|
Exposition à la galerie Mohamed Racim
Un peintre
indonésien raconte le tsunami
Jusqu’au 30 du
mois en cours, quarante-sept tableaux de l’artiste peintre
indonésien, Dipo Alam, sont accrochés sur les cimaises de la galerie
Mohamed Racim. Des peintures fortes réalisées dans un style
orientaliste et puisant d’une thématique qui gravite autour des
mosquées de la province d’Aceh, épargnées par le tsunami.
Cette exposition
en solo est un témoignage du déchaînement des forces de la nature et
le désastre qui a frappé le nord de l’île de Sumatra le 26 décembre
2004. Baptisée «les Mosquées d’Aceh et le tsunami» la collection du
peintre puise dans le style oriental. «Je suis très attiré par les
peintures du style de l’orientalisme, surtout celles qui montrent
des paysages ou des personnages de pays du Maghreb et de la
Turquie», écrit-il dans le catalogue d’exposition. Si Dipo lie sa
passion à l’art de l’Orient qui l’attire, il veut aussi immortaliser
des scènes lors du passage du tsunami dans les provinces où, à part
quelques petits dégâts, les mosquées étaient restées toujours
solides. Ses toiles peignent dans une vision de la nuit des mosquées
épargnées par le raz-de-marée… Dipo veut peindre aussi pour verser
une partie de l’argent de la vente des tableaux à l’association
d’aide scolaire d’enfants des professeurs victimes au Nanggroe Aceh
Darussalam. La thématique de l’artiste est orientée sur le désastre
qui a dévasté la province d’Aceh. «J’ai voulu peindre, note-t-il,
les mosquées à Aceh qui sont restées si fortes aussi bien
spirituellement que physiquement malgré la furie des eaux qui a
déferlé sur la région».
Dipo Alam et tant
d’autres qui ont survécu à la tragédie ont pu voir tant de vies
humaines emportées par les vagues gigantesques. L’artiste avait
effectué un voyage en hélicoptère et il a pu avoir une vue aérienne
sur la côte ouest d’Aceh où la tristesse se mêlait à la peine.
«C’était à ce moment là que j’avais fait une promesse à moi-même de
peintre des tableaux qui montreront toute la splendeur et la
grandeur de la mosquée Beïturrahmane qui est restée debout et a
survécu au tsunami. Il y a eu même beaucoup d’habitants de Banda
Aceh qui ont été sauvés par cette grande mosquée» dit-il.
Un des tableaux
raconte l’histoire de la jeune Putri qui survécut aux vagues
déferlantes qui ont capturé ses parents. Le peintre raconte que
Putri a été emportée par le courant et s’est retrouvée, accrochée à
son oreiller, dans la mosquée de Beiturrahman. Plusieurs autres
expositions ont été consacrées au tsunami et les dégâts qu’il a
causés dans les provinces Aceh, Lhoknga, Lamno, Calang, etc. Une
autre série de compositions picturales est intitulée «Après
l’obscurité, le jour se lève», un titre générique qui colle au
langage du Coran dans un des versets de la sourate El Inchirah «Fa
innâ maâ el yousri yousrâ, innâ maâ el yousri yousra». Soulignons
que Dipo Alam a tenu plusieurs expositions à travers le monde, dont
la dernière a eu lieu le mois dernier à Tunis intitulée
«l’Orientalisme à Aceh».
Hacène K.
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
|