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Alors qu’une grève est annoncée pour le 24 février

Harraoubia-Cnes le bras de fer

100 milliards de dinars pour la Recherche scientifique

Les familles des journalistes victimes reçues hier

Le RND honore la presse nationale

Abdelaziz Belkhadem

«La loi sur le chahid sera appliquée»

Auditionnés hier pour non-dénonciation

Deux commissaires aux comptes complices ?

Pour «l’année de l’Algérie en France»

500 millions un casting

Fin des auditions des inculpés et des témoins

La fille de Temmar citée

Une société allemande porte plainte

Khalifa Airways

Saisie conservatoire de 6 avions

M. Mékidèche à propos de la stratégie industrielle

«Un moyen d’impliquer l’Etat dans le processus» 

Le patronat dans la tourmente 

Gestion des villes

Boukerzaza pour «un pacte du quartier»

Enquête / Prix de référence des médicaments remboursables

La liste qui profite aux importateurs

 

 19/02/07

 

 Alors qu’une grève est annoncée pour le 24 février

Harraoubia-Cnes le bras de fer

Le débrayage national  auquel avait appelé la Coordination nationale des sections Cnes à partir du 24 février prochain dans les établissements universitaires ne semble pas préoccuper le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Rachid Harraoubia.

Interrogé sur cette question, hier, en marge de la signature d’une circulaire ministérielle avec le département de la PME, pour la mise en œuvre du système des pépinières et d’incubateurs d’entreprises, le ministre indique qu’il n’a pas connaissance de l’action protestataire envisagée par la coordination précitée. «Je ne suis pas au courant du mouvement de grève dont vous parlez», a répondu M. Harraoubia aux journalistes qu’il ont  invité à s’exprimer sur la prochaine contestation projetée à l’Université. Manière, pour lui, de dire que l’aile gréviste du syndicat du Cnes n’est pas reconnue par son département. En plus clair, le ministre poursuit qu’«à ma connaissance les sections du  Cnes tiennent ces jours-ci des assises dans la wilaya de Sétif pour débattre de la conjoncture des enseignants, notamment pour préparer les prochaines rencontres de dialogue avec le ministère». Insistants, les journalistes lui ont signifié que le mot d’ordre de grève est brandi par les sections du Cnes du centre et de l’ouest. «Je ne connais qu’une seule direction du Cnes»,

a-t-il convenu, sans trop s’attarder sur le sujet. Selon M. Harraoubia, seule l’aile dirigée par l’actuel coordinateur national du Cnes, Ali Boukaroura est reconnue. Aile qui fait l’objet, faut-il le signaler, d’un retrait de confiance par les sections initiatrices du débrayage attendu samedi prochain. En effet, dans une déclaration rendue publique récemment, par la Coordination nationale des sections Cnes, cette dernière dira que «face aux entraves avérées du bureau national, la coordination nationale demande à l’ensemble des adhérentes et adhérents du Cnes de signer la pétition de retrait de confiance au bureau national du Cnes». Dans la même déclaration, ladite coordination revient à la charge pour annoncer une série de protestations à partir de la semaine prochaine. La décision de recourir à cette action de protestation a été prise à l’issue de la réunion de la coordination nationale des sections Cnes tenue à Alger, les 8 et 9 février dernier. Les enseignants universitaires relevant des sections grévistes du Cnes devraient, ainsi, tenir, lors de leur mouvement de protestation qui prendra, rappelons-le, une semaine, des assemblées générales et rencontres avec la presse pour expliquer les raisons de leur démarche. Selon la déclaration de la coordination, le marasme des enseignants du supérieur s’explique par «le refus des pouvoirs publics de discuter de la grille des salaires fixée et le fait qu’aucune avancée n’est, jusqu’ici, enregistrée sur les dossiers du logement et de la gestion actuelle de l’université», écrit-on dans la déclaration sus-citée.   

Mourad Kechad

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100 milliards de dinars pour la Recherche scientifique

Lors de la rencontre regroupant hier au siège du MESRS, Rachid Harraoubia et Mustapha Benbada, ministre de la Petite et moyenne entreprise, les deux ministres ont paraphé une convention portant sur la mise en place du système de pépinières de création, pour mettre en relation le produit universitaire avec le monde de l’entreprise.

Pour le chef du département de l’enseignement supérieur, «cette convention s’inscrit dans la perspective d’accompagner les universitaires détenteurs de projets et d’idées à les concrétiser sous forme d’activités économiques». Dans la foulée, le ministre a rappelé, que son secteur a bénéficié d’une enveloppe de 100 milliards de dinars, dans le cadre du programme quinquennal. Comme pour illustrer les (réalisations) de son secteur, ces trois dernières années, Rachid Haraoubia cite 16 000 thèses de magister et 2 000 thèses de doctorat qui ont été, indique-t-il, soutenues. A cela, s’ajoute, enchaîne-t-il, la présentation de 14 000 communications dont 6 000 au niveau international. Pour sa part, M. Benbada a indiqué que son département envisage la réalisation de 20 pépinières, auxquelles une enveloppe de 800 millions de dinars sera débloquée. «Cette convention permettra d’asseoir de bonnes bases pour une nouvelle dynamique de création de structures appropriées pour permettre aux jeunes sortants des universités et également aux chercheurs de pouvoir transformer leurs idées et leurs résultats de recherches en produit économique», dira le ministre de la petite et moyenne entreprises.

