|
FMI
et Banque mondiale
L’Algérie appelle à une réforme globale
« La
poursuite de l'expansion économique globale et les
perspectives à court terme, favorables, sont
encourageantes».
Le
gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, a
fait observer, à Singapour, devant le Comité monétaire
et financier international (CMFI) du FMI, la «sous-représentation
des pays en développement et ceux à faibles revenus» et
a appelé à une réforme globale dans ce domaine afin de
«renforcer la crédibilité et la légitimité» du FMI. M.
Laksaci a fait son intervention dimanche au nom de la
région qu’il représente composée de l’Afghanistan,
l’Algérie, le Ghana, l’Iran, le Maroc, le Pakistan et la
Tunisie, dans le cadre des assemblées annuelles du FMI
et de la Banque mondiale, qui se tiennent les 19 et 20
septembre dans cette capitale asiatique.
Faisant référence aux recommandations de la réunion du
G24, tenue samedi dernier, le représentant algérien a
considéré que «la conception des réformes ne serait
conforme au consensus de Monterrey que si la nouvelle
formule pour le calcul des quotas reflète le rôle de
plus en plus important des pays en développement dans
l’économie mondiale». «A ce propos, il a cité les
critères d’utilisation d’une mesure du PIB basée sur la
parité du pouvoir d’achat, la prise en compte de la
vulnérabilité de ces pays aux chocs externes et à la
volatilité des flux de capitaux ainsi que l’utilisation
d’une mesure relative aux réserves de change pour
refléter le recours de plus en plus important des pays
émergents à l’auto-assurance». M. Laksaci a proposé que
les droits de vote de base devraient au moins tripler
afin de «compenser de manière significative leur érosion
en termes relatifs par rapport au total des droits de
vote pour garantir une voix adéquate aux pays à faibles
revenus».
Devant
le Conseil des gouverneurs du Comité monétaire et
financier international, il a ainsi demandé au Conseil
d’administration du FMI de «redoubler d’efforts» pour
que les décisions de cet organe du Fonds soient basées
sur sa tradition de recherche du consensus et d’éviter
toutes politiques d’exclusion.
M.
Laksaci a également abordé la conjoncture économique et
financière mondiale en soulignant que «la poursuite de
l’expansion économique globale et les perspectives à
court terme, favorables, sont encourageantes».
Cependant, a-t-il ajouté, «les risques de retournement
se sont accentués avec l’élargissement des déséquilibres
globaux déjà importants, l’émergence de pressions
inflationnistes, la volatilité des prix pétroliers, le
tassement des prix de l’immobilier aux Etats-Unis,
l’accroissement du protectionnisme suite à
l’interruption du cycle de Doha et l’accentuation des
tensions géopolitiques». «Les mesures de politiques
nécessaires étant identifiées, les progrès en matière de
gestion de ces risques dépendent de la coopération et de
la coordination effectives au niveau des pays
avancés», a-t-il affirmé. La reprise des négociations
dans le cadre du cycle de Doha est tout aussi
«cruciale», a encore souligné M. Laksaci qui, au nom du
groupe des pays qu’il représente, a appelé le FMI et la
BM à jouer un rôle catalyseur vis-à-vis de ce dossier.
Dans le cadre de la stratégie à moyen terme du FMI, il a
noté qu’il y a clairement besoin d’un instrument de
liquidités de type «assurance qui assurerait la
disponibilité immédiate et automatique d’un soutien
financier important au profit des pays ayant des
fondamentaux solides mais qui restent vulnérables aux
chocs externes.
A.
B.
Pour stimuler les relations économiquesPour stimuler les
relations économiques
Une
délégation d’hommes d’affaires mexicains à Alger
Une
délégation d’hommes d’affaires mexicains a rencontré, en
début de semaine à Alger, des opérateurs algériens en
vue d’établir des contacts directs susceptibles de
donner une impulsion aux relations économiques
algéro-mexicaines jugées actuellement «très faibles».
