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Privilège

 

 

 19/10/06

 

 Privilège

Le président des Etats-Unis, en pleine pré-campagne électoral de mi-mandat, et en pleine polémique autour de l’essai nucléaire de la Corée du Nord, vient de signer une loi autorisant les interrogatoires violents. Au même moment, ce président envoie sa secrétaire d’Etat en Asie pour inculquer certaines valeurs aux Asiatiques. Des valeurs de liberté, de démocratie et de respect des droits de l’homme. Pour justifier la signature de cette loi très subversive, le président américain tente de retourner l’évènement et de le dépouiller de son aspect barbare.

«C’est rare que le président signe une loi tout en sachant qu’il va sauver des vies américaines et j’ai ce privilège ce matin», a déclaré George W. Bush, juste avant d’apposer, mardi, son nom au bas d’un texte de loi très critiqué, The Military Commissions Act of 2006, qui autorise le recours à des méthodes agressives d’interrogatoire et le jugement par des tribunaux militaires des suspects de terrorisme. Cette ambivalence de la politique américaine peut nous laisser très perplexes mais en faisant un retour en arrière et en revisitant l’histoire moderne des Etats-Unis l’on peut se rendre compte que de tout temps les agissements autorisés par les Etats-Unis, pour les Etats-Unis, étaient très différents de ceux permis aux autres nations. L’on se souvient comment en 2003 défiant l’ONU et une large partie de la communauté internationale, les Etats-Unis avaient décidé de faire la guerre en Irak. Aujourd’hui, il décide tout simplement d’autoriser la torture et cela ne semble ébranler personne. Ceux qui osent protester sont peu et surtout de moins en moins nombreux. En effet, après maintenant cinq ans de violations de toute sorte, les observateurs sont fatigués d’épingler les Etats-Unis pour que cela reste sans résultats. Ainsi, cette énième bravade américaine prouve bien combien ce pays se situe au-dessus des lois et dès lors de se demander de l’utilité pour les autres nations de se conformer elles aux prescriptions des Nations unis.

Fouzia Mahmoudi

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