M. K.

 

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Les familles des journalistes victimes reçues hier

Le RND honore la presse nationale

Les géants de la presse nationale étaient hier au rendez-vous à «El Djazair». A travers leurs familles, ils étaient les hôtes du parti RND. La formation politique qui fête son dixième anniversaire le 21 de ce mois a saisi l’occasion pour jumeler la célébration du 10e anniversaire et la commémoration de la Journée nationale du chahid coïncidant avec le 18 février dédiée cette année en hommage à la mémoire des martyrs de la famille de la presse. Pour Chihab Seddik. «Ces martyrs du verbe avaient, à l’instar des glorieux chouhada, donné leur vie pour que l’Algérie reste debout» et d’ajouter que «le sang des martyrs du devoir s’est mêlé avec celui des glorieux chouhada tombés au champ d’honneur lors du combat libérateur». Intervenant au nom du SG, Miloud Chorfi dira, après avoir souhaité la bienvenue, que l’initiative est «faite pour rappeler que les sacrifices des soldats de la plume n’ont pas été vains et que le combat à la liberté d’expression reste un acquis immuable tout comme le pluralisme politique qui est irréversible». «Une pléiade de noms, qui pour beaucoup, n’ont même pas eu le temps de voir venir la paix et l’émancipation d’une Algérie plurielle». L’hommage est tardif peut-être, mais vient à point nommé pour rappeler  aux Algériens, un certain 26 mai 1993, date fatidique qui annonçait le déluge ayant provoqué la descente aux enfers de nombreux journalistes refusant que l’Algérie abdique. Ouyahia soulignera dans son allocution, lue par le porte-parole du RND, que «nos pensées vont aussi à la mémoire de nos frères et sœurs, enfants du pays, tombés dans un autre combat pour sauvegarder fidèlement le noble héritage des martyrs de la libération de l’Algérie d’une longue nuit de 132 ans du joug colonialiste qui n’a fait que des atrocités». La spirale terroriste ravit ce jour-là le premier écrivain-journaliste, auteur de «Les vigiles», aux siens. L’orage noir des années de l’Algérie à sang et à feu avait fauché, dans son sillage d’illustres noms parmi les hommes et femmes de la corporation comme entre autres victimes : Mustapha Abada, Saïd Mekbel, Smaïl Yefsah, Djamel Deraza, Abderrahmane Chergou, les sœurs Hamadi de l’ENTV. Une trentaine de journalistes victimes ont été honorés hier à titre posthume. Recevant la première l’effigie des mains de la ministre Nouara Djaâfar, ex-journaliste à la radio puis à la télévision, Madame veuve Abada, présidente de l’association ne pouvait contenir ses larmes ni s’adresser à l’assistance avec la gorge nouée de fortes émotions. La cérémonie qui s’est déroulée dans une ambiance conviviale a eu lieu en présence des membres du bureau national et du bureau de la wilaya d’Alger. Des cadeaux en hommage aux directeurs de journaux publics et privés ont été remis à l’ensemble des titres nationaux. Le SG poursuit sa tournée dans les wilayas qu’il sillonne pour rencontrer ses cadres locaux et affûter la stratégie de son parti à l’horizon des législatives du 17 mai prochain. Hier, il était à El-Tarf, aujourd’hui à Skikda, demain à Guelma et le mercredi 21 février à Constantine où il présidera la commémoration solennelle du 10e anniversaire de la création du RND. 

Salah Bey

 

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Abdelaziz Belkhadem

«La loi sur le chahid sera appliquée»

Le Chef du Gouvernement a affirmé hier que «le gouvernement s’attelle à promulguer des décrets exécutifs pour l’application intégrale de la loi sur le moudjahid et le chahid». L’Etat «n’a pas manqué à son devoir envers la famille révolutionnaire», a déclaré

M. Belkhadem, lors de l’ouverture de la 4e Conférence nationale des veuves de chouhada, organisée par la Coordination nationale des enfants de chouhada, à l’occasion de la journée nationale du chahid. La mise en œuvre de la loi relative à cette catégorie «est un engagement de fidélité de l’Etat au serment fait aux chouhada», a-t-il estimé. «La veuve de chahid qui a enduré toutes formes de souffrances durant la Révolution nationale, a le droit, ainsi que les enfants de chouhada, après le recouvrement de la souveraineté nationale, à la considération de l’Etat», a souligné M. Belkhadem.

Reconnaissant «certaines lacunes» à l’égard de la famille révolutionnaire, le Chef du gouvernement a assuré aux participants que «les ayants-droit commencent progressivement à recouvrer leurs droits». Il a, par ailleurs, a appelé les veuves de chouhada à accomplir leur «mission» qui est celle d’«inculquer le sens du patriotisme aux enfants de l’Algérie pour perpétuer le message des chouhada, défendre la patrie et préserver l’héritage légué au prix des sacrifices consentis par les glorieux martyrs». «Omettre d’enseigner l’amour de la patrie et les sacrifices consentis pour l’indépendance du pays, aux générations qui n’ont pas trop souffert, relève de la négligence», a-t-il ajouté

M. Belkhadem. «La loyauté au serment des chouhada réside dans la poursuite du combat pour le droit et la justice et la répartition équitable des richesses du pays entre tous les Algériens afin que l’emblème national flotte haut parmi les nations», a conclu M. Belkhadem. Pour sa part, le président de la Coordination nationale des enfants de chouhada, Khaled Bounedjma, a salué le souci du gouvernement quant à l’application de la loi du moudjahid et du chahid, la considérant plus à caractère «moral que social».

