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Secteur de la communication

Un nouveau paysage médiatique

Mohamed Djemaâ (MSP) au Jour d’Algérie

«Il n’y a aucune circulaire de la fitna»

Éducation nationale

Une deuxième session du bac ?

L’UNJA gagnée par la mode du «redressement» 

Nouvelles accusations contre le SG

Redéploiement du RND

Ouyahia animera des meetings  

Conventions de branches

Un autre rendez vous ce samedi

Salaires impayés

15 000 travailleurs payés sur les 37000

PRA

Abderrazak Smaïl écarté

 

Enquête

Réghaïa

Un wali délégué au-dessus de la loi

Ahmed Mekhloufi, Vice-président de l’apc de réghaia

«Les ministères de l’Intérieur et de la Justice doivent agir»

 

Reportage

La filière pomme de terre en crise profonde

L’Etat doit prendre ses responsabilités

Commentaire

La patate se rebiffe !

 

 18/10/06

 

Secteur de la communication

Un nouveau paysage médiatique

L’avènement de Hachemi Djiar à la tête du département de la Communication a-t-il sonné le glas de l’ère qui prévalait au sein du secteur avant sa nomination ?

L’homme en tous les cas semble décidé à donner un coup de pied dans la fourmilière en introduisant quelques changements qu’il espère qualitatifs. Et si le ministre sait qu’il ne pourra pas changer grand-chose à la situation qui prévaut au sein du secteur privé, si ce n’est l’aide qu’il pourrait apporter aux journalistes y exerçant en leur donnant la possibilité d’améliorer leur niveau en prenant en main leur formation, il reste qu’il en est autrement du secteur public. Dans sa stratégie, avouée du reste, Djiar ne s’en cache pas de vouloir redonner aux médias publics audiovisuels ou écrits une nouvelle dimension en les incitant à réaliser et donc présenter un travail de qualité. Il estime, à juste raison qu’à l’avenir, c’est par cette seule arme qu’il sera possible aux médias publics, de concurrencer les médias étrangers et les titres privés, du moins certains d’entre eux, devenus à tort une référence dans le traitement de l’information. Dans une récente directive élaborée, à ne pas en douter sur la base de l’évaluation faite par le premier responsable du secteur, le président de la République a demandé à l’ensemble des directeurs des entreprises relevant de la tutelle de Djiar de «réviser leur organisation, leurs techniques et leurs pratiques de gestion devenues, à bien des égards obsolètes et contre-productives», Abdelaziz Bouteflika estimant que «la capacité de ces entreprises doit reposer sur une organisation rigoureuse, des règles managériales bien établies, des objectifs bien définis, des contenus élaborés et une bonne gestion des ressources humaines». C’est dire que le constat établi est loin d’être reluisant et que surtout il n’est plus adapté à la nouvelle situation qui se dessine. En effet, depuis mai 2005, date à laquelle il a quitté son poste à la présidence pour occuper celui de ministre de la Communication, El Hachemi Djiar donne l’impression d’être venu avec des idées en tête. A moins qu’il ne soit simplement porteur d’un projet d’une réforme du secteur. Une réforme qui viserait à relancer la communication publique et réhabiliter, par voie de conséquence, ses vecteurs. Il est permis de le supposer car désormais les responsables des entreprises sous tutelle sont tenus de se (re)mettre «sous la tutelle complète et totale du ministère». Mieux encore, ils sont tenus «par une obligation de résultat dans le cadre de la politique de réforme» du secteur. C’est surtout la preuve que du côté des pouvoirs publics on ne veut plus s’accommoder de la présence d’entreprises étatiques budgétivores sans une quelconque contrepartie. Il n’est en effet, un secret pour personne, que les médias publics ont perdu toute crédibilité et n’ont de ce fait aucun impact sur l’opinion publique. Si pendant de longues années , les pouvoirs publics ne pouvaient que se rendre à cette évidence, il en est autrement aujourd’hui, à la faveur des changements intervenus sur tous les plans de la vie nationale. D’autant que les leçons de cette gestion médiatique de ce récent passé ont été retenues.

Revaloriser l’info de proximité

Ainsi, il ne s’agit pas pour les pouvoirs publics de reproduire les mêmes erreurs qui sont à l’origine de la désaffection des médias publics. En fait, la nouvelle stratégie de communication retenue consiste à donner à l’opinion publique, à travers les médias publics, ce plus qualitatif et ce petit chouia de crédibilité qui font la différence. Et qui, surtout, leur permettront de rattraper le retard accumulé. Le pari est-il difficile à tenir ? Non en fait, c’est jouable. Et le jeu en vaut la chandelle car à moyen terme, l’aura acquise par certains titres privés, disparaîtra. Le premier axe sur lequel travaille le ministère est l’information de proximité. C’est dans cette optique que des instructions avaient été données il y a de cela plus d’une année, aux différentes radios locales en vue de créer leurs propres forums. Le lancement tout dernièrement du forum de la radio d’El Bhadja et encore celui de la radio locale de Béchar dénotent de l’application, même tardive, de cette instruction. Le projet de lancement de nouvelles publications obéirait également à cette stratégie. Mais de là à croire que la refondation ne touchera que les médias publics pourrait être une erreur. En effet, si l’on se fie au coup de pouce qui est donné actuellement à un nouveau titre arabophone dont on veut booster le tirage pour en faire le nouveau leader des ventes ou encore le recentrage de la ligne éditoriale de quelques titres de langue française, on est amené à croire que la remodelage du paysage médiatique est en cours.          

