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40 000 travailleurs en attente de rétribution
Pas de salaires
avant le ramadan
Les 40 000
travailleurs, en attente de leurs salaires, depuis de longues
années, ne seront pas payés, comme prévu, avant le mois de ramadan.
C’est du moins ce
qu’on peut traduire des propos du secrétaire général de l’Union
générale des travailleurs algériens (UGTA), Abelmadjid Sidi Saïd,
tenus, hier à Alger. En effet, s’exprimant devant le ministre du
Travail et de la Sécurité sociale, en marge du séminaire de
formation au profit des inspecteurs du travail qui se tient depuis
hier, à Alger, le parton de la Centrale syndicale a été pour le
moins «incertain», quant à la question des milliers de
fonctionnaires impayés jusqu’à présent. «Le gouvernement a donné son
accord de faire payer les travailleurs avant le mois de ramadan, ou
du moins, ils recevront des avances afin de pouvoir subvenir aux
besoins de leurs familles». De plus,
M. Abdelmadjid
Sidi Saïd souligne que la rencontre prévue aujourd’hui entre l’UGTA,
le ministère du Travail et celui de la Participation, est reportée
pour jeudi prochain. La raison, explique-t-il, est que les
négociations entre l’UGTA et les Sociétés de gestion des
participations (SGP), inhérentes aux augmentations des salaires, ne
sont pas encore achevées. Selon lui, «la fédération des travailleurs
de la mécanique et de la métallurgie campe toujours sur ses
positions», a-t-il soutenu avant de d’ajouter que «globalement il n’
y a pas de refus catégorique de la part de cette fédération puisque
le dossier de rapprochement se fait. Nous espérons que d’ici la fin
de la semaine en cours tout sera rentré dans l’ordre». Or, dans une
récente déclaration, faite à la presse,
M. Abdelmadjid
Sidi Saïd, s’appuyant sur la décision prise dans le cadre des
négociations entamées depuis quelques mois entre les fédérations de
l’UGTA et les SGP, a manifesté l’engagement de son organisation de
payer tous ces arriérés aux travailleurs avant le début de ramadan.
Pour sa part, répondant aux questions de journalistes, axées d’une
manière générale sur la tenue de la tripartite, le ministre, Tayeb
Louh, sans pour autant fixer la date exacte, a fait savoir que la
réunion (Gouvernement-patronat-UGTA) aura lieu avant la fin de ce
mois. Selon les dires du représentant du gouvernement «la date sera
fixée après la finalisation des conventions de branches entre le
représentant des travailleurs et les SGP».
M. Kechad
Haut
Les couffins de la rahma ?
De source bien
informée, il ne reste aux 40 000 travailleurs des entreprises
étatiques à qui on a promis qu’ils allaient recevoir leurs arriérés
de salaires et qui ne l’auront malheureusement pas, pour faire face
aux grandes et dures dépenses du mois de ramadan, que l’aide du
ministère de la Solidarité, de l’Action sociale et de l’Emploi. Il
était attendu que ce dernier participe à la rencontre
interministérielle sur le sujet. Et qu’on ne s’étonne donc pas à
avoir dans les prochains jours qu’un programme spécial ramadan en
faveur de ces prolétaires soit mis place, cela, en attendant qu’ils
soient définitivement fixés sur la question où qu’on annonce
officiellement le montant des avances qu’on veuille leur accorder –
selon Sidi Saïd – et surtout la date exacte et irrévocable de
l’application. Aussi, il leur est donc demandé de prendre leur mal
en patience et de ne plus prendre pour argent comptant des
déclarations sur lesquelles il est plus facile de se rétracter, au
lieu de les respecter.
H. G.
Haut
Fin des négociations SGP-Fédérations
L’augmentation
des salaires n’est pas acquise
«Nous ne voulons
pas aller à l’arbitrage. Notre souhait, c’est de trouver des
solutions à toutes les fédérations à travers les négociations et le
dialogue. Nous voulons aller à la tripartite sans douleur», a
déclaré hier M. Mohamed Lakhdar Badreddine, secrétaire national
chargé de l’économie à l’issue de la rencontre tenue hier avec les
dix-huit fédérations de l’UGTA et les syndicats d’entreprises tenue
hier au siège de la Centrale syndicale. Une déclaration qui annonce
la délicatesse de la situation. Sur l’annonce de mouvement de
protestations de la part des fédérations, M. Badreddine dira que «la
protestation renforce l’action syndicale. Nous n’allons pas assumer
la responsabilité de l’arbitrage puisque nous avons laissé les
fédérations décider des marges des augmentations et nous n’allons
pas non plus assumer la responsabilité de la mauvaise gestion des
entreprises», précisera-t-il. Avant de poursuivre, «le secrétariat
national de la Centrale syndicale est favorable pour une éventuelle
augmentation des salaires mais cela ne peut pas se faire au
détriment de la bonne santé financière des entreprises»,
expliquera-t-il. Cette réunion consacrée à l’élaboration d’un bilan
sur l’avancement des négociations a été marquée par l’absence de
M. Abdelmadjid
Sidi Saïd, secrétaire général de l’UGTA. Contrairement à ce qu’a été
attendu au moment de la relance du dialogue, le blocage persiste et
les discussions autour de l’augmentation des salaires semblent
prendre une nouvelle tournure. Ainsi, après plusieurs séances de
travail avec les cinq SGP et celle de la SNTF, la Fédération de
mécanique et de métallurgie compte envahir le terrain en organisant
mercredi prochain un rassemblement en face de la SGP de Hydra, une
décision prise suite à l’échec des négociations. «Les propositions
faites par les SGP sont trop loin de nos attentes. En dépit du
rapprochement des positions et des concessions faites de la part des
fédérations et des SGP, nous n’avons pas pu trouver un terrain
d’entente sur le taux de l’augmentation des salaires. Les dernières
propositions des SGP n’ont pas apporté satisfaction aux
syndicalistes et aux travailleurs également», expliquera
M. Kardjani,
secrétaire général de la fédération mécanique et métallurgie. En
effet, les SGP ont proposé une augmentation des salaires qui varie
entre 5 et 10% pour les entreprises déstructurées et de 15% au
profit des travailleurs des entreprises bénéficiaires. «Ça bloque
toujours du moment que la fédération maintient sa position
d’accorder des augmentations égales à tous les travailleurs. Elle
rejette catégoriquement ces propositions», expliquera M. Badreddine.
