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40 000 travailleurs en attente de rétribution

Pas de salaires avant le ramadan

Les couffins de la rahma ?

Fin des négociations SGP-Fédérations

L’augmentation des salaires n’est pas acquise

Liban, Irak et Palestine

Le plaidoyer de Medelci

Rentré hier d’Allemagne

Le même Kébir revient

Lutte antiterroriste à Béjaïa

Arsenal de guerre découvert

Propos du pape Benoît XVI

Alger convoque l’ambassadeur du Vatican

Louiza Hanoune écrit à Bouteflika

La paix d’abord, la révision ensuite

Réforme du système budgétaire de l’Etat

L’exigence de transparence de la Banque mondiale

Ports

Déficit des terminaux à conteneurs

Benbouzid à la Chaîne III

«Le budget de l’éducation reste insuffisant»

Selon un rapport de la Banque mondiale

Alger au bord de la catastrophe écologique

 

 18/09/06

 

40 000 travailleurs en attente de rétribution

Pas de salaires avant le ramadan

Les 40 000 travailleurs, en attente de leurs salaires, depuis de longues années, ne seront pas payés, comme prévu, avant le mois de ramadan.

C’est du moins ce qu’on peut traduire des propos du secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abelmadjid Sidi Saïd, tenus, hier à Alger. En effet, s’exprimant devant le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, en marge du séminaire de formation au profit des inspecteurs du travail qui se tient depuis hier, à Alger, le parton de la Centrale syndicale a été pour le moins «incertain», quant à la question des milliers de fonctionnaires impayés jusqu’à présent. «Le gouvernement a donné son accord de faire payer les travailleurs avant le mois de ramadan, ou du moins, ils recevront des avances afin de pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles». De plus,

M. Abdelmadjid Sidi Saïd souligne que la rencontre prévue aujourd’hui entre l’UGTA, le ministère du Travail et celui de la Participation, est reportée pour jeudi prochain. La raison, explique-t-il, est que les négociations entre l’UGTA et les Sociétés de gestion des participations (SGP), inhérentes aux augmentations des salaires, ne sont pas encore achevées. Selon lui, «la fédération des travailleurs de la mécanique et de la métallurgie campe toujours sur ses positions», a-t-il soutenu avant de d’ajouter que «globalement il n’ y a pas de refus catégorique de la part de cette fédération puisque le dossier de rapprochement se fait. Nous espérons que d’ici la fin de la semaine en cours tout sera rentré dans l’ordre». Or, dans une récente déclaration, faite à la presse,

M. Abdelmadjid Sidi Saïd, s’appuyant sur la décision prise dans le cadre des négociations entamées depuis quelques mois entre les fédérations de l’UGTA et les SGP, a manifesté l’engagement de son organisation de payer tous ces arriérés aux travailleurs avant le début de ramadan. Pour sa part, répondant aux questions de journalistes, axées d’une manière générale sur la tenue de la tripartite, le ministre, Tayeb Louh, sans pour autant fixer la date exacte, a fait savoir que la réunion (Gouvernement-patronat-UGTA) aura lieu avant la fin de ce mois. Selon les dires du représentant du gouvernement «la date sera fixée après la finalisation des conventions de branches entre le représentant des travailleurs et les SGP». 

M. Kechad

 

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Les couffins de la rahma ?

De source bien informée, il ne reste aux 40 000 travailleurs des entreprises étatiques à qui on a promis qu’ils allaient recevoir leurs arriérés de salaires et qui ne l’auront malheureusement pas, pour faire face aux grandes et dures dépenses du mois de ramadan, que l’aide du ministère de la Solidarité, de l’Action sociale et de l’Emploi. Il était attendu que ce dernier participe à la rencontre interministérielle sur le sujet. Et qu’on ne s’étonne donc pas à avoir dans les prochains jours qu’un programme spécial ramadan en faveur de ces prolétaires soit mis place, cela, en attendant qu’ils soient définitivement fixés sur la question où qu’on annonce officiellement le montant des avances qu’on veuille leur accorder – selon Sidi Saïd – et surtout la date exacte et irrévocable de l’application. Aussi, il leur est donc demandé de prendre leur mal en patience et de ne plus prendre pour argent comptant des déclarations sur lesquelles il est plus facile de se rétracter, au lieu de les respecter. 

H. G.

 

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Fin des négociations SGP-Fédérations

L’augmentation des salaires n’est pas acquise

«Nous ne voulons pas aller à l’arbitrage. Notre souhait, c’est de trouver des solutions à toutes les fédérations à travers les négociations et le dialogue. Nous voulons aller à la tripartite sans douleur», a déclaré hier M. Mohamed Lakhdar Badreddine, secrétaire national chargé de l’économie à l’issue de la rencontre tenue hier avec les dix-huit fédérations de l’UGTA et les syndicats d’entreprises tenue hier au siège de la Centrale syndicale. Une déclaration qui annonce la délicatesse de la situation. Sur l’annonce de mouvement de protestations de la part des fédérations, M. Badreddine dira que «la protestation renforce l’action syndicale. Nous n’allons pas assumer la responsabilité de l’arbitrage puisque nous avons laissé les fédérations décider des marges des augmentations et nous n’allons pas non plus assumer la responsabilité de la mauvaise gestion des entreprises», précisera-t-il. Avant de poursuivre, «le secrétariat national de la Centrale syndicale est favorable pour une éventuelle augmentation des salaires mais cela ne peut pas se faire au détriment de la bonne santé financière des entreprises», expliquera-t-il. Cette réunion consacrée à l’élaboration d’un bilan sur l’avancement des négociations a été marquée par l’absence de

M. Abdelmadjid Sidi Saïd, secrétaire général de l’UGTA. Contrairement à ce qu’a été attendu au moment de la relance du dialogue, le blocage persiste et les discussions autour de l’augmentation des salaires semblent prendre une nouvelle tournure. Ainsi, après plusieurs séances de travail avec les cinq SGP et celle de la SNTF, la Fédération de mécanique et de métallurgie compte envahir le terrain en organisant mercredi prochain un rassemblement en face de la SGP de Hydra, une décision prise suite à l’échec des négociations. «Les propositions faites par les SGP sont trop loin de nos attentes. En dépit du rapprochement des positions et des concessions faites de la part des fédérations et des SGP, nous n’avons pas pu trouver un terrain d’entente sur le taux de l’augmentation des salaires. Les dernières propositions des SGP n’ont pas apporté satisfaction aux syndicalistes et aux travailleurs également», expliquera

M. Kardjani, secrétaire général de la fédération mécanique et métallurgie. En effet, les SGP ont proposé une augmentation des salaires qui varie entre 5 et 10% pour les entreprises déstructurées et de 15% au profit des travailleurs des entreprises bénéficiaires. «Ça bloque toujours du moment que la fédération maintient sa position d’accorder des augmentations égales à tous les travailleurs. Elle rejette catégoriquement ces propositions», expliquera M. Badreddine.