Nadia Kerraz 

 

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Mohamed Djemaâ (MSP) au Jour d’Algérie

«Il n’y a aucune circulaire de la fitna»

Le chargé à l’information du MSP essaye d’expliquer dans ce bref entretien les tenants et aboutissants de l’idée de limiter la députation à deux mandats, infirmant la présence de circulaire dans ce sens. Selon lui, la réflexion qui mérite débat n’est qu’une idée exprimée par Abou Djerra Soltani pour expliquer les mérites de l’alternance au pouvoir y compris au sein du Mouvement pour la société de la paix.

 

M. Djemaâ, le président du MSP est, à en croire ses dernières déclarations, contre la reconduction des députés pour un troisième mandat. Qu’en est-il exactement ?

En effet, cheikh Abou Djerra Soltani a souhaité que les doubles mandataires ne se présenteraient pas à un troisième mandant et ce, pour asseoir la tradition d’alternance et ouvrir la voie aux jeunes cadres du MSP pour émerger. Le MSP prône, par la voix de son président, «une véritable alternance au pouvoir et non le pouvoir tournant» comme il est établi actuellement. Donc M. Soltani est en droite ligne avec la logique de l’alternance y compris à l’intérieur du mouvement qu’il préside.

 

C’est aussi une manière de casser les monopoles ; qu’en pensez-vous?

Si vous voulez, car l’idée porte en soi une logique novatrice. Mais chacun a ses arguments.

Il semble que la circulaire interne en la matière a soulevé un tollé général à travers la vague de colère parmi les députés concernés qui s’y sont fermement opposés. Cela risque de faire tache  d’huile au sein du mouvement et la fronde est déjà à pied d’œuvre, n’est-ce pas ?

Il n’y a aucune circulaire interne dans ce sens. Car pour ce faire, une décision quelconque doit avoir l’aval du bureau politique. Ce dernier n’a même pas discuté la question. Seulement, le cheikh Soltani a émis le souhait que les doublants et triplants  doivent laisser place aux jeunes cadres du mouvement qui sont légion et leur donner la chance d’émerger. Il n’y a lieu de parler d’aucune fronde ni de fitna au MSP. Tout ce qu’il y a est un échange d’idées argumentées, sans plus.

 

Une grande polémique s’est installée pourtant ?

D’abord, je te confirme qu’il n’y a aucune polémique. Le président du mouvement a émis une réflexion. De quoi plus normal de s’exprimer démocratiquement de sujets qui intéresse la bonne santé du parti. La réflexion n’a pas dépassé le cadre d’idée.

 

La riposte du député de Boumerdès, Nacer Salem Chérif, confirme la logique d’opposition à toute idée venant de M. Soltani ?

L’idée en fait est matière à débat et non à la polémique. M. Salem Chérif  est libre de s’exprimer et dire ce qu’il veut sauf qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter ou polémiquer puisque la question ne le mérite pas. La réponse du député de Boumerdès a été mal répercutée par la presse qui amplifie les choses. Or elle contient elle aussi l’idée de laisser le libre choix aux bureaux de wilayas de statuer sur des cas précis. Les bureaux de wilayas très au fait des chances des uns et des autres au niveau local et connaissent, selon lui, mieux la place, le poids et la compétence de chacun surtout que la compétition entre partis politiques est impitoyable. Le débat est d’ores et déjà installé.

 

Combien de députés sont-ils concernés par cette mesure si le bureau politique la retiendra ?

Ils ne sont que 25 députés parmi les 39 qui siègent actuellement à l’APN.

 

Ça peut toucher aussi les mandataires locaux au niveau des APC et APW ?

Cela est une autre paire de manches, mais il n’en est rien pour le moment.

Propos recueillis

par Salah Bey

 

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Éducation nationale

Une deuxième session du bac ?

Depuis la rentrée, une forte rumeur circule dans le milieu enseignant des différents établissements scolaires du pays, disant qu’il y aurait une deuxième session du baccalauréat, cette année. Selon les enseignants, cette initiative s’expliquerait par le fait que dès l’année prochaine, seront introduits de nouveaux programmes d’études pour les classes de troisième année secondaire, une mesure prise dans le cadre de la réforme du système éducatif. Ainsi, les élèves qui échouent à cet examen ou ceux qui redoublent leur année ne pourraient plus suivre les nouveaux cours. A cela s’ajoute le fait que même les programmes de première et deuxième année secondaire ne sont plus les mêmes ; ils ont également été changés. Un véritable dilemme qui cherche solution. Les enseignants s’inquiètent et se demandent quel sera le sort réservé à ces élèves. Cette information est confortée par le fait que cette année, des sessions de rattrapage ont été organisées du 8 au 29 septembre au profit des élèves de deuxième année secondaire. Pourquoi pas

