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Secteur de la communication
Un nouveau
paysage médiatique
L’avènement de
Hachemi Djiar à la tête du département de la Communication a-t-il
sonné le glas de l’ère qui prévalait au sein du secteur avant sa
nomination ?
L’homme en tous
les cas semble décidé à donner un coup de pied dans la fourmilière
en introduisant quelques changements qu’il espère qualitatifs. Et si
le ministre sait qu’il ne pourra pas changer grand-chose à la
situation qui prévaut au sein du secteur privé, si ce n’est l’aide
qu’il pourrait apporter aux journalistes y exerçant en leur donnant
la possibilité d’améliorer leur niveau en prenant en main leur
formation, il reste qu’il en est autrement du secteur public. Dans
sa stratégie, avouée du reste, Djiar ne s’en cache pas de vouloir
redonner aux médias publics audiovisuels ou écrits une nouvelle
dimension en les incitant à réaliser et donc présenter un travail de
qualité. Il estime, à juste raison qu’à l’avenir, c’est par cette
seule arme qu’il sera possible aux médias publics, de concurrencer
les médias étrangers et les titres privés, du moins certains d’entre
eux, devenus à tort une référence dans le traitement de
l’information. Dans une récente directive élaborée, à ne pas en
douter sur la base de l’évaluation faite par le premier responsable
du secteur, le président de la République a demandé à l’ensemble des
directeurs des entreprises relevant de la tutelle de Djiar de
«réviser leur organisation, leurs techniques et leurs pratiques de
gestion devenues, à bien des égards obsolètes et
contre-productives», Abdelaziz Bouteflika estimant que «la capacité
de ces entreprises doit reposer sur une organisation rigoureuse, des
règles managériales bien établies, des objectifs bien définis, des
contenus élaborés et une bonne gestion des ressources humaines».
C’est dire que le constat établi est loin d’être reluisant et que
surtout il n’est plus adapté à la nouvelle situation qui se dessine.
En effet, depuis mai 2005, date à laquelle il a quitté son poste à
la présidence pour occuper celui de ministre de la Communication, El
Hachemi Djiar donne l’impression d’être venu avec des idées en tête.
A moins qu’il ne soit simplement porteur d’un projet d’une réforme
du secteur. Une réforme qui viserait à relancer la communication
publique et réhabiliter, par voie de conséquence, ses vecteurs. Il
est permis de le supposer car désormais les responsables des
entreprises sous tutelle sont tenus de se (re)mettre «sous la
tutelle complète et totale du ministère». Mieux encore, ils sont
tenus «par une obligation de résultat dans le cadre de la politique
de réforme» du secteur. C’est surtout la preuve que du côté des
pouvoirs publics on ne veut plus s’accommoder de la présence
d’entreprises étatiques budgétivores sans une quelconque
contrepartie. Il n’est en effet, un secret pour personne, que les
médias publics ont perdu toute crédibilité et n’ont de ce fait aucun
impact sur l’opinion publique. Si pendant de longues années , les
pouvoirs publics ne pouvaient que se rendre à cette évidence, il en
est autrement aujourd’hui, à la faveur des changements intervenus
sur tous les plans de la vie nationale. D’autant que les leçons de
cette gestion médiatique de ce récent passé ont été retenues.
Revaloriser
l’info de proximité
Ainsi, il ne
s’agit pas pour les pouvoirs publics de reproduire les mêmes erreurs
qui sont à l’origine de la désaffection des médias publics. En fait,
la nouvelle stratégie de communication retenue consiste à donner à
l’opinion publique, à travers les médias publics, ce plus qualitatif
et ce petit chouia de crédibilité qui font la différence. Et qui,
surtout, leur permettront de rattraper le retard accumulé. Le pari
est-il difficile à tenir ? Non en fait, c’est jouable. Et le jeu en
vaut la chandelle car à moyen terme, l’aura acquise par certains
titres privés, disparaîtra. Le premier axe sur lequel travaille le
ministère est l’information de proximité. C’est dans cette optique
que des instructions avaient été données il y a de cela plus d’une
année, aux différentes radios locales en vue de créer leurs propres
forums. Le lancement tout dernièrement du forum de la radio d’El
Bhadja et encore celui de la radio locale de Béchar dénotent de
l’application, même tardive, de cette instruction. Le projet de
lancement de nouvelles publications obéirait également à cette
stratégie. Mais de là à croire que la refondation ne touchera que
les médias publics pourrait être une erreur. En effet, si l’on se
fie au coup de pouce qui est donné actuellement à un nouveau titre
arabophone dont on veut booster le tirage pour en faire le nouveau
leader des ventes ou encore le recentrage de la ligne éditoriale de
quelques titres de langue française, on est amené à croire que la
remodelage du paysage médiatique est en cours.
Nadia Kerraz
Haut
Mohamed Djemaâ (MSP) au Jour d’Algérie
«Il n’y a
aucune circulaire de la fitna»
Le chargé à
l’information du MSP essaye d’expliquer dans ce bref entretien les
tenants et aboutissants de l’idée de limiter la députation à deux
mandats, infirmant la présence de circulaire dans ce sens. Selon
lui, la réflexion qui mérite débat n’est qu’une idée exprimée par
Abou Djerra Soltani pour expliquer les mérites de l’alternance au
pouvoir y compris au sein du Mouvement pour la société de la paix.