M. Bounedjma a saisi cette occasion pour saluer le message du président de la République à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale du chahid, soulignant la détermination de son organisation à poursuivre le combat pour que «le message du chahid soit transmis à tous les enfants du peuple algérien». «Le chahid est un symbole pour tous les Algériens», a-t-il ajouté. La Coordination nationale des enfants de chouhada a honoré le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ainsi que le chef du Gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, «en guise de reconnaissance de leurs efforts au service de la patrie».

Redouane A.

 

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Auditionnés hier pour non-dénonciation

Deux commissaires aux comptes complices ?

Deux commissaires aux comptes de Khalifa Bank ont été auditionnés, hier, par le tribunal de Blida, pour «non-dénonciation», dans la cadre du procès relatif de la caisse principale de Khalifa Bank.

Le tribunal leur reproche de ne pas avoir alerté le procureur de la République sur les «infractions» et «anomalies» constatées dans la gestion de cette banque. Les deux ont tenté de se tirer d’affaire en répondant qu’ils avaient alerté la Banque d’Algérie qui, selon eux, «n’a pas réagi». Des réponses qui n’ont pas convaincu la présidente de ce tribunal qui leur rappelle que la loi 90/10 sur le crédit et la monnaie les oblige à alerter le procureur de la République sur ces faits. Ils ont été interrogés sur l’absence de tenue d’assemblées générales (AG) dans les temps réglementaires pour la préparation de bilans ainsi que sur le non-respect des règles prudentielles par la banque du milliardaire en fuite.

Le premier de ces commissaires aux comptes interrogés est Lakhdar Mimi qui a été désigné en remplacement à Mohamed Dechmi, démissionnaire.

«Savez-vous que le délit pour lequel vous êtes poursuivi, aujourd’hui, peut coûter 6 mois à deux années de prison, une amende de 20 000 à 200 000 DA. ou l’une de ces peines ?», lui lance la présidente du tribunal.

«Abdelaziz Lakhdar Mohamed Khalifa (frère de Rafik Abdelmoumène Khalifa) a-t-il assisté à l’AG ?», lui demande le procureur général

«Il a assisté en tant que représentant de Rafik Abdelmoumène Khalifa pour le budget de l’année 2000», répond cet accusé

«quand ?»

«En décembre 2002»

Le procureur général lui fait remarquer que cette AG a eu lieu une année et demie après l’année 2000 et que la loi accorde un délai de six mois à une année pour ce faire, en l’interrogeant pour quelle raison il n’a pas alerté sur cette situation en sa qualité de commissaire aux comptes. «Est-ce qu’elle a eu lieu dans les six mois ou une année ?», lui demande-t-il.

«Non, elle n’a pas eu lieu», répond cet accusé. «Mohamed Dechmi a quitté en 1999, il a été remplacé en quelle

date ?»

«En 1999»

«Qui l’a désigné ?»

«C’est l’AG qui désigne son remplaçant.»

Lakhdar Mimi souligne qu’il a produit un rapport préliminaire en 2001 et  «personne n’a réagi».

«Est-ce qu’il y avait, effectivement et techniquement, un service de crédit (à Khalifa Bank) ?», lui demande le procureur général

«Il y a une direction du crédit», répond cet accusé

«Y avait-il des crédits maquillés ? Je vous cite un exemple : une femme est passée, hier, et elle a parlé d’un crédit de 900 millions de centimes. Il y avait des traces. Vous n’avez rien remarqué ?», interroge le procureur général, qui revient à la charge : «L’argent remis sur la base de bouts de papiers constitue-t-il un crédit ?»

«Non», répond cet accusé.

Le procureur général lui demande d’expliquer le fait qu’il a contrôlé la caisse principale mais sans contrôler les agences (de Khalifa Bank).

«S’il y avait des irrégularités ou anomalies,on les aurait signalées»,

répond-il.

«Vous n’avez pas remarqué, en 1999, que des sommes importantes d’argent étaient transférées ?», lui demande-t-il

«On a adressé une copié d’un rapport au gouverneur de la Banque d’Algérie le 5 juin 2000», répond cet accusé.

Les vases communiquants

Le procureur général pose une question à cet accusé pour savoir si Khalifa Bank était client à Khalifa Bank. Ce dernier répond par «Oui». Il l’interroge sur la raison pour laquelle les règles prudentielles qui veulent que le crédit accordé par cette banque ne dépasse pas les 20 % du capital de cette banque. «Le crédit accordé à Khalifa Airways a dépassé ce taux ?», lui demande le procureur général. Cet accusé répond par l’affirmative.

«Que concluez-vous sur la base de tout cela ?»

«J’ai été surpris et je ne m’attendais pas à cette situation, franchement».

