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Campagne
Le dernier voyage
du ministre de l’Intérieur français, Nicolas Sarkozy, aux
Etats-Unis, a délié les langues et déchaîné les passions, tant à
gauche qu’à droite. Certains, à droite, qui dénonçent un
opportunisme de Sarkozy, qui a fait coïncider son voyage avec la
commémoration des attentats du 11 septembre 2001 sont restés très
soft, comparés aux critiques des socialistes, tel Laurent Fabius,
qui est allé jusqu’à traiter le ministre de l’Intérieur de caniche
de l’Amérique.
«M. Sarkozy n’est
pas un Européen convaincu, comme nous tous, qui défend les intérêts
de la France. Il est avant tout un pro-américaniste et un zélateur
de Bush», a affirmé M. Fabius lors du grand oral des présidentiables
du PS, samedi matin à Lens (Pas-de-Calais). «Nous n’avons pas
besoin, à la tête de l’Etat, de quelqu’un qui se fixe comme
programme d’être le futur caniche du président des Etats-Unis»,
a-t-il ajouté. Cette critique, comme l’ont peut se l’imaginer, n’a
pas tout à fait satisfait le parti majoritaire (UMP) qui s’est
empressé de la condamner et qui a aussitôt traité l’ex-Premier
ministre socialiste de politicien de caniveau. Pour contre-attaquer,
les sarkozystes se sont empressés de démentir ses propos (les
Français étant en majorité anti-américains, passer pour un
pro-amércain n’est pas très bon) et de faire valoir les ardeurs de
Sarkozy envers le projet européen. D’un autre côté, son voyage aux
Etats-Unis a été éclipsé par la tournée européenne de Ségolène Royal
qui a fait très grand bruit. Par ailleurs, ministre de l’intérieur
français a eu une mauvaise surprise, lorsqu’à son arrivée à New
York, il a découvert la photo de
Mme Royal à la Une
du Times, l’un des plus grands magazines américains. Aucune règle ne
semble plus régir cette guerre ouverte en laquelle s’est transformée
la pré-campagne présidentielle qui ne sera lancée officiellement que
dans quelques mois. La suite s’annonce encore plus intéressante.
Fouzia Mahmoudi
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