Les négociations n’ont toujours pas commencé pour la fédération du bâtiment, notamment pour les sections hydraulique, travaux publics et les OPGI. «Nous comptons faire appel à l’intervention des ministres pour inciter les différents partenaires à aller au dialogue», proposera M. Badreddine. Les syndicats du secteur de l’énergie (Sonatrach et Sonalgaz) n’ont toujours pas débloqué la situation du moment que les réunions avec les P-dg des entreprises ne sont pas encore tenues. La même situation est observée pour le syndicat d’Air Algérie. Les négociations seront lancées, au plus tard, dans deux jours. Notons aussi le blocage du dialogue pour le syndicat des travailleurs de bois dans la fédération des matériaux de construction et du Pari sportif pour la fédération de la formation professionnelle. Toutes les autres fédérations, c’est-à-dire l’agroalimentaire, la santé, les collectivités locales, la formation professionnelle, l’électricité et le tourisme sont en voie de parapher les conventions de branches. Autre précision qui mérite d’être soulevée concerne le dialogue pour les fédérations du transport et des finances. Les représentants de ces deux fédérations n’ont pas assisté, lors de la dernière réunion et étaient absents hier. «Nous n’avons pas eu d’informations sur les résultats des négociations pour ces deux secteurs», a affirmé

M. Badredine. 

Pour ce qui est des travailleurs du textile, un secteur qui connaît une déstructurations totale,

M. Badreddine dira que l’intérêt est de lancer une mise à niveau des entreprises.

Une préoccupation plus pressante que l’augmentation des salaires des travailleurs, car la priorité est, selon M. Badreddine, de préserver l’emploi. Les membres du syndicat national de l’UGTA ont donné un délai de trois jours aux fédérations pour finaliser l’élaboration des conventions.

Sur la signature des conventions avec le secteur privé,

M. Malki, secrétaire national chargé des conflits sociaux a indiqué qu’une réunion avec le patronat est prévue le 23 de ce mois. L’ordre du jour est consacré à l’augmentation des salaires pour les travailleurs de ce secteur. Quant à la tripartite,

M. Malki dira que toutes les conventions seront signées lors de cette rencontre qui devra se tenir durant le mois de ramadan même dans le cas où les fédérations n’auront pas encore parafé les conventions. «Nous nous pouvons pas aller à la tripartite qu’après avoir aplanie tous les problèmes»,

dira t-il. «Dans le cas contraire, les fédérations vont signer les conventions lors de la tripartite. Un rendez-vous qui verra d’ailleurs l’examen de plusieurs dossiers, notamment le pacte économique et social et le SNMG», précisera-t-il. Sur ce dernier point, le même responsable rappelle que la proposition de l’UGTA est d’avoir un SNMG équivalent à 15 000 DA tel qu’a été conclu lors de son 10e congrès.

Quant au statut de la Fonction publique, M. Malki a indiqué que la commission Gouvernement-UGTA passera à l’élaboration des statuts particulier et la grille des salaires juste après l’adoption de statut général par les deux chambres parlementaires.

Nouria. B.

 

Liban, Irak et Palestine

Le plaidoyer de Medelci

Le ministre des Finances, Mourad Medelci, a appelé, à Singapour, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale à sensibiliser la communauté internationale pour un appui plus conséquent pour accélérer la reconstruction du Liban et apporter l’aide nécessaire à la Palestine et à l’Irak.

Dans le cadre de sa participation aux assemblées annuelles du FMI et de la BM, qui se tiennent dans cette capitale asiatique, M. Medelci a pris part aux travaux de la 76e session du groupe intergouvernemental des 24 (G24) qui a abordé les questions liées au développement, à la réduction de la pauvreté ainsi qu’à la représentation des pays à faible revenu dans les organes des institutions de Bretton Woods, a indiqué hier le ministre des Finances, dans un communiqué. Dans son intervention devant la réunion du G24, M. Medelci a axé son intervention, notamment sur le financement de la reconstruction du Liban et sur une aide plus importante pour la Palestine et l’Irak.

Le G24 a adopté au terme de ces travaux un communiqué dans lequel il relève avec satisfaction les perspectives favorables de l’économie mondiale tout en attirant l’attention sur la persistance de la pauvreté dans de nombreux pays et la nécessité de la reprise des négociations sur les échanges commerciaux dans le cadre du cycle de Doha.

 

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Rentré hier d’Allemagne

Le même Kébir revient

C’est à bord d’un vol d’Air Algérie qu’est arrivé, hier, en fin d’après-midi, Rabah Kébir, dirigeant de l’ex-FIS et chef du réseau de membres et sympathisants de ce parti dissous en Europe occidentale, en sol algérien.

