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Kébir en pleine illégalité
«Notre retour à
la politique est acquis»
Il s'est présenté,
ni plus ni moins, comme un potentiel «présidentiable» en annonçant
qu'en revenant sur «la scène politique», il investira dans la
jeunesse.
Ce qui ressemble,
ni plus ni moins, à l’annonce d’un programme politique. Rabah Kébir,
puisque c’est de lui qu’il s’agit, a annoncé la couleur, hier, lors
d’une conférence de presse animée à Bouzaréah, moins de 24 heures
après son retour en Algérie. «Personne ne peut nous empêcher de
reprendre la vie politique», a ajouté, solennellement et
catégoriquement, cet ancien chef du département des relations
internationales de l’ex-FIS et chef du réseau des sympathisants de
ce parti dissous en Europe Occidentale. «Je vais reprendre la
politique et je vais investir dans la jeunesse», ajoute-t-il, en
présence d’un Ali Benhadj, d’un Madani Mezrag et d’un Ould Adda
enthousiastes et nostalgiques de prêches de ceux ayant été à
l’origine de la tragédie nationale. Justement, ceux-là même que la
charte pour la paix et la réconciliation nationale exclut de toute
activité politique comptent, selon Rabah Kébir (et il n y a pas de
raison pour ne pas le croire) revenir, avec force, occuper la scène
politique en Algérie. «Ce n’est qu’une question de temps», dit-il.
Le retour, sur la
scène politique, de dirigeants de l’ex-FIS qui ont commandité et
revendiqué des assassinats et des massacres, comme celui de Remka
qui a fait, selon le chef du Gouvernement sortant, Ahmed Ouyahia,
100 000 morts parmi les citoyens, et tant d’autres massacres et
tueries, est-il envisageable lorsque le président de la République
ne cesse de répéter que cela est impossible ? «Le président de la
République n’est pas contre notre retour sur la scène politique»,
dit, sûr de sa réponse, Rabah Kébir. «Il ne faut pas vous fier aux
déclarations que le président de la République, que nous soutenons,
fait çà et là», ajoute-t-il.
Non satisfait de
toutes les concessions qui lui ont été faites, Rabah Kébir a
critiqué «les entraves d’ordre administratif et bureaucratique» qui
auraient, selon lui, retardé son arrivée en Algérie.
«Nous avons tué
et revendiqué»
Cet ancien chef
des relations internationales de l’ex-FIS ne s’en cache pas : «Nous
avons tué et revendiqué des tueries», dit-il en réponse à une
question relative au «ralliement» du GSPC à El-Qaïda. «Nous ne
sommes pas liés au terrorisme international. Nous avons assassiné et
revendiqué des assassinats, c’était une affaire algéro-algérienne»,
dit-il sans le moindre regret, dans un pays où la justice est
habilitée à s’auto- saisir pour beaucoup moins que ça. Rabah Kébir
lance, d’autre part, un appel aux terroristes sévissant, toujours, à
quitter le maquis et s’intégrer dans la société. Il lance,
également, un appel aux dirigeants du FIS dissous pour rentrer au
pays.
Ce dirigeant du
parti dissous de Abassi Madani a été catégorique en disant que lui
et ses compères occuperont le champ politique. «Nous occuperons le
champ politique en tirant les leçons des erreurs du passé», dit-il
en reconnaissant n’avoir reçu aucune «garantie» dans ce sens, tout
en relevant un défi en ajoutant que «cela n’est qu’une question de
temps».
Pour ce qui est de
certains articles de la charte pour la paix et la réconciliation
nationale qui interdisent le retour sur la scène politique de ceux
ayant été à l’origine de la tragédie nationale, Rabah Kébir a été on
ne peut plus clair en disant que «ces dispositions finiront par être
dépassées avec le temps». Rabah Kébir surprend, toutefois, certains,
ne surprenant pas d’autres, lorsqu’il dit que «le projet
d’instauration d’un Etat islamique n’est plus à l’ordre du jour» de
l’ex-FIS. Une concession ? Beaucoup y voient, plutôt, une manœuvre
de ce dirigeant du parti dissous de Abassi Madani qui, lui-même le
dit, compte beaucoup sur le facteur temps pour arriver à son but et
celui de ses acolytes.
M. Abi
Haut
Les dirigeants de l’ex-FIS hostiles à la charte
Que réserve le
retour de Kébir ?
L'un des
dirigeants du parti dissous (FIS), en l'occurrence Rabah Kébir, est
rentré avant-hier en Algérie après un exil de plusieurs années.
Ce retour, prévu
quelques jours auparavant, ne peut passer inaperçu, en plus du fait
qu’il soulève plusieurs interrogations. Le première remarque qui
puisse paraître très évidente est que ce retour de l’un des hommes
les plus importants du FIS dissous intervient après 17 jours de
l’expiration du délai de la reddition des terroristes, selon ce que
stipule la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ce
qui signifie que Rabah Kébir n’est pas rentré en Algérie dans le but
de pouvoir bénéficier des dispositions de la charte, ou de toucher
une quelconque indemnisation accordée ou encore pour bénéficier
d’une éventuelle réintégration à son poste qu’il occupait avant de
gagner les rangs du FIS en tant que chef de département des
relations internationales.
Un fait qui peut
signifier également que Rabah Kébir, comme tous les autres
dirigeants de ce parti, n’ont jamais accordé la moindre importance à
la concorde civile ou à la charte et ne sont surtout pas prêts à
respecter ou à appliquer ces dispositions. Leurs déclarations
récentes sont la preuve concrète que ces éléments restent sur leur
position et maintiennent leurs revendications bien ancrées dans
leurs esprits, à savoir le retour à l’activité politique. Une
demande qui leur permettra, sans aucun doute, de concrétiser leur
projet consistant à faire de l’Algérie un Etat islamique. Ainsi,
Madani Mezrag a, rappelle-t-on, évoqué, il y a un plus d’une année,
la participation des anciens militants du FIS dissous parmi les
candidats du FLN qui se présenteront pour les futures échéances
électorales. Après le démenti de Belkhadem, Mezrag, qui choisit bien
ses moments pour faire des déclarations, revient à la charge, après
l’annonce des dates des élections législatives et locales, pour
affirmer qu’il aurait effectivement discuté avec Belkhadem pour lui
exposer les contraintes rencontrées dans l’application des
dispositions de la charte. Pour sa part, Abassi Madani a indiqué que
l’objectif de la charte n’a pas été encore atteint. Il a revendiqué,
lors de son passage à l’émission «Kadiat El Hassad», sur El Djazeera,
d’autres étapes pour que la réconciliation puisse avoir un sens.
L’ex-dirigeant du FIS dissous, estime par ailleurs que le peuple
algérien a accrédité les militants de ce mouvement en 1992 pour
porter leur message. «Ce message, c’est les principes et les valeurs
de notre mouvement», dira-t-il avant de poursuivre : «Nous tenons
toujours à défendre la cause de ce peuple», affirmera-t-il.
