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Alors qu’une grève est annoncée pour le 24 février
Harraoubia-Cnes
le bras de fer
Le débrayage
national auquel avait appelé la Coordination nationale des sections
Cnes à partir du 24 février prochain dans les établissements
universitaires ne semble pas préoccuper le ministre de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Rachid
Harraoubia.
Interrogé sur
cette question, hier, en marge de la signature d’une circulaire
ministérielle avec le département de la PME, pour la mise en œuvre
du système des pépinières et d’incubateurs d’entreprises, le
ministre indique qu’il n’a pas connaissance de l’action
protestataire envisagée par la coordination précitée. «Je ne suis
pas au courant du mouvement de grève dont vous parlez», a répondu M.
Harraoubia aux journalistes qu’il ont invité à s’exprimer sur la
prochaine contestation projetée à l’Université. Manière, pour lui,
de dire que l’aile gréviste du syndicat du Cnes n’est pas reconnue
par son département. En plus clair, le ministre poursuit qu’«à ma
connaissance les sections du Cnes tiennent ces jours-ci des assises
dans la wilaya de Sétif pour débattre de la conjoncture des
enseignants, notamment pour préparer les prochaines rencontres de
dialogue avec le ministère». Insistants, les journalistes lui ont
signifié que le mot d’ordre de grève est brandi par les sections du
Cnes du centre et de l’ouest. «Je ne connais qu’une seule direction
du Cnes»,
a-t-il convenu,
sans trop s’attarder sur le sujet. Selon M. Harraoubia, seule l’aile
dirigée par l’actuel coordinateur national du Cnes, Ali Boukaroura
est reconnue. Aile qui fait l’objet, faut-il le signaler, d’un
retrait de confiance par les sections initiatrices du débrayage
attendu samedi prochain. En effet, dans une déclaration rendue
publique récemment, par la Coordination nationale des sections Cnes,
cette dernière dira que «face aux entraves avérées du bureau
national, la coordination nationale demande à l’ensemble des
adhérentes et adhérents du Cnes de signer la pétition de retrait de
confiance au bureau national du Cnes». Dans la même déclaration,
ladite coordination revient à la charge pour annoncer une série de
protestations à partir de la semaine prochaine. La décision de
recourir à cette action de protestation a été prise à l’issue de la
réunion de la coordination nationale des sections Cnes tenue à
Alger, les 8 et 9 février dernier. Les enseignants universitaires
relevant des sections grévistes du Cnes devraient, ainsi, tenir,
lors de leur mouvement de protestation qui prendra, rappelons-le,
une semaine, des assemblées générales et rencontres avec la presse
pour expliquer les raisons de leur démarche. Selon la déclaration de
la coordination, le marasme des enseignants du supérieur s’explique
par «le refus des pouvoirs publics de discuter de la grille des
salaires fixée et le fait qu’aucune avancée n’est, jusqu’ici,
enregistrée sur les dossiers du logement et de la gestion actuelle
de l’université», écrit-on dans la déclaration sus-citée.
Mourad Kechad
Haut
100 milliards de dinars pour la Recherche scientifique
Lors de la
rencontre regroupant hier au siège du MESRS, Rachid Harraoubia et
Mustapha Benbada, ministre de la Petite et moyenne entreprise, les
deux ministres ont paraphé une convention portant sur la mise en
place du système de pépinières de création, pour mettre en relation
le produit universitaire avec le monde de l’entreprise.
Pour le chef du
département de l’enseignement supérieur, «cette convention s’inscrit
dans la perspective d’accompagner les universitaires détenteurs de
projets et d’idées à les concrétiser sous forme d’activités
économiques». Dans la foulée, le ministre a rappelé, que son secteur
a bénéficié d’une enveloppe de 100 milliards de dinars, dans le
cadre du programme quinquennal. Comme pour illustrer les
(réalisations) de son secteur, ces trois dernières années, Rachid
Haraoubia cite 16 000 thèses de magister et 2 000 thèses de doctorat
qui ont été, indique-t-il, soutenues. A cela, s’ajoute,
enchaîne-t-il, la présentation de 14 000 communications dont 6 000
au niveau international. Pour sa part, M. Benbada a indiqué que son
département envisage la réalisation de 20 pépinières, auxquelles une
enveloppe de 800 millions de dinars sera débloquée. «Cette
convention permettra d’asseoir de bonnes bases pour une nouvelle
dynamique de création de structures appropriées pour permettre aux
jeunes sortants des universités et également aux chercheurs de
pouvoir transformer leurs idées et leurs résultats de recherches en
produit économique», dira le ministre de la petite et moyenne
entreprises.
M. K.
Haut
Les familles des journalistes victimes reçues hier
Le RND honore
la presse nationale
Les géants de la
presse nationale étaient hier au rendez-vous à «El Djazair». A
travers leurs familles, ils étaient les hôtes du parti RND. La
formation politique qui fête son dixième anniversaire le 21 de ce
mois a saisi l’occasion pour jumeler la célébration du 10e
anniversaire et la commémoration de la Journée nationale du chahid
coïncidant avec le 18 février dédiée cette année en hommage à la
mémoire des martyrs de la famille de la presse. Pour Chihab Seddik.