Une
dizaine d’opérateurs mexicains activant dans le domaine
des services, de la production de céréales, de la
production et la distribution de produits vétérinaires
et la production de matériel éducatif et scientifique, a
rencontré quelque chefs d’entreprises algériens,
notamment de l’agroalimentaire. Organisée par la Chambre
algérienne de commerce et d’industrie (Caci), cette
rencontre est la première après la signature de
l’accord- cadre pour la coopération économique et
commerciale entre l’Algérie et le Mexique en février
2005 lors d’une visite à Alger du Président mexicain,
Vicente Fox Quesada. Quatre accords de coopération dans
les domaines de l’énergie, de la protection des
végétaux, de l’éducation et de la circulation des
personnes avaient été signés à cette même occasion. «Le
temps est arrivé de nouer des relations économiques et
commerciales entre les deux pays», a estimé
l’ambassadeur du Mexique à Alger, Eduardo Roldan.
«Nous
avons investi à tous les niveaux sauf au niveau des
relations économiques», a regretté l’ambassadeur,
soulignant que la présence des opérateurs de son pays en
Algérie «permettra d’établir des contacts directs en vue
d’éviter les échanges intermédiaires qui ne profitent
pas réellement aux deux pays». L’ambassadeur a, dans ce
sens, signalé l’existence de produits d’origine
mexicaine commercialisés en Algérie mais sous un label
espagnol.
M.
Roldan a indiqué que les échanges commerciaux entre
l’Algérie et le Mexique étaient modestes, ne dépassant
pas les 200 millions de dollars par an, selon des
chiffres officiels algériens qu’il a cités. Le directeur
des relations internationales à la CACI, Saâdane Kadri,
a fait, à l’occasion, un exposé sur la situation
économique en Algérie et les opportunités d’affaires qui
s’y trouvent, en mettant en exergue le programme
complémentaire de soutien à la croissance, doté d’une
enveloppe pouvant atteindre les 100 milliards de dollars
sur cinq ans.
2e
tronçon de l’autoroute Est-Ouest
La
BAD donne son visa aujourd’hui
La
Banque algérienne de développement (BAD) devra donner
son visa, aujourd’hui, pour le coup d’envoi du lancement
des travaux du tronçon de 925 kilomètres du méga- projet
d’autoroute national Est-Ouest. La décision de relancer
les travaux a été prise le 2 septembre dernier lors de
la tenue du Conseil des ministres. C’est ce qu’a
indiqué, hier, en effet, le ministre des Travaux
publics, Amar Ghoul, en marge de la rencontre, tenue au
siège de son ministère à Alger, consacrée à la
présentation du contenu général du projet de
schéma-directeur routier et autoroutier 2005/2025. Pour
mieux cerner la question, une cellule spéciale a été
créée pour pencher sur l’étude de cette partie du
financement du projet au sein de la BAD. Cette dernière
«devra donner son visa aujourd’hui pour le démarrage des
travaux du 2e tronçon pour une durée de 40 mois», a
souligné le ministre. Abordant par ailleurs cette
rencontre qui l’a regroupé avec Chérif Rahmani, ministre
de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement,
les deux ministres ont souligné l’importance de
celle-ci, se voulant «une opportunité pour faire
connaître les dossiers importants nécessaires à la mise
en place d’une politique routière qui répondra aux
développements économique et social» que connaît notre
pays. Amar Ghoul a indiqué, dans cette optique, qu’il
s’agit de doter le secteur des travaux publics d’outils
de planification et de politique routière et
autoroutière sur l’ensemble du territoire et en
conformité avec la loi sur l’aménagement et le
développement durable du territoire. Avant de projeter
la future autoroute Est-Ouest contenue dans le projet de
schéma-directeur routier et autoroutier pour la période
2005/2025, notamment les grands projets structurants,
entre autres, l’autoroute Est/Ouest, la 2e rocade sud
d’Alger, les 3e et 4e rocades, la rocade des
Hauts-Plateaux et l’aménagement au niveau des centres
urbains pour un coût global de 2 846 milliards de
dinars.
Le
premier responsable du secteur des Travaux publics a
soutenu dans son intervention le fait de trouver à moyen
et à long termes d’autres subventions financières en
dehors du budget de l’Etat, dans le souci de lever le
fardeau, «d’autant plus que le secteur connaît une
évolution qui exige certaines normes de gestion
moderne», a-t-il soutenu. Notons enfin que le coût
global de réalisation de l’autoroute Est/Ouest est de 11
milliards de dollars.
Ce
coût a cependant été revu à une baisse de l’ordre de 15
%, soit l’équivalent de 1 milliard de dollars.
Kahina Benarab
|