|
Distinction
Alors que les
opinions publiques musulmanes ne décolèrent pas, plusieurs
interprétations des propos du pape sont envisagées par plusieurs
personnalités politiques du monde arabe. Pour le ministre des
Affaires religieuses algérien, M. Bouabdallah Ghlamallah, le
discours du pape est moins une insulte envers la religion musulmane
qu’une trahison du pacte tacite qu’avaient signé les trois grandes
religions monothéistes pour se liguer contre le fléau, de plus en
plus répandu, de l’athéisme. Car si les peuples qui représentent les
différentes religions sont en guerre continuelle, les plus hauts
représentants de ces mêmes religions sont conscients du rôle
fédérateur qu’ils doivent jouer ensemble pour ne pas perdre encore
plus de terrain qu’ils semblent en avoir perdu. Si les religieux
semblent plus nombreux, c’est faux. Ce sont les fanatiques et les
extrémistes qui se multiplient et qui sont surmédiatisés. Les
modérés, eux, restent à leur place, comme toujours, quant aux
agnostiques et aux athées, leur statut, même d’incroyants, leur fait
déserter le débat qui est monopolisé par les Ben Laden et autre
Ahmadinedjad. Mais alors qu’a voulu faire le pape en s’exprimant de
façon à signifier un schisme aux hautes instances musulmanes ?
Peut-être que ce puriste et fidèle du dogme catholique ne veut plus
aucune affiliation avec les autres religions, voulant sans doute
leur exprimer sa nouvelle politique, celle du chacun pour soi.
Ainsi, c’est une
séparation totale et complète des intérêts des trois religions
monothéistes qui nous attend; car même les accords secrets et non
divulgués qui leur faisaient avoir les mêmes priorités, ont
apparemment disparu.
Fouzia Mahmoudi
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|