alors pour les élèves de terminale ? Pour tenter de répondre à ces interrogations et avoir de plus amples informations, nous avons tenté de joindre, toute la journée d’hier, des responsables du ministère de l’Education nationale. Ils étaient tous absents ou en réunion et personne n’était disponible. Nous avons également contacté les différents syndicats de l’éducation pour avoir d’autres détails, mais ces derniers n’ont pu nous fournir aucune information, car ils n’en savent rien. «Cette rumeur circule depuis la rentrée mais nous ne savons rien. Pas plus que vous. Seul le ministère peut prendre une décision car nos revendications restent socioprofessionnelles», indique Ahmed Ider, le secrétaire général de l’Union nationale des professionnels de l’enseignement et de la formation (UNPEF). Le président du Conseil des lycées d’Alger dira, pour sa part, que son syndicat n’a pas été saisi et que le ministère de l’Education ne les informe jamais, même quand il prend de telles mesures. Tout ce que l’on sait, c’est que le ministre  avait affirmé, lors de ses récentes sorties, qu’il n’y aura jamais de deuxième session du baccalauréat, car une telle démarche exige beaucoup de moyens et de préparation. Y aurait-il changement de programme ?   

Irane Belkhedim

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L’UNJA gagnée par la mode du «redressement» 

Nouvelles accusations contre le SG

Encore  du remous à l’intérieur de l’Union nationale de la jeunesse algérienne UNJA.

Dans une lettre adressée à la presse, Noui Brahim, un membre du secrétariat national et secrétaire  de la wilaya de Tébessa désavoue «la mauvaise gestion du secrétaire générale de l’union, Mohamed Madani» qu’il taxe même de «mercenaire» et lui impute la «dégradation de la situation au sein de l’union». Noui Brahim accuse même Madani Mohamed de «passer outre le règlement intérieur en se l’appropriant avec certains de ses protégés et de verser dans l’intimidation de certains cadres en les  poursuivant en justice», lit-on encore dans sa lettre.  De ce fait, il lance à travers sa correspondance un appel à l’ensemble des cadres de l’union, les invitant à «réagir en urgence et à mettre un terme aux agissements de ce mercenaire». Cette lettre est aussi appuyée par un second communiqué adressé à notre rédaction par Dahmani Mohamed, le porte-parole du mouvement redresseur de l’UNJA, lequel dénonce à son tour «les dépassements du secrétaire général de l’Union». Contacté à ce propos,  Madani Mohamed a tenu à préciser que Noui Brahim qui a été déjà évincé par le secrétariat de wilaya de Tébessa, où il a semé dès le départ la zizanie et a été rejeté par l’ensemble des mem-bres de bureau, est un cadre qui «n’a jamais assisté à aucune réunion et aucune activité et que par conséquent, la loi exige son exclusion du bureau national au bout de trois absences non justifiées». Cela dit, il a ajouté qu’«il serait plus judicieux pour celui qui l’accuse de se désavouer lui-même et de commencer par assumer ses responsabilités, d’autant plus qu’il doit comparaître dans les 15 prochains jours devant la commission disciplinaire qui doit rendre son verdict le concernant».

Aussi il s’est interrogé sur le fait que «ces accusations et ce désavouement  surgissent précisément maintenant ? Et que Noui aurait dû réagir il y a une année de cela et même un peu plus tôt». Pour le cas Dahmani, le SG de l’UNJA «a tenu à préciser qu’aucune poursuite judiciaire n’a été intentée contre qui que ce soit parmi les cadres et que même plus de six affaires ont été stoppées suite à sa propre demande». «Dahmani que nous avons installé à la tête de la commission des étudiants alors qu’il n’a même pas rempli correctement ses fonctions. Lorsqu’il a été question de son retrait, il a refusé toute passation de consignes en dehors de la justice, d’où l’affaire est devant les tribunaux suite à sa propre demande» a souligné

M. Madani. Par ailleurs et loin de la valse des accusations, le SG de l’UNJA a déclaré «que le conseil national se tiendra juste après les fêtes de l’Aïd» et que «ce sera l’occasion de débattre et de trancher tous les problèmes secondaires en suspens».        

Habiba Ghrib

 

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Redéploiement du RND

Ouyahia animera des meetings  

La réunion tenue avant-hier par les membres du conseil national du RND a été consacrée à l’examen de plusieurs points notamment ceux relevant de l’actualité nationale et des affaires intérieures du parti. Ce dernier point a été au centre des débats. Pour preuve le parti d’Ahmed Ouyahia semble très décidé à prendre en charge la situation interne de son parti qui a été très critiquée et semble connaître de sérieuses difficultés ces derniers temps. Le RND veut mettre le paquet pour la concrétisation des recommandations de la dernière session ordinaire du parti. Des recommandations qui visent essentiellement à intensifier les actions de proximité et à consolider la relation entre la direction du parti et la base. 

Le conseil national a, à cet effet, discuté des mesures à prendre dans le cadre du programme arrêté à cette occasion. Ce programme porte sur un travail de proximité que le RND compte entamer pour aller à la rencontre de ces militants. Ainsi, des rencontres de sensibilisation seront organisées avec les partisans du RND à l’occasion des meetings qui seront animés par Ahmed Ouyahia, et par les autres cadres du parti. Des réunions avec les conseils et les bureaux de wilayas seront également inscrites dans ce programme qui va s’étaler sur plusieurs mois. Le coup d’envoi de la bataille pour les prochains rendez-vous électoraux, décisives pour ce parti, semble être donné et la course sera rude. Concernant l’actualité nationale, le conseil du RND condamne les actes terroristes barbares commis ces jours et qui ont ciblé des citoyens innocents et des éléments de sécurité. «Ces actes ne vont pas diminuer des vertus de la réconciliation nationale, ni de la volonté de l’Etat déterminé à poursuivre sa lutte contre le terrorisme, ni de la nécessité de prôner la vigilance pour faire face à ce phénomène» lit-on dans le communiqué rendu public hier.