Les négociations
n’ont toujours pas commencé pour la fédération du bâtiment,
notamment pour les sections hydraulique, travaux publics et les OPGI.
«Nous comptons faire appel à l’intervention des ministres pour
inciter les différents partenaires à aller au dialogue», proposera
M. Badreddine. Les syndicats du secteur de l’énergie (Sonatrach et
Sonalgaz) n’ont toujours pas débloqué la situation du moment que les
réunions avec les P-dg des entreprises ne sont pas encore tenues. La
même situation est observée pour le syndicat d’Air Algérie. Les
négociations seront lancées, au plus tard, dans deux jours. Notons
aussi le blocage du dialogue pour le syndicat des travailleurs de
bois dans la fédération des matériaux de construction et du Pari
sportif pour la fédération de la formation professionnelle. Toutes
les autres fédérations, c’est-à-dire l’agroalimentaire, la santé,
les collectivités locales, la formation professionnelle,
l’électricité et le tourisme sont en voie de parapher les
conventions de branches. Autre précision qui mérite d’être soulevée
concerne le dialogue pour les fédérations du transport et des
finances. Les représentants de ces deux fédérations n’ont pas
assisté, lors de la dernière réunion et étaient absents hier. «Nous
n’avons pas eu d’informations sur les résultats des négociations
pour ces deux secteurs», a affirmé
M. Badredine.
Pour ce qui est
des travailleurs du textile, un secteur qui connaît une
déstructurations totale,
M. Badreddine dira
que l’intérêt est de lancer une mise à niveau des entreprises.
Une préoccupation
plus pressante que l’augmentation des salaires des travailleurs, car
la priorité est, selon M. Badreddine, de préserver l’emploi. Les
membres du syndicat national de l’UGTA ont donné un délai de trois
jours aux fédérations pour finaliser l’élaboration des conventions.
Sur la signature
des conventions avec le secteur privé,
M. Malki,
secrétaire national chargé des conflits sociaux a indiqué qu’une
réunion avec le patronat est prévue le 23 de ce mois. L’ordre du
jour est consacré à l’augmentation des salaires pour les
travailleurs de ce secteur. Quant à la tripartite,
M. Malki dira que
toutes les conventions seront signées lors de cette rencontre qui
devra se tenir durant le mois de ramadan même dans le cas où les
fédérations n’auront pas encore parafé les conventions. «Nous nous
pouvons pas aller à la tripartite qu’après avoir aplanie tous les
problèmes»,
dira t-il. «Dans
le cas contraire, les fédérations vont signer les conventions lors
de la tripartite. Un rendez-vous qui verra d’ailleurs l’examen de
plusieurs dossiers, notamment le pacte économique et social et le
SNMG», précisera-t-il. Sur ce dernier point, le même responsable
rappelle que la proposition de l’UGTA est d’avoir un SNMG équivalent
à 15 000 DA tel qu’a été conclu lors de son 10e congrès.
Quant au statut de
la Fonction publique, M. Malki a indiqué que la commission
Gouvernement-UGTA passera à l’élaboration des statuts particulier et
la grille des salaires juste après l’adoption de statut général par
les deux chambres parlementaires.
Nouria. B.
Liban, Irak et Palestine
Le plaidoyer de
Medelci
Le ministre des
Finances, Mourad Medelci, a appelé, à Singapour, le Fonds monétaire
international (FMI) et la Banque mondiale à sensibiliser la
communauté internationale pour un appui plus conséquent pour
accélérer la reconstruction du Liban et apporter l’aide nécessaire à
la Palestine et à l’Irak.
Dans le cadre de
sa participation aux assemblées annuelles du FMI et de la BM, qui se
tiennent dans cette capitale asiatique, M. Medelci a pris part aux
travaux de la 76e session du groupe intergouvernemental des 24 (G24)
qui a abordé les questions liées au développement, à la réduction de
la pauvreté ainsi qu’à la représentation des pays à faible revenu
dans les organes des institutions de Bretton Woods, a indiqué hier
le ministre des Finances, dans un communiqué. Dans son intervention
devant la réunion du G24, M. Medelci a axé son intervention,
notamment sur le financement de la reconstruction du Liban et sur
une aide plus importante pour la Palestine et l’Irak.
Le G24 a adopté au
terme de ces travaux un communiqué dans lequel il relève avec
satisfaction les perspectives favorables de l’économie mondiale tout
en attirant l’attention sur la persistance de la pauvreté dans de
nombreux pays et la nécessité de la reprise des négociations sur les
échanges commerciaux dans le cadre du cycle de Doha.
Haut
Rentré hier d’Allemagne
Le même Kébir
revient
C’est à bord d’un
vol d’Air Algérie qu’est arrivé, hier, en fin d’après-midi, Rabah
Kébir, dirigeant de l’ex-FIS et chef du réseau de membres et
sympathisants de ce parti dissous en Europe occidentale, en sol
algérien.
Un non-évenement
pour certains qui voient en l’arrivée de ce qu’ils qualifient d’émir
politique du FIS-dissous une nouvelle étape, pas plus, dans le
processus de l’application de la charte nationale pour la
réconciliation nationale, tandis que d’autres craignent le retour
progressif et calculé du parti dissous de Abassi Madani sur la scène
politique sous une forme qui sera connue, malgré les garanties
données par le président de la République que «ceux ayant été à
l’origine de la tragédie nationale ne pourront, en aucun cas, faire
leur retour sur la scène politique». Un retour qui rappelle certains
souvenirs au peuple algérien, dont celui de la revendication par
Rabah Kébir d’attentats terroristes qui endeuillaient ce peuple sans
distinction aucune. En résidence surveillée, en 1992, Rabah Kébir
avait réussi à s’enfuir et à quitter le territoire national en
direction de l’Allemagne. Ce dirigeant de l’ex-FIS qui occupait, à
l’époque, le poste de chef du département international dans ce
parti dissous dirigeait, depuis son installation dans ce pays, le
réseau de membres de sympathisants du parti dissous de Abassi Madani
en Europe occidentale. D’aucuns croient savoir que ce dirigeant de
l’ex-front islamique du salut eut tiré profit de ses contacts, à
l’étranger, gagnés à l’époque ou il occupait ce poste au FIS-dissous
pour obtenir le refuge en Allemagne. Un refuge qui lui valait une
liberté de critiquer, ouvertement la lutte antiterroriste, évitant
de condamner les attentats terroristes perpétrés en Algérie par
l’ex-AIS, le GIA, le GSPC et consorts. Il a été rappelé à l’ordre,
durant les années 1990, par les autorités allemandes, l’invitant à
éviter de faire l’éloge aux attentats terroristes en Algérie.