M. Djemaâ, le
président du MSP est, à en croire ses dernières déclarations, contre
la reconduction des députés pour un troisième mandat. Qu’en est-il
exactement ?
En effet, cheikh
Abou Djerra Soltani a souhaité que les doubles mandataires ne se
présenteraient pas à un troisième mandant et ce, pour asseoir la
tradition d’alternance et ouvrir la voie aux jeunes cadres du MSP
pour émerger. Le MSP prône, par la voix de son président, «une
véritable alternance au pouvoir et non le pouvoir tournant» comme il
est établi actuellement. Donc M. Soltani est en droite ligne avec la
logique de l’alternance y compris à l’intérieur du mouvement qu’il
préside.
C’est aussi une
manière de casser les monopoles ; qu’en pensez-vous?
Si vous voulez,
car l’idée porte en soi une logique novatrice. Mais chacun a ses
arguments.
Il semble que la
circulaire interne en la matière a soulevé un tollé général à
travers la vague de colère parmi les députés concernés qui s’y sont
fermement opposés. Cela risque de faire tache d’huile au sein du
mouvement et la fronde est déjà à pied d’œuvre, n’est-ce pas ?
Il n’y a aucune
circulaire interne dans ce sens. Car pour ce faire, une décision
quelconque doit avoir l’aval du bureau politique. Ce dernier n’a
même pas discuté la question. Seulement, le cheikh Soltani a émis le
souhait que les doublants et triplants doivent laisser place aux
jeunes cadres du mouvement qui sont légion et leur donner la chance
d’émerger. Il n’y a lieu de parler d’aucune fronde ni de fitna au
MSP. Tout ce qu’il y a est un échange d’idées argumentées, sans
plus.
Une grande
polémique s’est installée pourtant ?
D’abord, je te
confirme qu’il n’y a aucune polémique. Le président du mouvement a
émis une réflexion. De quoi plus normal de s’exprimer
démocratiquement de sujets qui intéresse la bonne santé du parti. La
réflexion n’a pas dépassé le cadre d’idée.
La riposte du
député de Boumerdès, Nacer Salem Chérif, confirme la logique
d’opposition à toute idée venant de M. Soltani ?
L’idée en fait est
matière à débat et non à la polémique. M. Salem Chérif est libre de
s’exprimer et dire ce qu’il veut sauf qu’il n’y a pas lieu de
s’inquiéter ou polémiquer puisque la question ne le mérite pas. La
réponse du député de Boumerdès a été mal répercutée par la presse
qui amplifie les choses. Or elle contient elle aussi l’idée de
laisser le libre choix aux bureaux de wilayas de statuer sur des cas
précis. Les bureaux de wilayas très au fait des chances des uns et
des autres au niveau local et connaissent, selon lui, mieux la
place, le poids et la compétence de chacun surtout que la
compétition entre partis politiques est impitoyable. Le débat est
d’ores et déjà installé.
Combien de
députés sont-ils concernés par cette mesure si le bureau
politique la retiendra ?
Ils ne sont que 25
députés parmi les 39 qui siègent actuellement à l’APN.
Ça peut toucher aussi les mandataires locaux au niveau des APC et
APW ?
Cela est une autre
paire de manches, mais il n’en est rien pour le moment.
Propos
recueillis
par Salah Bey
Haut
Éducation nationale
Une deuxième
session du bac ?
Depuis la rentrée,
une forte rumeur circule dans le milieu enseignant des différents
établissements scolaires du pays, disant qu’il y aurait une deuxième
session du baccalauréat, cette année. Selon les enseignants, cette
initiative s’expliquerait par le fait que dès l’année prochaine,
seront introduits de nouveaux programmes d’études pour les classes
de troisième année secondaire, une mesure prise dans le cadre de la
réforme du système éducatif. Ainsi, les élèves qui échouent à cet
examen ou ceux qui redoublent leur année ne pourraient plus suivre
les nouveaux cours. A cela s’ajoute le fait que même les programmes
de première et deuxième année secondaire ne sont plus les mêmes ;
ils ont également été changés. Un véritable dilemme qui cherche
solution. Les enseignants s’inquiètent et se demandent quel sera le
sort réservé à ces élèves. Cette information est confortée par le
fait que cette année, des sessions de rattrapage ont été organisées
du 8 au 29 septembre au profit des élèves de deuxième année
secondaire. Pourquoi pas
alors pour les
élèves de terminale ? Pour tenter de répondre à ces interrogations
et avoir de plus amples informations, nous avons tenté de joindre,
toute la journée d’hier, des responsables du ministère de l’Education
nationale. Ils étaient tous absents ou en réunion et personne
n’était disponible. Nous avons également contacté les différents
syndicats de l’éducation pour avoir d’autres détails, mais ces
derniers n’ont pu nous fournir aucune information, car ils n’en
savent rien. «Cette rumeur circule depuis la rentrée mais nous ne
savons rien. Pas plus que vous. Seul le ministère peut prendre une
décision car nos revendications restent socioprofessionnelles»,
indique Ahmed Ider, le secrétaire général de l’Union nationale des
professionnels de l’enseignement et de la formation (UNPEF). Le
président du Conseil des lycées d’Alger dira, pour sa part, que son
syndicat n’a pas été saisi et que le ministère de l’Education ne les
informe jamais, même quand il prend de telles mesures. Tout ce que
l’on sait, c’est que le ministre avait affirmé, lors de ses
récentes sorties, qu’il n’y aura jamais de deuxième session du
baccalauréat, car une telle démarche exige beaucoup de moyens et de
préparation. Y aurait-il changement de programme ?