Les membres du bureau national ont, en outre, exprimé leur satisfaction quant aux résultats obtenus à l’issue de la dernière tripartite. Ces mesures, note le communiqué, «sont prises en faveur des travailleurs et de la stabilité sociale». Le même sentiment a été exprimé concernant la loi de finances 2007. «Une loi élaborée dans les mêmes objectifs que la loi de finances complémentaire qui vise à satisfaire les besoins financiers pour mener à bon bord le processus de développement économique du pays» note le communiqué du RND.   

Nouria B

 

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Conventions de branches

Un autre rendez vous ce samedi

La signature des conventions de branches et des conventions collectives prévue ce  samedi prochain au siège du ministère du Travail et de la Sécurité sociale ne concernera pas la totalité des conventions qui n’ont pas été signées entre les fédérations de l’UGTA et les SGP lors de la dernière tripartite, est-il indiqué de sources syndicales. La cérémonie sera consacrée à la signature de quelques conventions de branches pour les filières qui sont arrivées à trouver un consensus avec les partenaires sociaux concernant le volet salarial et ce, après la poursuite des négociations qualifiées de marathoniennes. Cette rencontre verra, entre autres, la signature de la convention pour le secteur des télécommunications qui a pu décrocher une hausse des salaires de 20% au profit des travailleurs. Ainsi selon ces sources syndicales les conventions collectives des grandes compagnies nationales comme Air Algérie et Sonatrach ne seront pas signées ce samedi. L’absence du P-DG d’Air Algérie est à l’origine du retard qu’ont connu les négociations dans cette entreprise. Le blocage  persiste encore au niveau de Sonatrach à cause des taux des augmentations des salaires revendiqués par une partie et proposés par une autre. Le syndicat exige une hausse entre 20 et 30%. Une proposition motivée par le rendement et le bon état financier de l’entreprise qui enregistre, chaque année, d’importants bénéfices. La direction de l’entreprise a, pour sa part, accordé des augmentations entre 5 et 10%. Ce qui a donné lieu à la nécessité de poursuivre les négociations jusqu’à ce que les deux parties trouvent un terrain d’entente.                                

N. B.

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Salaires impayés

15 000 travailleurs payés sur les 37000

La question des salaires impayés continue de susciter de moult interrogations. En effet, à quelques jours de la fin du mois sacré du ramadhan, la plus grade partie de ces travailleurs n’ont toujours pas touché leurs arriérés de salaires. Ce sont 15 000 travailleurs seulement sur les 37 000 qui ont bénéficié de l’instruction donnée par M. Temmar, ministre de la Participation et de la promotion des investissements. Les autres travailleurs ont été marginalisés et écartés de cette mesure par les entreprises et les certains SGP qui ont refusé de payer ces salaires. On se demande alors quelles sont les raisons qui ont fait que l’instruction de Temmar n’a pas été respectée par les partenaires, alors qu’il a rassuré tout le monde que 30 000 travailleurs ont eu leurs salaires durant les premiers jours de ce mois sacré ?   

N. B.

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PRA

Abderrazak Smaïl écarté

Le conseil national du Parti du renouveau algérien a élu un nouveau SG en remplacement du tonitruant AbderrazakSmaïl évincé de la direction controversée du PRA. Le conseil national réuni jeudi passé en session extraordinaire tenue au siège national a aussi pris la décision d’exclure 12 autres membres du CN, dont plusieurs proches collaborateurs du désormais ex-SG du PRA.

Les membres du CN ont plébiscité à la suite de la lecture des rapports moral et financier du parti et après avoir prononcé le retrait de confiance de l’ex-patron de la fameuse Cnag, Kamel Bensalem SG par intérim pour driver la formation jusqu’à fin 2007. Le PRA  vantait une douzaine de cadres au défunt. Ces décisions viennent entériner celles du bureau national réuni lundi 11 octobre qui a examiné un rapport accablant sur «la gestion chaotique» du PRA. Une gestion marquée par des dérives graves ayant porté  un discrédit au parti. A noter que le PRA a connu jusque-là, 5 secrétaires généraux depuis le départ de son 1er président Nourredine Boukrouh.     

Salah Bey.

 

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Enquête

Réghaïa

Un wali délégué au-dessus de la loi

Etant à l’origine de plusieurs dénonciations et révélations des pots aux roses, celui qui fut le «maître penseur» de l’hôtel de ville de Réghaia ne cesse de subir les foudres de la «nomenklatura» locale

 L’affaire a commencé en 2002, quand Ahmed Mekhloufi, vice-président chargé des affaires sociales a refusé qu'on lui impose une répartition illégale et interressée de logements sociaux, de lots de terrain et de locaux commerciaux. A présent, c'est le nouveau wali délégué fraîchement installé qui œuvre à lui supprimer toute prérogative.

