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Après le déblocage des salaires
Le CNES suspend
la rétention des notes
Certains chefs
d’établissement ont persisté dans leur comportement belliqueux
contre les enseignants en grève.
Le conseil
national des enseignants du supérieur (Cnes ) a appelé les
enseignants à faire les délibérations de la fin de l’année, après
le déblocage des salaires des enseignants issus des établissements
où la grève illimitée initiée le 13 mai a été observée avant que le
mot d’ordre pour la grève ne soit suspendu à la rentrée, suite à un
accord entre les deux parties en conflit.
Dans un communiqué
rendu public hier la coordination nationale des sections CNES
informe les enseignantes et les enseignants que les administrations
de tous les établissements concernés ont soit régularisé les
situations financières des enseignants en grève soit entamé les
procédures nécessaires, y compris le directeur de l’ENS de
Bouzareah . « Ce dernier s’est singularisé par son zèle et ses
vaines tentatives de briser toute forme d’organisation des
enseignants, par son obstination à piétiner toutes les lois sociales
et son entêtement à violer toutes les normes pédagogiques définies
par l’UNESCO, en remettant, entre autres, des diplômes aux
étudiants du département de langue arabe et de langue française
n’ayant pas accompli tout leur cursus pédagogique au mois de juillet
2006 durant la grève», souligne le Cnes.
Pour rappel, même
après toutes les assurances du ministère de l’enseignement supérieur
quant à la régularisation des situations administratives et
financières des enseignantes et enseignants, certains chefs
d’établissement ont persisté dans leur comportement belliqueux
contre les enseignants en grève.
C‘est pour
dépasser cette situation de blocage, que la coordination nationale,
réunie les 05 et 06 octobre 2006 à Alger, avait appelé les
enseignantes et enseignants à ne pas remettre les notes à
l’administration et à bloquer les délibérations jusqu’au payement
des salaires impayés dans l’ensemble des établissements concernés.
Maintenant que le
déblocage a été confirmé, «la Coordination Nationale appelle tous
les enseignantes et enseignants des établissements concernés par le
blocage des délibérations à reprendre normalement toutes leurs
activités pédagogiques et leur demande de rester particulièrement
vigilants quant au respect des normes pédagogiques».
Concernant
l’extinction de toutes les poursuites judiciaires contre les
délégués du Cnes, le syndicat estime que cela «reste le préalable à
tout apaisement au sein de l’université algérienne et que la
sauvegarde de l’année universitaire 2006/2007, année fortement
fragilisée, nécessite l’adhésion de toutes les enseignantes et de
tous les enseignants, adhésion qui ne peut être obtenue que par des
signaux forts des pouvoirs publics pour la satisfaction de leurs
revendications légitimes».
Fatima Arab
Haut
Face à la recrudescence du terrorisme
Le silence
complice des partis
Qui condamne
quoi ? Voilà ce qu’on appelle bel et bien une attitude scandaleuse
qu’aucune raison au monde ne saurait justifier.
A l’exception du
RND, parti qui garde intact jusqu’ici - et contre vents et marées -
sa répugnance de l’intégrisme et qui vient de condamner fermement le
regain des actes terroristes qui ont endeuillé le pays ces dernières
semaines, aucune formation politique, toutes tendances confondues,
n’a cru bon ni jugé utile de condamner et d’en faire pareil. Car si
depuis quelques jours déjà le terrorisme a redoublé d’intensité et
de cruauté, ces partis-là que même l’autruche n’en a pas fait pire,
se sont, toute honte bue, calfeutrés dans un silence troublant
donnant l’impression d’un «je m’enfoutisme» total de ce qui se passe
dans le pays. Même si d’autres, les Islamistes et le FLN en tête, se
cachent derrière l’injustifiable alibi de la réconciliation
nationale, une pareille discrétion pour ne pas dire un total
effacement, démontre à quel point l’échelle des valeurs autant
morales que politiques, fut écornée et combien est massif le
pourrissement de l’exercice politique dans le pays.