Depuis, ce dirigeant du FIS-dissous a rompu avec les revendications
des attentats terroristes qui se déroulaient en Algérie, non pas par
«repentir» mais pour ne pas perdre son statut de réfugié en
Allemagne qu’il ne voulait surtout pas per-dre et encore moins
rentrer en Algérie, à cette époque, et partager le deuil, les bombes
et la mort avec ce peuple.
Lors d’un récent
passage sur la chaîne qatarie El Jazzera, au milieu de la guerre
déclenchée par Israël contre le Liban, Rabah Kébir qui tentait
d’éviter de critiquer ouvertement les pouvoirs publics en Algérie,
disant qu’il voulait toujours entrer au pays, n’a pas longtemps
résisté à la volonté de renouer avec ses réactions qui lui sont
connues.
Il annonça que «la
stratégie de prise du pouvoir, y compris en Algérie, devrait
changer, au profit d’un travail de base au lieu du conflit armé tel
que prôné par les djihadistes, djazaristes et salafistes de ce parti
dissous, mais ne cacha pas ses ambitions et celles de son parti
dissous, aidé en cela par les questions pièges de la journaliste de
cette chaîne de télévision qui l’interrogeait». Pour répon-dre à une
question de cette journaliste se rapportant à son retour en Algérie,
Rabah Kébir avait révélé que «des questions restaient en suspens».
Lesquelles ? Son retour, hier, signifie-t-il que ces «difficultés»
seraient levées ?
M. Abi
Haut
Lutte antiterroriste à Béjaïa
Arsenal de
guerre découvert
Surnommé émir
el-mal, le terroriste arrêté en possession d’un Bertha (15 coups)
a permis aux services de sécurité spécialistes dans la lutte
antiterroriste de remonter jusqu’aux 5 terroristes qui ont échappé
aux forces combinées lors de l’opération menée sur les hauteurs de
Tala Hamza vendredi vers 4h du matin à l’issue de laquelle il a été
découvert trois casemates servant d’arrière-case aux terroristes du
GSPC dont l’une des caches était aménagée en local pour la
confection de tous les documents du groupe et la gestion «des
opérations et embuscades». Un véritable laboratoire équipé du
matériel informatique, téléviseur et autres matériels de
communication. Selon des sources sécuritaires, le terroriste arrêté
à El-Qods aurait dans son compte plus de 6 milliards de centimes.
«Il est d’ailleurs chargé de la gestion des finances du groupe et de
toutes les opérations financières liées à leurs activités». D’autres
sources sécuritaires nous révèlent que les forces combinées ont
récemment réalisé un grand exploit au centre-ville de Béjaïa. Il
s’agirait de la découverte d’une importante quantité d’explosifs
dans un magasin commercial de matériel informatique. Un lot évalué
à une charge d’une camionnette.
Une troisième
source (recoupée) nous a informés qu’un groupe terroriste a été
signalé pas loin du village Cheurfa dans la commune de Taourirt
Ighil au début de la semaine dernière en même temps que le ratissage
des forces combinées à Béni K’sila et jusqu’à la lisière de la
wilaya de Tizi Ouzou aux lieux-dits Ighouladhs, Thala Hamdane,
Ikhtaben, Bouicher, Berchiche, Ath Laâziz et Ath Youcef. Depuis les
deux attentats meurtriers perpétrés à El Kseur puis à Adekar à la
fin du mois dernier, il ne se passe pratiquement pas un jour sans
que l’on fasse écho d’attentat ciblant des policiers à Béjaïa.
Pas moins de
quatre rumeurs ont été colportées faisant écho d’attentats à Bir
Slem et aux Quatre Chemins de Béjaïa, toutes démenties par la
police. L’arrestation d’un terroriste âgé de 35 ans, originaire de
Bouira le 08 septembre dernier au marché d’El-Qods à El Khemis
(centre-ville de Béjaïa) a révélé que la situation sécuritaire est
précaire.
Hocine Cherfa
Haut
Propos du pape Benoît XVI
Alger convoque
l’ambassadeur du Vatican
«L’Algérie a
considéré hier les propos tenus par le Pape Benoît XVI sur l’islam
comme un grave développement» qui s’inscrit «à contre-courant de
tous les efforts que des bonnes volontés de toute foi et de toute
culture n’ont cessé de déployer». Dans une déclaration, le
porte-parole du ministère des Affaires étrangères souligne que
l’Algérie qui a pris connaissance avec une «profonde stupéfaction»
des propos que la haute autorité spirituelle et politique de la
Curie romaine a tenus, a convoqué le Nonce apostolique à Alger pour
«demander des éclaircissements sur ces propos si incroyablement
méprisants pour la communauté musulmane dans son ensemble».
Samedi, le
ministre des Affaires religieuses et des Wakfs,Bouabdallah
Ghlamallah, a appelé samedi le Pape Benoît XVI a présenter des
excuses à la nation musulmane pour ses propos attentatoires à
l’Islam, à ses symboles ainsi qu’à son Prophète Mohamed (QSSSL).
Dans des lettres adressées à l’ambassadeur du Vatican et à
l’Archevêque d’Alger, le ministre des Affaires religieuses a déploré
les déclarations attentatoires à l’Islam émanant du Pape Benoît XVI.
Ces déclarations attentatoires à l’Islam ne servent pas l’humanité,
car elles interviennent dans un contexte marqué par une flagrante
méconnaissance de l’Islam, augurent d’une déviation du processus de
dialogue du Vatican et risquent de susciter le sentiment religieux
des musulmans qui croyaient que les chrétiens étaient leurs amis et
menaient avec eux la même guerre décisive contre l’athéisme, le
matérialisme et la perversion, a affirmé le ministre des Affaires
religieuses.
M. Ghlamallah
s’est par ailleurs interrogé comment le Pape a-t-il pu taxer l’Islam
de violence lui qui est à la tête d’une institution qui s’est
adressée aux musulmans en sachant pertinemment qu’ils sont enclins
au dialogue ?
Il a appelé le
Pape à reconsidérer ses propos car «les sages ne sauraient se
permettre de juger une religion que sur la base des textes qu’elle
énonce». Des centaines de versets du saint Coran préconisent de
faire appel à la raison et de réfléchir sur les preuves matérielles,
a encore dit le ministre des Affaires religieuses avant de rappeler
que l’Islam respecte le Christ et accorde une importance
particulière au dialogue.