«Ces martyrs du verbe avaient, à l’instar des glorieux chouhada,
donné leur vie pour que l’Algérie reste debout» et d’ajouter que «le
sang des martyrs du devoir s’est mêlé avec celui des glorieux
chouhada tombés au champ d’honneur lors du combat libérateur».
Intervenant au nom du SG, Miloud Chorfi dira, après avoir souhaité
la bienvenue, que l’initiative est «faite pour rappeler que les
sacrifices des soldats de la plume n’ont pas été vains et que le
combat à la liberté d’expression reste un acquis immuable tout comme
le pluralisme politique qui est irréversible». «Une pléiade de noms,
qui pour beaucoup, n’ont même pas eu le temps de voir venir la paix
et l’émancipation d’une Algérie plurielle». L’hommage est tardif
peut-être, mais vient à point nommé pour rappeler aux Algériens, un
certain 26 mai 1993, date fatidique qui annonçait le déluge ayant
provoqué la descente aux enfers de nombreux journalistes refusant
que l’Algérie abdique. Ouyahia soulignera dans son allocution, lue
par le porte-parole du RND, que «nos pensées vont aussi à la mémoire
de nos frères et sœurs, enfants du pays, tombés dans un autre combat
pour sauvegarder fidèlement le noble héritage des martyrs de la
libération de l’Algérie d’une longue nuit de 132 ans du joug
colonialiste qui n’a fait que des atrocités». La spirale terroriste
ravit ce jour-là le premier écrivain-journaliste, auteur de «Les
vigiles», aux siens. L’orage noir des années de l’Algérie à sang et
à feu avait fauché, dans son sillage d’illustres noms parmi les
hommes et femmes de la corporation comme entre autres victimes :
Mustapha Abada, Saïd Mekbel, Smaïl Yefsah, Djamel Deraza,
Abderrahmane Chergou, les sœurs Hamadi de l’ENTV. Une trentaine de
journalistes victimes ont été honorés hier à titre posthume.
Recevant la première l’effigie des mains de la ministre Nouara
Djaâfar, ex-journaliste à la radio puis à la télévision, Madame
veuve Abada, présidente de l’association ne pouvait contenir ses
larmes ni s’adresser à l’assistance avec la gorge nouée de fortes
émotions. La cérémonie qui s’est déroulée dans une ambiance
conviviale a eu lieu en présence des membres du bureau national et
du bureau de la wilaya d’Alger. Des cadeaux en hommage aux
directeurs de journaux publics et privés ont été remis à l’ensemble
des titres nationaux. Le SG poursuit sa tournée dans les wilayas
qu’il sillonne pour rencontrer ses cadres locaux et affûter la
stratégie de son parti à l’horizon des législatives du 17 mai
prochain. Hier, il était à El-Tarf, aujourd’hui à Skikda, demain à
Guelma et le mercredi 21 février à Constantine où il présidera la
commémoration solennelle du 10e anniversaire de la création du RND.
Salah Bey
Haut
Abdelaziz Belkhadem
«La loi sur le
chahid sera appliquée»
Le Chef du
Gouvernement a affirmé hier que «le gouvernement s’attelle à
promulguer des décrets exécutifs pour l’application intégrale de la
loi sur le moudjahid et le chahid». L’Etat «n’a pas manqué à son
devoir envers la famille révolutionnaire», a déclaré
M. Belkhadem, lors
de l’ouverture de la 4e Conférence nationale des veuves de chouhada,
organisée par la Coordination nationale des enfants de chouhada, à
l’occasion de la journée nationale du chahid. La mise en œuvre de la
loi relative à cette catégorie «est un engagement de fidélité de
l’Etat au serment fait aux chouhada», a-t-il estimé. «La veuve de
chahid qui a enduré toutes formes de souffrances durant la
Révolution nationale, a le droit, ainsi que les enfants de chouhada,
après le recouvrement de la souveraineté nationale, à la
considération de l’Etat», a souligné M. Belkhadem.
Reconnaissant
«certaines lacunes» à l’égard de la famille révolutionnaire, le Chef
du gouvernement a assuré aux participants que «les ayants-droit
commencent progressivement à recouvrer leurs droits». Il a, par
ailleurs, a appelé les veuves de chouhada à accomplir leur «mission»
qui est celle d’«inculquer le sens du patriotisme aux enfants de
l’Algérie pour perpétuer le message des chouhada, défendre la patrie
et préserver l’héritage légué au prix des sacrifices consentis par
les glorieux martyrs». «Omettre d’enseigner l’amour de la patrie et
les sacrifices consentis pour l’indépendance du pays, aux
générations qui n’ont pas trop souffert, relève de la négligence»,
a-t-il ajouté
M. Belkhadem. «La
loyauté au serment des chouhada réside dans la poursuite du combat
pour le droit et la justice et la répartition équitable des
richesses du pays entre tous les Algériens afin que l’emblème
national flotte haut parmi les nations», a conclu M. Belkhadem. Pour
sa part, le président de la Coordination nationale des enfants de
chouhada, Khaled Bounedjma, a salué le souci du gouvernement quant à
l’application de la loi du moudjahid et du chahid, la considérant
plus à caractère «moral que social».