L’ex-responsable
du bureau national de l’ex- FIS, en l’occurrence Mourad Dhina
(pourtant démissionnaire) partage tout à fait l’avis de Abbasi
Madani en déclarant que la crise en Algérie est typiquement
politique. En adressant des critiques aux principes de la charte qui
est, selon lui, «un échec puisqu’elle offense l’impunité et impose
aux Algériens une solution qui fait fi des principes importants
comme les devoirs de vérité, de mémoire et de justice», Dhina estime
que la charte n’a jamais été le meilleur moyen pour sortir l’Algérie
de l’impasse.
Ces critiques vont
jusqu’à remettre en cause les chiffres livrés par les pouvoirs
publics concernant le bilan de la charte. S’ajoutent à cela les
menaces publiques d’Ali Benhadj, le numéro deux du FIS dissous à
l’égard de tous ceux qui osent le nommer comme responsable de tous
les événements de la tragédie nationale.
Sur un ton ferme
et très confiant des propos qu’il tient, Benhadj ne mâche pas ses
mots et va jusqu’à qualifier la charte pour la paix et la
réconciliation nationale de «pagaille et de mensonge».
Probablement,
cette assurance collective qui ne fait que se densifier, annonce bel
et bien que quelque chose de très sérieux commence.
Nouria B.
Haut
Charte pour la paix et la réconciliation
Kebir a choisi
de venir après les délais
Après beaucoup
d’hésitations, celui qui prônait «sa solution pacifique» à
l’étranger est de retour au pays. Plusieurs fois annoncé pour
juillet, le retour du responsable de l’instance exécutive de
l’ex-Fis à l’étranger a été plusieurs fois repoussé.
De même pour son
compère, l’autre figure de proue chez les fissistes, Anouar Haddam,
en l’occurrence. Motif ?
La situation ne
s’y prête pas ? Le même Haddam, relayé par Kébir l’ont affirmé
depuis Washington et Bonn. A-t-elle pour autant changé pour que
Rabah Kébir se réjouisse aujourd’hui d’avoir foulé le sol du pays
après 15 ans d’exil volontaire ?
Le fait est que
Rabah Kébir, le premier à avoir appuyé le projet de la charte pour
la paix et la réconciliation nationale, a fini par rentrer.
Entre l’annonce et
l’acte, quels seront les changements politiques et sécuritaires qui
auront lieu ? Car beaucoup de temps a été consommé aussi. Ce retour
n’est rendu possible qu’en vertu de ladite charte. Mais l’attitude
de Kébir et consorts suscite moults interrogations.
Pourquoi a-t-il
choisi l’après- expiration des délais de la mise en œuvre de la
charte pour la paix et la réconciliation nationale ? Quel autre
argument que celui sécuritaire a pu motiver l’ajournement de son
retour après le 31 août, alors qu’en deux semaines, rien de
spectaculaire ne s’est produit ? La question est de savoir comment
on en est arrivé là ?
Rabah Kébir avait,
pour rappel, pris le chemin de l’exil après son évasion de sa
résidence surveillée en 1993.
Il s’est installé,
depuis, en Allemagne avec le statut de réfugié politique, 15 ans
durant. Il est revenu certes pour constater une nouvelle donne et un
nouveau contexte, mais que pourra-t-il apporter à ce processus en
cours de parachèvement, sinon ouvrir la voie aux exilés de prendre
le chemin du retour ?
Car, que
représente Kébir pour les milliers de jeunes qui avaient cinq ans en
1990 et n’ont vu que du feu et du sang ?
L’homme, lui, ne
se gêne pas de s’estimer incontournable pour la réussite de la
réconciliation. Et l’après-réconciliation, qu’en pense Rabah Kébir ?
Le message qu’il a
lancé hier allant dans le sens de recouvrer les droits politiques
est lourd de sens. Le premier acte d’animer une conférence de presse
est une preuve révélatrice sur ses intentions. Mais les règles du
jeu sont-elles les mêmes ? Est-il seulement en mission de
reconnaissance ?
S. B.
Haut
Les travailleurs l’ont appris incidemment
La Cnan Maghreb
Lines dissoute
Huit mois après,
les 300 employés de la Cnan Maghreb Lines apprennent, incidemment,
que leur entreprise a été dissoute. Pour leurs représentants il ne
fait aucun doute :
«des personnes
faisant du lobbying au profit de sociétés étrangères cherchent à
nous casser».
Les travailleurs
de la Cnan Maghreb Lines vivent dans l’inquiétude totale. Ils ont
appris, tout récemment, et sans qu’ils en soient préalablement
informés, que leur entreprise a fait l’objet d’une mesure de
dissolution, prononcée le 17 janvier 2006, par le ministère des
Participations et de la Promotion des investissements. M. Habchi,
secrétaire du comité de participation et membre du syndicat des
travailleurs de la CML précise que c’est à travers une
correspondance, parvenue il y a quelques jours, du ministère des
Transports et relative à l’incident technique dont avait été,
récemment l’objet, un navire de la compagnie, «que nous avons appris
cette terrible nouvelle».
Aussitôt après, un
collectif de travailleurs de la compagnie, constitué dans l’urgence,
a commencé à entreprendre une série d’actions pour tenter de
comprendre le pourquoi d’une telle décision et amener les pouvoirs
publics à la geler.
Dimanche, ce
collectif avait, après un sit-in, rencontré le président de la
société de gestion et de participation de l’Etat, (GESTRAMAR), M.
Senoussi, chargé du portefeuille des entreprises de transport
maritime, qui a promis de transmettre leurs doléances aux autorités
concernées.
Hier, en début de
matinée, les travailleurs avaient organisé un nouveau sit-in auprès
du siège du ministère des Transports, à la suite duquel leurs
représentants furent reçus par le chef de cabinet et le directeur de
la marine marchande. Des représentants du collectif déclarent avoir
entendu, avec étonnement, leurs interlocuteurs leur déclarer : «Pour
nous, votre entreprise n’existe plus». Ils ajoutent, cependant, que
ceux-ci leur ont, à leur tour, promis de transmettre leur message «à
qui de droit».
«Si notre société
n’existe plus, déclare l’un des membres du collectif, comment se
fait-il qu’elle ait continué ses activités durant une aussi longue
période et que ses personnels aient continué de percevoir leurs
salaires durant tout ce temps».
Dans le milieu de
la matinée, les représentants des travailleurs prenaient la décision
de se rendre au siège de l’UGTA où un petit groupe d’entre eux a pu
rencontrer le secrétaire général, Sidi Saïd. A l’issue de cette
entrevue qui aura duré près de deux heures, M. Habchi a déclaré au
représentant du Jour d’Algérie que le patron de la Centrale
syndicale les avaient assurés qu’il ferait en sorte de mettre en
œuvre tous les moyens légaux pour que l’entreprise et les intérêts
de ses travailleurs soient sauvegardés. Parmi ces moyens, en faveur
desquels M. Sidi Saïd s’est déclaré favorable, il a cité la
concrétisation du projet de partenariat de la CNAN Maghreb Lines,
retenu, avec des sociétés étrangères et dont l’ouverture des plis
est intervenue le 8 mai 2006. «M. Sidi Saïd, a-t-il poursuivi, a
estimé qu’il fallait reconsidérer le dossier de partenariat à
soumettre au Conseil de participation de l’Etat qui, a-t-il
poursuivi, devait être engagé le 16 septembre 2006».