R. N.
Haut
Louiza Hanoune écrit à Bouteflika
La paix
d’abord, la révision ensuite
Le parti des
Travailleurs, fidèle à ses positions, en rappelant la crise qu’a
vécue la Kabylie, «propose l’officialisation de tamazight».
Le parti de Louiza
Hanoune, (PT) a adressé une correspondance au président de la
République, Abdelaziz Bouteflika, dans laquelle il expose un certain
nombre de réflexions et recommandations à la veille de la probable
révision constitutionnelle. La révision de la Constitution de 1996,
élaborée en pleine crise sanglante, peut-on lire dans le document,
est dictée par le processus du retour à la paix. «Il nous paraît
évident que le retour de la paix doit être couronné par l’abrogation
des mesures d’exception générées par la crise et que conformément à
l’aspiration profonde du peuple algérien exprimée avec force,
notamment le 29 septembre en décrétant la paix et la réconciliation
nationale, la Constitution de l’Algérie d’aujourd’hui doit énoncer
que la paix est un choix du peuple qui a proclamé «plus jamais ça»
et que les conflits, tous les conflits seront résolus par des
solutions nationales, démocratiques et civilisées». Dans ce cadre,
le PT souhaite que le premier magistrat du pays, Bouteflika en
l’occurrence, «renforce les articles 1 et 13 de la Constitution
actuelle qui proclament l’unité, la continuité et l’indivisibilité
de la République par des dispositions claires, sans ambiguïté
aucune, pouvant ouvrir la voie aux interprétations». Pour éviter que
des fractionnements ne surviennent au sein du peuple algérien, le
parti des Travailleurs, fidèle à ses positions, en rappelant la
crise qu’a vécue la Kabylie, «propose l’officialisation de
tamazight». Dans le même ordre d’idées, parlant de l’article 29 de
la Constitution, qui proscrit toute forme de discrimination, comme
consécration d’un principe universel, transposé en 2005 dans le code
de la nationalité amendé, «le PT estime que le principe de la
hiérarchie des lois et de leur homogénéité est incompatible avec le
maintien , dans le code de la famille, de dispositions relatives au
statut personnel de la femme, et qui, de ce fait, diminuent la
citoyenneté de la femme et entravent la pratique politique de ses
droits politiques». Selon la formation politique de Louiza Hanoune,
«aujourd’hui plus que jamais, et après le recouvrement par l’Etat de
sa souveraineté sur les ressources pétrolières nationales, nous
avons besoin que l’Etat recouvre aussi ses missions sociales de
planification, de contrôle des investissements publics, créateurs de
richesses pour asseoir l’égalité entre les citoyens à travers le
territoire national». C’est naturellement que le PT insiste sur la
nécessité de garantir la stabilité des fonctionnaires à travers des
postes fixes et permanents.
Le droit à la
santé et à l’éducation est l’une des préoccupations du parti de Mme
Hanoune. La consécration de ces droits est seule «à même de dégager
les fonds suffisants pour couvrir les besoins en services publics et
en postes budgétaires nécessaires pour faire prévaloir l’égalité
entre les citoyens». Toutefois, le PT n’est pas pour la
privatisation de ces deux secteurs névralgiques.
Le PT regrette que
«malgré l’existence de nombreux articles dans la Constitution de
1996, qui consacrent les droits élémentaires, autant politiques que
sociaux, ainsi que des principes démocratiques fondamentaux, la
situation sécuritaire qu’a traversée notre pays n’a pas permis au
peuple de bénéficier de la plénitude de ses droits et
principes». C’est pourquoi, il est écrit dans le document «tout en
tenant compte des efforts et avancées réalisés, l’instauration de la
démocratie véritable demeure dépendante de la résolution définitive
de la crise».
Et pour qu’il y
ait une véritable démocratie, il est inéluctable que la justice
soit indépendante. «La question de l’indépendance de la justice est
d’une importance capitale parce qu’il s’agit de la pierre angulaire
sur laquelle repose l’édifice de la démocratie», est-il écrit à ce
sujet.
Les attributions
et le mode de fonctionnement du Conseil constitutionnel qui, selon
le PT, ne protège pas la Constitution «doivent être revus en
élargissant la possibilité de pourvoir à la constitutionnalité des
lois par des groupes de députés et les partis politiques».
La question des
ressources naturelles, notamment les ressources pétrolières a été
également abordée dans cette correspondance.
Hostile à toute
idée de privatisation des richesses naturelles, la renationalisation
de ces ressources doit être irréversible. Et pour que soit
réaffirmée la souveraineté de l’Etat comme représentant de la
nation, souligne le PT, «nous estimons nécessaire l’introduction de
l’article premier de la loi 91/21 relative aux hydrocarbures».
Djamel Oukali
Haut
Réforme du système budgétaire de l’Etat
L’exigence de
transparence de la Banque mondiale
nUn vaste
programme de formation sera lancé en 2007 et touchera près de 10 000
agents de l'ensemble des départements ministériels.
Le projet de
modernisation du système budgétaire de l’Etat algérien, qui doit
être mis en œuvre à partir de l’année 2009, a été présenté dans ses
détails, hier, par un représentant du ministère des Finances à
l’occasion de la tenue à Alger d’un forum des Cours des comptes
maghrébines. Conçu avec l’assistance technique de la Banque
mondiale, ce projet vise, dans le fond, à instaurer une «culture de
résultat» en orientant le budget vers la «performance» (précision
des engagements et des résultats) et d’accroître la «transparence
des informations budgétaires», a expliqué le directeur des études au
ministère des Finances, Ferhat Iken. Pour la mise en exécution de ce
nouveau système budgétaire, un vaste programme de formation sera
lancé en 2007 touchant près de 10 000 agents de l’ensemble des
départements ministériels. Les principales nouveautés qui vont être
introduites dans l’élaboration du budget de l’Etat se résument en la
mise en place d’un cadre de dépenses à moyen terme (CDMT), la mise
en œuvre d’une budgétisation par programmes axée sur les résultats,
un cadre budgétaire pluriannuel, une nouvelle présentation
budgétaire et la responsabilisation des gestionnaires.
Expliquant
davantage ces nouveaux éléments, M. Iken a indiqué que le CDMT sera
un document de prévision de la politique budgétaire sur une
perspective de 3 à 4 années devant permettre d’assurer la cohérence
entre les recettes et les dépenses de l’Etat. Quant à la
budgétisation axée sur les résultats, elle doit mettre fin à la
pratique actuelle consistant en une simple affectation de budgets de
fonctionnement et d’équipement pour chaque département ministériel.
