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Tabou

 

 

 18/10/06

 

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En Grande-Bretagne, le débat prend de l’ampleur et risque d’écraser ceux qui l’ont provoqué. La polémique sur le port du voile islamique est devenu un véritable sujet de société chez les Britanniques, surtout parmi les politiciens. Le sujet est délicat et beaucoup peuvent

y perdre de leur influence. En effet, en Grande-Bretagne, les lobbys musulmans sont devenus si puissants que rares sont ceux qui peuvent encore s’opposer à eux. Bien sûr, après les attentats du 7 juillet 2005, un certain nombre de mesures avaient été prises pour limiter le pouvoir relatif de certaines associations musulmanes jugées extrémistes ; mais n’est-il pas trop tard ? Une affaire vient encore compliquer les choses. Une enseignante qui se couvrait entièrement le visage d’un voile a été renvoyée après qu’elle ait refusé de le retirer. Genèse de cette histoire : certains élèves (en grande majorité musulmans) se sont plaints de ne pas comprendre les cours d’anglais de l’enseignante. Aujourd’hui, la jeune femme a saisi la justice et les politiques se retrouvent dans l’obligation d’intervenir. Celui qui a réveillé la polémique, il y a quelques mois de cela, Jack Straw ex-ministre des Affaires étrangères, s’est, lui, dès le départ, positionné contre le port du voile. Tony Blair, pour sa part, tente de temporiser et rappelle qu’avant tout, le voile reste et restera un «choix personnel».

Rien ne prédisposait la Grande-Bretagne à polémiquer sur ce genre de sujets mais les attentats islamistes perpétrés sur le sol britannique ont relativisé bon nombre de leurs préjugés sur la question. Le débat s’envenime et certaines associations musulmanes sont mises à l’index. Mais un débat de l’ampleur de celui qui a eu lieu en France est très peu envisageable. La société britannique étant essentiellement basée sur le communautarisme, un débat visant à le détruire reviendrait à déstabiliser, voire détruire la société dans son ensemble.

Fouzia Mahmoudi

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