Interrogé sur les
origines de cette situation dont risque de pâtir une entreprise qui
fut, il y a quelques années, l’un des fleurons de l’économie
nationale, des membres du collectif des travailleurs de la CML
accusent, sans les nommer, «certaines personnes de faire du lobbying
au profit d’entreprises maritimes étrangères». «Sur la ligne reliant
l’Algérie et la France, précise M. Habchi, activent, en même temps
que notre entreprise, trois autres armateurs. La Cnan Maghreb Lines
a pris les parts de marché qui lui reviennent. Cela semble déranger
des compagnies concurrentes qui font en sorte, avec des complicités
locales, de vouloir nous casser. Nous ne comprenons pas la mesure
prise par le ministère de la Participation, que notre compagnie est
parfaitement viable et continue d’engranger des bénéfices. Pour
preuve, elle a réalisé 70 millions de dinars au cours de l’exercice
2005.
Ahmed
Mahieddine
Haut
Le dialogue social dans l’impasse
Les
conséquences d’une gestion chaotique
Comment extirper
les négociations sur les salaires de cette situation inextricable
dans laquelle se sont embourbées SGP et Fédérations, est le souci
qui ressort des déclarations des responsables tant au niveau du
gouvernement que de l’UGTA. C’est pourquoi, alors qu’autour de la
table des négociations les deux parties campant sur leurs positions,
refusent de faire la moindre concession supplémentaire s’agissant du
taux de l’augmentation qui sera retenu. Sidi Saïd d’un côté et Louh
d’un autre tentent d’apaiser les esprits en multipliant les
déclarations consensuelles. Oui, rassurent-ils, le principe de
l’augmentation est acquis et est irréversible. Oui, les salaires
impayés, du moins une partie, sera versée aux 40 000 travailleurs
comme promis ou presque, au début du ramadan. Pourtant, ces
déclarations par lesquelles on veut atténuer l’ampleur de l’impasse
et du blocage auxquels ont abouti les négociations, cachent de plus
en plus mal la difficulté éprouvée par ceux qui chapeautent ce
dossier tant au niveau gouvernemental qu’au niveau syndical. Pour
preuve, le silence observé par le Chef du gouvernement sur cette
question dont la gestion s’est avérée beaucoup plus compliquée que
prévue. Autre indice et non des moindres et tout aussi révélateur de
la situation qui prévaut, a trait au report de la réunion annoncée
pour hier entre Sidi Saïd, Temmar et Louh, programmée pour cette
fin de semaine. De même qu’il y a lieu de relever l’annonce faite
presque en catimini de la tenue du fameux conseil interministériel
devant trancher la question des salaires impayés. Ainsi, alors que
son report avait été confirmé à plusieurs reprises, Louh, au détour
d’une déclaration faite en marge d’un séminaire, a déclaré qu’il
s’était tenu. Pendant ce temps, les travailleurs échaudés par les
promesses non tenues montent au créneau et annoncent leur ferme
intention d’obtenir gain de cause dans ces négociations qui donnent
l’impression de s’être transformées en un combat. Le nouveau délai
qui a été accordé aux SGP et aux fédérations pour finaliser leurs
négociations risque d’être inutile. Preuve en est la fédération des
travailleurs de la métallurgie, mécanique, électricité et
électronique qui a prévu de tenir un rassemblement demain devant le
siège des SGP à Hydra. Bekhadem, qui suit à ne pas en douter
l’évolution du dossier, se refuse pour l’heure à intervenir. Le 23
septembre, l’UGTA entamera une autre manche avec le privé, qui
risque de mal finir pour elle.
Selma M.
Haut
Boghni
Incursion
terroriste dans un bar
Un débit de
boissons alcoolisées a été visité dans la soirée d’hier par un
groupe terroriste, apprend-on de sources sûres. Il était environ 21h
lorsque dix éléments armés de kalachnikov et appartenant au GSPC,
l’organisation terroriste qui a rejoint récemment celle d’El Qaïda,
ont fait irruption dans un bar situé sur la route qui relie Boghni à
Draâ El Mizan (deux régions du sud de la wilaya).
Les terroristes se
sont emparés de la caisse qui contenait 5 millions de centimes et
ont délesté les clients de leur argent et portables avant de prendre
la fuite. La
wilaya de Tizi Ouzou enregistre ces derniers temps une réapparition
des groupes terroristes qui seraient en train de réapprovisionner
les maquis.
En effet, il y a
deux semaines de cela, un groupe terroriste s’est approvisionné en
denrées alimentaires à Oued Aïssi dans la commune de Tizi Ouzou. La
vigilance est plus que jamais recommandée.
Z. H.
Haut
Il avait promis une hausse des salaires
Belkhadem
va-t-il relever les tarifs de Sonelgaz ?
Le Chef du
gouvernement réalise toute la difficulté qui existe à tenir les
promesses.
Est-ce l’école de
la réalité ? Abdelaziz Belkadem qui avait mené campagne pour occuper
le poste de Chef du gouvernement découvre à ses dépens qu’il aurait
mieux valu modérer ses ambitions politiques. Ainsi, l’homme qui
avait pour habitude de donner de lui une image positive - celle d’un
gouvernant à l’écoute de ses concitoyens- le SG du FLN qui le moins
que l’on puisse rappeler traîne quelques casseroles, s’était
embarqué sur un terrain qu’il découvre miné. En effet, pour
«discréditer» son prédécesseur, lequel avait fait de la rigueur dans
la gestion des affaires du pays, une ligne de conduite dans
l’attente de stabiliser la situation macro et micro-économique du
pays, Belkhadem avait promis les augmentations de salaires
revendiquées par les syndicats et s’était engagé à améliorer le
pouvoir d’achat des Algériens. Moins de cinq mois après son
installation et sa prise de fonction, le Chef du gouvernement
réalise toute la difficulté qui existe à tenir les promesses. Les
hausses salariales annoncées comme certaines, le paiement des
arriérés de salaires pour 40 000 travailleurs sont remis en cause.