«Avez-vous effectué un contrôle à la direction monétaire ?»

«C’était au début de l’année 2001 et mon mandat a expiré en 2000.»

«Avez-vous effectué un contrôle à la direction de la trésorerie ?»

«Oui».

«Et à la direction du commerce extérieur ?»

«Oui». 

«Vous n’avez rien remarqué pour les swift (transferts de devises vers l’étranger) ?»

«Il y a eu transfert de 250 millions de dinars, en juin 2000».

La présidente du tribunal intervient pour lancer : «A travers ces questions du procureur général, nous comprenons que le gouverneur est le premier contrôleur  et le commissaire aux comptes est le premier contrôleur et la loi l’habilite à déposer plainte auprès du procureur

général», lui reprochant de ne pas avoir déposé cette plainte.

Elle l’intérroge pour savoir pourquoi Khalifa Bank offrait, en 2001, des taux d’intérêts de 17 % pour les placements, tandis que ce taux a chuté, sur le marché monétaire, durant la même année jusqu’à moins de 5 % comme il était appliqué par les autres banques. «Une banque peut-elle survivre avec ce taux ?», lui damande-t-elle. «Elle ne peut pas survivre à cela», répond cet accusé. «L’article 328 vous oblige à déposer plainte, auprès du procureur de la République pour les irrégularités constatées. Vous ne l’avez pas fait», lui lance-t-elle.

Khalifa Airways, un découvert de 40 milliards

Le tribunal a auditionné, pour «non -dénonciation», le deuxième commissaire aux comptes de Khalifa Bank, Hamid Sakhra. Plusieurs des questions posées à Lakhdar Mimi lui ont été posées, à son tour. La présidente du tribunal lui fait les mêmes reproches que ceux faits à son collègue, ceux de ne pas avoir déposé plainte auprès du procureur de la République comme le stipule la loi.

Parmi les informations fournies par ce commissaire aux comptes à ce tribunal, celle relative au découvert laissé par Khalifa Airways dans Khalifa Bank. «J’ai trouvé un découvert de 400 millions de dinars, j’ai informé la Banque d’Algérie qui a dépêché une équipe de contrôle qui a abouti à éstimer ce découvert à 65 millions de dinars.»

«Etes-vous sûr de votre chiffre à

vous ?», lui demande la magistrate.

Elle lui rappelle qu’il devait déposer plainte auprès du procureur de la République comme le stipule la loi et qu’il ne l’a pas fait. «Nous avons constaté que c’est un découvert et qu’il ne constitue pas un délit», tente d’expliquer Hamid Sakhra, tout en insistant que le découvert est de 400 millions de dinars. et non 65 millions, comme estimé par la Banque d’Algérie. «Nous avons informé le P-DG (Rafik Abdelmoumène Khalifa) pour ce découvert», ajoute-t-il. La magsitrate lui rappelle que la loi l’oblige à déposer plainte auprès du procureur de la République et non pas d’informer le

P-DG. «Est-ce qu’il existe un article de loi qui vous dicte d’informer le P-DG», lui lance la présidente du tribunal. «Il n’ y a pas, répond-il.

«En quelle qualité Rafik Abdelmoumène Khalifa a-t-il été informé par vous ?»

«En sa qualité de président du conseil d’administration».

«Il vous a répondu ?»

«Pratiquement, oui. Il a constitué une commission composée d’éléments chevronnés.»

«Désignée par qui ?»

«Le P-DG.»

Par ces questions-réponses, la présidente du tribunal a démontré que Rafik Abdelmoumène Khalifa pouvait, de cette façon, facilement «cacher» ces irrégularités.

«La Banque d’Algérie n’a pas

réagi», poursuit Hamid Sakhra

A travers ces questions-réponses, la magistrate est arrivée à faire «avouer» à cet accusé que les filiales du groupe Khalifa ont été créées de façon illégale car ne respectant pas les procédures en la matière, dont le non-respect des règles prudentielles dans l’octroi de crédits à ces filiales par Khalifa Bank et que ces filiales ne disposaient pas de commissions dans leurs comptes bancaires. Hamid Sakhra informe le tribunal que le découvert causé par Khalifa Airways à Khalifa Bank dépassait les 100 milliards de centimes au 31 décembre 2000 et qu’à cette époque, lui et son collègue n’avaient pas procédé à une assemblée générale. A une question du procureur général pour savoir si Khalifa Bank était membre de l’association des banques et établissements financiers (BANK), cet accusé répond que la banque du milliardaire en fuite était membre de cette association. Pourtant, et c’est, probablement, ce à quoi veut arriver ce tribunal, la banque du golden boy n’a pas respecté les taux d’intérêts accordés pour les dépôts d’argent. Il ajoute que cette banque n’a pas siégé à l’ABEF.