Selon M. Iken, les crédits seront alloués à chaque ministère par la
définition d’un programme d’activités précis et qui sera «encadré
par des objectifs, mesuré par des résultats et évalué par des
indicateurs de performance». Citant le cas de la structure de
budgétisation de programme pour le ministère de l’Education, selon
le prochain système budgétaire, M. Iken a expliqué que la démarche
de performance consistera, à titre d’exemple, à définir un objectif
visant l’augmentation de la qualité de l’enseignement secondaire.
Le schéma de
budgétisation devra donc définir le taux de réussite aux examens
comme indicateur de performance tout en précisant les actions qui
devront être engagées pour arriver à cet objectif telles que la
conception d’un nouveau programme pédagogique au secondaire. Pour le
même responsable, les mesures de performance permettront de «mesurer
les écarts entre les résultats réels et les résultats attendus,
d’apprécier le résultat obtenu par rapport au résultat attendu et
aux ressources utilisées et apporter des correctifs à l’action
engagée». Pour ce qui concerne le projet de budget de l’Etat 2009,
il sera présenté en 3 nouveaux documents distincts appelés
«volumes». Il s’agit du «budget principal des dépenses de l’Etat»
(par ministère, par programme et par grandes catégories de
dépenses), d’un «rapport sur les priorités et la planification» sur
une période de
3 années
(renseignements détaillés sur les programmes, les objectifs, les
besoins en ressources...) et du «budget des dépenses des services
déconcentrés des wilayas» qui indiquera la redistribution
géographique des dépenses budgétaires de l’Etat. L’autre nouveauté
fondamentale prévue par ce projet de refonte du système budgétaire
est l’identification d’un «gestionnaire responsable» au niveau de
chaque ministère et dans chaque wilaya. Le rôle de ce gestionnaire,
a affirmé M. Iken, consistera non seulement à définir les actions
pour atteindre les objectifs fixés et à élaborer le budget des
dépenses nécessaires mais aussi à «rendre compte des écarts entre
les résultats réels et ceux attendus». Présenté sous le thème : «Le
budget par objectifs pour une bonne gouvernance», ce forum est
organisé par la Cour des comptes d’Algérie, en partenariat avec
l’Agence de coopération allemande au développement (GTZ), dans le
cadre du «programme de bonne gouvernance financière» initié en 2002
par cet organisme allemand à destination des 5 pays du Maghreb. Il
se déroule en présence notamment des responsables des Cours des
comptes du Maghreb, de représentants de l’Assemblée populaire
nationale (APN) et d’experts étrangers.
Expliquant le
choix du thème sous lequel est organisée la 2e édition de ce forum,
le président de la Cour des comptes algérienne, Abdelkader Benmarouf,
a estimé que même si les pays maghrébins ont entamé des réformes
budgétaires dont l’étendue diffère selon le contexte national,
«l’étape qui ambitionne de passer d’un budget classique à un
budget-programme s’est avérée laborieuse». Situant les enjeux de la
rénovation des pratiques budgétaires à l’échelle maghrébine, le
président de la commission des finances et du budget de l’APN,
Benalia Belhouadjeb, a souligné pour sa part que concernant
l’Algérie, «le Parlement souhaite un aménagement profond du
dispositif budgétaire afin d’affirmer le sens de la loi de finances»
et a considéré que «le recours à une plus grande rigueur budgétaire
s’avère indispensable». «Dans ce sens, il a indiqué que le prochain
système budgétaire que l’Algérie compte mettre en place à l’horizon
2009 repose essentiellement sur la budgétisation par objectifs qui
devra permettre d’évaluer les performances des actions publiques à
travers leurs coûts, leur lisibilité et leur transparence».
Redouane A.
Haut
Ports
Déficit des
terminaux à conteneurs
Les perspectives
d’aménagement et le développement des infrastructures portuaires, à
la lumière du schéma national d’aménagement du territoire, a donné
lieu, hier à Alger, à une rencontre de travail regroupant les cadres
des ministères des Transports et de l’Environnement et de
l’Aménagement du territoire. Durant les travaux, auxquels ont
assisté Mohamed Maghlaoui et Chérif Rahmani, il a beaucoup été
question de la compatibilité des capacités portuaires actuelles ou
prévisionnelles avec les besoins induits par l’augmentation
constante du trafic maritime de marchandises et de passagers.
Les services du
ministère des Transports, relevant l’état de vétusté des
infrastructures portuaires, concluent à la nécessité d’une réforme
du cadre juridique et réglementaire du secteur, de manière à
faciliter une meilleure intégration et une politique de
modernisation et d’extension de ces dernières. Selon le ministère
des Transports, et pour ce qui a trait aux aspects institutionnel et
organisationnel, le processus de mise en place des espaces de
régulation a été finalisé et devrait être validé prochainement. Il
est par ailleurs noté que la mise en concurrence des activités à
caractère commercial, comme le remorquage, la manutention et
l’acconage, vient de faire l’objet d’un décret exécutif.
Pour ce qui
concerne la modernisation et le développement des ports, des études
portant sur la réalisation de nouvelles infrastructures ainsi que
l’extension et la mise en concession de terminaux à conteneurs des
ports d’Alger et d’Oran, ont été lancées ou sont en cours de
réalisation.
Un document de ce
même ministère estime que même si le trafic conteneur a connu,
depuis 1997, un accroissement soutenu de 22% annuellement, il
demeure relativement faible par rapport aux normes nationales et
qu’à ce titre, il est appelé à croître aux horizons 2020, 2015 et
2025, à la condition que soient réalisées des infrastructures
additionnelles. Lors d’un exposé introductif à la rencontre, il a
été relevé que les activités de conteneurisation, en Algérie,
représentaient à peine 40% du trafic des marchandises alors qu’au
niveau mondial elles sont estimées à 75%. L’un des handicaps
entravant le développement de cette activité est dû au déficit
d’aires de stockage dans la majorité des ports algériens. Le
problème se pose de façon toute aussi aiguë pour ce qui est de la
manutention et l’emmagasinement des marchandises en vrac ou des
céréales dont les quantités à traiter, d’ici à une dizaine d’années,
avoisineront les 2,5 millions de quintaux. Afin de faire face à la
progression du trafic de marchandises et de passagers, (1,2 million
d’ici à 2015), une étude réalisée à l’initiative du ministère des
Transports estime plus économique d’entreprendre la réalisation de
nouveaux ports, notamment, dans le centre du pays et de mobiliser de
nouveaux espaces auprès des infrastructures existantes sur tout le
littoral national. Les besoins exprimés en aires réservées aux
activités de conteneurisation, d’ici les dix prochaines années, sont
estimés à 75 hectares.
