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Enquête

L’Etat admet un déficit de 50 000 imams

Qui contrôle les mosquées ?

 

Après le déblocage des salaires

Le CNES suspend la rétention des notes

Face à la recrudescence du terrorisme

Le silence complice des partis

APN

Les députés critiquent la loi de finances

Le FMI conteste la hausse des salaires

«L’inflation risque de déraper»

L’Algérie intéresse les sociétés arabes

Orascom citée en exemple

Ligne aérienne Alger-Montréal

Une question de formalités

 

 19/10/06

 

Après le déblocage des salaires

Le CNES suspend la rétention des notes

Certains chefs d’établissement ont persisté dans leur comportement belliqueux contre les enseignants en grève.

Le conseil national des enseignants du supérieur (Cnes ) a appelé les enseignants  à faire les délibérations de la fin de l’année, après  le déblocage des salaires des enseignants issus des établissements où la grève illimitée initiée le 13 mai a été observée avant que le mot d’ordre pour la grève ne soit suspendu à la rentrée, suite à un accord entre les deux parties en conflit.

Dans un communiqué rendu public hier  la coordination nationale des sections CNES informe les enseignantes et les enseignants que les administrations de tous les établissements concernés ont soit régularisé les situations financières des enseignants en grève soit entamé les procédures nécessaires, y compris  le directeur de l’ENS de Bouzareah . « Ce dernier   s’est singularisé par son zèle et ses vaines tentatives de briser toute forme d’organisation des enseignants, par son obstination à piétiner toutes les lois sociales et son entêtement à violer toutes les normes pédagogiques définies par l’UNESCO, en remettant, entre autres, des diplômes aux  étudiants du département de langue arabe et de langue française n’ayant pas accompli tout leur cursus pédagogique au mois de juillet 2006 durant la grève», souligne le Cnes.

Pour rappel, même après toutes les assurances du ministère de l’enseignement supérieur quant à la régularisation des situations administratives et financières des enseignantes et enseignants, certains chefs d’établissement ont persisté dans leur comportement belliqueux contre les enseignants en grève.

C‘est pour dépasser cette situation de blocage, que  la coordination nationale, réunie les 05 et 06 octobre 2006 à Alger, avait appelé les enseignantes et enseignants à ne pas remettre les notes à l’administration et à bloquer les délibérations jusqu’au payement des salaires impayés dans l’ensemble des établissements concernés.

Maintenant que le déblocage a été confirmé, «la Coordination Nationale appelle tous les enseignantes et enseignants  des établissements concernés par le blocage des délibérations à reprendre normalement toutes leurs activités pédagogiques et  leur demande de rester particulièrement vigilants quant au respect des normes pédagogiques».

Concernant l’extinction de toutes les poursuites judiciaires contre les délégués du Cnes, le syndicat estime que cela «reste le préalable à tout apaisement au sein de l’université algérienne et que la sauvegarde de l’année universitaire 2006/2007, année fortement fragilisée, nécessite l’adhésion de toutes les enseignantes et de tous les enseignants, adhésion qui ne peut être obtenue que par des signaux forts des pouvoirs publics pour la satisfaction de leurs revendications légitimes».

Fatima Arab

 

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Face à la recrudescence du terrorisme

Le silence complice des partis

Qui condamne quoi ? Voilà ce qu’on appelle bel et bien une attitude scandaleuse qu’aucune raison au monde ne saurait justifier.

A l’exception du RND, parti qui garde intact jusqu’ici - et contre vents et marées - sa répugnance de l’intégrisme et qui vient de condamner fermement le regain des actes terroristes qui ont endeuillé le pays ces dernières semaines, aucune formation politique, toutes tendances confondues, n’a cru bon ni jugé utile de condamner et d’en faire pareil. Car si depuis quelques jours déjà le terrorisme a redoublé d’intensité et de cruauté, ces partis-là que même l’autruche n’en a pas fait pire, se sont, toute honte bue, calfeutrés dans un silence troublant donnant l’impression d’un «je m’enfoutisme» total de ce qui se passe dans le pays. Même si d’autres, les Islamistes et le FLN en tête, se cachent derrière l’injustifiable alibi de la réconciliation nationale, une pareille discrétion pour ne pas dire un total effacement, démontre à quel point l’échelle des valeurs autant morales que politiques, fut écornée et combien est massif le pourrissement de l’exercice politique dans le pays.