Irane Belkhedim
Haut
L’UNJA gagnée par la mode du «redressement»
Nouvelles
accusations contre le SG
Encore du remous
à l’intérieur de l’Union nationale de la jeunesse algérienne UNJA.
Dans une lettre
adressée à la presse, Noui Brahim, un membre du secrétariat national
et secrétaire de la wilaya de Tébessa désavoue «la mauvaise gestion
du secrétaire générale de l’union, Mohamed Madani» qu’il taxe même
de «mercenaire» et lui impute la «dégradation de la situation au
sein de l’union». Noui Brahim accuse même Madani Mohamed de «passer
outre le règlement intérieur en se l’appropriant avec certains de
ses protégés et de verser dans l’intimidation de certains cadres en
les poursuivant en justice», lit-on encore dans sa lettre. De ce
fait, il lance à travers sa correspondance un appel à l’ensemble des
cadres de l’union, les invitant à «réagir en urgence et à mettre un
terme aux agissements de ce mercenaire». Cette lettre est aussi
appuyée par un second communiqué adressé à notre rédaction par
Dahmani Mohamed, le porte-parole du mouvement redresseur de l’UNJA,
lequel dénonce à son tour «les dépassements du secrétaire général de
l’Union». Contacté à ce propos, Madani Mohamed a tenu à préciser
que Noui Brahim qui a été déjà évincé par le secrétariat de wilaya
de Tébessa, où il a semé dès le départ la zizanie et a été rejeté
par l’ensemble des mem-bres de bureau, est un cadre qui «n’a jamais
assisté à aucune réunion et aucune activité et que par conséquent,
la loi exige son exclusion du bureau national au bout de trois
absences non justifiées». Cela dit, il a ajouté qu’«il serait plus
judicieux pour celui qui l’accuse de se désavouer lui-même et de
commencer par assumer ses responsabilités, d’autant plus qu’il doit
comparaître dans les 15 prochains jours devant la commission
disciplinaire qui doit rendre son verdict le concernant».
Aussi il s’est
interrogé sur le fait que «ces accusations et ce désavouement
surgissent précisément maintenant ? Et que Noui aurait dû réagir il
y a une année de cela et même un peu plus tôt». Pour le cas Dahmani,
le SG de l’UNJA «a tenu à préciser qu’aucune poursuite judiciaire
n’a été intentée contre qui que ce soit parmi les cadres et que même
plus de six affaires ont été stoppées suite à sa propre demande». «Dahmani
que nous avons installé à la tête de la commission des étudiants
alors qu’il n’a même pas rempli correctement ses fonctions.
Lorsqu’il a été question de son retrait, il a refusé toute passation
de consignes en dehors de la justice, d’où l’affaire est devant les
tribunaux suite à sa propre demande» a souligné
M. Madani. Par
ailleurs et loin de la valse des accusations, le SG de l’UNJA a
déclaré «que le conseil national se tiendra juste après les fêtes de
l’Aïd» et que «ce sera l’occasion de débattre et de trancher tous
les problèmes secondaires en suspens».
Habiba Ghrib
Haut
Redéploiement du RND
Ouyahia animera
des meetings
La réunion tenue
avant-hier par les membres du conseil national du RND a été
consacrée à l’examen de plusieurs points notamment ceux relevant de
l’actualité nationale et des affaires intérieures du parti. Ce
dernier point a été au centre des débats. Pour preuve le parti
d’Ahmed Ouyahia semble très décidé à prendre en charge la situation
interne de son parti qui a été très critiquée et semble connaître de
sérieuses difficultés ces derniers temps. Le RND veut mettre le
paquet pour la concrétisation des recommandations de la dernière
session ordinaire du parti. Des recommandations qui visent
essentiellement à intensifier les actions de proximité et à
consolider la relation entre la direction du parti et la base.
Le conseil
national a, à cet effet, discuté des mesures à prendre dans le cadre
du programme arrêté à cette occasion. Ce programme porte sur un
travail de proximité que le RND compte entamer pour aller à la
rencontre de ces militants. Ainsi, des rencontres de sensibilisation
seront organisées avec les partisans du RND à l’occasion des
meetings qui seront animés par Ahmed Ouyahia, et par les autres
cadres du parti. Des réunions avec les conseils et les bureaux de
wilayas seront également inscrites dans ce programme qui va s’étaler
sur plusieurs mois. Le coup d’envoi de la bataille pour les
prochains rendez-vous électoraux, décisives pour ce parti, semble
être donné et la course sera rude. Concernant l’actualité nationale,
le conseil du RND condamne les actes terroristes barbares commis ces
jours et qui ont ciblé des citoyens innocents et des éléments de
sécurité. «Ces actes ne vont pas diminuer des vertus de la
réconciliation nationale, ni de la volonté de l’Etat déterminé à
poursuivre sa lutte contre le terrorisme, ni de la nécessité de
prôner la vigilance pour faire face à ce phénomène» lit-on dans le
communiqué rendu public hier.
