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Distinction

 19/09/06

 

Distinction

Alors que les opinions publiques musulmanes ne décolèrent pas, plusieurs interprétations des propos du pape sont envisagées par plusieurs personnalités politiques du monde arabe. Pour le ministre des Affaires religieuses algérien, M. Bouabdallah Ghlamallah, le discours du pape est moins une insulte envers la religion musulmane qu’une trahison du pacte tacite qu’avaient signé les trois grandes religions monothéistes pour se liguer contre le fléau, de plus en plus répandu, de l’athéisme. Car si les peuples qui représentent les différentes religions sont en guerre continuelle, les plus hauts représentants de ces mêmes religions sont conscients du rôle fédérateur qu’ils doivent jouer ensemble pour ne pas perdre encore plus de terrain qu’ils semblent en avoir perdu. Si les religieux semblent plus nombreux, c’est faux. Ce sont les fanatiques et les extrémistes qui se multiplient et qui sont surmédiatisés. Les modérés, eux, restent à leur place, comme toujours, quant aux agnostiques et aux athées, leur statut, même d’incroyants, leur fait déserter le débat qui est monopolisé par les Ben Laden et autre Ahmadinedjad. Mais alors qu’a voulu faire le pape en s’exprimant de façon à signifier un schisme aux hautes instances musulmanes ? Peut-être que ce puriste et fidèle du dogme catholique ne veut plus aucune affiliation avec les autres religions, voulant sans doute leur exprimer sa nouvelle politique, celle du chacun pour soi.

Ainsi, c’est une séparation totale et complète des intérêts des trois religions monothéistes qui nous attend; car même les accords secrets et non divulgués qui leur faisaient avoir les mêmes priorités, ont apparemment disparu.

Fouzia Mahmoudi

 

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