Finies donc les
années quatre- vingt-dix, où comme un seul homme, la classe
politique s’élevait en un sursaut devenu avec le temps comme un
geste machinal, un réflexe, contre chaque assassinat, chaque bombe,
chaque massacre. Le pire est que certains partis passent sous
silence les actes qui visent même leurs propres militants comme
c’est le cas du FLN dont aucune condamnation n’a suivi l’assassinat
par le GSPC d’un élu et maire d’une commune dans la wilaya de Bordj
Bou Arréridj. Le même scénario s’est reproduit tout récemment avec
le président de l’Assemblé populaire de la wilaya de Tizi Ouzou,
assassiné, jeudi passé, à Draâ El Mizan. Car le crime s’ il a
soulevé l’émoi dans la région et a vu la ferme condamnation de la
direction nationale du FFS duquel est issue la victime, il est à la
fois étrange et troublant qu’un tel crime n’ait pu faire réagir le
président du FFS Aït Ahmed dont le silence devait jeter un effroi
non seulement parmi la population locale mais aussi et surtout sur
les militants du parti.
Cette même
attitude passive du FLN comme celle du FFS ne touche pas seulement
ces deux partis. L’ensemble de la classe politique pour qui
semble-t-il le soutien de la charte n’a pas de limite quitte à faire
entorse, au grand jour à ses propres positions de principe. Même le
sanglant assassinat lundi dernier dans la wilaya d’Aïn Defla de neuf
gardes communaux n’a pas fait sortir les politiques de leur torpeur.
Ni le MSP, ni le FLN, ni le RCD…la liste est longue, n’ont publié le
moindre communiqué pour dénoncer ce regain de terrorisme d’un GSPC
qui a repris du poil de la bête. Pourtant tout ce beau monde-là ne
s’est pas fait prier pour accueillir, sourire large et bras ouverts,
le triste retour d’une bande d’intégristes à l’image de Rabah Kébir,
responsables d’une façon ou d’une autre du meurtre de milliers de
victimes. Triste époque !
Amine Goutali
Haut
APN
Les députés
critiquent la loi de finances
L’avant-dernière
séance consacrée aux débats sur la loi de finances 2007 a été
consacrée aux interventions des présidents des groupes
parlementaires.
Louisa Hanoun,
présidente du groupe parlementaire du Parti des travailleurs (PT)
est revenue sur le contexte dans lequel a été élaborée cette loi.
Elle a, toutefois, relevé l’absence d’un bilan sur l’accord
d’association avec l’Union européenne, du bilan de la privatisation
et celui de l’encouragement des investisseurs privés. Louisa Hanoun
a salué la décision relative à la consécration d’un budget important
pour l’équipement, ce qui, selon elle,
doit booster les
investissements publics. Quant aux insuffisances, la porte-parole du
PT a dénoncé le manque flagrant des postes budgétaires dans les
secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur ainsi que le
manque des équipements dans le secteur de la formation
professionnelle. Pour ce qui est de l’emploi et du niveau de vie des
citoyens, Louisa Hanoun a relevé les contradictions entre les
chiffres officieux et la réalité vécue par les citoyens. Elle
propose un SMIG de 25 000 DA avant de s’interroger sur les modalités
que compte le gouvernement adopter pour réaliser la paix sociale.
Après avoir rappeléles nouvelles mesures «positives» apporter par la
loi de finances 2007 notamment celle ayant trait à l’encouragement
des investisseurs privés, la diminution de la fiscalité, payement
des dettes, augmentation des salaires, création des caisses des
Hauts Plateaux et du Sud, Mohamed Badaoui, président du groupe
parlementaire des indépendants a critiqué vivement l’élaboration de
cette loi sur un prix de référence de 19 dollars. Le représentant
des indépendants a proposé la révision de la loi sur les marchés
publics, l’application des dispositions de la charte pour la paix et
la réconciliation nationale avec l’élaboration d’un statut
particulier pour le patriote. Le même député a évoqué la nécessité
de prendre en charge les problèmes des enseignants, le retour à la
politique de la planification, le développement de certains secteurs
capables d’apporter des richesses, la formation de cadres pour la
lutte contre la contrebande et la criminalité ainsi que
l’application de la loi contre la corruption. Mohamed Chachou,
vice-président du groupe parlementaire du MSP a revendiqué plus de
transparence dans la gestion de deniers publics et le renforcement
du dispositif sécuritaire. Le MSP a demandé la révision de la loi
électorale, l’élaboration d’une loi pour la levée de l’état
d’urgence, et de rendre public le code communal et de wilaya.
Pour M. Mohamed
Kardi, président du groupe parlementaire d’El Islah, l’année
précédente a été marquée par l’importance des affaires de
détournement et par le gouvernement qui n’a pas présenté son bilan.