Mais dès le départ, de fortes pressions s’exercent en effet sur le maire Ali Belgourai pour charger celui qui fut son bras droit dans les moments difficiles qu’il a vécus pendant la campagne de retrait de confiance de la part des 15 autres élus. Une fronde qui l’a isolé 20 mois durant et l’ont mis sur la sellette, n’était Ahmed Mekhloufi, lui-même isolé du groupe Islah. Le Tandem de choc n’aura duré qu’une année après le séisme de mai 2003. A force de jouer à l’arbitre dans le feuilleton des intrigues, le vice-président Mekhloufi s’est retrouvé en face d’un monde retourné contre lui. Il subit le revers des contentieux vécus le long des 4 ans du mandat dans une commune qui ne connaît point de répit. Le registre des rebondissements est très consistant. La trêve n’était que trop courte au lendemain des élections présidentielles. Fort de l’appui de l’ex-wali d’Alger, Mekhloufi a su gérer  le vide laissé par les 16 élus qui ont abandonné la population déchirée par le deuil et les blessures pendant plus d’une année. Abdelmalek Nourani s’est opposé, pour rappel, à une première tentative de destitution du maire et de son vice-président. Les récidivistes ne décourageaient pas, ils n’attendaient que le moment opportun pour rebondir. Les détracteurs de différentes couleurs politiques et paradoxalement alliés contre cet «encombrant», sont aux ordres des groupes d’intérêts. Ils reprennent de plus bel leur boulot de sape. Seul contre tous, celui qui devient de par son poste un élu gênant devient «un candidat» bon à éliminer par tous les moyens imaginables. Et à leurs yeux tous les moyens sont bons. Même sous la menace de mort «au nom du Gspc», il ne cédera pas aux pressions.

Le poste de vice-président et les affaires sociales tant convoités sont en gros la cause de tous les malheurs de cet élu qu’il n’a pas choisi. Et ce n’est qu’après le départ de MM. Nourani et Belharèche respectivement anciens wali d’Alger et wali délégué de Rouiba que les interlocuteurs redoublent de férocité pour monter l’ex-SG de la wilaya de Djelfa, Aboubakr Abdelmalek, promu nouveau wali délégué, contre le vice-président du P/APC de Réghaia afin de réussir leur forcing et provoquer le départ de Mekhloufi et son remplacement. Mais ce n’est qu’en 2006 que le plan d’exécution est minutieusement mis à l’œuvre.

Acte I

Septembre 2006, le directeur de l’administration locale (DAL) proposera sous décision n°2014 en date du 16 du même mois, l’annulation de la décision d’installation d’Ahmed Makhloufi au poste de vice-président à l’APC de Réghaia après quatre ans de service. Une décision vite avalisée par le nouveau  SG de la wilaya. Elle traduit une suite favorable à la correspondance du wali délégué de Rouïba du 9 juillet 2006 et connu sous la référence n°1463/06 confirmant une délibération de l’assemblée en date du 22 avril 2006. Toutefois, cette dernière avait été, dans un premier temps, refusée, le 17 mai 2006, sur une correspondance portant n°146/2006, sous prétexte que le DAL avait constaté que les élus ne distinguaient pas entre les procès-verbaux de réunion (PV) et les délibérations. Mais à la surprise générale, M. Belhaddad avait ultérieurement apposé son avis favorable en mettant la mention «lu et approuvé» sur un PV de réunion «virtuel» où on y a censuré les propos du vice-président d’Ahmed Mekhloufi, objet de cette machination comme le confirme les documents qui nous ont été présentés. Une toute curieuse question pose la problématique de l’autorité du wali (ou le wali délégué) sur une assemblée souveraine. Où s’arrête cette autorité ? Si le wali délégué est habilité à intervenir en cas de blocage et demander la recomposition du bureau de l’Assemblée, a-t-il le droit de désigner, voire imposer, lui-même la personne de son choix? D’autant que de tels agissements ne sont pas tolérés par la loi qui prévoit ce genre de comportement. «Y aurait-il connivence ?» s’interroge Ahmed Mekhloufi.

Acte II

Le plus ennuyeux dans toute cette histoire, c’est que le wali délégué a désigné au poste du chargé des affaires  sociales, le nommé R. B. ex-vice président et membre de la commission de distribution de logement. Ce dernier était poursuivi par la justice puis condamné à une année de prison avec sursis par la cour de Boumerdès pour outrage à la propriété d’autrui, délit réprimé par l’article 386 du code pénal. Ce verdict sera confirmé par la cour de Boumerdès en date du 25 juillet 2006 sous le n°684/06, après une cassation du procureur général. L’élu appuyé par le wali délégué de Rouiba, du P/APC de Réghaïa et du DAL, est condamné pour avoir distribué, en fin du mandat 1997-2002, pas moins de 250 décisions d’attribution de lots de terrain domanial et autres aires n’appartenant pas à l’APC de Réghaia, sur une superficie totale de 117 136 m2 et 357 décisions de logements dont 100 évolutifs et des kiosques attribués pour la majorité à des amis ou proches, comme il est notifié sur le document portant jugement du 25 juillet 2006 de la cour de Boumerdès. Le DAL, et pour parachever une aussi délicate démarche aurait, selon M. Mekhloufi, refusé de réceptionner le jugement définitif qui lui a été destiné pour gagner une avancée faisant en sorte d’ignorer la présence d’un tel document. La voie hiérarchique est-elle aussi bloquée puisque le maire aurait refusé lui aussi de transmettre le jugement au DAL. Prenant son mal en patience, Ahmed Mekhloufi s’est chargé lui-même de le transmettre en mains propres au wali délégué. Mais «le DAL m’a reçu dans le couloir et m’a rétorqué qu’il était sous pression et que nous étions une APC à problèmes et m’a renvoyé vers le wali délégué» explique Ahmed Mekhloufi. «D’ou vient cette pression si ce n’est du wali délégué ?» s’interroge-t-il. Ce dernier a signifié une fin de non recevoir à la demande d’audience de A. Mekhloufi, demande cinq fois renouvelée. «Y aurait-il encore une complicité entre le wali délégué et le DAL ?», s’interroge encore le vice-président des affaires sociales.