Finies donc les années quatre- vingt-dix, où comme un seul homme, la classe politique s’élevait en un sursaut devenu avec le temps comme un geste machinal, un réflexe, contre chaque assassinat, chaque bombe, chaque massacre. Le pire est que certains partis passent sous silence les actes qui visent même leurs propres militants comme c’est le cas du FLN dont aucune condamnation n’a suivi l’assassinat par le GSPC d’un élu et maire d’une commune dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj. Le même scénario s’est reproduit tout récemment avec le président de l’Assemblé populaire de la wilaya de Tizi Ouzou, assassiné, jeudi passé, à Draâ El Mizan. Car le crime s’ il a soulevé l’émoi dans la région et a vu la ferme condamnation de la direction nationale du FFS duquel est issue la victime, il est à la fois étrange et troublant qu’un tel crime n’ait pu faire réagir le président du FFS Aït Ahmed dont le silence devait jeter un effroi non seulement parmi la population locale mais aussi et surtout sur les militants du parti.

Cette même attitude passive du FLN comme celle du FFS ne touche pas seulement ces deux partis. L’ensemble de la classe politique pour qui semble-t-il le soutien de la charte n’a pas de limite quitte à faire entorse, au grand jour à ses propres positions de principe. Même le sanglant assassinat lundi dernier dans la wilaya d’Aïn Defla de neuf gardes communaux n’a pas fait sortir les politiques de leur torpeur. Ni le MSP, ni le FLN, ni le RCD…la liste est longue, n’ont publié le moindre communiqué pour dénoncer ce regain de terrorisme d’un GSPC qui a repris du poil de la bête. Pourtant tout ce beau monde-là ne s’est pas fait prier pour accueillir, sourire large et bras ouverts, le triste retour d’une bande d’intégristes à l’image de Rabah Kébir, responsables d’une façon ou d’une autre du meurtre de milliers de victimes. Triste époque !

Amine Goutali

 

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APN

Les députés critiquent la loi de finances

L’avant-dernière séance consacrée aux débats sur la loi de finances 2007 a été consacrée aux interventions des présidents des groupes parlementaires.

Louisa Hanoun, présidente du groupe parlementaire du Parti des travailleurs (PT) est revenue sur le contexte dans lequel a été élaborée cette loi. Elle a, toutefois, relevé l’absence d’un bilan sur l’accord d’association avec l’Union européenne, du bilan de la privatisation et celui de l’encouragement des investisseurs privés. Louisa Hanoun a salué la décision relative à la consécration d’un budget important pour l’équipement, ce qui, selon elle,

doit booster les investissements publics. Quant aux insuffisances, la porte-parole du PT a dénoncé le manque flagrant des postes budgétaires dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur ainsi que le manque des équipements dans le secteur de la formation professionnelle. Pour ce qui est de l’emploi et du niveau de vie des citoyens, Louisa Hanoun a relevé les contradictions entre les chiffres officieux et la réalité vécue par les citoyens. Elle propose un SMIG de 25 000 DA avant de s’interroger sur les modalités que compte le gouvernement adopter pour réaliser la paix sociale. Après avoir rappeléles nouvelles mesures «positives» apporter par la loi de finances 2007 notamment celle ayant trait à l’encouragement des investisseurs privés, la diminution de la fiscalité, payement des dettes, augmentation des salaires, création des caisses des Hauts Plateaux et du Sud, Mohamed Badaoui, président du groupe parlementaire des indépendants a critiqué vivement l’élaboration de cette loi sur un prix de référence de 19 dollars. Le représentant des indépendants a proposé la révision de la loi sur les marchés publics, l’application des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale avec l’élaboration d’un statut particulier pour le patriote. Le même député a évoqué la nécessité de prendre en charge les problèmes des enseignants, le retour à la politique de la planification, le développement de certains secteurs capables d’apporter des richesses, la formation de cadres pour la lutte contre la contrebande et la criminalité ainsi que l’application de la loi contre la corruption. Mohamed Chachou, vice-président du groupe parlementaire du MSP a revendiqué plus de transparence dans la gestion de deniers publics et le renforcement du dispositif sécuritaire. Le MSP a demandé la révision de la loi électorale, l’élaboration d’une loi pour la levée de l’état d’urgence, et de rendre public le code communal et de wilaya.