Il a regretté que l’Etat insiste sur un prix de référence de 19
dollars pour l’élaboration de la loi de finances et demande des
arguments logiques pour expliquer cette situation. Il a demandé
d’augmenter ce prix à 25 dollars. Il a critiqué les paramètres
adoptés pour calculer le taux de la pauvreté et du chômage qui ne
répondent, selon lui, à aucune logique. Le gouvernement doit donc
élaborer une politique pour améliorer le niveau de vie des citoyens.
Le RND a fait des propositions pour la concrétisation des projets
lancés dans le cadre des programmes de développement. La nécessité
de respecter les délais de réalisation, de lutter contre la
corruption et les détournements, l’ouverture de nouveaux postes
budgétaires pour encadrer ces projets, et la mise en place des
mécanismes de gestion des grands œuvres figurent dans les
propositions du RND qui estime que le fait de parler de l’aisance
financière est considéré comme des propos suicidaires. Miloud Chorfi,
président du groupe parlementaire du RND a également demandé la
révision de la gestion financière des collectivités locales.
Plusieurs questions ont été posées par M. Ayachi Dahdouha, président
du groupe parlementaire du FLN notamment concernant le prix de
référence, l’efficacité des plans du Sud et des Hauts Plateaux, la
disponibilité des postes d’emploi, le développement de
l’agriculture, le transport, les infrastructures de l’autoroute
Est-Ouest, la nécessité de réviser les grilles des salaires, et la
lutte contre la corruption. La dernière séance a été consacrée aux
réponses de M. Mourad Medelci, ministre des Finances.
Nouria B
Haut
Le FMI conteste la hausse des salaires
«L’inflation
risque de déraper»
Le FMI conteste
l’augmentation des salaires décidée par le gouvernement. Elle peut
constituer dans le futur, selon Erik de Vrijer, chef de division
département Moyen-Orient et Asie Centrale au FMI, «un choc» pour
l’économie si elle n’est pas effectuée de manière graduelle. «Elle
posera un défi pour la politique monétaire pour maintenir un faible
taux d’inflation», a-t-il expliqué en ajoutant que le pouvoir
d’achat ne peut augmenter qu’avec la hausse de la productivité. Lors
d’une conférence de presse, tenue hier à l’hôtel El Aurassi, il a
estimé que le programme économique du gouvernement et le pacte
économique et social constitue une
«bonne base pour
réaliser une avancée dans la réalisation des objectifs de
croissance». Il a plaidé, en revanche, pour la garantie de la
qualité dans la réalisation des investissements publics et
l’assurance d’une bonne gestion des recettes des hydrocarbures. «La
poursuite d’une politique budgétaire appropriée combinée avec une
politique monétaire prudente ont contribué à la maîtrise de
l’inflation durant la première partie de l’année», a-t-il noté.
Selon lui, certes «la croissance économique continue en 2006, mais
reste fragile», et elle continue à être «tirée par les
investissements publics». Alors que le taux de croissance avancé par
Mourad Medelci, ministre des Finances est de 5,5% pour 2006, le
représentant du FMI avance, pour sa part, un taux de 3%. La
croissance hors hydrocarbures est de 4,5 %, a-t-il ajouté. La
croissance du secteur des hydrocarbures est, quant à elle, en baisse
en 2006 à cause des problèmes techniques. Bien qu’elle soit
souveraine, la décision du gouvernement de baisser le taux de
croissance dans ce secteur dans le futur, en faisant allusion aux
amendements apportés à la loi régissant ce secteur, le gouvernement
doit assurer les ressources pour continuer à financer les
investissements publics et les importations. Lors de sa rencon-tre
avec les différents responsables du gouvernement algérien, la
délégation du FMI a mené des discussions sur les possibilités de
réaliser une croissance élevée et réduire le chômage en Algérie. Sa
visite s’inscrit dans le cadre de la visite pour mener des
consultations à propos de l’article 4 des statuts du fonds.
Karima Sebai
Haut
L’Algérie intéresse les sociétés arabes
Orascom citée
en exemple
Le marché algérien
attise la convoitise des hommes d’affaires arabes dont le nombre
d’investissements a considérablement augmenté ces dernières années.