Des réalités qui, si elles jettent le discrédit sur l’homme qui a
tenu tous ces engagements pour gagner les faveurs du monde du
travail, ont le mérite, démontrant toutefois qu’il est souvent plus
facile de parler que de matérialiser ses promesses. Et le pire pour
Belkhadem est à venir puisque son arbitrage est sollicité par
Sonelgaz dans l’augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz
que cette entreprise veut appliquer. En effet, le P-DG de la
Sonelgaz, favorable à ce réajustement des tarifs, a déclaré que la
balle est dans le camp du gouvernement qui doit se déterminer sur la
question. Pour le patron de la Sonelgaz, «il faut que quelqu’un paie
la facture». On imagine ainsi le dilemme auquel est confronté
Belkhadem. et pour cause comment peut-il répondre favorablement à la
requête de la Commission de régulation de l’électricité et le gaz
qui préconise une augmentation entre 10 et 15% et en même temps
déclarer légitime la revendication de revoir à la hausse salaires et
SNMG ? En effet, il serait absurde de reprendre d’une main ce qui a
été concédé de l’autre. Et dans le cas où Belkhadem décide de faire
«payer» la facture à l’Etat, il reste aussi que cette décision n’est
pas exemptée de reproche dans la mesure où la démarche retenue par
les pouvoirs publics consiste en le désengagement de l’Etat et en le
délestage au profit des entreprises de la prérogative de la gestion
des affaires. En contrepartie, les gestionnaires sont comptables de
l’état de santé des entités publiques.
C’est dire que
quelle que soit la décision que prendra Belhadem, elle aura au moins
le mérite de lui rappeler que «la critique est aisée, l’art est
difficile»
Nadia Kerraz
Haut
Les SGP instruites à payer les arriérés
Info ou intox ?
Les Sociétés de
gestion des participations (SGP) ont été «instruites» à payer les
arriérés des salaires des 30 000 travailleurs qui n’ont pas perçu
leurs salaires depuis plusieurs mois, annonce hier l’APS, citant une
source non pas du MPPI, mais de l’UGTA et, qui plus est, se serait
exprimé… dimanche. La source n’est autre que Abdelkader Malki qui,
tout au long de ce marathon SGP-fédérations, n’a eu de cesse
d’instrumentaliser certaines voies médiatiques pour faire pression
sur les présidents de directoires. Ce fut le cas, par exemple, lors
de la réunion Louh-Temmar-Sidi Saïd qu’il a promis par deux fois et
qui n’a pas encore eu lieu, à ce jour. Hier, dans son titre, l’APS
parlait d’instruction. Malki, pour qui le coup est parti, est plus
prudent : «Les SGP ont été autorisées par le ministre des
Participations et de la Promotion des investissements, M. Abdelhamid
Temmar, à procéder à la prise en charge des salaires impayés sur
leur propres ressources financières pour payer les travailleurs qui
n’ont pas perçu leurs salaires depuis plusieurs mois» (entre deux et
plus de douze mois). Loin de toute certitude tranchante, c’est un
cas de manip en bonne et due forme. Et Malki de continuer, «cette
instruction a été donnée par le ministre dans le cadre de la mise en
œuvre des décisions arrêtées lors du conseil interministériel
portant sur le traitement des salaires impayés, qui s’est tenu le 12
septembre». Mais comment y parvenir ? Le bras droit de Sidi Saïd
révèle une trouvaille : «Les SGP qui manquent de moyens financiers
se doivent de transmettre au ministère de la Participation et de la
Promotion des investissements, les montants qui leur font défaut,
afin de compenser ce manque en organisant une solidarité des SGP
disposant d’excédents en ressources propres».
Et Malki a tenu à
présenter les remerciements de l’UGTA au gouvernement pour «avoir
débloquer la situation». Par ailleurs, en visite à Oran, le ministre
a laissé entendre que la Cnan, l’ENGI, Air Algérie, la SNTA, la SNVI
et Saidal seront privatisées très prochaînement. Tous les
travailleurs des entreprises publiques accusant un retard dans le
paiement des salaires «seront payés», a annoncé le ministre des
Participations et de la Promotion des investissements, Abdelhamid
Temmar, en visite de travail, hier à Oran. «Décision a été prise
pour régler tous les salaires en retard», a affirmé le ministre en
précisant que «cette mesure s’étend à l’ensemble des entreprises, à
savoir celles déjà fermées, en voie de fermeture ou encore en
activité». Le ministre n’a cependant pas précisé si le règlement de
ce dossier interviendrait avant le mois de ramadan (soit dans moins
d’une semaine), comme promis par le secrétaire général de l’UGTA.
S’agissant du processus de privatisation,
M. Temmar a
indiqué que 400 entreprises publiques ont été privatisées depuis
juin 2005, tout en insistant, par ailleurs, sur le fait qu’«aucun
poste de travail n’a été perdu à travers la mise en œuvre de cette
opération». Le contrôle du portefeuille des entreprises publiques
est assuré par les holdings (SGP), alors que la décision de cession
revient au Conseil des participations de l’Etat, a rappelé le
ministre. Le ministre a cependant fait savoir que la privatisation
de certaines entreprises est gérée directement par son département,
signalant dans ce sens que le dossier est ficelé pour la «Cnan» et
les «Gaz industriels», alors que d’autres entreprises importantes
ouvriront prochainement leurs capitaux aux investisseurs privés,
dont Air Algérie, SNTA, SNVI et Saidal. «L’Etat se désengagera, même
des entreprises performantes, pour assumer pleinement sa mission qui
consiste à organiser et à contrôler les conditions de la
reconstruction économique du pays», a-t-il expliqué. La
participation de l’Etat demeurera, en revanche, majoritaire dans les
capitaux de certaines entreprises qui s’intègrent dans la stratégie
globale du développement économique du pays, à l’instar des secteurs
de l’énergie, du chemin de fer et des ports, a conclu M. Temmar.
Redouane A.
Haut
Foncier industriel
L’achat
conditionné, mais facilité
nPour devenir
propriétaire définitif d’un terrain et convertir la concession en
cession, l’investisseur devra finaliser son projet.
Les terrains
relevant du domaine privé de l’Etat destinés à la réalisation de
projets d’investissement «sont concédés ou cédés, aux enchères
publiques ou de gré à gré, au profit d’entreprises et établissements
publics ou de personnes physiques ou morales de droit privé»,
moyennant le paiement de la valeur vénale ou d’une redevance
locative annuelle telles que fixées par les services des domaines
territorialement compétents. Selon l’ordonnance n°06-11 du 30 août
2006 fixant les conditions et modalités de concession et de cession
des terrains relevant du domaine privé de l’Etat destinés à la
réalisation de projets d’investissement, la concession ou la cession
est consacrée par un acte administratif établi par l’administration
des domaines accompagné d’un cahier des charges fixant le programme
précis de l’investissement ainsi que les clauses et conditions de
la concession ou de la cession. Autorisée par arrêté du wali, sur
proposition d’un comité, la concession ou cession aux enchères
publiques ou de gré à gré, relève également des compétences du
Conseil national de l’investissement. Ce dernier pourra intervenir
pour les projets d’investissement bénéficiant du régime de la
convention, conformément aux dispositions de l’ordonnance n° 01-03
du 20 août 2001. Pour devenir propriétaire définitif des terrains et
convertir la concession en cession, l’investisseur devra finaliser
son projet. «Le concessionnaire bénéficie de la conversion de la
concession en cession dans les deux ans qui suivent le délai
d’achèvement du projet, s’il parvient à le réaliser dans le délai
fixé dans l’acte de concession», précise l’ordonnance. Dépassé ce
délai, le concessionnaire ne pourra pas bénéficier de la même valeur
vénale telle que fixée par l’administration des domaines lors de
l’établissement de l’acte de concession, car, s’il «sollicite la
conversion de la concession en cession au-delà du délai de deux ans
suivant le délai de réalisation du projet, celle-ci est accordée sur
la base de la valeur vénale du terrain telle que déterminée par les
services des domaines au moment de la conversion et sans défalcation
aucune», mentionne la même source. D’une durée minimale de 20 ans
renouvelable, la concession des terrains domaniaux est convertible
en cession lorsqu’il s’agit de projets à caractère industriel,
touristique ou de services. Les catégories de terres exclues de la
concession sont les terres régies par des textes particuliers,
notamment les terres agricoles, les parcelles de terrains situées à
l’intérieur des périmètres des zones d’expansion et sites
touristiques, nécessaires à la réalisation des programmes
d’investissement prévus dans le plan d’aménagement touristique, les
parcelles de terrains situées à l’intérieur des périmètres miniers,
celles situées à l’intérieur des périmètres de recherche et
d’exploitation des hydrocarbures et les terrains destinées à la
promotion immobilière et foncière. En cas de manquement des
obligations contenues dans le cahier des charges, l’acte de
concession sera résilié et donnera lieu au versement, par l’Etat,
d’une indemnité due au titre de la plus-value éventuelle apportée au
terrain par l’investisseur par les travaux régulièrement réalisés.