M. Abi

 

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Pour «l’année de l’Algérie en France»

500 millions un casting

Hamida Hamiani, sœur de Réda Hamiani, ancien ministre, a été auditionnée, hier, en tant que témoin, par le tribunal de Blida dans le cadre du procès de l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank. Elle a expliqué comment Rafik Abdelmoumène Khalifa l’a sollicitée pour collaborer avec lui pour l’Année de l’Algérie en France. «J’étais spécialisée dans les assurances et j’exerçais dans une société d’assurances. Lorsque le P-DG du groupe Khalifa m’a fait cette proposition, je suis partie en congé sans solde pour une durée d’une année. La mission qu’il m’a confiée consistait à prendre attache avec des artistes et de négocier avec eux ainsi que de fixer leurs salaires», souligne-t-elle, en ajoutant que «j’ai étudié des centaines de dossiers dans ce cadre». Ce témoin poursuit que Rafik Abdelmoumène Khalifa lui a remis 500 millions de centimes en une année pour ce travail, en mensualités. Elle a justifié cette somme par le nombre de dossiers étudiés. Hamida Hamiani ajoute qu’une somme de

4 millions de dinars lui a été remise à l’agence Khalifa Bank de Chéraga sur simple bout de papier signé par Rafik Abdelmoumène Khalifa. L’opération de retrait de cette somme d’argent a duré, environ, dix minutes, selon elle. Elle a insisté pour dire qu’elle a restitué cette somme au liquidateur et que, de ce fait, elle n’a, de cette façon, «rien perçu pour le travail effectué». Elle ajoute avoir bénéficié d’une carte de gratuité et de 1 500 euros, somme qui, dit-elle, lui a été remise en espèces, à l’agence Khalifa Bank de Chéraga sur présentation d’un simple bout de papier signé par le milliardaire en fuite, et qu’elle a utilisée dans ses déplacements. Rafik Abdelmoumène Khalifa a mis à sa disposition une villa à El Biar et une voiture de marque Echo, pour accomplir son travail, ajoute-t-elle. Elle explique qu’elle a été «contrainte» d’utiliser cette voiture «vu que ma propre voiture était d’un grand volume et que je trouvais des difficultés pour son stationnement dans le parking».

M. Abi

 

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Fin des auditions des inculpés et des témoins

La fille de Temmar citée

Au terme des auditions des inculpés et des témoins dans l’affaire de Khalifa Bank , qui ont duré plus d’un mois, le tribunal criminel de Blida a entamé hier après-midi le volet relatif à la partie civile. Avant de donner la parole au collectif de la défense, la présidente du tribunal a donné lecture de certaines déclarations par écrit de témoins n’ayant pu répondre aux convocations du tribunal. Ainsi,

M. Mohamed Raouraoua, ex- président de la FAF, convoqué par le tribunal n’a pu répondre à la convocation en raison de son absence hors du territoire algérien. De son côté, Nadjia Kebache, directrice générale deKhaifa Airways précise dans son témoignage par écrit qu’elle n’avait aucune responsabilité dans le recrutement du personnel de la compagnie et que toutes les personnes qui se présentaient à elle dans ce contexte étaient envoyées par Rafik Abdelmoumène Khalifa qui ordonnait leur recrutement. Elle a cité le nom de Feriel Temmar, la fille du ministre, qui résidait au Canada et qui devait être recrutée à Paris. En fin d’après- midi, le tribunal a entamé  l’organisation du programme réservé aux plaidoiries concernant la partie civile. On apprend que le premier concerné sera le liquidateur par qui débuteront les plaidoiries.           

A. B. M.

 

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Une société allemande porte plainte

L’assistance à la salle d’audience du tribunal de Blida a été surprise hier d’entendre le nom d’une société allemande parmi la liste des victimes qui se sont constituées partie civile dans le procès de la caisse principale de Khalifa Bank. La présidente Fatiha Brahimi a, en effet, cité le nom d’une firme allemande qui a porté plainte contre la banque de Moumen Khalifa, mais aussi… la Banque d’Algérie et la commission bancaire.          

A. B. M.

 

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Khalifa Airways

Saisie conservatoire de 6 avions

Auditionné, hier, par le tribunal de Blida, Boualem Laouche, directeur des affaires juridiques à Khalifa Bank a informé le tribunal que six avions de Khalifa Airways avaient fait l’objet de saisie conservatoire et mis à la disposition de l’administrateur de Khalifa Bank. Il a été «rappelé à l’ordre» par la présidente du tribunal qui l’a informé qu’il est auditionné pour expliquer pourquoi il n’a pas déposé plainte pour l’affaire des agences de Khalifa Bank après qu’il eut reçu une instruction, dans ce sens, par le liquidateur. Lui qui avait déposé plainte pour l’affaire de la caisse principale de cette banque, a tenté d’expliquer cette situation en lançant:

«J’ai reçu cette instruction un mercredi soir et il m’a été impossible de prendre attache, le lendemain, avec les autorités judiciaires et policières concernées». Il a été démenti par la présidente du tribunal et le procureur général qui lui ont répondu qu’il avait

«toute la latitude pour déposer cette plainte le même jour», comme il l’a fait pour la caisse principale et que «c’était possible que cette plainte soit déposée le lendemain sans qu’il n’effectue cette procédure légale».

M. A.

 

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M. Mékidèche à propos de la stratégie industrielle

«Un moyen d’impliquer l’Etat dans le processus» 

La  stratégie industrielle est, selon Mustapha Mékidèche, spécialiste- consultant en stratégie et vice- président du Cnes est  aujourd’hui plus qu’indispensable.