Un non-évenement pour certains qui voient en l’arrivée de ce qu’ils qualifient d’émir politique du FIS-dissous une nouvelle étape, pas plus, dans le processus de l’application de la charte nationale pour la réconciliation nationale, tandis que d’autres craignent le retour progressif et calculé du parti dissous de Abassi Madani sur la scène politique sous une forme qui sera connue, malgré les garanties données par le président de la République que «ceux ayant été à l’origine de la tragédie nationale ne pourront, en aucun cas, faire leur retour sur la scène politique». Un retour qui rappelle certains souvenirs au peuple algérien, dont celui de la revendication par Rabah Kébir d’attentats terroristes qui endeuillaient ce peuple sans distinction aucune. En résidence surveillée, en 1992, Rabah Kébir avait réussi à s’enfuir et à quitter le territoire national en direction de l’Allemagne. Ce dirigeant de l’ex-FIS qui occupait, à l’époque, le poste de chef du département international dans ce parti dissous dirigeait, depuis son installation dans ce pays, le réseau de membres de sympathisants du parti dissous de Abassi Madani en Europe occidentale. D’aucuns croient savoir que ce dirigeant de l’ex-front islamique du salut eut tiré profit de ses contacts, à l’étranger, gagnés à l’époque ou il occupait ce poste au FIS-dissous pour obtenir le refuge en Allemagne. Un refuge qui lui valait une liberté de critiquer, ouvertement la lutte antiterroriste, évitant de condamner les attentats terroristes perpétrés en Algérie par l’ex-AIS, le GIA, le GSPC et consorts. Il a été rappelé à l’ordre, durant les années 1990, par les autorités allemandes, l’invitant à éviter de faire l’éloge aux attentats terroristes en Algérie. Depuis, ce dirigeant du FIS-dissous a rompu avec les revendications des attentats terroristes qui se déroulaient en Algérie, non pas par «repentir» mais pour ne pas perdre son statut de réfugié en Allemagne qu’il ne voulait surtout pas per-dre et encore moins rentrer en Algérie, à cette époque, et partager le deuil, les bombes et la mort avec ce peuple.

Lors d’un récent passage sur la chaîne qatarie El Jazzera, au milieu de la guerre déclenchée par Israël contre le Liban, Rabah Kébir qui tentait d’éviter de critiquer ouvertement les pouvoirs publics en Algérie, disant qu’il voulait toujours entrer au pays, n’a pas longtemps résisté à la volonté de renouer avec ses réactions qui lui sont connues.

Il annonça que «la stratégie de prise du pouvoir, y compris en Algérie, devrait changer, au profit d’un travail de base au lieu du conflit armé tel que prôné par les djihadistes, djazaristes et salafistes de ce parti dissous, mais ne cacha pas ses ambitions et celles de son parti dissous, aidé en cela par les questions pièges de la journaliste de cette chaîne de télévision qui l’interrogeait». Pour répon-dre à une question de cette journaliste se rapportant à son retour en Algérie, Rabah Kébir avait révélé que «des questions restaient en suspens». Lesquelles ? Son retour, hier, signifie-t-il que ces «difficultés» seraient levées ?           

M. Abi

 

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Lutte antiterroriste à Béjaïa

Arsenal de guerre découvert

Surnommé émir el-mal, le terroriste arrêté en  possession d’un Bertha (15 coups)  a permis  aux services de sécurité spécialistes dans la lutte antiterroriste de remonter jusqu’aux 5 terroristes qui ont échappé aux forces combinées lors de l’opération menée sur les hauteurs de Tala Hamza vendredi vers 4h du matin à l’issue de laquelle il a été découvert trois casemates servant d’arrière-case aux terroristes du GSPC dont l’une des caches était aménagée en local pour la confection de tous les documents du groupe et la gestion «des opérations et embuscades». Un véritable laboratoire équipé du matériel informatique, téléviseur et autres matériels de communication. Selon des sources sécuritaires, le terroriste arrêté à El-Qods aurait dans son compte plus de 6 milliards de centimes. «Il est d’ailleurs chargé de la gestion des finances du groupe et de toutes les opérations financières liées à leurs activités». D’autres sources sécuritaires nous révèlent que les forces combinées ont récemment réalisé un grand exploit au centre-ville de Béjaïa. Il s’agirait de la découverte d’une importante quantité d’explosifs dans un magasin commercial de matériel informatique.  Un lot évalué à une charge d’une camionnette.

Une troisième source (recoupée) nous a informés qu’un groupe terroriste a été signalé pas loin du village Cheurfa dans la commune de Taourirt Ighil au début de la semaine dernière en même temps que le ratissage des forces combinées à Béni K’sila et jusqu’à la lisière de la wilaya de Tizi Ouzou aux lieux-dits Ighouladhs, Thala Hamdane, Ikhtaben, Bouicher, Berchiche, Ath Laâziz et Ath Youcef. Depuis les deux attentats meurtriers perpétrés à El Kseur puis à Adekar à la fin du mois dernier, il ne se passe pratiquement pas un jour sans que l’on fasse écho d’attentat ciblant des policiers à Béjaïa.

Pas moins de quatre rumeurs ont été colportées faisant écho d’attentats à Bir Slem et aux Quatre Chemins de Béjaïa, toutes démenties par la police. L’arrestation d’un  terroriste âgé de 35 ans, originaire de Bouira le 08 septembre dernier au marché d’El-Qods à El Khemis (centre-ville de Béjaïa) a révélé que la situation sécuritaire est  précaire.

Hocine Cherfa

 

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Propos du pape Benoît XVI

Alger convoque l’ambassadeur du Vatican

«L’Algérie a considéré hier les propos tenus par le Pape Benoît XVI sur l’islam comme un grave développement» qui s’inscrit «à contre-courant de tous les efforts que des bonnes volontés de toute foi et de toute culture n’ont cessé de déployer». Dans une déclaration, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères souligne que l’Algérie qui a pris connaissance avec une «profonde stupéfaction» des propos que la haute autorité spirituelle et politique de la Curie romaine a tenus, a convoqué le Nonce apostolique à Alger pour «demander des éclaircissements sur ces propos si incroyablement méprisants pour la communauté musulmane dans son ensemble».

Samedi, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs,Bouabdallah Ghlamallah, a appelé samedi le Pape Benoît XVI a présenter des excuses à la nation musulmane pour ses propos attentatoires à l’Islam, à ses symboles ainsi qu’à son Prophète Mohamed (QSSSL). Dans des lettres adressées à l’ambassadeur du Vatican et à l’Archevêque d’Alger, le ministre des Affaires religieuses a déploré les déclarations attentatoires à l’Islam émanant du Pape Benoît XVI. Ces déclarations attentatoires à l’Islam ne servent pas l’humanité, car elles interviennent dans un contexte marqué par une flagrante méconnaissance de l’Islam, augurent d’une déviation du processus de dialogue du Vatican et risquent de susciter le sentiment religieux des musulmans qui croyaient que les chrétiens étaient leurs amis et menaient avec eux la même guerre décisive contre l’athéisme, le matérialisme et la perversion, a affirmé le ministre des Affaires religieuses.

M. Ghlamallah s’est par ailleurs interrogé comment le Pape a-t-il pu taxer l’Islam de violence lui qui est à la tête d’une institution qui s’est adressée aux musulmans en sachant pertinemment qu’ils sont enclins au dialogue ?