Pour ce qui
concerne la manutention des céréales, cette même étude remarque que
les capacités de stockage actuelles sont à même de faire face aux
flux projetés à la condition, toutefois, de réhabiliter certaines
d’entre elles et de les équiper en conséquence. Pour ce qui
concerne, d’autre part, les superficies réservées aux marchandises
en vrac, l’étude considère, là aussi, qu’elles sont, pour le moment,
suffisantes mais demandent à être, elles aussi, équipées et
modernisées.
Ahmed
Mahieddine
Haut
Benbouzid à la Chaîne III
«Le budget de
l’éducation reste insuffisant»
Pas moins de 273
milliards de dinars, tel est le budget alloué par la loi de finances
au ministère de l’Education dans le cadre de l’actuel exercice. Un
pactole jamais égalé depuis l’indépendance. Mais M. Benbouzid, ne
l’estime pas suffisant pour la prise en charge de la totalité des
besoins exprimés par un secteur aussi gigantesque. Le ministre de
l’Education qui répondait hier aux questions des journalistes dans
l’émission «En toute franchise» de la chaîne III, révèlera que 91%
de ce budget vont pour la masse salariale, le reste est géré, un
tant soi peu, pour améliorer les conditions de travail du personnel
de l’éducation et des scolarisés. L’invité de Mohand Saâou, a
préféré s’étaler sur les chiffres où il s’est mis à exhiber les
résultats de son «chantier de refondation». Reconnaissant qu’il ne
pouvait relever tous les défis, M. Benbouzid s’enorgueillit des
réalisations sur le registre du manuel scolaire dont la crise est
ressentie avec acuité à chaque rentrée scolaire. L’orateur s’est
défendu en disant que les choses se sont de plus en plus améliorées
et si problème il y a, ce n’est pas dans la disponibilité, puisque
pas moins de six entreprises publiques, dont l’ONPS, produisent 53
millions d’unités, tous niveaux confondus, en 2006 et 65 millions
pour 2007, mais l’acheminement et la distribution font défaut à
cette disponibilité. En tournée dans les wilayas du Sud comme Illizi,
Adrar et Ghardaïa, Benbouzid s’estime satisfait du constat positif,
du fait que tous les élèves de ces régions, cités en exemple, ont eu
leurs lots de livres. «Ce n’est pas le cas à Boumerdès et à Alger».
Pourquoi ? La réponse est aussi succincte et
franche : «Cela
relève de la compétence des chefs d’établissement». L’estocade est
bien portée sur le maillon faible de la gestion d’un secteur
névralgique comme l’éducation – chargé de satisfaire les besoins de
8 millions d’écoliers – qui trouve une bonne raison pour gonfler les
chiffres de la déperdition. «Mais que font les directeurs de
l’éducation, Monsieur le ministre ?»
On le saura
peut-être le 9 octobre prochain, lors du bilan de la rentrée avec
les premiers responsables de l’éducation wilayal.
C’est-à-dire un
mois après la rentrée. Concernant les fuites de sujets aux examens,
le ministre dit ne pas en avoir la moindre preuve.
Salah Bey
Haut
Selon un rapport de la Banque mondiale
Alger au bord
de la catastrophe écologique
Une odeur de
mazout dans l’eau potable ? Ce n’est rien par rapport à ce que les
Algérois ne savent pas encore. Selon une récente étude conjointe de
la Banque mondiale et du ministère de l’Environnement, les estivants
se sont baignés cet été dans une eau où le taux des produits issus
des industries chimiques et des métaux lourds est dangereusement
élevé. A Oued El Harrach, ce sont tout simplement de l’arsenic et du
mercure qui dominent les «eaux». Et ce n’est pas tout, car le
constat général est alarmant et les pertes sont à tous les niveaux :
santé, ressources naturelles, tourisme, pêche, terres agricoles,
loisirs, écosystème, ressources en eau souterraine, oiseaux et autre
faune, stocks de poisson commercial, sans compter les valeurs
esthétiques, culturelles et des paysages. Les risques de maladies
hydriques sont de trois fois supérieurs à ceux d’une ville d’Europe.
Ce rapport,
intitulé : «Le coût de la dégradation de l’environnement côtier en
Algérie», date de décembre 2005, et prenant la capitale comme zone
pilote, n’a jamais été rendu public.
L’objectif de
l’étude a été de renforcer la capacité d’évaluation des coûts de la
dégradation environnementale dans les zones côtières, en analysant
la manière dont les coûts de la dégradation environnementale
s’accumulent dans une région donnée. Les sept communes côtières de
l’est de la communauté urbaine algéroise constituent la zone d’étude
pilote de ce projet. Dans cette zone pilote, il existe des segments
de côtes très dégradées et d’autres zones qui sont restées
préservées. L’étude met en évidence une urbanisation incontrôlée qui
constitue la principale source des dommages environnementaux et, par
conséquent, des coûts qui en résultent. L’urbanisation est associée
à d’autres facteurs responsables du coût des dommages tels que la
pollution de l’air et marine et celle de l’eau ainsi qu’aux déchets,
qui contribuent à des coûts significatifs de la dégradation
environnementale. Au total, les coûts représentent de 3 à 8% du PIB
de la zone pilote, en supposant que le PIB est dans la moyenne
nationale.
«Les effets sur la
santé sont très importants pour le coût total. Comme les coûts de
santé sont liés au PIB, leur importance relative augmente lorsque
que l’on prend en compte des PIB plus élevés pour la zone. Les coûts
pour la santé attirent l’attention sur la nécessité d’une bonne
épuration des eaux, sur les moyens de réduire la pollution
atmosphérique et les moyens permettant de réduire les risques pour
la santé associés aux décharges», souligne le rapport.
La proximité
proche d’Alger se traduit par une forte densité de la population
dans la zone pilote avec une moyenne de 3 197 habitants/km². La
population totale est de 313 471 habitants, avec 287 412 vivant dans
les régions urbaines et 26 065 dans les régions rurales. La région
inclut des régions urbaines et industrielles denses, en particulier
à El-Mohammadia et à Bordj El Kiffan, mais aussi aux alentours de
Réghaïa. Au total, l’on compte les communes de Réghaïa, Heraoua, Aïn
Taya, El Marsa, Bordj El Bahri, Bordj El Kiffan et El Mohammadia.