Selon une étude réalisée par le bureau britannique Oxford Business,
en 2005, les investisseurs saoudiens, koweitiens et égyptiens ont
accaparé près de la moitié des investissements directs étrangers en
Algérie (IDE). En plus, ces sociétés réussissent et enregistrent des
bénéfices importants. A titre d’exemple, le groupe égyptien Orascom
est présent aujourd’hui aussi bien dans le secteur des
télécommunications (Djezzy), des matériels de construction et du
bâtiment (Orascom Construction) que du ciment avec sa filiale
Compagnie du ciment algérien. L’entreprise saoudienne Sidar
spécialisée dans l’immobilier et la construction a également réussi.
Outre les opérations de marketing, cet intérêt croissant pour le
marché algérien s’explique aussi par le succès de certains
opérateurs étrangers, notamment le groupe Emaar des Emirats arabes
unis, l’une des plus importantes sociétés immobilières au monde– il
a déjà plusieurs grands projets à réaliser en Algérie– tels que la
transformation et le développement de terrains à Alger et sa
périphérie. En 2007, le groupe envisage d’investir dans les
infrastructures touristiques haut de gamme, d’une capacité totale
estimée à de 20 000 lits. Sidar s’intéresse également au secteur du
tourisme et compte lancer des projets de développement hôtelier et
touristique d’une capacité de 5 000 lits supplémentaires. Rappelons
que les 18 et 19 novembre prochain, Alger accueillera, pour la
première fois, le 10e congrès des hommes d’affaires arabes. Une
rencontre importante qui verra la participation de plus d’un millier
de chefs d’entreprises arabes et permettra de donner une meilleure
image du pays et de booster les échanges économiques et la
coopération commerciale dans différents domaines entre l’Algérie et
ces pays (santé, tourisme, télécommunications, éducation…).
Plusieurs chambres de commerce, dont celles d’Abou Dhabi et de
Dubaï, ainsi que l’association égyptienne des employeurs, se sont
réunies pour promouvoir cet évènement international.
Irane
Bekhadim
Haut
Enquête
L’Etat admet un
déficit de 50 000 imams
Qui contrôle
les mosquées ?
Lieu de culte et
de cohésion sociale, les mosquées restent surtout l'enjeu politique
n°1 en Algérie. Entre le ministère des Affaires religieuses qui
n'est représenté que dans les deux tiers, les associations affiliées
en sous-main aux partis islamistes et les salafistes clandestins, la
guerre pour le contrôle des mosquées est quasi-permanente. Agressés,
dénigrés ou intimidés, les imams sont les premiers à en faire les
frais, et ce n'est là que la face apparente d'une bataille secrète
qui ne date pas d'aujourd'hui.
Enquête réalisé
par
Mourad Kechad
Tout le monde
s’accorde à dire que les lieux de culte en Algérie, les mosquées en
particulier, ont été transformées en berceau de la tragédie qu’a
vécu le pays ces deux dernières décennies. Ces espaces, destinés
principalement aux pratiques religieuses ont été exploités par
certains cercles politiques nés au lendemain de l’ouverture du pays
à la sphère démocratique, pour y faire connaître au peuple leurs
projets de société. Alors, devant l’absence totale du contrôle de
ces lieux par les pouvoirs publics de l’époque, les mosquées sont
tombées dans les éperviers des partis à caractère religieux. Il
n’est d’ailleurs un secret à personne : sans y être exclusivement
le seul, le parti politique dissous, le Front islamique du salut
(FIS) avait mis main basse sur la majorité des mosquées du pays, qui
constituaient, à ses yeux, une tribune officielle pour imposer, a
priori son existence en tant que force politique et, en suite,
prendre les commandes du pouvoir. Même si les lois de la République,
voire même celles de la religion, interdisent l’utilisation de
l’Islam dans les mosquées ou la rue à des fins politiques et
partisanes, les troupes de Abassi Madani et de Ali Benhadj le
faisaient au vu et au su de tous. Le laxisme des pouvoirs publics
avait contribué, faut-il le dire, à dévoyer la fonction sacrée des
mosquées. Plus d’une décennie après cette triste réalité subie des
lieux de culte à des fins politiques, cette manière d’être persiste,
semble-t-il, puisque les autorités accusent parfois quelques
formations politiques qui cherchent, indique-t-on, de nouveau à
transformer les mosquées en réservoirs de militants. Intimidation
des imams et infiltration des associations à caractère religieux
sont autant de méthodes utilisées pour arriver aux objectifs
escomptés.