Les membres du
bureau national ont, en outre, exprimé leur satisfaction quant aux
résultats obtenus à l’issue de la dernière tripartite. Ces mesures,
note le communiqué, «sont prises en faveur des travailleurs et de la
stabilité sociale». Le même sentiment a été exprimé concernant la
loi de finances 2007. «Une loi élaborée dans les mêmes objectifs que
la loi de finances complémentaire qui vise à satisfaire les besoins
financiers pour mener à bon bord le processus de développement
économique du pays» note le communiqué du RND.
Nouria B
Haut
Conventions de branches
Un autre rendez
vous ce samedi
La signature des
conventions de branches et des conventions collectives prévue ce
samedi prochain au siège du ministère du Travail et de la Sécurité
sociale ne concernera pas la totalité des conventions qui n’ont pas
été signées entre les fédérations de l’UGTA et les SGP lors de la
dernière tripartite, est-il indiqué de sources syndicales. La
cérémonie sera consacrée à la signature de quelques conventions de
branches pour les filières qui sont arrivées à trouver un consensus
avec les partenaires sociaux concernant le volet salarial et ce,
après la poursuite des négociations qualifiées de marathoniennes.
Cette rencontre verra, entre autres, la signature de la convention
pour le secteur des télécommunications qui a pu décrocher une hausse
des salaires de 20% au profit des travailleurs. Ainsi selon ces
sources syndicales les conventions collectives des grandes
compagnies nationales comme Air Algérie et Sonatrach ne seront pas
signées ce samedi. L’absence du P-DG d’Air Algérie est à l’origine
du retard qu’ont connu les négociations dans cette entreprise. Le
blocage persiste encore au niveau de Sonatrach à cause des taux des
augmentations des salaires revendiqués par une partie et proposés
par une autre. Le syndicat exige une hausse entre 20 et 30%. Une
proposition motivée par le rendement et le bon état financier de
l’entreprise qui enregistre, chaque année, d’importants bénéfices.
La direction de l’entreprise a, pour sa part, accordé des
augmentations entre 5 et 10%. Ce qui a donné lieu à la nécessité de
poursuivre les négociations jusqu’à ce que les deux parties trouvent
un terrain d’entente.
N. B.
Haut
Salaires impayés
15 000
travailleurs payés sur les 37000
La question des
salaires impayés continue de susciter de moult interrogations. En
effet, à quelques jours de la fin du mois sacré du ramadhan, la plus
grade partie de ces travailleurs n’ont toujours pas touché leurs
arriérés de salaires. Ce sont 15 000 travailleurs seulement sur les
37 000 qui ont bénéficié de l’instruction donnée par M. Temmar,
ministre de la Participation et de la promotion des investissements.
Les autres travailleurs ont été marginalisés et écartés de cette
mesure par les entreprises et les certains SGP qui ont refusé de
payer ces salaires. On se demande alors quelles sont les raisons qui
ont fait que l’instruction de Temmar n’a pas été respectée par les
partenaires, alors qu’il a rassuré tout le monde que 30 000
travailleurs ont eu leurs salaires durant les premiers jours de ce
mois sacré ?
N. B.
Haut
PRA
Abderrazak
Smaïl écarté
Le conseil
national du Parti du renouveau algérien a élu un nouveau SG en
remplacement du tonitruant AbderrazakSmaïl évincé de la direction
controversée du PRA. Le conseil national réuni jeudi passé en
session extraordinaire tenue au siège national a aussi pris la
décision d’exclure 12 autres membres du CN, dont plusieurs proches
collaborateurs du désormais ex-SG du PRA.
Les membres du CN
ont plébiscité à la suite de la lecture des rapports moral et
financier du parti et après avoir prononcé le retrait de confiance
de l’ex-patron de la fameuse Cnag, Kamel Bensalem SG par intérim
pour driver la formation jusqu’à fin 2007. Le PRA vantait une
douzaine de cadres au défunt. Ces décisions viennent entériner
celles du bureau national réuni lundi 11 octobre qui a examiné un
rapport accablant sur «la gestion chaotique» du PRA. Une gestion
marquée par des dérives graves ayant porté un discrédit au parti. A
noter que le PRA a connu jusque-là, 5 secrétaires généraux depuis le
départ de son 1er président Nourredine Boukrouh.
Salah Bey.
Haut
Enquête
Réghaïa
Un wali délégué
au-dessus de la loi
Etant à l’origine
de plusieurs dénonciations et révélations des pots aux roses, celui
qui fut le «maître penseur» de l’hôtel de ville de Réghaia ne cesse
de subir les foudres de la «nomenklatura» locale
L’affaire a
commencé en 2002, quand Ahmed Mekhloufi, vice-président chargé des
affaires sociales a refusé qu'on lui impose une répartition illégale
et interressée de logements sociaux, de lots de terrain et de locaux
commerciaux. A présent, c'est le nouveau wali délégué fraîchement
installé qui œuvre à lui supprimer toute prérogative.
