le processus de paix.

 

 

 

 

 

 

 

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