Pour M. Mohamed Kardi, président du groupe parlementaire d’El Islah, l’année précédente a été marquée par l’importance des affaires de détournement et par le gouvernement qui n’a pas présenté son bilan. Il a regretté que l’Etat insiste sur un prix de référence de 19 dollars pour l’élaboration de la loi de finances et demande des arguments logiques pour expliquer cette situation. Il a demandé d’augmenter ce prix à 25 dollars. Il a critiqué les paramètres adoptés pour calculer le taux de la pauvreté et du chômage qui ne répondent, selon lui, à aucune logique. Le gouvernement doit donc élaborer une politique pour améliorer le niveau de vie des citoyens. Le RND a fait des propositions pour la concrétisation des projets lancés dans le cadre des programmes de développement. La nécessité de respecter les délais de réalisation, de lutter contre la corruption et les détournements, l’ouverture de nouveaux postes budgétaires pour encadrer ces projets, et la mise en place des mécanismes de gestion des grands œuvres figurent dans les propositions du RND qui estime que le fait de parler de l’aisance financière est considéré comme des propos suicidaires. Miloud Chorfi, président du groupe parlementaire du RND a également demandé la révision de la gestion financière des collectivités locales. Plusieurs questions ont été posées par M. Ayachi Dahdouha, président du groupe parlementaire du FLN notamment concernant le prix de référence, l’efficacité des plans du Sud et des Hauts Plateaux, la disponibilité des postes d’emploi, le développement de l’agriculture, le transport, les infrastructures de l’autoroute Est-Ouest, la nécessité de réviser les grilles des salaires, et la lutte contre la corruption. La dernière séance a été consacrée aux réponses de M. Mourad Medelci, ministre des Finances.

Nouria B

 

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Le FMI conteste la hausse des salaires

«L’inflation risque de déraper»

Le FMI conteste l’augmentation des salaires décidée par le gouvernement. Elle peut constituer dans le futur, selon Erik de Vrijer, chef de division département Moyen-Orient et Asie Centrale au FMI, «un choc» pour l’économie si elle n’est pas effectuée de manière graduelle. «Elle posera un défi pour la politique monétaire pour maintenir un faible taux d’inflation», a-t-il expliqué en ajoutant que le pouvoir d’achat ne peut augmenter qu’avec la hausse de la productivité. Lors d’une conférence de presse, tenue hier à l’hôtel El Aurassi, il a estimé que le programme économique du gouvernement et le pacte économique et social constitue une

«bonne base pour réaliser une avancée dans la réalisation des objectifs de croissance». Il a plaidé, en revanche, pour la garantie de la qualité dans la réalisation des investissements publics et l’assurance d’une bonne gestion des recettes des hydrocarbures. «La poursuite d’une politique budgétaire appropriée combinée avec une politique monétaire prudente ont contribué à la maîtrise de l’inflation durant la première partie de l’année», a-t-il noté. Selon lui, certes «la croissance économique continue en 2006, mais reste fragile», et elle continue à être «tirée par les investissements publics». Alors que le taux de croissance avancé par Mourad Medelci, ministre des Finances est de 5,5% pour 2006, le représentant du FMI avance, pour sa part, un taux de 3%. La croissance hors hydrocarbures est de 4,5 %, a-t-il ajouté. La croissance du secteur des hydrocarbures est, quant à elle, en baisse en 2006 à cause des problèmes techniques. Bien qu’elle soit souveraine, la décision du gouvernement de baisser le taux de croissance dans ce secteur dans le futur, en faisant allusion aux amendements apportés à la loi régissant ce secteur, le gouvernement doit assurer les ressources pour continuer à financer les investissements publics et les importations. Lors de sa rencon-tre avec les différents responsables du gouvernement algérien, la délégation du FMI a mené des discussions sur les possibilités de réaliser une croissance élevée et réduire le chômage en Algérie.  Sa visite s’inscrit dans le cadre de la visite pour mener des consultations à propos de l’article 4 des statuts du fonds.