M. Bounedjma a
saisi cette occasion pour saluer le message du président de la
République à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale
du chahid, soulignant la détermination de son organisation à
poursuivre le combat pour que «le message du chahid soit transmis à
tous les enfants du peuple algérien». «Le chahid est un symbole pour
tous les Algériens», a-t-il ajouté. La Coordination nationale des
enfants de chouhada a honoré le président de la République,
Abdelaziz Bouteflika, ainsi que le chef du Gouvernement, Abdelaziz
Belkhadem, «en guise de reconnaissance de leurs efforts au service
de la patrie».
Redouane A.
Haut
Auditionnés hier pour non-dénonciation
Deux
commissaires aux comptes complices ?
Deux commissaires
aux comptes de Khalifa Bank ont été auditionnés, hier, par le
tribunal de Blida, pour «non-dénonciation», dans la cadre du procès
relatif de la caisse principale de Khalifa Bank.
Le tribunal leur
reproche de ne pas avoir alerté le procureur de la République sur
les «infractions» et «anomalies» constatées dans la gestion de cette
banque. Les deux ont tenté de se tirer d’affaire en répondant qu’ils
avaient alerté la Banque d’Algérie qui, selon eux, «n’a pas réagi».
Des réponses qui n’ont pas convaincu la présidente de ce tribunal
qui leur rappelle que la loi 90/10 sur le crédit et la monnaie les
oblige à alerter le procureur de la République sur ces faits. Ils
ont été interrogés sur l’absence de tenue d’assemblées générales
(AG) dans les temps réglementaires pour la préparation de bilans
ainsi que sur le non-respect des règles prudentielles par la banque
du milliardaire en fuite.
Le premier de ces
commissaires aux comptes interrogés est Lakhdar Mimi qui a été
désigné en remplacement à Mohamed Dechmi, démissionnaire.
«Savez-vous que le
délit pour lequel vous êtes poursuivi, aujourd’hui, peut coûter 6
mois à deux années de prison, une amende de 20 000 à 200 000 DA. ou
l’une de ces peines ?», lui lance la présidente du tribunal.
«Abdelaziz Lakhdar
Mohamed Khalifa (frère de Rafik Abdelmoumène Khalifa) a-t-il assisté
à l’AG ?», lui demande le procureur général
«Il a assisté en
tant que représentant de Rafik Abdelmoumène Khalifa pour le budget
de l’année 2000», répond cet accusé
«quand ?»
«En décembre 2002»
Le procureur
général lui fait remarquer que cette AG a eu lieu une année et demie
après l’année 2000 et que la loi accorde un délai de six mois à une
année pour ce faire, en l’interrogeant pour quelle raison il n’a pas
alerté sur cette situation en sa qualité de commissaire aux comptes.
«Est-ce qu’elle a eu lieu dans les six mois ou une année ?», lui
demande-t-il.
«Non, elle n’a pas
eu lieu», répond cet accusé. «Mohamed Dechmi a quitté en 1999, il a
été remplacé en quelle
date ?»
«En 1999»
«Qui l’a
désigné ?»
«C’est l’AG qui
désigne son remplaçant.»
Lakhdar Mimi
souligne qu’il a produit un rapport préliminaire en 2001 et
«personne n’a réagi».
«Est-ce qu’il y
avait, effectivement et techniquement, un service de crédit (à
Khalifa Bank) ?», lui demande le procureur général
«Il y a une
direction du crédit», répond cet accusé
«Y avait-il des
crédits maquillés ? Je vous cite un exemple : une femme est passée,
hier, et elle a parlé d’un crédit de 900 millions de centimes. Il y
avait des traces. Vous n’avez rien remarqué ?», interroge le
procureur général, qui revient à la charge : «L’argent remis sur la
base de bouts de papiers constitue-t-il un crédit ?»
«Non», répond cet
accusé.
Le procureur
général lui demande d’expliquer le fait qu’il a contrôlé la caisse
principale mais sans contrôler les agences (de Khalifa Bank).
«S’il y avait des
irrégularités ou anomalies,on les aurait signalées»,
répond-il.
«Vous n’avez pas
remarqué, en 1999, que des sommes importantes d’argent étaient
transférées ?», lui demande-t-il
«On a adressé une
copié d’un rapport au gouverneur de la Banque d’Algérie le 5 juin
2000», répond cet accusé.
Les vases
communiquants
Le procureur
général pose une question à cet accusé pour savoir si Khalifa Bank
était client à Khalifa Bank. Ce dernier répond par «Oui». Il
l’interroge sur la raison pour laquelle les règles prudentielles qui
veulent que le crédit accordé par cette banque ne dépasse pas les 20
% du capital de cette banque. «Le crédit accordé à Khalifa Airways a
dépassé ce taux ?», lui demande le procureur général. Cet accusé
répond par l’affirmative.
«Que concluez-vous
sur la base de tout cela ?»
«J’ai été surpris
et je ne m’attendais pas à cette situation, franchement».
«Avez-vous
effectué un contrôle à la direction monétaire ?»
«C’était au début
de l’année 2001 et mon mandat a expiré en 2000.»
«Avez-vous
effectué un contrôle à la direction de la trésorerie ?»
«Oui».
«Et à la direction
du commerce extérieur ?»
«Oui».
«Vous n’avez rien
remarqué pour les swift (transferts de devises vers l’étranger) ?»
«Il y a eu
transfert de 250 millions de dinars, en juin 2000».