A cela s’ajoute,
faut-il le signaler, l’état actuel de ces lieux marqués, d’une
manière générale, par un déficit criant en matière d’imams devant
assurer le bon fonctionnement des lieux et la prise en charge et
l’orientation des fidèles. Chose qui rend la tâche facile aux
pseudo-prédicateurs pour mener à bien leur mission. Or, du point de
vu des partis politiques connus par leur cachet religieux, ce genre
de pratiques n’existe plus
Un déficit de
50 000 imams
Effarant est le
chiffre qui nous a été avancé par le porte-parole du département des
Affaires religieuses et des wakfs, Bouabdellah Tamine, relatif au
déficit en matière d’encadrement dans les mosquées. Selon lui le
besoin national pour la couverture de quelques
15 000 mosquées
que compte le pays, est de 75 000 imams, alors que, poursuit notre
interlocuteur, seuls 22 000 existent actuellement. Les normes
prévoient, ajoute-t-il, cinq (5) hommes de culte, toutes catégories
confondues, pour chaque mosquée. Ce qui nous donne un manque de 53
000. La Kabylie qui compte le nombre le plus élevé des lieux de
culte en Algérie, enregistre, à elle seule, 400 mosquées dépourvues
d’imams, selon les chiffres annoncés par le ministre Bouabdellah
Ghlamalah, lors d’une récente sortie médiatique. Dans cette région
précise, la majorité des mosquées n’ont pas d’imams désignés par les
nadharas, voire pas le moindre agent pour assurer leur
fonctionnement. M. Tamine explique ce fait par deux principales
raisons : primo, la communication fait défaut puisque bon nombre
d’hommes religieux formés ailleurs ne peuvent y être affectés parce
qu’ils ne maîtrisent pas le kabyle, ce qui constitue un obstacle
majeur pour les imams en vue de bien faire passer le message.
La seconde raison
est que les mosquées sont parfois situées dans des villages
lointains ou isolés, et, par conséquent, les stagiaires préfèrent
exercer dans les milieux urbains ou près de chez eux que d’être
affectés dans ces collines lointaines.
Le service de
Dieu, la colère des hommes
Même s’il est
difficile, voire impossible, d’obtenir des statistiques précises sur
les faits de violence commis à l’encontre de beaucoup d’hommes de
culte, car dans la plupart des cas que connaissent ces lieux ne sont
pas communiqués pour diverses raisons, il est cependant possible de
dire que le phénomène est préoccupant. Les imams sont, en effet, de
plus en plus l’objet de menaces, de fausses accusations et
d’agressions visant à les faire marcher au pas. A cet égard, selon
des informations rapportées par la presse, les responsables du
ministère des Affaires religieuses estiment qu’au moins 20% des
mosquées du territoire national sont sujettes à ce genre de menaces
et d’agressions dont les imams sont souvent la cible. On parle de
dizaines de cas d’agressions enregistrés l’an dernier contre ces
hommes religieux. Pis encore, ces comportements sont, ajoute-t-on,
commis parfois dans l’enceinte même de la mosquée et en présence des
fidèles. A titre d’illustration, pour se venger d’un imam
intransigeant qui refuse de faire appliquer un précepte ou faire
passer un message qu’on lui dicte, des fidèles, souvent membres
d’associations religieuses, l’agressent ou tentent de salir sa
réputation en l’accusant, par exemple, d’avoir commis un acte de vol
ou de viol. De plus, l’émergence, ces vingt dernières années au pays
de la tendance dite salafiste a également porté préjudice aux
mosquées algériennes. Celles-ci, connues depuis des lustres par
l’application du rite malikite. En fait, dans certaines mosquées,
ces prétendus plus croyants que les autres, ou plus attachés aux
enseignements de la sunna, tentent imposer leur propre conception du
rite, qui est différente de celle appliquée au pays. La montée
crescendo qu’a pris ce courant religieux, nourri des dogmes du
wahhabisme, et sa propagation dans bon nombre de mosquées du
territoire, a également porté un coup dur aux imams. Ces derniers,
bon nombre d’entre eux ont été forcés par ces groupes fanatiques de
céder les lieux. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui ont déserté
carrément le métier de l’imamat. A vrai dire, les malentendus qui
naissent à l’intérieur des mosquées entre ces soi-disant salafistes
et le reste des fidèles sont d’une importance anodine qu’il vaut
mieux ne pas en parler.
