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Exposition à la galerie Mohamed Racim

Un peintre indonésien raconte le tsunami

 

 19/10/06

 

 Exposition à la galerie Mohamed Racim

Un peintre indonésien raconte le tsunami

Jusqu’au 30 du mois en cours, quarante-sept tableaux de l’artiste peintre indonésien, Dipo Alam, sont accrochés sur les cimaises de la galerie Mohamed Racim. Des peintures fortes réalisées dans un style orientaliste et puisant d’une thématique qui gravite autour des mosquées de la province d’Aceh, épargnées par le tsunami.

Cette exposition en solo est un témoignage du déchaînement des forces de la nature et le désastre qui a frappé le nord de l’île de Sumatra le 26 décembre 2004. Baptisée «les Mosquées d’Aceh et le tsunami» la collection du peintre puise dans le style oriental. «Je suis très attiré par les peintures du style de l’orientalisme, surtout celles qui montrent des paysages ou des personnages de pays du Maghreb et de la Turquie», écrit-il dans le catalogue d’exposition.  Si Dipo lie sa passion à l’art de l’Orient qui l’attire, il veut aussi immortaliser des scènes lors du  passage du tsunami dans les provinces où, à part quelques petits dégâts, les mosquées étaient restées toujours solides. Ses toiles peignent dans une vision de la nuit des mosquées épargnées par le raz-de-marée… Dipo veut peindre aussi pour verser une partie de l’argent de la vente des tableaux à l’association d’aide scolaire d’enfants des professeurs victimes au Nanggroe Aceh Darussalam. La thématique de l’artiste est orientée sur le désastre qui a dévasté la province d’Aceh. «J’ai voulu peindre, note-t-il, les mosquées à Aceh qui sont restées si fortes aussi bien spirituellement que physiquement malgré la furie des eaux qui a déferlé sur la région».

Dipo Alam et tant d’autres qui ont survécu à la tragédie ont pu voir tant de vies humaines emportées par les vagues gigantesques. L’artiste avait effectué un voyage en hélicoptère et il a pu avoir une vue aérienne sur la côte ouest d’Aceh où la tristesse se mêlait à la peine. «C’était à ce moment là que j’avais fait une promesse à moi-même de peintre des tableaux qui montreront toute la splendeur et la grandeur de la mosquée Beïturrahmane qui est restée debout et a survécu au tsunami. Il y a eu même beaucoup d’habitants de Banda Aceh qui ont été sauvés par cette grande mosquée» dit-il.

Un des tableaux raconte l’histoire de la jeune Putri qui survécut aux vagues déferlantes qui ont capturé ses parents. Le peintre raconte que Putri a été emportée par le courant et s’est retrouvée, accrochée à son oreiller, dans la mosquée de Beiturrahman. Plusieurs autres expositions ont été consacrées au tsunami et les dégâts qu’il a causés dans les provinces Aceh, Lhoknga, Lamno, Calang, etc. Une autre série de compositions picturales est intitulée «Après l’obscurité, le jour se lève», un titre générique qui colle au langage du Coran dans un des versets de la sourate El Inchirah «Fa innâ maâ el yousri yousrâ, innâ maâ el yousri yousra». Soulignons que Dipo Alam a tenu plusieurs expositions à travers le monde, dont  la dernière a eu lieu le mois dernier à Tunis intitulée «l’Orientalisme à Aceh».

Hacène K.

 

 

 

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