Le faux pas...

«Si le wali délégué aurait agi pour me piéger et accélérer mon départ en demandant la recomposition de l’assemblée conformément à la loi en vigueur, l’attitude serait pour le moins compréhensible. Mais intervenir pour interférer dans la souveraineté de l’assemblée et imposer sur injonction directe une personne déjà condamnée, voilà qui ne passera pas», annonce encore A. Mekhloufi. Même si la gestion de l’Assemblée populaire communale est affaiblie  par la division et favorise le jeu d’alliances contre alliances et autres affinités, le wali délégué est en passe d’enfreindre la loi. Il s’inscrit même en faux par cet agissement, en nette contradiction avec les articles 32 et 33 de la loi 90/09 relative aux communes. Les articles en question stipulent qu’«en cas de condamnation par la justice, l’élu est relevé de ses fonctions par le wali». Or, paradoxalement, on assiste à une promotion d’un ex-condamné par la justice au poste de vice-président dûment occupé et rempli par Ahmed Mekhloufi à sept mois de la fin du mandat ! Une attitude qui suscite beaucoup d’interrogations. «Que signifie alors ce choix porté sur ce condamné parmi 15 élus ?» s’interroge le plaignant a. Mekhloufi. Et pourquoi en ces temps précis ? sommes-nous tentés de demander. Et enfin pourquoi s’obstine-t-on à ignorer les articles 32 et 33 de la loi 90/09 relative à la commune et la wilaya, appliqués partout ailleurs dans les collectivités locales excepté Réghaia. M. Mekhloufi continue toutefois à faire de la résistance en exerçant imperturbablement ses fonctions en dépit du retrait de confiance de la majorité des élus alignés sur les ordres du wali délégué qui ordonna sur PV l’ultimatum de renvoi dans les 24 heures en date du 16 avril 2006. Il s’obstine à rétablir ses droits par la force de la loi. Il fait appel à M. le président de la République pour ce faire. «J’exhorte MM. les ministres de l’Intérieur, de la Justice, le P/APW, le wali d’Alger, à ouvrir une enquête sur cette injustice qui frappe dans le mille l’esprit de la lutte contre la corruption et l’impunité prônées par le premier magistrat du pays» lance-t-il.

Contacté hier pour les éclairsissements nécssaires, le cabinet du wali délégué a refusé tout commentaire sur le sujet.

F.O.

 

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Ahmed Mekhloufi, Vice-président de l’apc de réghaia

«Les ministères de l’Intérieur et de la Justice doivent agir»

 

M. Mekhloufi, qu’est-ce que cette histoire de votre renvoie de votre poste ?

Oui le poste en charge des affaires sociales est tellement convoité qu’il rende les gens aveugles. Ou vous exaucez leurs caprices, ou vous laissez la place à quelqu’un de docile et servile. Moi j’ai refusé de faire dans la combine et céder aux desiderata illégaux ou au chantage.

 

Mais que vous reproche-t-on ?

Je dérange beaucoup de monde. On n’aime pas les gens politiquement corrects. Je ne marchande pas.

 

Comment ?

Il n’est un secret pour personne que les affaires sociales aux APC sont à l’origine d’énormes problèmes entre élus locaux et causent de sérieux blocages. Tout se fait et se défait sous la table et tout se décide à l’extérieur de la salle des réunions des APC. Depuis mon installation, j’ai œuvré à ce que tout se décide en assemblée et soit mentionné sur PV, dans la transparence totale. C’est très orthodoxe par ces temps d’alliances, ce qui n’est pas pour plaire aux groupes d’intérêts. D’où les retraits de confiance et autres conflits entre membres d’une même assemblée, voire de même parti politique. Chez nous à Réghaia, six membres FLN se sont opposés en début du mandat au maire issu de la même liste, puisqu’il avait affiché l’intention de gérer les affaires de la communauté et non les caprices des uns et des autres avant de céder lui-même par la suite aux pressions. J’étais le seul à l’avoir soutenu dans des moments difficiles contre les 15 autres élus. Actuellement il m’a lâché. Mieux, il me fait du chantage.

 

Vous soutenez que vous êtes ciblé par le wali délégué ?