Karima Sebai

 

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L’Algérie intéresse les sociétés arabes

Orascom citée en exemple

Le marché algérien attise la convoitise des hommes d’affaires arabes dont le nombre d’investissements a considérablement augmenté ces dernières années. Selon une étude réalisée par le bureau britannique Oxford Business, en 2005, les investisseurs saoudiens, koweitiens et égyptiens ont accaparé près de la moitié des investissements directs étrangers en Algérie (IDE). En plus, ces sociétés réussissent et enregistrent des bénéfices importants. A titre d’exemple, le groupe égyptien Orascom est présent aujourd’hui aussi bien dans le secteur des télécommunications (Djezzy), des matériels de construction et du bâtiment (Orascom Construction) que du ciment avec sa filiale Compagnie du ciment algérien. L’entreprise saoudienne Sidar spécialisée dans l’immobilier et la construction a également réussi. Outre les opérations de marketing, cet intérêt croissant pour le marché algérien s’explique aussi par le succès de certains opérateurs étrangers, notamment le groupe Emaar des Emirats arabes unis, l’une des plus importantes sociétés immobilières au monde– il a déjà plusieurs grands projets à réaliser en Algérie– tels que la transformation et le développement de terrains à Alger et sa périphérie. En 2007, le groupe envisage d’investir dans les infrastructures touristiques haut de gamme, d’une capacité totale estimée à de 20 000 lits. Sidar s’intéresse également au secteur du tourisme et compte lancer des projets de développement hôtelier et touristique d’une capacité de 5 000 lits supplémentaires. Rappelons que les 18 et 19 novembre prochain, Alger accueillera, pour la première fois, le 10e congrès des hommes d’affaires arabes. Une rencontre importante qui verra la participation de plus d’un millier de chefs d’entreprises arabes et permettra de donner une meilleure image du pays et de booster les échanges économiques et la coopération commerciale dans différents domaines entre l’Algérie et ces pays (santé, tourisme, télécommunications, éducation…). Plusieurs chambres de commerce, dont celles d’Abou Dhabi et de Dubaï, ainsi que l’association égyptienne des employeurs, se sont réunies pour promouvoir cet évènement international.

Irane Bekhadim

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Enquête

 

L’Etat admet un déficit de 50 000 imams

Qui contrôle les mosquées ?

Lieu de culte et de cohésion sociale, les mosquées restent surtout l'enjeu politique n°1 en Algérie. Entre le ministère des Affaires religieuses qui n'est représenté que dans les deux tiers, les associations affiliées en sous-main aux partis islamistes et les salafistes clandestins, la guerre pour le contrôle des mosquées est quasi-permanente. Agressés, dénigrés ou intimidés, les imams sont les premiers à en faire les frais, et ce n'est là que la face apparente d'une bataille secrète qui ne date pas d'aujourd'hui. 

 

Enquête réalisé par

Mourad Kechad

 

Tout le monde s’accorde à dire que les lieux de culte en Algérie, les mosquées en particulier, ont été transformées en berceau de la tragédie qu’a vécu le pays ces deux dernières décennies. Ces espaces, destinés principalement aux pratiques religieuses ont été exploités par certains cercles politiques nés au lendemain de l’ouverture du pays à la sphère démocratique, pour y faire connaître au peuple leurs projets de société. Alors, devant l’absence totale du contrôle de ces lieux par les pouvoirs publics de l’époque, les mosquées sont tombées dans les éperviers des partis à caractère religieux. Il n’est d’ailleurs un  secret à personne : sans y être exclusivement le seul, le parti politique dissous, le Front islamique du salut (FIS) avait mis main basse sur la majorité des mosquées du pays, qui constituaient, à ses yeux, une tribune officielle pour imposer, a priori son existence en tant que force politique et, en suite, prendre les commandes du pouvoir. Même si les lois de la République, voire même celles de la religion, interdisent l’utilisation de l’Islam dans les mosquées ou la rue à des fins politiques et partisanes, les troupes de Abassi Madani et de Ali Benhadj le faisaient au vu et au su de tous. Le laxisme des pouvoirs publics avait contribué, faut-il le dire, à dévoyer la fonction sacrée des mosquées. Plus d’une décennie après cette triste réalité subie des lieux de culte à des fins politiques, cette manière d’être persiste, semble-t-il, puisque les autorités accusent parfois quelques formations politiques qui cherchent, indique-t-on, de nouveau à transformer les mosquées en réservoirs de militants. Intimidation des imams et infiltration des associations à caractère religieux sont autant de méthodes utilisées pour arriver aux objectifs escomptés.