Or, ces quiproquos
servent souvent d’échappatoire pour divers conflits. Plus loin, ces
mêmes personnes, réputés par leur désobéissance aux directives de la
tutelle, tentent également de dissuader les citoyens de verser leur
argent au fonds national de la zakat, initié ces dernières années
par le ministère. Mais il n’y a pas que les raisons idéologiques qui
constituent une menace pour les imams. Car quand on a un faible
revenu, on est la proie de toutes les sollicitations intéressées et
il faut bien «composer» avec les uns et les autres pour parvenir à
bien tenir les lieux. Ainsi, les hommes de cultes semblent aussi
confrontés aux contraintes socioprofessionnelles. Le revenu est d’un
niveau très discutable alors que l’absence d’un statut particulier
et la non titularisation de bon nombre d’entre eux sont autant de
problèmes soulevés par quelques imams que nous avons rencontrés à
travers quelques mosquées de la capitale et qui, pour des raisons
compréhensibles, ont insisté pour garder l’anonymat. A cela,
s’ajoute l’absence d’une organisation syndicale propre à cette
frange de (travailleurs), susceptible de défendre leurs droits
socioprofessionnels.
Retour
progressif de l’Etat
Cependant, le
ministère chargé de gérer le secteur semble, ces dernières années,
prendre à bras-le-corps le souci de remettre de l’ordre dans ces
lieux, à même de rendre le contrôle de l’Etat efficace. Sur le plan
législatif, la loi interdit strictement la pratique politique dans
les mosquées. Sur ce volet précis, le chargé à la communication du
ministère de tutelle souligne qu’«il y a des lignes rouges à ne pas
franchir. L’imam est chargé de sauvegarder l’unité religieuse et
celle de la Nation. Donc, seul le discours religieux y est toléré
parce qu’il est rassembleur». Bien mieux, la documentation circulant
dans les mosquées est également vérifiée. «Le contrôle des documents
(bibliothèques) se fait sans discontinuité», affirme le même
responsable. Il sied de rappeler dans cette optique qu’une opération
visant l’assainissement des mosquées du territoire a été initiée
l’an dernier par le ministère. Opération qui a comme objectif phare
de récupérer les fascicules et autres documents incitant au
fanatisme, qui circulent dans l’enceinte des maisons du Dieu.
Documents importés par certains cercles et distribués, sans le
moindre contrôle des autorités, dans des mosquées, zaouïas et autres
structures religieuses. Au sujet de la violence contre les imams,
les autorités religieuses se sont engagées à constituer partie
civile dans les plaintes déposées par les hommes de religion
victimes d’agressions ou autres pressions. Sur le plan cultuel, le
département de Bouabdellah Ghlamallah a lancé, récemment, une
véritable mise en garde à ceux qui veulent semer la discorde (fitna).
«Toute différence est source de division et de fitna. Le ministère
se réserve le droit d’avoir recours à la justice, dans le cas où ces
pratiques, non conformes au rite officiel, venaient à persister dans
les mosquées», lit-on dans le communiqué du ministère qui précise
que «les imams sont tenus pour premiers responsables quant au
respect des recommandations de la tutelle». Première conséquence : à
peine une décade après la mise en garde du ministère, dix (10) imams
sont actuellement poursuivis en justice par le département de
Ghlamallah, en raison du non respect de la directive en question. En
outre, on apprend ces jours-ci que les pouvoirs publics procèdent à
des inspections inopinées au sein de ces lieux, lesquelles se
déroulent surtout à l’ouverture des mosquées, à la prière d’el fedjr.
Mais ce n’est pas tout. L’inquiétante gestion des associations
religieuses a obligé les autorités à les prendre en considération.
Dans cette optique, le ministère compte introduire, dans les tout
prochains jours, un article dans la nouvelle loi sur les
associations, en cours d’élaboration, concoctée par le ministère de
l’Intérieur et des Collectivités locales. Dans plusieurs localités,
il existe même des chantiers de mosquées à l’arrêt, précisément à
cause de conflits entre associations au sujet du leadership des
projets. Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, tout en
précisant que son département ne ménage aucun effort pour assurer la
bonne gestion des mosquées déclare que «la loi sur les associations,
en cours d’élaboration vise à déterminer le rôle et les missions des
comités de gestion des mosquées».