Il a appelé le Pape à reconsidérer ses propos car «les sages ne sauraient se permettre de juger une religion que sur la base des textes qu’elle énonce». Des centaines de versets du saint Coran préconisent de faire appel à la raison et de réfléchir sur les preuves matérielles, a encore dit le ministre des Affaires religieuses avant de rappeler que l’Islam respecte le Christ et accorde une importance particulière au dialogue.         

R. N.

 

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Louiza Hanoune écrit à Bouteflika

La paix d’abord, la révision ensuite

Le parti des Travailleurs, fidèle à ses positions, en rappelant la crise qu’a vécue la Kabylie, «propose l’officialisation de tamazight». 

Le parti de Louiza Hanoune, (PT) a adressé une correspondance au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans laquelle il expose un certain nombre de réflexions et recommandations à la veille de la probable révision constitutionnelle. La révision de la Constitution de 1996, élaborée en pleine crise sanglante, peut-on lire dans le document, est dictée par le processus du retour à la paix. «Il nous paraît évident que le retour de la paix doit être couronné par l’abrogation des mesures d’exception générées par la crise et que conformément à l’aspiration profonde du peuple algérien exprimée avec force, notamment le 29 septembre en décrétant la paix et la réconciliation  nationale, la Constitution de l’Algérie d’aujourd’hui doit énoncer que la paix est un choix du peuple qui a proclamé «plus jamais ça» et que les conflits, tous les conflits seront résolus par des solutions nationales, démocratiques et civilisées». Dans  ce cadre, le PT souhaite que le premier magistrat du pays, Bouteflika en l’occurrence, «renforce les articles 1 et 13 de la Constitution actuelle qui proclament l’unité, la continuité et l’indivisibilité de la République par des dispositions claires, sans ambiguïté aucune, pouvant ouvrir la voie aux interprétations». Pour éviter que des fractionnements ne surviennent au sein du peuple algérien, le parti des Travailleurs, fidèle à ses positions, en rappelant la crise qu’a vécue la Kabylie, «propose l’officialisation de tamazight».  Dans le même ordre d’idées, parlant de l’article 29 de la Constitution, qui proscrit toute forme de discrimination, comme consécration d’un principe universel, transposé en 2005 dans le code de la nationalité amendé, «le PT estime que le principe de la hiérarchie des lois et de leur homogénéité est incompatible avec le maintien , dans le code de la famille, de dispositions relatives au statut personnel de la femme, et qui, de ce fait, diminuent la citoyenneté de la femme et entravent la pratique politique de ses droits politiques». Selon la formation politique de Louiza Hanoune, «aujourd’hui plus que jamais, et après le recouvrement par l’Etat de sa souveraineté sur les ressources pétrolières nationales, nous avons besoin que l’Etat recouvre aussi ses missions sociales de planification, de contrôle des investissements publics, créateurs de richesses pour asseoir l’égalité entre les citoyens à travers le territoire national». C’est naturellement que le PT insiste sur la nécessité de garantir la stabilité des fonctionnaires à travers des postes fixes et permanents.

Le droit à la santé et à l’éducation est l’une des préoccupations du parti de Mme Hanoune. La consécration de ces droits est seule «à même de dégager les fonds suffisants pour couvrir les besoins en services publics et en postes budgétaires nécessaires pour faire prévaloir l’égalité entre les citoyens».  Toutefois, le PT n’est pas pour la privatisation de ces deux secteurs névralgiques.

Le PT regrette que «malgré l’existence de nombreux articles dans la Constitution de 1996, qui consacrent les droits élémentaires, autant politiques que sociaux, ainsi que des principes démocratiques fondamentaux, la situation sécuritaire qu’a traversée notre pays n’a pas permis au peuple de bénéficier de la plénitude de ses droits et principes». C’est pourquoi, il est écrit dans le document «tout en tenant compte des efforts et avancées réalisés, l’instauration de la démocratie véritable demeure dépendante de la résolution définitive de la crise». 

Et pour qu’il y ait une véritable démocratie, il est inéluctable  que la justice soit indépendante. «La question de l’indépendance de la justice est d’une importance capitale parce qu’il s’agit de la pierre angulaire sur laquelle repose l’édifice de la démocratie», est-il écrit à ce sujet.

Les attributions et le mode de fonctionnement du Conseil constitutionnel qui, selon le PT, ne protège pas la Constitution «doivent être revus en élargissant la possibilité de pourvoir à la constitutionnalité des lois par des groupes de députés et les partis politiques».

La question  des ressources naturelles, notamment les ressources pétrolières a été également abordée dans cette correspondance.

Hostile à toute idée de privatisation des richesses naturelles, la renationalisation de ces ressources doit être irréversible. Et pour que soit réaffirmée la souveraineté de l’Etat comme représentant de la nation, souligne le PT, «nous estimons nécessaire l’introduction de l’article premier de la loi 91/21 relative aux hydrocarbures».

Djamel Oukali

 

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Réforme du système budgétaire de l’Etat

L’exigence de transparence de la Banque mondiale

nUn vaste programme de formation sera lancé en 2007 et touchera près de 10 000 agents de l'ensemble des départements ministériels.

Le projet de modernisation du système budgétaire de l’Etat algérien, qui doit être mis en œuvre à partir de l’année 2009, a été présenté dans ses détails, hier, par un représentant du ministère des Finances à l’occasion de la tenue à Alger d’un forum des Cours des comptes maghrébines. Conçu avec l’assistance technique de la Banque mondiale, ce projet vise, dans le fond,  à instaurer une «culture de résultat» en orientant le budget vers la «performance» (précision des engagements et des résultats) et d’accroître la «transparence des informations budgétaires», a expliqué le directeur des études au ministère des Finances, Ferhat Iken. Pour la mise en exécution de ce nouveau système budgétaire, un vaste programme de formation sera lancé en 2007 touchant près de 10 000 agents de l’ensemble des départements ministériels. Les principales nouveautés qui vont être introduites dans l’élaboration du budget de l’Etat se résument en la mise en place d’un cadre de dépenses à moyen terme (CDMT), la mise en œuvre d’une budgétisation par programmes axée sur les résultats, un cadre budgétaire pluriannuel, une nouvelle présentation budgétaire et la responsabilisation des gestionnaires.

