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Tabou
En
Grande-Bretagne, le débat prend de l’ampleur et risque d’écraser
ceux qui l’ont provoqué. La polémique sur le port du voile islamique
est devenu un véritable sujet de société chez les Britanniques,
surtout parmi les politiciens. Le sujet est délicat et beaucoup
peuvent
y perdre de leur
influence. En effet, en Grande-Bretagne, les lobbys musulmans sont
devenus si puissants que rares sont ceux qui peuvent encore
s’opposer à eux. Bien sûr, après les attentats du 7 juillet 2005, un
certain nombre de mesures avaient été prises pour limiter le pouvoir
relatif de certaines associations musulmanes jugées extrémistes ;
mais n’est-il pas trop tard ? Une affaire vient encore compliquer
les choses. Une enseignante qui se couvrait entièrement le visage
d’un voile a été renvoyée après qu’elle ait refusé de le retirer.
Genèse de cette histoire : certains élèves (en grande majorité
musulmans) se sont plaints de ne pas comprendre les cours d’anglais
de l’enseignante. Aujourd’hui, la jeune femme a saisi la justice et
les politiques se retrouvent dans l’obligation d’intervenir. Celui
qui a réveillé la polémique, il y a quelques mois de cela, Jack
Straw ex-ministre des Affaires étrangères, s’est, lui, dès le
départ, positionné contre le port du voile. Tony Blair, pour sa
part, tente de temporiser et rappelle qu’avant tout, le voile reste
et restera un «choix personnel».
Rien ne
prédisposait la Grande-Bretagne à polémiquer sur ce genre de sujets
mais les attentats islamistes perpétrés sur le sol britannique ont
relativisé bon nombre de leurs préjugés sur la question. Le débat
s’envenime et certaines associations musulmanes sont mises à
l’index. Mais un débat de l’ampleur de celui qui a eu lieu en France
est très peu envisageable. La société britannique étant
essentiellement basée sur le communautarisme, un débat visant à le
détruire reviendrait à déstabiliser, voire détruire la société dans
son ensemble.
Fouzia Mahmoudi
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