La présidente du
tribunal intervient pour lancer : «A travers ces questions du
procureur général, nous comprenons que le gouverneur est le premier
contrôleur et le commissaire aux comptes est le premier contrôleur
et la loi l’habilite à déposer plainte auprès du procureur
général», lui
reprochant de ne pas avoir déposé cette plainte.
Elle l’intérroge
pour savoir pourquoi Khalifa Bank offrait, en 2001, des taux
d’intérêts de 17 % pour les placements, tandis que ce taux a chuté,
sur le marché monétaire, durant la même année jusqu’à moins de 5 %
comme il était appliqué par les autres banques. «Une banque
peut-elle survivre avec ce taux ?», lui damande-t-elle. «Elle ne
peut pas survivre à cela», répond cet accusé. «L’article 328 vous
oblige à déposer plainte, auprès du procureur de la République pour
les irrégularités constatées. Vous ne l’avez pas fait», lui
lance-t-elle.
Khalifa Airways,
un découvert de 40 milliards
Le tribunal a
auditionné, pour «non -dénonciation», le deuxième commissaire aux
comptes de Khalifa Bank, Hamid Sakhra. Plusieurs des questions
posées à Lakhdar Mimi lui ont été posées, à son tour. La présidente
du tribunal lui fait les mêmes reproches que ceux faits à son
collègue, ceux de ne pas avoir déposé plainte auprès du procureur de
la République comme le stipule la loi.
Parmi les
informations fournies par ce commissaire aux comptes à ce tribunal,
celle relative au découvert laissé par Khalifa Airways dans Khalifa
Bank. «J’ai trouvé un découvert de 400 millions de dinars, j’ai
informé la Banque d’Algérie qui a dépêché une équipe de contrôle qui
a abouti à éstimer ce découvert à 65 millions de dinars.»
«Etes-vous sûr de
votre chiffre à
vous ?», lui
demande la magistrate.
Elle lui rappelle
qu’il devait déposer plainte auprès du procureur de la République
comme le stipule la loi et qu’il ne l’a pas fait. «Nous avons
constaté que c’est un découvert et qu’il ne constitue pas un délit»,
tente d’expliquer Hamid Sakhra, tout en insistant que le découvert
est de 400 millions de dinars. et non 65 millions, comme estimé par
la Banque d’Algérie. «Nous avons informé le P-DG (Rafik Abdelmoumène
Khalifa) pour ce découvert», ajoute-t-il. La magsitrate lui rappelle
que la loi l’oblige à déposer plainte auprès du procureur de la
République et non pas d’informer le
P-DG. «Est-ce
qu’il existe un article de loi qui vous dicte d’informer le P-DG»,
lui lance la présidente du tribunal. «Il n’ y a pas, répond-il.
«En quelle qualité
Rafik Abdelmoumène Khalifa a-t-il été informé par vous ?»
«En sa qualité de
président du conseil d’administration».
«Il vous a
répondu ?»
«Pratiquement,
oui. Il a constitué une commission composée d’éléments chevronnés.»
«Désignée par
qui ?»
«Le P-DG.»
Par ces
questions-réponses, la présidente du tribunal a démontré que Rafik
Abdelmoumène Khalifa pouvait, de cette façon, facilement «cacher»
ces irrégularités.
«La Banque
d’Algérie n’a pas
réagi», poursuit
Hamid Sakhra
A travers ces
questions-réponses, la magistrate est arrivée à faire «avouer» à cet
accusé que les filiales du groupe Khalifa ont été créées de façon
illégale car ne respectant pas les procédures en la matière, dont le
non-respect des règles prudentielles dans l’octroi de crédits à ces
filiales par Khalifa Bank et que ces filiales ne disposaient pas de
commissions dans leurs comptes bancaires. Hamid Sakhra informe le
tribunal que le découvert causé par Khalifa Airways à Khalifa Bank
dépassait les 100 milliards de centimes au 31 décembre 2000 et qu’à
cette époque, lui et son collègue n’avaient pas procédé à une
assemblée générale. A une question du procureur général pour savoir
si Khalifa Bank était membre de l’association des banques et
établissements financiers (BANK), cet accusé répond que la banque du
milliardaire en fuite était membre de cette association. Pourtant,
et c’est, probablement, ce à quoi veut arriver ce tribunal, la
banque du golden boy n’a pas respecté les taux d’intérêts accordés
pour les dépôts d’argent. Il ajoute que cette banque n’a pas siégé à
l’ABEF.
M. Abi
Haut
Pour «l’année de l’Algérie en France»
500 millions un
casting
Hamida Hamiani,
sœur de Réda Hamiani, ancien ministre, a été auditionnée, hier, en
tant que témoin, par le tribunal de Blida dans le cadre du procès de
l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank. Elle a expliqué
comment Rafik Abdelmoumène Khalifa l’a sollicitée pour collaborer
avec lui pour l’Année de l’Algérie en France. «J’étais spécialisée
dans les assurances et j’exerçais dans une société d’assurances.