Cette somme, ajoute l’ordonnance, ne devra pas dépasser la valeur
des matériaux et le tarif de la main d’œuvre utilisée.
Karima Sebai
Haut
Makhlouf Rahni, DG de la Bourse d’Alger
«Nous avons
perdu 80 millions de dinars»
«La Bourse d’Alger
n’a pas connu sa vitesse de croisière, mais cela ne veut pas dire
qu’elle ne prendra pas son essor dans un proche avenir. Nous sommes
convaincus qu’elle ira de l’avant à l’avenir.» C’est en ces termes
que s’est exprimé, hier, Makhlouf Rahni, directeur général de la
Bourse d’Alger lors de l’émission Forum économique de la chaîne II
de la radio nationale. D’emblée, l’orateur, qui a déclaré que la
bourse d’Alger a connu des débuts particulièrement difficiles, parce
qu’elle était, au moment de son ouverture, un élément nouveau en
Algérie, rassurera qu’elle prendra son essor dans un avenir proche,
notamment avec les emprunts obligataires d’Algérie Télécom. «Avec
l’entrée le 29 mai passé de Sonélgaz et de celui d’Algérie Télécom,
dans le cadre de l’emprunt obligataire, l’avenir de la bourse
d’Algérie est prometteur» dira-t-il. Interrogé sur les causes qui
ont freiné les entreprises privées à ne pas rejoindre la Bourse
d’Alger, M. Rahni a expliqué qu’«il n’y a pas de grandes entreprises
privées, mais aussi et surtout, ces dernières sont méfiantes car
pour qu’elles rejoignent la Bourse, il faudrait qu’elles soient
transparentes, certifiées alors que les propriétaires de ces
entreprises ne veulent pas qu’ils rendent des comptes.» Quant aux
entreprises publiques, n’ayant pas encore décidé à intégrer la
Bourse, l’invité de la radio dira tout simplement que «l’Etat est
souverain.» Fort de son expérience dans le domaine, Makhlouf Rahni,
avec un langage on ne peut plus clair, fera savoir que «le marché
financier, encore en balbutiements dans notre pays, est une
condition nécessaire pour le développement de notre pays.» Pour ce
qui est des stratégies adoptées par l’institution dont il a la
charge, M. Rahni, a annoncé que «depuis une année, nous avons lancé
un programme de relance de la Bourse d’Alger afin de débloquer la
situation dans laquelle elle se trouve actuellement. Cette relance
est basée sur sa redynamisation, car elle ne dispose pas de moyens
nécessaires pour se moderniser.» Pour ce faire, a-t-il indiqué,
«nous avons mis en place des moyens adéquats, à savoir un système de
négociations qui répond aux normes internationales.» Mais pour
atteindre ces objectifs, le premier responsable de cette institution
financière a insisté sur la formation, car, dira-t-il, «il y a un
manque flagrant de specialistes en la matière.» Selon M. Rahni, les
autres conditions permettant le décollage de la bourse d’Alger sont
«sa promotion en la faisant connaître et l’outil informatique, non
disponible actuellement.» Abordant le volet financier, l’invité du
jour a déclaré que la Bourse a perdu 80 millions de dinars, un
chiffre qui n’est, à ses yeux, pas important. Sans donner un chiffre
exact, M. Rahni a noté que celle-ci a besoin de trésorerie pour
pouvoir aller de l’avant. La capitalisation boursière actuelle est,
selon M. Rahni, de 1%, ce qui est peu, expliquera-t-il, par rapport
aux pays occidentaux où elle dépasse 100%. Toutefois, dira encore
une fois, Makhlouf Rahni, «on pourra atteindre 25à 30 % à l’avenir.»
Evoquant le retrait de Eriad Sétif de la bourse d’Alger, M. Rahni,
dira qu’«on ne peut pas retenir une entreprise qui perd de
l’argent».
Djamel Oukali
Haut
2e tronçon de l’autoroute Est-Ouest
La BAD donne
son visa aujourd’hui
La Banque
algérienne de développement (BAD) devra donner son visa,
aujourd’hui, pour le coup d’envoi du lancement des travaux du
tronçon de 925 kilomètres du méga- projet d’autoroute national
Est-Ouest. La décision de relancer les travaux a été prise le 2
septembre dernier lors de la tenue du Conseil des ministres. C’est
ce qu’a indiqué, hier, en effet, le ministre des Travaux publics,
Amar Ghoul, en marge de la rencontre, tenue au siège de son
ministère à Alger, consacrée à la présentation du contenu général du
projet de schéma-directeur routier et autoroutier 2005/2025. Pour
mieux cerner la question, une cellule spéciale a été créée pour
pencher sur l’étude de cette partie du financement du projet au sein
de la BAD. Cette dernière «devra donner son visa aujourd’hui pour le
démarrage des travaux du 2e tronçon pour une durée de 40 mois», a
souligné le ministre. Abordant par ailleurs cette rencontre qui l’a
regroupé avec Chérif Rahmani, ministre de l’Aménagement du
territoire et de l’Environnement, les deux ministres ont souligné
l’importance de celle-ci, se voulant «une opportunité pour faire
connaître les dossiers importants nécessaires à la mise en place
d’une politique routière qui répondra aux développements économique
et social» que connaît notre pays. Amar Ghoul a indiqué, dans cette
optique, qu’il s’agit de doter le secteur des travaux publics
d’outils de planification et de politique routière et autoroutière
sur l’ensemble du territoire et en conformité avec la loi sur
l’aménagement et le développement durable du territoire. Avant de
projeter la future autoroute Est-Ouest contenue dans le projet de
schéma-directeur routier et autoroutier pour la période 2005/2025,
notamment les grands projets structurants, entre autres, l’autoroute
Est/Ouest, la 2e rocade sud d’Alger, les 3e et 4e rocades, la rocade
des Hauts-Plateaux et l’aménagement au niveau des centres urbains
pour un coût global de 2 846 milliards de dinars.