Invité hier de l’émission en toute franchise de la Chaîne III, portant sur le sens à apporter à cette stratégie, M Mékidèche  et avant de définir cette stratégie, a commencé par avancer les causes qui ont donné naissance à l’idée du projet et qui se résument à «l’étude analytique de la croissance du pays durant les dernières années a démontré que seule l’industrie nationale tirait vers le bas et qu’elle ne représentait que 6% du produit national brut, PNB», cela en plus du fait que «les capacités industrielles existantes ont dans le programme de réajustement structurel été traitées de façon négative». Définissant par ailleurs la stratégie industrielle comme «un ensemble de politique publique qui s’appuie sur une ambition nationale, laquelle repose à son tour sur les consensus avec les partenaires sociaux et économiques», l’invité de la Chaîne III

A mis l’accent sur l’utilité aujourd’hui d’améliorer les différentes  branches avec l’appui des entrepreneurs. Il ressort des déclaration de  M. Mékidèche que le processus de réformes des années 1980 et 1990, qui y ont  certes permis d’aboutir à un rééquilibre des finances publiques, mais ont, en contrepartie fait en sorte que l’Etat n’ait plus rien à gérer.  Aussi, la stratégie industrielle reste aujourd’hui un outil  qui permettra «d’actualiser le rôle de l’Etat dans l’industrie». Il appuie ses déclarations en se référant au changement de politique de la Banque mondiale qui veut que l’Etat s’implique de près dans le développement industriel et économique. Cette implication se traduit selon

M. Mékidèche par un changement de vision qui mettra au-devant «l’identification des branches qui portent des avantages comparatifs, rattraper le retard en matière de services d’accompagnement, permettre une bonne visibilité économique et  mettre en place de grandes administration structurées et doter de tous les moyens humains matériel et juridique nécessaires, et aussi ouvrir l’accès au marché obligataire pour les entreprises privées».  Reconnaissant par ailleurs, que cet Etat avait mal accompagné le processus des réformes des années 1990 et que l’autonomie des entreprises publiques avait mal fonctionné, l’intervenant a déclaré qu’il en résulte aujourd’hui qu’«un certain nombre d’entreprises sont cliniquement mortes, car elles ont été ouvertes précocement à la concurrence. Il s’agit entre autres des activités liées au textile, au cuivre…». Il donne quand même des chances de survie aux entreprises liées à des branches internationalisées, tels l’électronique, la mécanique, la métallurgie, et qui peuvent avoir, a-t-il dit, «une seconde vie grâce à des perspectives d’alliances et de partenariat avec les sociétés internationales».  Associé de près au document élaboré par le ministère des Participations et de la Promotions de l’investissement, le vice-président du Cnes a souligné entre autres, l’importance «à placer le capital humain et son développement au cœur même de cette stratégie».      

Habiba Ghrib 

 

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Le patronat dans la tourmente 

A une semaine de la tenue des Assises nationales sur la nouvelle stratégie industrielle, annoncées  pour les 26, 27 et 28 février courant, les présidents des organisations patronales ne se sont toujours pas prononcés sur la position qu’ils comptent adopter vis-à-vis de ces assises. Prévue initialement avant-hier, la rencontre qui devrait réunir les chefs des différentes organisations patronales n’a finalement pas eu lieu en raison de l’absence de certains patrons qui se trouvent dans des missions à l’étranger.

De ce fait, les responsables des organisations patronales conviés à y prendre part ne se sont pas encore donné le mot pour décider de reporter ou de boycotter le rendez-vous. En attendant de pouvoir débattre de cette position, certaines organisations se contentent d’examiner le dossier remis par le ministre et tentent de faire des propositions. Cette réunion, nous a-t-on déclaré, sera certainement tenue avant la fin de cette semaine.

Nouria  B.

 

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Gestion des villes

Boukerzaza pour «un pacte du quartier»

Le ministre délégué chargé de la Ville,  Abderrachid Boukerzaza, a estimé samedi, que «la modernisation de la gestion des villes est le meilleur moyen pour leur développement durable et pour leur promotion au rang des grandes métropoles.» Invité du Forum de la télévision, M. Boukerzaza a expliqué que «la consécration d’un développement durable dans les villes est fonction de plusieurs facteurs socio-économiques et écologiques», précisant que tel développement requiert, aux termes de la loi portant orientation de la ville, «l’élaboration de programmes de développement régionaux et locaux, la réforme de la fiscalité locale, une gestion efficiente des communes et l’exploration de ressources locales d’investissement.» Revenant sur les problèmes soulevés, en la matière, dans différentes villes du pays, le ministre s’est dit «optimiste quant à l’avenir des villes algériennes» qui, note-t-il, «recèlent un riche patrimoine architectural, historique  et culturel», faisant observer que «plus de 350 villes algériennes seraient promises à un avenir prometteur si les instruments du développement leur sont fournis». S’agissant de l’aménagement des quartiers, le ministre délégué a rappelé les décrets exécutifs adoptés dans ce sens, annonçant que son département est sur le point de promulguer le «Pacte du quartier», en coordination avec le ministère de l’Intérieur  et des Collectivités locales. Ce Pacte, explique-t-il, est «un outil visant l’implication des citoyens dans la préservation de l’environnement des quartiers». Dans ce contexte, poursuit M. Boukerzaza, quatre villes pilotes ont bénéficié d’études urbanistiques visant la modernisation de leur gestion, ajoutant que ces études concerneront, prochainement, 40 autres villes et permettront la création, via Internet, d’une base de données sur les villes et les moyens de moderniser leur gestion et d’évaluer leurs programmes d’activités dans tous les domaines. Ces études, souligne-t-il, seront assorties de photos satellites permettant de suivre l’expansion anarchique des villes, protéger les terres agricoles et lutter contre la prolifération des zones d’entassement des déchets ménagers. S’agissant des quartiers manquant d’infrastructures publiques, le ministre a souligné la nécessité de «la mise en place de programmes ad hoc en vue de mettre un terme aux quartiers dits «quartiers dortoirs.» Revenant sur l’arsenal juridique mis en place pour l’amélioration de la gestion de la ville, le ministre a mis en relief l’importance de l’implication du citoyen dans «la gestion de la ville, et ce, tout en oeuvrant à promouvoir sa culture civique et à l’encourager à préserver l’aspect esthétique de sa  ville». Amine B.