A cela s’ajoute, faut-il le signaler, l’état actuel de ces lieux marqués, d’une manière générale, par un déficit criant en matière d’imams devant assurer le bon fonctionnement des lieux et la prise en charge et l’orientation des fidèles. Chose qui rend la tâche facile aux pseudo-prédicateurs pour mener à bien leur mission. Or, du point de vu des partis politiques connus par leur cachet religieux, ce genre de pratiques n’existe plus

Un déficit de 50 000 imams

Effarant est le chiffre qui nous a été avancé par le porte-parole du département des Affaires religieuses et des wakfs, Bouabdellah Tamine, relatif au déficit en matière d’encadrement dans les mosquées. Selon lui le besoin national pour la couverture de quelques

15 000 mosquées que compte le pays, est de 75 000 imams, alors que, poursuit notre interlocuteur, seuls 22 000 existent actuellement. Les normes prévoient, ajoute-t-il, cinq (5) hommes de culte, toutes catégories confondues, pour chaque mosquée. Ce qui nous donne un manque de 53 000. La Kabylie qui compte le nombre le plus élevé des lieux de culte en Algérie, enregistre, à elle seule, 400 mosquées dépourvues d’imams, selon les chiffres annoncés par le ministre Bouabdellah Ghlamalah, lors d’une récente sortie médiatique. Dans cette région précise, la majorité des mosquées n’ont pas d’imams désignés par les nadharas, voire pas le moindre agent pour assurer leur fonctionnement. M. Tamine explique ce fait par deux principales raisons : primo, la communication fait défaut puisque bon nombre d’hommes religieux formés ailleurs ne peuvent y être affectés parce qu’ils ne maîtrisent pas le kabyle, ce qui constitue un obstacle majeur pour les imams en vue de bien faire passer le message.

La seconde raison est que les mosquées sont parfois situées dans des villages lointains ou isolés, et, par conséquent, les stagiaires préfèrent exercer dans les milieux urbains ou près de chez eux que d’être affectés dans ces collines lointaines.

Le service de Dieu, la colère des hommes

Même s’il est difficile, voire impossible, d’obtenir des statistiques précises sur les faits de violence commis à l’encontre de beaucoup d’hommes de culte, car dans la plupart des cas que connaissent ces lieux ne sont pas communiqués pour diverses raisons, il est cependant possible de dire que le phénomène est préoccupant. Les imams sont, en effet, de plus en plus l’objet de menaces, de fausses accusations et d’agressions visant à les faire marcher au pas. A cet égard, selon des informations rapportées par la presse, les responsables du ministère des Affaires religieuses estiment qu’au moins 20% des mosquées du territoire national sont sujettes à ce genre de menaces et d’agressions dont les imams sont souvent la cible. On parle de dizaines de cas d’agressions enregistrés l’an dernier contre ces hommes religieux. Pis encore, ces comportements sont, ajoute-t-on, commis parfois dans l’enceinte même de la mosquée et en présence des fidèles. A titre d’illustration, pour se venger d’un imam intransigeant qui refuse de faire appliquer un précepte ou faire passer un message qu’on lui dicte, des fidèles, souvent membres d’associations religieuses, l’agressent ou tentent de salir sa réputation en l’accusant, par exemple, d’avoir commis un acte de vol ou de viol. De plus, l’émergence, ces vingt dernières années au pays de la tendance dite salafiste a également porté préjudice aux mosquées algériennes. Celles-ci, connues depuis des lustres par l’application du rite malikite. En fait, dans certaines mosquées, ces prétendus plus croyants que les autres, ou plus attachés aux enseignements de la sunna, tentent imposer leur propre conception du rite, qui est différente de celle appliquée au pays. La montée crescendo qu’a pris ce courant religieux, nourri des dogmes du wahhabisme, et sa propagation dans bon nombre de mosquées du territoire, a également porté un coup dur aux imams. Ces derniers, bon nombre d’entre eux ont été forcés par ces groupes fanatiques de céder les lieux. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui ont déserté carrément le métier de l’imamat. A vrai dire, les malentendus qui naissent à l’intérieur des mosquées entre ces soi-disant salafistes et le reste des fidèles sont d’une importance anodine qu’il vaut mieux ne pas en parler.