Le premier
responsable du secteur des Travaux publics a soutenu dans son
intervention le fait de trouver à moyen et à long termes d’autres
subventions financières en dehors du budget de l’Etat, dans le souci
de lever le fardeau, «d’autant plus que le secteur connaît une
évolution qui exige certaines normes de gestion moderne», a-t-il
soutenu. Notons enfin que le coût global de réalisation de
l’autoroute Est/Ouest est de 11 milliards de dollars.
Ce coût a
cependant été revu à une baisse de l’ordre de 15 %, soit
l’équivalent de 1 milliard de dollars.
Kahina Benarab
Haut
Béjaïa
2 milliards
pour les couffins de la rahma
La direction de
l’action sociale a observé dans son rapport relatif au programme de
solidarité envers les couches sociales précaires que le montant
global des crédits affectés pour la réalisation de cette opération
cette année (2006), s’élève à
22 576 000,00 DA.
Un programme auquel concourent plusieurs institutions, à savoir le
ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale, la wilaya de
Béjaïa et les communes avec respectivement
2 500 000 DA, 4
500 000 DA et avaient été recensées durant l’année 2004 par la
commission intersectorielle de wilaya chargée de la coordination du
contrôle du suivi et l’évaluation de l’opération avant que ce nombre
ne soit assaini en 2005 pour être porté à 14 173 familles, vivant
dans le dénuement, soit au total 21 300 personnes. Le montant global
des crédits concédés à cette opération en 2005 était de
22 548 100 DA.
Hocine Cherfa
Haut
Affaire des 137 milliards détournes à l’agence BDL
Le procès
reporté au 16 novembre
Le président de la
chambre correctionnelle près le tribunal Sidi M’hamed (Alger) a
décidé, hier, sur demande de la partie civile, de reportée, pour le
16 novembre prochain, le procès (en appel) de l’affaire de
dilapidation de 170 milliards de centimes de plusieurs agences BDL.
«Eu égard à la complexité de cette affaire et au nombre important
des accusés, nous avons demandé le report du procès afin de mieux
examiner les dossiers des personnes impliquées», nous a indiqué,
maître Benbelkacem Farid, avocat de l’un des accusés. En effet, la
présidence de la chambre a fixé une audience «spéciale», le jeudi
16.11.2006, pour statuer en appel sur ce scandale. Le tribunal
correctionnel a prononcé, faut-il le rappeler, huit ans de prison
pour le principal accusé,
L.H, lors du
verdict rendu le 26 juillet dernier. L’ex-directeur de l’agence BDL
d’El Mouradia, M.H., et la sous/directrice de cette agence de
banque,
D.M, ont été, eux
aussi, condamnés à la même peine, à savoir 8 années de prison ferme.
L’agence d’El-Mouradia a enregistré, à elle seule, 37 milliards de
centimes dilapidés. Trente personnes, dont des employés de la BDL,
du CPA et de la BNA sont inculpées dans cette affaire. Onze d’entre
elles étaient en détention préventive et trois autres en fuite. Le
nommé L.H, commerçant de son état, est accusé d’avoir bénéficié,
auprès d’agences BDL, de crédits bancaires sans garantie de
remboursement. Ce commerçant a reconnu, lors du procès du mois de
juillet passé, avoir prêté de l’argent à certains employés de
banques.
M. K.
Haut
Piratage de CD à Oran
Les éditeurs se
tirent dans les pattes
Les revendeurs
sont partout, à tous les coins de rue. Cet été, les nationaux
établis à l’étranger de passage à Oran n’ont pas seulement profité
de la beauté des sites, se tenant la main sur la côte de la capitale
de l’Ouest, mais également de ce qu’offre le marché informel en
matière de produits contrefaits. Entre autres, les jeunes ont fait
le plein de CD et VCD proposés à travers toutes les artères de la
ville d’Oran, tout particulièrement à Médina J’dida. Dans son
esplanade centrale, communément appelée «tahtaha», tout est proposé
à la vente et les cinéphiles comme les mélomanes y trouvent leur
compte. En effet, les différentes opérations de lutte contre le
phénomène, menées épisodiquement par les services de sécurité et
ceux de l’ONDA, aboutissent toujours à de nombreuses saisies,
néanmoins cela semble très insuffisant et loin de pouvoir enrayer
définitivement le problème. Les revendeurs sont partout, à tous les
coins de rue et, si l’on croit les propos d’un éditeur d’Oran – qui
préfère garder l’anonymat –, «les premiers à se livrer une guerre à
travers le piratage sont les éditeurs eux-mêmes».
Les droits
d’auteur, les acheteurs ne s’en soucient nullement. Encore moins les
revendeurs activant dans le circuit des CD et VCD contrefaits. Pour
les uns, seul compte le plaisir de trouver sur le marché le dernier
tube de tel artiste, à un prix défiant l’entendement et, pour les
autres, le gain facile. A la place «tahtaha», les revendeurs
proposent CD et VCD contrefaits à 40 dinars l’unité et 100 dinars
les trois. Il faut souligner que le prix de ces produits constitue
légèrement plus que le prix d’un CD vierge au détail, celui-ci étant
cédé entre 25 et 30 dinars. En somme, un jeune, disposant d’un
micro-ordinateur doté d’un graveur et d’une imprimante, qui voudrait
s’essayer dans le créneau, se cassera indubitablement le nez. Il ne
pourra, en effet, aligner ses prix sur ceux proposés par les «gros»
qui parviennent à contrefaire en grand nombre les produits demandés.
«Qu’on se détrompe ! Il n’y a que les éditeurs qui disposent des
moyens nécessaires pour la duplication à grande échelle de sorte à
ce que le prix de revient soit si insignifiant pour pouvoir écouler
leurs produits facilement et en quantités», explique-t-on dans le
milieu.
Je fais remarquer
naïvement qu’il est alors facile de remonter à la source, puisque
dans cette guerre que se livrent les éditeurs, ces derniers ne
piratent pas leurs produits. «Il ne sont quand même pas dupes
Monsieur !» souligne mon interlocuteur qui ajoute : «Si je dois
proposer un CD de variétés, j’y inclus évidemment un ou deux
chanteurs avec qui je suis en contrat. Autrement, ça se saura
facilement.» Toutefois, fait-il remarquer, «Ed-deg» (le piratage)
est une pratique «presque admise par tous les éditeurs». «On ne peut
pas vraiment s’en sortir autrement, surtout que le timbre de l’ONDA
nous revient très cher», souligne-t-il en précisant que le piratage
touche en fait à tous les domaines. En plus de la chanson (CD audio
ou MP3 de tous les chanteurs locaux, nationaux, arabes et
occidentaux), on retrouve sur le marché, une variété extraordinaire
de films arabes, hindous, américains, des causeries religieuses, du
dessin animé et évidemment des film classés X qui sont proposés,
eux, à 60 ou 70 dinars l’unité. C’est même le créneau qui semble
rapporter le plus.