A ce propos, aux
yeux de Bouabdellah Tamine, «la loi actuellement en vigueur classe
toutes les associations de différents secteurs dans la même rangée,
ce qui est une erreur», constate-t-il, puisque, d’après lui, «les
associations religieuses ont une particularité». Plus explicite, il
poursuit que «leurs missions (les associations religieuses) se
limitent à la construction, à l’entretien des lieux de culte et à
l’assistance apportée si nécessaire à l’imam sur le plan matériel et
infrastructurel…». Mais un imam sans trop de ressources propres,
n’est-il pas finalement obliger d’accepter de céder un peu
d’influence à un groupe sans lequel il ne pourrait seul entretenir
et subvenir aux dépenses de la mosquée ? M. Tamine tranche : «Une
association religieuse ne doit pas s’ingérer dans le travail de
l’imamat. De ce fait, notre ministère plaide pour que ce texte soit
plus adaptable à l’association de culte». Dans un autre registre,
afin de pallier au manque «flagrant» en matière d’encadrement, notre
interlocuteur qui souligne l’existence de huit (8) instituts de
formation répartis de manière équitable au niveau national, a fait
savoir, de surcroît, que le gouvernement, sur instruction du
président de la République, a décidé d’accorder au secteur des
Affaires religieuses, pas moins de 500 postes budgétaires par an.
«Actuellement, on travaille avec des bénévoles pour combler aux
lacunes.
Le problème du
déficit de l’encadrement est pris en considération au niveau du
ministère et que la formation de religieux se fait à tous les
niveaux», dira ce responsable qui précise que le même programme de
formation est soumis à tous les instituts concernés. S’agissant de
l’intégration, dans les mosquées, des disciples qui suivent leur
formation au niveau des Zaouïas (10 000 environs à travers le pays)
et les écoles Coraniques, celle-ci se fait «après la délivrance d’un
certificat d’apprentissage du Coran, attesté par une commission
habilitée au niveau de chaque wilaya», explique
M. Tamine. Ces
mesures sont prises, à ne point douter, pour reprendre le contrôle
des pouvoirs publics sur ces lieux et, en particulier, barricader
les voies à ceux qui tentent imposer leur idéologie extrémiste. Mais
il faut savoir aussi qu’un disciple d’une zaouia ne peut se
substituer à un imam formé par l’Etat, vu que le premier peut
diriger la prière, sans plus mais ne peut remplir certaines
fonctions comme l’exégèse ou l’orientation des fidèles. Le chemin
est encore long…
M. K.
Haut
Ligne aérienne Alger-Montréal
Une question de
formalités
Le ministre des
Transports, Mohamed Maghlaoui, a expliqué le non aboutissement de
mise en exploitation de la ligne aérienne Alger–Montréal, par
l’exigence canadienne relative à la signature préalable d’un accord
entre les deux partenaires. «C’est une formalité qui nous fait
perdre beaucoup de temps», a déclaré le ministre lors de son
intervention à l’émission, «Rendez-vous de l’économie», de la chaîne
3 de la radio nationale.
Le ministre s’est
montré confiant quant à la finalisation de cet accord au mois de
février prochain, ce qui permettrait à la compagnie algérienne Air
Algérie, selon lui, d’assurer la liaison en question juin prochain.
Tout en annonçant
le projet de réalisation d’un deuxième centre de contrôle aérien à
Tamanrasset, M.Maghlaoui évoquera par la même occasion une
réorganisation prochaine de la flotte, dont une grande partie a une
moyenne d’age de plus de 20 ans.
Concernant le
transport terrestre qui fait face une situation «qui n’est pas
normale». Cette situation est générée par l’absence d’entreprises
assurant le transport urbain et inter-villes. Selon l’invité de
l’émission, les exploitants actuels possèdent 1,2% de moyens de
transport par opérateur (bus), une réalité qui reflète la faiblesse
des investissements dans le secteur. Le ministère, ajoute M.
Maghlaoui, vise la création d’un réseau routier qui répond aux
normes.
Il encourage dans
cette optique la création d’entreprises dans le domaine.
En plus de la
réhabilitation de l’Etusa, le ministre annoncera la généralisation
de l’expérience dans 10 autres wilayas.
Fatima Arab
Haut
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