Mais dès le
départ, de fortes pressions s’exercent en effet sur le maire Ali
Belgourai pour charger celui qui fut son bras droit dans les moments
difficiles qu’il a vécus pendant la campagne de retrait de confiance
de la part des 15 autres élus. Une fronde qui l’a isolé 20 mois
durant et l’ont mis sur la sellette, n’était Ahmed Mekhloufi,
lui-même isolé du groupe Islah. Le Tandem de choc n’aura duré qu’une
année après le séisme de mai 2003. A force de jouer à l’arbitre dans
le feuilleton des intrigues, le vice-président Mekhloufi s’est
retrouvé en face d’un monde retourné contre lui. Il subit le revers
des contentieux vécus le long des 4 ans du mandat dans une commune
qui ne connaît point de répit. Le registre des rebondissements est
très consistant. La trêve n’était que trop courte au lendemain des
élections présidentielles. Fort de l’appui de l’ex-wali d’Alger,
Mekhloufi a su gérer le vide laissé par les 16 élus qui ont
abandonné la population déchirée par le deuil et les blessures
pendant plus d’une année. Abdelmalek Nourani s’est opposé, pour
rappel, à une première tentative de destitution du maire et de son
vice-président. Les récidivistes ne décourageaient pas, ils
n’attendaient que le moment opportun pour rebondir. Les détracteurs
de différentes couleurs politiques et paradoxalement alliés contre
cet «encombrant», sont aux ordres des groupes d’intérêts. Ils
reprennent de plus bel leur boulot de sape. Seul contre tous, celui
qui devient de par son poste un élu gênant devient «un candidat» bon
à éliminer par tous les moyens imaginables. Et à leurs yeux tous les
moyens sont bons. Même sous la menace de mort «au nom du Gspc», il
ne cédera pas aux pressions.
Le poste de
vice-président et les affaires sociales tant convoités sont en gros
la cause de tous les malheurs de cet élu qu’il n’a pas choisi. Et ce
n’est qu’après le départ de MM. Nourani et Belharèche respectivement
anciens wali d’Alger et wali délégué de Rouiba que les
interlocuteurs redoublent de férocité pour monter l’ex-SG de la
wilaya de Djelfa, Aboubakr Abdelmalek, promu nouveau wali délégué,
contre le vice-président du P/APC de Réghaia afin de réussir leur
forcing et provoquer le départ de Mekhloufi et son remplacement.
Mais ce n’est qu’en 2006 que le plan d’exécution est minutieusement
mis à l’œuvre.
Acte I
Septembre 2006, le
directeur de l’administration locale (DAL) proposera sous décision
n°2014 en date du 16 du même mois, l’annulation de la décision
d’installation d’Ahmed Makhloufi au poste de vice-président à l’APC
de Réghaia après quatre ans de service. Une décision vite avalisée
par le nouveau SG de la wilaya. Elle traduit une suite favorable à
la correspondance du wali délégué de Rouïba du 9 juillet 2006 et
connu sous la référence n°1463/06 confirmant une délibération de
l’assemblée en date du 22 avril 2006. Toutefois, cette dernière
avait été, dans un premier temps, refusée, le 17 mai 2006, sur une
correspondance portant n°146/2006, sous prétexte que le DAL avait
constaté que les élus ne distinguaient pas entre les procès-verbaux
de réunion (PV) et les délibérations. Mais à la surprise générale,
M. Belhaddad avait ultérieurement apposé son avis favorable en
mettant la mention «lu et approuvé» sur un PV de réunion «virtuel»
où on y a censuré les propos du vice-président d’Ahmed Mekhloufi,
objet de cette machination comme le confirme les documents qui nous
ont été présentés. Une toute curieuse question pose la problématique
de l’autorité du wali (ou le wali délégué) sur une assemblée
souveraine. Où s’arrête cette autorité ? Si le wali délégué est
habilité à intervenir en cas de blocage et demander la recomposition
du bureau de l’Assemblée, a-t-il le droit de désigner, voire
imposer, lui-même la personne de son choix? D’autant que de tels
agissements ne sont pas tolérés par la loi qui prévoit ce genre de
comportement. «Y aurait-il connivence ?» s’interroge Ahmed Mekhloufi.
Acte II
Le plus ennuyeux
dans toute cette histoire, c’est que le wali délégué a désigné au
poste du chargé des affaires sociales, le nommé R. B. ex-vice
président et membre de la commission de distribution de logement. Ce
dernier était poursuivi par la justice puis condamné à une année de
prison avec sursis par la cour de Boumerdès pour outrage à la
propriété d’autrui, délit réprimé par l’article 386 du code pénal.
Ce verdict sera confirmé par la cour de Boumerdès en date du 25
juillet 2006 sous le n°684/06, après une cassation du procureur
général. L’élu appuyé par le wali délégué de Rouiba, du P/APC de
Réghaïa et du DAL, est condamné pour avoir distribué, en fin du
mandat 1997-2002, pas moins de 250 décisions d’attribution de lots
de terrain domanial et autres aires n’appartenant pas à l’APC de
Réghaia, sur une superficie totale de 117 136 m2 et 357 décisions de
logements dont 100 évolutifs et des kiosques attribués pour la
majorité à des amis ou proches, comme il est notifié sur le document
portant jugement du 25 juillet 2006 de la cour de Boumerdès. Le DAL,
et pour parachever une aussi délicate démarche aurait, selon M.
Mekhloufi, refusé de réceptionner le jugement définitif qui lui a
été destiné pour gagner une avancée faisant en sorte d’ignorer la
présence d’un tel document. La voie hiérarchique est-elle aussi
bloquée puisque le maire aurait refusé lui aussi de transmettre le
jugement au DAL. Prenant son mal en patience, Ahmed Mekhloufi s’est
chargé lui-même de le transmettre en mains propres au wali délégué.