Lorsque le P-DG du groupe Khalifa m’a fait cette proposition, je
suis partie en congé sans solde pour une durée d’une année. La
mission qu’il m’a confiée consistait à prendre attache avec des
artistes et de négocier avec eux ainsi que de fixer leurs salaires»,
souligne-t-elle, en ajoutant que «j’ai étudié des centaines de
dossiers dans ce cadre». Ce témoin poursuit que Rafik Abdelmoumène
Khalifa lui a remis 500 millions de centimes en une année pour ce
travail, en mensualités. Elle a justifié cette somme par le nombre
de dossiers étudiés. Hamida Hamiani ajoute qu’une somme de
4 millions de
dinars lui a été remise à l’agence Khalifa Bank de Chéraga sur
simple bout de papier signé par Rafik Abdelmoumène Khalifa.
L’opération de retrait de cette somme d’argent a duré, environ, dix
minutes, selon elle. Elle a insisté pour dire qu’elle a restitué
cette somme au liquidateur et que, de ce fait, elle n’a, de cette
façon, «rien perçu pour le travail effectué». Elle ajoute avoir
bénéficié d’une carte de gratuité et de 1 500 euros, somme qui,
dit-elle, lui a été remise en espèces, à l’agence Khalifa Bank de
Chéraga sur présentation d’un simple bout de papier signé par le
milliardaire en fuite, et qu’elle a utilisée dans ses déplacements.
Rafik Abdelmoumène Khalifa a mis à sa disposition une villa à El
Biar et une voiture de marque Echo, pour accomplir son travail,
ajoute-t-elle. Elle explique qu’elle a été «contrainte» d’utiliser
cette voiture «vu que ma propre voiture était d’un grand volume et
que je trouvais des difficultés pour son stationnement dans le
parking».
M. Abi
Haut
Fin des auditions des inculpés et des témoins
La fille de
Temmar citée
Au terme des
auditions des inculpés et des témoins dans l’affaire de Khalifa Bank
, qui ont duré plus d’un mois, le tribunal criminel de Blida a
entamé hier après-midi le volet relatif à la partie civile. Avant de
donner la parole au collectif de la défense, la présidente du
tribunal a donné lecture de certaines déclarations par écrit de
témoins n’ayant pu répondre aux convocations du tribunal. Ainsi,
M. Mohamed
Raouraoua, ex- président de la FAF, convoqué par le tribunal n’a pu
répondre à la convocation en raison de son absence hors du
territoire algérien. De son côté, Nadjia Kebache, directrice
générale deKhaifa Airways précise dans son témoignage par écrit
qu’elle n’avait aucune responsabilité dans le recrutement du
personnel de la compagnie et que toutes les personnes qui se
présentaient à elle dans ce contexte étaient envoyées par Rafik
Abdelmoumène Khalifa qui ordonnait leur recrutement. Elle a cité le
nom de Feriel Temmar, la fille du ministre, qui résidait au Canada
et qui devait être recrutée à Paris. En fin d’après- midi, le
tribunal a entamé l’organisation du programme réservé aux
plaidoiries concernant la partie civile. On apprend que le premier
concerné sera le liquidateur par qui débuteront les
plaidoiries.
A. B. M.
Haut
Une société allemande porte plainte
L’assistance à la
salle d’audience du tribunal de Blida a été surprise hier d’entendre
le nom d’une société allemande parmi la liste des victimes qui se
sont constituées partie civile dans le procès de la caisse
principale de Khalifa Bank. La présidente Fatiha Brahimi a, en
effet, cité le nom d’une firme allemande qui a porté plainte contre
la banque de Moumen Khalifa, mais aussi… la Banque d’Algérie et la
commission bancaire.
A. B. M.
Haut
Khalifa Airways
Saisie
conservatoire de 6 avions
Auditionné, hier,
par le tribunal de Blida, Boualem Laouche, directeur des affaires
juridiques à Khalifa Bank a informé le tribunal que six avions de
Khalifa Airways avaient fait l’objet de saisie conservatoire et mis
à la disposition de l’administrateur de Khalifa Bank. Il a été
«rappelé à l’ordre» par la présidente du tribunal qui l’a informé
qu’il est auditionné pour expliquer pourquoi il n’a pas déposé
plainte pour l’affaire des agences de Khalifa Bank après qu’il eut
reçu une instruction, dans ce sens, par le liquidateur. Lui qui
avait déposé plainte pour l’affaire de la caisse principale de cette
banque, a tenté d’expliquer cette situation en lançant:
«J’ai reçu cette
instruction un mercredi soir et il m’a été impossible de prendre
attache, le lendemain, avec les autorités judiciaires et policières
concernées». Il a été démenti par la présidente du tribunal et le
procureur général qui lui ont répondu qu’il avait
«toute la latitude
pour déposer cette plainte le même jour», comme il l’a fait pour la
caisse principale et que «c’était possible que cette plainte soit
déposée le lendemain sans qu’il n’effectue cette procédure légale».
M. A.
Haut
M. Mékidèche à propos de la stratégie industrielle
«Un moyen
d’impliquer l’Etat dans le processus»
La stratégie
industrielle est, selon Mustapha Mékidèche, spécialiste- consultant
en stratégie et vice- président du Cnes est aujourd’hui plus
qu’indispensable.