Il faut dire aussi
que ce qui participe au boom de cette activité informelle c’est que
les acheteurs y trouvent tout ce qu’ils cherchent. C’est le cas de
produits proposés sur le marché avant leur sortie officielle en
Europe.
Artistes et
éditeurs, premiers perdants
Le phénomène est
en vogue et les responsables de l’Office national des droits
d’auteur et des droits voisins d’Oran (ONDA) ne laissent passer
justement aucune occasion pour tirer la sonnette d’alarme sur cette
contrefaçon qui prend de l’ampleur dans le domaine de l’audiovisuel,
causant un préjudice estimé à quelque 2,5 milliards de centimes dans
la région ouest. Les statistiques à ce propos parlent d’elles-mêmes.
Durant seul le premier trimestre de l’année en cours, plus de 26 000
CD et VCD piratés ont été saisis dans les wilayas de Tlemcen,
Mostaganem, Oran et Saïda. Le plus grand nombre a été saisi dans la
capitale de l’Ouest, soit environ 17 000 supports dont 5 650 VCD.
L’année précédente, et selon le directeur régional de l’ONDA, plus
de 216 000 CD piratés ont été saisis contre 92 000 l’année d’avant.
C’est pour dire que le phénomène est en constante progression. Pour
cette année, les services de l’ONDA ont saisi, durant le premier
semestre, 49 342 CD et K7 piratés et ceux de la police, 72 435
autres. Et ce qui interpelle encore davantage c’est que le produit
piraté est proposé aussi dans les magasins d’audiovisuel.
Cette activité
informelle a fait que les usines spécialisées dans la duplication
audiovisuelle ont vu leur nombre passer de 8 à 2 unités et «les
éditeurs de 70 à 10 seulement». Pour beaucoup, les éditeurs qui se
sont retirés du marché, ont dû garder, dans leur majorité du moins,
leurs matériels à même de leur permettre de «poursuivre de façon
informelle» leur activité. Mais qu’est-ce qui empêche que se fasse
de façon plus rigoureuse leur contrôle ? Les services directement
concernés évoquent un manque d’effectifs, une cinquantaine seulement
pour les 48 wilayas. Et quand on sait que beaucoup se sont fait
agresser dans l’exercice de leur fonction, il y a de quoi comprendre
la crainte des agents et les freins que l’opération de lutte contre
le piratage rencontre.
Mais bien avant l’ONDA,
la sonnette d’alarme était tirée par les éditeur, à l’image de
Boualem Disco Maghreb qui déclarait déjà en 2004 : «Nous n’avons ni
le cœur ni les conditions idoines. Notre profession coule.» Parce
que «le marché informel, le piratage et la contrefaçon ont réduit
tous les efforts consentis, depuis un quart de siècle, pour la
promotion de la culture et de la musique en particulier».
En tout cas,
éditeurs, distributeurs, vendeurs comme les industriels soulignent,
sans cligner des yeux, que «l’ONDA est un peu complaisant», sachant
que c’est à cet organisme de veiller, en principe, sur leurs
intérêts en menant une guerre sans merci aux «trafiquants» qui
encourent, pour rappel, conformément aux articles 149 et 150 de
l’ordonnance n°97-10 du 6 mars 1997, «un emprisonnement de six mois
à trois ans et une amende de 500 000 à 1 000 000 de dinars». «Si
c’était réellement le cas sur le terrain, bien des revendeurs se
seraient déjà effacés», fait-on encore remarquer.
Que faire ?
Le phénomène est
là et la lutte à elle seule ne semble pas suffire. En ce sens, les
industriels spécialisés dans l’audiovisuel se doivent de se protéger
autrement. C’est le cas par exemple de l’industriel et manager de
Media Discs industries qui, pour faire face au phénomène de la
contrefaçon, a créé au sein de son usine – la deuxième plus
importante d’Afrique – un département recherche et développement
chargé d’intégrer «un verrouillage automatique des CD» qu’il
produit. Cela dit, le patron de cette usine a eu l’intelligence
aussi de contrecarrer ce «banditisme» par la diversification des
produits. En effet, outre les CD audio qui représentent jusqu’à 15%
de son activité, M. Louhibi a investi dans le support pédagogique et
du livre. Conscient du fait aussi que le marché informel du CD et du
VCD est encouragé par les prix pratiqués, il suggère que l’ONDA
réduise sa redevance afin de permettre aux éditeurs de proposer
leurs produits à des prix alignés sur ceux du marché informel. A
cela, le directeur régional de l’ONDA répondra qu’il faudrait plutôt
que les pouvoirs publics s’investissent sur ce terrain en prenant
réellement en charge le problème. C’est peut-être à ce prix que l’on
parviendra un jour à éradiquer le fléau du piratage et de la
contrefaçon…
E. Ikram
Haut
Tayeb Houari, SG de l’Onec
«La loi sur le
chahid doit être appliquée»
Dans cet
entretien, Houari Tayeb, le secrétaire général de l’Organisation
nationale des enfants de Chahid (Onec), parle du travail mené par
les commissions de réflexion et du programme tracé par
l’Organisation pour la réécriture de l’histoire et la sauvegarde de
la mémoire collective.
Entretien
réalisé par
Habiba Ghrib
Le jour
d’Algérie : l’Onec a toujours revendiqué la prise en considération
de la loi du Chahid et du moudjahid dans les grandes décisions de
l’Etat pour l’intérêt public, où en sont les actions entamées dans
ce sens ?
Houari Tayeb : L’Onec
a installé des commissions de réflexions afin de participer
positivement aux futures actions qui seront menées par le président
de la République. Je cite notamment celle liée à la révision de la
Constitution que nous considérons comme une action impérative et
importante pour le pays. Nous considérons que pour que l’Etat de
droit soit fort et consolidé, il faut qu’il veille à l’application
de l’ensemble des lois. Nous demandons aujourd’hui que la loi du
chahid soit appliquée dans la Fonction publique et dans les
commissions de wilaya pour la protection des moudjahidine et des
ayants droit des familles de chouhada. Dans ce contexte-là, et pour
faire activer ces procédures, l’Onec a fait un travail de réflexion
depuis 2002, à l’issue duquel une mouture sur nos propositions a été
remise au Chef du gouvernement. Cela, en plus d’un appel qui a été
adressé au président de la République, lui demandant la prise en
charge des articles de la loi qui n’ont pas été appliqués ni dans la
Fonction publique ni par les institutions financières de l’Etat.
Nous avons aussi sollicité le président pour que soit pris en charge
l’article 64, portant installation du haut comité nationale de la
sauvegarde de la mémoire collective et les vestiges de la révolution
de novembre, afin de mettre fin à l’utilisation de la révolution à
des fins autres et de mettre surtout fin aux agissements de ceux qui
portent atteinte à la mémoire du pays et des martyrs.