Expliquant davantage ces nouveaux éléments, M. Iken a indiqué que le CDMT sera un document de prévision de la politique budgétaire sur une perspective de 3 à 4 années devant permettre d’assurer la cohérence entre les recettes et les dépenses de l’Etat. Quant à la budgétisation axée sur les résultats, elle doit mettre fin à la pratique actuelle consistant en une simple affectation de budgets de fonctionnement et d’équipement pour chaque département ministériel. Selon M. Iken, les crédits seront alloués à chaque ministère par la définition d’un programme d’activités précis et qui sera «encadré par des objectifs, mesuré par des résultats et évalué par des indicateurs de performance».  Citant le cas de la structure de budgétisation de programme pour le ministère de l’Education, selon le prochain système budgétaire, M. Iken a expliqué que la démarche de performance consistera, à titre d’exemple, à définir un objectif visant l’augmentation de la qualité de l’enseignement secondaire.

Le schéma de budgétisation devra donc définir le taux de réussite aux examens comme indicateur de performance tout en précisant les actions qui devront être engagées pour arriver à cet objectif telles que la conception d’un nouveau programme pédagogique au secondaire. Pour le même responsable, les mesures de performance permettront de «mesurer les écarts entre les résultats réels et les résultats attendus, d’apprécier le résultat obtenu par rapport au résultat attendu et aux ressources utilisées et apporter des correctifs à l’action engagée». Pour ce qui concerne le projet de budget de l’Etat 2009, il sera présenté en 3 nouveaux documents distincts appelés «volumes».  Il s’agit du «budget principal des dépenses de l’Etat» (par ministère, par programme et par grandes catégories de dépenses), d’un «rapport sur les priorités et la planification» sur une période de

3 années (renseignements détaillés sur les programmes, les objectifs, les besoins en ressources...) et du «budget des dépenses des services déconcentrés des wilayas» qui indiquera la redistribution géographique des dépenses budgétaires de l’Etat. L’autre nouveauté fondamentale prévue par ce projet de refonte du système budgétaire est l’identification d’un «gestionnaire responsable» au niveau de chaque ministère et dans chaque wilaya. Le rôle de ce gestionnaire, a affirmé M. Iken, consistera non seulement à définir les actions pour atteindre les objectifs fixés et à élaborer le budget des dépenses nécessaires mais aussi à «rendre compte des écarts entre les résultats réels et ceux attendus». Présenté sous le thème : «Le budget par objectifs pour une bonne gouvernance», ce forum est organisé par la Cour des comptes d’Algérie, en partenariat avec l’Agence de coopération allemande au développement (GTZ), dans le cadre du «programme de bonne gouvernance financière» initié en 2002 par cet organisme allemand à destination des 5 pays du Maghreb. Il se déroule en présence notamment des responsables des Cours des comptes du Maghreb, de représentants de l’Assemblée populaire nationale (APN) et d’experts étrangers.

Expliquant le choix du thème sous lequel est organisée la 2e édition de ce forum, le président de la Cour des comptes algérienne, Abdelkader Benmarouf, a estimé que même si les pays maghrébins ont entamé des réformes budgétaires dont l’étendue diffère selon le contexte national, «l’étape qui ambitionne de passer d’un budget classique à un budget-programme s’est avérée laborieuse». Situant les enjeux de la rénovation des pratiques budgétaires à l’échelle maghrébine, le président de la commission des finances et du budget de l’APN,  Benalia Belhouadjeb, a souligné pour sa part que concernant l’Algérie, «le Parlement souhaite un aménagement profond du dispositif budgétaire afin d’affirmer le sens de la loi de finances» et a considéré que «le recours à une plus grande rigueur budgétaire s’avère indispensable». «Dans ce sens, il a indiqué que le prochain système budgétaire que l’Algérie compte mettre en place à l’horizon 2009 repose essentiellement sur la budgétisation par objectifs qui devra permettre d’évaluer les performances des actions publiques à travers leurs coûts, leur lisibilité et leur  transparence».

Redouane A.

 

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Ports

Déficit des terminaux à conteneurs

Les perspectives d’aménagement et le développement des infrastructures portuaires, à la lumière du schéma national d’aménagement du territoire, a donné lieu, hier à Alger, à une rencontre de travail regroupant les cadres des ministères des Transports et de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire. Durant les travaux, auxquels ont assisté Mohamed Maghlaoui et Chérif Rahmani, il a beaucoup été question de la compatibilité des capacités portuaires actuelles ou prévisionnelles avec les besoins induits par l’augmentation constante du trafic maritime de marchandises et de passagers.

Les services du ministère des Transports, relevant l’état de vétusté des infrastructures portuaires, concluent à la nécessité d’une réforme du cadre juridique et réglementaire du secteur, de manière à faciliter une meilleure intégration et une politique de modernisation et d’extension de ces dernières. Selon le ministère des Transports, et pour ce qui a trait aux aspects institutionnel et organisationnel, le processus de mise en place des espaces de régulation a été finalisé et devrait être validé prochainement. Il est par ailleurs noté que la mise en concurrence des activités à caractère commercial, comme le remorquage, la manutention et l’acconage, vient de faire l’objet d’un décret exécutif.

Pour ce qui concerne la modernisation et le développement des ports, des études portant sur la réalisation de nouvelles infrastructures ainsi que l’extension et la mise en concession de terminaux à conteneurs des ports d’Alger et d’Oran, ont été lancées ou sont en cours de réalisation.

Un document de ce même ministère estime que même si le trafic conteneur a connu, depuis 1997, un accroissement soutenu de 22% annuellement, il demeure relativement faible par rapport aux normes nationales et qu’à ce titre, il est appelé à croître aux horizons 2020, 2015 et 2025, à la condition que soient réalisées des infrastructures additionnelles. Lors d’un exposé introductif à la rencontre, il a été relevé que les activités de conteneurisation, en Algérie, représentaient à peine 40% du trafic des marchandises alors qu’au niveau mondial elles sont estimées à 75%. L’un des handicaps entravant le développement de cette activité est dû au déficit d’aires de stockage dans la majorité des ports algériens. Le problème se pose de façon toute aussi aiguë pour ce qui est de la manutention et l’emmagasinement des marchandises en vrac ou des céréales dont les quantités à traiter, d’ici à une dizaine d’années, avoisineront les 2,5 millions de quintaux.  Afin de faire face à la progression du trafic de marchandises et de passagers, (1,2 million d’ici à 2015), une étude réalisée à l’initiative du ministère des Transports estime plus économique d’entreprendre la réalisation de nouveaux ports, notamment, dans le centre du pays et de mobiliser de nouveaux espaces auprès des infrastructures existantes sur tout le littoral national. Les besoins exprimés en aires réservées aux activités de conteneurisation, d’ici les dix prochaines années, sont estimés à 75 hectares.