Or, ces quiproquos servent souvent d’échappatoire pour  divers conflits. Plus loin, ces mêmes personnes, réputés par leur désobéissance aux directives de la tutelle, tentent également de dissuader les citoyens de verser leur argent au fonds national de la zakat, initié ces dernières années par le ministère. Mais il n’y a pas que les raisons idéologiques qui constituent une menace pour les imams. Car quand on a un faible revenu, on est la proie de toutes les sollicitations intéressées et il faut bien «composer» avec les uns et les autres pour parvenir à bien tenir les lieux. Ainsi, les hommes de cultes semblent aussi confrontés aux contraintes socioprofessionnelles. Le revenu est d’un niveau très discutable alors que l’absence d’un statut particulier et la non titularisation de bon nombre d’entre eux sont autant de problèmes soulevés par quelques imams que nous avons rencontrés à travers quelques mosquées de la capitale et qui, pour des raisons compréhensibles, ont insisté pour garder l’anonymat. A cela, s’ajoute l’absence d’une organisation syndicale propre à cette frange de (travailleurs), susceptible de défendre leurs droits socioprofessionnels.

Retour progressif de l’Etat

Cependant, le ministère chargé de gérer le secteur semble, ces dernières années, prendre à bras-le-corps le souci de remettre de l’ordre dans ces lieux, à même de rendre le contrôle de l’Etat efficace. Sur le plan législatif, la loi interdit strictement la pratique politique dans les mosquées. Sur ce volet précis, le chargé à la communication du ministère de tutelle souligne qu’«il y a des lignes rouges à ne pas franchir. L’imam est chargé de sauvegarder l’unité religieuse et celle de la Nation. Donc, seul le discours religieux y est toléré parce qu’il est rassembleur». Bien mieux, la documentation circulant dans les mosquées est également vérifiée. «Le contrôle des documents (bibliothèques) se fait sans discontinuité», affirme le même responsable. Il sied de rappeler dans cette optique qu’une opération visant l’assainissement des mosquées du territoire a été initiée l’an dernier par le ministère. Opération qui a comme objectif phare de récupérer les fascicules et autres documents incitant au fanatisme, qui circulent dans l’enceinte des maisons du Dieu. Documents importés par certains cercles et distribués, sans le moindre contrôle des autorités, dans des mosquées, zaouïas et autres structures religieuses. Au sujet de la violence contre les imams, les autorités religieuses se sont engagées à constituer partie civile dans les plaintes déposées par les hommes de religion victimes d’agressions ou autres pressions. Sur le plan cultuel, le département de Bouabdellah Ghlamallah a lancé, récemment, une véritable mise en garde à ceux qui veulent semer la discorde (fitna). «Toute différence est source de division et de fitna. Le ministère se réserve le droit d’avoir recours à la justice, dans le cas où ces pratiques, non conformes au rite officiel, venaient à persister dans les mosquées», lit-on dans le communiqué du ministère qui précise que «les imams sont tenus pour premiers responsables quant au respect des recommandations de la tutelle». Première conséquence : à peine une décade après la mise en garde du ministère, dix (10) imams sont actuellement poursuivis en justice par le département de Ghlamallah, en raison du non respect de la directive en question. En outre, on apprend ces jours-ci que les pouvoirs publics procèdent à des inspections inopinées au sein de ces lieux, lesquelles se déroulent surtout à l’ouverture des mosquées, à la prière d’el fedjr. Mais ce n’est pas tout. L’inquiétante gestion des associations religieuses a obligé les autorités à les prendre en considération. Dans cette optique, le ministère compte introduire, dans les tout prochains jours, un article dans la nouvelle loi sur les associations, en cours d’élaboration, concoctée par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. Dans plusieurs localités, il existe même des chantiers de mosquées à l’arrêt, précisément à cause de conflits entre associations au sujet du leadership des projets. Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, tout en précisant que son département ne ménage aucun effort pour assurer la bonne gestion des mosquées déclare que «la loi sur les associations, en cours d’élaboration vise à déterminer le rôle et les missions des comités de gestion des mosquées».