Quels sont
alors les résultats des actions accomplies par les commissions de
réflexion ?
Une partie du
travail a été déjà remise à qui de droit et une autre est
actuellement au niveau de l’Assemblée populaire nationale, pour
réflexion. Une autre commission constituée par des anciens cadres de
l’Onec, des députés et des sénateurs actuels et six mem-bres de la
direction nationale s’attelle à préparer un document qui servira de
base à notre prochaine rencontre avec M. Belkhadem.
L’Onec vient de
mener tout un travail en faveur de la réécriture de l’histoire et en
prônant la préservation de la mémoire collective. Qu’y a-t-il
derrière cette nouveauté ?
Pour ce qui est de
l’écriture de l’histoire, je reviens sur l’aspect juridique des
articles 64 de la loi du chahid et 62 de la Constitution sur
lesquels on s’est appuyé pour entamer une action vers la jeunesse
dans le milieu de l’enseignement scolaire et supérieur, lire à
travers les comités de quartier les associations de jeunes, cela
dans le but de créer des actions communes pour permettre à ses
jeunes de connaître leur pays par la véracité des faits et la
réalité de l’histoire. Nous visons en agissant de la sorte à
prévenir notre jeunesse à l’avenir de toute falsification et
déracinement par rapport à son histoire et par rapport aux idéaux de
novembre 1954. Nous avons aussi entamé d’autres actions en
collaboration avec le forum des journalistes et leur syndicat
national de la presse, en vue de créer le club de presse de l’Onec.
Notre objectif est de faire passer le message à travers les médias.
L’Onec, pour la première fois depuis son existence, a mis en place
son site web, grâce auquel et en collaboration avec d’autres
Organisations nationales, il est désormais possible de poursuivre
notre action en faveur de la sauvegarde de la mémoire collective à
l’étranger. D’autant qu’en ce moment où la troisième génération
française qui est arrivée au Parlement français, vient de jouer un
rôle très négatif, suite à la promulgation de la loi du 23 février.
Cette décision qui nous a poussés à être radicaux à toute action et
à la signature du traité de l’amitié, sans que l’Etat français ne
reconnaisse ses crimes coloniaux et avant qu’il ne demande pardon au
peuple algérien.
On assiste à
une implication directe et plus fréquente de votre organisation dans
les actions en faveur de la cause de la Rasd. Peut-on en savoir
plus ?
Dans le cadre du
programme de l’Onec dans les activités internationales et plus
précisément dans la lutte des peuples pour la liberté et pour leurs
droits à l’autodétermination, l’Onec s’est engagée pleinement dans
la cause du peuple du Sahara occidentale et elle est membre
fondateur du CNASPS. Son rôle a été toujours d’apporter solidarité
et aide à la Rasd afin que soit réalisée l’autodétermination de son
peuple. Il est toujours question pour nous de mener une campagne de
solidarité matérielle, politique et morale à ce peuple, via
séminaires et caravanes de solidarité, les échanges culturels et
historiques et en faisant profiter l’Organisation des enfants de
chouhada de la Rasd de l’expérience de l’Onec.
A quand la date
du congrès national ? Qu’en est-il des préparatifs, et enfin y
aura-t-il du nouveau au plan organique ?
La date de la
tenue du congrès national est prévue pour le premier semestre 2007.
Actuellement, le secrétariat national active pleinement dans les
wilayas afin de tenir les congrès de wilaya. Trente congrès ont eu
déjà lieu et on pourra finaliser cette tâche au mois d’octobre
prochain. Il sera procédé par la suite, lors du prochain conseil
national qui est prévu avant la fin de l’année, à l’installation de
la commission nationale de préparation du congrès. Le travail
qu’effectuera cette dernière tournera principalement autour de trois
axes. Il s’agit de la mise en conformité des textes et des
résolutions de l’Onec avec la réalité du pays et en fonction des
changements opérés et des programmes à venir, de dégager des
délégués de wilaya et l’élaboration de pré-résolutions dans le cadre
de la tenue des six congrès régionaux et enfin, la préparation des
questions techniques et matérielles du congrès, cela à travers
l’épuration par la commission nationale administration et finance de
la situation administrative et financière des secrétariats de
wilaya.
H. G.
Haut
Deuxième plus grand barrage d’eau en Algérie
Kouidat
réceptionné avant fin 2007
Le ministre des
Ressources en eau Abdelmalek Sellal s’est rendu, hier, lors d’une
visite de travail et d’inspection dans le barrage de Koudiat
Acerdoune dans la wilaya de Bouira. Constatant de lui-même
l’avancement considérable des travaux qui sont à 61% du taux de
réalisation, le ministre a insisté, néanmoins, auprès de la société
réalisatrice de terminer les travaux le plutôt possible. «Je
souhaite voir les travaux achevés au plus tard le mois de novembre
2007» a espéré Abdelmalek Sellal. Celui-ci a relevé, par ailleurs,
que ce barrage est l’un des plus difficiles que l’Algérie ait jamais
réalisé. Cela a-t-il souligné à cause des difficultés géologiques
rencontrées.
«Heureusement que
le ministère a fait le bon choix en confiant la réalisation du
chantier à la société française Razel qui demeure à l’heure actuelle
performante» a expliqué le ministre. En fait, des moyens de pointe
ont été utilisés par cette société, ce qui explique, la cadence
acceptable qu’a prise la réalisation de ce chantier qui sera
réceptionné avant la fin de l’année prochaine. Deuxième en matière
de capacité après celui de Beni Haroun, le barrage de Kouidat
Acerdoune aura une capacité globale de 96 millions de m3. Entre
autres wilayas qui seront alimentées par ce barrage, il est à citer
Bouira, Tizi Ouzou, M’sila, Médéa ainsi que la future nouvelle ville
de Boughzoul dans la wilaya de Djelfa. Les pouvoirs publics qui
comptent énormément sur l’apport de ce nouvel ouvrage pour endiguer,
un tant soit peu la pénurie en eau potable dont elles souffrent de
nombreuses wilayas n’ont pas lésiné sur les moyens en y investissant
une somme colossale. Plus de 511 milliards ont été alloués à ce
projet, qui, à la suite des difficultés d’ordre géologique
rencontrées pour sa réalisations, s’est vu bénéficier d’un autre
budget
«spécial». Le
ministre, à l’occasion de cette sortie, a donné rendez-vous pour
2025 pour finir définitivement avec le problème de manque d’eau.
Pour ce faire, le ministre des Ressources en eau a indiqué que 12
milliards de dinars sont mobilisés par l’Etat pour construire des
barrages dans différentes wilayas du pays «l’étude des projets sera
achevée avant 2009» a-t-il indiqué. En ce qui concerne l’attribution
de ses projets, le ministre n’a pas hésité d’afficher sa préférence
pour les sociétés étrangères qui «nous dépassent en moyens et en
savoir-faire» a-t-il argué.
Aomar Fekrache
Haut
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M.Merkouche
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