Pour ce qui concerne la manutention des céréales, cette même étude remarque que les capacités de stockage actuelles sont à même de faire face aux flux projetés à la condition, toutefois, de réhabiliter certaines d’entre elles et de les équiper en conséquence. Pour ce qui concerne, d’autre part, les superficies réservées aux marchandises en vrac, l’étude considère, là aussi, qu’elles sont, pour le moment, suffisantes mais demandent à être, elles aussi, équipées et modernisées.

Ahmed Mahieddine

 

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Benbouzid à la Chaîne III

«Le budget de l’éducation reste insuffisant»

Pas moins de 273 milliards de dinars, tel est le budget alloué par la loi de finances au ministère de l’Education dans le cadre de l’actuel exercice. Un pactole jamais égalé depuis l’indépendance. Mais M. Benbouzid, ne l’estime pas suffisant pour la prise en charge de la totalité des besoins exprimés par un secteur aussi gigantesque. Le ministre de l’Education qui répondait hier aux questions des journalistes dans l’émission «En toute franchise» de la chaîne III, révèlera que 91% de ce budget vont pour la masse salariale, le reste est géré, un tant soi peu, pour améliorer les conditions de travail du personnel de l’éducation et des scolarisés. L’invité de Mohand Saâou, a préféré s’étaler sur les chiffres où il s’est mis à exhiber les résultats de son «chantier de refondation». Reconnaissant qu’il ne pouvait relever tous les défis, M. Benbouzid s’enorgueillit des réalisations sur le registre du manuel scolaire dont la crise est ressentie avec acuité à chaque rentrée scolaire. L’orateur s’est défendu en disant que les choses se sont de plus en plus améliorées et si problème il y a, ce n’est pas dans la disponibilité, puisque pas moins de six entreprises publiques, dont l’ONPS, produisent 53 millions d’unités, tous niveaux confondus, en 2006 et 65 millions pour 2007, mais l’acheminement et la distribution  font défaut à cette disponibilité. En tournée dans les wilayas du Sud comme Illizi, Adrar et Ghardaïa, Benbouzid s’estime satisfait du constat positif, du fait que tous les élèves de ces régions, cités en exemple, ont eu leurs lots de livres. «Ce n’est pas le cas à Boumerdès et à Alger». Pourquoi ? La réponse est aussi succincte et

franche : «Cela relève de la compétence des chefs d’établissement». L’estocade est bien portée sur le maillon faible de la gestion d’un secteur névralgique comme l’éducation – chargé de satisfaire les besoins de 8 millions d’écoliers – qui trouve une bonne raison pour gonfler les chiffres de la déperdition. «Mais que font les directeurs de l’éducation, Monsieur le ministre ?»

On le saura peut-être le 9 octobre prochain, lors du bilan de la rentrée avec les premiers responsables de l’éducation wilayal.

C’est-à-dire un mois après la rentrée. Concernant les fuites de sujets aux examens, le ministre dit ne pas en avoir la moindre preuve.

Salah Bey

 

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Selon un rapport de la Banque mondiale

Alger au bord de la catastrophe écologique

Une odeur de mazout dans l’eau potable ? Ce n’est rien par rapport à ce que les Algérois ne savent pas encore. Selon une récente étude conjointe de la Banque mondiale et du ministère de l’Environnement, les estivants se sont baignés cet été dans une eau où le taux des produits issus des industries chimiques et des métaux lourds est dangereusement élevé. A Oued El Harrach, ce sont tout simplement de l’arsenic et du mercure qui dominent les «eaux». Et ce n’est pas tout, car le constat général est alarmant et les pertes sont à tous les niveaux : santé, ressources naturelles, tourisme, pêche, terres agricoles, loisirs, écosystème, ressources en eau souterraine, oiseaux et autre faune, stocks de poisson commercial, sans compter les valeurs esthétiques, culturelles et des paysages. Les risques de maladies hydriques sont de trois fois supérieurs à ceux d’une ville d’Europe.

Ce rapport, intitulé : «Le coût de la dégradation de l’environnement côtier en Algérie», date de décembre 2005, et prenant la capitale comme zone pilote, n’a jamais été rendu public.

L’objectif de l’étude a été de renforcer la capacité d’évaluation des coûts de la dégradation environnementale dans les zones côtières, en analysant la manière dont les coûts de la dégradation environnementale s’accumulent dans une région donnée. Les sept communes côtières de l’est de la communauté urbaine algéroise constituent la zone d’étude pilote de ce projet. Dans cette zone pilote, il existe des segments de côtes très dégradées et d’autres zones qui sont restées préservées. L’étude met en évidence une urbanisation incontrôlée qui constitue la principale source des dommages environnementaux et, par conséquent, des coûts qui en résultent. L’urbanisation est associée à d’autres facteurs responsables du coût des dommages tels que la pollution de l’air et marine et celle de l’eau ainsi qu’aux déchets, qui contribuent à des coûts significatifs de la dégradation environnementale. Au total, les coûts représentent de 3 à 8% du PIB de la zone pilote, en supposant que le PIB est dans la moyenne nationale.

«Les effets sur la santé sont très importants pour le coût total. Comme les coûts de santé sont liés au PIB, leur importance relative augmente lorsque que l’on prend en compte des PIB plus élevés pour la zone. Les coûts pour la santé attirent l’attention sur la nécessité d’une bonne épuration des eaux, sur les moyens de réduire la pollution atmosphérique et les moyens permettant de réduire les risques pour la santé associés aux décharges», souligne le rapport.