Je me demande ce que sait le wali délégué sur ma personne. Il vient à peine d’être installé. Je ne m’oppose pas à son autorité hiérarchique qui lui confère d’intervenir pour épiloguer des crises en cas de blocage à l’impact négatif sur l’intérêt général. Mais de là à m’écarter sans motif valable et faisant fi de la loi, je ne me laisserai pas faire. Comment cherche-t-on à me dégommer sans motif valable pour me remplacer par un condamné par la justice qui devait être, en vertu des articles 32 et 33 du code communal 90/09, exclu ? C’est injuste. Une chose est sûre, c’est qu’on a sciemment monté cette cabale contre moi.

 

Peut-être vous êtes l’homme qui en sait trop, n’est-ce pas ?

 Oui j’ai découvert le pot aux roses (rires, ndlr) dès le début de mon mandat et j’ai en ma possession des dossiers. Je saisis cette opportunité pour lancer un appel à MM. les ministres de l’Intérieur et de la Justice pour ouvrir une enquête afin de mettre un terme à la gabegie et aux corrupteurs de tous bords.

 

Que comptez-vous faire en cas de récidive ?

Je suis confiant à l’autorité hiérarchique pour assainir l’administration et à la justice pour rétablir les préjudices causés par l’outrage à la loi.

L’appel est lancé à qui de droit.

Propos recueillis

Fouad O.

 

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Reportage

La filière pomme de terre en crise profonde

L’Etat doit prendre ses responsabilités

La filière pomme de terre vit une crise profonde. Elle a été investie par des personnes dont les agissements portent atteinte aux intérêts des ménages. Le principe de liberté du marché ne doit pas servir d’alibi aux pouvoirs publics pour laisser les choses en l’état. 

Dame patate, dont le prix, sur les marchés de détail, vient d’atteindre le niveau record de 70 DA le kilogramme vient, à nouveau, de faire parler d’elle. Une réunion a, en effet, été organisée, lundi, au siège de l’Institut technique des cultures maraîchères, pour discuter des perspectives de création d’une Amicale algérienne de développement de la pomme de terre. Outre la désignation d’une équipe, chargée de préparer l’élection du bureau de la future organisation, les participants ont convenu de se retrouver les 13 et 14 novembre prochains, dans le contexte de Journées techniques dont l’objectif vise à rassembler, structurer et défendre les intérêts de l’ensemble des intervenants activant autour de cette filière stratégique.

Les débats qui se sont instaurés, à cette occasion, sont venus, à nouveau, rappeler que la filière algérienne de production de la pomme de terre était confrontée à une crise majeure, aux origines multiples, et dont on sait, une fois encore, les malheureuses conséquences sur le marché à la consommation et le pouvoir d’achat des plus démunis. On y apprendra, d’autre part, qu’il existe une organisation mondiale de la pomme de terre et une autre regroupant des pays producteurs riverains de la méditerranée et que l’Algérie n’est représentée ni dans l’une, ni dans l’autre.    

Outre le président de la Chambre nationale d’agriculture, M. Ould El Hocine, il y avait là des représentants de producteurs de pomme de terre de semence et de consommation, d’importateurs, de transformateurs, de fournisseurs d’intrants mais, aucun représentant de la moindre association de défense des consommateurs. Et pour cause.

D’emblée, un intervenant rappellera qu’avant de penser à créer une Amicale, il aurait fallu, d’abord, identifier et détailler les problèmes auxquels sont confrontés les divers intervenants du secteur. «La question-clé, relèvera-t-il, est d’avoir une vision, aussi précise que possible, par rapport aux divers aspects concernant ce produit maraîcher et de ce que l’Amicale qui sera créée entend faire pour pouvoir structurer la profession. A partir de là, il s’agira, aussi, de savoir comment s’ériger en un outil de discussion et une force de proposition par rapport à la force publique». Une autre personne prend la parole, tout de suite après, en estimant, pour sa part «qu’il faut d’abord commencer à exporter».

Chacun, durant les débats, y est allé de ses explications quant aux raisons qui ont amené à la complète désorganisation de la filière dont, autant les producteurs que les consommateurs, sont  les premiers à subir les négatives conséquences. Tout en prenant soin de rester dans les limites de la courtoisie et de la bienséance, certains n’ont pas manqué de se lancer des piques en se rejetant, les uns sur les autres, la responsabilité de la totale désorganisation du marché de la pomme de terre. On a, ici et là, dénoncé les agissements de «mauvais opérateurs» activant tant au niveau de la production et de la commercialisation qu’à celui des importations. Quelqu’un, dans la salle, s’étonnera que tout un chacun puisse, aussi facilement, obtenir un agrément pour importer, à un moment donné, des produits industriels et une autre fois des produits agricoles.

Tout le monde, sans le dire clairement, est tombé d’accord pour considérer qu’il n’existe,  actuellement, pas de système fiable de régulation de la production par rapport aux réels besoins du marché. L’absence de circuits d’exportation de ce tubercule a, par ailleurs été soulevée.  

Un producteur de Khemis Miliana, Meziane Abdallah, regrette que lui-même et les gens de sa profession soient, chaque fois, mis en cause lorsque les prix de ce légume augmentent. «La presse ne parle pas de nous lorsque les prix sont au plus bas. Il y a quelques années nous avons été contraints de céder nos produits à 3,5 DA le kilogramme. A un moment donné, il était même difficile de trouver preneur. Personne ne s’en est ému ni n’en a parlé». Il poursuit, pour se dire en faveur de l’organisation de rapports sereins, «dénués de toute mauvaise foi» entre les producteurs et les importateurs, «afin de réguler et mieux organiser le marché».