Mais «le DAL m’a reçu dans le couloir et m’a rétorqué qu’il était
sous pression et que nous étions une APC à problèmes et m’a renvoyé
vers le wali délégué» explique Ahmed Mekhloufi. «D’ou vient cette
pression si ce n’est du wali délégué ?» s’interroge-t-il. Ce dernier
a signifié une fin de non recevoir à la demande d’audience de A.
Mekhloufi, demande cinq fois renouvelée. «Y aurait-il encore une
complicité entre le wali délégué et le DAL ?», s’interroge encore le
vice-président des affaires sociales.
Le faux pas...
«Si le wali
délégué aurait agi pour me piéger et accélérer mon départ en
demandant la recomposition de l’assemblée conformément à la loi en
vigueur, l’attitude serait pour le moins compréhensible. Mais
intervenir pour interférer dans la souveraineté de l’assemblée et
imposer sur injonction directe une personne déjà condamnée, voilà
qui ne passera pas», annonce encore A. Mekhloufi. Même si la gestion
de l’Assemblée populaire communale est affaiblie par la division et
favorise le jeu d’alliances contre alliances et autres affinités, le
wali délégué est en passe d’enfreindre la loi. Il s’inscrit même en
faux par cet agissement, en nette contradiction avec les articles 32
et 33 de la loi 90/09 relative aux communes. Les articles en
question stipulent qu’«en cas de condamnation par la justice, l’élu
est relevé de ses fonctions par le wali». Or, paradoxalement, on
assiste à une promotion d’un ex-condamné par la justice au poste de
vice-président dûment occupé et rempli par Ahmed Mekhloufi à sept
mois de la fin du mandat ! Une attitude qui suscite beaucoup
d’interrogations. «Que signifie alors ce choix porté sur ce condamné
parmi 15 élus ?» s’interroge le plaignant a. Mekhloufi. Et pourquoi
en ces temps précis ? sommes-nous tentés de demander. Et enfin
pourquoi s’obstine-t-on à ignorer les articles 32 et 33 de la loi
90/09 relative à la commune et la wilaya, appliqués partout ailleurs
dans les collectivités locales excepté Réghaia. M. Mekhloufi
continue toutefois à faire de la résistance en exerçant
imperturbablement ses fonctions en dépit du retrait de confiance de
la majorité des élus alignés sur les ordres du wali délégué qui
ordonna sur PV l’ultimatum de renvoi dans les 24 heures en date du
16 avril 2006. Il s’obstine à rétablir ses droits par la force de la
loi. Il fait appel à M. le président de la République pour ce faire.
«J’exhorte MM. les ministres de l’Intérieur, de la Justice, le P/APW,
le wali d’Alger, à ouvrir une enquête sur cette injustice qui frappe
dans le mille l’esprit de la lutte contre la corruption et
l’impunité prônées par le premier magistrat du pays» lance-t-il.
Contacté hier pour
les éclairsissements nécssaires, le cabinet du wali délégué a refusé
tout commentaire sur le sujet.
F.O.
Haut
Ahmed Mekhloufi, Vice-président de l’apc de réghaia
«Les ministères
de l’Intérieur et de la Justice doivent agir»
M. Mekhloufi,
qu’est-ce que cette histoire de votre renvoie de votre poste ?
Oui le poste en
charge des affaires sociales est tellement convoité qu’il rende les
gens aveugles. Ou vous exaucez leurs caprices, ou vous laissez la
place à quelqu’un de docile et servile. Moi j’ai refusé de faire
dans la combine et céder aux desiderata illégaux ou au chantage.
Mais que vous
reproche-t-on ?
Je dérange
beaucoup de monde. On n’aime pas les gens politiquement corrects. Je
ne marchande pas.
Comment ?
Il n’est un secret
pour personne que les affaires sociales aux APC sont à l’origine
d’énormes problèmes entre élus locaux et causent de sérieux
blocages. Tout se fait et se défait sous la table et tout se décide
à l’extérieur de la salle des réunions des APC. Depuis mon
installation, j’ai œuvré à ce que tout se décide en assemblée et
soit mentionné sur PV, dans la transparence totale. C’est très
orthodoxe par ces temps d’alliances, ce qui n’est pas pour plaire
aux groupes d’intérêts. D’où les retraits de confiance et autres
conflits entre membres d’une même assemblée, voire de même parti
politique. Chez nous à Réghaia, six membres FLN se sont opposés en
début du mandat au maire issu de la même liste, puisqu’il avait
affiché l’intention de gérer les affaires de la communauté et non
les caprices des uns et des autres avant de céder lui-même par la
suite aux pressions. J’étais le seul à l’avoir soutenu dans des
moments difficiles contre les 15 autres élus. Actuellement il m’a
lâché. Mieux, il me fait du chantage.
Vous soutenez
que vous êtes ciblé par le wali délégué ?
Je me demande ce
que sait le wali délégué sur ma personne. Il vient à peine d’être
installé. Je ne m’oppose pas à son autorité hiérarchique qui lui
confère d’intervenir pour épiloguer des crises en cas de blocage à
l’impact négatif sur l’intérêt général. Mais de là à m’écarter sans
motif valable et faisant fi de la loi, je ne me laisserai pas faire.