La proximité proche d’Alger se traduit par une forte densité de la population dans la zone pilote avec une moyenne de 3 197 habitants/km². La population totale est de 313 471 habitants, avec 287 412 vivant dans les régions urbaines et 26 065 dans les régions rurales. La région inclut des régions urbaines et industrielles denses, en particulier à El-Mohammadia et à Bordj El Kiffan, mais aussi aux alentours de Réghaïa. Au total, l’on compte les communes de Réghaïa, Heraoua, Aïn Taya, El Marsa, Bordj El Bahri, Bordj El Kiffan et El Mohammadia. Les régions rurales et agricoles se trouvent dans les autres communes, mais les développements urbains sont en expansion rapide. La région pilote est, à cause de la zone de drainage, affectée par un ensemble général d’industries, y compris les industries hautement polluantes tel que les travaux du galvanisation, les industries chimiques, les industries du papier, les industries pétrolières et les industries médicales, avec des émissions de métaux lourds, hydrocarbures et matière organique. À la frontière ouest de la région pilote (Oued El Harrach), les normes de la protection de l’environnement sont dépassées par le mercure, le cuivre, le plomb, le nickel, l’arsenic, le cadmium et le chrome. Par exemple, le niveau de sédiment du mercure est de presque 200, le Seuil Apparent des Effets (SAE) est de 0,56 microgramme/kg poids brut sur lequel les effets biologiques ont toujours été observés. Dans la région pilote et sa périphérie immédiate, sont localisées d’importantes unités industrielles agro-alimentaires avec des émissions considérables de matière organique.

D’El Mohammadia à Bordj El Kiffan

Au plan sanitaire, le rapport tire la sonnette d’alarme. L’on relève que les coûts économiques considérables dûs aux maladies, probablement aussi à la pathologie supplémentaire et à la mortalité, trouvent dans leur origine plusieurs facteurs. D’abord, la qualité de l’air inférieure causée par les émissions industrielles et la circulation automobile. A Réghaïa, des fréquences élevées d’asthme (20% au-dessus de la moyenne) et des allergies ont été enregistrées (entrevue avec les autorités, (17/5/2005); dans la région pilote, 38 937 consultations médicales ont été enregistrées par année en rapport avec les infections respiratoires aiguës chez les enfants entre 0-5 ans, soit 52% de toutes les consultations médicales parmi les enfants de cet tranche d’âge dans la région pilote.

Autre élément, la faible qualité de l’eau de baignade causée par la pollution. En 2004, en saison estivale (juin-août), approximativement 40% des plages étaient partiellement fermées à cause des niveaux de pollution qui dépassent les niveaux sûrs. Mais, bien qu’«officiellement fermées, les plages ont néanmoins été utilisées, menant à une augmentation de fréquence des maladies hydriques», est-il noté. Les plages ouvertes restantes recevaient approximativement

2 millions de visiteurs par jour durant l’été 2004 (données du ministère de l’Environnement (15 mai 2005). A cause d’une forte densité de la population à El-Mohammadia et à Bordj El Kiffan, les rivages de la mer continuent à attirer un nombre relativement élevé de visiteurs, en dépit de la dégradation entière des plages, suite à l’érosion sévère et à la pollution.

De plus, le rapport insiste sur l’eau potable qui est parfois de faible qualité. Pour ceux qui dépendent des puits, les problèmes avec les réservoirs septiques sont communs. Au début de l’année 2005, à Réghaïa, une boulangerie a été fermée à cause du foisonnement de bactéries détecté dans l’eau utilisée ; à Aïn Taya, des cas de typhoïde ont été enregistrés en 2005 (entrevue avec la commune de Réghaïa le 17 mai 2005). Il existe aussi des risques considérables associés à la proximité entre les égouts et les conduites d’eau potable. Et, en conséquence des maladies à transmission hydrique, plusieurs kilomètres de conduites ont dû être remplacés à Alger.

Il reste que l’eau de qualité inférieure est utilisée pour l’irrigation dans l’agriculture. En été, le Lac de Réghaïa est effectivement une cuvette d’eau d’égout pour les eaux usées non traitées et son eau est utilisée pour irriguer l’agriculture environnante.

La typhoïde et la dysenterie

En 2004, les maladies associées à la qualité et l’hygiène faible de l’eau ont été enregistrées dans la région pilote. Celles-ci ont provoqué trois cas de fièvre typhoïde et quatre cas de dysenterie. Dans la tranche d’âge 0-5, 978 cas de diarrhée (923 cas faibles, 51 cas modérés et quatre (04) cas sévères) ont été enregistrés en 2004 dans la région pilote (source : direction de la Santé de la wilaya d’Alger, 2004). La région pilote regroupe 13% de tous les cas enregistrés dans la wilaya d’Alger. Dans les pays industrialisés, le taux de la fréquence de fièvre typhoïde est typiquement entre 0,12 et 0,3 par 100 000 habitants, alors que la région pilote possède un niveau approximatif de 1 par 100 000 habitants, indiquant au moins trois fois le risque. En outre, la fréquence de la fièvre typhoïde est plus haute dans la région pilote que de la moyenne de la wilaya, indiquant des problèmes particuliers avec les maladies à transmission hydrique.

«C’est possible que la pollution extrême de l’oued El Harrach puisse causer des maladies en rapport avec la pollution par le métal lourd», s’interroge le rapport. Mais comment y répondre ? «Il n’y a pas d’informations sur la fréquence possible de la maladie. Il n’existe pas une investigation systématique des causes environnementales de maladies ou de décès comme il est difficile d’exprimer le degré d’amplification que peut avoir un environnement dégradé sur un sujet déjà atteint d’une affection quelconque», est-il encore relevé avec une pointe de regret.

 

Du tourisme ?

Dans le tourisme, les pertes peuvent survenir à cause de la baisse des taux d’occupation, dans les hôtels qui servent le tourisme vacancier. Interviewés par les rédacteur du rapport de la Banque mondiale, les représentants d’hôtels à Aïn Taya et à Bordj El Kiffan, ont signalé que «les pertes directes en tourisme sont dûes à la dégradation de l’environnement ; on a vu un lien direct entre la faible gestion des déchets et le manque d’accès aux plages de qualité acceptable et la rentabilité de l’hôtel». Un autre représentant avait confirmé «le manque d’investissements majeurs à cause des incertitudes liées à la qualité de l’eau de mer. Les pertes des plages sont aussi une cause qui a affecté les affaires négativement». Sur la base des déclarations de propriétaires d’hôtels, le taux de l’occupation augmenterait de 20 à 30% si la pollution côtière et les problèmes de litière n’existaient pas. Les plages fermées n’offrent pas d’occasion pour le revenu aux activités qui servent le tourisme de plage. En partie, ces pertes sont dédommagées par un usage plus intensif des plages ouvertes, avec un coût supplémentaire de transport, mais c’est aussi possible qu’il y ait une perte absolue.