Les régions rurales et agricoles se trouvent dans les autres
communes, mais les développements urbains sont en expansion rapide.
La région pilote est, à cause de la zone de drainage, affectée par
un ensemble général d’industries, y compris les industries hautement
polluantes tel que les travaux du galvanisation, les industries
chimiques, les industries du papier, les industries pétrolières et
les industries médicales, avec des émissions de métaux lourds,
hydrocarbures et matière organique. À la frontière ouest de la
région pilote (Oued El Harrach), les normes de la protection de
l’environnement sont dépassées par le mercure, le cuivre, le plomb,
le nickel, l’arsenic, le cadmium et le chrome. Par exemple, le
niveau de sédiment du mercure est de presque 200, le Seuil Apparent
des Effets (SAE) est de 0,56 microgramme/kg poids brut sur lequel
les effets biologiques ont toujours été observés. Dans la région
pilote et sa périphérie immédiate, sont localisées d’importantes
unités industrielles agro-alimentaires avec des émissions
considérables de matière organique.
D’El Mohammadia
à Bordj El Kiffan
Au plan sanitaire,
le rapport tire la sonnette d’alarme. L’on relève que les coûts
économiques considérables dûs aux maladies, probablement aussi à la
pathologie supplémentaire et à la mortalité, trouvent dans leur
origine plusieurs facteurs. D’abord, la qualité de l’air inférieure
causée par les émissions industrielles et la circulation automobile.
A Réghaïa, des fréquences élevées d’asthme (20% au-dessus de la
moyenne) et des allergies ont été enregistrées (entrevue avec les
autorités, (17/5/2005); dans la région pilote, 38 937 consultations
médicales ont été enregistrées par année en rapport avec les
infections respiratoires aiguës chez les enfants entre 0-5 ans, soit
52% de toutes les consultations médicales parmi les enfants de cet
tranche d’âge dans la région pilote.
Autre élément, la
faible qualité de l’eau de baignade causée par la pollution. En
2004, en saison estivale (juin-août), approximativement 40% des
plages étaient partiellement fermées à cause des niveaux de
pollution qui dépassent les niveaux sûrs. Mais, bien
qu’«officiellement fermées, les plages ont néanmoins été utilisées,
menant à une augmentation de fréquence des maladies hydriques»,
est-il noté. Les plages ouvertes restantes recevaient
approximativement
2 millions de
visiteurs par jour durant l’été 2004 (données du ministère de
l’Environnement (15 mai 2005). A cause d’une forte densité de la
population à El-Mohammadia et à Bordj El Kiffan, les rivages de la
mer continuent à attirer un nombre relativement élevé de visiteurs,
en dépit de la dégradation entière des plages, suite à l’érosion
sévère et à la pollution.
De plus, le
rapport insiste sur l’eau potable qui est parfois de faible qualité.
Pour ceux qui dépendent des puits, les problèmes avec les réservoirs
septiques sont communs. Au début de l’année 2005, à Réghaïa, une
boulangerie a été fermée à cause du foisonnement de bactéries
détecté dans l’eau utilisée ; à Aïn Taya, des cas de typhoïde ont
été enregistrés en 2005 (entrevue avec la commune de Réghaïa le 17
mai 2005). Il existe aussi des risques considérables associés à la
proximité entre les égouts et les conduites d’eau potable. Et, en
conséquence des maladies à transmission hydrique, plusieurs
kilomètres de conduites ont dû être remplacés à Alger.
Il reste que l’eau
de qualité inférieure est utilisée pour l’irrigation dans
l’agriculture. En été, le Lac de Réghaïa est effectivement une
cuvette d’eau d’égout pour les eaux usées non traitées et son eau
est utilisée pour irriguer l’agriculture environnante.
La typhoïde et
la dysenterie
En 2004, les
maladies associées à la qualité et l’hygiène faible de l’eau ont été
enregistrées dans la région pilote. Celles-ci ont provoqué trois cas
de fièvre typhoïde et quatre cas de dysenterie. Dans la tranche
d’âge 0-5, 978 cas de diarrhée (923 cas faibles, 51 cas modérés et
quatre (04) cas sévères) ont été enregistrés en 2004 dans la région
pilote (source : direction de la Santé de la wilaya d’Alger, 2004).
La région pilote regroupe 13% de tous les cas enregistrés dans la
wilaya d’Alger. Dans les pays industrialisés, le taux de la
fréquence de fièvre typhoïde est typiquement entre 0,12 et 0,3 par
100 000 habitants, alors que la région pilote possède un niveau
approximatif de 1 par 100 000 habitants, indiquant au moins trois
fois le risque. En outre, la fréquence de la fièvre typhoïde est
plus haute dans la région pilote que de la moyenne de la wilaya,
indiquant des problèmes particuliers avec les maladies à
transmission hydrique.
«C’est possible
que la pollution extrême de l’oued El Harrach puisse causer des
maladies en rapport avec la pollution par le métal lourd»,
s’interroge le rapport. Mais comment y répondre ? «Il n’y a pas
d’informations sur la fréquence possible de la maladie. Il n’existe
pas une investigation systématique des causes environnementales de
maladies ou de décès comme il est difficile d’exprimer le degré
d’amplification que peut avoir un environnement dégradé sur un sujet
déjà atteint d’une affection quelconque», est-il encore relevé avec
une pointe de regret.
Du tourisme ?
Dans le tourisme,
les pertes peuvent survenir à cause de la baisse des taux
d’occupation, dans les hôtels qui servent le tourisme vacancier.
Interviewés par les rédacteur du rapport de la Banque mondiale, les
représentants d’hôtels à Aïn Taya et à Bordj El Kiffan, ont signalé
que «les pertes directes en tourisme sont dûes à la dégradation de
l’environnement ; on a vu un lien direct entre la faible gestion des
déchets et le manque d’accès aux plages de qualité acceptable et la
rentabilité de l’hôtel». Un autre représentant avait confirmé «le
manque d’investissements majeurs à cause des incertitudes liées à la
qualité de l’eau de mer. Les pertes des plages sont aussi une cause
qui a affecté les affaires négativement». Sur la base des
déclarations de propriétaires d’hôtels, le taux de l’occupation
augmenterait de 20 à 30% si la pollution côtière et les problèmes de
litière n’existaient pas. Les plages fermées n’offrent pas
d’occasion pour le revenu aux activités qui servent le tourisme de
plage. En partie, ces pertes sont dédommagées par un usage plus
intensif des plages ouvertes, avec un coût supplémentaire de
transport, mais c’est aussi possible qu’il y ait une perte absolue.