Invité hier de
l’émission en toute franchise de la Chaîne III, portant sur le sens
à apporter à cette stratégie, M Mékidèche et avant de définir cette
stratégie, a commencé par avancer les causes qui ont donné naissance
à l’idée du projet et qui se résument à «l’étude analytique de la
croissance du pays durant les dernières années a démontré que seule
l’industrie nationale tirait vers le bas et qu’elle ne représentait
que 6% du produit national brut, PNB», cela en plus du fait que «les
capacités industrielles existantes ont dans le programme de
réajustement structurel été traitées de façon négative». Définissant
par ailleurs la stratégie industrielle comme «un ensemble de
politique publique qui s’appuie sur une ambition nationale, laquelle
repose à son tour sur les consensus avec les partenaires sociaux et
économiques», l’invité de la Chaîne III
A mis l’accent sur
l’utilité aujourd’hui d’améliorer les différentes branches avec
l’appui des entrepreneurs. Il ressort des déclaration de M.
Mékidèche que le processus de réformes des années 1980 et 1990, qui
y ont certes permis d’aboutir à un rééquilibre des finances
publiques, mais ont, en contrepartie fait en sorte que l’Etat n’ait
plus rien à gérer. Aussi, la stratégie industrielle reste
aujourd’hui un outil qui permettra «d’actualiser le rôle de l’Etat
dans l’industrie». Il appuie ses déclarations en se référant au
changement de politique de la Banque mondiale qui veut que l’Etat
s’implique de près dans le développement industriel et économique.
Cette implication se traduit selon
M. Mékidèche par
un changement de vision qui mettra au-devant «l’identification des
branches qui portent des avantages comparatifs, rattraper le retard
en matière de services d’accompagnement, permettre une bonne
visibilité économique et mettre en place de grandes administration
structurées et doter de tous les moyens humains matériel et
juridique nécessaires, et aussi ouvrir l’accès au marché obligataire
pour les entreprises privées». Reconnaissant par ailleurs, que cet
Etat avait mal accompagné le processus des réformes des années 1990
et que l’autonomie des entreprises publiques avait mal fonctionné,
l’intervenant a déclaré qu’il en résulte aujourd’hui qu’«un certain
nombre d’entreprises sont cliniquement mortes, car elles ont été
ouvertes précocement à la concurrence. Il s’agit entre autres des
activités liées au textile, au cuivre…». Il donne quand même des
chances de survie aux entreprises liées à des branches
internationalisées, tels l’électronique, la mécanique, la
métallurgie, et qui peuvent avoir, a-t-il dit, «une seconde vie
grâce à des perspectives d’alliances et de partenariat avec les
sociétés internationales». Associé de près au document élaboré par
le ministère des Participations et de la Promotions de
l’investissement, le vice-président du Cnes a souligné entre autres,
l’importance «à placer le capital humain et son développement au
cœur même de cette stratégie».
Habiba Ghrib
Haut
Le patronat dans la tourmente
A une semaine de
la tenue des Assises nationales sur la nouvelle stratégie
industrielle, annoncées pour les 26, 27 et 28 février courant, les
présidents des organisations patronales ne se sont toujours pas
prononcés sur la position qu’ils comptent adopter vis-à-vis de ces
assises. Prévue initialement avant-hier, la rencontre qui devrait
réunir les chefs des différentes organisations patronales n’a
finalement pas eu lieu en raison de l’absence de certains patrons
qui se trouvent dans des missions à l’étranger.
De ce fait, les
responsables des organisations patronales conviés à y prendre part
ne se sont pas encore donné le mot pour décider de reporter ou de
boycotter le rendez-vous. En attendant de pouvoir débattre de cette
position, certaines organisations se contentent d’examiner le
dossier remis par le ministre et tentent de faire des propositions.
Cette réunion, nous a-t-on déclaré, sera certainement tenue avant la
fin de cette semaine.
Nouria B.
Haut
Gestion des villes
Boukerzaza pour
«un pacte du quartier»
Le ministre
délégué chargé de la Ville, Abderrachid Boukerzaza, a estimé
samedi, que «la modernisation de la gestion des villes est le
meilleur moyen pour leur développement durable et pour leur
promotion au rang des grandes métropoles.» Invité du Forum de la
télévision, M. Boukerzaza a expliqué que «la consécration d’un
développement durable dans les villes est fonction de plusieurs
facteurs socio-économiques et écologiques», précisant que tel
développement requiert, aux termes de la loi portant orientation de
la ville, «l’élaboration de programmes de développement régionaux et
locaux, la réforme de la fiscalité locale, une gestion efficiente
des communes et l’exploration de ressources locales
d’investissement.» Revenant sur les problèmes soulevés, en la
matière, dans différentes villes du pays, le ministre s’est dit
«optimiste quant à l’avenir des villes algériennes» qui, note-t-il,
«recèlent un riche patrimoine architectural, historique et
culturel», faisant observer que «plus de 350 villes algériennes
seraient promises à un avenir prometteur si les instruments du
développement leur sont fournis». S’agissant de l’aménagement des
quartiers, le ministre délégué a rappelé les décrets exécutifs
adoptés dans ce sens, annonçant que son département est sur le point
de promulguer le «Pacte du quartier», en coordination avec le
ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. Ce Pacte,
explique-t-il, est «un outil visant l’implication des citoyens dans
la préservation de l’environnement des quartiers». Dans ce contexte,
poursuit M. Boukerzaza, quatre villes pilotes ont bénéficié d’études
urbanistiques visant la modernisation de leur gestion, ajoutant que
ces études concerneront, prochainement, 40 autres villes et
permettront la création, via Internet, d’une base de données sur les
villes et les moyens de moderniser leur gestion et d’évaluer leurs
programmes d’activités dans tous les domaines. Ces études,
souligne-t-il, seront assorties de photos satellites permettant de
suivre l’expansion anarchique des villes, protéger les terres
agricoles et lutter contre la prolifération des zones d’entassement
des déchets ménagers. S’agissant des quartiers manquant
d’infrastructures publiques, le ministre a souligné la nécessité de
«la mise en place de programmes ad hoc en vue de mettre un terme aux
quartiers dits «quartiers dortoirs.» Revenant sur l’arsenal
juridique mis en place pour l’amélioration de la gestion de la
ville, le ministre a mis en relief l’importance de l’implication du
citoyen dans «la gestion de la ville, et ce, tout en oeuvrant à
promouvoir sa culture civique et à l’encourager à préserver l’aspect
esthétique de sa ville».