Pourtant, la région devrait, à cause de sa proximité de la capitale, offrir plusieurs occasions pour développer la mer et la plage destinées au tourisme, mais une grande fraction de ces occasions a été perdue à cause de l’érosion et de la pollution. Au total, le montant des pertes directes est de 0,77-0,38 du PIB. Les niveaux sont assez élevés bien que le tourisme ne soit pas une activité majeure en Algérie. «Cependant, la région pilote possède un grand potentiel que la dégradation actuelle a détruit», est-il souligné dans ce chapitre.

La crevette rouge n’est plus

L’activité de la pêche dans la zone pilote a enregistré trois types de pertes : celles qui sont dûes à la pollution de la région proche qui rend les prises invendables et exige une distance de pêche très longue, les pertes de production et de productivité biologiques (poissons, crustacés,…) dûes à la détérioration des prairies de Posidonie et enfin les pertes de productivité dûes à la pollution des oueds. Pour une journée de pêche, le voyage supplémentaire par bateau de pêche peut dépasser 100 kilomètres. En plus du coût de l’environnement, on enregistre aussi les pertes du temps de travail et les coûts du combustible. Il y a lieu de considérer que la ressource elle-même, telle que la crevette rouge, fuit les fonds côtiers et se retrouve à des profondeurs de plus de 400- 500 m, obligeant les chalutiers a prendre plus de «risques» (pêche au large, moyens plus coûteux, pertes de chaluts, temps de pêche et effort de pêche plus importants). Un chiffre indicatif montre que les pertes dans les pêches correspondent à 0,19-0,05% du PIB. Le plus haut chiffre est plus vraisemblable parce qu’il n’a pas été possible de fournir un chiffre pour les pertes relatives aux zones de culture et les régions des pépinières des rivières et sur le long des rivages dans la région pilote entre oued El Harrach et El Marsa.

Les chalutiers du secteur algérois exploitent, durant toute l’année, des fonds situés entre 200 et 400 m de profondeur à la recherche de deux espèces de crevettes profondes d’intérêt économique (Aristeus antennatus et Parapenaeus longirostris). La faune associée à ces deux crevettes comprend de nombreuses espèces qui, compte tenu de l’exploitation intense de ces fonds, se trouvent en danger. On note une diminution sensible de la taille de plusieurs espèces et une absence de plus en plus marquée pour d’autres de M. Poutassou dans les apports. De plus, la dernière évaluation des ressources halieutiques de la côte algérienne (mars 2003) réalisée pour le compte du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques montre, pour les espèces à forte valeur commerciale (comme le rouget), que les rendements sont les plus faibles de toute la côte algérienne. Ce constat est d’autant plus marqué pour les espèces à très forte valeur commerciale, telle la crevette, probablement en rapport avec les caractéristiques du stock lui même mais les facteurs de surexploitation et de pollution du milieu seraient en partie responsable de cette situation.

Ni agriculture, ni loisirs

Les rendements agricoles ont été perdus à cause de l’urbanisation. Dans la commune de Réghaïa, par exemple, sur les trois années passées, entre 30 et 60 hectares de terres agricoles sont perdus par an. Dans les régions pilotes, approximativement 1 800 hectares de terre agricole ont été convertis à d’autres usages entre 1987 et 1997. Cela suggère que le coût de l’environnement a atteint des niveaux qui correspondent à 0,36-0,43 du PIB.

De même, les biens publics ont été perdus à cause du déclin dans deux aires de loisirs aussi bien que dans plusieurs types des services de l’écosystème.

Autrement, les pertes des loisirs ont éveillé à la fois à cause de la perte des plages et la perte des espaces verts terrestres (côtiers). Approximativement 40% des plages dans la région pilote ont été perdus à cause de la pollution et de l’érosion. Parce que les plages perdues sont à proximité de la partie la plus urbanisée de la région pilote, plus de 40% des visiteurs des plages existantes pourraient se déplacer plus loin si les plages sont en condition acceptable.

La longueur totale des plages sablonneuses dans la région pilote est d’environ 18 km. Les plages restantes sont soumises à une lourde pression (bien qu’une partie des visiteurs domiciliée dans la région ne fréquente pas du tout les plages de la région pilote et quelques visiteurs se rendent sur des plages plus éloignées). Pendant la saison estivale, le nombre de visiteurs de la région pilote avoisine les 1-5 visiteurs par mètre de littoral/jour. Il y a environ 2 millions de visiteurs jour/an aux plages sablonneuses qui sont ouvertes pour l’instant. Les rivières (oueds) de la région pilote sont très polluées et l’odeur résultante montre que les régions du voisinage ne peuvent pas être utilisées à l’habitat à un niveau acceptable. Le lac de Réghaïa est si sévèrement pollué pendant l’été qu’il émet, aussi, une forte odeur.

Dans la wilaya d’Alger, la plupart des régions de l’eau ont été perdues à cause de la pollution (décharge d’ordures, pollution de l’huile, fosses septiques) et salinisation ou autre forme de surexploitation.

L’usage d’eau potable dans la totalité de la région pilote est à approximativement 0,2 m³/personne/jour (313 500 personnes = 63 000 m³ /jour). A présent, approximativement 60% de cette eau émanent des réservoirs à un coût supplémentaire de 10-15 DA/m³.

De plus, 1 500 m³/jour émanent des installations de dessalement à un prix approximatif de 60 DA/m³, ou à un coût supplémentaire de 40-45 DA/m³.

La perte de la provision en eau est une perte considérable dans la région. Exemple : «L’eau du lac de Réghaïa a aussi été utilisée pour l’irrigation alors qu’elle est polluée. Ainsi, il est possible qu’il y ait un danger pour la santé si l’eau est utilisée pour irriguer les légumes, ce qui cause une perte directe. L’eau de l’irrigation ne peut pas être prise du lac, l’eau du robinet est recommandée», est-il relevé.

Nabil Benali

 

 

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