Comment cherche-t-on à me dégommer sans motif valable pour me
remplacer par un condamné par la justice qui devait être, en vertu
des articles 32 et 33 du code communal 90/09, exclu ? C’est injuste.
Une chose est sûre, c’est qu’on a sciemment monté cette cabale
contre moi.
Peut-être vous
êtes l’homme qui en sait trop, n’est-ce pas ?
Oui j’ai
découvert le pot aux roses (rires, ndlr) dès le début de mon mandat
et j’ai en ma possession des dossiers. Je saisis cette opportunité
pour lancer un appel à MM. les ministres de l’Intérieur et de la
Justice pour ouvrir une enquête afin de mettre un terme à la gabegie
et aux corrupteurs de tous bords.
Que
comptez-vous faire en cas de récidive ?
Je suis confiant à
l’autorité hiérarchique pour assainir l’administration et à la
justice pour rétablir les préjudices causés par l’outrage à la loi.
L’appel est lancé
à qui de droit.
Propos recueillis
Fouad O.
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Reportage
La filière
pomme de terre en crise profonde
L’Etat doit
prendre ses responsabilités
La filière pomme
de terre vit une crise profonde. Elle a été investie par des
personnes dont les agissements portent atteinte aux intérêts des
ménages. Le principe de liberté du marché ne doit pas servir d’alibi
aux pouvoirs publics pour laisser les choses en l’état.
Dame patate, dont
le prix, sur les marchés de détail, vient d’atteindre le niveau
record de 70 DA le kilogramme vient, à nouveau, de faire parler
d’elle. Une réunion a, en effet, été organisée, lundi, au siège de
l’Institut technique des cultures maraîchères, pour discuter des
perspectives de création d’une Amicale algérienne de développement
de la pomme de terre. Outre la désignation d’une équipe, chargée de
préparer l’élection du bureau de la future organisation, les
participants ont convenu de se retrouver les 13 et 14 novembre
prochains, dans le contexte de Journées techniques dont l’objectif
vise à rassembler, structurer et défendre les intérêts de l’ensemble
des intervenants activant autour de cette filière stratégique.
Les débats qui se
sont instaurés, à cette occasion, sont venus, à nouveau, rappeler
que la filière algérienne de production de la pomme de terre était
confrontée à une crise majeure, aux origines multiples, et dont on
sait, une fois encore, les malheureuses conséquences sur le marché à
la consommation et le pouvoir d’achat des plus démunis. On y
apprendra, d’autre part, qu’il existe une organisation mondiale de
la pomme de terre et une autre regroupant des pays producteurs
riverains de la méditerranée et que l’Algérie n’est représentée ni
dans l’une, ni dans l’autre.
Outre le président
de la Chambre nationale d’agriculture, M. Ould El Hocine, il y avait
là des représentants de producteurs de pomme de terre de semence et
de consommation, d’importateurs, de transformateurs, de fournisseurs
d’intrants mais, aucun représentant de la moindre association de
défense des consommateurs. Et pour cause.
D’emblée, un
intervenant rappellera qu’avant de penser à créer une Amicale, il
aurait fallu, d’abord, identifier et détailler les problèmes
auxquels sont confrontés les divers intervenants du secteur. «La
question-clé, relèvera-t-il, est d’avoir une vision, aussi précise
que possible, par rapport aux divers aspects concernant ce produit
maraîcher et de ce que l’Amicale qui sera créée entend faire pour
pouvoir structurer la profession. A partir de là, il s’agira, aussi,
de savoir comment s’ériger en un outil de discussion et une force de
proposition par rapport à la force publique». Une autre personne
prend la parole, tout de suite après, en estimant, pour sa part
«qu’il faut d’abord commencer à exporter».
Chacun, durant les
débats, y est allé de ses explications quant aux raisons qui ont
amené à la complète désorganisation de la filière dont, autant les
producteurs que les consommateurs, sont les premiers à subir les
négatives conséquences. Tout en prenant soin de rester dans les
limites de la courtoisie et de la bienséance, certains n’ont pas
manqué de se lancer des piques en se rejetant, les uns sur les
autres, la responsabilité de la totale désorganisation du marché de
la pomme de terre. On a, ici et là, dénoncé les agissements de
«mauvais opérateurs» activant tant au niveau de la production et de
la commercialisation qu’à celui des importations. Quelqu’un, dans la
salle, s’étonnera que tout un chacun puisse, aussi facilement,
obtenir un agrément pour importer, à un moment donné, des produits
industriels et une autre fois des produits agricoles.
Tout le monde,
sans le dire clairement, est tombé d’accord pour considérer qu’il
n’existe, actuellement, pas de système fiable de régulation de la
production par rapport aux réels besoins du marché. L’absence de
circuits d’exportation de ce tubercule a, par ailleurs été
soulevée.
Un producteur de
Khemis Miliana, Meziane Abdallah, regrette que lui-même et les gens
de sa profession soient, chaque fois, mis en cause lorsque les prix
de ce légume augmentent. «La presse ne parle pas de nous lorsque les
prix sont au plus bas. Il y a quelques années nous avons été
contraints de céder nos produits à 3,5 DA le kilogramme. A un moment
donné, il était même difficile de trouver preneur. Personne ne s’en
est ému ni n’en a parlé». Il poursuit, pour se dire en faveur de
l’organisation de rapports sereins, «dénués de toute mauvaise foi»
entre les producteurs et les importateurs, «afin de réguler et mieux
organiser le marché».