 

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Enquête / Prix de référence des médicaments remboursables

La liste qui profite aux importateurs

Trop compliquée, trop technique, cycliquement changeante, la liste des prix de référence des médicaments remboursables serait-elle une vraie aubaine pour les importateurs au détriment des producteurs locaux ?

L’élaboration de la nomenclature des médicaments remboursables par la Caisse nationale de la sécurité sociale est-elle réalisée en concertation avec tous les acteurs entrant dans la chaîne de la fabrication et de la distribution du médicament ? C’est une question à laquelle nous tentons de trouver une réponse auprès de M. Rezki, président du collectif des pharmaciens. Il nous parle un peu en homme de terrain, il met le doigt sur certaines vérités. Pour lui, il s’agit d’abord, de l’exclusion des pharmaciens de la commission technique de référence qui n’est représentée réellement que par la Cnas, souligne notre interlocuteur. Nous posons donc un problème de manque de transparence qui caractérise les décisions du Comité technique de remboursement (CTR), ajoute M. Rezki. En effet, selon le même pharmacien, sur les 114 médicaments composant la nouvelle liste de référence, 4 seulement sont produits localement et 13 ne sont pas remboursés en France. 56 produits ne sont pas disponibles sur le marché national. Il convient de souligner que plusieurs experts ont estimé, via la presse que la grande partie de ces médicaments remboursables sont des spécialités alors que le principe même de la liste de référence est d’encourager le générique.

M. Rezki souligne également que le pharmacien est placé entre deux  feux. Celui de contribuer à la commercialisation et à la promotion du médicament générique, ce qui se réalise dans la majorité des cas au détriment du chiffre d’affaires de la pharmacie, qui est après tout une entité économique qui a bien le souci de la survie financière. Les produits qui ne figurent pas dans la nomenclature de référence  trouveront du mal à être vendus facilement car, la clientèle est influencée par le prix, il ne faut pas oublier que le pouvoir d’achat détermine le choix du produit à acheter. Les prescripteurs et pharmaciens doivent cohabiter avec cette donne sous peine de fermer boutique et chercher une autre activité.

«C’est toute la chaîne de distribution et de fabrication qui est concernée, du fabricant ou importateur au distributeur et au pharmacien.» «Pourquoi voulez-vous qu’ils s’encombrent de produits déclarés non remboursables ?», nous dira M. Rezki.  L’autre souci pour ces pharmaciens est de veiller sur «la sécurité» du consommateur. «Nous  nous trouvons à servir les médicaments prescrits par les différents praticiens, mais nous n’avons aucune garantie sur l’équivalence d’un médicament avec le produit d’origine. Il appellera dans ce contexte à renforcer le Laboratoire national du contrôle des produits pharmaceutiques.»

La sécu, l’autre casse-tête

Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale a eu à s’exprimer, à maintes occasions  sur la question «du remboursement du médicament, qui nécessite un débat, où tout un chacun assume ses responsabilités. Le but est que le système de la sécurité sociale assure le remboursement à des malades chroniques (100%) et non chroniques (80%). Mais le peuple est tenu au courant des limites de ce système». Le ministre du Travail n’a pas manqué de souligner que  seuls les médicaments ayant prouvé leur efficacité thérapeutique sont   remboursés. M. Louh avait promis également de chercher les outils à même d’assurer la transparence et l’équilibre financier du système de la sécurité sociale. 

Des tarifs applicables ?