Amine B.
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Enquête / Prix de
référence des médicaments remboursables
La liste qui
profite aux importateurs
Trop compliquée,
trop technique, cycliquement changeante, la liste des prix de
référence des médicaments remboursables serait-elle une vraie
aubaine pour les importateurs au détriment des producteurs locaux ?
L’élaboration de
la nomenclature des médicaments remboursables par la Caisse
nationale de la sécurité sociale est-elle réalisée en concertation
avec tous les acteurs entrant dans la chaîne de la fabrication et de
la distribution du médicament ? C’est une question à laquelle nous
tentons de trouver une réponse auprès de M. Rezki, président du
collectif des pharmaciens. Il nous parle un peu en homme de terrain,
il met le doigt sur certaines vérités. Pour lui, il s’agit d’abord,
de l’exclusion des pharmaciens de la commission technique de
référence qui n’est représentée réellement que par la Cnas, souligne
notre interlocuteur. Nous posons donc un problème de manque de
transparence qui caractérise les décisions du Comité technique de
remboursement (CTR), ajoute M. Rezki. En effet, selon le même
pharmacien, sur les 114 médicaments composant la nouvelle liste de
référence, 4 seulement sont produits localement et 13 ne sont pas
remboursés en France. 56 produits ne sont pas disponibles sur le
marché national. Il convient de souligner que plusieurs experts ont
estimé, via la presse que la grande partie de ces médicaments
remboursables sont des spécialités alors que le principe même de la
liste de référence est d’encourager le générique.
M. Rezki souligne
également que le pharmacien est placé entre deux feux. Celui de
contribuer à la commercialisation et à la promotion du médicament
générique, ce qui se réalise dans la majorité des cas au détriment
du chiffre d’affaires de la pharmacie, qui est après tout une entité
économique qui a bien le souci de la survie financière. Les produits
qui ne figurent pas dans la nomenclature de référence trouveront du
mal à être vendus facilement car, la clientèle est influencée par le
prix, il ne faut pas oublier que le pouvoir d’achat détermine le
choix du produit à acheter. Les prescripteurs et pharmaciens doivent
cohabiter avec cette donne sous peine de fermer boutique et chercher
une autre activité.
«C’est toute la
chaîne de distribution et de fabrication qui est concernée, du
fabricant ou importateur au distributeur et au pharmacien.»
«Pourquoi voulez-vous qu’ils s’encombrent de produits déclarés non
remboursables ?», nous dira M. Rezki. L’autre souci pour ces
pharmaciens est de veiller sur «la sécurité» du consommateur. «Nous
nous trouvons à servir les médicaments prescrits par les différents
praticiens, mais nous n’avons aucune garantie sur l’équivalence d’un
médicament avec le produit d’origine. Il appellera dans ce contexte
à renforcer le Laboratoire national du contrôle des produits
pharmaceutiques.»
La sécu,
l’autre casse-tête
Le ministre du
Travail et de la Sécurité sociale a eu à s’exprimer, à maintes
occasions sur la question «du remboursement du médicament, qui
nécessite un débat, où tout un chacun assume ses responsabilités. Le
but est que le système de la sécurité sociale assure le
remboursement à des malades chroniques (100%) et non chroniques
(80%). Mais le peuple est tenu au courant des limites de ce
système». Le ministre du Travail n’a pas manqué de souligner que
seuls les médicaments ayant prouvé leur efficacité thérapeutique
sont remboursés. M. Louh avait promis également de chercher les
outils à même d’assurer la transparence et l’équilibre financier du
système de la sécurité sociale.
Des tarifs
applicables ?
Le Conseil de
l’ordre des pharmaciens, à travers son président, M. Benbahmad,
estime que la mise en place du tarif de référence obéit surtout à
une volonté politique puisque les conditions nécessaires à son
application ne sont pas toutes réunies. Ceci, ni sur le plan de la
qualité ni sur l’accessibilité. Les campagnes de sensibilisation que
doivent mener le ministère de la Santé et la direction de la
pharmacie font affreusement défaut, selon le même interlocuteur.