Pourtant, la
région devrait, à cause de sa proximité de la capitale, offrir
plusieurs occasions pour développer la mer et la plage destinées au
tourisme, mais une grande fraction de ces occasions a été perdue à
cause de l’érosion et de la pollution. Au total, le montant des
pertes directes est de 0,77-0,38 du PIB. Les niveaux sont assez
élevés bien que le tourisme ne soit pas une activité majeure en
Algérie. «Cependant, la région pilote possède un grand potentiel que
la dégradation actuelle a détruit», est-il souligné dans ce
chapitre.
La crevette
rouge n’est plus
L’activité de la
pêche dans la zone pilote a enregistré trois types de pertes :
celles qui sont dûes à la pollution de la région proche qui rend les
prises invendables et exige une distance de pêche très longue, les
pertes de production et de productivité biologiques (poissons,
crustacés,…) dûes à la détérioration des prairies de Posidonie et
enfin les pertes de productivité dûes à la pollution des oueds. Pour
une journée de pêche, le voyage supplémentaire par bateau de pêche
peut dépasser 100 kilomètres. En plus du coût de l’environnement, on
enregistre aussi les pertes du temps de travail et les coûts du
combustible. Il y a lieu de considérer que la ressource elle-même,
telle que la crevette rouge, fuit les fonds côtiers et se retrouve à
des profondeurs de plus de 400- 500 m, obligeant les chalutiers a
prendre plus de «risques» (pêche au large, moyens plus coûteux,
pertes de chaluts, temps de pêche et effort de pêche plus
importants). Un chiffre indicatif montre que les pertes dans les
pêches correspondent à 0,19-0,05% du PIB. Le plus haut chiffre est
plus vraisemblable parce qu’il n’a pas été possible de fournir un
chiffre pour les pertes relatives aux zones de culture et les
régions des pépinières des rivières et sur le long des rivages dans
la région pilote entre oued El Harrach et El Marsa.
Les chalutiers du
secteur algérois exploitent, durant toute l’année, des fonds situés
entre 200 et 400 m de profondeur à la recherche de deux espèces de
crevettes profondes d’intérêt économique (Aristeus antennatus et
Parapenaeus longirostris). La faune associée à ces deux crevettes
comprend de nombreuses espèces qui, compte tenu de l’exploitation
intense de ces fonds, se trouvent en danger. On note une diminution
sensible de la taille de plusieurs espèces et une absence de plus en
plus marquée pour d’autres de M. Poutassou dans les apports. De
plus, la dernière évaluation des ressources halieutiques de la côte
algérienne (mars 2003) réalisée pour le compte du ministère de la
Pêche et des Ressources halieutiques montre, pour les espèces à
forte valeur commerciale (comme le rouget), que les rendements sont
les plus faibles de toute la côte algérienne. Ce constat est
d’autant plus marqué pour les espèces à très forte valeur
commerciale, telle la crevette, probablement en rapport avec les
caractéristiques du stock lui même mais les facteurs de
surexploitation et de pollution du milieu seraient en partie
responsable de cette situation.
Ni agriculture,
ni loisirs
Les rendements
agricoles ont été perdus à cause de l’urbanisation. Dans la commune
de Réghaïa, par exemple, sur les trois années passées, entre 30 et
60 hectares de terres agricoles sont perdus par an. Dans les régions
pilotes, approximativement 1 800 hectares de terre agricole ont été
convertis à d’autres usages entre 1987 et 1997. Cela suggère que le
coût de l’environnement a atteint des niveaux qui correspondent à
0,36-0,43 du PIB.
De même, les biens
publics ont été perdus à cause du déclin dans deux aires de loisirs
aussi bien que dans plusieurs types des services de l’écosystème.
Autrement, les
pertes des loisirs ont éveillé à la fois à cause de la perte des
plages et la perte des espaces verts terrestres (côtiers).
Approximativement 40% des plages dans la région pilote ont été
perdus à cause de la pollution et de l’érosion. Parce que les plages
perdues sont à proximité de la partie la plus urbanisée de la région
pilote, plus de 40% des visiteurs des plages existantes pourraient
se déplacer plus loin si les plages sont en condition acceptable.
La longueur totale
des plages sablonneuses dans la région pilote est d’environ 18 km.
Les plages restantes sont soumises à une lourde pression (bien
qu’une partie des visiteurs domiciliée dans la région ne fréquente
pas du tout les plages de la région pilote et quelques visiteurs se
rendent sur des plages plus éloignées). Pendant la saison estivale,
le nombre de visiteurs de la région pilote avoisine les 1-5
visiteurs par mètre de littoral/jour. Il y a environ 2 millions de
visiteurs jour/an aux plages sablonneuses qui sont ouvertes pour
l’instant. Les rivières (oueds) de la région pilote sont très
polluées et l’odeur résultante montre que les régions du voisinage
ne peuvent pas être utilisées à l’habitat à un niveau acceptable. Le
lac de Réghaïa est si sévèrement pollué pendant l’été qu’il émet,
aussi, une forte odeur.
Dans la wilaya
d’Alger, la plupart des régions de l’eau ont été perdues à cause de
la pollution (décharge d’ordures, pollution de l’huile, fosses
septiques) et salinisation ou autre forme de surexploitation.
L’usage d’eau
potable dans la totalité de la région pilote est à approximativement
0,2 m³/personne/jour (313 500 personnes = 63 000 m³ /jour). A
présent, approximativement 60% de cette eau émanent des réservoirs à
un coût supplémentaire de 10-15 DA/m³.
De plus, 1 500
m³/jour émanent des installations de dessalement à un prix
approximatif de 60 DA/m³, ou à un coût supplémentaire de 40-45
DA/m³.
La perte de la
provision en eau est une perte considérable dans la région. Exemple
: «L’eau du lac de Réghaïa a aussi été utilisée pour l’irrigation
alors qu’elle est polluée. Ainsi, il est possible qu’il y ait un
danger pour la santé si l’eau est utilisée pour irriguer les
légumes, ce qui cause une perte directe. L’eau de l’irrigation ne
peut pas être prise du lac, l’eau du robinet est recommandée»,
est-il relevé.
Nabil Benali
Haut
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