Le Conseil de l’ordre des pharmaciens, à travers son président, M. Benbahmad, estime que la mise en place du tarif de référence obéit surtout à une volonté politique puisque les conditions nécessaires à son application ne sont pas toutes réunies. Ceci, ni sur le plan de la qualité ni sur l’accessibilité. Les campagnes de sensibilisation que doivent mener le ministère de la Santé et la direction de la pharmacie font affreusement défaut, selon le même interlocuteur. Pour le Conseil de l’ordre des pharmaciens, il faut d’abord réhabiliter le Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP). L’Algérie dispose d’un laboratoire, mais il n’est toujours pas bien outillé pour vérifier la bioéquivalence des médicaments génériques, selon M. Benbahmad, «Le médicament générique doit avoir exactement la même forme, la même composition et surtout les mêmes effets que le princeps (origine).» C’est ainsi, dira-t-il que pour certaines formes de médicaments, il est possible de vérifier si le générique a les mêmes effets ou la même biodisponibilité que le princeps. C’est ce qu’on appelle la bioéquivalence. Dans le cas contraire, si le médicament  générique n’a pas le dosage voulu ou les effets attendus, ce médicament est alors considéré par l’OMS comme une contrefaçon. M. Benbahmad nous indiquera également qu’en plus de sous «outillement» du LNCPP, très peu de laboratoires génériques ont déposé des études prouvant la bioéquivalence de leurs produits dans leurs dossiers d’enregistrement au ministère de la Santé.

Exportateurs, mais non agréés

M. Benbahmad touche du doigt un autre problème, encore plus grave. Il s’agit du doute qui pèse sur la qualité de certains produits génériques surtout, explique le président du Conseil de l’Ordre des pharmaciens, lorsqu’on sait que «certains  laboratoires étrangers parfois européens, n’ont pas l’autorisation de commercialiser dans leur pays d’origine, alors qu’ils mettent sur le marché algérien leurs médicaments, sachant que la loi exige qu’ils soient d’abord autorisés dans les pays d’origine».

Dans ce contexte, M. Benbahmad estime que l’Algérie doit se prémunir  de moyens nécessaires de contrôle de la bioéquivalence, car di-t-il, le contraire nous conduirait certainement à un problème de santé publique, avec la circulation de produits contrefaits. En aucun cas, dit-il, la promotion du générique «ne doit pas ouvrir le marché sur la contrefaçon».

Et le rapport qualité-prix ?

Concernant les prix de ces génériques, M. Benbahmad estime que l’empressement de certains importateurs de génériques qui portent un soudain intérêt  pour l’équilibre de la sécurité sociale cache mal leurs intérêts directs dans la commercialisation devenue certaine de médicaments génériques. Il faut souligner dans ce contexte que les prix restent incontrôlables sur le marché international et certains opérateurs ont réduit leurs tarifs pour correspondre au tarif de référence, ce qui nous pousse à penser que ces opérateurs vendaient auparavant trop cher ou ont réduit le coût de leurs produits en laissant de côté la qualité !

Pourquoi ne pas avoir appliqué la liste de 2001 ?

L’Ordre des pharmaciens s’interroge sur le fait que le tarif de référence mis en place en 2001 n’a pas été appliqué. Il proposait, selon cette instance 116 produits, pour lesquels un tarif de référence a été arrêté, «c’est-à-dire un remboursement sur la base d’un générique, recoupant étonnamment une copie de la nomenclature des médicaments importés par ces opérateurs qui auraient d’ailleurs collaboré à la confection de ce travail», nous a expliqué M. Benbahmad. Pour ce dernier, au-delà de la volonté politique, il apparaît que l’application du tarif de référence, mesure logique si le problème de la bioéquivalence est maîtrisé, pose plusieurs problèmes dans son application, alors qu’il est appliqué dans plusieurs pays, sans que son application pose problème. Selon notre interlocuteur, cela est dû au fait que l’Algérie importe plus de 80% de ses besoins en médicaments avec des prix enregistrés en devises, c’est pourquoi le prix public apposé sur la vignette varie. Ainsi, à titre d’exemple, une baisse significative du dinar par rapport à l’euro, induirait une augmentation  du prix du médicament importé. Dans ce cas, explique M. Benbahmad,  si le médicament générique voit son prix augmenté,  c’est le malade qui se verra obligé de payer la différence même s’il est dans la catégorie des personnes prises en charge à 100%, les tarifs de références étant fixés par arrêté et pour une période déterminée. C’est dans ce contexte que se pose le problème de l’absence d’outil statistique sur la consommation des médicaments en Algérie, due à l’instabilité  du marché, ce qui nous empêche de savoir si un médicament est considéré de manière continue comme générique.

La solution, c’est le prescripteur

L’application du tarif de référence implique impérativement la concertation avec les prescripteurs. Il est impossible de responsabiliser les médecins sur leurs prescriptions puisqu’ils ne sont pas conventionnés. Les médecins, dira

M. Benbahmad, sont les ordonnateurs du marché du médicament remboursable. Il faut les impliquer davantage pour rationaliser les dépenses de la santé.

Les pharmaciens

Les pharmaciens aussi, si leurs marges bénéficiaires ne sont pas réévaluées, comme dans tous les pays où le tarif de référence est appliqué, ne pourront pas assumer  la perte de chiffre d’affaires engendré par la vente de produits beaucoup moins chers. Si aucune mesure n’est prise dans ce sens, prévient

M. Benbahmad, beaucoup d’officines seront fragilisées et ne pourront de ce fait assumer leur rôle initial, c’est-à-dire, assurer la disponibilité des médicaments, la qualité des conseils et la performance des personnels employés. Certaines pourraient même devenir un danger pour la santé publique, leurs propriétaires seront «contraints» de faire des détours afin d’écouler des marchandises (vente sans ordonnance et trafic de psychotropes), explique le président du Conseil de l’Ordre des pharmaciens.

Fatima Arab

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