Pour le Conseil de l’ordre des pharmaciens, il faut d’abord
réhabiliter le Laboratoire national de contrôle des produits
pharmaceutiques (LNCPP). L’Algérie dispose d’un laboratoire, mais il
n’est toujours pas bien outillé pour vérifier la bioéquivalence des
médicaments génériques, selon M. Benbahmad, «Le médicament générique
doit avoir exactement la même forme, la même composition et surtout
les mêmes effets que le princeps (origine).» C’est ainsi, dira-t-il
que pour certaines formes de médicaments, il est possible de
vérifier si le générique a les mêmes effets ou la même
biodisponibilité que le princeps. C’est ce qu’on appelle la
bioéquivalence. Dans le cas contraire, si le médicament générique
n’a pas le dosage voulu ou les effets attendus, ce médicament est
alors considéré par l’OMS comme une contrefaçon. M. Benbahmad nous
indiquera également qu’en plus de sous «outillement» du LNCPP, très
peu de laboratoires génériques ont déposé des études prouvant la
bioéquivalence de leurs produits dans leurs dossiers
d’enregistrement au ministère de la Santé.
Exportateurs,
mais non agréés
M. Benbahmad
touche du doigt un autre problème, encore plus grave. Il s’agit du
doute qui pèse sur la qualité de certains produits
génériques surtout, explique le président du Conseil de l’Ordre des
pharmaciens, lorsqu’on sait que «certains laboratoires étrangers
parfois européens, n’ont pas l’autorisation de commercialiser dans
leur pays d’origine, alors qu’ils mettent sur le marché algérien
leurs médicaments, sachant que la loi exige qu’ils soient d’abord
autorisés dans les pays d’origine».
Dans ce contexte,
M. Benbahmad estime que l’Algérie doit se prémunir de moyens
nécessaires de contrôle de la bioéquivalence, car di-t-il, le
contraire nous conduirait certainement à un problème de santé
publique, avec la circulation de produits contrefaits. En aucun cas,
dit-il, la promotion du générique «ne doit pas ouvrir le marché sur
la contrefaçon».
Et le rapport
qualité-prix ?
Concernant les
prix de ces génériques, M. Benbahmad estime que l’empressement de
certains importateurs de génériques qui portent un soudain intérêt
pour l’équilibre de la sécurité sociale cache mal leurs intérêts
directs dans la commercialisation devenue certaine de médicaments
génériques. Il faut souligner dans ce contexte que les prix restent
incontrôlables sur le marché international et certains opérateurs
ont réduit leurs tarifs pour correspondre au tarif de référence, ce
qui nous pousse à penser que ces opérateurs vendaient auparavant
trop cher ou ont réduit le coût de leurs produits en laissant de
côté la qualité !
Pourquoi ne pas
avoir appliqué la liste de 2001 ?
L’Ordre des
pharmaciens s’interroge sur le fait que le tarif de référence mis en
place en 2001 n’a pas été appliqué. Il proposait, selon cette
instance 116 produits, pour lesquels un tarif de référence a été
arrêté, «c’est-à-dire un remboursement sur la base d’un générique,
recoupant étonnamment une copie de la nomenclature des médicaments
importés par ces opérateurs qui auraient d’ailleurs collaboré à la
confection de ce travail», nous a expliqué M. Benbahmad. Pour ce
dernier, au-delà de la volonté politique, il apparaît que
l’application du tarif de référence, mesure logique si le problème
de la bioéquivalence est maîtrisé, pose plusieurs problèmes dans son
application, alors qu’il est appliqué dans plusieurs pays, sans que
son application pose problème. Selon notre interlocuteur, cela est
dû au fait que l’Algérie importe plus de 80% de ses besoins en
médicaments avec des prix enregistrés en devises, c’est pourquoi le
prix public apposé sur la vignette varie. Ainsi, à titre d’exemple,
une baisse significative du dinar par rapport à l’euro, induirait
une augmentation du prix du médicament importé. Dans ce cas,
explique M. Benbahmad, si le médicament générique voit son prix
augmenté, c’est le malade qui se verra obligé de payer la
différence même s’il est dans la catégorie des personnes prises en
charge à 100%, les tarifs de références étant fixés par arrêté et
pour une période déterminée. C’est dans ce contexte que se pose le
problème de l’absence d’outil statistique sur la consommation des
médicaments en Algérie, due à l’instabilité du marché, ce qui nous
empêche de savoir si un médicament est considéré de manière continue
comme générique.
La solution,
c’est le prescripteur
L’application du
tarif de référence implique impérativement la concertation avec les
prescripteurs. Il est impossible de responsabiliser les médecins sur
leurs prescriptions puisqu’ils ne sont pas conventionnés. Les
médecins, dira
M. Benbahmad, sont
les ordonnateurs du marché du médicament remboursable. Il faut les
impliquer davantage pour rationaliser les dépenses de la santé.
Les pharmaciens
Les pharmaciens
aussi, si leurs marges bénéficiaires ne sont pas réévaluées, comme
dans tous les pays où le tarif de référence est appliqué, ne
pourront pas assumer la perte de chiffre d’affaires engendré par la
vente de produits beaucoup moins chers. Si aucune mesure n’est prise
dans ce sens, prévient
M. Benbahmad,
beaucoup d’officines seront fragilisées et ne pourront de ce fait
assumer leur rôle initial, c’est-à-dire, assurer la disponibilité
des médicaments, la qualité des conseils et la performance des
personnels employés. Certaines pourraient même devenir un danger
pour la santé publique, leurs propriétaires seront «contraints» de
faire des détours afin d’écouler des marchandises (vente sans
ordonnance et trafic de psychotropes), explique le président du
Conseil de l’Ordre des pharmaciens.
Fatima Arab
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