L’Algérie : risée des producteurs méditerranéens

Un transformateur de la région de Boufarik, Fradj Mohamed, intervient, lui aussi, pour regretter qu’à un certain moment il y ait trop de pomme de terre et qu’à un autre, le manque de matière première l’oblige à arrêter ses machines. Face à cette situation, il annonce qu’il envisage de développer, par ses propres moyens, la production de cette fécule. «On produit, ajoute-t-il, de la pomme de terre parce que ça rapporte beaucoup d’argent. Il y a pourtant d’autres produits maraîchers que l’on pourrait transformer».

Le président de la CNA, invité à assister à la rencontre, intervient pour dire qu’il a hésité à prendre la parole. Il relève qu’il existe un antagonisme, sur le terrain, entre producteurs et importateurs. Il déclare ne pas comprendre que des groupes de personnes s’érigent, du jour au lendemain, en porte-parole des importateurs. «Il faut arrêter de polémiquer autour d’un problème qui est en train de prendre une ampleur démesurée». Pour lui, il existe deux choses distinctes : «Il y a, d’abord, le problème de la pomme de terre. On veut, on doit  professionnaliser cette filière. Il y a, d’autre part, la question relative à la constitution d’un espace de concertation». Il s’étonne, ensuite, que, «depuis plusieurs années, nous n’avons pas pu nous organiser dans un espace qui s’appelle la Chambre nationale d’agriculture pour nous écouter et instituer une méthode de travail». D’après lui, c’est cela qui expliquerait que le prix de la pomme de terre monte et descend. «Nous sommes, dit-il, devenus la risée de pays producteurs de la région. L’Egypte et le Maroc, à eux deux, importent

20 000 tonnes/an de semence et exportent un total de 100 000 tonnes de pomme de terre de consommation alors que nous importons 100 000 tonnes de semence pour zéro exportation. Il faut le dire, la filière est totalement désorganisée».

En marge de la réunion, il a été possible d’apprendre que les importations de pomme de terre de consommation, destinées à réguler la consommation, avaient été stoppées par les autorités parce que des importateurs menaçaient de déstabiliser le marché à la consommation. Ces mesures n’ont pas manqué d’être mises à profit par certains intervenants qui, peut-être informés, ayant pris la précaution de stocker de grosses quantités de ce légume et, jouissant  de l’impunité de la part de ces mêmes autorités, les libèrent, aujourd’hui, par petites quantités pour maintenir les niveaux de prix en hausse constante.

Lorsque, à un moment, les autorités avaient décidé de développer la culture de la pomme de terre, c’était dans un but de renforcement de la sécurité alimentaire des Algériens. Ces efforts n’ont cessé, depuis, d’être contrariés. C’est une évidence. Il existe, aujourd’hui, une crise profonde au sein de la filière pomme de terre dont tirent de considérables bénéfices des réseaux d’intervenants malhonnêtes mais,  également, des groupes d’intérêts étrangers. Cette crise perdurera aussi longtemps que l’Etat ne s’impliquera pas, donne, au passage, un grand coup de pied dans cette grouillante fourmilière et se décide à faire en sorte de moraliser les activités commerciales, dans leur ensemble, dans le pays.

Ce sera la un fait politique marquant tant il est vrai que le contenu du panier de la ménagère et la protection du pouvoir d’achat des Algériens, d’une manière générale ont, (est-il nécessaire de  le souligner ?), une dimension fondamentalement politique.         

Ahmed Mahieddine

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Commentaire

La patate se rebiffe !

La pomme de terre à 70 DA le kilogramme ! Qui l’eut cru ? Il y a quelques semaines, à peine, une telle éventualité aurait prêté à rire. C’est, malheureusement, l’amère vérité. Ce produit maraîcher, comme s’il ne voulait pas être en reste, par rapport à la courgette, au navet ou à la carotte, s’est senti pousser des ailes par suite de la forte spéculation dont il est l’objet de la part d’entrepreneurs véreux. A quelques dinars près, son prix n’est pas loin d’égaler celui de la banane ramenée des lointaines Amériques et qui est devenue, à la longue, l’un des fruits exotiques parmi les plus abordables sur le marché. Placée, malgré elle, sur le devant de l’actualité, la pomme de terre tient son succès des mille et une manières qu’ont les ménagères de l’apprêter. Par le passé, elle était considérée comme le légume dont le prix était le plus bas du marché. C’est ce qui contribuait, d’ailleurs, à la faire préférer par les consommateurs par les plus démunis.

Curieusement, aucune statistique n’a jusqu’ici, précisé les quantités exactes de tubercules que les Algériens consomment, chaque année, lorsque son prix, bien évidemment, est maintenu à des seuils acceptables. On ne saurait, cependant, se tromper de beaucoup si l’on se hasarde à affirmer que les Algériens engloutissent presque autant de quantités de pomme de terre que les Allemands qui en sont particulièrement friands et qui ont fait une espèce de plat national.

A.M. 

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