A ce propos, aux yeux de Bouabdellah Tamine, «la loi  actuellement en vigueur classe toutes les associations de différents secteurs dans la même rangée, ce qui est une erreur», constate-t-il, puisque, d’après lui, «les associations religieuses ont une particularité». Plus explicite, il poursuit que «leurs missions (les associations religieuses) se limitent à la construction, à l’entretien des lieux de culte et à l’assistance apportée si nécessaire à l’imam sur le plan matériel et infrastructurel…». Mais un imam sans trop de ressources propres, n’est-il pas finalement obliger d’accepter de céder un peu d’influence à un groupe sans lequel il ne pourrait seul entretenir et subvenir aux dépenses de la mosquée ? M. Tamine tranche : «Une association religieuse ne doit pas s’ingérer dans le travail de l’imamat. De ce fait, notre ministère plaide pour que ce texte soit plus adaptable à l’association de culte». Dans un autre registre, afin de pallier au manque «flagrant» en matière d’encadrement, notre interlocuteur qui souligne l’existence de huit (8) instituts de formation répartis de manière équitable au niveau national, a fait savoir, de surcroît, que le gouvernement, sur instruction du président de la République, a décidé d’accorder au secteur des Affaires religieuses, pas moins de 500 postes budgétaires par an. «Actuellement, on travaille avec des bénévoles pour combler aux lacunes.

Le problème du déficit de l’encadrement est pris en considération au niveau du ministère et que la formation de religieux se fait à tous les niveaux», dira ce responsable qui précise que le même programme de formation est soumis à tous les instituts concernés. S’agissant de l’intégration, dans les mosquées, des disciples qui suivent leur formation au niveau des Zaouïas (10 000 environs à travers le pays) et les écoles Coraniques, celle-ci se fait «après la délivrance d’un certificat  d’apprentissage du Coran, attesté par une commission habilitée au niveau de chaque wilaya», explique

M. Tamine. Ces mesures sont prises, à ne point douter, pour reprendre le contrôle des pouvoirs publics sur ces lieux et, en particulier, barricader les voies à ceux qui tentent imposer leur idéologie extrémiste. Mais il faut savoir aussi qu’un disciple d’une zaouia ne peut se substituer à un imam formé par l’Etat, vu que le premier peut diriger la prière, sans plus mais ne peut remplir certaines fonctions comme l’exégèse ou l’orientation des fidèles. Le chemin est encore long…

M. K.

 

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Ligne aérienne Alger-Montréal

Une question de formalités

Le ministre des Transports, Mohamed Maghlaoui, a expliqué le non aboutissement de mise en exploitation de la ligne aérienne Alger–Montréal, par l’exigence canadienne relative à la signature préalable d’un accord entre les deux partenaires. «C’est une formalité qui nous fait perdre beaucoup de temps», a déclaré le ministre lors de son intervention à l’émission, «Rendez-vous de l’économie», de la chaîne 3 de la radio nationale.

Le ministre s’est montré confiant quant à la finalisation de cet accord au mois de février prochain, ce qui permettrait à la compagnie algérienne Air Algérie, selon lui, d’assurer la liaison en question juin prochain.

Tout en annonçant le projet de réalisation d’un deuxième centre de contrôle aérien à Tamanrasset, M.Maghlaoui évoquera par la même occasion une réorganisation prochaine de la flotte, dont une grande partie a une moyenne d’age de plus de 20 ans.

Concernant le transport terrestre qui fait face une situation «qui n’est pas normale». Cette situation est générée par l’absence d’entreprises assurant le transport urbain et inter-villes. Selon l’invité de l’émission, les exploitants actuels possèdent 1,2% de moyens de transport par opérateur (bus), une réalité qui reflète la faiblesse des investissements dans le secteur. Le ministère, ajoute M. Maghlaoui, vise la création d’un réseau routier qui répond aux normes.

Il encourage dans cette optique la création d’entreprises dans le domaine.

En plus de la réhabilitation de l’Etusa, le ministre annoncera la généralisation de l’expérience dans 10 autres wilayas.

Fatima Arab

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