L’Algérie :
risée des producteurs méditerranéens
Un transformateur
de la région de Boufarik, Fradj Mohamed, intervient, lui aussi, pour
regretter qu’à un certain moment il y ait trop de pomme de terre et
qu’à un autre, le manque de matière première l’oblige à arrêter ses
machines. Face à cette situation, il annonce qu’il envisage de
développer, par ses propres moyens, la production de cette fécule.
«On produit, ajoute-t-il, de la pomme de terre parce que ça rapporte
beaucoup d’argent. Il y a pourtant d’autres produits maraîchers que
l’on pourrait transformer».
Le président de la
CNA, invité à assister à la rencontre, intervient pour dire qu’il a
hésité à prendre la parole. Il relève qu’il existe un antagonisme,
sur le terrain, entre producteurs et importateurs. Il déclare ne pas
comprendre que des groupes de personnes s’érigent, du jour au
lendemain, en porte-parole des importateurs. «Il faut arrêter de
polémiquer autour d’un problème qui est en train de prendre une
ampleur démesurée». Pour lui, il existe deux choses distinctes : «Il
y a, d’abord, le problème de la pomme de terre. On veut, on doit
professionnaliser cette filière. Il y a, d’autre part, la question
relative à la constitution d’un espace de concertation». Il
s’étonne, ensuite, que, «depuis plusieurs années, nous n’avons pas
pu nous organiser dans un espace qui s’appelle la Chambre nationale
d’agriculture pour nous écouter et instituer une méthode de
travail». D’après lui, c’est cela qui expliquerait que le prix de la
pomme de terre monte et descend. «Nous sommes, dit-il, devenus la
risée de pays producteurs de la région. L’Egypte et le Maroc, à eux
deux, importent
20 000 tonnes/an
de semence et exportent un total de 100 000 tonnes de pomme de terre
de consommation alors que nous importons 100 000 tonnes de semence
pour zéro exportation. Il faut le dire, la filière est totalement
désorganisée».
En marge de la
réunion, il a été possible d’apprendre que les importations de pomme
de terre de consommation, destinées à réguler la consommation,
avaient été stoppées par les autorités parce que des importateurs
menaçaient de déstabiliser le marché à la consommation. Ces mesures
n’ont pas manqué d’être mises à profit par certains intervenants
qui, peut-être informés, ayant pris la précaution de stocker de
grosses quantités de ce légume et, jouissant de l’impunité de la
part de ces mêmes autorités, les libèrent, aujourd’hui, par petites
quantités pour maintenir les niveaux de prix en hausse constante.
Lorsque, à un
moment, les autorités avaient décidé de développer la culture de la
pomme de terre, c’était dans un but de renforcement de la sécurité
alimentaire des Algériens. Ces efforts n’ont cessé, depuis, d’être
contrariés. C’est une évidence. Il existe, aujourd’hui, une crise
profonde au sein de la filière pomme de terre dont tirent de
considérables bénéfices des réseaux d’intervenants malhonnêtes
mais, également, des groupes d’intérêts étrangers. Cette crise
perdurera aussi longtemps que l’Etat ne s’impliquera pas, donne, au
passage, un grand coup de pied dans cette grouillante fourmilière et
se décide à faire en sorte de moraliser les activités commerciales,
dans leur ensemble, dans le pays.
Ce sera la un fait
politique marquant tant il est vrai que le contenu du panier de la
ménagère et la protection du pouvoir d’achat des Algériens, d’une
manière générale ont, (est-il nécessaire de le souligner ?), une
dimension fondamentalement politique.
Ahmed
Mahieddine
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Commentaire
La patate se
rebiffe !
La pomme de terre
à 70 DA le kilogramme ! Qui l’eut cru ? Il y a quelques semaines, à
peine, une telle éventualité aurait prêté à rire. C’est,
malheureusement, l’amère vérité. Ce produit maraîcher, comme s’il ne
voulait pas être en reste, par rapport à la courgette, au navet ou à
la carotte, s’est senti pousser des ailes par suite de la forte
spéculation dont il est l’objet de la part d’entrepreneurs véreux. A
quelques dinars près, son prix n’est pas loin d’égaler celui de la
banane ramenée des lointaines Amériques et qui est devenue, à la
longue, l’un des fruits exotiques parmi les plus abordables sur le
marché. Placée, malgré elle, sur le devant de l’actualité, la pomme
de terre tient son succès des mille et une manières qu’ont les
ménagères de l’apprêter. Par le passé, elle était considérée comme
le légume dont le prix était le plus bas du marché. C’est ce qui
contribuait, d’ailleurs, à la faire préférer par les consommateurs
par les plus démunis.
Curieusement,
aucune statistique n’a jusqu’ici, précisé les quantités exactes de
tubercules que les Algériens consomment, chaque année, lorsque son
prix, bien évidemment, est maintenu à des seuils acceptables. On ne
saurait, cependant, se tromper de beaucoup si l’on se hasarde à
affirmer que les Algériens engloutissent presque autant de quantités
de pomme de terre que les Allemands qui en sont particulièrement
friands et qui ont fait une espèce de plat national.
A.M.
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